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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Giardia et cryptospordium dans l'eau potable

Que sont Giardia et Cryptosporidium? La Giardia et le Cryptosporidium sont des parasites microscopiques qui peuvent être retrouvés dans l'eau. La Giardia est responsable d'une maladie intestinale appelée giardiase et le Cryptosporidium est à l'origine d'une maladie semblable, la cryptosporidiose.

Comment ces parasites agissent-ils? Ces deux parasites produisent des kystes qui sont très résistants aux conditions environnementales défavorables. Une fois ingérés, ils entrent en phase de germination, se reproduisent et entraînent la maladie. Le parasite se nourrit et forme de nouveaux kystes qui se retrouvent dans les selles. Des études effectuées auprès de volontaires ont montré que l'ingestion d'une faible quantité de kystes suffit pour causer la maladie.

Quels sont les symptômes? Les symptômes les plus souvent associés à la Giardia sont la diarrhée, les crampes abdominales, la flatulence, des malaises et une perte de poids. Vomissements, frissons, maux de tête et fièvre peuvent également survenir. Ces symptômes se manifestent habituellement de 6 à 16 jours après le premier contact, et peuvent durer jusqu'à un mois.

Les symptômes de la cryptosporidiose sont similaires, les plus fréquents étant les diarrhées liquides, les crampes abdominales, les nausées et les maux de tête. Ces symptômes se manifestent de 2 à 25 jours après l'infection et peuvent durer une à deux semaines, voire un mois.

Comment traite-t-on les infections? En général, l'infection à Giardia guérit spontanément en un mois, chez des personnes en bonne santé. Des médicaments anti-parasitaires sont disponibles et peuvent être particulièrement utiles pour les personnes immunodéprimées, chez qui la maladie non traitée peut évoluer vers un état chronique.

De la même façon, le Cryptosporidium disparaît généralement en un mois, chez des personnes en bonne santé. Dans les cas de diarrhée sévère, des antidiarrhéiques et un traitement de réhydratation peuvent être indiqués. Il n'existe encore aucun médicament approuvé contre cette maladie; de nombreux produits sont néanmoins à l'étude.

Quelles précautions supplémentaires les personnes immunodéprimées peuvent-elles prendre? Les personnes immunodéprimés comme celles atteintes du sida ou de cancer, ou celles qui ont subi une greffe et qui reçoivent des immunosuppresseurs, sont particulièrement vulnérables à ces deux parasites, en particulier au Cryptosporidium. Chez ces personnes, les symptômes sont plus graves et peuvent entraîner la mort.

Dans l'état actuel des connaissances, on ne sait pas si les personnes immunodéprimées sont plus à risque d'être atteintes de giardiase ou de cryptosporidiose que la population en général. Néanmoins, ces personnes devraient discuter de ces risques avec leur médecin. Par mesure de précaution, on peut faire bouillir l'eau pendant une minute pour éliminer tout parasite. Ce faisant, on élimine également tout autre micro-organisme pouvant présenter un risque pour la personne immunodéprimée. La détection de la Giardia et du Cryptosporidium dans l'eau embouteillée n'est pas faite de façon systématique : on ne sait donc pas si elle peut remplacer l'eau du robinet bouillie.

Que dire au médecin? Si vous souffrez de diarrhée et soupçonnez que vos symptômes sont dus à la Giardia ou au Cryptosporidium, consultez votre médecin et faites-lui mention de toute exposition à de l'eau, à des aliments ou à des matières fécales susceptibles d'avoir été contaminés par ces parasites.

Comment l'eau potable peut-elle être contaminée par ces parasites?

On trouve souvent la Giardia dans les selles d'êtres humains, de castors, de rats musqués et de chiens. Bien qu'il soit parfois décelé chez les humains et certains animaux, la principale source de Cryptosporidium semble être les bovins. Les sources d'eau potable peuvent être contaminées par le rejet, direct ou indirect, de selles contaminées dans l'eau. Si l'eau n'est pas traitée adéquatement, elle peut contenir un nombre suffisant de parasites pour causer la maladie. Parmi les autres modes de contamination, on note également l'exposition directe aux selles d'humains ou d'animaux infectés, l'ingestion d'aliments contaminés et l'ingestion accidentelle d'eau utilisée à des fins récréatives qui est contaminée. L'importance relative de ces diverses voies d'exposition est encore inconnue.

Ces parasites ont-ils été décelés dans les approvisionnements d'eau potable au Canada? Santé Canada a réalisé une étude nationale sur la qualité de l'eau potable: de faibles niveaux des deux parasites, surtout la Giardia, y ont été mesurés. Seule une faible proportion des parasites semblaient viables et leur infectiosité chez les humains n'a pas été déterminée. Néanmoins, plusieurs provinces ont récemment fait état d'éclosions de maladies attribuables à la présence des parasites dans l'eau potable. Certains cas d'infection liés à l'eau de piscine ont également été signalés.

Comment prévenir ces maladies d'origine hydrique? Le traitement municipal de l'eau potable qui inclut la filtration et la désinfection au chlore peut réduire le risque de giardiase et de cryptosporidiose. Le chlore utilisé seul n'est pas efficace contre Cryptosporidium, mais il est capable d'inactiver Giardia. Des recherches récentes ont révélé que les rayons ultraviolets parviennent à inactiver les deux organismes. La protection des réserves d'eau brute est également utile.

Si l'on soupçonne ou s'il est établi que la présence de Giardia ou de Cryptosporidium dans l'eau potable municipale est responsable de l'éclosion de maladie, les services de santé publique émettront un avis d'ébullition de l'eau afin d'aider à empêcher la propagation de la maladie.

Dans le cadre d'activités de plein air, il faut faire bouillir l'eau pendant au moins une minute avant de la boire, de l'utiliser pour préparer les aliments ou pour l'hygiène dentaire. Ce procédé détruit la Giardia et le Cryptosporidium ainsi que tout autre micro-organisme nuisible susceptible d' être présent. Certains types de filt res à eau peuvent éliminer ces parasites.

Les personnes qui se rendent dans des pays où la qualité de l'eau potable est douteuse devraient faire bouillir ou désinfecter et filtrer l'eau avant de la boire ou de l'utiliser pour préparer des aliments ou pour l'hygiène dentaire.

Analyse-t-on les approvisionnements d'eau potable pour y déceler Giardia et Cryptosporidium? Malheureusement, pour l'instant, il n'existe aucune méthode fiable qui permette la détection systématique de ces parasites. Cela s'explique par le fait que les méthodes sous-estiment le nombre d'organismes présents et ne fournissent aucune information sur leur capacité de causer des maladies chez l'humain. Les tests qui sont disponibles ne fournissent des résultats qu'après quelques jours, ce qui signifie qu'ils ne sont pas très utile pour la surveillance courante de la qualité de l'eau. Des recherches sont en cours au Canada et à l'étranger pour mettre au point des méthodes de détection efficaces et des techniques de traitement des eaux qui permettent de protéger l'eau potable contre ces parasites.

Existe-t-il une recommandation canadienne pour l'eau potable concernant ces parasites? Oui et non. Une recommandation a été établie pour Giardia et Cryptosporidium, mais parce que les méthodes de détection actuellement disponibles ne sont pas très fiables, la recommandation n'indique pas de concentration maximale acceptable (CMA) pour ces parasites dans l'eau potable. La recommandation encourage cependant les autorités responsables des systèmes de traitement de l'eau à mettre en oeuvre des mesures destinées à réduire le plus possible le risque de maladies. La recommandation stipule que : « Si on soupçonne ou si on établit la présence dans l'eau de source de kystes ou d'oocystes infectieux pour les humains, ou si la Giardia ou le Cryptosporidium se sont avérés responsables de poussées infectieuses d'origine hydrique dans une collectivité, il est nécessaire d'instaurer un programme spécial pour le traitement et la distribution de l'eau potable, ainsi qu'un plan de protection du bassin hydrographique et des têtes de puits (lorsque c'est réalisable) ou d'autres mesures permettant de réduire le risque de maladie. »

Que fait Santé Canada pour assurer la salubrité de l'eau potable? Santé Canada travaille en collaboration avec les provinces et les territoires pour veiller à ce qu'ils aient accès aux informations scientifiques les plus récentes au sujet des questions entourant l'eau potable. Les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada visent à offrir une approche concertée pour l'amélioration de la qualité de l'eau potable, afin que les Canadiens et les Canadiennes aient accès à une eau potable saine et salubre.