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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Les bactéries hétérotrophes

9.0 Conclusions et recommandations

9.1 Qualité de l'eau potable

La numération des bactéries hétérotrophes peut être utilisée en tant qu'une des nombreuses méthodes disponibles pour surveiller la qualité globale de l'eau. Elle n'indique toutefois pas sa salubrité ni, par conséquent, la présence possible d'agents pathogènes pour les êtres humains. Les avis d'ébullition de l'eau ne doivent pas reposer uniquement sur des résultats de dénombrement des bactéries hétérotrophes.

On n'a pas établi de recommandation au sujet des concentrations de bactéries hétérotrophes dans l'eau potable, mais un traitement efficace avec désinfection peut produire de l'eau contenant des concentrations d'à peine 10 ufc/ml. L'augmentation importante des concentrations de bactéries hétérotrophes au-dessus des concentrations normales indique des changements au niveau de la qualité de l'eau brute, du traitement ou de la désinfection, une recroissance, une conception inadéquate ou un mauvais entretien du réseau de distribution.

9.2 Liens avec les micro-organismes pathogènes

On a démontré que certaines bactéries hétérotrophes spécifiques présentes dans l'eau constituaient des agents pathogènes opportunistes chez les sujets dont le système immunitaire est compromis, ou lors d'une exposition par des voies autres que la consommation. Rien ne prouve toutefois, à la suite d'études épidémiologiques ou de liens établis avec la présence d'agents pathogènes opportunistes, que les valeurs de numération des bactéries hétérotrophes à elles seules sont directement liées à un risque pour la santé (OMS, 2002). C'est pourquoi la présence de bactéries hétérotrophes dans l'eau potable ne constitue pas un risque pour la santé de la population générale.

9.3 Facteurs dont il faut tenir compte dans le traitement des approvisionnements en eau brute

Comme les techniques modernes de traitement de l'eau peuvent produire de l'eau potable de grande qualité même à partir de sources très contaminées, on ne propose pas de limites numériques en matière de qualité microbiologique des approvisionnements en eau brute. Il faut toutefois tenir compte de la qualité microbiologique de l'eau brute lorsque l'on choisit l'emplacement d'une nouvelle usine de traitement, ou avant de procéder à des mises à niveau majeures d'usines existantes. De même, il faut surveiller de près la qualité de l'eau brute afin de pouvoir modifier en conséquence les méthodes de traitement en vigueur. Il faut en outre mettre en oeuvre des mesures de protection des approvisionnements en eau brute contre la contamination là où cela est possible.

Lorsqu'on évalue la qualité bactériologique de l'eau de l'approvisionnement, on préfère utiliser l'analyse de détection d'E. coli parce qu'elle constitue un bon indicateur d'une contamination fécale. On utilise les concentrations de coliformes totaux ou de bactéries hétérotrophes pour surveiller la qualité de l'eau pendant le traitement et la distribution.

Sauf les exemptions spécifiques à des systèmes, il faut désinfecter tous les approvisionnements publics pour produire une eau salubre sur le plan microbiologique. Dans tous les systèmes publics et semi-publics où l'on pratique la désinfection, il faut maintenir en tout temps une concentration résiduelle de désinfectant dans tout le réseau de distribution. Le maintien et la surveillance d'une concentration résiduelle de désinfectant offrent deux avantages. Premièrement, une concentration résiduelle limite la multiplication des organismes à l'intérieur du système et peut protéger contre la contamination de l'extérieur. Deuxièmement, la disparition de la concentration résiduelle de désinfectant constitue une indication immédiate de la pénétration de matières oxydables dans le réseau ou d'une défaillance du traitement. Il est donc recommandé de maintenir une concentration résiduelle de désinfectant dans tout le réseau et de la surveiller tous les jours. Les concentrations résiduelles minimales de désinfectant à maintenir sont déterminées par l'autorité compétente et peuvent varier selon les secteurs de compétence. On reconnaît toutefois qu'un excès de désinfectant peut causer des problèmes de goût et d'odeur. Dans de tels cas, l'autorité compétente peut donner des conseils sur le type et la concentration résiduelle de désinfectant nécessaires pour garantir l'innocuité microbiologique de l'eau.

Outre la désinfection, tous les systèmes publics alimentés par des sources d'eau de surface et des eaux souterraines assujetties à l'influence directe des eaux de surface devraient être traités conformément au document technique de la recommandation sur la turbidité (Santé Canada, 2003). Les systèmes semi-publics et privés qui utilisent des sources semblables doivent pratiquer une filtration adéquate (ou utiliser des techniques permettant d'obtenir une qualité équivalente) et la désinfection. L'eau potable provenant de sources d'eau de surface intactes peut être exemptée de filtration (Santé Canada, 2003).

Il ne faut pas déduire que les présentes recommandations garantiront la production d'une eau potable de qualité acceptable à partir de n'importe quelle source d'eau brute. Il peut être nécessaire, par exemple, de protéger l'approvisionnement ou de le soumettre à un traitement partiel pour réduire la turbidité même lorsque le nombre de coliformes est faible. De plus, pour satisfaire à d'autres critères de qualité de l'eau, il peut être nécessaire de recourir à d'autres traitements qui ne sont pas indiqués ci-dessus.