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Aliments et nutrition

Questions et réponses sur la présence de mercure dans le poisson

Consigne de consommation

Thon en conserve

Bienfaits pour la santé de la consommation de poisson

Risques pour la santé de l'exposition au mercure

Perspective scientifique

Perspective réglementaire

Consigne de consommation

Pourquoi Santé Canada a-t-il mis à jour sa consigne concernant la présence de mercure dans le poisson?

Le réexamen des habitudes de consommation de poisson au Canada et des consignes de consommation entrepris en 2004 par Santé Canada a permis de conclure à la nécessité d'une révision de la démarche de gestion du risque que comporte la présence de mercure dans le poisson offert sur le marché. Cette conclusion est fondée en grande partie sur les nouvelles données recueilles par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et par Santé Canada sur les concentrations de mercure présent dans le poisson en vente au Canada, de même que sur le réexamen exhaustif des habitudes de consommation de poisson au Canada. La nécessité de souligner les avantages nutritionnels que comporte la consommation de poisson dans le cadre de la consigne de Santé Canada a aussi été établie. Des réexamens semblables de la gestion du risque que comporte la présence de mercure dans le poisson ont aussi été menés par d'autres organismes internationaux.

En quoi la consigne de consommation consiste-t-elle?

La consigne recommande aux Canadiens de limiter leur consommation de thon frais/congelé, de requin, d'espadon, d'escolier, de marlin et d'hoplostète orange. En règle générale, vous pouvez consommer jusqu'à 150 g par semaine de ces espèces de poissons combinées. Cependant, les femmes enceintes, celles qui prévoient le devenir et les mères qui allaitent doivent en limiter leur consommation maximale à 150 g par mois. Les jeunes enfants âgés de 5 à 11 ans peuvent en consommer jusqu'à 125 g par mois. Les très jeunes enfants âgés de 1 à 4 ans devraient limiter leur consommation de ces espèces de poissons à 75 g par mois.

Une consigne distincte est exclusivement applicable au thon blanc en conserve. Cette consigne ne s'applique pas au thon pâle en conserve. Les femmes enceintes ou qui prévoient le devenir et les femmes qui allaitent peuvent consommer jusqu'à 300 g (quatre portions telles que déterminées par le Guide alimentaire) par semaine de thon blanc en conserve. Ceci équivaut à environ deux conserves de 170 g de thon blanc par semaine. Les enfants âgés de 5 à 11 ans peuvent en consommer 150 g (deux portions ou environ une conserve de 170 g par semaine) et les enfants âgés de 1 à 4 ans peuvent en consommer 75 g (une portion ou environ 1/2 conserve de 170 g par semaine). Prenez note qu'une fois égouttée, une conserve de 170 g de thon contient environ 120 g de chair de thon.

Dans les médias, j'ai entendu parler de l'escolier. Quel est le problème?

À l'état naturel, l'escolier contient une huile qui n'est pas digestible. Lorsqu'elle est ingérée, l'huile parcourt le tractus gastrointestinal sans être altérée. Ceci peut entraîner des effets à court terme, dont la nausée, une diarrhée huileuse et des crampes. Bien qu'aucun effet à long terme sur la santé n'ait été observé, la consommation de l'escolier peut se révéler plus préoccupante pour les gens atteints de certains troubles de la santé (p. ex., du syndrome du côlon irritable). Ainsi, les gens qui aiment consommer de l'escolier pourraient envisager la possibilité de restreindre la taille de la portion. La feuille d'informaiton de Santé Canada sur l'escolier et le site web de Le lien suivant vous amène à une autre site Web Le mercure dans l'environnement de l'Agence canadienne d'inspection des aliments présente plus d'information à ce sujet.

La consigne concerne les enfants âgés de 1 à 11 ans. Qu'en est-il des enfants âgés de moins de 1 an?

Les enfants âgés de moins de 1 an sont aussi concernés par la consigne, bien qu'il soit peu probable qu'un enfant en aussi bas âge consomme suffisamment de poisson pour être exposé à une quantité de mercure inacceptable. Si vous décidez d'offrir l'un des poissons apparaissant dans la consigne à votre enfant de moins de 1 an, faites-en sorte que la quantité soit inférieure à 40 g par semaine de thon blanc en conserve (juste un peu plus de la moitié de la portion hebdomadaire selon le Guide alimentaire) ou moins de 40 g par mois de tous les autres types de poissons énumérés dans la consigne (thon frais/congelé, requin, espadon, marlin, hoplostète orange et escolier).

D'autres types de poissons font-ils l'objet d'une consigne de consommation?

Outre le thon frais/congelé, le requin, l'espadon, l'escolier, le marlin, l'hoplostète orange et le thon blanc en conserve, aucun autre type de poissons vendu au détail au Canada ne fait l'objet d'une quelconque recommandation quant à une limite de consommation [link to advice page]. Il est recommandé que les Canadiens adoptent une alimentation équilibrée en choisissant une variété d'aliments sains, dont le poisson, et ce, conformément au Guide alimentaire canadien.

Des consignes ont-elles été publiées pour la pêche récréative (sportive).

La responsabilité de la pêche sportive est habituellement assumée par les gouvernements provinciaux et territoriaux, bien qu'à l'intérieur des parcs fédéraux, la pêche sportive relève de la responsabilité de Parcs Canada. Si vous prévoyez consommer du poisson issue de la pêche récréative, consultez l'autorité gouvernementale compétente pour être informé de l'existence éventuelle d'une quelconque consigne de consommation à l'égard du lac ou de la rivière où le poisson a été pêché. Le lien suivant vous amène à une autre site WebEnvironnement Canada maintient sur le Web une Liste des autorités responsables de la mise en oeuvre des consignes de consommation concernant le poisson dans chaque province et territoire.

Pourquoi les consignes diffèrent-elles d'un pays à l'autre?

La consigne de consommation de poisson varie d'un pays à l'autre, car les habitudes de consommation et les espèces consommées peuvent différer d'un endroit à l'autre. Les consignes de consommation peuvent aussi tenir compte d'autres mesures mises en oeuvre pour protéger les consommateurs telles que l'établissement d'une concentration maximale de contaminants et des mécanismes d'application. La consigne de Santé Canada est fondée sur la plus récente information liée au contexte canadien. Cette information fait l'objet de révisions et de mises à jour régulières afin de rendre compte de toute nouvelle information recueillie par les scientifiques de Santé Canada. Cependant, la consigne de consommation générale demeure cohérente entre les divers organismes de réglementation : en faisant des choix éclairés, les gens peuvent profiter des bienfaits pour la santé que procure la consommation de poisson.

De quelle façon Santé Canada fait-il en sorte que les Canadiens soient informés de la mise à jour d'une consigne?

La consigne mise à jour publiée en 2007 a été diffusée par l'entremise de diverses associations professionnelles du domaine de la santé provinciales, territoriales et fédérales, dont : la Société canadienne de pédiatrie, la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, Les diététistes du Canada, l'Association des médecins canadiens et ses contreparties provinciales et territoriales, le Collège des médecins de famille du Canada, l'Association des infirmières et infirmiers du Canada, Practical Nurses Canada, l'Association canadienne des sages-femmes, l'Association canadienne des docteurs en naturopathie et la Chinese Medicine and Acupuncture Association of Canada.

La consigne est présentée sur le site Web de Santé Canada et l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a publiée sur son site Web une Fiche de renseignements intitulée Le mercure et la Le lien suivant vous amène à une autre site Web consommation de poisson. Également, en plus de leur avoir communiqué l'information, les fonctionnaires de Santé Canada ont accordé des entrevues dans les médias.

Un poisson peut-il être désigné par plus d'un nom commun?

Oui. Les mêmes espèces de poissons peuvent être désignées par des noms différents, et ce, par divers groupes, organismes, compétences ou pays. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a rédigé une Le lien suivant vous amène à une autre site Web Liste des poissons qui présente les noms communs et scientifiques d'espèces de poissons données.

Pourquoi une consigne particulière est-elle publiée à l'intention des femmes en âge de procréer et des jeunes enfants?

Le méthylmercure qui pénètre dans l'organisme de la femme peut passer au foetus en développement par le sang maternel, en traversant le placenta. La consigne de consommation pour les femmes enceintes, celles qui prévoient le devenir et les jeunes enfants est plus restrictive que pour la population en général, car le foetus en développement et les enfants en bas âge sont considérés comme étant plus vulnérables que les adultes aux effets indésirables du méthylmercure sur la santé.

Que faire si j'ai consommé des poissons faisant l'objet de la consigne en quantité supérieure aux quantités recommandées?

Des facteurs de sécurité et des hypothèses conservatrices ont été incorporés à la consigne de consommation. Si vous consommez occasionnellement des quantités supérieures aux quantités recommandées des poissons apparaissant sur la liste de la consigne de consommation, votre exposition au mercure présent dans le poisson demeurera inférieure à la concentration qui serait considérée non sécuritaire, et ce, même pour un enfant à naître. Prenez note que le Guide alimentaire canadien recommande la consommation d'au moins deux portions de poisson par semaine.

Pourquoi le saumon ne fait-il pas l'objet de la consigne? Dans les médias, j'en ai beaucoup entendu parler.

Dans le tissu musculaire du saumon, la concentration de mercure est très faible. Les résultats d'études distinctes ont permis d'y déceler d'autres substances chimiques telles que des byphényles polychlorés (BPC), et ce, tant dans le saumon sauvage que dans le saumon d'élevage. On peut trouver ces substances chimiques dans la plupart des poissons et dans de nombreux autres aliments, mais les faibles concentrations détectées ne se révèlent pas préoccupantes sur le plan de la santé humaine.

Thon en conserve

Pour la population en général, aucune consigne n'a été publiée concernant le thon blanc en conserve. La population en général devrait-elle se préoccuper des quantités de thon blanc en conserve qu'elle consomme?

Certaines personnes tentant activement d'augmenter la quantité de protéines dans leur alimentation considèrent le thon comme une source de protéines pratique, offerte à prix modique. Si le thon blanc en conserve constitue votre principale source de protéines, vous devriez envisager d'en réduire la quantité que vous consommez. Un adulte faisant partie de la « population en général » peut consommer jusqu'à 10 portions du Guide alimentaire par semaine (six conserves de 170 g) de thon blanc en conserve (à la condition qu'il ne consomme aucun des poissons ichtyophages apparaissant sur la liste de la consigne de Santé Canada). Cependant, la meilleure stratégie consiste à diversifier les sources de protéines que l'on consomme au cours de la semaine. Conformément aux recommandations du Guide alimentaire canadien, Santé Canada suggère aux Canadiens de consommer une variété d'aliments provenant de sources diverses.

La consigne concerne-t-elle le thon blanc vendu en sachets sous vide?

La consigne s'applique à tous les produits de thon blanc prêts-à-manger, peu importe la taille et le type d'emballage. C'est en conserves de 170 g que le thon blanc est le plus fréquemment vendu, mais d'autres formats sont aussi offerts. Le thon précuit est aussi vendu en sachets scellés sous vide.

Pourquoi des recommandations ont-elles été formulées à l'égard du thon blanc en conserve, mais non pour les autres types de thons en conserve?

Généralement, la concentration de mercure présent dans tous les produits de thon en conserve, y compris le thon blanc, est inférieure à la norme canadienne de 0,5 ppm de mercure total. Cependant, certaines personnes consomment du thon en conserve aussi fréquemment que quotidiennement. Si ces consommateurs fréquents de thon en conserve choisissent régulièrement le thon blanc en conserve, leur exposition au mercure peut atteindre des taux inacceptables. Le thon « pâle » en conserve ne suscite pas les mêmes préoccupations, car celui-ci contient moins de mercure que le thon blanc en conserve. Diverses espèces peuvent porter l'étiquette thon « pâle », y compris le listao, le thon à nageoires jaunes et le thon mignon. Il est important de noter que l'appellation anglophone du thon blanc est « albacore ». L'utilisation de la terminologie « albacore » en français peut se référer à une autre espèce de thon à plus faible teneur en mercure : le thon à nageoires jaunes. Il est important de prêter attention à l'étiquette du produit afin de distinguer les deux sortes.

Pourquoi la consigne de consommation concernant le thon frais/congelé est-elle différente de la consigne concernant le thon en conserve?

En général, le thon utilisé dans les produits en conserve est plus jeune et de plus petite taille. Par conséquent, il contient généralement considérablement moins de mercure que le thon de plus grande taille vendu frais et congelé.

Pourquoi avoir publié une consigne de consommation concernant le thon à nageoires jaunes frais/congelé, mais non concernant le thon à nageoires jaunes en conserve?

Certaines données permettent de présumer que les darnes de thon à nageoires jaunes contiennent des quantités moindres de mercure que d'autres espèces de thons vendues fraîches ou congelées telles que le thon obèse. Comme les données canadiennes sont insuffisantes à l'égard du thon à nageoires jaunes frais/congelé et qu'il n'est pas toujours possible de connaître les espèces de thons fraîches/congelées que vous achetez à la poissonnerie, la consigne est maintenue pour tous les thons frais/congelés.

Bienfaits pour la santé de la consommation de poisson

Devrais-je cesser de consommer du poisson?

Non, en faisant des choix éclairés quant aux types de poissons que vous consommez, de même qu'à votre fréquence de consommation, l'exposition au mercure par le poisson peut être réduite au maximum tout en profitant des bienfaits pour la santé liés à la consommation de poisson.

Quels sont les avantages nutritionnels de la consommation de poisson?

La plupart des poissons contiennent certains acides gras à longue chaîne oméga-3, soit de l'acide eicosapentaénoïque (AEP) et de l'acide docosahexaénoïque (ADH). De récentes données probantes permettent de présumer que l'apport en AEP et en ADH associé à la consommation de poisson peut contribuer au maintien d'une saine fonction cardiaque. La consommation de poisson a aussi été associée à la réduction du risque de mort cardiaque subite chez les personnes apparemment en bonne santé et des données probantes indiquent que la consommation de poisson par les femmes enceintes et les femmes qui prévoient le devenir favorise le développement normal du cerveau et des yeux chez le foetus.

Certains types de poissons contiennent des concentrations plus élevées de ces bienfaisants acides gras que d'autres. Les poissons et les mollusques et crustacés qui contiennent des concentrations plus élevées de ces acides gras tout en présentant une faible concentration de mercure sont les suivants : anchois, capelan, omble, merlu, hareng, maquereau, meunier noir, goberge, saumon, éperlan, truite arc-en-ciel, corégone, crabe, crevette, palourde, moule et huître.

Tous les poissons constituent également une source importante de vitamine D et enrichissent l'alimentation de précieux nutriments minéraux tels que le sélénium, l'iode, le magnésium, le fer et le cuivre.

La consommation de poisson procure-t-elle des bienfaits à mon enfant à naître?

Oui. Les études permettent de présumer que la consommation régulière de poisson contribue au développement du foetus et des jeunes enfants. En limitant l'exposition au mercure, les bienfaits de la consommation de poisson se trouvent accrus. Ainsi, mettez au menu des types de poissons contenant une faible concentration de mercure afin de profiter au maximum de la consommation de poisson pendant la grossesse

Si j'allaite, puis-je consommer du poisson?

Oui. Puisque la concentration de mercure dans le lait maternel est faible, les nourrissons allaités ne sont pas considérés à risque. Santé Canada fait la promotion de l' allaitement maternel en tant que meilleure façon qui soit de combler les besoins nutritionnels, immunologiques et affectifs pour la croissance et le développement du nourrisson. Les mères qui allaitent devraient se conformer à la consigne de consommation de poisson rédigée par Santé Canada et, dans les cas où le poisson issue de la pêche sportive est consommé, à toute consigne yant été publiée par l'autorité gouvernementale responsable (habituellement provinciale ou territoriale). Environnement Canada maintient une liste des ressources et des personnes-ressources à l'égard des consignes à l'échelle du Canada pour Le lien suivant vous amène à une autre site Web Le mercure dans l'environnement.

Risques pour la santé de l'exposition au mercure

Quels sont les effets de l'exposition au méthylmercure, la forme de mercure la plus préoccupante?

Une vaste gamme d'effets néfastes sur la santé a été observée chez l'humain à la suite d'une exposition au méthylmercure. La gravité de ceux-ci dépend en grande partie de l'ampleur de la dose et de la durée de l'exposition. L'altération des fonctions des systèmes nerveux central et périphérique constitue les effets prédominants de l'exposition au mercure sur la santé humaine. Par exemple, une exposition élevée au méthylmercure chez le foetus ou chez le jeune enfant peut entraîner la régression du Q. I., des retards dans l'apprentissage de la marche et du langage, une coordination déficiente, la cécité et les attaques. Chez l'adulte, une exposition excessive au méthylmercure peut entraîner des changements de la personnalité, des tremblements, des modifications de la vision, la surdité, la perte de sensibilité et de coordination musculaires, la perte de la mémoire, une détérioration mentale et, dans les cas très extrêmes, le décès.

Une faible exposition à long terme et une exposition élevée à court terme entraînent-elles les mêmes effets sur la santé?

À la différence de l'exposition au méthylmercure intense et à court terme, une exposition à long terme (chronique) et à faible dose peut ne pas provoquer des symptômes aisément observables. Les risques possibles que comporte une faible exposition à long terme au méthylmercure (par exemple, les effets possibles sur la santé cardiovasculaire) peuvent être neutralisés par les avantages nutritionnels de la consommation de poisson.

Le foetus en développement est très sensible à l'exposition (aiguë) à long terme au méthylcure. L'exposition foetale au méthylmercure peut affecter le développement du système nerveux à des doses beaucoup plus faibles que chez les adultes. Les résultats d'études épidémiologiques, y compris d'études récentes chez les populations consommant du poisson aux Seychelles et dans les îles Féroé, ont démontré que l'exposition au méthylmercure peut exercer des effets subtils sur la motricité fine, sur la durée d'attention, sur l'apprentissage verbal chez les enfants exposés au méthylmercure in utero.

Une exposition au mercure excessive a-t-elle été déterminée?

Pas nécessairement. Les doses journalières admissibles (DJA) de méthylmercure qui sont fondées sur l'exposition par voie orale sont établies à l'égard des contaminants alimentaires par Santé Canada et par d'autres organismes internationaux. La définition de la DJA est la suivante : la quantité d'une substance chimique à laquelle un individu peut être exposé sur une base journalière pendant la vie entière sans courir de risque important pour sa santé ni d'effets nocifs sur ce plan. Santé Canada a établi une DJA de 0,2 microgrammes par kilogramme de poids corporel par jour (0,2 μg/kg p.c./jour) à l'égard du méthylmercure pour les femmes en âge de procréer, les femmes enceintes et les jeunes enfants Santé Canada emploie la DJA de méthylmercure pour les adultes de la population en général qui a été établie par le comité mixte FAO/OMS d'experts des additifs alimentaires (JECFA), laquelle est de 0,46 microgrammes par kilogramme de poids corporel par jour (0,47 μg/kg p.c./jour).

Perspective scientifique

Qu'est-ce que le mercure?

Le mercure (symbole chimique Hg) est un métal d'origine naturelle présent dans le sol, dans les pierres et dans les plans d'eau. Il peut aussi être libéré dans l'environnement par l'activité humaine, dont par la production d'énergie au charbon, par l'exploitation de mines métalliques et par l'incinération des déchets. Le mercure existe sous trois formes chimiques distinctes : le mercure élémentaire (Hg ou Hg 2+), le mercure inorganique (combiné à des éléments tels que le soufre, le chlore ou l'oxygène) et organique (combiné au carbone ou à l'hydrogène).

En quoi le méthylmercure diffère-t-il des autres formes de mercure?

Le méthylmercure est une forme de mercure organique qui est très toxique à des taux d'exposition élevés. Le méthylmercure est la forme de mercure la plus courante dans le poisson et dans certains types de poisson, celui-ci est présent en concentrations potentiellement dommageables pour la santé humaine. Chez l'humain, le méthylmercure est facilement absorbé dans le courant sanguin; il est disséminé à l'échelle de l'organisme et concentré en certains points tels que le cerveau et chez la femme enceinte, le foetus en développement.

Le mercure n'est-il présent que dans le poisson?

Des traces de mercure ont été mesurées dans une vaste variété d'aliments, dont les produits laitiers, les viandes, la volaille, les oeufs, les pâtes alimentaires, les fruits et les légumes. Cependant, les concentrations de mercure que contiennent ces aliments sont très faibles par rapport aux concentrations de mercure décelées dans le poisson. Ainsi, ces aliments ne contribuent que pour une petite part à la présence de mercure dans l'alimentation. La consommation de certains types de poissons constitue la source la plus courante de l'exposition humaine au mercure.

Pourquoi certains poissons contiennent-ils davantage de mercure que d'autres?

Bien que les concentrations soient plus élevées dans certains poissons, des traces de mercure, dans une grande proportion sous la forme de méthylmercure, peuvent être détectées dans presque toutes les espèces de poissons. C'est en s'alimentant de plantes et d'autres organismes contenant du méthylmercure que le méthylmercure est bioaccumulé dans les tissus musculaires du poisson. Par la suite, le méthylmercure est bioamplifié tout au long de la chaîne alimentaire lorsque les prédateurs tels que les poissons ichtyophages (les poissons s'alimentant d'autres poissons) consomment des organismes qui ont déjà bioaccumulé du méthylmercure dans leurs tissus musculaires. Au fil du temps, la concentration tissulaire de méthylmercure du poisson, et plus particulièrement des prédateurs situés à l'extrémité de la chaîne alimentaire qui consomment régulièrement des proies contenant du méthylmercure, devient plus élevée que celle de leur proie et de leur environnement. Le requin et l'espadon constituent des exemples de poissons ichtyophages au sommet de la chaîne alimentaire qui contiennent des concentrations élevées de méthylmercure.

Quelles sont les concentrations de mercure dans le poisson?

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) exerce une surveillance de routine des concentrations de mercure de nombreuses espèces de poissons dans les usines de transformation de poisson, et ce, avant que le poisson soit livré sur le marché commercial. Évaluation des risques pour la santé liés au mercure présent dans le poisson et bienfaits pour la santé associés à la consommation de poisson.

Quels sont les poissons contenant de très faibles concentrations de mercure?

Les mollusques et crustacés (par exemple, les huîtres, les palourdes, les pétoncles et les moules), le saumon, le crabe, les crevettes, la truite, le hareng, l'aiglefin, le goberge, la sole, la plie, le homard, le maquereau et le corégone constituent les produits de la pêche contenant généralement de très faibles concentrations de mercure.

La cuisson réduit-elle la quantité de mercure dans le poisson?

Aucune méthode de cuisson courante (par exemple, la friture, le pochage et la grillade) ne réduit la concentration de mercure total dans le poisson. Le mercure est lié aux protéines dans le tissu musculaire du poisson et il ne peut être éliminé par la cuisson.

Perspective réglementaire

Des normes ont-elles été établies (limites maximales) en matière de quantité de mercure permise dans le poisson vendu au détail?

Au Canada, une norme (limite maximale) de 0,5 parties par million (ppm) de mercure total, et comportant trois exceptions, est en vigueur depuis plusieurs années à l'égard du poisson vendu au détail. Récemment, Santé Canada a apporté un changement mineur à cette norme et a mis en oeuvre une norme à deux volets à l'égard du mercure total dans le poisson vendu au détail. Maintenant, une norme de 0,5 ppm de mercure total est en vigueur pour tous les poissons vendus au détail (y compris, pour tous les produits de thon en conserve) à l'exception du thon frais/congelé, du requin, de l'espadon, de l'escolier, du marlin et de l'hoposplète orange. Une norme de 1,0 ppm de mercure total a été établie pour le thon, le requin, l'espadon, l'escolier, le marlin et l'hoposplète orange et ces poissons font également l'objet d'une consigne de consommation. Ces deux normes sont appliquées par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

Pourquoi existe-t-il deux normes distinctes en matière de présence de mercure dans le poisson?

Dans la majorité des espèces de poissons vendues sur le marché, les scientifiques de Santé Canada et de l'ACIA continuent à déceler des concentrations de mercure total inférieures à la norme de 0,5 ppm instaurée en 1970. Cependant, certaines variétés de poisson ichtyophages (s'alimentant de poissons) contiennent généralement davantage de mercure total que la norme de 0,5 ppm. Bien que ces types de poissons présentent des concentrations de mercure plus élevées, ils sont habituellement consommés moins fréquemment que d'autres types de poissons et par conséquent, ceux-ci ne sont pas considérés comme des sources significatives de mercure dans l'alimentation moyenne. Plutôt qu'en interdire la vente, les poissons ichtyophages, soit le thon frais/congelé ( excluant le thon en conserve), le requin, l'espadon, l'escolier, le marlin et l'hospoplète orange peuvent être vendus à la condition qu'ils contiennent moins de 1,0 ppm de mercure total. Ces poissons font aussi l'objet d'une consigne de consommation.

Pourquoi la norme est-elle fondée sur le mercure total alors que c'est le méthylmercure qui constitue une source de préoccupation?

Le mercure total est la somme de toutes les formes chimiques de mercure, y compris le méthylmercure. L'analyse du contenu de mercure total des tissus du poisson est moins coûteuse que l'analyse des formes chimiques individuelles du mercure telles que le méthylmercure. Comme les tissus du poisson sont généralement analysés pour détecter le mercure total, Santé Canada a conçu des normes fondées sur les concentrations de mercure total. Cette démarche est acceptable puisque que la majeure partie du mercure présent dans le poisson revêt la forme de méthylmercure.

Qu'advient-il du poisson qui ne satisfait pas aux normes?

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) soumet régulièrement les poissons et les mollusques et crustacés des usines de transformation de poisson à des tests pour déterminer s'ils satisfont aux normes canadiennes en matière de mercure total. Si un poisson contient des concentrations de mercure supérieures aux concentrations permises par les normes, d'autres tests sont effectués sur le poisson d'un même lot. La vente du poisson qui ne satisfait pas aux normes canadiennes en matière de mercure total est interdite au Canada.

Pour davantage de Q et R sur le mercure, voir Le Mercure - Votre santé et l'environnement