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Aliments et nutrition

Procédure d'élaboration et de gestion des méthodes microbiologiques dans les aliments

Élaboration de méthodes
Avril 2008

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Partie 1 : Définitions et explications des méthodes et des procédures générales

Comité des méthodes microbiologiques
Division de l'évaluation
Bureau des dangers microbiens
Direction des aliments
Direction générale des produits de santé et des aliments
Centre de recherche Sir Frederick G. Banting [LP 2204E]
Ottawa (Ontario) K1A 0K9

Courriel: Don_Warburton@hc-sc.gc.ca

1. Introduction

Le document intitulé « Procédure d'élaboration et de gestion des méthodes microbiologiques dans les aliments » comportera plusieurs parties et il sera publié sous forme de documents distincts dans le volume 1 de ce Compendium :

Partie 1 : Définitions et explications des méthodes et des procédures générales.
Partie 2 (A) : Exigences en matière de données, gabarits et exemples de présentation pour les méthodes quantitatives.
Partie 2 (B) : Exigences en matière de données, gabarits et exemples de présentation pour les méthodes qualitatives.
Partie 3 : Directives sur l'évaluation des méthodes microbiologiques quantitatives dans les aliments.
Partie 4 : Directives sur l'évaluation des méthodes microbiologiques qualitatives dans les aliments.
Partie 5 : Directives sur les exigences générales en matière de vérification des méthodes microbiologiques dans les aliments validées pour mise en application dans les essais de routine.

2. Object

Définir les procédures à suivre pour l'élaboration et la gestion des méthodes microbiologiques dans les aliments pour insertion dans le Compendium de méthodes analytiques. Ces méthodes sont élaborées ou validées par Santé Canada (SC) et l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), ainsi que par d'autres organismes de réglementation, d'universités et d'entreprises privées, et elles sont utilisées dans l'application de la Loi sur les aliments et drogues et son Règlement d'application. Le Comité des méthodes microbiologiques (CMM) a étudié, révisé et accepté ce document, qui remplace la version datée d'avril 1999.

3. Définition des terms

Des définitions supplémentaires sont présentées dans d'autres parties de ce document.

3.1 Méthode :

Une procédure analytique appliquée à un aliment entier, un échantillon d'aliment en cours de transformation, un ingrédient alimentaire ou à l'environnement d'établissements alimentaires et parfois, à des spécimens cliniques.

Les méthodes traitées dans le Compendium de méthodes analytiques s'appliquent en général au produit final, c.-à-d. aux produit finis ou aux aliments offerts pour la vente. De plus, ces méthodes peuvent servir à établir des bases de données portant principalement sur les produits finis, mais également sur les ingrédients. Les échantillons environnementaux sont analysés afin de déterminer si les aliments ont été produits dans des conditions hygiéniques. Ces méthodes peuvent se distinguer des méthodes utilisées pendant la fabrication, dont les fabricants se servent à des fins de contrôle et pour assurer que les procédés ont été contrôlés de façon adéquate.

Les méthodes utilisées doivent satisfaire aux exigences spécifiques de l'essai. Par exemple, que ce soit pour analyser un produit fini, des ingrédients ou des échantillons environnementaux, seules les méthodes qui respectent les critères de l'essai (y compris la sensibilité et la spécificité, etc.) doivent être utilisées.

3.2 Catégories d'aliments :

Les catégories d'aliments sont définies de la façon suivante: (1) Produits carnés crus, (2) Produits carnés transformés (3) Volaille et produits de volaille (4) Poissons et fruits de mer, (5) Produits avicoles et produits dérivés (6) Produits fabriqués à base de fruits et produits fabriqués à base de légumes, (7) Produits laitiers, (8) Produits de chocolaterie et produits de boulangerie, (9) Aliments pour animaux, (10) Autres produits (p. ex. boissons alcoolisées, céréales, épices, produits alimentaires transformés comme la sauce à salade, etc.). (11) Échantillons environnementaux (en provenance d'environnement d'usines alimentaires)

3.3 Type d'aliments :

Les types d'aliments sont définis et sélectionnés à partir d'une catégorie d'aliments.

Exemple : Catégorie d'aliments : Produits laitiers  
  Types d'aliments : Crus
Soumis à un traitement thermique
Congelés
Fermentés
Secs
Autres
(Fromage au lait cru)
Lait évaporé)
(Crème glacée)
(Yogourt)
(Poudre de lait écrémé)
(Fromage fondu)

3.4 Sélection d'une méthode :

Toutes les méthodes ont été classées selon leur niveau de validation. Chaque méthode officielle (MFO), méthode de la DPGS (MFHPB) et procédure de laboratoire (MFLP) respecte les critères minimaux d'une méthode du Compendium précisés pour cette classe. Pour toute analyse, la méthode du Compendium la plus efficace (telle que décrite ci-dessous) doit être utilisée. Bien que les MFLP puissent ne pas avoir été validées de façon aussi poussée ou au même niveau que les méthodes de la DGPS, elles ont souvent une spécificité et une sensibilité analytique supérieures selon certaines données disponibles auprès d'agences internationales reconnues.

Les laboratoires doivent utiliser la méthode la plus efficace (c.-à-d., la meilleure ou la plus appropriée) de sorte que : (1) la méthode est apte à l'emploi visé (voir le point 3.5) et peut être utilisée pour analyser la denrée en question de sorte que les résultats de l'analyse sont fiables; (2). les analyses sont terminées en temps opportun; (3) la santé et la sécurité des Canadiens et Canadiennes sont assurées et (4) la durée de conservation du produit n'est pas compromise.

Note: Il est primordial de vérifier la section « Application » de chaque méthode avant de l'utiliser de façon à déterminer si elle est applicable au type d'aliment ou à l'échantillon environnemental en cause. L'applicabilité des méthodes à de nouveaux types d'aliments nécessite une validation. Le cas échéant, il est fortement conseillé de soumettre les données de validation au CMM pour une révision possible de la méthode.

3.5 Aptitude à l'emploi :

Mesure dans laquelle les données produites par un processus de mesure permettent à l'utilisateur de prendre des décisions correctes d'un point de vue technique et administratif pour une fin convenue tel que décrit à la section 3.4 (voir référence 8.1)

3.6 Élaboration de méthode opérationnelle (EMO) :

Cette expression désigne l'élaboration, la validation et la comparaison d'une méthode à une méthode normalisée par au moins deux laboratoires. Ainsi, pendant une certaine période (habituellement un à deux ans), des données sont recueillies dans le but de démontrer si une méthode est apte a recevoir le statut de procédure de laboratoire (ou un autre statut.) Ces études produisent des données supplémentaires pour hausser le statut de la méthode et en étendre la portée et peuvent être considérées comme une étude collaborative d'envergure limitée.

3.7 Étude comparative et étude collaborative :

Une étude comparative compare la méthode en cours d'élaboration (telle qu'une « trousse d'analyse rapide ») à la méthode normalisée et fait habituellement appel à de multiples laboratoires qui analysent des échantillons naturellement contaminés obtenus localement ou dans une région précise. Chaque laboratoire analyse ensuite les échantillons selon son propre calendrier, mais en fonction d'un protocole précis. Bien que des échantillons naturellement contaminés soient préférables, pour certains microorganismes particuliers (par ex. E. coli O157:H7), des échantillons artificiellement contaminés sont nécessaires pour obtenir un nombre suffisant d'échantillons. Les études comparatives sont recommandées pour évaluer les méthodes quantitatives « à grande portée » (p. ex. numération standard sur plaque, colonies bactériennes aérobies, etc. (Voir le point 4.5).

Une étude collaborative compare la méthode en cours d'élaboration (telle qu'une « trousse d'analyse rapide ») à la méthode normalisée et fait habituellement appel à plusieurs laboratoires qui analysent des aliquotes d'échantillons artificiellement contaminés fournis par le laboratoire organisateur ou de référence.

Une étude comparative faisant appel à des échantillons naturellement contaminés est préférable. Cependant, cette approche n'est pas toujours pratique. Par conséquent, une étude comparative effectuée à l'aide d'échantillons contaminés artificiellement sera acceptable. Chaque laboratoire analyse ensuite les échantillons dans un délai précis et selon un protocole préétabli. Des aliquotes provenant d'échantillons naturellement contaminés peuvent également être envoyées à chaque participant.

3.8 Laboratoires gouvernementaux, Méthodes normalisées ou équivalent :

L'expression « Laboratoires gouvernementaux » sous-entend tout laboratoire du gouvernement canadien ou d'un gouvernement provincial, et peut inclure les laboratoires associés qui relèvent de leur compétence.

L'expression « Méthodes normalisées ou équivalent » peut comprendre toute méthode publiée par un organisme de normalisation de méthodes tels; l'Association of Official Analytical Chemists (AOAC), le Bacteriological Analytical Manual (BAM) de la Food and Drug Administration américaine, l'American Public Health Association (APHA), l'International Commission on Microbiological Specification for Foods (ICMSF), la Fédération internationale de laiterie (FIL), l'Organisation internationale de normalisation (ISO), la Commission européenne, le USDA/FSIS, et autres organisations considérées acceptables par le CMM.

4. Exigences générales en matière de documentation requise pour les présentations des méthodes

Les exigences générales suivantes s'appliquent aux méthodes microbiologiques qualitatives et quantitatives. Même si les grandes lignes des exigences fondamentales sont décrites dans cette section, prière de consulter les parties 3 et 4 du présent document pour connaître les exigences particulières et détaillées qui s'appliquent respectivement aux méthodes quantitatives et qualitatives. Les exigences relatives aux méthodes qui détectent les virus et les parasites, ainsi que les analytes microbiens pour lesquels aucune méthode de référence n'existe, seront examinées en fonction de chaque cas.

Un ensemble complet de données doit accompagner la documentation présentée pour chaque méthode soumise à une évaluation. La soumission doit inclure les éléments suivants :

  1. Le titre de la méthode ou de la procédure;
  2. L'auteur de la méthode (le développeur de la méthode et/ou l'entreprise qui la met en marché);
  3. Le protocole complet de validation utilisé (voir la partie 2 du présent document qui présente les exigences particulières en matière de protocoles rédigés);
  4. Les données brutes détaillées présentées de préférence dans le format prescrit par Santé Canada (voir la partie 2 du présent document);
  5. Les données sommaires présentées dans le format prescrit par Santé Canada (voir la partie 2 du présent document);
  6. Une mention indiquant les catégories et les types d'aliments visés par la méthode soumise à l'étude.
  7. Santé canada peut demander des renseignements ou précisions supplémentaires.

4.1 Exigences générales en matière de données pour les présentations des méthodes qualitatives :

Les exigences suivantes s'appliquent aux méthodes microbiologiques qualitatives. Les exigences relatives aux méthodes qui détectent les virus et les parasites, ainsi que les analytes microbiens pour lesquels aucune méthode de référence n'existe, seront examinées en fonction de chaque cas.

L'auteur doit fournir les données provenant du plus grand nombre possible de sources, y compris les détails de chaque étude. Si des données sont présentées dans le format de l'AOAC, ne pas inclure les données positives fractionnelles dans le Tableaux de présentation de Santé Canada. Soumettre plutôt les données positives fractionnelles dans le format original de l'AOAC.

Soumission pour «aliments multiples »

Fournir les données obtenues à partir d'un d'un minimum de 60 échantillons positifs et 30 échantillons négatifs pour chaque catégorie d'aliment (produit laitier, viande crue, viande transformée, légumes, etc.) pour un total minimum de 360 positifs et négatifs associés (minimum de 180 négatifs), et ce, pour six (6) différents types de catégorie d'aliments, si applicable. La soumission doit mentionner les catégories et les types d'aliments (e.g.,Légumes: tomate, coriandre; Produits Laitiers: yogourt, fromages de lait cru, etc.). De plus, les échantillons environnementaux doivent être inclus pour toute soumission visant «aliments multiples et échantillons environnementaux ». Si possible, inclure au moins trois (3) types d'aliments pour chaque catégorie d'aliment particulière de telle façon à ce que l'auteur fournisse au moins 20 résultats positifs et 10 résultats négatifs pour chaque type d'aliment. Voir les exemples présentés dans la partie 2 du présent document.

Soumission pour une catégorie d'aliments

Par exemple, si la soumission vise uniquement les produits laitiers, fournir les données sur 60 échantillons positifs pour chacune d'au moins six (6) différents types d'aliments associés à cette catégorie s'il y a lieu (p. ex. fromage au lait cru, fromage fondu, crème glacée, yogourt, etc.). Voir les exemples présentés dans la partie 2 du présent document.

Si la méthode présentée cible uniquement des échantillons environnementaux, fournir les données requises pour la présentation d'une méthode qui traite d'une seule catégorie d'aliment (c.-à-d. un minimum de 60 positifs et 30 négatifs).

4.2 Exigences générales en matière de données pour les soumissions pour les méthodes quantitatives :

(Voir les détails présentés dans la partie 3)

4.2.1 Études de linéarité (étude de comparaison de méthodes)

Si la soumission est pour «aliments multiples » : fournir les données sur un minimum de cinq (5) catégories d'aliments à cinq (5) niveaux de concentration du microorganisme ciblé, répétées le même nombre de fois (c.-à-d. 5 à 10 fois) pour chaque niveau à partir d'échantillons contaminés naturellement, si possible, ou d'échantillons contaminés artificiellement, pour un total de 25 à 50 données pairées pour chaque catégorie d'aliments, analysées parallèlement par les deux (2) méthodes (méthode de référence par rapport à la méthode alternative).

Si la soumission est pour une seule catégorie d'aliment (y compris les échantillons environnementaux) : Par exemple, si la soumission vise uniquement des viandes transformées, fournir les données sur un minimum d'un (1) type d'aliment qui représente la catégorie sélectionnée pour cinq (5) concentrations du microorganisme ciblé, répétées le même nombre de fois (c.-à-d. 5 à 10 fois) pour chaque concentration d'échantillons contaminés naturellement, si possible, ou d'échantillons contaminés artificiellement, pour un total de 25 à 50 données pairées pour cette seule catégorie d'aliments, analysées parallèlement par les deux (2) méthodes (méthode de référence par rapport à la méthode alternative)

Les concentrations sélectionnées doivent couvrir uniformément tout l'éventail d'intérêt (c.-à-d. les limites réglementées pour les plans d'échantillonnage à 3 classes qui couvrent les valeurs « m » et « M »).

4.2.2 Limite de détection (LD) et limite de quantification (LQ)

Fournir les données relatives aux valeurs obtenues pour la limite de détection (LD) et la limite de quantification (LQ) ainsi que la procédure retenue pour évaluer ces valeurs.

4.2.3 Sélectivité (inclusivité/exclusivité)

Fournir les données relatives à la sélectivité de la méthode à l'aide de 30 souches positives ciblés par la méthode étudiée, pour évaluer l'inclusivité, et de 20 souches négatives non ciblés par la méthode étudiée, pour évaluer l'exclusivité.

Note: Ce critère ne s'applique pas aux méthodes de numération totale sur plaque ou pour toute autre méthode similaire qui cible une vaste sélection de microorganismes (voir le point 4.5).

4.2.4 Transférabilité

Fournir les données qui démontrent que la méthode a été transférée à un autre laboratoire, sans écart systématique appréciable (justesse), et avec précision (limite de confiance de 95 %).

4.2.5 Études interlaboratoires

La validation des méthodes quantitatives qui ciblent un analyte particulier (E. coli, S. aureus, coliformes, etc.) sur des échantillons inoculé artificiellement à des concentrations connues est réalisée à l'aide d'une étude collaborative et/ou d'une étude comparative. Dans ces situations, l'auteur doit présenter les données obtenues d'une étude collaborative à laquelle au moins huit (8) laboratoires ont participé, à l'aide d'échantillons artificiellement contaminés à trois (3) niveaux de concentration et analysés en double par les deux (2) méthodes pour un minimum de 48 données pairées (96 résultats). L'auteur doit calculer et fournir: (1) la précision relative, (2) l'écart-type de répétabilité, (3) l'écart-type de reproductibilité et (4) la comparaison des variances inter-laboratoires et intra-laboratoire.

Pour les méthodes qui évaluent la charge totale de contamination microbienne (p. ex. Dénombrement des colonies bactériennes aérobies, dénombrement des moisissures, dénombrement des bactéries sporulées totales), une approche plus générale, telle qu'une étude comparative, est préférable. Une étude comparative devrait idéalement comprendre au moins cinq (5) laboratoires. Ce nombre peut être réduit à trois (3) dans certaines circonstances (urgences, équipement dispendieux, etc). Si la soumission est pour tous les aliments, cinq (5) catégories d'aliments sont analysés, avec un minimum de 30 paires de résultats par catégorie d'aliments (méthode de référence/méthode alternative), réalisée de préférence à l'aide d'échantillons naturellement contaminés. L' l'auteur doit fournir une analyse des données des résultats qui démontre (1) une linéarité acceptable et (2) une équivalence des variances et des moyennes entre les deux (2) méthodes.

5. Catégories de procédures

5.1 Procédure de laboratoire :

Une procédure de laboratoire est une méthode qui n'est pas validée par une étude interlaboratoire ou qui n'est pas conforme aux attributs ou aux caractéristiques d'une méthode de la DGPS, mais qui peut être utilisée pour déterminer la conformité aux diverses normes et lignes directrices. Une procédure de laboratoire, désignée par le code « MFLP » et la date de publication qui figurent en haut à droite du document, est publiée dans le volume 3 du Compendium de méthodes analytiques.

Note: Les données de validation requises pour devenir une procédure MFLP sont décrites dans la section 4.

Les attributs d'une procédure de laboratoire sont les suivants :

  1. provient ou est évaluée au moyen de données analytiques produites dans un laboratoire du gouvernement canadien (ou équivalent; voir le point 3.8);
  2. est validée par au moins un autre laboratoire de la DGPSA ou de l'ACIA (ou équivalent ) ou que les données de validation ont été publiée dans un journal révisée par des pairs;
  3. est conforme à un format précis; un exemplaire de la méthode avec les données brutes et les sommaires justificatifs doit être fourni, révisé et accepté par le CMM avant de recevoir le statut de « procédure de laboratoire »; et
  4. le CMM juge qu'elle pourrait satisfaire aux normes appropriées d'une méthode réglementaire.

5.1.2 Les caractéristiques techniques des procédures de laboratoire qualitatives (Tableau 2) comprennent un degré approprié d'exactitude, de précision et de spécificité établit par au moins deux laboratoires (DGPSA ou ACIA) (ou l'équivalent)ainsi qu'une évaluation d'application pratique, compte tenu de son utilisation prévue. Les caractéristiques techniques ou les paramètres de performance d'une méthode qualitative doivent atteindre ou dépasser les critères suivants lorsqu'ils sont comparés à ceux d'une méthode normalisée ou de référence :

  1. Sensibilité relative ≥ 98 %
  2. Spécificité relative ≥ 90,4 %
  3. Taux de faux négatifs < 2,0 %
  4. Taux de faux positifs < 9,6 %
  5. Efficacité ≥ 94 %
  6. Niveau de détection : la méthode doit être comparable à la limite de détection de la méthode normalisée ou l'excéder (habituellement 3 à 5 ufc/25 g) ou doit être capable de détecter ≥ 3 ufc par g ou mL; chaque méthode sera comparée à ces critères dans chaque cas.
Note: Le volume 1 du Compendium de méthodes analytiques présente d'autres documents connexes sur l'élaboration interne ou la validation de méthodes établies.

5.1.3 Les caractéristiques techniques ou les paramètres de performance des méthodes quantitatives doivent être équivalents ou supérieurs aux éléments suivants, lorsqu'ils sont comparés à une méthode standard ou une méthode de référence :

  1. Linéarité : point d'intersection = 0 (l'estimation inclut la valeur zéro pour un niveau de confiance de 95 %)
    pente = 1 (l'estimation inclut la valeur un pour un niveau de confiance de 95 %)
  2. Sélectivité : Inclusivité > 98 % ( n = 30 souches)
    Exclusivité ≤10 % ( n = 20 souches)
  3. Niveaux réglementaires inclus dans l'intervalle étudiée.
  4. Transférabilité de la méthode réalisée à l'intérieur des limites prévues

5.2 Méthode de la DGPS :

Une méthode qui peut être utilisée pour déterminer s'il y a conformité à diverses normes et lignes directrices. Une méthode de la DGPS, désignée par le code « MFHPB » et la date de publication qui figurent en haut à droite du document, est publiée dans le volume 2 du Compendium de méthodes analytiques.

Note: La section 4 décrit les données de validation requises pour devenir une méthode MFHPB (c.-à-d. passer d'une procédure MFLP à une méthode MFHPB). Les données sont semblables aux données requises pour obtenir le statut MFLP, mais elles sont générées séparément des données utilisées pour obtenir le statut MFLP.

Une méthode de la DGPS est une méthode d'analyse entièrement validée et documentée.

Les attributs d'une méthode de la DGPS sont comme suit :

  1. provient ou est évaluée au moyen de données analytiques produites dans un laboratoire du gouvernement canadien (ou équivalent; voir le point 3.8)
  2. est validée au moyen d'un des éléments suivants :
    1. une étude comparative ou une étude collaborative (voir les points 3.7 et 4.2.5), à laquelle participent un minimum de 3 à 5 et jusqu'à 8 (quantitative) à 15 (qualitative) laboratoires indépendants; OU
    2. des processus d'élaboration de méthode opérationnelle (EMO) (voir le point 3.6); OU
    3. des données sur le rendement de la méthode recueillies à partir de sources variées sur une période de temps, y compris les publications scientifiques analysées par des pairs, et d'autres agences nommées au point 3.8;
  3. est conforme à un format précis; un exemplaire de la méthode avec les données brutes et les sommaires justificatifs doit être fourni, révisé et accepté par le CMM avant de recevoir le statut de « méthode de la DGPS »;
  4. est conforme, selon le CMM, aux normes appropriées d'une méthode réglementaire;
  5. doit être publiée comme Procédure de laboratoire pendant au moins un an (voir le Tableau 1 pour des détails supplémentaires sur la mise à niveau d'une procédure de laboratoire à une méthode de la DGPS).

5.2.1 Les caractéristiques techniques d'une méthode qualitative de la DGPS (Tableau 2) comprennent un degré approprié d'exactitude, de précision et de spécificité démontré par une étude interlaboratoire ainsi qu'une évaluation d'application pratique, compte tenu de son utilisation prévue. Les caractéristiques techniques ou critères de rendement doivent atteindre ou dépasser les critères suivants lorsqu'ils sont comparés à ceux d'une méthode normalisée ou de référence (normalement une méthode MFHPB ou MFO) :

Pour les méthodes qualitatives :

  1. Sensibilité relative ≥ 98 %
  2. Spécificité relative ≥ 90,4 %
  3. Taux de faux négatifs < 2,0 %
  4. Taux de faux positifs < 9,6 %
  5. Efficacité ≥ 94 %
  6. Niveau de détection : la méthode doit être comparable à la limite de détection de la méthode normalisée ou l'excéder (habituellement 3 à 5 ufc/25 g) ou doit être capable de détecter ≤ 3 ufc par g ou mL; chaque méthode sera comparée à ces critères dans chaque cas.

5.2.2 Pour les méthodes quantitatives :

Pour les études en collaboration :

  1. Linéarité : Vérification du modèle obtenu dans le cadre de l'étude de transférabilité

    point d'intersection = 0 (l'estimation inclut la valeur zéro pour un niveau de confiance de 95 %)
    pente = 1 (l'estimation inclut la valeur un pour niveau de confiance de 95 %)

  2. Justesse (Biais): pour chacune des trois (3) concentrations, les estimations d'écart de biais ne doivent démontrer aucune différence appréciable (niveau de confiance de 95 %)

  3. Les limites de reproductibilité et de répétabilité respectent le critère Horwitz. (Voir la référence 8.2)

  4. Les valeurs citées dans les règlements sont incluses dans la gamme étudiée.(Voir référence 8.5)

Pour les études comparatives :

  1. Linéarité acceptable (Xref = Yalt)

  2. Équivalence des variances entre les deux (2) méthodes démontrée à l'aide de la méthode ANOVA à α:0,05 (Voir référence 8.3) et:

  3. Écart acceptable de biais (non significatif) entre les deux (2) méthodes démontré à l'aide du test de T pairé à α:0,05 (voir référence 8.4)

5.3 Méthode officielle :

Définie à l'article A.01.010 du Règlement sur les aliments et drogues comme étant une méthode d'analyse ou d'examen désignée comme telle par le directeur pour usage dans l'application de la Loi et son Règlement d'application. Le directeur est le sous-ministre adjoint (article A.01.010). L'article A.01.010 énonce que le directeur doit, sur demande, fournir des exemplaires des méthodes officielles.

Une méthode officielle, désignée par le code « MFO » et la date de publication qui figurent en haut à droite du document, est publiée dans le volume 1 du Compendium de méthodes analytiques. Une méthode officielle a les mêmes attributs et caractéristiques techniques qu'une méthode de la DGPS (voir ci-dessus). Elle est toutefois plus concise, ne contient pas autant de détails qu'une méthode de la DGPS et ne prévoit pas d'étapes facultatives.

6. Énoncé de politique au sujet des méthodes microbiologiques dans les aliments utilisées par la direction générale des produits de santé et des aliments

En suivant les procédures décrites ci-dessous, le Bureau des dangers microbiens (BDM) cherche à instaurer graduellement la plus grande conformité possible avec les méthodes adoptées par des organisations de normalisation comme l'Association of Official Analytical Chemists (AOAC), le Bacteriological Analytical Manual (BAM) de la Food and Drug Administration (États-Unis), l'American Public Health Association (APHA),l'International Commission on Microbiological Specification for Foods (ICMSF), la Fédération internationale de laiterie (FIL) et l'Organisation internationale de normalisation (ISO), chaque fois que c'est compatible avec la sécurité du consommateur canadien.

La politique ci-dessus a été adoptée pour les raisons suivantes :

  1. Les organisations susmentionnées sont pour la plupart des organisations internationales dont les méthodes sont distribuées et utilisées dans le monde entier.
  2. Bon nombre de méthodes de l'AOAC sont actuellement utilisées aux États-Unis et au Canada par des organismes des secteurs de la santé publique et de l'agriculture chargés de la salubrité des aliments.
  3. Le gouvernement du Canada veut supprimer, lorsque cela convient, les obstacles au libre-échange, y compris les différences au niveau des méthodologies. La politique énoncée ci-dessus est conforme à ce but.
  4. La DGPSA et le BDM participent activement aux travaux de l'AOAC et d'autres organismes et appuient leurs objectifs depuis plus de trois décennies.
  5. Les méthodes de l'AOAC sont déjà répandues au Canada, particulièrement dans les domaines de la chimie et de la nutrition. Dans le secteur de compétences du BDM, les méthodes de l'AOAC sont utilisées pour la détection des matières étrangères dans les aliments et des toxines paralysantes dans les mollusques.
  6. Plusieurs scientifiques du BDM participent activement aux travaux du Comité des méthodes de microbiologie de l'AOAC, ce qui permet aux scientifiques du BDM de soumettre des méthodes qu'ils ont mises au point pour validation dans le cadre d'études en collaboration de l'AOAC et adoption comme méthode finale officielle. Le groupe participe également aux travaux de la CIDCMA, de l'ISO et de l'APHA.

Les méthodes provenant d'autres organismes de normalisation seront acceptées comme procédures de laboratoire (MFLP), si les critères du CMM sont respectés, et selon les besoins, la validation normale suivra, et ce, jusqu'à des niveaux plus élevés (méthodes de la DGPS (MFHPB).

7. Comité des méthodes microbiologiques

7.1 Le Comité des méthodes microbiologiques (CMM) :

L'acronyme CMM sous-entend l'ensemble des membres du Comité qui comporte deux (2) composantes, notamment le Comité directeur (CD) et les groupes techniques (GT). Santé canada et l'Agence canadienne d'inspection des aliments sont représentés au sein du CD et des GT. Pour obtenir de plus amples renseignements, prière de consulter les « Attributions » publiées dans le volume 1 de ce Compendium.

Le regroupement de tous les services fédéraux d'inspection des aliments en une seule agence fédérale d'inspection des aliments a renforcé la responsabilité de Santé Canada dans le domaine des activités portant sur la salubrité des aliments, y compris l'élaboration et la distribution des méthodes d'analyse. Le CMM est constitué de spécialistes gouvernementaux fédéraux.

Le CMM est chargé de fournir des méthodes d'analyse microbiologique d'aliments pour appuyer le mandat de SC et de l'ACIA au chapitre de la surveillance de la salubrité de l'approvisionnement alimentaire canadien, en toute conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son Règlement d'application, les lignes directrices, les activités de collecte de données, les bonnes pratiques de fabrication et le système d'analyse des dangers et maîtrise des points critiques (Hazard Analysis Critical Control Point - HACCP). Le CMM joue un rôle actif dans l'harmonisation des méthodes et la coordination des études qui portent sur les méthodes telles que les activités de collecte de données, les enquêtes et les activités HACCP. Les rôles précis du CMM dans le domaine de l'élaboration de méthodes sont décrits dans le "Cadre de référence" qui sera publié dans le volume 1 du Compendium.

7.2 Groupes techniques :

Les groupes techniques (GT) sont des comités créés de façon ponctuelle par le CMM pour examiner les données, les méthodes et les documents publiés et pour formuler des recommandations au CMM sur une méthode ou une question particulière. Les GT peuvent être composés de spécialistes de SC, de l'ACIA et d'autres organisations.

8. Références :

8.1 International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC). 1997. Compendium on Analytical Nomenclature. Third Edition.

8.2 Horwitz, W and R. Albert. 2006. The Horwitz Ratio (HorRat): a useful index of method performance with respect to precision. J AOAC Int. 89:1095-109.

8.3 ISO 2854:1976 Interprétation statistique des données -Techniques d'estimation et tests portant sur des moyennes et des variances. Norme internationale.Organisation internationale de normalisation. Genève. Secrétariat central de l'ISO. Case Postale 56 CH-1211. Genève 20. Suisse

8.4 ISO 3301:1975 Interprétation statistique des données -- Comparaison de deux moyennes dans le cas d'observations appariées. Norme internationale.Organisation internationale de normalisation. Genève. Secrétariat central de l'ISO. Case Postale 56 CH-1211. Genève 20. Suisse

8.5 DGPSA. 2006. Normes et lignes directrices de la direction générale des produits de santé et des aliments (DGPSA) sur l'innocuité microbiologique des aliments - sommaire explicatif du Volume 1: Compendium de méthodes. Ottawa. http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/res-rech/analy-meth/microbio/volume1/intsum-somexp-fra.php

Tableau 1. But de la publication d'une méthode MFLP avant sa mise à niveau comme méthode MFHPB.

La publication d'une méthode MFLP au moins un an dans le Compendium de méthodes analytiques1 vise à déterminer si la méthode fonctionnera de manière satisfaisante dans diverses conditions d'utilisation (telles que l'environnement, l'endroit et le changement de personnel) qui ne sont normalement pas prises en considération lors d'une étude en collaboration.

Cette approche est particulièrement importante dans les scénarios suivants :

  1. lorsque l'étude de validation est réalisée à l'aide d'échantillons qui ne sont pas inclus dans la Loi sur les aliments et drogues ou d'autres normes et règlements;
  2. lorsqu'une variété réduite de matrices est utilisée;
  3. lorsque la portée de l'étude initiale ne couvre pas l'« application » de la méthode;
  4. lorsqu'il y a toute question à savoir si tous les critères du statut de la méthode de la DGPS ont été respectés;
  5. lorsque la méthode a été validée par un nombre limité de laboratoires.
  6. lorsque plus de 75 % des échantillons utilisés dans l'étude en collaboration sont artificiellement contaminés.

Au besoin, le CMM orientera l'auteur de la méthode en indiquant les besoins ou les exigences spécifiques nécessaires à la mise à niveau de la méthode à un statut supérieur.

Tel qu'applicable après la publication d'un an, le CMM examinera l'information et les données recueillies au cours de cette année pour déterminer si la MFLP respecte tous les critères pour devenir une méthode MFHPB. Toute donnée supplémentaire générée sera examinée dans chaque cas par le CMM.

Tableau 2. Exemple de calcul des critères pour une méthode qualitative

N
O
U
V
E
L
L
E

M
É
T
H
O
D
E

Méthode standard
  Positifs Négatifs
Positifs A
(360)
B
(38)
Négatifs C
(0)
D
(400)

Les valeurs d'exemple sont entre parenthèses ci-dessus.

  1. le nombre d'échantillons trouvés positifs par les deux méthodes

  2. le nombre d'échantillons trouvés positifs par la « nouvelle méthode », mais négatifs par la « méthode standard»

  3. le nombre d'échantillons trouvés positifs par la « méthode standard », mais négatifs par la « nouvelle méthode»

  4. le nombre d'échantillons trouvés négatifs par les deux méthodes
Sensibilité relative : A
_____
360
____
= 100 %
  (A+C) 360  
   
Spécificité relative : D
_____
400
____
= 91,3 %
  (B+D) 438  
   
Taux de faux positifs : B
_____
38
____
= 8,7 %
  (B+D) 438  
   
Taux de faux négatifs : C
_____
0
____
= 0 %
  (A+C) 360  
   
Efficacité : A+D
__________
760
____
= 95,2 %
  (A+B+C+D) 798  

1 Publié sur le site Web de la Direction des aliments (Santé Canada) à http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/index-fra.php