Au Canada, l'utilisation croissante des eaux de surface pour des activités récréatives comportant un contact du corps avec cet élément et l'augmentation du nombre de sources d'eaux usées industrielles et municipales qui se déversent dans les eaux de surface exigent que soient formulées des recommandations relatives à la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives. En 1988, le Comité consultatif fédéral-provincial de l'hygiène du milieu et du travail a demandé l'établissement d'un groupe de travail chargé de réviser les recommandations ayant trait à la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives au Canada établies en 1983.
Pour préparer le présent document, le Groupe de travail a étudié attentivement les critères existants et les indicateurs couramment utilisés pour juger de la qualité de l'eau au point de vue de l'hygiène; il a également examiné les données sur la qualité des eaux recueillies dans des sites récréatifs situés dans différentes parties du Canada; enfin, il a revu les études épidémiologiques appropriées. Cette étude a été effectuée entre avril 1988 et juillet 1989. Les limites maximales s'appliquant aux micro-organismes indicateurs sont présentées en unités par litre, conformément aux directives du SI (Système international d'unités). Nous espérons que le présent document servira de recommandations au niveau national et que son application judicieuse par les opérateurs et les autorités responsables constituera une mesure de sécurité pour tous les Canadiens.
Les membres du Groupe de travail sur la qualité des eaux à usage récréatif désirent remercier les personnes qui ont bien voulu prendre le temps d'étudier le présent rapport et de transmettre leurs commentaires.
Les eaux à vocation récréative sont les eaux naturelles utilisées non seulement pour des activités avec contact direct, comme la nage, la planche à voile ou le ski nautique, mais également pour des activités avec contact indirect, comme la navigation de plaisance et la pêche. Dans le présent document, l'utilisation récréative se définit comme toute activité comprenant l'immersion intentionnelle (p. ex., la nage) ou accidentelle (p. ex., le ski nautique) du corps, y compris la tête, dans les eaux naturelles. Une eau naturelle peut se définir comme tout plan d'eau de mer, d'eau douce ou d'eau d'estuaire, ou tout réservoir artificiel d'eau naturelle non traitée. Les piscines étant soumises à des méthodes de traitement et à des réglementations provinciales spécifiques destinées à protéger la santé publique (p. ex., normes de désinfection et de construction), elles ne sont pas étudiées dans cette publication.
Les recommandations ont trait aux dangers pour la santé qui sont associés à l'utilisation des eaux à des fins récréatives, ainsi qu'aux conditions d'esthétique et de salubrité. Parmi les dangers que les contacts directs avec l'eau représentent pour la santé, on peut citer des infections transmises par des micro-organismes pathogènes, ainsi que des lésions et des troubles dus aux propriétés chimiques et physiques de l'eau. Les recommandations porteront sur l'utilisation des micro-organismes indicateurs (entérocoques, Escherichia coli, autres coliformes fécaux et coliphages), de même que sur les risques pour la santé que représente l'exposition à des bactéries, à des virus, à des protozoaires pathogènes présents dans l'eau et à des algues bleues toxiques. Nous traiterons également de l'échantillonnage des eaux utilisées à des fins récréatives. Les autres sections seront consacrées aux caractéristiques physiques, chimiques et esthétiques, aux organismes indésirables, aux méthodes microbiologiques d'échantillonnage et d'analyse, ainsi qu'à l'affichage relatif aux plages et aux autres eaux utilisées à des fins récréatives.
Les limites recommandées dans le présent document seront périodiquement révisées à mesure que nous disposerons de données nouvelles ou plus significatives. Elles ne doivent pas être considérées comme des normes ayant force de loi, sauf quand elles sont promulguées par un organisme provincial ou fédéral compétent. L'utilisation judicieuse de ces recommandations devrait permettre d'offrir, à des fins récréatives, des eaux salubres et agréables dans tout le Canada. Nous espérons que dans l'avenir, de nouvelles études épidémiologiques permettront de faire des recommandations plus précises encore.