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((KE = 'MUSTARD' OR KE = 'MUSTARD GREENS' OR KE = 'MUSTARD SEED OILS' OR KE = 'MUSTARD SEEDS') OR (CONTAINS (AF,'mustard* or sinapis or "brassica alba" or "brassica juncea" or "brassica nigra"'))) AND ((KE = 'ALLERGIES' OR KE = 'INTOLERANCE' OR KE = 'ANAPHYLAXIS' OR KE = 'URTICARIA') OR (CONTAINS (AF,'allerg* or hypersensi* or intoleran* or anaphyla* or urticaria* or hive*')) OR (CONTAINS (AF,'"food challenge*" or "food rechallenge"')))
PY: 1988-now
Figureoa et al. (2005) ont mené une étude prospective et aléatoire comportant des tests de provocation orale en double aveugle comparatifs avec placebo chez 38 sujets (âge : 21,9 ± 8,6 ans) ayant fait état d'antécédents de réactions allergiques à la moutarde. Le groupe témoin était composé de sujets atteints d'allergie à l'acarien détriticole appariés selon l'âge et le sexe. L'étude comportait un questionnaire clinique, des tests par piqûre cutanée avec des batteries d'aéroallergènes et d'aliments, le prélèvement de sérum pour les tests in vitro, l'analyse des IgE totaux et des IgE spécifiques au pollen de l'armoise vulgaire, à la moutarde, au chou, au chou-fleur, au brocoli et à d'autres aliments ainsi que d'autres tests de provocation orale en double aveugle comparatifs avec placebo suivis par des tests de provocation orale ouverts.
Une moutarde jaune préparée offerte sur le marché a été dissimulée dans un véhicule à base de yogourt naturel qui contenait un mélange de vanille, de jus de citron, de sucre et de colorant jaune. La moutarde préparée, exempte de sulfites, était composée d'eau, de graines de S. alba (14 % p/v), de vinaigre, de sel, de curcuma, de paprika et de clou de girofle. Les patients ont toléré tous les ingrédients composant la moutarde préparée et le véhicule, sauf la moutarde. Les sujets ont été assignés de manière aléatoire, soit au groupe de la moutarde, soit au groupe placebo (véhicule).
Les sujets ont reçu des doses croissantes, soit de : 80, 240, 800, 2 400 et 6 480 mg de moutarde préparée à intervalles de 15 minutes, et ce, jusqu'à ce que les symptômes apparaissent ou jusqu'à ce qu'une dose cumulative de 10 g de moutarde préparée ait été administrée. Les sujets qui ont obtenu des résultats négatifs pendant le test de provocation en aveugle étaient libres de participer à une étude alimentaire au cours de laquelle jusqu'à 25 g de moutarde préparée étaient administrés. Le premier test de provocation orale (en aveugle) était suivi d'une pause de deux heures avant le second test de provocation orale (ouvert). L'allergie à la moutarde était confirmée si le sujet avait des réactions après le test de provocation orale avec la moutarde, mais qu'il ne réagissait pas lors du test de provocation orale avec le placebo.
Des 38 patients qui ont participé à l'étude, 11 % avaient eu des antécédents d'anaphylaxie systémique. Les tests de provocation orale n'ont pas été effectués chez les sujets ayant eu des antécédents d'anaphylaxie grave à la moutarde (une réaction indésirable touchant au moins trois organes cibles ou comportant un collapsus vasculaire). Soit en raison de symptômes graves (n = 4), soit en raison d'un refus (n = 10), quatorze patients n'ont pas subi de test de provocation en double aveugle comparatif avec placebo. Ainsi, 24 des 38 patients ont subi ce test. Des 24 sujets qui l'ont subi, 14 (58 %) ont été considérés comme allergiques à la moutarde.
La réaction la plus fréquemment observée parmi les sujets (71 %) a été le syndrome d'allergie orale, caractérisé par un prurit et un léger œdème de Quincke aux lèvres, à la langue, au palais et à la gorge, puis par la résorption rapide des symptômes. L'œdème de Quincke et l'asthme se sont manifestés chez un sujet après l'ingestion de moutarde, et un autre y a réagi par une anaphylaxie systémique. Tous les patients étaient totalement rétablis au cours des 90 minutes suivant le traitement symptomatique.
La dose cumulative déclenchante moyenne de moutarde préparée (±ET) était de 891,4 ± 855,2 mg, soit équivalente à 124,8 ± 119,7 mg de moutarde. Les patients qui ont obtenu des résultats positifs ont aussi obtenu des résultats de loin plus marqués au test par piqûre que ceux qui ont eu des résultats négatifs (8,2 ± 3,7 vs 5,3 ± 2,4 mm, p < 0,05). Pour le test par piqûre avec de la moutarde commerciale, l'analyse de la courbe d'efficacité du récepteur a produit une valeur de seuil de 8 mm, avec une spécificité de 90 % (IC 95 %, 55,5- 98,3) et une sensibilité de 50 % (IC 95 %, 23,1-76,9).
Une corrélation importante entre l'hypersensibilité à la moutarde et la sensibilité au pollen d'armoise commune a été observée (chez 97 % des patients) ainsi qu'une réactivité croisée partielle démontrée par des essais d'inhibition in vitro. Une sensibilisation à d'autres membres de la famille des Brassicaceæ et une réactivité croisée entre ceux-ci ont aussi été confirmées chez tous les patients. Qui plus est, d'importantes associations avec la sensibilisation aux fruits à écale (97 %), aux légumineuses (95 %), au maïs (79 %) et au fruit des rosacées ont également été observées. Environ 40 % de ces sensibilisations alimentaires étaient symptomatiques. D'ailleurs, 6 patients (2 %) ont subi une anaphylaxie causée par l'exercice.
Selon les conclusions des auteurs, « l'allergie à la moutarde n'est pas un trouble rare et elle peut provoquer de graves réactions » et les liens significatifs avec une pollinose provoquée par l'armoise commune et plusieurs allergies à des aliments dérivés de végétaux permettent de présumer qu'un « nouveau syndrome d'allergie moutarde-armoise commune » pourrait exister. Ils indiquent aussi l'existence d'une relation entre ce syndrome et l'anaphylaxie causée par l'exercice.
Morisset et al. (2003) ont mené la première étude prospective comportant des tests de provocation orale en double aveugle comparatifs avec placebo pour évaluer l'allergénicité de la moutarde. Trente sujets (28 enfants et 2 adultes) ont participé à cette étude. L'âge des sujets, dont 11 étaient de sexe féminin et 19 de sexe masculin, variait de 3 à 20 ans. Vingt-sept (27/30) sujets ont fait l'objet d'un dépistage pour déceler les immunoglobulines E (IgE) spécifiques à la moutarde en ayant recours à la technique RAST. Vingt-quatre sujets ont participé à un test de provocation orale en double aveugle comparatif avec placebo, et six sujets ont participé à un test de provocation orale en simple aveugle comparatif avec placebo. Des antécédents d'urticaire et d'œdème de Quincke, de dermatite atopique, d'asthme, de douleurs abdominales et d'épisodes de diarrhée ont éveillé des soupçons quant à l'existence d'antécédents d'allergies alimentaires. Les sujets qui ont participé à l'étude ont été sélectionnés sur la base d'un résultat positif au test par piqûre aux graines de moutarde moulues (Brassica nigra), à la farine de moutarde (Brassica juncea), à l'assaisonnement à la moutarde forte exempt de métabisulfites (Brassica juncea) et à un extrait de moutarde commercialisé (Brassica nigra).
Pour les tests de provocation orale, un assaisonnement à la moutarde exempt de métabisulfites, d'aromates et d'épices, contenant 33 % de graines de moutarde, a été utilisé. Le goût de la moutarde a été masqué en mélangeant l'assaisonnement à des boissons gazeuses très froides, et ces mêmes boissons ont fait office de placebo. La quantité d'assaisonnement à la moutarde utilisée pour les tests a été établie sur la base de la consommation habituelle. Des doses croissantes, soit de : 10, 30, 100, 300 et 900 mg d'assaisonnement à la moutarde, ont été administrées toutes les 20 minutes jusqu'à ce la dose cumulative de 1 340 g ait été atteinte. L'administration de l'assaisonnement à la moutarde et celle du placebo ont été espacées d'un intervalle de 24 heures.
Parmi les 30 sujets qui ont participé au test de provocation orale, 7 (23 %) ont été jugés positifs. Les résultats moyens au test par piqûre chez les sujets positifs et négatifs étaient les suivants : 5,5 mm vs 5,9 mm pour l'extrait commercialisé; 10,9 mm vs 5,8 mm pour les graines moulues de B. nigra (p < 0,01), 9,9 mm vs 7,1 mm pour la farine de B. juncea (p > 0,25 ns) et 11,5 mm vs 9,1 mm pour l'assaisonnement à la moutarde exempt de métabisulfites (p > 0,1 ns). Les valeurs moyennes des IgE spécifiques déterminées par la technique RAST se sont révélées plus élevées, mais sans que la différence soit significative. Les tests par piqûre cutanée réalisés avec différentes moutardes ont révélé une réactivité croissante dans l'ordre suivant : 5,8 mm (1,5-15) pour l'extrait commercialisé, 6,9 mm (0,5-18) pour les graines moulues de B. nigra, 7,9 mm (1-20) pour la farine de B. juncea et 9,7 mm (3-20) pour l'assaisonnement à la moutarde forte exempt de métabisulfite. La différence entre les diamètres moyens des papules provoquées par les tests par piqûre cutanée réalisés avec l'extrait commercialisé et l'assaisonnement à la moutarde forte s'est révélée statistiquement significative (p < 0,005). La moyenne des valeurs des IgE spécifiques à la moutarde était de 8,7 kU/l (0,35-72,4).
Les auteurs ont conclu que l'obtention de résultats positifs aux tests par piqûre cutanée et la présence des IgE spécifiques n'étaient pas prédictives de l'allergie à la moutarde. Ils ont avancé qu'avant de recommander un régime alimentaire d'évitement, l'obtention de résultats positifs au test de provocation orale en simple aveugle comparatif avec placebo ou au test de provocation orale en double aveugle comparatif avec placebo devrait être requise. Ils ont aussi souligné que comme la moutarde est masquée dans de nombreuses sauces préparées en usine, la gravité de certaines réactions justifie les déclarations informatives sur l'étiquette des aliments.
L'étude de Rancé et al. (2000 et 2001), laquelle a eu recours à un test de provocation orale en simple aveugle comparatif avec placebo, a porté sur 36 enfants, dont 22 garçons et 14 filles, âgés de 10 mois à 15 ans (de 5,5 ans en moyenne) ayant eu des résultats positifs au test par piqûre avec la moutarde. Au départ, la dermatite atopique (52 %) et l'urticaire et (ou) l'œdème de Quincke (37 %) et l'asthme (9 %) comptaient au nombre des caractéristiques cliniques. Chez un sujet (2 %), un œdème laryngé ainsi qu'un syndrome d'allergie orale et qu'une rhinoconjonctivite ont été observés. Les auteurs n'ont fait état d'aucune réaction anaphylactique parmi les sujets. Parmi les 36 enfants, 29 (81 %) avaient des antécédents familiaux d'atopie chez un parent du premier degré. Les sujets ont été comparés à 22 sujets témoins sans antécédents d'allergies alimentaires.
Les enfants ont reçu des doses croissantes de moutarde échelonnées comme suit : 1, 5, 10, 20, 50, 100, 250 et 500 mg de moutarde. L'administration de la moutarde et celle du placebo ont été espacées d'un intervalle de 4 heures. Les auteurs n'ont pas précisé le type, la source, ni la concentration en protéines de la moutarde utilisée pour réaliser le test de provocation orale. Pour établir le diagnostic, ce sont les réactions survenues de quelques minutes à deux heures après la dernière dose du test de provocation orale qui ont été considérées.
L'allergie à la moutarde a été confirmée chez 15 des 36 enfants (42 %) qui ont participé à l'étude (résultats positifs au test de provocation orale en simple aveugle comparatif avec placebo), et 21 d'entre eux n'y étaient pas allergiques (résultats négatifs au test de provocation orale en simple aveugle comparatif avec placebo). La dose déclenchante cumulative par le test de provocation orale ouvert ou par le test de provocation orale en double aveugle comparatif avec placebo variait de 1 à 936 mg. Aucune réaction au placebo n'a été observée. La dose cumulative déclenchante moyenne était de 153 mg. L'urticaire (14 cas), la rhinoconjonctivite (3 cas), l'œdème de Quincke (un cas), le syndrome d'allergie orale (un cas) et l'eczéma (un cas) ont été les réactions observées dans le cadre du test de provocation orale en double aveugle comparatif avec placebo. Sur le plan des allergies alimentaires et des sensibilisations aux allergènes inhalés qui y sont associées, aucune différence significative n'a été observée entre les deux groupes. Chez les sujets allergiques, le diamètre moyen de la papule causée par le test par piqûre cutanée était de 8,8 mm, et la concentration médiane des IgE sériques spécifiques à la moutarde était de 14,8 kU/l.
Les auteurs ont mentionné que 8 des 15 personnes (53 %) ayant eu des réactions positives à la moutarde avaient fait état d'antécédents de symptômes après l'ingestion de moutarde, lesquels se sont manifestés alors qu'ils étaient âgés de moins de 3 ans. Les auteurs avancent que la sensibilisation à la moutarde peut survenir in utero ou pendant la période d'allaitement.
La définition des termes médicaux employés à l'échelle du document et des tableaux est présentée ci-dessous par ordre alphabétique. La source des définitions dont la traduction est présentée ci-dessous paraît dans les notes en fin de document.
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ii Johansson, S.G.O., Hourihane, J.O'B., Bourset, J., Bruijnzeel-Koomen, C., Dreborg, S., Haahtela, T., Kowalski, M.L., Mygind, N., Ring, J., van Cauwenberge, P., van Hage-Hamsten, M., and Wuthrich, B. (2001) A revised Nomenclature for Allergy: An EAACI position statement from the EAACI nomenclature task force. Allergy 56: 813-824.
iii
Merk Manuals: Online Medical Library, Last full review/revision September 2008 website: http://www.merck.com
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