Les eaux utilisées à des fins récréatives doivent être suffisamment exemptes de dangers d'origine microbiologique, physique et chimique pour que le risque qu'elles présentent pour la santé et la sécurité des usagers soit négligeable. La détermination du risque d'infection ou de nocivité provenant de dangers de nature microbiologique, physique ou chimique est basée sur un certain nombre de facteurs, dont les suivants :
La décision de poser un panneau d'avertissement à l'intention des utilisateurs d'une aire d'activités récréatives ou celle d'interdire au public d'utiliser une aire appartient aux médecins fonctionnaires ou autres autorités compétentes, conformément aux lois et aux règlements existants dans chaque province. Cette décision doit être fondée sur une évaluation des dangers réels à partir des renseignements dont on dispose à propos des facteurs mentionnés ci-dessus.
Chaque année, avant la saison de baignade, une aire d'activités récréatives doit être soumise à une évaluation de l'hygiène du milieu, de même que le versant ou la région à partir de laquelle l'eau s'écoule vers cette aire. L'enquête doit identifier toutes les sources possibles de contamination et tous les dangers physiques risquant d'atteindre l'aire d'activités récréatives. L'annexe 1 comprend une liste de contrôle qui pourrait être utile à l'inspecteur de la santé ou à toute autre personne autorisée à effectuer cette évaluation.
L'attention doit être portée sur les points suivants :
Les autorités de santé locales qui sont chargées de faire des recommandations au sujet d'une zone d'activités récréatives doivent, dans la mesure du possible, établir une surveillance portant sur les maladies ou les lésions observées chez les baigneurs. Cette surveillance peut s'effectuer au moyen d'études épidémiologiques approfondies ou par les informations transmises, de façon officielle ou non, par les médecins et les services d'urgence des hôpitaux. La surveillance peut être renforcée dans les cas où des maladies ou des lésions suspectées ont été rapportées. À la suite d'une telle surveillance, la qualité de l'eau peut être considérée comme compromise et justifier des recommandations appropriées. Les méthodes d'investigation à employer à propos des maladies associées aux eaux utilisées à des fins récréatives doivent être conformes aux recommandations données dans Procedures to Investigate Waterborne Illness (International Association of Milk, Food and Environmental Sanitarians, Inc. 1979).
Un ou plusieurs micro-organismes indicateurs doivent être choisis par l'autorité locale de la santé en consultation avec les microbiologistes de laboratoire de chaque région. Les micro-organismes indicateurs recommandés pour la surveillance systématique de la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives sont les suivants : entérocoques, Escherichia coli ou coliformes fécaux.
Le choix du micro-organisme indicateur et de sa méthode de numération sera déterminé en fonction des facteurs suivants :
Dans les sections suivantes se trouvent les limites recommandées pour chaque micro-organisme et les critères permettant de choisir le micro- organisme qui convient en vue d'une surveillance systématique. On y trouvera également les recommandations à suivre pour l'échantillonnage et les méthodes microbiologiques.
La décision d'effectuer la surveillance microbiologique systématique d'une aire d'activités récréatives sera prise par les autorités locales de la santé ou par tout autre organisme responsable, en fonction de l'usage de l'aire d'activités récréatives, de l'évaluation de l'hygiène du milieu et des données épidémiologiques.
Des tests de dépistage de germes pathogènes doivent être entrepris dès qu'on reçoit des rapports d'une maladie d'étiologie particulière, quand on soupçonne une maladie de cause indéterminée ou encore quand le niveau des micro-organismes présente un danger constant. Les tests aideront à déterminer la nature de la contamination (p. ex., pollution par les eaux usées, eaux de ruissellement d'origine agricole ou urbaine, contamination par les baigneurs).
Les autorités locales de la santé doivent prendre des mesures quand des micro-organismes pathogènes sont décelés en quantité suffisante ou assez fréquemment pour être considérés comme dangereux. Ces germes pathogènes peuvent être Aeromonas spp, Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus, Shigella spp., Salmonella spp., Campylobacter spp., Giardia spp., des virus d'origine humaine ou du phytoplancton toxique. Les mesures à prendre devront être fondées sur la connaissance de la source du germe et la probabilité que le danger soit temporaire ou continu.