Une demande a été envoyée concernant l'irradiation des crevettes préemballées1 fraîches, congelées, préparées et déshydratées. Le terme "crevette" comprend toutes les espèces comestibles de crevettes.
Division de l'évaluation de danger des produits chimiques pour la santé, Bureau d'innocuité des produits chimiques (Division en charge de la coordination ; évalue également la sécurité toxicologique, l'innocuité chimique et les parties reliées à la dosimétrie dans les demandes)
Division d'évaluation, Bureau des dangers microbiens (évalue les aspects relatifs à l'efficacité et à la sécurité microbienne)
Division d'évaluation en nutrition, Bureau des sciences de la nutrition (évalue les effets nutritionnels)
Le but de l'irradiation est premièrement de prolonger l'entreposage sous froid des crevettes, d'éliminer ou de réduire fortement les bactéries pathogènes pouvant être présentes dans les crevettes transformées et emballées et de réduire ou d'éliminer en même temps les bactéries qui provoquent la détérioration des aliments.
La source proposée de rayonnement ionisant (gamma) est le cobalt 60.
Les doses proposées par le requérant se présentent comme suit :
La demande de procéder à l'élimination ou à une forte réduction de bactéries pathogènes a été évaluée selon une étude effectuée dans des conditions commerciales où les crevettes congelées étaient utilisées (-18°C).
Il s'est avéré difficile de tirer des conclusions à partir de cette étude portant sur l'efficacité de l'irradiation dans la réduction des bactéries pathogènes, car la vérification des crevettes congelées indiquait en fait qu'elles étaient au départ sans bactéries pathogènes.
Bien que les preuves de la documentation citées comme source de référence appuient l'efficacité de l'irradiation dans l'élimination des bactéries pathogènes et dans la prolongation de la durée de conservation, très peu de ces données ont été recueillies dans des conditions véritables de production commerciale. Le requérant a abordé ces préoccupations et ces autres éléments qui nécessitaient des explications de manière satisfaisante. Il a été clairement prouvé que dans la production commerciale, la prolongation de la durée de conservation rapportée des crevettes irradiées ne peut pas être obtenue simplement en adoptant de façon absolue les bonnes pratiques de fabrication.
Les évaluateurs ont conclu d'une part, que l'irradiation peut prolonger la durée de conservation et réduire le niveau de bactéries pathogènes dans les crevettes fraîches, congelées ou déshydratées et d'autre part, qu'il n'y a aucune raison de s'objecter à l'utilisation de l'irradiation aux niveaux proposés, si les crevettes utilisées proviennent d'un milieu marin.2 En faisant des observations sur les doses originales, les évaluateurs ont exprimé le besoin de réduire l'utilisation de l'irradiation dans les crevettes fraîches à 3,0 kGy et ce, pour s'assurer qu'un nombre suffisant de bactéries putréfiantes survivent afin de prévenir la croissance de bactéries pathogènes potentielles radiorésistantes. Autrement, si la dose de 5,0 kGy est maintenue, les matériaux d'emballage qui sont perméables à l'oxygène doivent être spécifiés dans les propositions. La demande a démontré qu'un nombre suffisant de bactéries survivent à la dose d'irradiation de 3,0 kGy, peu importe si le produit a été emballé par voie aérobie ou en anaérobiose et par conséquent, l'emballage comme tel n'a rien à voir avec la sécurité . À la suite de ces commentaires, la proposition a été changée pour spécifier les doses maximum qui sont équivalentes à celles utilisées pour la volaille, c.-à-d. 3,0 kGy pour les crevettes fraîches et 5,0 kGy pour les crevettes congelées. Le requérant a souscrit par écrit à cette révision.
Une étude détaillée reliée à la dosimétrie de l'irradiation des crevettes congelées a été effectuée grâce à deux essais distincts, dont l'un en Thaïlande et l'autre au Canada, pour déterminer la gamme de doses absorbées dans les crevettes irradiées dans des conditions commerciales2. Dans les deux pays, trois différents dosimètres de radiation ont été utilisés pour mesurer la dose de rayonnement (Ceric-cerus, opti-Chromic et Amber- Perspex) dans de faux produits à une température ambiante. Pour l'étude effectuée sur les crevettes congelées aux deux endroits, les spécialistes ont utilisé le dosimètre Amber- Perspex. Les procédures de dosimétrie employées dans l'analyse de faisabilité sont considérées satisfaisantes.
Pour la pratique de la dosimétrie, le requérant cite la méthodologie courante publiée par l'American Society for Testing Materials (ASTM) (1988 ; 1993)3, la Commission du Codex Alimentarius (1992)4, le Groupe consultatif international sur l'irradiation des denrées alimentaires (ICGFI) (1988)5 et par Chadwick et Osterheert (1986)6.
La documentation indique que des odeurs atypiques sont perceptibles dans les crevettes traitées à des niveaux de dose dépassant 5,0 kGy, qu'elles soient fraîches ou congelées. Ces changements seraient minimisés pour les crevettes irradiées en état de congélation ou irradiées fraîches sous une température de 3°C et atteignant le niveau de dose maximum.
Pigments caroténoïdes
L'astaxanthine estérifiée et l'astacine provenant du bêta-carotène représentent ensemble plus de 90 % des pigments caroténoïdes qui donnent la couleur aux crevettes. Les pigments des crevettes sont sensibles à la déshydratation à des températures relativement élevées et à l'oxydation. L'irradiation à des doses atteignant jusqu'à 3,0 kGy n'a pas changé de façon significative la couleur des crevettes crues ou cuites (Snauwaert et al.1973).8 À des doses plus élevées, une couleur rougeâtre apparaissait sur les crevettes crues qui perdait de son éclat jusqu'à un certain point dans la cuisson (Kumta et Sreenivasan,1966).9 Les crevettes congelées n'ont pas changé de couleur à un niveau de dose 6 à 8 kGy (Wills, 1981).10
Mélanose
L'altération de la couleur de la crevette d'un brun grisâtre qui se développe durant l'entreposage est causée par la dégradation de la tyrosine provoquée par la production naturelle d'enzymes de type phénolase. Des additifs chimiques de conservation (comme le métabisulfite de potassium) ou le blanchiment peuvent empêcher l'apparition de la mélanose. Lorsqu'elles étaient irradiées, les crevettes fraîchement coupées avaient très peu de mélanose, mais les crevettes qui avaient subi l'irradiation après l'entreposage post- récolte avaient une mélanose accélérée (Urbain, 1986).11 Tous les changements sont minimisés lorsque les crevettes sont irradiées dans un état de congélation.
Vyncke et.al.(1976)12 a comparé les données analytiques pour les quantités totales d'azote volatil, d'ammoniac, de diméthylamine et de triméthylamine avec la qualité organoleptique des crevettes brunes bouillies irradiées à un 1,0 kGy, pendant une période de 30 jours d'entreposage. Les crevettes ont eu une durée de conservation acceptable de 23 jours en comparaison des crevettes non-irradiées dont la durée de conservation atteignait de 9 à 16 jours. Il n'y avait pratiquement aucune formation d'hypoxanthine, de triméthylamine ou d'acides volatils dans les échantillons irradiés.
Carbonyles volatils
Les monocarbonyles se trouvent naturellement dans les crevettes et les autres crustacés. Les carbonyles volatils donnent la saveur générale aux produits. Tous les rapports de la documentation indiquent que l'irradiation des crevettes aux niveaux de dose proposés ne produit aucun nouveau composé volatil comme le détermine la chromatographie en phase gazeuse. Le niveau des carbonyles volatils totaux est également beaucoup plus bas dans les crevettes irradiées que dans les crevettes non-irradiées.
Aucun changement important dans la teneur en protéines, en matières grasses, en glucides et en teneur en cendres n'a été observé dans les crevettes exposées à une irradiation à faible dose. L'analyse des crevettes irradiées indiquait une diminution négligeable dans certains acides aminés, à savoir, l'alanine, l'isoleucine, la leucine et la tyrosine en comparaison aux crevettes non-irradiées. Des changements similaires se produisent dans les crevettes en conserve.
Une légère augmentation est observée dans la digestibilité in-vitro des protéines des crevettes irradiées par la pepsine et la trypsine en comparaison des crevettes nonirradiées.
Le taux de lipides des crevettes se situe entre 3 et 4 %. Même si les acides gras polyinsaturés représentent de 28 à 35 % de la quantité totale des lipides, l'effet de l'irradiation sur les acides gras polyinsaturés est négligeable. L'effet de l'irradiation sur les niveaux de cholestérol est également insignifiant.
King et al.(1972)13 ont révisé les changements chimiques qui se produisent lorsque les fruits de mer sont irradiés à des doses pouvant aller jusqu'à 56 kGy à l'état de congélation ou à la température ambiante. La composition totale d'amino-acides ne change pas, la qualité des protéines n'est pas modifiée de façon importante, mais certaines vitamines B sont détruites. L'ampleur des changements provoqués par les rayonnements dans la composition est semblable à celle qui se produit après la cuisson, l'entreposage réfrigéré ou l'emballage.
Dans le processus commercial, les crevettes sont préemballées pour les traitements d'irradiation, de telle sorte qu'après ces traitements, elles sont prêtes pour la vente au détail ou la restauration, prêtes pour la cuisson par le consommateur ou les chefs de restaurants ou prêtes pour toute autre transformation. Le matériel d'emballage est également en contact direct avec les crevettes. Il est donc important que la conception de l'emballage et les critères de qualité du matériel d'emballage soient conformes aux normes de qualité et aux mesures de sécurité. Dans tous les cas, les lettres d'opinion considèrent les exigences de l'article B.23.001 des Règlements qui stipule : "Est interdite la vente d'un aliment dont l'emballage peut transmettre à son contenu une substance pouvant être nuisible à la santé d'un consommateur de l'aliment."
Les évaluateurs en nutrition ont examiné la demande reliée à l'irradiation des crevettes. En plus de l'information fournie par le requérant, d'autres informations ont également été recueillies à partir de publications provenant d'une étude documentaire indépendante effectuée par les évaluateurs. Les ouvrages qui ont été pris en considération sont présentés dans l'Annexe I. La composition des éléments nutritifs des crevettes irradiées est également examinée dans la partie B ci-dessus, section (d) et sous-section iv. intitulée "Composition".
Les rapports documentaires sur les effets de l'irradiation sur la teneur et la composition des lipides, des protéines et des amino-acides, de même que sur la teneur vitaminique et en minéraux dans les crevettes et les autres fruits de mer de composition semblable, ont été examinés et les effets évalués à l'égard de l'apport des crevettes à la consommation de ces éléments nutritifs. De plus, les effets de l'irradiation ont été comparés avec les effets d'autres procédés où les données étaient disponibles et prises en considération à l'égard du rapport qui existe entre l'irradiation et les autres types de transformation probablement applicables aux crevettes.
Les éléments nutritifs dont la teneur est importante dans les crevettes sont les protéines, la pyridoxine (vitamine B6), la cobalamine (B12) et la niacine de même que les minéraux, le phosphore, le magnésium, le fer et le zinc. Il ressort qu'aucun de ces éléments nutritifs n'ait été dégradé de manière constante par l'irradiation selon toutes les études et ce, en respectant les doses proposées dans cette demande. Ces études indiquaient que la pyridoxine, la niacine et la riboflavine pouvaient être détériorées dans une certaine mesure mais la plupart des résultats indiquent très peu ou pas de perte. Les données relatives aux effets de l'irradiation des crevettes sur certains autres éléments nutritifs étaient limitées et il était nécessaire de se référer aux résultats obtenus provenant d'études sur d'autres poissons et crustacés, dont la composition physique et chimique est considérée similaire à celle des crevettes. À partir de l'ensemble des preuves concernant les effets de l'irradiation sur ces éléments nutritifs, les évaluateurs ont conclu qu'il serait raisonnable de ne prévoir aucune perte ou très peu à la suite des doses d'irradiation dont il est question dans cette demande.
Alors que la perte en thiamine est importante en proportion des quantités initiales trouvées, la teneur en thiamine est très minime dans les crevettes. De plus, étant donné l'apport de crevettes à l'alimentation au Canada, toute perte serait considérée négligeable.
Comme dans toute transformation d'aliments, les experts recommandent le suivi des bonnes pratiques de fabrication pour minimiser les pertes inutiles causées par la plus faible dose efficace d'irradiation possible, l'utilisation d'un environnement faible en oxygène et une température basse du produit durant l'irradiation. Une restriction de la dose maximum pour les crevettes fraîches à 3,0 kGy, afin de normaliser les doses avec celles contenues dans la proposition reliée à l'irradiation de la volaille, serait conforme à ce conseil.
En 1984, les toxicologues ont examiné un certain nombre d'études portant sur la toxicité potentielle des fruits de mer irradiés aux rayons gamma (le cobalt 60 et le césium 137) et ont conclu que les poissons ou les palourdes irradiés n'étaient ni toxiques ni cancérogènes à des doses pouvant aller jusqu'à 55,8 kGy et ce, lorsqu'ils étaient servis à différentes espèces d'animaux expérimentaux (souris, hamster, rat, chien) et constituant un pourcentage pouvant atteindre jusqu'à 45 % de la diète pendant une période de deux ans. Le rendement par rapport à la reproduction n'a pas été touché, selon les études effectuées sur plusieurs générations, et les tests sur l'action mutagène à court terme étaient négatifs.
Une recherche a été effectuée pour obtenir des références supplémentaires en matière de documentation, dont certaines ont été fournies par le requérant à la demande de la direction générale.14, 15, 16, 17, 18, 19
Bien que ces études aient été effectuées avant l'introduction des Règlements sur les bonnes pratiques de laboratoire, elles étaient bien conçues et bien dirigées et les résultats ont été rapportés de façon adéquate. Les résultats provenant de deux études subchroniques faites sur des rats ont démontré qu'une alimentation contenant de 2,8 à 80 % de crevettes irradiées (de 2,5 à 55,8 kGy) et servie pendant 13 semaines n'a pas entraîné d'effets défavorables sur la croissance en général, la vitesse de croissance, l'hématologie ou l'activité enzymatique du sérum ou tout autre changement pathogène dans les tissus ou les organes.
Les aliments, irradiés à des niveaux de dose allant de 2,5 à 25,0 kGy et contenant 4 % de crevettes, ont été servis aux rats pendant quatre ou cinq générations successives et n'ont causé aucune toxicité aux animaux, qu'il s'agisse des parents ou des descendants. Aucun effet défavorable n'a été observé sur leur rendement par rapport à la reproduction.
Aucune mutation létale dominante n'a été déterminée par des pertes survenant avant ou après l'implantation chez les souris ou les rats, lorsque les mâles ont été exposés aux aliments irradiés (jusqu'à 25,0 kGy) contenant 4 % de crevettes, pendant 8 semaines incluant l'exposition in-utero, avant l'accouplement.
Les toxicologues ont conclu que, d'un point de vue toxicologique, les crevettes irradiées à des doses pouvant aller jusqu'à 5,0 kGy ne devraient pas poser de risque pour la santé au consommateur. Toutes les études toxicologiques prises en considération par les toxicologues au sujet de cette demande sont énumérées dans l'Annexe II.
Quoique les crevettes crues sont faibles en gras (<1%), elles renferment des montants importants de cholestérol - environ 150 mg par 100 g (Santé Canada, 1997).20 Le cholestérol dans tout aliment est relativement instable et subit facilement une oxydation spontanée lorsqu'il est exposé à l'oxygène, la chaleur, la lumière ou la radiation. Une évaluation des produits d'oxydation du cholestérol effectuée par la Section d'évaluation toxicologique a indiqué que la base de données disponible est inadéquate pour déterminer les DJA/DJA ("doses journalières acceptables"/ "doses journalières admissibles" pour ces substances. Bien que l'irradiation peut provoquer la formation d'oxydes de cholestérol, des conditions et des processus plus conventionnelles le peuvent aussi. Les produits d'oxydation du cholestérol ont été trouvés dans différents aliments entreposés ou transformés comme les produits d'oeufs, les produits laitiers de même que les viandes et les produits de viande. Aussi, certains produits d'oxydation du cholestérol sont formés in vivo à titre d'intermédiaires dans le métabolisme du cholestérol. Novak et Liuzzo (1964) ont mesuré un contenu de cholestérol légèrement plus élevé dans les crevettes séchées irradiées (663 mg/100g) en comparaison aux crevettes séchées non-irradiées (650 mg/100 g).21 Par contre, la méthode analytique utilisée par ces chercheurs ne pouvait distinguer entre le cholestérol et les oxydes de cholestérol.
Les nouveaux éléments22 proposés à ajouter au tableau du Titre 26 se présentent comme suit :
| Article | Colonne I Aliments | Colonne II Source permise de rayonnement ionisant |
Colonne III But du traitement | Colonne IV Dose absorbée permise |
|---|---|---|---|---|
| 7,1 | Crevettes fraîches, préparées ou déshydratées | cobalt 60, césium 137 ou électrons provenant des sources d'appareil (10 MeV max.) | Contrôler les agents pathogènes, réduire la charge microbienne et prolonger la durée de conservation | 1,5 kGy (minimum) 3,0 kGy (maximum) |
| 7,2 | Crevettes congelées | cobalt 60, césium 137 ou électrons provenant des sources d'appareil (10 MeV max.) | Contrôler les agents pathogènes, réduire la charge microbienne et prolonger la durée de conservation | 1,5 kGy (minimum) 5,0 kGy (maximum) |
Le lecteur doit prendre en note que la proposition ci-dessus diffère de la demande originale. Ce changement provient d'une consultation entre les microbiologistes, les nutritionnistes de Santé Canada et le requérant. Les commentaires provenant de cette consultation sont présentés dans la partie B(b) de ce document.
Le protocole intitulé "Le traitement général proposé pour l'irradiation des crevettes" est présenté dans le schéma 1.
Les divisions suivantes se sont consultées pour évaluer la sécurité toxicologique, la valeur nutritive des crevettes et l'efficacité des traitements d'irradiation aux niveaux de dose proposés, tel que mentionné ci-dessus :
En 1989, lorsque la Division a été informée que le requérant enverrait une demande concernant l'irradiation des crevettes et avant même d'essayer les tests d'efficacité dans des conditions commerciales, le ministère des Pêches et des Océans a été consulté sur l'irradiation des crevettes. La réponse indiquait : "La transformation par irradiation, lorsqu'elle est bien utilisée et sous contrôle, peut jouer un rôle en fournissant des mesures de sécurité supplémentaires concernant les bactéries, dont l'importance touche la santé publique, et la prolongation de la durée de conservation du produit." La suite de cette réponse était la suivante : "Si les bonnes pratiques de fabrication sont suivies, nous n'avons aucune objection à utiliser la transformation par irradiation pour les poissons et les produits de la mer, incluant les crevettes."
En reconnaissant que le personnel affecté aux inspections des Pêches et des Océans a été absorbé depuis par la nouvelle Agence canadienne d'inspection des aliments, une seconde consultation a été entreprise en mai 1999. Dans une déclaration qui date du 30 septembre 30 1999, l'Agence a indiqué qu'elle n'avait aucune objection à permettre l'irradiation des crevettes comme faisant partie d'un programme ARMPC et ce, à une dose absorbée permise de 1,5 kGy à 5,0 kGy. L'ACIA a l'intention d'élaborer des méthodes pour détecter les crevettes irradiées et veut également analyser les effets de l'irradiation sur les attributs reliés à la qualité des crevettes. L'ACIA a prévu d'entamer des pourparlers avec l'industrie sur les conséquences de cette proposition. Cet échange d'information avec l'industrie comprendrait des discussions concernant les règles d'étiquetage pour les produits irradiés, les rôles qu'Environnement Canada, les autorités responsables de l'énergie atomique et les organismes provinciaux ou municipaux jouent dans l'approbation d'installations d'irradiation de même que les exigences de la santé et de la sécurité au travail pour garantir la sécurité aux travailleurs/inspecteurs dans les installations d'irradiation.
Direction des aliments Direction générale des produits de santé et des aliments Santé Canada 29 octobre 2002
Ouvrages pris en considération dans l'évaluation de la sécurité nutritionnelle des crevettes irradiées.
Ouvrages toxicologiques pris en considération dans l'évaluation de la sécurité des crevettes irradiées.

1 La requête fait référence à l'irradiation des crevettes emballées qui sont prêtes pour la vente au détail ou la restauration, pour la cuisson par les consommateurs ou les chefs de restaurants ou pour toute autre transformation par un industriel se conformant à un plan des BPF ou de l'ARMPC.
2 Les crevettes exposées à l'eau douce à n'importe quel stade de leur développement peuvent être contaminées par une douve (parasite pouvant infecter les poumons) connue sous le nom de paragononus sp qui est endémique à l'eau douce dans le sud-est de l'Asie. Ce parasite est relativement sensible à l'irradiation et serait éliminée par la dose minimum proposée ; cependant, il serait prudent de surveiller les crevettes fraîches irradiées en raison de ce parasite et ce, si les crevettes ont été exposées à un environnement d'eau douce. Les crevettes congelées et déshydratées ont peu de chances de poser un risque pour la santé en raison de ce parasite.
3 Standard Practice for application of Dosimetry in the Characterization and operation of a Gamma Irradiation Facility for Food Processing (Designation E 1204-87) dans le Livre annuel des Normes ASTM, Vol. 12.02, 1987; Standard Guide for selection and application of Dosimetry Systems for Radiation Processing of Food (Designation E 1261-88) dans le Livre annuel des Normes ASTM, Vol. 12.0, 1988; Standard Practice for Dosimetry and Bremsstralung Irradiation Facilities for Food Processing (Designation E 1431-91) dans le Livre annuel des Normes ASTM, Vol. 12.02, 1991; et Standard Guide for the Irradiation of Fresh and Frozen Meats and Poultry (to control pathogens) (Designation F 1356-91) dans le Livre annuel des Normes ASTM, Vol. 12.02, 1993.
4 Norme générale CODEX pour les aliments irradiés, Norme CODEX 106-1983, dans Codex Alimentarius, Vol. 1, Section 8 (Rome : FAO/OMS, 1992, pp. 311-315. Code d'usages international recommandé pour l'exploitation des installations de traitement des aliments par irradiation, Commission FAO/OMS du Codex Alimentarius/RCP 19-1979 (Rev. 1) dans Codex Alimentarius, Vol. 1, Section 8.1 (Rome : FAO/OMS, 1992), pp. 317-323.
5 Groupe consultatif international sur l'irradiation des denrées alimentaires. 1988. Lignes directrices provisoires pour l'irradiation des viandes rouges et de la volaille fraîches et congelées.
6 Chadwick, K. H. et Oosterheert, W. F. 1986. Dosimetry concepts and measurement in food irradiation processing Int. J. Rad. Appl. Instr.(Part A), 37(1), 47-52.
7 Un rapport bien documenté et rédigé par K. Shamsuzzaman fait partie de la requête, il s'intitule : Chemical Aspects of Irradiated Shrimp: A Review (1989) (24 tableaux, 5 schémas, 77 références).
8 Snauwaert, F., P. Tobback, E. Maes. 1973. Carotenoid stability during radurization of the Brown Shrimp (Crangon vulgaris). Lebnsm-Wiss. U. Technol. 6 : 7-10.
9 Kumta, U. S. et A. Sreenivasan. 1966. Recherche sur l'irradiation des aliments et installations-pilotes en pleine activité ou prévues en Inde. Dans L'irradiation des aliments. Actes du Symposium de Karlsruhe, a eu lieu du 6 au 10 juin 1966.
10 Wills, P. A. 1981. Application commerciale d'un procédé de combination en matière d'irradiation-congélation pour la pasteurisation de deux lots spécifiques de crevettes pelées, cuites. Dans Procédés de combination dans l'irradiation des aliments, Actes d'un Symposium international sur les procédés de combination dans l'irradiation des aliments, Colombo, Sri Lanka, a eu lieu du 24 au 28 novembre 1980. IAEA, Vienne pp. 291- 294.
11 Urbain, W., 1986. Aliments provenant d'animaux d'eau douce et marins. Dans L'irradiation des aliments. Academic Press Inc., New York, pp. 145- 169.
12 Vyncke, W. et Declerck, D. (1976) Influence of gas permeability of packaging materials on the shelf-life of irradiated and non-irradiated brown shrimps (Cragnon vulgaris Fabr.) Lebensm-Wiss. & Technol. 5(5): 151-154.
13 King, F. J.,Mendelsohn, J. M., Gadbois, D. F. et Bernsteinas, J. B. 1972. Certains changements chimiques dans les fruits de mer irradiés. Rad. Res. Rev. 3, 399-415.
14 Brin, M,. A. S. Ostashever et H. Kalinsky, 1961. The effects of feeding pork, bread, green beans and shrimp to rats on growth and on five enzymes in blood. Toxicol, Appl. Pharmacol. 3: 606-617.
15 Van Logten, M. J., E. M. Den Tonkelaar et G. J. Van Esch, et R. Kroes, 1972. The wholesomeness of irradiated shrimps. Fd. Cosmet. Toxicol. Vol. 10, pp. 781-788, Pergamon Press, Grande-Bretagne
16 Vakil, U. K.,1975 Wholesomeness of dehydro-irradiated shrimps. Food Irradiation Information 4(Suppl.): 49 (Publication préalable d'un sommaire de rapport).
17 Arvindakshan, M., R. C. Chaubey, P. S. Chauhan, A. S. Aiyar et K. Sundaram. 1976. Étude portant sur des animaux nourris d'aliments irradiés à travers des générations. Réimpression des Actes du Symposium sur l'utilisation de la radiation et des radio-isotopes dans l'étude de la zootechnie. Izatnagar, a eu lieu du 16 au 18 décembre 1975.
18 Chauhan, P. S., M. Aravindakshan, A. S. Aiyar et K. Sundaram. Dominant lethal mutations in male mice fed (-irradiated diet. Fd. Cosmet.Toxicol. 13: pp.433-436 Pergamon Press, Grande-Bretagne.
19 Chauhan, P. S., M. Aravindakshan, A. S. Aiyar et K. Sundaram. Studies on Dominant Lethal Mutations in Third Generation Rats Reared on an Irradiated Diet, 1975. Int. Radiat. Biol., 28 :(3) 215-223.
20 Santé Canada, Fichier canadien sur les éléments nutritifs (FCÉN).
21 Novak, A.F., Liuzzo, J.A., Grodner, R.M., Lovell, R.T., Kopfler, F.C., Scalia, R.F., Stocks, P.K. and Territo, K. 1964. Radiation pasteurization of shrimp. U.S. Atomic Energy Commission, Division of Isotopes Development, Contract No. AT-(40-1)-2951.
22 Les éléments 5 et 6 sont réservés aux mangues et à la volaille respectivement.