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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Activités de recherche et de développement

Le mandat de Santé Canada est de maintenir et d'améliorer la santé des Canadiens et des Canadiennes. Dans le cadre des responsabilités du Centre national de référence pour les essais biologiques et la surveillance In Vivo (CNR), ce mandat se traduit par:

  1. la capacité de calculer aussi exactement que possible les doses résultant de l'incorporation de radionucléides et,
  2. d'évaluer les effets de ces incorporations sur la santé, de manière que les niveaux d'incorporation puissent être abaissés aux niveaux appropriés et que les effets néfastes pour la santé soient réduits au minimum.

Les facteurs qui contribuent le plus à l'obtention d'une estimation de la dose reflétant les méfaits réels de l'incorporation d'un radionucléide sont de deux types :

  1. des résultats de mesures aussi exacts que le permettent les techniques et les instruments de pointe,
  2. et des modèles biocinétiques qui reproduisent le plus fidèlement possible ce qui se passe véritablement chez l'humain qui ingère et absorbe des radionucléides.

Dans cette optique, voici nos activités de recherche et de développement:

  • projets visant à améliorer les techniques de mesures sur lesquelles reposent les calculs de doses,
  • les études sur le métabolisme et la biocinétique des radionucléides,
  • études sur les effets biologiques de l'ingestion de radionucléides (p. ex. effets sur le rein humain de l'ingestion d'eau potable contenant des concentrations élevées d'uranium naturel).

Mise au point de méthodes

Le CNR pour les essais biologiques participe à un programme permanent d'amélioration des techniques utilisées dans la mesure de divers radionucléides. Bien que la méthode de détection de l'uranium ait été mise au point par le CNR pour des échantillons de matières fécales, la plupart des techniques sont effectuées dans des échantillons d'urine, qui constitue la matrice la plus souvent utilisée dans les contrôles individuels au Canada. Ce programme vise à améliorer l'exactitude et la précision des mesures aux niveaux de contamination interne et des concentrations résultantes dans l'urine qu'on observe le plus souvent dans les contrôles systématiques ainsi que les seuils réglementaires. Les radionucléides étudiés à ce titre sont :

  • l'uranium
  • le plutonium-239/240
  • l'américium-241
  • le tritium
  • le carbone-14
  • le strontium-90
  • les autres produits de fission/activation (Cs-137, Co-60, I-131, Mn-54)

Ces techniques sont décrites en détail. On peut se les procurer auprès du CNR sur demande écrite.

Projets de recherche représentatifs

Une étude a été menée in vitro sur la solubilité des poussières d'uranium recueillies dans les mines et les usines canadiennes de concentration d'uranium dans du simili-liquide pulmonaire. En plus d'établir la solubilité des composés d'uranium isolés à diverses étapes de la production d'uranium dans un milieu conçu pour ressembler au liquide pulmonaire, nous avons également mis au point une technique qui peut être utilisée très simplement dans de petits laboratoires. Les résultats obtenus concordaient avec ceux des études précédemment réalisées sur les composés, sauf en ce qui concerne UO3 qui, dans notre contexte, se comportait plutôt comme un composé de classe D (ou de type F). Ce comportement s'est révélé conforme aux résultats obtenus par Stradling et coll. dans une étude sur le rat qui a été publiée par la suite.

M. Limson Zamora, R. Falcomer and W. Hunt. (1988). In vitro dissolution characteristics of aerosols from uranium mills. Biological Assessment of Occupational Exposure to Actinides Workshop, Book of Abstracts, p.108, Versailles, France.

Il arrive souvent que les principes utilisés en dosimétrie interne proviennent d'études effectuées « à des fins pratiques » sur des animaux de laboratoire. Les données ainsi acquises peuvent être extrapolées aux humains; dans certaines circonstances, cette extrapolation requiert pour ainsi dire un acte de foi. Lorsque l'occasion se présente, les études effectuées sur les humains peuvent revêtir une très grande importance quand il s'agit de vérifier la validité de l'extrapolation des résultats d'études animales à la protection de la santé humaine. Voilà pourquoi le CNR pour les essais biologiques a entrepris une étude in vivo chez l'humain des effets sur le rein de l'ingestion sur une longue période d'uranium naturel provenant de l'eau potable. Les résultats de notre étude indiquent que la portion du rein la plus sensible aux effets néfastes de l'uranium est le tubule proximal. C'est là que s'effectue la « réabsorption optionnelle » d'eau et d'autres petites molécules comme les électrolytes; voilà pourquoi le tubule proximal joue un rôle primordial dans le maintien de l'équilibre hydrique, acidobasique et électrolytique essentiel à la vie.

M. Limson Zamora, B.L. Tracy, J. M. Zielinski, D.P. Meyerhof and M.A. Moss. (1998). Chronic ingestion of uranium in drinking water: A study of kidney bioeffects in humans. Toxicological sciences, 43, 68-77.

Nephron (du rein)
1. artère afférente du rein
2. veine efférente du rein
3. capsule de Bowman [glomérule]
4. tube contourné distal
5. tube contourné proximal
6. anse de Henle
7. tube collecteur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une seconde enquête réalisée auprès d'une population autochtone concordait avec les résultats de la première étude, et les deux étaient en accord avec les résultats des études animales. Un rapport sur la deuxième étude a été distribué aux membres de la collectivité.

M. Limson Zamora, B.L. Tracy, J. M. Zielinski, R. Falcomer, K. Capello, G. Moodie, D.P. Meyerhof. (1998). Assessment of the effect on kidney function of long-term ingestion of uranium in drinking water by the Kitigan Zibi community: A report to the Medical Services Branch, Health Canada, on a study conducted by the Radiation Protection Bureau, Health Protection Branch.

Une étude in vivo a été réalisée sur le taux d'absorption gastro-intestinale, le facteur f1, de l'uranium ingéré. L'étude a porté sur deux groupes : les citoyens d'une ville canadienne où l'eau potable était tirée de puits profonds et contenait des concentrations élevées d'uranium, et un centre urbain où l'eau fournie par le système d'aqueduc municipal contenait des concentrations d'uranium correspondant aux niveaux naturels. La valeur médiane du facteur f1 était de 0,009, tandis que sa valeur à 0,78 était de 0,02, ce qui concordait avec le chiffre recommandé pour le calcul des doses selon la norme Commission internationale de protection radiologique (CIPR) 69.

M. Limson Zamora, J. M. Zielinski, D.P. Meyerhof, and B.L. Tracy (2002).
Gastrointestinal absorption of uranium in humans. Health Physics, 83(1): 35-45.