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Le Programme des services de santé non assurés (SSNA) fournit aux membres inscrits des Premières nations et aux Inuits reconnus du Canada des services de santé supplémentaires, dont les médicaments sur ordonnance et en vente libre. Consultez notre site Web à l'adresse suivante : www.santecanada.gc.ca/ssna
Le Comité consultatif d'évaluation de l'utilisation des médicaments (CCEUM) a recommandé au Programme des SSNA de :
Le Comité consultatif d'évaluation de l'utilisation des médicaments (CCEUM) reconnaît l'importance :
L'asthme est une maladie courante dont les symptômes peuvent habituellement être maîtrisés par une prise en charge adéquate, ce qui commence par l'éducation du patient. La pharmacothérapie fait essentiellement appel aux corticostéroïdes en inhalation, qui servent à prévenir et à réduire les exacerbations de l'asthme et les hospitalisations. Les médicaments qui soulagent les symptômes aigus (bêta2-agonistes à courte durée d'action) ne doivent être utilisés qu'à l'occasion.
On a estimé que les clients présentant des demandes de paiement pour au moins trois antiasthmatiques (tableau 1) au cours d'une année, et qui n'avaient pas soumis auparavant de demande de paiement pour un médicament visant à contrôler les symptomes de la maladie pulmonaire obstructive chronique (ipratropium, association d'ipratropium et de sal butamol, et tiotropium), étaient asthmatiques pendant cette année. Selon cette définition, 24 111 clients du Programme des SSNA étaient asthmatiques en 2006. Parmi ceux-ci, 22 617 clients ont fait une demande de paiement pour au moins un bêta agoniste à courte durée d'action (BACA), 20 711, pour au moins un corticostéroïde en inhalation (CSI) et 4 904, pour au moins un bêta agoniste à longue durée d'action (BALA) (figure 1).

Selon les Canadian Asthma Consensus Guidelines1-3, les symptômes de l'asthme sont mal maîtrisés lorsque le patient doit prendre quatre doses de BACA ou plus par semaine (en excluant jusqu'à une dose par jour pour des symptômes provoqués par l'exercice). Comme indicateur d'une mauvaise maîtrise des symptômes de l'asthme, nous avons retenu l'utilisation de plus de quatre inhalateurs de BACA par an (environ 15 doses par semaine). Cet indicateur a été utilisé dans des évaluations précédentes de l'utilisation des médicaments et tient compte de situations inhabituelles, comme les pertes d'inhalateur4,5. En 2006, 67,6 % des clients asthmatiques ont reçu quatre inhalateurs ou moins par an, ce qui indique une bonne maîtrise de l'asthme (figure 2).

Inversement, 32,3 % des clients asthmatiques ont reçu plus de quatre inhalateurs de BACA par an, ce qui indique une mauvaise maîtrise de l'asthme. Un tel résultat est troublant, puisqu'il est beaucoup plus élevé que les taux constatés par le Saskatchewan Health Quality Council (HQC), qui a utilisé une méthode semblable4(figure 3).

La figure 4 illustre la dose de CSI administrée aux clients dont les symptômes d'asthme étaient mal maîtrisés (clients recevant plus de quatre inhalateurs de BACA par an).

Les Canadian Asthma Consensus Guidelines1-3recommandent que les patients dont les symptômes d'asthme sont mal maîtrisés prennent au moins des doses modérées de CSI (251 500 mcg de fluticasone/jour ou 401 800 mcg de budésonide en inhalation/jour). En 2006, environ 48 % des clients du Programme des SSNA dont les symptômes d'asthme étaient mal maîtrisés ont pris au moins des doses modérées de CSI, comparativement à 22 % des clients de la Saskatchewan4 (figure 5).

On voit un écart sur le plan des soins reçus par les clients asthmatiques dont les symptômes ne sont pas maîtrisés, qui ne prennent pas de CSI; 19,8 % des clients du Programme des SSNA dont les symptômes d'asthme sont mal maîtrisés ne prennent pas de CSI, comparativement à 37,4 % des clients de la Saskatchewan (figure 6).

Le CCEUM a trouvé très préoccupant que les quelques clients asthmatiques (43 en 2006) dont les symptômes n'étaient pas maîtrisés, qui avaient reçu plus de 20 inhalateurs de BACA par an, n'avaient pris aucun CSI. On croit que ces clients courent un risque extrêmement élevé de subir des exacerbations graves de l'asthme. Des lettres ont été envoyées aux médecins et aux pharmaciens de ces clients pour encourager les cliniciens à communiquer avec les patients à des fins d'évaluation et d'intervention sans délais.
Les exacerbations graves de l'asthme ont été définies en fonction de l'administration répétée de stéroïdes oraux (une demande de paiement pour un approvisionnement de 14 jours ou moins de prednisone ou de prednisolone orale). En 2006, 13,3% des clients asthmatiques ont fait appel à l'administration répétée de stéroïdes oraux et ont donc potentiellement subi au moins une exacerbation grave de l'asthme (figure 7).

En août 2003, Santé Canada a émis un avis pour rappeler aux professionnels de la santé que les BALA devaient être utilisés avec un CSI chez les patients asthmatiques. L'étude Salmeterol Multi-Center Research Trial (SMART) a été prématurément arrêtée en raison d'une petite augmentation, mais néanmoins significative, du nombre de décès liés à l'asthme chez des patients prenant du salmétérol (et aucun CSI), comparativement à des patients prenant un placebo6. La figure 8 montre la proportion de clients asthmatiques du Programme des SSNA qui prennent des BALA, mais qui ne reçoivent pas de CSI. Cette proportion a diminué, passant de 2,7 % (112 clients) en 2004 à 1,4 % (68 clients) en 2006.
Pour des raisons de sécurité, le CCEUM et le Comité fédéral de pharmacie et de thérapeutique ont recommandé que le Programme des SSNA fasse passer le statut des BALA de « couvert sans restriction » à « usage restreint ». Selon ce nouveau statut, il faut qu'un traitement optimal de CSI ait échoué pour que le BALA soit remboursé (voir les révisions faites à la Liste des médicaments de Programme des SSNA, hiver 2007-2008).
Des lettres ont été envoyées aux médecins et aux pharmaciens de ces clients pour les informer du changement de statut des BALA. On espérait également que cette information assurerait un counseling pour les patients qui n'observent pas leur traitement de CSI, ou l'instauration d'un traitement de CSI, le cas échéant.

En décembre 2003, le Programme des SSNA a créé le Comité consultatif d'évaluation de l'utilisation des médicaments (CCEUM) composé d'experts indépendants pour qu'il formule des recommandations visant à améliorer les résultats sur le plan de l'état de santé des clients membres des Premières nations et des clients Inuits par le biais d'une utilisation adéquate des produits pharmaceutiques. Le CCEUM se réunit quatre fois l'an.
Cornelia Wieman, MD, FRCPC (présidente)
Consultante/Psychiatre, codirectrice des Six Nations Mental Health Services, Indigenous Health Research Development Program, Université de Toronto
Dawn Frail, BSc(Pharm), MSc
Gestionnaire, Drug Technology Assessment
Drug Evaluation Alliance of Nova Scotia
Ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse
Derek Jorgenson, BSP, PharmD
Coordonnateur, Services de pharmacie clinique
Saskatoon Health Region
Esther Tailfeathers, MD
Médecin de famille, Alberta
Gail Turner, IA, BN, MAeD, CCHN (c)
Directrice des services de santé
Gouvernement du Nanatsiavut
Ministère de la Santé et du Développement social
Ingrid Sketris, PharmD, MPA (HSA)
Professeure, College of Pharmacy
Université de Dalhousie
Marlyn Cook, IA, MD, CCFP, FCFP
Conseil des Mohawks d'Akwesasne
Services de la santé
Michael Perley, MD, CCFP, FCFP
Professeur adjoint en médecine familiale
Université de Dalhousie