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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Les protozoaires : la Giardia et le Cryptosporidium

5.0 Protozoaires pathogènes émergents d'origine hydrique

Les Acanthamoeba sont des amibes en liberté que l'on trouve dans toutes sortes d'environnements, y compris le sol, l'air et l'eau. On en a détecté la présence dans des environnements aquatiques, y compris des piscines et de l'eau potable chlorées (Rivera et al. 1993; Vesaluoma et al. 1995; Michel et al. 1998; Rohr et al. 1998). Même si ce micro-organisme est courant dans l'environnement et peut infecter les mammifères, y compris les êtres humains, les infections sont rares chez ces derniers. On a établi un lien entre la plupart des infections humaines et l'utilisation de solutions « domestiques » pour verres de contact (solutions salines) qui ont provoqué une kératite (inflammation de la cornée) (Buck et al. 2000; Seal 2000; Young et al. 2002). Comme les Acanthamoeba sont relativement grosses, les procédés de filtration de l'eau devraient les éliminer de façon efficace, mais leurs kystes résistent aux concentrations habituelles de chlore (King et al. 1988). Les procédés de traitement de l'eau appliqués pour éliminer ou inactiver la Giardia et le Cryptosporidium devraient être efficaces contre ce micro organisme. La préoccupation supplémentaire soulevée par les Acanthamoeba découle du fait qu'elles peuvent héberger des agents pathogènes opportunistes (p. ex., Legionella pneumophila, Mycrobacterium avium) (Henke et Seidel 1986; King et al. 1988; Steinert et al. 1998; Newsome et al. 2001). Ainsi, si des kystes d'Acanthamoeba survivent au traitement de l'eau et pénètrent dans l'eau potable, ces bactéries pathogènes symbiontes pourraient être la cause de maladies chez des êtres humains.

Les microsporidies sont des parasites obligatoires, intracellulaires et sporulés très répandus dans l'environnement. Les microsporidies sont des agents pathogènes opportunistes qui atteignent principalement les personnes infectées par le VIH (Fournier et al. 2000; Svedhem et al. 2002). Des sujets immunocompétents peuvent toutefois être infectés eux aussi. On n'a pas détecté de microsporidies pathogènes pour les êtres humains dans les eaux de surface ou les eaux potables, ce qui est probablement attribuable à la sensibilité limitée des méthodes de détection actuelles. Comme les microsporidies ont une taille semblable à celle des grosses bactéries, les procédés classiques de coagulation/sédimentation et de filtration devraient réussir à les éliminer. Il n'existe toutefois pas de renseignements sur l'efficacité de ces procédés à cet égard. On connaît très peu de choses sur la sensibilité des microsporidies aux désinfectants. Des recherches récentes indiquent toutefois que les rayons ultraviolets (UV) sont très efficaces comme désinfectants pour inactiver les microsporidies (Huffman et al. 2002).

Toxoplasma gondii est un parasite intracellulaire obligatoire qui atteint presque tous les animaux à sang chaud, y compris les êtres humains. Les chats excrètent les oocystes de cet organisme dans leurs matières fécales. Les oocystes sont extrêmement résistants aux conditions environnementales et semblent demeurer infectieux pendant plusieurs mois (à des températures de !5 °C) (Dubey 1998). Même si ce micro-organisme a tendance à causer des symptômes bénins ressemblant à ceux de la grippe, il peut mettre en danger la vie des sujets dont le système immunitaire est compromis et des femmes enceintes. On ne sait pas grand-chose de la distribution de cet organisme dans les sources d'eau, mais on a signalé que ces oocystes survivaient jusqu'à 17 mois dans l'eau du robinet. En 1995, on a signalé en Colombie-Britannique une éclosion de toxoplasmose qui a produit 110 cas aigus, dont 42 femmes enceintes et 11 nouveau-nés (Bowie et al. 1997). On a pensé à l'époque que cette éclosion était attribuable à la contamination de réservoirs d'eau par des matières fécales de chats (domestiques et sauvages) (Isaac-Renton et al. 1998; Aramini et al. 1999). Les renseignements disponibles sur l'efficacité avec laquelle les procédés de traitement de l'eau peuvent éliminer ou inactiver Toxoplasma gondii sont limités. Cependant, vu la taille de cet organisme, les procédés classiques de coagulation/sédimentation et de filtration devraient pouvoir l'éliminer facilement. Les procédés de traitement de l'eau utilisés pour éliminer/inactiver la Giardia et le Cryptosporidium devraient en fait être efficaces contre ce micro-organisme.