3. Les déterminants de la santé nutritionnelle
7. L'action : une responsabilité partagée
Annexe 2 : Liste des membres du Comité directeur conjoint
Annexe 3 :Documents de travail de référence
Printemps 1996
Chers partenaires,
La santé et le bien-être des individus, de même que la prospérité de tout le pays, ne sont possibles que si la population est bien nourrie. Nous avons tous et toutes un rôle important à jouer afin d'améliorer la santé nutritionnelle des Canadiens et Canadiennes.
La nutrition pour un virage santé : voies d'action résulte d'un processus multisectoriel et pancanadien, réunissant la sagesse collective de divers groupes, organismes et individus. Les communautés et organismes peuvent maintenant s'engager dans ces voies d'action lors de l'élaboration de programmes qui respectent leurs besoins et leurs moyens.
La mise en oeuvre de ce virage est l'affaire de tous. Le Comité directeur conjoint recommande cependant qu'un réseau multisectoriel soit créé à l'échelle nationale afin d'assurer le leadership et la coordination que requièrent des actions efficaces.
La nutrition pour un virage santé : voies d'action vise à stimuler et accélérer les initiatives dans tous les milieux, de sorte que la population canadienne soit dorénavant en meilleure santé. C'est en travaillant ensemble que nous pourrons faire avancer les choses.
Le Comité directeur conjoint
Le but de La nutrition pour un virage santé : voies d'action est d'assurer l'intégration des considérations d'ordre nutritionnel dans les programmes et politiques en matière de santé, d'agriculture, d'éducation, d'affaires sociales et d'économie.
Réaliser « le bien-être nutritionnel de tous dans un monde en paix, juste et écologiquement sûr »1 est un but important, et les Canadiens et Canadiennes peuvent y contribuer de façon significative. Plusieurs secteurs devront toutefois conjuguer leurs efforts afin d'améliorer la santé nutritionnelle de la population. La nutrition pour un virage santé : voies d'action propose un modèle pour aborder les problématiques d'ordre nutritionnel dans les communautés à travers le Canada. Il comporte également une discussion des aspects internationaux pertinents et des liens existants entre la politique extérieure et les politiques nationales en matière de nutrition.
Ce document invoque les raisons suivantes pour revendiquer davantage d'appui en faveur de la nutrition :
La nutrition pour un virage santé : voies d'action vise à susciter une vaste action concertée dans plusieurs directions cohérentes, afin de créer un élan irréversible et entraîner des résultats positifs sur la santé nutritionnelle.
Les actions entreprises à l'échelle communautaire s'avéreront aussi uniques que les communautés le sont elles-mêmes. Tant les partenaires locaux, que les besoins et les moyens pourront varier d'une communauté à l'autre, mais il est clair que la somme des initiatives sera importante.
S'appuyant sur les connaissances actuelles et les acquis, La nutrition pour un virage santé : voies d'action cherche à promouvoir des politiques et programmes coordonnés, multisectoriels, reposant sur des partenariats établis et nouveaux, et favorisant une utilisation efficace de ressources limitées.
La nutrition pour un virage santé : voies d'action s'adresse aux dirigeants communautaires et aux décideurs issus d'un large éventail de paliers et de secteurs. Les politiques et décisions des gouvernements, de l'industrie et des organismes non-gouvernementaux et bénévoles affectent tous la santé nutritionnelle des Canadiens et Canadiennes.
Ces voies d'action peuvent être empruntées par toute personne cherchant à améliorer la santé nutritionnelle de la population. Le document a été spécialement conçu pour faciliter la planification en matière de nutrition à tous les niveaux. L'approche préconisée, souple et non directive, permet à de multiples intervenants, dans de multiples contextes, de s'en inspirer.
Ce document décrit la situation actuelle, reprend la philosophie du Cadre d'amélioration de la santé de la population, identifie les domaines prioritaires où orienter l'action, tient compte du contexte international actuel et propose des indicateurs permettant de surveiller l'évolution des progrès relatifs à la santé nutritionnelle.
Rome, 1992. Lors de la Conférence internationale sur la nutrition, une initiative conjointe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), les pays participants ont endossé la Déclaration mondiale sur la nutrition (Annexe 1) et se sont engagés à élaborer des plans d'action nationaux sur la nutrition.
Réunissant des représentants de divers secteurs d'intervention, Santé Canada a mis sur pied un Comité directeur conjoint (Annexe 2) afin de préparer un plan d'action national sur la nutrition. Le Comité directeur conjoint a commandé une série d'études (Annexe 3), tracé les grandes lignes du plan, consulté les acteurs clés à travers le pays et, finalement, a révisé le plan. Le présent document, La nutrition pour un virage santé : voies d'action, en est le fruit.
Les problèmes de santé reliés à la nutrition contribuent aux coûts sans cesse grandissants des soins de santé et à la diminution de la productivité économique, de même qu'ils affectent la qualité de vie des individus. Des changements dans notre environnement social et physique ou dans notre système de santé peuvent avoir un sérieux impact sur la santé nutritionnelle des Canadiens et Canadiennes.
Les Canadiens et Canadiennes changent. La population vieillit, les personnes âgées demeurent chez elles plus longtemps, la diversité culturelle devient de plus en plus marquée et la structure de la famille est en mutation. Chez seulement 10 % des familles, un conjoint reste à la maison. Soixante-dix pour cent (70 %) des enfants d'âge préscolaire fréquentent des services de garde pendant que leurs parents travaillent ou étudient. Les gens étant de plus en plus pressés et n'ayant que peu de temps à consacrer à la préparation des repas, les aliments prêts-à-servir et le secteur de la restauration jouent un rôle de plus en plus prépondérant dans les choix et les habitudes alimentaires.
Le climat économique subit de nouvelles pressions. La dette accumulée, les déficits, la globalisation des marchés, la libéralisation des échanges commerciaux et l'impact de la technologie contribuent à une restructuration fondamentale de l'économie. Les marchés domestiques doivent faire face à une concurrence de plus en plus vive. D'autre part, de nouveaux marchés d'exportation peuvent générer une nouvelle prospérité. Plusieurs personnes s'avèrent plus vulnérables durant cette période de transition. De nombreux Canadiens et Canadiennes ont été touchés par les taux de chômage élevés et ont vu leur revenu réel diminuer. L'incidence de la pauvreté est à la hausse parmi les jeunes familles, les personnes âgées vivant seules et les personnes socialement isolées.
Le climat social est en évolution. Pour certaines personnes, les principaux déterminants du comportement et des habitudes de vie demeurent les valeurs traditionnelles telles que la famille, l'école et la religion. Pour d'autres, les médias et les pairs constituent des sources importantes d'information, voire des modèles pour la sélection des aliments. Des aliments santé doivent être offerts dans une grande variété d'endroits et les messages sur la saine alimentation doivent bénéficier d'une vaste diffusion.
Les programmes sociaux sont réévalués alors que les gouvernements cherchent à équilibrer leurs budgets et réduire le déficit. Les valeurs traditionnelles canadiennes telles que l'universalité des programmes et la sécurité en matière de revenu ainsi que l'étendue des politiques sociales, sont remises en question. Les réorientations qui s'ensuivront auront sans doute un impact important sur la santé nutritionnelle de la population.
Les problématiques liées à la nutrition sont réelles. En fait, les problèmes nutritionnels participent aux coûts sans cesse grandissants des soins de santé et à la diminution de la productivité économique, de même qu'ils affectent la qualité de vie des individus. Ces problèmes sont discutés plus à fond dans les documents de référence décrits à l'Annexe 3.
Les maladies chroniques liées à l'alimentation sont prévalentes. Les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l'ostéoporose et le cancer entraînent chaque année le décès prématuré ou l'incapacité de nombreux Canadiens et Canadiennes. Le rôle d'une saine alimentation et de bonnes habitudes de vie dans la réduction de l'incidence de ces maladies d'origine multifactorielle est important. Les choix alimentaires d'un bon nombre de Canadiens et Canadiennes résultent en des apports insuffisants de certains nutriments essentiels et une surabondance de matières grasses, en particulier de gras saturé.
Près du quart des Canadiens et Canadiennes présentent un surplus de poids. L'inactivité physique jumelée à un apport énergétique excessif concourent à cette situation. L'obésité chez les enfants est à la hausse et semble associée à un manque d'exercice. Les troubles de l'alimentation demeurent également un problème important.
Des disparités quant au bien-être nutritionnel sont évidentes. Les problèmes de santé et d'alimentation sont plus fréquents parmi les groupes les plus vulnérables. On observe des déficiences en micronutriments dans certains de ces groupes; par exemple, des déficiences en fer ont été relevées chez les enfants amérindiens.
L'incidence des bébés de petit poids est plus élevée parmi les groupes de faible niveau socio-économique et le taux d'allaitement maternel y est inférieur à celui de la population en général. Des programmes pour des groupes tels que les femmes enceintes à risque existent, mais ne sont pas encore accessibles à toutes celles qui en ont besoin.
Pour certaines personnes, l'accès à une alimentation suffisante est menacé.Il est inquiétant de constater que certains groupes vulnérables éprouvent de la difficulté à se procurer les aliments nécessaires à leur bien-être nutritionnel sans compromettre leurs autres besoins de base. Le recours aux banques d'aliments s'est accru de façon dramatique et de nouveaux programmes d'approvisionnement sont mis sur pied chaque jour. Les causes sous-jacentes de l'insuffisance de revenu requièrent des solutions efficaces.
Les systèmes de santé sont en pleine réforme, modifiant du même coup comment et par qui les services sont dispensés, et de quelle façon les ressources sont allouées. Les services de santé se déplacent des institutions à la communauté, accroissant ainsi le rôle des groupes de planification régionaux. Les avantages de la promotion de la santé et de la prévention des maladies sont de plus en plus reconnus. Des efforts concertés seront nécessaires afin d'intégrer les services de nutrition aux systèmes de santé existants et à venir.
La recherche en nutrition est insuffisante. Ce domaine de recherche comprend une multitude d'activités et de méthodes, toutes essentielles à la compréhension des problèmes nutritionnels et à l'identification des solutions. Les efforts de recherche en cours ne semblent pas correspondre aux priorités actuelles. Les fonds consacrés à la recherche en nutrition sont généralement insuffisants et sont concentrés presqu'exclusivement dans les sciences biologiques. Ce manque de subventions menace la disponibilité de l'expertise en nutrition. La surveillance de la santé nutritionnelle de la population est essentielle, mais elle est entravée par le manque de données à l'échelle nationale.
L'approvisionnement alimentaire se trouve modifié par plusieurs facteurs : les nouvelles technologies de phylogénétique, de contrôle des maladies affectant les récoltes, de production, de transformation, ainsi que les ingrédients innovateurs; les accords sur les échanges commerciaux permettant la libre circulation des aliments entre les pays, et la demande des consommateurs pour certains aliments. L'approvisionnement alimentaire canadien est sain et d'excellente qualité, qu'il soit destiné à la consommation domestique ou à l'exportation. Le Canada importe également de nombreux aliments transformés, de même que des aliments hors saison, tropicaux et non traditionnels. La question de la conservation à long terme de l'approvisionnement alimentaire suscite beaucoup d'intérêt. Les problématiques relatives à la conservation des ressources naturelles, notamment des aliments, nécessitent la collaboration des producteurs, des transformateurs, des détaillants, des gouvernements et des consommateurs.
Le contexte international s'est toujours avéré important pour le Canada. Il le devient de plus en plus. L'évolution rapide des blocs régionaux d'échanges et la libéralisation des échanges commerciaux, la circulation rapide et relativement libre des personnes à travers les frontières, les taux importants d'immigration au Canada et le développement quasi instantané des moyens de communication ont rapproché le Canada du reste du monde. Les questions concernant l'alimentation et la nutrition n'échappent pas à cette tendance.
Une réforme du système dans son ensemble est en cours, qui amène une réorientation des politiques et programmes dans de nombreux milieux. Les efforts pour réduire les problèmes nutritionnels devront s'adapter au climat actuel de réforme accélérée et les solutions devront reposer sur l'innovation et la collaboration. La prochaine section, Les déterminants de la santé nutritionnelle, présente le Cadre d'amélioration de la santé de la population, un modèle à la fois exhaustif et s'adaptant bien aux problématiques actuelles complexes en santé nutritionnelle.
La disponibilité des aliments et les choix alimentaires sont influencés par de puissantes forces économiques et sociales, combinées aux habitudes et aptitudes des individus.
Le Canada a beaucoup fait avancer les connaissances relatives à l'impact des habitudes de vie et de l'environnement socio-économique sur la santé et le bien-être. Des documents tels le « Rapport Lalonde » (Nouvelle perspective de la santé des Canadiens, 1974), La santé pour tous (1986), et la Charte d'Ottawa sur la promotion de la santé (1988) ont contribué à l'acquisition de ces connaissances.
Un document plus récent, Stratégies d'amélioration de la santé de la population : investir dans la santé des Canadiens (1991),2 s'appuie sur ces travaux antérieurs et situe les déterminants de la santé dans le Cadre l'amélioration de la santé de la population. Ce modèle décrivant la santé de la population peut s'appliquer à la santé nutritionnelle.

Les choix alimentaires, qui jouent un rôle majeur dans le maintien de la santé nutritionnelle, influencent de façon significative l'état de santé. Il est important que chacun et chacune prenne la responsabilité de sa propre santé. Toutefois, le comportement des individus est plus qu'une simple question de choix personnel. La disponibilité des aliments, ainsi que l'habileté à faire de bons choix, sont assujetties à d'importantes influences économiques et sociales.
Les interventions planifiées par les décideurs et les dirigeants communautaires devront tenir compte de tous les déterminants de la santé et s'appuyer sur des fondements solides constitués de la recherche, de l'information et des politiques d'ordre public.
Le patrimoine biologique et génétique, l'état de santé, ainsi que les habitudes de vie personnelles en matière de santé, agissent sur la santé nutritionnelle. Les programmes de nutrition reconnaissent depuis longtemps le rôle important des connaissances, des attitudes et des compétences dans le fait de développer de saines habitudes personnelles en matière de santé, tel le choix d'aliments appropriés. L'adoption de saines habitudes alimentaires chez les individus dépend à la fois de la disponibilité et de la compréhension des informations, telles qu'elles sont présentées, par exemple, dans le Guide alimentaire canadien pour manger sainement ou sur les étiquettes des aliments. Les aptitudes individuelles impliquent davantage que la connaissance des bons choix alimentaires. Elles relèvent également du savoir-faire culinaire, du temps disponible pour la préparation des aliments et du pouvoir d'achat, tous des éléments fortement influencés par les facteurs environnementaux suivants.
Les conditions économiques ont un impact sur la capacité des individus à se procurer une saine alimentation. Le chômage et des ressources financières insuffisantes diminuent la capacité des individus à bien se nourrir chaque jour.
L'environnement social, où se manifeste une diversité de moeurs sociales, de valeurs culturelles, de réseaux d'entraide, de traditions et d' habitudes, influence les choix alimentaires des individus. Différents environnements, tels que la maison, l'école, le lieu de travail ou de loisir et les restaurants, affectent aussi, chacun à leur façon, les choix alimentaires. La publicité et les médias sont des sources clés d'information sur la nutrition.
Les aliments font partie de l'environnement physique. Le type d'aliments offerts dans les marchés d'alimentation, sur les lieux de travail, dans les écoles et dans les services de restauration collective exerce une profonde influence sur les choix alimentaires. La composition spécifique des aliments peut favoriser un régime alimentaire qui soit en accord avec les recommandations en matière de nutrition. L'étiquetage nutritionnel peut également orienter les consommateurs vers des choix santé.
Les consommateurs ne sont cependant pas tous en mesure de choisir leurs propres aliments. Les enfants à la maison, à la garderie et à l'école, les personnes hospitalisées ou hébergées dans des établissements de soins prolongés, les prisonniers, le personnel militaire, les personnes bénéficiant de services de repas, tels que « La popote roulante », et celles participant à des programmes de repas communautaires ou vivant en institution, sont tous dans des environnements où les aliments leur sont fournis par des tiers.
L'accès à une gamme complète de services de santé, ainsi que de services sociaux et communautaires, notamment des services de nutrition, est essentiel. Des services de nutrition appropriés doivent inclure des programmes de sensibilisation à une saine alimentation et d'éducation du public, ainsi que permettre l'accès à des soins et du counseling personnalisés. Les individus ayant des besoins nutritionnels ou des problèmes de santé particuliers, telles les femmes enceintes, les mères qui allaitent, les personnes âgées, les personnes malades et les personnes devant suivre un régime thérapeutique, doivent pouvoir accéder à des soins, du counseling et de l'éducation appropriés.
Les déterminants individuels et collectifs sont reliés de façon intrinsèque au troisième élément du Cadre d'amélioration de la santé de la population, qui regroupe les outils et les appuis servant de fondement aux interventions.
La recherche, l'information et les politiques d'ordre public doivent servir de base aux interventions. La recherche en nutrition englobe un vaste domaine regroupant les sciences biologiques fondamentales, l'épidémiologie, la nutrition clinique, les déterminants des choix alimentaires, les enquêtes de consommation et l'évaluation des programmes, des pratiques et des politiques. L'information demeure essentielle à une prise de décision éclairée et ce, à tous les niveaux, à partir des décisions prises par les consommateurs jusqu'aux décisions concernant les organismes ou les politiques d'ordre public. Ces politiques peuvent favoriser la création d'un environnement qui engendre la santé et le bien-être sur le plan nutritionnel. Elles doivent donc s'appuyer sur des décisions éclairées, et c'est la recherche qui a pour devoir de fournir toute l'information nécessaire aux décideurs.
Le Cadre d'amélioration de la santé de la population présente une vue d'ensemble des déterminants de la santé et de leurs interrelations. La prochaine section, Les voies stratégiques, s'appuie sur ce modèle décrivant la santé de la population et propose une approche multisectorielle à plusieurs niveaux afin d'améliorer la santé nutritionnelle de la population.
Le Canada n'évolue pas en vase clos. Le commerce international influence de plus en plus les programmes et politiques à l'échelle domestique. Le Canada possède, au niveau international, une longue tradition d'aide aux pays en voie de développement. Ces liens sont présentés dans la section 5, Les dimensions internationales.
Le renforcement des pratiques alimentaires saines
Le soutien des populations vulnérables sur le plan nutritionnel
L'appui à la recherche en nutrition
La santé nutritionnelle est la résultante de plusieurs facteurs, notamment de vastes politiques sociales et de santé, de recommandations et lignes directrices sur la nutrition, d'un approvisionnement alimentaire sain et de l'intérêt des consommateurs pour la santé et la nutrition.
Les quatre voies stratégiques décrites ci-après reflètent les résultats de l'analyse de la situation actuelle au Canada. Pour chacune de ces voies, des actions visant les déterminants identifiés dans le Cadre d'amélioration de la santé de la population sont suggérées, tant les déterminants agissant sur la personne, que les déterminants agissant sur la collectivité et le fondement des interventions. Les actions identifiées sont toutes des priorités pour lesquelles l'allocation de ressources aura le plus grand impact sur la santé. Ces actions sont interreliées, se chevauchent, se complètent.
Plusieurs communautés à travers le pays mènent déjà des activités susceptibles d'améliorer la santé de la population. L'intention de La nutrition pour un virage santé: voies d'action est de s'appuyer sur ces forces, soutenir les interventions déjà cohérentes avec les quatre voies stratégiques et susciter de nouvelles interventions pour améliorer la santé des personnes.
Les problématiques reliées à la nutrition sont complexes et touchent plusieurs secteurs. Des solutions intersectorielles sont donc fortement encouragées, la création de réseaux et de coalitions étant une composante essentielle du succès de toute intervention. La mise sur pied d'un réseau coordonnateur multisectoriel, composé de partenaires intéressés, représentera une première étape importante. Une collaboration soutenue entre les divers secteurs exigera un engagement réel, un désir de convergence dans les efforts, de même que la présence de structures facilitantes. L'implication des personnes et de leurs communautés dans un processus de planification exhaustif et multidisciplinaire saura donner des résultats positifs sur la santé.
Les politiques nationales en matière de nutrition servent de base aux programmes de saine alimentation. Les Recommandations sur la nutrition, les Recommandations alimentaires pour la santé des Canadiens et Canadiennes et le Guide alimentaire canadien pour manger sainement contribuent tous à accroître notre compréhension des pratiques alimentaires saines.
Les Canadiens et Canadiennes devront améliorer leurs choix alimentaires et être plus actifs sur le plan physique afin de minimiser les risques de maladies chroniques liées à l'alimentation. Leur régime alimentaire devrait inclure davantage de pains, de céréales, de grains, de fruits et de légumes, ainsi que des quantités adéquates de nutriments essentiels et des apports moindres de matières grasses et de gras saturé. L'inactivité couplée à des apports énergétiques excessifs contribue à la prévalence persistante de l'obésité.
Les changements observés dans les habitudes alimentaires sont positifs, mais lents. Une action concertée pour encourager une saine alimentation doit faire partie des politiques régissant la disponibilité des services de nutrition dans les organismes gouvernementaux et de soins de santé, dans les programmes visant à améliorer les habiletés des consommateurs, et dans la distribution des soins à tous et toutes, de la naissance jusqu'à un âge avancé.
Les pratiques alimentaires saines seront renforcées par des services communautaires qui englobent la nutrition, par des écoles dispensant une éducation en nutrition adaptée à chaque âge, par des programmes mettant l'emphase sur l'acquisition d'habiletés pratiques favorisant de bons choix d'aliments, par un appui à l'allaitement maternel en tant que norme culturelle, par des médias et de la publicité véhiculant des messages cohérents et justes, et par des aliments étiquetés de façon à faciliter un choix éclairé.
Les actions prioritaires
Le fait d'être vulnérable peut découler de plusieurs facteurs, notamment de handicaps physiques ou mentaux, d'une scolarité limitée, d'une maladie aigu ou chronique, d'une poussée de croissance ou du vieillissement. La pauvreté entraîne souvent une plus grande vulnérabilité et est fréquemment interreliée avec d'autres facteurs. Les personnes vulnérables à la fois sur la plan physiologique et sur le plan socio-économique sont les plus à risque.
La vulnérabilité nutritionnelle découlant de la pauvreté est davantage prévalente dans certains segments de la population tels que les peuples autochtones, les personnes âgées, les personnes réfugiées, les femmes enceintes à risque, les mères célibataires, les bébés de petit poids et les enfants. Les effets d'un état nutritionnel déficient avant l'accouchement ou pendant la petite enfance et l'enfance se feront sentir toute la vie. Les données relatives à l'état nutritionnel de ces groupes vulnérables sont cependant limitées.
De plus en plus de Canadiens et Canadiennes s'adressent à des banques d'aliments afin de subvenir à leurs besoins alimentaires. Les banques d'aliments, d'abord conçues comme système temporaire d'aide alimentaire, représentent maintenant un soutien alimentaire pour un nombre croissant de Canadiens et Canadiennes. Des initiatives communautaires variées et de plus petite envergure, telles que les cuisines communautaires, les clubs d'achat d'aliments et les clubs de déjeuners et de dîners dans les écoles ont été mises sur pied pour pallier à ce problème. Le risque d'un apport alimentaire compromis de façon chronique constitue un grave problème de santé publique.
Il est impérieux de soutenir plus spécialement les groupes vulnérables. Des programmes de création d'emploi, de soutien du revenu, ainsi que des programmes et politiques alimentaires communautaires, doivent être mis en place afin de protéger leur santé nutritionnelle.
Les actions prioritaires
L'accès à des aliments de qualité représente une valeur importante aux yeux des consommateurs. Au Canada, les aliments vendus au détail et dans les restaurants sont sains et nutritifs.
Les politiques régissant la production alimentaire, les prix, la composition et la préparation des aliments, l'étiquetage et la publicité exercent une influence sur la qualité nutritionnelle des aliments. Les aliments consommés hors du foyer jouent un rôle de plus en plus prépondérant dans la santé nutritionnelle. Même de menus changements dans la composition des aliments peuvent avoir un impact significatif sur la valeur nutritive du régime alimentaire de la population.
Les nouvelles technologies de production et de transformation alimentaires devront faire l'objet d'une évaluation permanente. L'inquiétude du public concernant l'utilisation des biotechnologies dans la production des aliments porte sur de nombreux aspects, notamment la salubrité et la qualité. Il est essentiel qu'on continue d'être à l'écoute des consommateurs quant à ces biotechnologies.
La conservation de toutes les ressources, y compris les aliments, est essentielle au maintien d'un milieu sain. Prise dans son sens le plus large, la conservation fait référence à la préservation ou à l'accroissement des ressources naturelles et de la qualité du milieu pour les générations à venir. Ceci s'applique particulièrement aux sources d'aliments indigènes, lesquelles peuvent être affectées tant par la contamination du milieu que par les modifications du territoire causées par le développement.
Les importations d'aliments et la libéralisation des échanges commerciaux entraînent de nouveaux défis dans l'élaboration de politiques et l'inspection des aliments. De saines habitudes alimentaires peuvent être renforcées par une évolution constante des politiques touchant la conservation, la salubrité, l'accessibilité et la composition nutritionnelle des aliments.
Les actions prioritaires
La recherche en nutrition englobe un vaste champ d'activités dont la biochimie, la biologie moléculaire, la recherche clinique, l'épidémiologie et les enquêtes de consommation. Ces activités fournissent les éléments de base servant à mieux cerner le lien entre la nutrition et les maladies chroniques, ainsi que les besoins en nutriments essentiels. La recherche portant sur les déterminants des choix alimentaires, de même que celle sur l'évaluation des programmes, des pratiques et des politiques, sont tout aussi importantes l'une que l'autre. Il est essentiel de reconnaître la valeur et l'importance de la recherche à travers ce continuum.
Les fonds disponibles à la recherche en nutrition sont insuffisants et il est urgent d'établir des sources de financement stable et à long terme. Les fonds existants, en plus d'être limités, sont pour la plupart investis dans la recherche fondamentale. La recherche appliquée et celle portant sur la pratique, effectuées en milieu clinique ou au sein de la population, devraient être renforcées. La disponibilité d'une expertise en nutrition est menacée par cet appui insuffisant à la recherche en nutrition.
Les efforts de recherche ne correspondent pas aux priorités actuelles en nutrition. Il est essentiel d'accroître le soutien à la recherche portant sur les priorités nutritionnelles.
Des projets de collaboration multidisciplinaire impliquant plusieurs secteurs favorisent le jumelage des expertises et des ressources financières. Aux méthodes scientifiques traditionnelles s'ajoutent maintenant diverses méthodologies telles que la recherche qualitative, l'évaluation de programmes et les études de cas.
L'amélioration de la santé nutritionnelle des Canadiens et Canadiennes dépend de notre capacité à surveiller la santé nutritionnelle et à réagir de façon appropriée. Un mécanisme d'intégration et de dissémination des données doit être mis en place afin de documenter les décisions relatives aux pratiques, aux programmes et aux politiques.
Les actions prioritaires
Le Canada fait partie de la communauté globale. La nutrition est une composante importante des programmes canadiens d'aide officielle au développement et des échanges commerciaux, ainsi que des connaissances et technologies qui y sont associées.
Le contexte international affecte de plus en plus la nutrition, tant au pays qu'à l'étranger. Le Canada s'est engagé à mettre de l'avant une solide politique de commerce international. Dans le but de faciliter le commerce, le Canada appuie les efforts d'harmonisation de la réglementation et le retrait des barrières douanières. L'impact de cette position sur la question du commerce des aliments n'est pas négligeable. Par choix, et par nécessité, le Canada importe une large part de son approvisionnement alimentaire et compte sur l'exportation de produits alimentaires canadiens pour équilibrer son bilan commercial. La sécurité alimentaire du Canada dépend donc concrètement de la stabilité du commerce alimentaire international.
Le Canada s'est engagé envers les populations des pays en voie de développement, et a récemment renouvelé cet engagement, à progresser vers une aide officielle au développement représentant 0,7 % du PNB, lorsque la situation fiscale le permet. L'implication du Canada dans les programmes de santé et de nutrition à travers le monde fait partie de cet engagement. De plus, l'alimentation, la nutrition et la santé sont des priorités au sein du programme canadien d'aide officielle au développement.
Les Nations Unies estiment qu'à l'heure actuelle, environ 800 millions de gens vivant dans les pays en voie de développement souffrent de malnutrition. Beaucoup d'autres souffrent de carences en micronutriments. Or la malnutrition, même légère ou modérée, tend à multiplier la mortalité infantile due aux infections. Étant donné que des populations bien nourries sont une condition essentielle à la sécurité et la paix mondiales, le Canada alloue des ressources afin de pallier à cette situation. Le Canada a identifié six priorités pour son programme d'aide au développement, dont l'une concerne les besoins humains fondamentaux, y compris la nutrition.
Le Canada collabore notamment avec des organismes internationaux afin de promouvoir l'allaitement maternel, améliorer l'alimentation des jeunes enfants et éliminer, dans tous les groupes d'âges, les déficiences en micronutriments dans les pays en voie de développement. Le Canada joue aussi un rôle de chef de file dans le programme international visant à éliminer les maladies de carence en iode et en vitamine A. On estime que 2,8 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent de déficience clinique en vitamine A (xérophtalmie). De plus, 251 millions d'enfants vivent là où la carence en vitamine A est prévalente, ce qui les rend plus à risque de mourir ou de devenir aveugles. Près de 1 570 millions d'individus vivent dans des régions où les maladies de carence en iode sont répandues, 656 millions de gens présentent un goitre et 5,7 millions de gens manifestent du crétinisme. Les enfants nés dans de telles situations sont à risque de présenter un développement déficient du cerveau. Il y a place pour un travail encore plus grand de la part du Canada dans le contrôle de ces maladies et autres formes de malnutrition.
Le programme canadien d'aide au développement se manifeste, entre autres, sous forme d'activités visant à soulager la pauvreté et à améliorer l'accès aux aliments. L'un de ses buts est d'augmenter les revenus des gens souffrant de pauvreté extrême, notamment les fermiers sans terre et ceux vivant de cultures de subsistance. Le Canada continue de jouer un rôle important à l'échelle internationale dans le Programme élargi de vaccination. Trois aspects sont prioritaires dans l'amélioration de la nutrition chez les jeunes enfants : le contrôle des infections (qui implique les soins de santé, la vaccination, l'eau et l'hygiène), des soins adéquats (incluant les pratiques alimentaires) et l'accès à une nourriture suffisante (en quantité et en qualité nutritionnelle). Cette primarisation des besoins fondamentaux caractérise l'approche canadienne concernant l'aide officielle au développement. L'objectif canadien le plus récent dans ce domaine est de consacrer 25 % de son programme officiel d'aide au développement aux besoins humains fondamentaux.
La recherche peut améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition. Au cours des trois dernières décennies, la recherche à l'échelle internationale a stimulé la production d'aliments de base dans plusieurs pays. Elle a permis de résoudre des problèmes de rendement, d'insectes nuisibles, de maladies et de gestion, de même que d'entreposage et de conservation des aliments. La collaboration internationale dans la cueillette, l'échange et l'étude d'échantillons de plantes sauvages et cultivées a favorisé le développement de variétés aux caractéristiques agronomiques et nutritionnelles supérieures. Des rendements plus élevés ont amélioré les revenus et l'alimentation des familles de fermiers pauvres et des travailleurs ruraux, ont procuré aux gens vivant dans les villes des aliments aux prix plus abordables et une meilleure alimentation, de même qu'ils ont stimulé la croissance économique dans de nombreux pays. Les variétés de qualité supérieure étant distribuées à travers le monde, les secteurs de l'agriculture et de l'alimentation de tous les pays y gagnent sur les plans de la productivité, de la résistance aux maladies et de l'utilisation durable des ressources naturelles. Les centres de recherche internationaux contribuent également à préserver la diversité biologique globale, ce riche héritage d'espèces végétales et animales.
La qualité et la salubrité des aliments bénéficient des réseaux internationaux. Les Canadiens et Canadiennes consomment de plus en plus d'aliments importés. Afin d'assurer que les produits étrangers satisfont aux normes de qualité élevées des produits canadiens,les pays exportateurs doivent se doter de programmes adéquats en matière de salubrité et de qualité des aliments. De plus, les aliments importés au Canada sont surveillés de façon à ce qu'ils soient conformes aux normes imposées aux producteurs et aux transformateurs canadiens. Des organismes internationaux, tels que l'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation (Food and Agriculture Organization ou FAO), fournissent une aide technique aux pays en voie de développement leur permettant d'implanter leurs propres programmes en matière de salubrité et de qualité des aliments. La FAO et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont établi des normes alimentaires internationales par le biais de la Commission du Codex alimentaire. Des Canadiens et Canadiennes ont participé à l'élaboration de ces normes internationales. À mesure que les pays en voie de développement mettront en place leurs propres programmes en matière de salubrité et de qualité des aliments, les normes internationales en matière d'alimentation seront de plus en plus utilisées. En plus d'assurer la qualité des aliments, cette harmonisation des normes facilitera le commerce international et l'accès à des marchés alimentaires globaux.
La surveillance des changements représente un aspect important des efforts visant à maintenir et améliorer la santé nutritionnelle de la population. Un système basé sur des indicateurs de base peut fournir de l'information précieuse.
Seize (16) indicateurs de base sont présentés dans La nutrition pour un virage santé : voies d'action. Treize (13) d'entre eux ont une portée nationale et trois sont reliés à des problématiques internationales. Les raisons du choix de chaque indicateur, ainsi que les spécifications pour les mesures et les sources des données, sont détaillées dans un document de référence (Annexe 3).
Il est clair qu'un nombre limité d'indicateurs ne peuvent rendre avec exactitude l'ampleur ou la portée des problématiques reliées à la nutrition, pas plus qu'ils ne peuvent remplacer un programme exhaustif de surveillance nutritionnelle. Un système basé sur des indicateurs de base peut toutefois permettre de :
Les indicateurs de base ont été sélectionnés selon ces critères clés : l'impact sur la nutrition, la disponibilité régulière de données, et la faisabilité de la cueillette de données. S'appuyer sur des données existantes et facilement disponibles s'est avéré essentiel dans l'élaboration d'indicateurs nutritionnels utilisables. Certains indicateurs qui avaient d'abord été considérés ont donc dû être rejetés à cause d'un manque de données. Les indicateurs de base présentés ici seront revus et révisés au besoin et selon la disponibilité des données. Avec le temps, des indicateurs de la promotion de la santé et des problèmes de santé seront intégrés de façon plus complète.
Les données concernant certains indicateurs nutritionnels de base sont disponibles à l'échelle nationale et, pour plusieurs, elles le sont également aux niveaux provincial et régional. De plus, les données pour plusieurs des indicateurs sont rapportées par groupe d'âge, par sexe et par niveau socio-économique, celui-ci étant estiméà l'aide de certaines caractéristiques.
Les indicateurs de base sont classés selon les éléments du Cadre d'amélioration de la santé de la population et touchent les résultats, les déterminants et le processus.
Le Cadre d'amélioration de la santé de la population peut servir à l'élaboration d'indicateurs de base nationaux et également fournir un cadre pour la cueillette de données selon les exigences de différentes juridictions.

À L'ÉCHELLE NATIONALE
Indicateurs des résultats :
Indicateurs des déterminants :
Indicateurs du processus :
L'ÉCHELLE INTERNATIONALE
Indicateurs des résultats :
Indicateurs de processus :
La mise en oeuvre, qui constitue la prochaine étape, est notre responsabilité à tous. L'instauration de réseaux regroupant des partenaires intéressés permettra l'échange des idées et la collaboration.
Prochaine étape, la mise en oeuvre de La nutrition pour un virage santé : voies d'action, est une responsabilité partagée. L'engagement des individus envers l'amélioration de la santé nutritionnelle motivera et enclenchera l'action. Les actions entreprises à l'échelle communautaire s'avéreront aussi uniques que les communautés le sont elle-mêmes. La souplesse et la grande portée de ce document sont intentionnelles, de manière à ce que les utilisateurs puissent choisir les options convenant le mieux à leurs besoins et leurs moyens.
Le Comité directeur conjoint est convaincu que la mise sur pied de réseaux sera un élément clé dans la réalisation de ce projet. Par l'intermédiaire des réseaux, les partenaires peuvent échanger des idées, s'appuyer mutuellement, apprendre les uns des autres, collaborer et surveiller les progrès accomplis. Les membres du Comité directeur conjoint encouragent fortement les utilisateurs de ce document à établir des réseaux appropriés pour leurs initiatives en nutrition.
La collaboration de divers secteurs a permis de mener La nutrition pour un virage santé jusqu'à la présente étape. Le même esprit de collaboration sera nécessaire pour mobiliser les ressources qu'exige la réalisation de la prochaine phase. L'instauration d'un réseau multisectoriel au niveau national est recommandée afin de fournir le leadership, la coordination et le support requis.
Utilisez La nutrition pour un virage santé : voies d'action comme catalyseur et comme référence pour :
Les pays participants à la conférence ont ratifié la Déclaration mondiale sur la nutrition, et le Plan mondial d'action sur la nutrition. La Déclaration mondiale sur la nutrition soutient que l'accès à des aliments nutritionnellement appropriés et sans danger est un droit universel . Elle reconnaît en outre que la nutrition est l'une des conditions préalables du développement des sociétés et qu'elle doit être un objectif clé du développement humain. Affirmant que le bien-être nutritionnel « doitêtre au centre de (...) nos plans et stratégies de développement socio-économique », la déclaration encourage les pays à établir des objectifs en matière d'alimentation et de nutrition qui soient quantifiables et assortis de délais, dans le but ultime d'assurer le « bien-être nutritionnel de tous dans un monde en paix, juste et écologiquement sûr ».Le Plan mondial d'action sur la nutrition établit les objectifs universels suivants :
Afin de favoriser la réalisation de ces objectifs universels, le Plan mondial d'action suggère neuf axes d'intervention recoupant les secteurs sanitaire, socio-économique, environnemental et relatif à la politique extérieure. Ces axes d'interventions sont les suivants :
M. E. M. Aiston (président)
Directeur général
Direction des affaires internationales
Direction générale des politiques et de la consultation
Santé Canada
Mme Iowne Anderson
Représentante de la collectivité autochtone
Ohsweken, Ontario
Mme Carolyn Barber
Coordonnatrice de la nutrition
Service de santé publique
Ville de Toronto
Mme Susan Beaubier
Spécialiste en nutrition
Service de santé des Indiens et des populations du Nord
Direction générale des services médicaux
Santé Canada
Dr. Micheline Beaudry
Professeure
Département de nutrition humaine et de consommation
Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation
Université Laval
Mme Helen Brown
Conseillère principale en nutrition
Direction de la santé publique
Ministère de la santé de l'Ontario
Mme Mary Bush
Agente des programmes de nutrition
Direction de la promotion de la santé
Direction générale des programmes et services de santé
Santé Canada
Mme Anne Carrow
Directrice, Nutrition
Promotion de la santé et prévention des maladies
Ministère de la Santé
Colombie-Britannique
Mme Carmen Connolly
Chef, Programmes de nutrition
Direction de la promotion de la santé
Direction générale des programmes et services de santé
Santé Canada
Mme Mary Jane Green
Conseillère principale
Direction des affaires internationales
Direction générale des politiques et de la consultation
Santé Canada
Mme Suzanne Hendricks
Présidente
Institut national de la nutrition
M. H. Philip Hepworth
Directeur, Informations sur les programmes et formation
Direction des programmes à frais partagés
Direction générale des programmes de service social
Développement des ressources humaines Canada
M. Wardie Leppan
Directeur général
Association canadienne de la journée mondiale de l'alimentation
Dr. Guy Nantel
Conseiller scientifique principal
Direction des affaires internationales
Santé Canada
Mme Heather Nielsen
Agente des programmes de nutrition
Direction de la promotion de la santé
Direction générale des programmes et services de santé
Santé Canada
Mme Lina Robichon-Hunt
Conseillère technique en nutrition
Programme sur les aliments
Centre de recherches alimentaires et zootechniques
Agriculture et Agro-alimentaire Canada
Dr. Sonya Rabeneck
Conseillère principale en nutrition
Direction générale des programmes multilatéraux
Agence canadienne de développement international
Mme Marsha Sharp
Chef de la direction
Association canadienne des diététistes
Mme Christina Zehaluk
Nutritionniste
Direction des aliments
Direction générale de la protection de la santé
Santé Canada
* Cette liste précise les titres et affiliations des membres au début des travaux du Comité directeur conjoint (CDC). Les travaux se sont échelonnés de 1993 à 1996. Certains membres ont été nommés entre-temps à de nouveaux postes, et n'ont pu continuer de participer aux travaux du CDC.
Remerciements : Le Comité directeur conjoint tient à souligner la contribution de Mmes Barbara Davis et Lavada Pinder et de M. Norman Tape à l'élaboration de La nutrition pour un virage santé : voies d'action.
En vue de l'élaboration de La nutrition pour un virage santé : voies d'action, les documents suivants avaient été commandés :
La nutrition pour un virage santé : voies d'action et les documents de travail de référence précités sont accessibles via Internet à l'adresse suivante : http://www.hc-sc.gc.ca ou peuvent être obtenus en communiquant avec l'un des membres du Comité directeur conjoint.
1. La Déclaration mondiale sur la nutrition.
2. Préparé par le Comité consultatif fédéral-provincial-territorial sur la santé de la population.