Le présent document a été préparé par C. Mustard, 1999, et révisé par D. Shedden avec les conseils des agents régionaux des maladies transmissibles et d'autres médecins fonctionnaires de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI). Janvier 1997/Réf : cmmoh.3
Dans le cadre de l'initiative du transfert de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI) et d'autres activités entreprises pour faciliter le transfert de la responsabilité des services de santé des Premières nations aux Premières nations elles-mêmes, les collectivités sont en mesure de prendre en charge les services de santé communautaire. Pour assurer que des programmes sont en place pour la protection de la santé, les programmes suivants ont été désignés « obligatoires » :
Des dispositions spéciales sont également requises dans de nombreuses collectivités pour assurer l'accès à des services de traitement, et ce, particulièrement dans les collectivités où les infirmières ont un cadre de fonctions élargi (c'est-à-dire, qu'elles assurent un traitement limité).
Pour les fins des programmes d'hygiène du milieu, de lutte contre les maladies transmissibles et d'intervention d'urgence, chaque collectivité doit veiller à ce que les services d'un agent d'hygiène du milieu (AHM) et d'un médecin hygiéniste (MH) soient disponibles. Cette exigence s'applique tout particulièrement aux programmes de santé publique mentionnés ci-dessus et n'intéresse pas les questions liées à ce qu'il est convenu d'appeler la « supervision professionnelle » des infirmières dont le cadre des fonctions est élargi, les questions liées à l'accès aux services de traitement fournis par les médecins, ni an rôle des médecins du programme des Services de santé non assurés. [Lorsqu'un médecin tient à jour ses connaissances et aptitudes clinques la supervision de la pratique clinique des infirmières dont le cadre des fonctions est élargi c'est-a dire, qui oeuvrent á titre d' « infirmières cliniciennes », peut être entreprise. De telles dispositions doivent être prises au cas par cas.]
Les médecins hygiénistes jouent des rôles clés dans le cadre de l'administration des lois provinciales sur la santé publique et leurs responsabilités y sont habituellement expliquées en détail.
Au Canada, toutes les collectivités relèvent d'un médecin hygiéniste. Les rôles des médecins hygiénistes peuvent varier d'une instance à l'autre, mais ils comprennent toujours des responsabilités liées à la santé et à la sécurité publiques, L'autorisation d'appliquer les lois provinciales doit être accordée aux médecins par le ministre provincial de la Santé pertinent. Les fonctions des MH comprennent habituellement les suivantes :
Les responsabilités et le rôle complets d'un MH oeuvrant au sein d'une collectivité ayant fait l'objet d'un transfert varieront d'un endroit à l'autre, selon les lois et les normes et pratiques en vigueur. Nombre des fonctions décrites plus tôt peuvent être incluses moyennant l'accord mutuel du médecin et des représentants de la collectivité. Cependant, la collectivité doit affecter les ressources pertinentes et assurer que le MH est disposé et en mesure d'assurer les services liés à la santé et à la sécurité publiques et qui sont décrits ci-après.
1. Immunisation
1.1 Calendrier
1.2 Supervision de l'exécution des programmes
Le MH doit veiller à ce que les directives pertinentes soient adoptées relativement aux éléments suivants :
Le MH doit également veiller à ce que soient en place les processus relatifs à 1a formation et à l'attestation des infirmières et à l'assurance de la qualité. Au Québec l'immunisation est un acte médical délégué. En pareil cas, le MH peut être tenu déléguer officiellement cette fonction. Dans la plupart des instances, cependant ces questions relèvent des soins infirmiers en santé publique. Dans certains endroits l'immunisation est reconnue comme étant une aptitude infirmière avancée pour laquelle les infirmières doivent démontrer leur compétence avant d'entreprendre techniques d'immunisation.
1.3 Surveillance
Le MH doit :
2. Lutte contre les maladies-transmissibles (autre que l'immunisation)
2.1 Surveillance
Le MH doit:
2.2 Laboratoire
Le MH doit :
Des conseils sur le diagnostic et le traitement seront normalement donnés aux médecins de famille locaux et aux infirmières assurant des services de traitement limités.
2.3 Dépistage
Le MH doit formuler des recommandations sur le dépistage des maladies transmissibles, y compris :
2.4 Recherche de cas et diagnostic
Le MH doit
2.5 Gestion des cas et post-observation
Dans le cas des malades atteints d'une maladie à déclaration obligatoire, le MH offrira des conseils sur les questions suivantes et veillera à ce que des procédures soient en place pour assurer:
Le MH doit veiller à ce que les mesures pertinentes soient prises lorsqu'une personne atteinte d'une maladie transmissible pourrait, par ses actions, exposer d'autres personnes à un risque.
2.6 Recherche des contacts
Le MH doit formuler des recommandations sur l'identification, le counseling, le dépistage et le suivi auprès des contacts de malades atteints de maladies transmissibles. Le MH doit veiller à ce que les infirmières en santé communautaire reçoivent la formation pertinente avant d'entreprendre la recherche des contacts.
2.7 Source de l'infection
Au besoin, le MH doit s'assurer que le suivi pertinent a été, entrepris afin de réduire le risque de maladie transmissible à l'avenir. Pour ce faire, il faudra prévoir une liaison d'envergure avec les AHM, les représentants en santé communautaire (RSC), les infirmières en santé communautaire, les médecins et d'autres intervenants.
2.8 Gestion des poussées
Le MH doit jouer le rôle principal lorsqu'il se produit des poussées. Ce rôle comprendra les fonctions suivantes :
3. Hygiène du milieu
Le MH oeuvrera de concert avec d'autres employés, particulièrement les AHM, pour donner de l'aide, en l'occurrence :
4. Législation sur la santé publique
L'ensemble de la législation sur la santé publique (et une variété de lois connexes) prévoit des dispositions liées a la lutte contre les maladies transmissibles et à l'hygiène du milieu. Les médecins hygiénistes désignés en vertus de la législation ont des fonctions et des pouvoirs bien précis dans ces domaines Dans certaines instances, ces pouvoirs peuvent être délégués à un médecin hygiéniste embauché par la collectivité. Dans d'autres instances, ce dernier devra oeuvrer en étroite collaboration avec les MH autorisés par la province dans certaines situations pour assurer l'application de la loi.
5. Intervention d'urgence
Le plan d'intervention d'urgence de la collectivité doit être examiné et approuvé par le MH. Celui-ci devra jouer un rôle clé dans les situations suivantes :
Il devrait être possible de communiquer avec le médecin hygiéniste compétent par téléphone en tout temps. De plus, celui-ci devrait pouvoir se rendre dans la collectivité en cas de situation d'urgence. Puisque de nombreuses collectivités retiendront les services de médecins hygiénistes à temps partiel, il y aurait lieu de tenir compte des points suivants :
Le médecin hygiéniste doit satisfaire aux exigences professionnelles suivantes :
La plupart des médecins de famille n'ont pas de formation spécialisée leur permettant d'entreprendre les responsabilités d'un MH. Il faudrait prévoir des dispositions spéciales pour leur supervision si cela s'avérait la seule option possible.
Les honoraires quotidiens d'un MH compétent se situent entre 450 $ et 750 $ (1996). Le traitement annuel avec les avantages sociaux, varie de 90 000 $ à 130 000 $ (toujours en 1996). L'avance sur les honoraires est déterminée en fonction des responsabilités. Les frais de fonctionnement (hébergement, téléphone, déplacements, assurance-responsabilité, frais d'adhésion à une association, éducation permanente, etc.) doivent également être pris en considération.
Les agents régionaux du transfert peuvent déterminer le niveau de ressources disponible pour le transfert. Il s'agit habituellement d'une proportion (établie selon la population desservie) des ressources de la zone ou de la région consacrées au médecin fonctionnaire. La plupart des collectivités ne disposeront pas des fonds nécessaires, et n'auront pas non plus besoin d'embaucher un MH à plein temps. Les collectivités doivent pouvoir démontrer, cependant, que les services qui sont assurés par les médecins hygiénistes sont offerts à la collectivité.
Voici quelques options à examiner :