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Aliments et nutrition
Guide alimentaire canadien

La vitamine D chez les personnes de plus de 50 ans : Contexte

1. Problématique

Chez les personnes de plus de 50 ans, la quantité de vitamine D fournie par le modèle d'alimentation recommandé dans le Guide alimentaire révisé ne comble pas les Apports suffisants (AS) fixés par l'Institute of Medicine des National Academies. À moins de recommander la consommation quotidienne de quantités irréalistes de certains aliments, il est pratiquement impossible de respecter l'Apport suffisant fixé pour les personnes de 51 ans ou plus à partir uniquement de sources alimentaires.

C'est pourquoi Santé Canada recommande que tous les adultes de plus de 50 ans prennent chaque jour un supplément de 10 microgrammes (400 UI) de vitamine D en plus de suivre le Guide alimentaire canadien.

2. Rôle de la vitamine D

La vitamine D joue un rôle au niveau de la santé des os. Son principal rôle consiste à maintenir des concentrations normales de calcium et de phosphate sériques (IOM, 1997). Une amélioration de la force musculaire ainsi qu'une réduction des taux de fractures et de chutes ont été associées à une concentration plus élevée de vitamine D dans l'organisme (Bischoff et al., 2003; Bischoff-Ferrari et al., 2004a, 2004b, 2005). La vitamine D pourrait aussi jouer un rôle dans la prévention de certains cancers et avoir un effet protecteur à l'égard de certaines maladies auto-immunes (Munger et al., 2004; Gorham et al., 2005; Harris, 2005; Garland et al., 2006).

Une déficience en vitamine D perturbe le métabolisme des os, ce qui entraîne le rachitisme chez les enfants et l'ostéomalacie (insuffisance de minéralisation des os) ou l'ostéoporose (os poreux) chez les adultes (IOM, 1997). 

Un excès de vitamine D se manifeste par une hypercalcémie (taux élevé de calcium dans le sang). Une exposition prolongée à un excès de vitamine D peut entraîner une calcification des reins et d'autres tissus mous, notamment ceux du coeur, des poumons et des vaisseaux sanguins (IOM, 1997).

3. Apports nutritionnels de référence relatifs à la vitamine D

Les Apports nutritionnels de référence (ANREF) sont un ensemble de valeurs nutritionnelles de référence fondées scientifiquement qui sont destinées à des populations en santé. Les ANREF s'appuient sur des indicateurs de la santé, sur la prévention des maladies chroniques et sur les effets indésirables potentiels d'un apport excessif en éléments nutritifs. On utilise plusieurs types de valeurs de référence, chacune de ces valeurs ayant une utilisation précise (voir les définitions dans l'Annexe). 

On retrouve au Tableau 1 l'Apport suffisant en vitamine D recommandé chez les hommes et les femmes de 19 ans ou plus ainsi que l'Apport maximal tolérable, tels que fixés par l'Institute of Medicine (IOM) des National Academies.

Tableau 1. Apports nutritionnels de référence relatifs à la vitamine D (IOM, 1997)

Groupes d'âge Apport suffisant (AS)
(hommes et femmes)
Apport maximal tolérable (AMT)
(hommes, femmes et exposition chronique)
19-50 ans 5 μg (200 IU) par jour 50 μg (2000 IU) par jour
51-70 ans 10 μg (400 IU) par jour
>70 ans 15 μg (600 IU) par joury

Depuis la publication des ANREF relatifs à la vitamine D en 1997, de nombreuses recherches indiquent que les besoins en vitamine D pourraient être supérieurs aux AS mentionnés plus haut.

4. Rayons solaires et vitamine D

La vitamine D est synthétisée dans la peau lors d'une exposition aux rayons ultraviolets B (UVB). Cette synthèse dépend toutefois de la latitude, de la saison, de l'heure de la journée, de l'âge, de l'utilisation d'écrans solaires et de la pigmentation de la peau (IOM, 1997). Au Canada, il n'y a pas de synthèse de vitamine D dans la peau pendant les mois d'hiver (octobre à mars) et pendant encore une plus grande partie de l'année dans les latitudes plus nordiques. Cela signifie que pendant une partie importante de l'année, les Canadiennes et Canadiens doivent compter sur leur apport alimentaire pour maintenir des taux appropriés de vitamine D dans leur corps.

5. Sources de vitamine D dans l'approvisionnement alimentaire canadien

Les principales sources de vitamine D sont les aliments enrichis. Au Canada, le lait de vache et la margarine sont obligatoirement enrichis de vitamine D. L'enrichissement du lait de chèvre, des boissons enrichies à base de plantes (p. ex. boissons de soya enrichies) et des jus d'orange enrichis de calcium demeure facultatif. Bien que le fromage et le yogourt puissent être préparés à partir de lait enrichi de vitamine D, le produit final ne contient pas autant de vitamine D que le lait lui-même.

Les seules sources naturelles de vitamine D dans l'approvisionnement alimentaire canadien sont les poissons gras et le jaune d'oeuf.

Étant donné que le lait liquide est un aliment consommé couramment, il représente une source importante de vitamine D.

6. Teneur en vitamine D du Guide alimentaire révisé

Le modèle de saine alimentation du Guide alimentaire a été élaboré à partir d'un processus de modélisation qui a permis de tester différentes combinaisons et quantités d'aliments jusqu'à l'obtention d'un modèle adéquat sur le plan nutritionnel.

Le Guide alimentaire canadien recommande aux adultes de plus de 50 ans de consommer 3 portions de Lait et substituts chaque jour. On y retrouve également la recommandation suivante pour tous les groupes d'âge : « Consommez 500 mL (2 tasses) de lait chaque jour pour avoir suffisamment de vitamine D. »

Les résultats de la modélisation révèlent que les hommes et les femmes de 51 à 70 ans et de 71 ou plus ne peuvent pas combler l'As fixé pour la vitamine D uniquement en suivant le modèle d'alimentation recommandé dans le Guide alimentaire.

Lors de la modélisation, il s'est avéré impossible d'améliorer la teneur en vitamine D du modèle d'alimentation à partir de sources alimentaires puisqu'il faudrait consommer d'importantes quantités d'aliments spécifiques sur une base quotidienne.

7. Solution proposée pour combler le manque de vitamine D dans le Guide alimentaire révisé

Il est pratiquement impossible de combler l'AS fixé pour la vitamine D chez les personnes de 51 ans ou plus à moins de recommander la consommation quotidienne de quantités irréalistes de certains aliments. Pour obtenir le niveau d'apport alimentaire recommandé, on peut utiliser des suppléments renfermant de la vitamine D en tant que complément des aliments.

On retrouve au Tableau 2 la quantité approximative de vitamine D fournie par le Guide alimentaire canadien révisé chez les hommes et les femmes de 51 ans ou plus ainsi que la quantité additionnelle requise pour respecter l'AS.

Tableau 2. Satisfaction des besoins en vitamine D

Groupes d'âge Apport suffisant (AS)
μg (UI)
Quantité approximative de vitamine D fournie par le Guide alimentaire révisé
(en supposant la consommation de 500 ml ou 2 tasses de lait liquide)
Quantité additionnelle de vitamine D requise pour respecter l'AS
μg (UI)
(hommes et femmes)
51 -70 ans 10 (400) 5 (200) 5 (200)
71 ans + 15 (600) 5 (200) 10 (400)

8. Quantité de vitamine D recommandée sous forme de suppléments

La quantité de vitamine D recommandée sous forme de suppléments est de 10 μg (400 UI) par jour. En plus de suivre le Guide alimentaire, les personnes de plus de 50 ans devraient prendre un supplément de 10 μg (400 UI) de vitamine D pour s'assurer de respecter l'AS fixé pour cette vitamine. On sait que les personnes de 51 à 70 ans qui consomment un supplément de 10 μg (400 UI) de vitamine D obtiennent 5 μg (200 UI) de plus que l'AS fixé pour leur groupe d'âge. Cet apport en vitamine D demeure toutefois très inférieur à l'AMT qui a été fixé à 50 μg (2000 UI) par jour. Par ailleurs, le fait de recommander une quantité uniforme de 10 μg (400 UI) de vitamine D chez toutes les personnes de plus de 50 ans facilite la formulation du message.

9. Conclusions et recommandations

Les besoins en vitamine D augmentent après l'âge de 50 ans. Chez les personnes de plus de 50 ans, il est difficile de combler les besoins en vitamine D à moins de recommander la consommation quotidienne de quantités irréalistes de certains aliments.

La quantité de vitamine D fournie par le Guide alimentaire canadien ne permet pas de respecter l'apport suffisant (AS) fixé chez les individus de plus de 50 ans. 

Il est important de consommer une quantité adéquate de vitamine D pour avoir des os en santé et réduire le risque de fractures chez les personnes âgées. 

C'est pourquoi on retrouve le message suivant relatif à l'utilisation de suppléments dans le Guide alimentaire.  

Hommes et femmes de plus de 50 ans

Les besoins en vitamine D augmentent après l'âge de 50 ans.

En plus de suivre le Guide alimentaire canadien, toutes les personnes de plus de 50 ans devraient prendre chaque jour un supplément de 10 µg (400 UI) de vitamine D.

10. Références

Bischoff HA, Stähelin HB, Dick W, Akos R, Knecht M, Salis C, Nebiker M, Theiler R, Pfeifer M, Begerow B, Lew RA, Conzelmann M. 2003 Effects of vitamin D and calcium supplementation on falls: a randomized control trial. J Bone Miner Res 18:343-51.

Bischoff-Ferrari HB, Dawson-Hughes B, Willett WC, Staehelin HB, Bazemore MG, Zee RY, Wong JB. 2004 Effect of vitamin D on falls a meta-analysis. JAMA 291:1999-2006.

Bischoff-Ferrari HA, Dietrich T, Orav J, Hu FB, Zhang Y, Karlson EW, Dawson-Hughes B. 2004b Higher 25-hydroxyvitamin D concentrations are associated with better lower-extremity function in both active and inactive persons aged 60 y. Am J Clin Nutr 80:752-8.

Bischoff-Ferrari HA, Willett WC, Wong JB, Giovannucci E, Dietrich T, Dawson-Hughes B. 2005 Fracture prevention with vitamin D supplementation A meta-analysis of randomized control trials. JAMA:295 2257-64.

Garland CF, Garland FC, Gorham ED, Lipkin M, Newmark H, Mohr SB, Holick MF. 2006 The role of vitamin D in cancer prevention. Am J Pubic Health 96:252-61.

Gorham ED, Garland CF, Garland FC, Grant WB, Mohr SB, Lipkin M, Newmark HL, Giovannucci E, Wei M, Holick MF. 2005 Vitamin D and prevention of colorectal cancer. J Steroid Biochem & Molecular Biol 97:179-94.

Harris SS. 2005 Vitamin D in type 1 diabetes prevention. J Nutr 135:323-5.

IOM. (Institute of Medicine) 1997. Dietary Reference Intakes for Calcium, Phosphorus, Magnesium, Vitamin D and Fluoride. Washington DC: National Academy Press.

Munger KL, Zhang SM, O'Reilly E, Hernán MA, Oleh MJ, Willett WC, Ascherio A. 2004 Vitamin D and incidence of multiple sclerosis. Neurol 62:60-5.

Annexe : Apports nutritionnels de référence

Besoin moyen estimatif (BME) : La quantité de nutriment pouvant combler les besoins de la moitié de tous les sujets en santé appartenant à un groupe donné établi en fonction de l'âge et du sexe. Cette valeur s'appuie sur un examen exhaustif de la littérature scientifique.

Apport nutritionnel recommandé (ANR) : L'apport nutritionnel quotidien moyen en un certain nutriment qui permet de répondre aux besoins de la quasi-totalité (97-98 % ) des sujets en bonne santé. Cette valeur représente l'objectif à viser sur le plan individuel. L'ANR est calculé à partir du BME.

Apport suffisant (AS) : On fixe un AS uniquement dans les cas où il est impossible de fixer un BME (et par conséquent un ANR) parce qu'on ne dispose pas de données suffisamment précises. On retrouve soit un ANR ou un AS pour un nutriment donné. L'AS s'appuie sur des données expérimentales ou des estimations de la quantité de nutriment consommée par un groupe de personnes en bonne santé en prenant pour acquis que cette quantité favorise adéquatement la santé.

Apport maximal tolérable (AMT) : L'apport quotidien continu le plus élevé en un nutriment qui n'entraîne vraisemblablement aucun risque d'effets indésirables sur la santé chez presque tous les individus. Plus l'apport est supérieur à l'AMT, plus le risque d'effets indésirables augmente.