La recherche en santé environnementale consiste à étudier les effets de l'environnement - tant l'environnement naturel que l'environnement bâti - sur notre santé. Pour planifier et élaborer des stratégies d'adaptation et de prévention en santé publique, il est essentiel de comprendre les liens qui existent entre les effets environnementaux et la santé humaine.
Le Programme de recherche en santé environnementale est axé particulièrement sur la recherche des risques environnementaux qui ont des incidences sur la santé des Premières nations et des Inuits; ces risques constituent une menace particulière pour les Autochtones, dont la vie et la culture sont fondamentalement liées au milieu naturel.
Le programme aide les Premières nations et les Inuits à mener des recherches communautaires, à assurer une surveillance et un suivi ainsi qu'à effectuer des études en laboratoire et sur le terrain qui se rapportent aux risques physiques, chimiques, biologiques et radiologiques pour la santé humaine. Ces activités visent à permettre aux Premières nations et aux Inuits de participer davantage aux recherches et aux études qui portent sur le rôle des facteurs environnementaux dans les maladies et les problèmes de santé.
La recherche communautaire dans les communautés des Premières nations et les communautés inuites est un aspect central du travail fait par le programme. La recherche communautaire allie la science conventionnelle et les connaissances des communautés locales, car celles-ci choisissent des sujets de recherche qui les intéressent et leur sont utiles. La recherche communautaire crée un équilibre entre les intérêts, les avantages et les responsabilités de la communauté et de la science.
La recherche communautaire met également en valeur la capacité des communautés des Premières nations et des communautés inuites à travailler en collaboration avec les gouvernements, les administrations, le milieu universitaire et d'autres organisations en vue d'incorporer les connaissances scientifiques et traditionnelles dans les études de santé environnementale et les documents de diffusion.
L'analyse de la recherche en santé environnementale qui est faite en collaboration par le programme contribue aux initiatives de recherche internationales, notamment celles de l'Organisation mondiale de la Santé, du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique, de l'Environmental Protection Agency des États-Unis et de la Commission de coopération environnementale de l'Amérique du Nord.
Apprenez-en davantage sur les principaux éléments du programme :
La plupart d'entre nous savent que nous sommes quotidiennement exposés à des composés chimiques de l'environnement qui, en plus de traverser la peau, peuvent pénétrer dans notre organisme avec l'air que nous respirons, les aliments que nous ingérons et l'eau que nous buvons.
La biosurveillance est une méthode efficace qui est de plus en plus utilisée pour mesurer et surveiller les concentrations de contaminants dans les populations humaines. Elle permet de mesurer les composés chimiques qui sont présents dans notre organisme au moyen de l'analyse d'échantillons de sang, d'urine, de lait maternel ou d'ongles.
L'Initiative de biosurveillance des Premières nations a été élaborée afin d'établir des concentrations de référence (c.-à-d. les concentrations « normales ») pour certains composés chimiques de l'environnement qui seraient présents dans les communautés des réserves. Les participants font l'objet d'analyses visant à déterminer leur degré d'exposition à des contaminants, comme entre autres, les métaux à l'état de trace (plomb, mercure, cadmium, etc.), les pesticides, des BPC, le bisphénol A et les ignifugeants bromés.
L'information recueillie guidera dans l'avenir les travaux de recherche sur la relation de cause à effet que certains de ces nouveaux composés chimiques, moins bien compris, ont pour la santé humaine. Elle complète également les données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé qui sont représentatives de l'ensemble de la population canadienne, mais qui excluent les membres des Premières nations vivant dans les réserves ainsi que les Inuits. Avec le temps, les renseignements obtenus permettront aux Premières nations de suivre l'évolution de leurs niveaux d'exposition et d'établir des comparaisons avec l'ensemble de la population canadienne et des autres sous-populations.
L'Initiative, qui est dirigée en partenariat avec l'Assemblée des Premières nations, est la première étude effectuée chez les Premières nations du Canada qui porte sur un tel éventail de composés chimiques de l'environnement.
Les conditions climatiques changent rapidement dans le nord du Canada. La fonte des glaces de mer et de lac, la dégradation du pergélisol et l'imprévisibilité des conditions météorologiques affectent la chasse, l'accès à l'eau potable et le maintient des domiciles et communautés chez les résidants du nord. Le réchauffement climatique a mené à l'augmentation de maladies infectieuses, de blessures, de coups de soleil, de problèmes d'irritation de la peau et de la détérioration des aliments traditionnels. Les changements climatiques sont tant un problème de santé humaine qu'environnemental.
Cette initiative a pour but d'assister les communautés des Premières nations et des Inuits du nord au développement de propositions de recherche servant à identifier et à agir face aux impacts associés aux changements climatiques en jumelant la sciences aux connaissances traditionnelles. Les résultats de ces projets sont utilisés pour concevoir des outils et des plans d'adaptation significatifs en matière de santé de même que pour contribuer à la prise de décision en ce qui a trait à l'adaptation en matière de santé dans le nord.
L'augmentation des concentrations de contaminants dans les sources traditionnelles d'aliments a eu des effets sur la santé des Premières nations. La section de la sécurité chimique effectue des recherches sur la sécurité chimique des aliments traditionnels et sur les conséquences des contaminants (tant les contaminants persistants que les nouveaux contaminants) pour la santé des Premières nations et des Inuits. Elle est un co-chercheur dans l'Étude sur l'alimentation, la nutrition et l'environnement des Premières nations, un projet décennal novateur mené avec l'Université of Northern British Columbia et l'Université de Montréal. Cette étude nationale a pour but de dresser un portrait, région par région, de l'alimentation globale des Premières nations du Canada.
La section de la sécurité chimique des aliments traditionnels participe également au Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord en partenariat avec Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, Pêches et Océans Canada et Environnement Canada.
Santé Canada travaille en partenariat avec plus de 600 communautés des Premières nations au sud du 60e parallèle afin de s'assurer que la surveillance de l'eau potable est conforme aux Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada.
La section de l'eau potable analyse les données sur l'efficacité du Plan d'action pour l'approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées des Premières nations et tient à jour une base de données sur les avis concernant la qualité de l'eau potable, qui permet de faire le suivi des problèmes de qualité de l'eau dans les communautés des Premières nations des provinces.
Elle finance également des projets de recherche communautaire sur la qualité de l'eau potable dans les communautés des Premières nations au moyen du Programme sur la qualité de l'eau potable, qui est administré en partenariat avec l'Université des Premières nations du Canada et l'Assemblée des Premières nations. Les résultats des projets peuvent aider les communautés à prendre des mesures correctives, notamment en établissant des plans de protection de l'eau de source ou en faisant l'inventaire des sources de contaminants à l'intérieur.
D'autres activités de recherche sur l'eau potable permettent de recueillir de l'information de base afin de déterminer les lacunes des données ainsi que d'établir des priorités de recherche améliorant l'ensemble de données disponibles pour les programmes et les politiques de santé qui se rapportent à l'eau potable des Premières nations.
Les guides sur la santé environnementale qui s'adressent aux membres des Premières nations et aux Inuits donnent à ceux-ci l'information dont ils ont besoin pour améliorer leur santé et réduire leur exposition aux contaminants à l'intérieur qui peuvent affecter la santé.
Le laboratoire appuie les programmes de recherche en santé environnementale des Premières nations et des Inuits en procédant à l'analyse de tissus humains (cheveux, urine et sang), ainsi que de tissus de poissons, pour y détecter des polluants environnementaux persistants. Le laboratoire est agréé par la Canadian Association for Laboratory Accreditation Inc. (CALA) (norme ISO/IEC 17025:2005) à des fins d'analyse du mercure total et inorganique dans les cheveux, l'urine et le sang. Le laboratoire offre également un programme international de vérification des compétences, le Programme de comparaison interlaboratoire du mercure dans les cheveux.
Le laboratoire est également devenu un lieu de formation pour les étudiants de l'Université des Premières nations et le personnel d'autres laboratoires participant à des programmes de recherche liés aux Premières nations. Il fournit également son expertise en assurance de la qualité aux autres sections du programme.
La qualité de l'air à l'intérieur est tout aussi importante pour notre santé que la qualité de l'air extérieur. L'Initiative de l'air intérieur étudie l'exposition aux contaminants, comme les composés organiques volatils, les microparticules de moins de 2,5 microns et la fumée de tabac, qui sont présents dans l'air intérieur des maisons des Premières nations et des Inuits. Elle évalue également les effets de ces polluants de l'air intérieur sur la santé respiratoire et cardiovasculaire.
La santé environnementale contribue à la santé générale et au bien-être des gens. Il est important pour les communautés des Premières nations de connaître les contaminants qui sont présents dans leur environnement, leur degré d'exposition à ces contaminants et le risque qui pourrait être associé à leur mode de vie et aux aliments traditionnels.
La section de la recherche et de la surveillance appuie les activités suivants qui supportent les communautés des Premières nations et les communautés inuites pour qu'elles effectuent des recherches communautaires :
La section de la recherche et de la surveillance finance également d'autres activités, dont les suivantes :
La section collabore également avec le personnel de Santé Canada en ce qui concerne l'évaluation et la communication des risques relatifs à la consommation des aliments traditionnels tout en faisant ressortir l'importance et les bienfaits de ces aliments. Elle fournit également de l'information sur les risques liés à la consommation de certains aliments traditionnels qui pourraient contenir des contaminants de l'environnement.
Certains hyperliens donnent accès à des sites d'un organisme qui n'est pas assujetti à la
Loi sur les langues officielles. L'information qui s'y trouve est donc dans la langue du site.
Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique
Loi canadienne sur la protection de l'environnement - article 45
Commission de coopération environnementale
Étude sur l'alimentation, la nutrition et l'environnement des Premières nations
Réseau d'innovation en santé environnementale des Premières nations