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Aliments et nutrition

Synthèse de recherche sur l'étiquetage nutritionnel

Résumé

Contexte

Les lois canadiennes entourant la liste des ingrédients et l'étiquetage nutritionnel facultatif sur les emballages des aliments remontent à 1974 et 1988, respectivement. Les amendements au Règlement sur les aliments et drogues publiés en janvier 2003 stipulent qu'un tableau de la valeur nutritive de format uniforme doit apparaître sur la plupart des aliments préemballés à partir de décembre 2005. Les dispositions relatives aux allégations nutritionnelles de ce règlement ont été mises à jour, tandis que les allégations santé ont été autorisées pour la première fois.

Les premiers efforts de Santé Canada en matière d'éducation sur l'étiquetage nutritionnel remontent à 1993. Le ministère avait alors publié une brochure à l'intention des consommateurs. En 2003, Santé Canada a distribué la Trousse sur l'étiquetage nutritionnel à l'intention des éducateurs à plus de 8 000 diététistes après avoir reconnu la nécessité d'une démarche éducative plus détaillée favorisant l'utilisation de l'étiquetage nutritionnel. Cette Trousse contenait une brochure intitulée Le point sur l'étiquetage nutritionnel, des présentations prêtes-à-utiliser ainsi que des affiches et des feuillets détachables. Certains messages clés ont été diffusés lors du lancement de la trousse pour sensibiliser la population au nouvel étiquetage nutritionnel. Depuis lors, Santé Canada continue à éduquer les consommateurs et intermédiaires sur l'utilisation de l'information nutritionnelle qui apparaît sur les étiquettes pour faire des choix éclairés. Divers moyens ont été utilisés pour poursuivre la sensibilisation au nouvel étiquetage nutritionnel, notamment l'outil en ligne intitulé L'étiquetage nutritionnel interactif et quiz (2006), l'inclusion du tableau de la valeur nutritive dans le Guide alimentaire canadien révisé (2007), une campagne publicitaire sur la saine alimentation (2008), une mise à jour du matériel de la trousse (2008) et l'élaboration de ressources par certaines parties intéressées, comme Faites provision de saine alimentation (2003). La nécessité de déployer de nouveaux efforts visant à encourager la lecture de l'information nutritionnelle présentée sur les étiquettes a été reconnue. Il faut en effet s'assurer que cette information favorise au maximum les choix alimentaires éclairés chez les Canadiennes et les Canadiens.

Recherches sur l'utilisation de l'étiquetage nutritionnel au Canada

La présente synthèse s'appuie sur un examen d'études portant sur l'utilisation de l'étiquetage nutritionnel par les consommateurs qui ont été menées au Canada au cours des cinq dernières années. Parmi les principales études examinées, mentionnons : Nutrition : évolution et tendances V, VI, et VII (Institut national de la nutrition et Canadian Food Information Council, 2004; Conseil canadien des aliments et de la nutrition, 2006 et 2008), Qualitative Study on the Use and Understanding of Nutrition Labelling (NRG Research Group, 2007), Post-Campaign Evaluation - Healthy Eating (Environics Research Group, 2008) et Intermediaries' Use of Nutrition Labelling Resources and Future Needs (Ascentum, 2009). Ces études ont révélé qu'en dépit des efforts déployés par Santé Canada ou d'autres instances en matière d'éducation, les Canadiennes et les Canadiens ne comprennent pas suffisamment l'étiquetage nutritionnel pour que celui-ci les aide au maximum à faire des choix alimentaires éclairés.

Utilisation de l'étiquetage nutritionnel

Environ 70 % des consommateurs canadiens considèrent l'étiquetage nutritionnel comme une importante source d'information sur la nutrition. Ainsi, les consommateurs ont déclaré que les étiquettes des aliments se situaient au deuxième rang parmi leurs sources d'information préférées, tout de suite après l'Internet. Il s'agissait en outre du principal outil utilisé par les intermédiaires pour enseigner aux consommateurs à lire l'étiquetage nutritionnel. Environ 60 % des consommateurs ayant participé à un sondage mené en 2008 ont déclaré qu'ils lisaient « toujours » ou « habituellement » les étiquettes des produits alimentaires. Parmi ces utilisateurs réguliers, les femmes, les personnes âgées et les personnes ayant déclaré qu'elles avaient des connaissances en nutrition ou de saines habitudes alimentaires avaient tendance à lire plus souvent les étiquettes. Le tableau de la valeur nutritive et la liste des ingrédients étaient les sources d'information les plus utilisées pour vérifier la teneur en nutriments et la valeur calorique des aliments.

Plus de 80 % de la population canadienne en général a déjà utilisé le tableau de la valeur nutritive pour comparer des produits alimentaires. Les Canadiens n'utilisent toutefois pas le % de la valeur quotidienne pour comparer des produits alimentaires. Ils se fient plutôt à d'autres indicateurs, comme la marque, le prix, les allégations nutritionnelles, la liste des ingrédients et la teneur en nutriments. Les personnes qui désirent comparer la teneur en certains nutriments ont tendance à utiliser les quantités absolues (mg, g) plutôt que le % de la valeur quotidienne.

Bien que de nombreux consommateurs canadiens comparent l'information nutritionnelle présentée sur divers produits alimentaires, on estime qu'environ 20 % de ceux-ci recherchent de l'information nutritionnelle lorsqu'ils mangent à l'extérieur du foyer. Des sondages menés auprès de consommateurs aux États-Unis ou ailleurs dans le monde ont révélé un intérêt considérable envers l'information nutritionnelle pouvant être fournie dans divers types de services alimentaires. Les menus, brochures, tableaux affichant le menu et napperons placés dans les plateaux ont été identifiés comme les moyens les plus efficaces de présenter de l'information nutritionnelle dans ces établissements. Il a été suggéré que l'éducation nutritionnelle, combinée à des informations fournis au point d'achat, pouvait s'avérer nécessaire.

Obstacles à l'utilisation de l'étiquetage nutritionnel

L'examen des recherches a fait ressortir certains obstacles auxquels les consommateurs sont confrontés lorsqu'ils utilisent l'étiquetage nutritionnel. Ainsi, les Canadiens qui ont peu ou pas de connaissances en nutrition semblent avoir plus de difficulté à trouver les informations sur les étiquettes des aliments que ceux qui ont quelques connaissances à cet égard. Les Canadiens ont en outre manifesté des niveaux de confiance différents envers les étiquettes des aliments. Bien que certains consommateurs perçoivent que le tableau de la valeur nutritive et la liste des ingrédients sont réglementés (et donc dignes de confiance), bon nombre d'entre eux ne le savent pas. De plus, la majorité des consommateurs ne savent pas si les autres éléments de l'étiquette nutritionnelle sont réglementés.

Le % de la valeur quotidienne et la quantité spécifique d'aliment ont été identifiés comme les deux concepts les plus difficiles à enseigner aux consommateurs et les deux composantes les moins bien comprises du tableau de la valeur nutritive. Les Canadiens ne comprennent pas vraiment comment les % de la valeur quotidienne sont calculés et à qui ils s'adressent. Même les personnes qui croient comprendre ce concept ne sont pas certaines de savoir l'utiliser. On observe également une certaine confusion quant à la quantité spécifique d'aliment indiquée sur les étiquettes, surtout lorsque des quantités différentes sont indiquées sur des produits similaires. Les consommateurs s'inquiètent du fait que la quantité spécifique d'aliment ne soit pas normalisée dans le cas de produits alimentaires similaires.

Une connaissance insuffisante des besoins individuels de calories et de divers nutriments présente également un obstacle. Bien que les Canadiens sachent utiliser le tableau de la valeur nutritive pour évaluer la valeur calorique et la teneur en nutriments des aliments, ils ne connaissent ni les quantités recommandées pour chacun des nutriments présentés dans de tableau, ni leurs besoins individuels.

D'autres facteurs, comme le goût, le prix, l'aspect pratique et les préférences et habitudes personnelles, influencent parfois davantage le choix des aliments que l'utilisation du tableau de la valeur nutritive dans une optique de santé.

Finalement, certains consommateurs ont déclaré qu'ils n'utilisent pas le tableau de la valeur nutritive lorsqu'ils choisissent leurs aliments en raison d'un manque de temps ou d'intérêt ou encore de la perception qu'ils savent déjà quels aliments sont bons ou mauvais pour la santé. D'autres consommateurs ont déclaré qu'ils sentiraient le besoin d'utiliser le tableau de la valeur nutritive uniquement s'ils étaient atteints d'une maladie. Ils ne voyaient pas l'utilité du tableau de la valeur nutritive pour la prévention de certaines maladies d'origine nutritionnelle.

Éducation sur l'étiquetage nutritionnel

Pour augmenter l'intérêt envers le tableau de la valeur nutritive, les initiatives d'éducation sur l'étiquetage nutritionnel devraient prendre en compte certains points soulignés par les consommateurs canadiens. Ainsi, les informations présentées sur les étiquettes devraient être reliées aux avantages pour la santé en général et pour la santé de l'individu et de sa famille. Il faudrait également améliorer les connaissances en nutrition, insister davantage sur le fait que l'étiquetage nutritionnel est réglementé par Santé Canada et expliquer clairement pourquoi les quantités spécifiques d'aliments peuvent différer d'un produit à l'autre pour une même catégorie d'aliments.

Les consommateurs et intermédiaires ont mentionné de nombreux moyens permettant de renseigner efficacement les Canadiens sur l'étiquetage nutritionnel. Les informations fournies au point d'achat, sur les emballages alimentaires, sur Internet et dans les médias étaient considérés les plus efficaces pour éduquer les consommateurs. Les consommateurs ont déclaré que l'Internet / les sites Web, les emballages / étiquettes alimentaires et les médias étaient leurs trois sources préférées d'informations sur la nutrition à l'heure actuelle.

Qu'est-ce qu'on peut faire ?

Depuis 1999, les parties intéressées reconnaissent que Santé Canada a la responsabilité d'éduquer les Canadiens sur l'étiquetage nutritionnel. Elles reconnaissent aussi la nécessité d'efforts multisectoriels visant à profiter au maximum du potentiel de l'étiquetage nutritionnel.

L'examen des recherches a révélé que l'auditoire visé par les messages sur la saine alimentation diffusés par Santé Canada devrait être segmenté en fonction de l'utilisation du tableau de la valeur nutritive. Les utilisateurs réguliers, c'est-à-dire ceux qui ont déclaré qu'ils lisaient « toujours », « presque toujours » ou « habituellement » le tableau de la valeur nutritive représenteraient alors 63 % des Canadiens.

Les résultats de la présente synthèse de la recherche indiquent que les problématiques suivantes devraient être prises en compte dans les initiatives d'éducation sur l'étiquetage nutritionnel :

  • Difficulté de vérifier les quantités de nutriments et de calories consommées lorsque la quantité d'aliment consommée diffère de la quantité spécifique d'aliment mentionnée dans le tableau de la valeur nutritive.
  • Mauvaise compréhension de la signification du % de la valeur quotidienne et de son utilisation.
  • Nécessité de points de référence permettant de vérifier ce qu'on entend par « peu » ou « beaucoup » de nutriment (% de la valeur quotidienne).
  • Moyens permettant de comparer des aliments similaires lorsque les quantités spécifiques d'aliment sont différentes.
  • Faible sensibilisation à l'effet que l'étiquetage nutritionnel est réglementé par Santé Canada (à l'exception du tableau de la valeur nutritive).
  • Faible motivation à utiliser l'information nutritionnelle présentée sur les étiquettes des aliments en raison de certains obstacles, comme le temps, les efforts et l'ignorance que cette information peut être utilisée pour prévenir des maladies d'origine nutritionnelle.
  • Connaissance insuffisante des rôles ou fonctions des nutriments pouvant orienter le processus de décision.

Les messages à l'intention des utilisateurs réguliers du tableau de la valeur nutritive devraient expliquer certains concepts entourant les problématiques ci-haut mentionnées, tandis que ceux visant les non-utilisateurs (37 % des Canadiens) devraient insister sur le fait que les efforts entourant l'utilisation du tableau de la valeur nutritive en valent la peine et que cela permet de choisir des aliments en fonction d'un modèle de saine alimentation.

Les initiatives d'éducation sur l'étiquetage nutritionnel devraient emprunter un certain nombre de canaux, comme les emballages des aliments, les points d'achat, les médias de masse et l'Internet.

Conclusion

Depuis 2003, Santé Canada s'efforce d'éduquer les Canadiens en matière d'étiquetage nutritionnel et de les sensibiliser davantage au tableau de la valeur nutritive. Les recherches menées sur l'utilisation des informations présentées sur les étiquettes des aliments au Canada fournissent des orientations pouvant permettre une utilisation plus efficace et plus autonome du tableau de la valeur nutritive par les consommateurs pour faire des choix alimentaires éclairés. Il faut tenter de surmonter les obstacles qui empêchent les consommateurs d'utiliser efficacement l'étiquetage nutritionnel, dissiper la confusion entourant le % de la valeur quotidienne et la quantité spécifique d'aliment et combler les lacunes au niveau des connaissances en nutrition. Il faudra formuler de nouveaux messages pour résoudre toutes ces problématiques et permettre aux Canadiennes et Canadiens d'utiliser au maximum le tableau de la valeur nutritive pour faire des choix alimentaires éclairés.