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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Les protozoaires : la Giardia et le Cryptosporidium

10.0 Justification

Il n'est pas possible pour le moment d'établir des CMA pour la Giardia et le Cryptosporidium dans l'eau potable. Les méthodes disponibles pour la détection des kystes et des oocystes ont l'inconvénient de présenter un faible taux de récupération, ne fournissent aucune information sur leur viabilité ou leur infectiosité pour les humains et ne donnent, sur le nombre possible de parasites, que des renseignements dont l'utilité est d'une durée limitée. Cependant, jusqu'à ce que des données de surveillance plus concluantes et des informations plus complètes sur la viabilité et l'infectiosité des kystes et oocystes présents dans l'eau potable soient disponibles, des mesures devraient être prises pour réduire le plus possible le risque de maladie. Si on soupçonne ou si on établit la présence de kystes ou d'oocystes viables infectieux pour les humains dans les sources d'eau ou si la Giardia ou le Cryptosporidium ont déjà été responsables d'éclosions d'origine hydrique dans une collectivité, il faudrait mettre en place un programme de traitement et de distribution ainsi qu'un plan de protection du bassin versant et des têtes de puits (lorsque cela est réalisable) ou d'autres mesures permettant de réduire le risque de maladie. Une surveillance périodique des sources d'eau visant à détecter des variations dans les concentrations de kystes et d'oocystes devrait être exercée pour ajuster le traitement et confirmer les concentrations de kystes et oocystes ainsi que le caractère adéquat du traitement. Cette recommandation est principalement destinée à protéger la santé de la population immunocompétente. Les personnes immunodéprimées peuvent se trouver confrontées à un plus grand risque de maladie et devraient discuter avec leur médecin de ces risques et des précautions supplémentaires à prendre.

Même le système municipal de traitement le plus sophistiqué ne peut fournir en continu une eau totalement exempte de micro-organismes susceptibles de provoquer des maladies. Le véritable objectif du traitement est de réduire à un niveau acceptable ou sans danger la présence des organismes pathogènes et les risques pour la santé qu'ils présentent. Le risque de maladie peut être réduit au minimum en augmentant au maximum le nombre et l'efficacité des barrières de traitement. Ce niveau d'acceptabilité ou de sécurité peut varier d'une collectivité à une autre et dépend de nombreux facteurs en matière d'environnement, de santé humaine et d'économie propres au site. Le traitement de tous les approvisionnements provenant de sources d'eaux de surface et d'eaux souterraines assujetties à l'influence d'eaux de surface doit inclure au moins la coagulation, la floculation, la clarification et la filtration, ou des techniques équivalentes, en plus de la désinfection. Comme la Giardia et le Cryptosporidium sont omniprésents dans les eaux de surface au Canada et sont plus résistants face à la désinfection que la plupart des organismes infectieux, il est souhaitable de procéder à un traitement reconnu pour entraîner une réduction de la Giardia et du Cryptosporidium d'au moins 99 %.

De nombreux secteurs, y compris ceux qui sont responsables de la protection des sources d'eau, du fonctionnement des usines de traitement, du contrôle de la qualité de l'eau et de la surveillance des maladies, jouent un rôle dans la protection du public contre les maladies liées à l'eau potable. Il est donc essentiel que ces groupes mettent en place des stratégies de collaboration, non seulement pour contrôler rapidement les éclosions d'origine hydrique de giardiase ou de cryptosporidiose, mais également pour gérer efficacement tout incident pouvant compromettre l'innocuité microbiologique de l'eau.