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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Recommandations au sujet de la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives au Canada

2. Exigences relatives à la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives

Les eaux utilisées à des fins récréatives doivent être suffisamment exemptes de dangers d'origine microbiologique, physique et chimique pour que le risque qu'elles présentent pour la santé et la sécurité des usagers soit négligeable. La détermination du risque d'infection ou de nocivité provenant de dangers de nature microbiologique, physique ou chimique est basée sur un certain nombre de facteurs, dont les suivants :

  • l'évaluation de l'hygiène du milieu;
  • les données épidémiologiques;
  • les micro-organismes indicateurs;
  • la présence de germes pathogènes.

La décision de poser un panneau d'avertissement à l'intention des utilisateurs d'une aire d'activités récréatives ou celle d'interdire au public d'utiliser une aire appartient aux médecins fonctionnaires ou autres autorités compétentes, conformément aux lois et aux règlements existants dans chaque province. Cette décision doit être fondée sur une évaluation des dangers réels à partir des renseignements dont on dispose à propos des facteurs mentionnés ci-dessus.

2.1 Évaluations de l'hygiène du milieu

Chaque année, avant la saison de baignade, une aire d'activités récréatives doit être soumise à une évaluation de l'hygiène du milieu, de même que le versant ou la région à partir de laquelle l'eau s'écoule vers cette aire. L'enquête doit identifier toutes les sources possibles de contamination et tous les dangers physiques risquant d'atteindre l'aire d'activités récréatives. L'annexe 1 comprend une liste de contrôle qui pourrait être utile à l'inspecteur de la santé ou à toute autre personne autorisée à effectuer cette évaluation.

L'attention doit être portée sur les points suivants :

  • le risque que des eaux usées inadéquatement traitées, des matières fécales ou des produits chimiques pénètrent dans l'eau du fait d'un rejet ou d'un déversement;
  • les émissaires d'évacuation de la région qui peuvent contenir des eaux usées, des eaux de pluie d'origine urbaine ainsi que des eaux de ruissellement ou de rejet d'origine agricole;
  • l'inspection de la région en vue de détecter les dangers physiques;
  • une évaluation de la variation des dangers selon les saisons, de la densité des baigneurs, de la température de l'eau, de la fréquence de renouvellement ou de circulation de l'eau, des variations de la profondeur de l'eau et de l'émergence de prolifération d'algues;
  • les fluctuations de la qualité de l'eau en fonction des chutes de pluie (temps sec et temps humide);
  • un mécanisme de transmission des informations permettant aux autorités de la santé d'être informées de tout mauvais fonctionnement ou de toute modification d'une installation de traitement des rejets municipale, privée ou industrielle risquant de provoquer une détérioration des eaux dans une zone de baignade.

2.2 Données épidémiologiques

Les autorités de santé locales qui sont chargées de faire des recommandations au sujet d'une zone d'activités récréatives doivent, dans la mesure du possible, établir une surveillance portant sur les maladies ou les lésions observées chez les baigneurs. Cette surveillance peut s'effectuer au moyen d'études épidémiologiques approfondies ou par les informations transmises, de façon officielle ou non, par les médecins et les services d'urgence des hôpitaux. La surveillance peut être renforcée dans les cas où des maladies ou des lésions suspectées ont été rapportées. À la suite d'une telle surveillance, la qualité de l'eau peut être considérée comme compromise et justifier des recommandations appropriées. Les méthodes d'investigation à employer à propos des maladies associées aux eaux utilisées à des fins récréatives doivent être conformes aux recommandations données dans Procedures to Investigate Waterborne Illness (International Association of Milk, Food and Environmental Sanitarians, Inc. 1979).

2.3 Limites des micro-organismes indicateurs

Un ou plusieurs micro-organismes indicateurs doivent être choisis par l'autorité locale de la santé en consultation avec les microbiologistes de laboratoire de chaque région. Les micro-organismes indicateurs recommandés pour la surveillance systématique de la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives sont les suivants : entérocoques, Escherichia coli ou coliformes fécaux.

Le choix du micro-organisme indicateur et de sa méthode de numération sera déterminé en fonction des facteurs suivants :

  • selon qu'il s'agit d'eau de mer (salée), d'eau douce ou d'eau d'estuaire (de salinité variable);
  • la présence d'une turbidité qui risque de gêner les méthodes microbiologiques;
  • toute corrélation connue entre les maladies et les niveaux de micro-organismes indicateurs;
  • la proportion des coliformes fécaux de la région qui sont des E. coli, si les coliformes fécaux sont utilisés comme micro-organismes indicateurs;
  • l'expérience locale de la surveillance au moyen d'un micro-organisme particulier.

Dans les sections suivantes se trouvent les limites recommandées pour chaque micro-organisme et les critères permettant de choisir le micro- organisme qui convient en vue d'une surveillance systématique. On y trouvera également les recommandations à suivre pour l'échantillonnage et les méthodes microbiologiques.

La décision d'effectuer la surveillance microbiologique systématique d'une aire d'activités récréatives sera prise par les autorités locales de la santé ou par tout autre organisme responsable, en fonction de l'usage de l'aire d'activités récréatives, de l'évaluation de l'hygiène du milieu et des données épidémiologiques.

2.4 Présence de germes pathogènes

Des tests de dépistage de germes pathogènes doivent être entrepris dès qu'on reçoit des rapports d'une maladie d'étiologie particulière, quand on soupçonne une maladie de cause indéterminée ou encore quand le niveau des micro-organismes présente un danger constant. Les tests aideront à déterminer la nature de la contamination (p. ex., pollution par les eaux usées, eaux de ruissellement d'origine agricole ou urbaine, contamination par les baigneurs).

Les autorités locales de la santé doivent prendre des mesures quand des micro-organismes pathogènes sont décelés en quantité suffisante ou assez fréquemment pour être considérés comme dangereux. Ces germes pathogènes peuvent être Aeromonas spp, Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus, Shigella spp., Salmonella spp., Campylobacter spp., Giardia spp., des virus d'origine humaine ou du phytoplancton toxique. Les mesures à prendre devront être fondées sur la connaissance de la source du germe et la probabilité que le danger soit temporaire ou continu.