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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Les protozoaires : la Giardia et le Cryptosporidium

8.0 Techniques de traitement

L'élimination et l'inactivation des kystes de Giardia et des oocystes de Cryptosporidium de l'eau brute sont compliquées par leur petite taille et leur résistance aux oxydants couramment utilisés, tels que le chlore. Les oocystes de Cryptosporidium sont plus difficiles à éliminer mais semblent se trouver moins souvent ou aussi souvent que les kystes de Giardia dans les eaux de surface du Canada. La procédure de détection est toutefois moins efficace pour les oocystes de Cryptosporidium et il se peut que le taux de prévalence à l'échelle nationale soit plus élevé qu'on ne le pense. Les éclosions de giardiase et de cryptosporidiose d'origine hydrique sont le résultat d'un traitement et de méthodes opérationnelles inadéquats (Lin 1985). L'approche à barrières multiples du traitement, qui comprend la protection des bassins versants et des têtes de puits, ainsi que l'optimisation de la filtration et de la désinfection, le bon entretien des réseaux de distribution et la surveillance de l'efficacité du traitement (p. ex., turbidité, résidus de désinfection, etc.) est de loin la meilleure manière de réduire le risque d'infection à des niveaux acceptables ou non détectables. Dans les collectivités où la filtration n'est pas économiquement réalisable, il faudra s'en remettre à un plan efficace de protection des bassins versants, à une désinfection adéquate, à un réseau de distribution en excellent état et, éventuellement, à un traitement reconnu appliqué au point d'entrée ou au point d'utilisation afin de réduire ces risques. Une étude exhaustive des techniques de traitement disponibles dépasserait la portée de ce document. Ces méthodes ont été examinées dans des manuels sur le traitement de l'eau préparés par UMA Engineering Ltd. et al. (1993), par Santé Canada (1993) et par l'EPA des États-Unis (1991).

Le traitement efficace de l'eau commence par une gestion des bassins versants qui, en contrôlant les populations de mammifères aquatiques et en situant les prises d'eau brute le plus loin possible des émissaires d'évacuation, permet de réduire au minimum la contamination fécale d'origine animale et humaine (Crockett et Haas 1997). Il ne faut pas négliger la possibilité d'un débordement des systèmes collecteurs et de traitement des eaux usées : une hausse soudaine des organismes indicateurs peut avertir de la présence de problèmes (comme l'éclosion de Temagami en Ontario). La coagulation, la floculation, la clarification, la filtration (y compris la filtration directe) et la post-désinfection sont toutes communément utilisées avec de bons résultats dans les usines municipales de traitement de l'eau pour éliminer ou inactiver les kystes de Giardia, mais des problèmes peuvent encore survenir avec les oocystes de Cryptosporidium (en raison de leur petite taille et de leur résistance aux oxydants). Au Canada, environ 1 000 collectivités, qui comprennent quelques grandes villes, utilisent des approvisionnements d'eau de surface et ne procèdent qu'à une chloration de l'eau accompagnée de divers niveaux de gestion des bassins versants.

Le niveau de traitement requis pour éliminer et/ou inactiver les kystes et les oocystes dépend de leur concentration dans la source d'eau. Les sources d'eau doivent donc faire l'objet d'une surveillance périodique visant à détecter la présence de kystes et d'oocystes, notamment au cours des périodes où l'on s'attend à ce que les concentrations soient élevées (par exemple, après des crues printanières ou de fortes pluies), afin de déterminer les niveaux appropriés de traitement. Par exemple, l'EPA des États-Unis a estimé que si les concentrations d'oocystes dans la source d'eau sont inférieures à 0,075/L, la filtration classique permettant une réduction de 3 log des oocystes devrait être suffisante (EPA des États-Unis 2002a). Lorsque la surveillance des oocystes n'est pas possible, E. coli peut être utilisé comme indicateur de leur présence et du traitement requis. L'EPA des États-Unis considère également qu'un traitement permettant une réduction de 3 log des oocystes est adéquat, à condition que les concentrations moyennes d'E. coli ne dépassent pas 10 unités formant colonie (ufc)/100 ml dans les lacs et 50 ufc/100 ml dans les eaux courantes.

8.1 Techniques municipales

Sauf exemptions spécifiques à des réseaux, il faut désinfecter tous les réseaux publics (municipaux) d'approvisionnement en eau. Il faut toujours maintenir dans tout le réseau une concentration résiduelle de désinfectant. Outre la désinfection, le traitement de tous les approvisionnements en eau de surface et en eaux souterraines assujetties à l'influence d'eaux de surface doit inclure au moins la coagulation, la floculation, la clarification et la filtration, ou des techniques équivalentes.

On peut prédire l'efficacité de la désinfection en fonction de la concentration résiduelle de désinfectant, de la température, du pH (uniquement pour le chlore) et du temps de contact avant que l'eau parvienne chez le premier consommateur. Cette relation est communément appelée concept CT, où CT est le produit de C (la concentration résiduelle de désinfectant, mesurée en mg/L) et T (le temps de contact du désinfectant, mesuré en minutes). Les valeurs CT pour le chlore, le dioxyde de chlore, la chloramine et l'ozone établies par l'EPA des États-Unis pour obtenir divers degrés d'inactivation de la Giardia sont présentées dans l'annexe A afin de guider les fournisseurs d'eau quant aux conditions nécessaires pour obtenir une inactivation adéquate de la Giardia. Le degré d'inactivation jugé adéquat dépendra, bien entendu, des niveaux de Giardia dans l'eau brute et du niveau de risque de maladie acceptable. Il est possible de réduire la viabilité des kystes de Giardia jusqu'à 99,9 % en utilisant uniquement la chloration, mais des temps de contact longs sont nécessaires. Là où l'eau de la source d'approvisionnement est de très bonne qualité, que ce soit naturellement ou grâce à un programme efficace de protection des bassins versants, une désinfection permettant d'obtenir une inactivation de moins de 99,9 % peut être suffisante. L'ozone et le dioxyde de chlore constituent des désinfectants beaucoup plus efficaces, mais ils sont tous les deux coûteux et entraînent la formation de sousproduits indésirables (particulièrement le chlorite dans le cas du dioxyde de chlore et le bromate dans celui de l'ozone). L'ozone constitue le meilleur choix mais il n'est pas fiable lorsque la turbidité est élevée ou variable, car les kystes se protègent dans les particules floculées. La chloramine ne devrait pas être utilisée comme désinfectant primaire. Les effets de ces variables sont examinés dans les manuels de traitement d'eau mentionnés ci-haut ou dans l'ouvrage de von Huben (1991) en ce qui concerne le chlore, le dioxyde de chlore, la chloramine et l'ozone.

La chloration seule ne semble pas être pratique pour l'inactivation du Cryptosporidium (Finch et al. 1993a). La protection des bassins versants accompagnée d'une filtration et un réseau de distribution en très bon état sont actuellement les meilleurs moyens dont on dispose pour réduire le risque de cryptosporidiose d'origine hydrique pour les usines de traitement qui se fient à la chloration. Des travaux réalisés par Finch et al. (1997) ont montré que l'ozonation pouvait être efficace lorsqu'elle était pratiquée convenablement. Ces auteurs ont également montré que l'utilisation séquentielle de deux désinfectants donnait de meilleurs résultats que lorsqu'un seul était utilisé. Une chloration suivie d'une chloramination s'avère plus efficace que ce que l'on a pu croire jusqu'ici et peut inactiver les oocystes de Cryptosporidium d'un niveau pouvant atteindre 1,6 log lorsque la viabilité est mesurée selon l'infection chez les souris. L'ozone ou le dioxyde de chlore suivi du chlore s'est révélé particulièrement efficace. Un examen des effets de l'ozonation et d'autres procédés de traitement de l'eau a été réalisé par Smith et al. (1995).

La filtration combinée à la coagulation/floculation et suivie de la désinfection constitue la méthode la plus pratique pour obtenir des taux élevés d'élimination/inactivation des kystes et des oocystes. Payment et Franco (1993) ont montré que 99,998 % des kystes de Giardia et des oocystes de Cryptosporidium étaient éliminés d'une eau très polluée à l'aide d'un traitement conventionnel (floculation, décantation, pré-désinfection et post-désinfection au dioxyde de chlore et au chlore et filtration) dans trois usines de traitement d'eau de Montréal. La filtration lente sur sable et la filtration sur terre à diatomées peut également s'avérer très efficace. Il est souhaitable d'optimiser la filtration afin d'obtenir un rendement stable des filtres et de réduire au minimum le passage de kystes et d'oocystes. Le recyclage sans traitement de l'eau de lavage des filtres contenant des kystes ou des oocystes n'est pas recommandé. Le rendement des filtres sous pression varie énormément; ces filtres ne sont pas aussi fiables que les filtres à gravité utilisés de façon adéquate. Comme on rencontre divers types d'eau, le choix du système le plus approprié doit être effectué par des ingénieurs expérimentés, à l'issue d'essais pilotes adéquats. Un système efficace de formation des techniciens et de contrôle du processus est essentiel dans les régions où l'on sait que le risque de contamination est élevé. La surveillance de l'eau brute visant à détecter les kystes et les oocystes est utile pour établir la prévalence; l'analyse de l'eau traitée fournit une indication du risque si on y inclut des essais de viabilité ou d'infectiosité. Cela peut s'avérer particulièrement important au printemps, après de fortes pluies ou après la fonte des neiges. On peut également obtenir des données utiles pour le contrôle du processus en surveillant les kystes et les oocystes ou leurs substituts appropriés dans l'eau traitée. Des mesures de turbidité ou des numérations de particules anormales peuvent rapidement indiquer une mauvaise performance du filtre. LeChevallier et Norton (1992) ont constaté que les particules >5 µm et la turbidité étaient des paramètres qui laissaient soupçonner la présence de la Giardia et du Cryptosporidium. Une élimination de 1 log des particules et de la turbidité correspondait à une élimination respective de 0,66 et 0,89 log des kystes et des oocystes.

La filtration sur membrane est devenue un élément (de plus en plus) important des systèmes de traitement de l'eau potable. La microfiltration, l'ultrafiltration, la nanofiltration et l'osmose inverse sont les méthodes à membranes les plus utilisées pour éliminer les microbes. Les membranes à microfiltration ont les pores les plus grosses (>0,1 µm), tandis que les membranes à osmose inverse ont les plus petites ( ≥0,0001 µm) (Taylor et Weisner 1999). Même si toutes ces méthodes semblent efficaces pour éliminer les kystes et les oocystes de protozoaires, la microfiltration et l'ultrafiltration sont les plus courantes à cause de leur rentabilité. Jacangelo et al. (1995) ont évalué l'élimination de G. muris et C. parvum des eaux de trois sources d'approvisionnement de qualité variable au moyen de tout un éventail de membranes à microfiltration et à ultrafiltration. Ils ont évalué des membranes à microfiltration de 0,1 µm et 0,2 µm, ainsi que des membranes à ultrafiltration de 100, 300 et 500 kilodaltons. Les deux types de membranes ont produit des éliminations log de >4,7-7,0 dans le cas de G. muris, et de >4,4- 7,0 dans celui de C. parvum. Karami et al. (1999) ont aussi évalué l'efficacité des membranes à microfiltration (0,2 µm) pour l'élimination des kystes et des oocystes. On a signalé des éliminations log moyennes de 3,3-4,4 dans le cas des particules de la grosseur de la Giardia et de 2,3-3,5 dans celui des particules de la taille du Cryptosporidium. Plus récemment, States et al. (1999) ont signalé l'élimination absolue du Cryptosporidium et de la Giardia par microfiltration et Parker et al. (1999) ont signalé une élimination de l'ordre de 5,3 log de C. parvum au moyen de membranes à microfiltration (0,2 µm). Même si la filtration sur membrane est très efficace pour éliminer les microbes, y compris les kystes et les oocystes de protozoaires, il faut tenir compte de l'encrassement (causé par l'accumulation de particules, de produits chimiques et la croissance biologique sur les surfaces de la membrane) et de la dégradation (causée par l'hydrolyse et l'oxydation) de la membrane. Comme les caractéristiques physiques de la membrane pourraient varier pendant la fabrication par différents manufacturiers, il faut démontrer l'efficacité de l'élimination des kystes et des oocystes dans le cas d'une membrane en particulier au moyen d'un test de provocation et la vérifier en testant directement son intégrité (p. ex., en mesurant la perte de pression en amont ou en aval de la membrane, ou en évaluant l'élimination de particules enrichies au moyen d'une méthode à base de marqueur). Les documents d'appui sur la turbidité dans l'eau potable de Santé Canada (http://www.hc-sc.gc.ca/hecs-sesc/eau/publications/turbidity/tdm.htm) contiennent plus de renseignements détaillés sur les techniques de filtration.

La désinfection aux rayons UV constitue une nouvelle méthode (substitut) de traitement qui semble très efficace pour inactiver la Giardia et le Cryptosporidium. À la suite d'études antérieures (c.-à-d. celles qui ont eu lieu avant 1998) (Rice et Hoff 1981; Karanis et al. 1992; Lorenzo-Lorenzo et al. 1993; Campbell et al. 1995), on a signalé que seules des doses très élevées de rayons UV inactivaient les protozoaires, mais des études récentes ont montré que de faibles doses pouvaient produire une inactivation importante (Clancy et al. 1998; Bukhari et al. 1999; Craik et al. 2000, 2001; Belosevic et al. 2001; Drescher et al. 2001; Linden et al. 2001, 2002; Shin et al. 2001; Campbell et Wallis 2002; Mofidi et al. 2002; Rochelle et al. 2002). Ces observations contradictoires découlent d'épreuves de détermination de la viabilité in vitro utilisées au cours des études antérieures, qui surestiment énormément la dose de rayons UV nécessaires pour provoquer l'inactivation (Clancy et al. 1998; Bukhari et al. 1999; Craik et al. 2000). Des études en cours sont fondées sur des épreuves in vivo (p. ex., modèle murin néonatal) et des techniques de culture cellulaire pour évaluer l'inactivation des kystes et des oocystes. Compte tenu de ces études et d'autres encore, l'EPA des États-Unis a mis au point une table de doses de rayons UV, aussi appelée « table IT », qu'elle a publiée en juin 2003 dans un projet de document intitulé Ultraviolet Disinfection Guidance Manual (EPA des États-Unis 2003). Selon cette table, il faut une dose (de rayons UV à basse pression) de 12 mJ/cm2 pour provoquer une inactivation de 3 log de Cryptosporidium (voir le tableau B.1). Il faut par ailleurs une dose de plus de 140 mJ/cm2 pour produire le même niveau d'inactivation chez des virus. Même si la désinfection aux rayons UV semble très efficace pour inactiver les protozoaires, il faut tenir compte de la possibilité de réactivation après le traitement aux rayons UV. On a signalé que des micro-organismes pouvaient réparer (réactiver) leur ADN endommagé par les rayons UV. Belosevic et al. (2001) ont observé la réactivation de G. muris après un traitement à des doses relativement faibles (moins de 25 mJ/cm2) de rayons UV à pression moyenne. Des kystes et des oocystes de C. parvum et de G. muris exposés à des doses de rayons UV à une pression moyenne de  60 mJ/cm2 ne se sont toutefois pas réactivés après le traitement. Linden et al. (2002) n'ont pas observé de réactivation de G. lamblia après l'exposition à des doses de 16 et 40 mJ/cm2 de rayons UV.

Même le système de traitement municipal le plus sophistiqué ne peut pas fournir en continu une eau totalement exempte de micro-organismes susceptibles d'engendrer des maladies. Le véritable objectif du traitement est de réduire à un niveau acceptable ou sans danger le nombre d'organismes pathogènes et les risques pour la santé qu'ils présentent. Le risque de maladie peut être réduit au minimum en augmentant au maximum le nombre et l'efficacité des barrières de traitement. Ce niveau d'acceptabilité ou de sécurité peut varier d'une collectivité à une autre et dépend de nombreux facteurs en matière d'environnement, de santé humaine et d'économie propres au site. Par exemple, la détermination de la sécurité doit prendre en considération les différents types et, lorsque cela est possible, les concentrations d'organismes infectieux dans l'eau brute, la gravité des maladies que ces organismes engendrent, le degré de résistance à la maladie de la population exposée, le niveau de surveillance des maladies dans la collectivité et les ressources financières disponibles qui doivent être partagées entre le traitement de l'eau potable et les autres services communs de la collectivité. Le traitement de tous les approvisionnements en eau provenant de sources d'eaux de surface et d'eaux souterraines assujetties à l'influence d'eaux de surface doit néanmoins inclure au moins la coagulation, la floculation, la clarification et la filtration, ou des techniques équivalentes, en plus de la désinfection. Comme la Giardia et le Cryptosporidium sont omniprésents dans les eaux de surface au Canada et sont plus résistants à la désinfection que la plupart des organismes infectieux, il est souhaitable de procéder à un traitement pouvant entraîner une réduction de la Giardia et du Cryptosporidium d'au moins 99 %.

Aux États-Unis, l'EPA a promulgué le Surface Water Treatment Rule (SWTR) dans le but de contrôler la présence de la Giardia et des virus dans les réseaux publics d'approvisionnement en eau potable qui utilisent des eaux de surface ou des eaux souterraines assujetties à l'influence d'eaux de surface (EPA des États-Unis 1989). Toutes les installations qui utilisent des eaux de surface filtrées ou non filtrées doivent éliminer et/ou inactiver au moins 99,9 % (3 log) des kystes de G. lamblia. On pense que ce niveau d'élimination/inactivation réduit le risque de giardiase transmise par l'eau à moins de 10-4 (c'est-à-dire <1 personne infectée sur 10 000) par an. Selon le Surface Treatment Water Rule, un réseau public d'approvisionnement en eau potable qui utilise une eau de surface doit procéder à une filtration à moins qu'il ne réponde à certaines normes concernant la qualité de l'eau, l'exploitation et la santé publique. On présume que la filtration élimine 99 % (2 log) des kystes de Giardia et que la désinfection doit engendrer une inactivation supplémentaire de 90 % (1 log) seulement (voir annexe A). On présume que les réseaux qui utilisent un traitement conventionnel et qui parviennent à obtenir des niveaux de turbidité inférieurs à 0,5 unités de turbidité néphélométrique (uTN) dans 95 % des échantillons d'eau filtrée obtiennent une élimination de 2,5 log des kystes de Giardia, si les conditions de coagulation et de floculation sont optimisées pour l'élimination de la turbidité. Dans ces installations, la désinfection ne doit inactiver que 68,4 % (0,5 log) des kystes de Giardia (voir annexe A).

Reconnaissant que les installations dont la source d'eau est très médiocre pouvaient ne pas être correctement protégées par une réduction de 3 log des kystes de Giardia et qu'il était possible que les exigences de réduction s'appliquant à la Giardia puissent ne pas s'appliquer au Cryptosporidium, l'EPA des États-Unis a adopté un Enhanced Surface Water Treatment Rule intérimaire (IESWTR) (EPA des États-Unis 1998). Un article de ce règlement stipule qu'en vertu du SWTR, les systèmes de traitement doivent entraîner une élimination de 2 log du Cryptosporidium. Les usines qui procèdent à une filtration classique ou directe et qui produisent une eau présentant une turbidité inférieure ou égale à 0,3 uTN dans 95 % des échantillons mensuels et une turbidité maximale de 1 uTN sont réputées satisfaire à cette exigence. Le règlement sur le traitement amélioré à long terme des eaux de surface 1 ou Long Term 1 Enhanced Surface Water Treatment Rule (LT1ESWTR), promulgué en janvier 2002, s'appuie sur les exigences des règlements SWTR et IESWTR et est conçu pour renforcer le contrôle microbien dans les petits réseaux (c.-à-d. ceux qui desservent moins de 10 000 personnes) qui utilisent des eaux de surface et des eaux souterraines assujetties à l'influence d'eaux de surface (EPA des États-Unis 2002b). L'EPA des États-Unis a proposé récemment le règlement sur le traitement amélioré à long terme des eaux de surface 2 ou Long Term 2 Enhanced Surface Water Treatment Rule (LT2ESWTR) qui s'appliquera à tous les réseaux publics de distribution d'eau qui utilisent des eaux de surface ou des eaux souterraines assujetties à l'influence d'eaux de surface. Ce règlement définit les traitements obligatoires spécifiques à des réseaux et répartit ceux-ci en catégories différentes en fonction des résultats de la surveillance de Cryptosporidium dans les sources d'eau. Par exemple, les réseaux qui desservent au moins 10 000 personnes et où la concentration de Cryptosporidium dans l'eau de la source d'approvisionnement dépasse 0,075/L mais n'atteint pas 1,0/L (déterminée à la suite d'au moins une année de surveillance) sont classés dans la catégorie 2. Les réseaux de cette catégorie doivent parvenir à une élimination/inactivation totale de Cryptosporidium d'au moins 4 log (EPA des États-Unis 2002a). Le règlement LT2ESTWR établira aussi un « coffre d'outils » constitué de diverses méthodes de désinfection, comme l'ozone et les rayons UV, qu'il sera possible d'utiliser pour établir des crédits de désinfection de Cryptosporidium. Le coffre d'outils inclura des critères particuliers de désinfection, comme les produits CT de l'ozone et les doses IT de rayons UV nécessaires pour assurer certains niveaux d'inactivation de Cryptosporidium.

Les techniques de traitement de l'eau potable qui permettent d'atteindre les limites de turbidité indiquées dans les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada (Santé Canada 2004) peuvent appliquer les taux de réduction logarithmique estimés de la Giardia, du Cryptosporidium et des entérovirus donnés au tableau 1. Ces taux de réduction sont basés sur les taux d'élimination moyens ou médians établis par l'EPA des États-Unis dans le cadre du règlement LT2ESWTR (EPA des États-Unis 2002a). Les installations qui ne remplissent pas les conditions requises ou qui pensent pouvoir atteindre un taux plus élevé d'élimination ou de réduction que celui octroyé automatiquement peuvent se voir attribuer un taux fondé sur une démonstration de performance.

8.2 Techniques de traitement résidentielles

Le traitement de tous les réseaux semi-publics et privés d'approvisionnement en eau provenant d'eaux de surface ou d'eaux souterraines assujetties à l'influence d'eaux de surface doit inclure au moins une filtration (ou des techniques équivalentes) et une désinfection adéquates. Les réseaux semi-publics et privés sont considérés comme des réseaux résidentiels aux fins du présent document.

Il existe tout un éventail de moyens possibles pour traiter les eaux des sources d'approvisionnement afin de produire de l'eau potable de grande qualité ne contenant aucun agent pathogène. Dans le cas des réseaux publics, ces moyens comprennent diverses méthodes de filtration et la désinfection au moyen de composés à base de chlore, ou d'autres techniques comme les rayons ultraviolets (UV) ou l'ozonation. Les réseaux semi-publics et privés peuvent utiliser un grand nombre des techniques utilisées par les réseaux publics, mais à plus petite échelle, ainsi que d'autres techniques comme la distillation. Ces techniques ont été intégrées à des dispositifs au point d'entrée qui traitent toute l'eau qui arrive dans le système, ou à des dispositifs au point d'utilisation, qui traitent l'eau en un seul endroit, comme au robinet de la cuisine, par exemple. Le chlore, la chloramine, le dioxyde de chlore, l'ozone et les rayons UV sont utilisés couramment pour désinfecter l'eau potable. Tous ces désinfectants sont utilisés dans les réseaux publics, mais les réseaux semi-publics et privés qui pratiquent la désinfection ont plus tendance à utiliser le chlore ou les rayons UV.

Tableau 1 : Taux d'élimination potentielle des virus, de la Giardia et du Cryptosporidium pour des techniques variées permettant d'a tteindre les limites de turbidité indiquées dans les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada
Technique Réduction des kystes/oocystesc Réduction des virus

Filtration classiquea

3,0 log

2,0 log

Filtration directea

2,5 log

1,0 log

Filtration lente sur sable ou à diatoméesa

3,0 log

2,0 log

Microfiltration et ultrafiltration, nanofiltration et osmose inverseb

Efficacité de l'élimination démontrée par test de provocation et vérifiée par test direct de l'intégrité.

Aucune valeur de réduction pour la microfiltration et l'ultrafiltration; pour la nanofiltration et l'osmose inverse, l'efficacité de l'élimination est démontrée par tests de provocation et vérifiée par test direct de l'intégrité.

a Il faut faire suivre la filtration classique/directe/lente sur sable/à diatomées d'une application de chlore libre pour obtenir une réduction supplémentaire des virus.
b La microfiltration et l'ultrafiltration doivent être suivies d'une application de chlore libre pour inactiver les virus.
c Selon les concentrations de kystes et d'oocystes dans la source d'eau, un traitement supplémentaire s'impose au moyen de rayons ultraviolets, d'ozone, de chlore ou de dioxyde de chlore.

Santé Canada ne recommande pas de marques particulières de dispositifs de traitement de l'eau potable, mais conseille vivement aux consommateurs de n'utiliser que les dispositifs certifiés par un organisme de certification accrédité comme étant conformes aux normes appropriées de NSF International (NSF) et de l'American National Standards Institute (ANSI). Ces normes visent à protéger l'eau potable en aidant à garantir l'innocuité des matériaux et l'efficacité des produits qui entrent en contact avec l'eau potable. Les organismes de certification garantissent qu'un produit ou service est conforme aux normes en vigueur. Au Canada, le Le lien suivant vous amène à une autre site Web Conseil canadien des normes (http://www.scc.ca) a accrédité un certain nombre d'organismes qu'il autorise ainsi à homologuer les dispositifs de traitement de l'eau potable qui satisfont aux normes susmentionnées de NSF et de l'ANSI :