Avis: Ces lignes directrices sont en cours de révision. Les nouvelles recommandations touchant l'alimentation des enfants de la naissance à six mois sont maintenant disponibles.
À l'instar de toutes les autres, les préparations de transition sont régies au Canada par le Règlement sur les aliments et drogues. Elles servent de substitut au lait de vache au deuxième semestre de la vie du nourrisson, qui consomme déjà des aliments solides. Elles fournissent une plus grande quantité de nutriments, dont les acides gras essentiels, sous une forme plus appropriée que le lait de vache. Elles constituent en outre une meilleure source d'énergie au cours de cette période. Par exemple, les bébés nourris avec des préparations de transition enrichies de fer, de préférence au lait de vache, ont un meilleur bilan en fer (Fuchs et coll., 1993). En outre, si on les compare au lait de vache, les préparations de transition ont une charge rénale filtrée réduite et contiennent des matières grasses qui sont mieux absorbées (Fuchs et coll., 1992). On ne connaît pas la portée clinique de cette dernière constatation.
Bien que les préparations de transition soient plus avantageuses que le lait de vache, leur supériorité en regard des préparations initiales n'a pas été prouvée.
Fuchs, G., M. DeWier, S. Hutchinson et al. "Gastrointestinal blood loss in older infants: impact of cow milk versus formula". J. Pediatr. Gastroenterol. Nutr., 1993; 16:4-9.
Fuchs, G.J., A.S. Gastanaduy, R.M. Suskind. "Comparative metabolic study of older infants fed infant formula, transition formula, or whole cow's milk". Nutr. Res., 1992; 12:1467-78.
Le lait de vache ou de chèvre qui n'a pas été pasteurisé est contre-indiqué à cause des risques d'infection qu'il présente. La quantité et la qualité des nutriments présents dans le lait humain et dans le lait de vache sont très différentes. Ce dernier n'offre pas plusieurs des divers facteurs immunologiques et de croissance présents dans le lait humain. Pour ce qui est des nutriments, le lait de vache contient plus de protéines et de minéraux (calcium, phosphore, sodium, chlorure et potassium), moins d'acides gras essentiels (acide linoléique et acide a-linolénique), de zinc, de vitamine C et de niacine que le lait humain. La charge osmotique plus élevée de substances filtrées (par le rein) du lait de vache se traduit par une osmolalité de l'urine qui est environ deux fois plus élevée que celle d'un bébé nourri au sein (Fuchs et coll., 1992). Cette charge rénale filtrée plus élevée n'a habituellement pas de séquelles cliniques; par contre, si le nourrisson a des plus grandes pertes d'eau (p. ex., diarrhée) et si son apport nutritionnel est moindre (p. ex., vomissements), le lait de vache ne lui procurera pas suffisamment d'eau libre (Fomon, 1993).
L'ingestion de lait de vache pasteurisé est reliée à des pertes de sang occulte dans les selles, particulièrement chez les nourrissons, durant les six premiers mois. De récentes études laissent entendre que, après six mois, il est peu probable que cela se produise (Fuchs et coll., 1993). Le lait de vache est pauvre en fer, et le fer qu'il contient est mal absorbé. Pour réduire le risque d'anémie ferriprive, il n'est donc pas recommandé en donner avant l'âge de neuf à douze mois.
Le lait écrémé n'est pas approprié durant les deux premières années (Fomon, 1997). Il ne fournit pas d'acides gras essentiels et il a une très faible valeur énergétique. Pour satisfaire à ses besoins énergétiques, le nourrisson devrait en boire de très grandes quantités; sa consommation de protéines et de solutés dépasserait alors de beaucoup ses besoins. Le lait partiellement écrémé (1 % ou 2 % de gras) a aussi une faible teneur en acides gras essentiels et en énergie. Pour combler ses besoins à ce chapitre, le bébé devrait manger une grande variété d'autres aliments en quantité suffisante. Environ 15 % des nourrissons canadiens boivent du lait écrémé (2 %) vers l'âge d'un an. Même s'il n'est pas clair que cela ait des conséquences fâcheuses, aucune raison médicale ou diététique ne justifie cette approche, sinon la commodité. En théorie, il subsiste un risque de retard de croissance et de carence en acides gras essentiels si le lait partiellement écrémé constitue une part importante de l'apport quotidien du nourrisson. Quoique le lait de vache entier (3,25 % de matière grasse) soit recommandé la deuxième année, le lait partiellement écrémé peut être un substitut acceptable pourvu que l'enfant consomme des aliments variés et que sa croissance suive une courbe acceptable.
Fuchs, G., M. DeWier, S. Hutchinson et al. "Gastrointestinal blood loss in older infants: impact of cow milk versus formula". J. Pediatr. Gastroenterol. Nutr., 1993; 16:4-9.
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Fomon, S.J., L.T. Filer et al. "Skim milk in infants feeding". Acta Pediatrica Scand., 1997; 66:17-30.
Le lait de chèvre pasteurisé n'est pas non plus un lait de remplacement approprié pour les nourrissons de neuf à douze mois, et ce pour les mêmes raisons (Taitz et Armitage, 1984). Contrairement au lait de vache, le lait de chèvre n'est pas toujours enrichi de vitamine D (indiqué sur l'étiquette).À cause de la réactivité croisée, les nourrissons qui sont allergiques aux protéines de lait de vache le seront probablement aussi au lait de chèvre (Fomon, 1993; Jeness et coll., 1967; Saperstein, 1960). Après l'âge de neuf mois, le lait de chèvre entier peut remplacer le lait de vache (Razafindrakoto et coll., 1994). S'il s'agit de lait de chèvre partiellement écrémé ou écrémé, il faut choisir un produit enrichi de vitamines D et A.
Ces boissons, qu'elles soient enrichies ou non, ne peuvent pas remplacer, durant les deux premières années, le lait maternel, les préparations lactées pour nourrissons ou le lait entier pasteurisé. Les boissons végétariennes sont enrichies de vitamines A, D, et B12, de riboflavine, calcium et zinc, et peuvent contenir d'autres vitamines et minéraux. Elles ne répondent à aucune exigence minimale en matières grasses totales ou en protéines. Les boissons de riz et autres boissons végétariennes, à l'exception du soya, sont essentiellement vides de protéines. Si elles constituent l'unique ou la principale source de nutrition, le marasme et un retard staturo-pondéral peuvent s'ensuivre (Muir et Kalnins, 1987).
Fomon, S.J. "Nutrition of Normal Infants". Mosby, St. Louis, 1993.
Jeness, R., N. Phillip, E.B. Kalan. "Immunological comparison of beta-lactoglobulins". Fed. Proc., 1967; 26:340
Muir, A., D. Kalnins. "False advertising resulting in infant malnutrition". CMAJ, 1987; 136:1274-5. Razafindrakoto, O., N. Ravelomana, A. Rasolofo et al. "Goat's milk as a substitute for cow's milk in undernourished children: a randomized double-blind trial". Pediatrics, 1994; 94:65-9.
Saperstein, S. "Antigenicity of the whey proteins in evaporated cow's milk and goat's milk". Ann. Allergy, 1960; 18:765-73.
Taitz, L.S., B.L. Armitage. "Goat's milk for infants and children". ".Br. Med. J., 1984; 288:428-9.
Les jus de fruits sont une source de vitamine C, d'énergie, et varient le menu des nourrissons. Si on leur en donne, il faut en limiter la quantité pour ne pas nuire à leur alimentation par allaitement ou préparations lactées.
Bien qu'au Canada il soit courant et acceptable de donner des jus de fruits, une consommation excessive peut nuire indirectement à la consommation de nutriments nécessaires et énergétiques (Smith et Lifshitz, 1994). Les jus contiennent du sorbitol et du fructose, et leur consommation excessive peut causer la diarrhée, limiter la prise de poids et ralentir le développement staturo-pondéral (Smith et Lifshitz, 1994). Certains types de jus augmentent le risque de diarrhée (Hockstra et coll., 1995). Une étude croisée randomisée, en double aveugle, a démontré que la consommation de jus de raisin blanc sans sorbitol entraînait moins la malabsorption des glucides que le jus de pomme clair (Smith et coll., 1995). La consommation excessive de jus de fruits peut aussi être reliée à la carie dentaire et au syndrome du biberon (Navia, 1994).
Hockstra, J.H., J.H.L. van den Aker, Y.F. Ghoos et al. "Fluid intake and industrial processing in apple juice-induced chronic non-specific diarrhea". Arch. Dis. Child, 1995; 73:126-30.
Navia, J.M. "Caries prevention in infants and young children: which etiologic factors should we address?" J. Public Health Dent., 1994; 54:195-6.
Smith M.M., Davis. F.I. Chasalow et al. "Carbohydrate absorption from fruit juice in young children". Pediatr., 1995; 95:340-4.
Smith, M.M., F. Lifshitz. "Excess fruit juice consumption as a contributing factor in nonorganic failure to thrive". Pediatrics, 1994; 93:438-43.
Les boissons qui contiennent de la caféine et de la théobromine (substance apparentée à la caféine) ne sont pas recommandées. Ces deux substances agissent sur l'organisme à la manière d'un médicament stimulant. Elles sont présentes dans le café, le thé et les boissons gazeuses comme les colas, et le chocolat chaud.
Les sodas, les boissons aux fruits, les punch et les boissons pour sportifs ne sont pas recommandés en raison de leur forte teneur en sucre et de leur carence en éléments nutritifs autres que les glucides. Comme pour les jus de fruits, la consommation de ces aliments peut augmenter le risque de carie dentaire et de syndrome du biberon.
Les boissons qui contiennent des édulcorants artificiels tels que l'aspartame ou la saccharine ne sont pas recommandées pour les nourrissons ou les tout-petits. Les enfants grandissent rapidement et ont besoin d'énergie pour ce faire; ces produits peuvent empêcher la consommation d'aliments à haut rendement énergétique.
Les substances « naturelles » et les médecines douces sont une tendance récente; elles accroissent l'intérêt pour les herbes médicinales et les ventes de tisanes. Les nourrissons, en raison de leur petite taille et de leur croissance rapide, sont potentiellement plus vulnérables que les adultes à l'action pharmacologique de quelques aromatisants et substances chimiques présents dans les tisanes. On a signalé des effets toxiques chez un nourrisson à qui on avait donné de la tisane (Sperl et coll., 1995), de même que chez deux nouveaux-nés allaités dont les mères en buvaient de grandes quantités (Rosti et coll., 1994). Au Canada, les tisanes ne sont assujetties à aucun étiquetage relativement à leur consommation par les nourrissons. Il n'existe pas suffisamment d'information scientifique sur la sûreté des tisanes et des préparations d'herbes pour en recommander la consommation pendant la grossesse et la lactation, et par les nourrissons.
Sperl, W., H. Stuppner, I. Gassner et al. "Reversible hepatic veno-occlusive disease in an infant after consumption of pyrrolizidine-containing herbal tea". Eur. J. Pediatr., 1995; 154:112-6.
Rosti, L., A. Nardine, M.E. Bettinelli et al. "Toxic effects of a herbal tea mixture in two newborns". Acta Paediatr. Scand., 1994; 83:683.
Le passage à d'autres aliments plus consistants comme les purées plus épaisses, les croque-en-doigts et les aliments que mange le reste de la famille s'effectue vers la fin du deuxième semestre de vie. Les nourrissons sont alors prêts à mastiquer et ont besoin d'aliments plus consistants. Certains passent en quelques mois seulement des céréales semi-liquides et des purées aux croque-en-doigts et aux aliments ordinaires. Les croque-en-doigts sans danger sont les croûtes de pain, les rôties sèches, des petits morceaux de légumes et de fruits cuits mous, des fruits mous bien mûrs comme les bananes, la viande et la volaille et des petits cubes de fromage. Dès lors, les bébés sont prêts à se nourrir seuls et doivent être invités à le faire (Hahn, 1993; Satter, 1990; Illingworth et Lister, 1964). Les comportements alimentaires importants à acquérir à cette étape sont les suivants : prendre des aliments à la cuillère, mastiquer, se nourrir seul avec les doigts et à la cuillère, et boire seul à la tasse ou au biberon (Pridham, 1990; Satter, 1990). À un an, il serait souhaitable que le bébé mange des aliments provenant des différents groupes d'aliments décrits dans le Guide alimentaire canadien pour manger sainement.
Les parents et les personnes qui prennent soin des nourrissons peuvent leur servir des purées d'aliments cuits préparées à partir d'aliments frais ou congelés. L'on ne recommandait pas auparavant de donner avant l'âge de six mois des purées maison de carottes, d'épinards, de navets et de betteraves, car ces légumes peuvent contenir des nitrates susceptibles de causer une méthémoglobinémie. Les tout-petits sont particulièrement affectés par les nitrites, l'hémoglobine fétale étant plus facilement oxydée et transformée en méthémoglobine que l'hémoglobine (Bruning-Fann et Kaneene, 1993). Compte tenu des pratiques actuelles (le passage plus tardif aux aliments solides), le nourrisson ne consomme pas suffisamment de nitrates végétaux pour causer la méthémoglobinémie, même celui qui y est plus prédisposé (AAP, 1970).
En réponse à la demande des consommateurs, les grands fabricants d'aliments pour bébés ont récemment modifié la composition d'un grand nombre de leurs produits n'ajoutant plus de sucre ni d'amidon modifié. Ce dernier entre parfois dans la composition des produits alimentaires commerciaux pour bébés. Il permet d'en contrôler la viscosité, empêche la séparation des liquides et des solides et leur donne une consistance agréable qui flatte le palais. Aucune raison toxicologique ne justifie d'exclure cet amidon des aliments pour bébés. Source de glucides et d'énergie; il peut cependant diluer d'autres éléments nutritifs du produit.
American Academy of Pediatrics. "Infant methaemoglobinaemia, the role of dietary nitrate". Pediatrics, 1970; 46:475-7.
Bruning-Fann, C., J. Kaneene. "The effects of nitrate, nitrite and n-nitroso compounds on human health: a review". Vet. Human Toxicol., 1993; 35:521.
Hahn, N.I. "Why children and parents must play while they eat: an interview with T. Berry Brazelton, MD." J. Am. Diet. Assoc., 1993; 93:1385-7.
Illingsworth, R.S., J. Lister. "The critical or sensitive period, with special reference to certain feeding problems in infants and children". J. Pediatr., 1964; 65:839-48
Pridham, K.F. "Feeding behavior of 6- to 12-month-old infants: assessment and sources of parental information". J. Pediatr., 1990; 117:S174-80.
Satter, E. "The feeding relationship: problems and interventions." J Pediatr., 1991; 11
Pour réduire les risques d'étouffement et d'aspiration, les personnes qui prennent soin du bébé doivent connaître ses capacités de mastication et de déglutition, le surveiller quand il mange, éviter les aliments qui peuvent provoquer l'étouffement et savoir comment réagir en cas d'étouffement.
Surveillance
Il n'est pas recommandé de laisser le nourrisson boire seul, le biberon appuyé sur un coussin, car il risque de s'étouffer et d'aspirer le lait qui peut couler trop rapidement dans sa bouche. Une surveillance adéquate consiste à installer le nourrisson en position assise et non couchée; à ne pas laisser le bébé marcher ou courir quand il mange; à éviter les distractions pour qu'il puisse se concentrer en toute sécurité. Il ne faut pas le laisser manger dans une voiture, car, s'il s'étouffe, il peut être difficile d'arrêter en toute sécurité sur le bord de la route pour le secourir (Pipes et Trahms, 1993). Freiner brusquement accroît le risque d'étouffement.
Aliments dangereux
Les aliments solides durs, petits et ronds, lisses et collants peuvent obstruer les voies respiratoires. Les nourrissons et les tout-petits de moins de quatre ans ne peuvent manger sans supervision les aliments suivants : maïs éclaté (soufflé), bonbons durs, gomme à mâcher, pastilles contre la toux, raisins, arachides et autres noix, graines de tournesol, poisson avec arêtes et aliments piqués sur des cure-dents ou des brochettes (Harris et coll., 1984). Les aliments suivants sont sûrs s'ils sont ainsi apprêtés : les saucisses coupées en cubes ou dans le sens de la longueur, les carottes ou les morceaux de fruits durs râpés crus, les fruits sans noyaux et pépins, les raisins hachés et les craquelins ou les tranches de pain tartinés d'une mince couche de beurre d'arachide. Il faut éviter de servir le beurre d'arachide seul ou dans une cuillère, car il peut coller au palais ou au pharynx postérieur et causer l'asphyxie.
Harris, C.S., S.P. Baker, G.A. Smith et al. "Childhood asphyxiation by food: a national analysis and overview". JAMA, 1984; 251:2231-5.
Pipes, P.L., C.M. Trahms. "Nutrition in Infancy and Childhood" (5th ed). Mosby, St. Louis, 1993, pp 102, 133.
L'apprentissage d'habitudes alimentaires saines est le fruit d'une responsabilité partagée. Les parents et les personnes qui prennent soin du nourrisson lui procurent un choix d'aliments nutritifs et appropriés à son âge. Ils choisissent le moment et l'endroit où il doit manger. Le nourrisson décide de la quantité qu'il veut manger et parfois même s'il veut manger ou non (Satter, 1987). Pour inculquer de saines habitudes alimentaires, les parents et les personnes qui prennent soin du nourrisson doivent bien interpréter les signes verbaux et la gestuelle du petit qui a faim (p. ex., s'agite ou est irritable) ou qui n'a plus faim (p. ex., détourne la tête, refuse de manger, s'endort ou joue) (Satter, 1990). Il faut encourager le bébé à manger seul au début du repas quand il a faim et l'aider s'il se fatigue. Il ne faut pas le pousser à manger par des mots d'encouragement trop insistants (p. ex., « Vide ton verre, ton biberon », « Finis ton assiette »). Trop insister peut créer des attitudes négatives envers la nourriture, donner lieu à de mauvaises habitudes alimentaires ou inciter le bébé à trop manger et lui faire prendre trop de poids (Campbell, 1994; Birch, 1992).
Il est important de donner souvent de petites quantités d'aliments nutritifs et à haut rendement énergétique pour combler les besoins en nutriments et en énergie du bébé dans sa deuxième année. Nous n'utilisons pas les termes « repas » ou « collations », car il s'agit bien d'alimenter le nourrisson quand il a faim ou quand il a le goût de manger plutôt que de lui dicter un horaire conventionnel de repas et de collations (Heird, 1994). Les bébés plus âgés ont besoin de quatre à six petites séances d'alimentation en plus de leur lait ou produit laitier (Hendricks et Badruddin, 1992). Les appétits varient, non seulement en fonction de la croissance et de l'activité, mais aussi selon la fatigue, la frustration, les petites indispositions et le contexte social. On doit donc servir de petites portions aux bébés plus âgés et leur donner la chance d'en redemander s'ils ont encore faim.
Il faut consommer chaque jour une variété d'aliments des groupes recommandés dans Le Guide alimentaire canadien pour manger sainement (Santé et Bien-être social Canada, 1992), afin de prévenir les carences en nutriments (Hendricks et Badruddin, 1992). Il y a 70 ans, Davis (1928) et, plus récemment, Birch et ses collègues (1991) ont démontré que la plupart des tout-petits consomment une quantité appropriée d'éléments nutritifs et énergétiques pourvu qu'on leur offre régulièrement une variété d'aliments de chacun des groupes. Il ne peuvent pas choisir eux-mêmes une ration équilibrée s'ils n'ont pas régulièrement accès aux aliments de tous les groupes (Heird, 1994). Aucun aliment, même sain et nutritif, ne doit être consommé avec excès (Smith et Lifshitz, 1994). Comme pour le reste, on recommande de consommer les liquides avec modération.
La teneur optimale de la ration alimentaire en matières grasses dépend du développement et des besoins énergétiques de l'enfant. Les besoins en énergie et en nutriments sont particulièrement élevés durant les deux premières années de vie. La restriction des matières grasses compromettrait probablement l'apport en énergie et en acides aminés essentiels et n'est donc pas conseillée. Rien ne prouve que cela réduise le taux de maladies plus tard dans la vie ou soit bénéfique (Santé Canada et SCP, 1993; Santé et Bien-être social Canada, 1990a).
Birch, L.L. "Children's pRéférences for high-fat foods". Nutr. Rev., 1992; 50:249-55.
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Campbell, M.L. "Influencing healthy eating in preschool children". O.N.E. Bulletin, 1994; 13(3):3-4.
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Hendricks, K.M., S.H. Badruddin." Weaning recommendations: the scientific basis". Nutr. Rev., 1992; 50:125-33.
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La carence en fer est particulièrement répandue chez les bébés âgés de six à vingt-quatre mois. Le plus grand facteur de risque d'anémie ferriprive chez les nourrissons est le statut socioéconomique, ce qui sous-entend la consommation précoce de lait de vache et l'absence d'aliments appropriés trop coûteux (Société canadienne de pédiatrie, 1991; Gray-Donald et coll., 1990). D'autres groupes à risque élevé sont les nouveaux-nés dont le poids est faible et les prématurés (Friel et coll., 1990; Shannon, 1990), ainsi que les nourrissons plus âgés qui boivent de grandes quantités de lait ou de jus et qui consomment peu d'aliments solides (Feightner, 1994). Des études ont mis en lumière le bien-fondé de la prévention de l'anémie. Elles ont démontré que l'anémie ferriprive constitue un facteur de risque d'un retard irréversible du développement de la fonction cognitive (Lozoff et coll., 1991, 1996; Walter et coll., 1989).
Il faut donner des préparations avec fer aux nourrissons sevrés avant l'âge de neuf mois. Les préparations sans fer et le lait de vache ne sont pas des laits de remplacement adéquats, car ils contiennent très peu de fer naturel, et ce fer est mal absorbé. Il est possible d'éviter la carence en fer et l'anémie lorsque le lait est joint à d'autres sources de fer comme les céréales pour bébés enrichies de fer, le foie en purée, la viande, le poisson, les légumes et les jaunes d'œufs. Il y a cependant très peu de données pour appuyer ou réfuter cette hypothèse. Après le neuvième mois, lorsque le bébé consomme une variété d'aliments, l'utilisation du lait de vache n'est plus considérée comme facteur de risque de carence en fer. Bien que le lait de vache ou le lait concentré ne soit pas recommandé au deuxième semestre de la vie, nombre de nourrissons canadiens en consomment, car ils sont relativement bon marché et pratiques. Les nourrissons dont les parents décident de ne pas suivre ces lignes directrices devraient recevoir du fer en gouttes médicinales à partir de l'âge de six mois ou subir des tests de dépistage de l'anémie entre le sixième et le huitième mois.
Les aliments riches en fer, comme ceux qui sont précités, procurent du fer en quantité suffisante aux nourrissons de plus d'un an. Les suppléments de fer ne sont requis qu'en cas de déficience en fer de la ration alimentaire.
Canadian Paediatric Society, Nutrition Committee. "Meeting the iron needs of infants and young children: an update". Can. Med. Assoc. J., 1991; 144:1451-4.
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Lozoff, B., E. Jimeniz, A. Wolf. "Long-term developmental outcome of infants with iron deficiency". N. Eng. J. Med., 1991; 325:687-94.
Lozoff, B., A.W. Wolf, E. Jimenez. "Iron-deficiency anemia and infant development: effects of extended oral iron therapy". J. Pediatr., 1996; 129:382-9.
Shannon, K.M. "Anemia of prematurity: progress and prospects". Am. J. Pediatr. Hematol. Oncol., 1990; 12(1):14-20.
Walter, T., I. De Andraca, P. Chadud et al. "Iron deficiency anemia: advese effects on infant phychomotor development". Pediatrics, 1989; 84:7-17.
Les régimes alimentaires végétariens, s'ils sont planifiés soigneusement, peuvent procurer une nutrition adéquate aux nourrissons et aux enfants (Sanders, 1995; Sanders et Reddy, 1994). Les nourrissons végétaliens qui ne sont pas nourris au sein doivent être nourris avec des préparations lactées commerciales à base de soya pendant les deux premières années de vie; ils auront ainsi un apport adéquat de nutriments et l'énergie nécessaire à leur croissance et à leur développement. Un régime végétarien soigneusement choisi pour les nourrissons plus âgés peut répondre à tous les besoins d'un bébé en croissance. On a cependant signalé des carences en fer, en vitamine B12 et vitamine D, et en énergie chez des nourrissons végétariens (Sanders, 1995; Jacobs et Dwyer, 1988). Il serait utile que les parents qui choisissent un régime végétalien pour leur nourrisson consultent une diététiste ou une nutritionniste pour garantir à leur nourrisson un apport suffisant de nutriments et pour évaluer le besoin éventuel de suppléments de nutriments.
Jacobs, C., J.T. Dwyer. "Vegetarian children: appropriate and inappropriate diets". Am. J. Clin. Nutr., 1988; 48:811-8.
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Sanders, T.A.B., S. Reddy. "Vegetarian diets and children". Am. J. Clin. Nutr., 1994; 59(suppl):S1176-81.