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Santé des Premières nations, des Inuits et des Autochtones

Avis concernant la qualité de l'eau potable dans les communautés des Premières nations du Canada - Aperçu national 1995-2007

N° de catalogue : H34-208/2009F-PDF (Version PDF)
ISBN : 978-1-100-91603-3 (Version PDF)

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Auteurs

La publication et la diffusion du rapport de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada intitulé Avis concernant la qualité de l'eau potable dans les communautés des Premières nations du Canada : Aperçu national 1995-2007 ont été possibles grâce à l'engagement et au travail dévoué des personnes suivantes :

  • Alan Willsie, Ph.D., Santé Canada
  • Georgine Pastershank, Ph.D., Santé Canada
  • Kathleen Lydon-Hassen, B.Sc., Santé Canada
  • Caroline Mimeault, Ph.D., Santé Canada
  • Cheng Wu, M.Sc., Santé Canada
  • Ellen Travis, Ph.D., Santé Canada

Remerciements

L'Unité de l'analyse des données et du soutien de programme désire remercier les gestionnaires régionaux de l'hygiène du milieu des Régions de la Santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada pour leur soutien constant et leur collaboration à ce projet.

Table des matières

Liste des figures

  • Figure 1 Répartition de la durée de tous les AQEP ayant fait l'objet d'un rapport entre 1995 et 2007
  • Figure 2 Raisons fournies pour l'émission des avis en date du 31 décembre 2007
  • Figure 3 Répartition de la durée des AQEP à long terme (en années) en date du 31 décembre 2007
  • Figure 4 Raisons fournies pour l'émission d'AQEP qui durent plus ou moins qu'un an, en date du 31 décembre 2007
  • Figure 5 Répartition de la durée des AQEP toujours en vigueur après le 31 décembre 2007
  • Figure 6 Raisons pour l'émission d'AQEP qui restent en vigueur après le 31 décembre 2007
  • Figure 7 Mesures correctives nécessaires pour annuler un AQEP à long terme toujours en vigueur en 2008
  • Figure 8 Nombre d'AQEP en vigueur et nombre de communautés des Premières nations visées pour la période allant de 2003 à 2007
  • Figure 9 Nombre annuel d'AQEP émis, reportés et annulés pour la période allant de 2003 à 2007
  • Figure 10 Nombre d'AQEP émis chaque saison, de l'été 2003 à l'automne 2007
  • Figure 11 Répartition de la durée des AQEP en vigueur avant et après 2003.

Liste des tableaux

  • Tableau 1 Statistiques sommaires sur la durée de tous les AQEP ayant fait l'objet d'un rapport entre 1995 et 2007
  • Tableau 2 Statistiques sommaires sur la durée des AQEP par raison de l'émission des avis
  • Tableau 3 Statistiques sommaires sur la durée des AQEP en vigueur pour plus d'un an en date du 31 décembre 2007, par raison de l'émission des avis
  • Tableau 4 Nombre d'AQEP à long terme en vigueur et levés pour la période allant de 2003 à 2007
  • Tableau 5 Statistiques sommaires sur la durée des AQEP toujours en vigueur après le 31 décembre 2007, par raison de l'émission de l'avis
  • Tableau 6 Statistiques sommaires sur le nombre d'AQEP émis dans les communautés des Premières nations dans l'ensemble du Canada par saison, de l'été 2003 à l'automne 2007
  • Tableau 7 Statistiques sommaires de la durée des AQEP émis avant et après 2003

Définitions

Avis d'ébullition de l'eau (AEE) : On émet un avis d'ébullition de l'eau à l'intention de la population quand l'eau du réseau d'alimentation communautaire est contaminée par des organismes indicateurs de pollution fécale (p. ex. la bactérie Escheria coli) ou quand on met en doute la qualité de l'eau en raison de défaillances opérationnelles (comme une teneur inadéquate en résidus de chlore). Dans ces circonstances, le fait de faire bouillir l'eau pendant au moins une minute la rend propre à la consommation humaine. (Santé Canada, 2008a)

Avis de ne pas consommer (ANPC) : On émet un avis de ne pas consommer à l'intention de la population quand l'eau du réseau d'alimentation communautaire contient un contaminant, par exemple un produit chimique, qu'on ne peut éliminer de l'eau en la faisant bouillir. (Santé Canada, 2008a)

Avis de non-utilisation (ANU) : On émet un avis de non-utilisation quand le contaminant qui pose un risque pour la santé ne peut pas être éliminé de l'eau en la faisant bouillir et que l'exposition à l'eau peut causer une irritation de la peau, des yeux ou du nez. Un avis de non-utilisation est aussi utilisé quand un contaminant inconnu a contaminé l'approvisionnement en eau (p. ex. un déversement chimique). (Santé Canada, 2008a)

Avis concernant la qualité de l'eau potable (AQEP) : Mesure préventive visant à protéger la santé publique lorsqu'il y a présence avérée ou soupçonnée de contaminants microbiologiques ou chimiques, ou les deux, dans l'eau potable. Ce type d'avis comprend les « avis d'ébullition de l'eau », les « avis de ne pas consommer » et les « avis de non-utilisation ». (Santé Canada, 2008a)

Avis concernant la qualité de l'eau potable à long terme : Pour les besoins de la présente analyse, les avis concernant la qualité de l'eau potable à long terme sont ceux qui sont en vigueur pour plus d'un an.

Résumé

Par l'intermédiaire du Programme sur la qualité de l'eau potable, Santé Canada travaille en partenariat avec les communautés des Premières nations du Canada pour les aider à mettre en place des programmes de surveillance de la qualité de l'eau potable qui soient conformes aux Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada (RQEPC). Un aspect important de ces programmes de surveillance est qu'ils permettent aux communautés d'avertir leurs membres lorsque surviennent des problèmes relatifs à la qualité de l'eau potable en émettant des avis concernant la qualité de l'eau potable (AQEP). Les AQEP sont des mesures préventives qui visent à protéger la santé publique lorsqu'il y a présence avérée ou soupçonnée de contaminants microbiologiques ou chimiques, ou les deux, dans l'eau potable. Les AQEP incluent les « avis d'ébullition de l'eau », les « avis de ne pas consommer » et les « avis de non-utilisation ».

Le présent rapport donne un aperçu national des AQEP émis dans les communautés des Premières nations entre 1995 et 2007. Il vise à décrire la durée, la fréquence et les raisons de l'émission des AQEP dans les communautés des Premières nations du Canada. Les tendances pour la période allant de 2003 à 2007 ainsi que la variabilité saisonnière sont aussi examinées.

Les données régionales relatives aux AQEP produites pour les années entre 1995 et 2007 ont été compilées pour établir une base de données nationale. Les variables ayant trait aux avis sont les suivantes : le type d'avis, les raisons de l'émission de l'avis ainsi que la date d'émission et la date d'annulation de l'avis. Étant donné que les données produites sont plus uniformes après 2003, on a examiné les tendances pour la période allant de 2003 à 2007.

On peut résumer brièvement les résultats de la manière suivante. La durée médiane des AQEP était de 39 jours. Les raisons invoquées le plus souvent pour émettre des AQEP étaient les suivantes : une qualité microbiologique inacceptable, une désinfection inadéquate et le mauvais fonctionnement du matériel. La plupart des mesures correctives qui ont été prises pour pouvoir annuler un AQEP étaient liées à la résolution de problèmes opérationnels ainsi qu'à l'amélioration et à la réparation de certaines parties ou de l'ensemble des réseaux d'alimentation en eau. Le nombre d'AQEP émis ainsi que le nombre d'AQEP annulés ont augmenté au cours de la période de 2003 à 2007, ce qui pourrait en partie être expliqué par l'augmentation de la fréquence de l'échantillonnage de l'eau potable et la mise en œuvre d'autres mesures depuis 2003-2004 dans le cadre de la Stratégie de gestion de l'eau des Premières nations. Finalement, l'analyse indique que l'émission des AQEP pourrait varier en fonction des saisons.

On espère que cet aperçu national et cette analyse fourniront des renseignements utiles aux intervenants qui travaillent à l'amélioration de la qualité de l'eau potable dans les communautés des Premières nations.

1. Introduction

Un avis concernant la qualité de l'eau potable (AQEP) est une mesure préventive qui vise à protéger la santé publique de contaminants d'origine hydrique de nature microbiologique ou chimique, ou les deux, dont la présence dans l'eau potable est avérée ou soupçonnée (Santé Canada, 2008a). Ils incluent les avis d'ébullition de l'eau (AEE), les avis de ne pas consommer (ANC) et les avis de non-utilisation (ANU). « On émet un avis d'ébullition de l'eau à l'intention de la population quand l'eau du réseau d'alimentation communautaire est contaminée par des organismes indicateurs de pollution fécale (p. ex. Escheria coli) ou quand on met en doute la qualité de l'eau en raison de défaillances opérationnelles (comme une teneur inadéquate en résidus de chlore). Dans ces circonstances, le fait de faire bouillir l'eau pendant au moins une minute la rend propre à la consommation humaine » (Santé Canada, 2008a). « On émet un avis de ne pas consommer à l'intention de la population quand l'eau du réseau d'alimentation communautaire contient un contaminant, par exemple un produit chimique, qu'on ne peut éliminer de l'eau en la faisant bouillir » (Santé Canada, 2008a). Finalement, « on émet un avis de non-utilisation quand le contaminant qui pose un risque pour la santé ne peut pas être éliminé de l'eau en la faisant bouillir et que l'exposition à l'eau peut causer une irritation de la peau, des yeux et/ou du nez. Un avis de non utilisation est aussi utilisé quand un contaminant inconnu a contaminé l'approvisionnement en eau (p. ex. un déversement chimique) » (Santé Canada, 2008a).

Par l'intermédiaire du Programme sur la qualité de l'eau potable, Santé Canada travaille en partenariat avec plus de 600 communautés des Premières nations du Canada pour veiller à ce que des programmes de surveillance de la qualité de l'eau potable soient mis en place. On détermine la qualité de l'eau potable en effectuant des tests sur des échantillons d'eau afin de déceler la présence de contaminants bactériologiques, chimiques, physiques ou radiologiques. Les tests sont effectués par un contrôleur communautaire de la qualité de l'eau potable, un agent d'hygiène du milieu (AHM) de Santé Canada ou un membre de la communauté des Premières nations.

Les AHM examinent et interprètent les résultats des tests relatifs à la qualité de l'eau potable. Si la qualité de l'eau est jugée non satisfaisante, l'AHM communique immédiatement les recommandations appropriées au chef et au conseil, qui prennent ensuite des mesures telles que l'émission d'un AQEP. La responsabilité d'émettre un AQEP dans la communauté visée incombe au chef et au conseil. Ces derniers ont aussi la responsabilité de prendre les moyens nécessaires pour communiquer l'AQEP aux résidents et aux autres intervenants appropriés. Santé Canada, Affaires indiennes et du Nord Canada et d'autres partenaires peuvent aussi offrir avis et conseils en cette matière (Santé Canada, 2007a).

2. Objectif

Le présent rapport donne un aperçu national de la durée, de la fréquence et des raisons de l'émission des AQEP dans les communautés des Premières nations de 1995 à 2007.

3. Méthodes

Les données sur les AQEP produites par les sept Services de l'hygiène du milieu des Régions de la Santé des Premières nations et des Inuits pour la période allant de 1995 à 2007 ont été compilées afin de créer un ensemble de données national sur les AQEP. Les AQEP portent principalement sur les réseaux d'alimentation en eau munis de cinq raccordements ou plus et sur les réseaux publics de distribution d'eau. Les données recueillies incluent le type d'avis, la date d'émission et la date d'annulation de l'avis, les raisons de l'émission et les mesures correctives nécessaires pour annuler l'avis. On a dû exclure six avis de l'analyse, car les données sur la date d'émission et la date d'annulation de l'avis étaient incomplètes. Au total, on a analysé 654 avis en juin 2008 afin d'établir la durée moyenne et la durée médiane des AQEP émis en date du 31 décembre 2007. Tout avis émis pendant la période visée, mais qui a fait l'objet d'un rapport après cette date, a été exclu de l'analyse.

Les raisons de l'émission de l'avis ont été fournies dans 645 cas. Elles sont classées par catégories dans les bases de données régionales conformément à une liste de raisons qui a été élaborée par le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable (Santé Canada, 2001). Elles sont donc regroupées selon les catégories suivantes : détérioration significative de la qualité de la source d'eau, mauvais fonctionnement du matériel lors du traitement ou de la distribution, désinfection ou résiduel de désinfectant inadéquat, qualité microbiologique inacceptable, turbidité ou numération des particules inacceptable, situations dans lesquelles le fonctionnement du système pourrait compromettre la santé publique, données épidémiologiques indiquant que l'eau potable est ou pourrait être la cause de l'éclosion d'une maladie, et autre. Dans le présent rapport, les noms des catégories ont été abrégés de la manière suivante : source d'eau, matériel, désinfection, qualité microbiologique, turbidité, fonctionnement du système, données épidémiologiques et autre.

Les données qualitatives ayant trait aux mesures correctives jugées nécessaires par les AHM pour que les avis puissent être levés ont été analysées dans le contexte de la présente étude. Deux chercheurs ont codé de manière indépendante les descriptions écrites des mesures correctives déterminées par les AHM comme étant nécessaires pour lever les avis. Les chercheurs ont comparé et révisé leurs catégories, puis ont produit un ensemble commun de catégories servant à saisir les caractéristiques pertinentes et récurrentes des mesures correctives décrites par les AHM. Étant donné qu'une combinaison de mesures est souvent nécessaire pour lever un avis, plusieurs catégories de mesures préventives s'appliquent dans certains cas. Les mesures correctives ont été regroupées selon les cinq catégories suivantes : problèmes opérationnels, élimination de l'arsenic/uranium, dotation et formation, amélioration et réparation du réseau d'approvisionnement en eau, et autres.

Le présent rapport utilise un certain nombre de termes pour définir l'état de l'avis et situer la période au cours de laquelle il était en vigueur. Lorsqu'un avis est émis par un chef et un conseil, il est en vigueur jusqu'à ce qu'on ait réglé le problème à l'origine de cet avis. Un avis en vigueur signifie que le chef et le conseil recommandent de prendre les mesures prescrites pour le type particulier d'avis qui est émis. L'avis peut être levé par le chef et le conseil lorsque les mesures nécessaires pour régler le problème ont été prises et que l'eau est de nouveau propre à la consommation humaine. Le présent rapport utilise également des termes pour préciser la période d'analyse au cours de laquelle les avis étaient en vigueur, par exemple, au cours d'un seul exercice financier ou au cours d'une période qui s'étend sur plusieurs exercices. Un AQEP nouveau est un avis qui a été émis au cours de la période définie. Un AQEP reporté est un avis qui a été émis avant la période définie. Un AQEP toujours en vigueur est un avis qui demeure en vigueur après la fin de la période définie. Finalement, un AQEP à long terme est un AQEP qui est en vigueur pendant plus d'un an.

On a effectué une analyse des séries chronologiques afin de déceler une tendance éventuelle dans le nombre d'AQEP en vigueur chaque année entre 2003 et 2007. On a mené des analyses de régression linéaire du nombre annuel d'AQEP émis et annulés, ainsi que du nombre d'AQEP nouvellement reportés pour la période allant de 2003 à 2007, et ce, au moyen du programme statistique SigmaStat 3.5 (logiciel de la compagnie Systat Software Inc.).

On a effectué une analyse statistique du nombre moyen d'avis émis par saison afin de déterminer s'il y avait un écart important. Comme les données sur les AQEP fournies à l'administration centrale de Santé Canada étaient plus uniformes après 2003, l'enquête sur la variabilité saisonnière des avis émis a été limitée à la période allant de l'été 2003 à la fin de l'année 2007 inclusivement (n=541). Les dates du 21 mars, 21 juin, 23 septembre et 21 décembre ont été retenues comme les dates de début du printemps, de l'été, de l'automne et de l'hiver respectivement. Un test visant à déterminer la fluctuation saisonnière a servi à déterminer l'importance de la répartition saisonnière des AQEP émis. On a ensuite calculé le nombre moyen d'AQEP par saison ainsi des intervalles de confiance de 95 % pour la moyenne. On a comparé la différence des moyennes entre les saisons à l'aide d'une analyse de la variance simple, puis on a effectué un test de Bonferroni pour établir des comparaisons multiples des moyennes entre les saisons. De plus, une analyse générale du nombre d'AQEP émis par saison a été effectuée au moyen du test de Mann-Kendall pour déterminer la tendance et évaluer la pente. Le logiciel statistique SYSTAT 12 a été utilisé pour ces analyses.

Pour déterminer s'il y avait des différences entre les données fournies sur la durée des AQEP en vigueur avant et après la mise en œuvre de la Stratégie de gestion de l'eau des Premières nations (SGEPN) en 2003, on a eu recours à des tests d'homogénéité afin de comparer la durée des AQEP en vigueur cinq ans avant et cinq ans après le 31 décembre 2002.

4. Résultats

4.1. Description de tous les AQEP

Jusqu'à la fin de décembre 2007, les avis les plus brefs ont été en vigueur pendant moins d'une journée (émis et levés le même jour) et les avis les plus longs ont été en vigueur pendant près de 13 ans. La durée moyenne de tous les AQEP est de 343 jours, mais, à cause de la répartition asymétrique et de la variation importante de la durée, la médiane reflète mieux la durée habituelle d'un AQEP. La médiane indique que la moitié de tous les AQEP émis ont été levés dans un délai de 39 jours (tableau 1).

Entre 1995 et 2007, 2 % de tous les AQEP ont été en vigueur pendant un jour ou moins, 6 % pendant 3 jours ou moins, 20 % pendant une semaine ou moins, 35 % pendant 2 semaines ou moins, 46 % pendant 4 semaines ou moins, 60 % pendant 3 mois ou moins et 68 % pendant 6 mois ou moins (figure 1). Dans l'ensemble, les trois quarts des avis (75 %) ont été émis pour une durée de moins d'un an et, par conséquent, le quart de tous les avis (25 %) ont été en vigueur pendant plus d'un an (avis à long terme).

Tableau 1. Statistiques sommaires sur la durée de tous les AQEP ayant fait l'objet d'un rapport entre 1995 et 2007 (n=654).
Statistiquessommaires Durée(jours)
Moyenne 343
Médiane 39
Écart type 638
Minimum <1*
Maximum 4 716

* Certains avis sont émis et levés le même jour.

Figure 1. Répartition de la durée de tous les AQEP ayant fait l'objet d'un rapport entre 1995 et 2007 (n=654)

Figure 1. Répartition de la durée de tous les AQEP ayant fait l'objet d'un rapport entre 1995 et 2007 (n=654)

Les raisons les plus courantes indiquées pour émettre un AQEP sont une qualité microbiologique inacceptable (39 %), une désinfection ou un résiduel de désinfectant inadéquat (34 %) et le mauvais fonctionnement du matériel lors du traitement ou de la distribution (28 %) (figure 2). Les autres raisons fournies incluent une inondation et des taux élevés d'uranium dans l'eau. Il est à noter qu'aucun avis n'a été émis en raison de données épidémiologiques indiquant que l'eau potable était ou pourrait être responsable de l'éclosion d'une maladie. Les raisons pour lesquelles l'avis a été émis n'ont pas été fournies dans le cas de 8 avis sur 654 (1 %).

Les avis attribués à une désinfection ou à un résiduel de désinfectant inadéquat ont la durée médiane la plus longue, soit 159 jours, suivis par les situations dans lesquelles le fonctionnement du système pourrait compromettre la santé publique, soit 151 jours. La catégorie « autre » est utilisée principalement dans une région, dans le cas d'avis liés à des événements météorologiques comme des inondations. Ces avis ont la durée médiane la plus courte, soit 3 jours. Dans le cas d'une détérioration significative de la qualité de la source d'eau et d'une turbidité ou numération des particules inacceptables, les durées médianes sont de 16 et 20 jours respectivement (tableau 2).

Figure 2. Raisons fournies pour l'émission des avis en date du 31 décembre 2007 (n=939; noter qu'il peut y avoir plus d'une raison pour un avis donné et que, par conséquent, le nombre de raisons (n=939) est plus élevé que le nombre d'avis (n=646))

Figure 2. Raisons fournies pour l'émission des avis en date du 31 décembre 2007 (n=939; noter qu'il peut y avoir plus d'une raison pour un avis donné et que, par conséquent, le nombre de raisons (n=939) est plus élevé que le nombre d'avis (n=646))

Tableau 2. Statistiques sommaires sur la durée des AQEP par raison de l'émission des avis (n=939 raisons citées pour 646 AQEP)
Raisons fournies Durée(jours)
Moyenne Médiane ET Min. Max.
Source d'eau 324 16 780 1 3 639
Matériel 318 33 618 1 3 227
Désinfection 590 159 806 < 1 4 716
Qualité microbiologique 361 77 614 < 1 3 639
Turbidité 139 20 303 1 2 139
Fonctionnement du système 590 151 839 < 1 2 286

Autre* 128 3 401 2 1 336
* Cette catégorie est utilisée dans une région, principalement dans le cas d'avis liés à des événements météorologiques. Elle inclut aussi un avis à long terme attribué à des niveaux inacceptables d'uranium d'origine naturelle.

4.2. Description des AQEP à long terme

Une analyse plus détaillée des avis à long terme (AQEP en vigueur pendant un an ou plus) a été menée pour mieux comprendre les facteurs à l'origine de la prolongation de ces avis. Le quart (25 %) de tous les avis ont été répertoriés comme étant des avis à long terme; de ce nombre, la moitié ont été levés dans un délai de trois ans (figure 1). De tous les avis à long terme recensés, 35 % (57 communautés (com.)) ont été en vigueur jusqu'à 2 ans, 15 % (24 com.) jusqu'à 3 ans, 23 % (37 com.) jusqu'à 4 ans, 8 % (13 com.) jusqu'à 5 ans, 7 % (11 com.) jusqu'à 6 ans, 3 % (5 com.) jusqu'à 7 ans, 6 % (10 com.) jusqu'à 8 ans, 2 % (3 com.) jusqu'à 9 ans, 1 % (1 com.) jusqu'à 10 ans et 1 % (1 com.) jusqu'à 13 ans (figure 3).

Figure 3. Répartition de la durée des AQEP à long terme (en années) en date du 31 décembre 2007 (n=162)

Répartition de la durée des AQEP à long terme (en années) en date du 31 décembre 2007 (n=162)

Figure 4. Raisons fournies pour l'émission d'AQEP qui durent plus ou moins qu'un an, en date du 31 décembre 2007. Un avis donné peut être attribué à plus d'une raison et, par conséquent, la somme des pourcentages dépassera 100 % (n=685 raisons pour 485 AQEP d'une durée de moins d'un an et n=254 raisons pour 161 AQEP d'une durée de plus d'un an). Les astérisques indiquent les écarts statistiques.

Raisons fournies pour l'émission d'AQEP qui durent plus ou moins qu'un an, en date du 31 décembre 2007. Un avis donné peut être attribué à plus d'une raison et, par conséquent, la somme des pourcentages dépassera 100 % (n685 raisons pour 485 AQEP d'une durée de moins d'un an et n254 raisons pour 161 AQEP d'une durée de plus d'un an. Les astérisques indiquent les écarts statistiques.

Tableau 3. Statistiques sommaires sur la durée des AQEP en vigueur pour plus d'un an en date du 31 décembre 2007, par raison de l'émission des avis (n=254 raisons pour 161 AQEP, car un avis donné peut être attribué à plus d'une raison).
Raisons fournies Durée (jours)
Moyenne Médiane ET Min. Max.
Source d'eau 1 808 1 834 1 092 472 3 639
Matériel 1 243 943 799 394 3 227
Désinfection 1 340 1 272 791 377 4 716
Qualité microbiologique 1 144 1 151 720 369 3 639
Turbidité 989 1 015 510 420 2 139
Fonctionnement du système 1 323 1 141 860 408 2 286
Autre* 1 075 1 075 n.d. 1 075 1 075.

* Cette catégorie est utilisée dans une région, principalement dans le cas d'avis liés à des événements météorologiques. Elle inclut aussi un avis à long terme attribué à des niveaux inacceptables d'uranium d'origine naturelle

Entre 1995 et 2007, 162 avis au total sont restés en vigueur pour une période de plus d'un an. Les raisons de l'émission n'ont pas été fournies pour un de ces avis. La raison citée le plus souvent était une désinfection ou un résiduel de désinfectant inadéquat dans 56 % des avis; les autres raisons étaient une qualité microbiologique inacceptable (43 % des AQEP), le mauvais fonctionnement du matériel (24 % des AQEP) et des situations dans lesquelles le fonctionnement du système pourrait compromettre la santé publique (21 % des AQEP) (figure 4). Pour les besoins de la comparaison, les raisons de l'émission des avis qui ont duré moins d'un an ont aussi été incluses dans la figure 4. Une qualité microbiologique inacceptable est la raison citée le plus souvent pour 38 % des avis qui ont été en vigueur pendant moins d'une année; les autres raisons étaient le mauvais fonctionnement du matériel (29 %), une désinfection ou un résiduel de désinfectant inadéquat (27 %) et une turbidité inacceptable (25 %) (figure 4). Aucun avis n'a été émis en raison de données épidémiologiques indiquant que l'eau potable était ou pourrait être responsable de l'éclosion d'une maladie. Les analyses statistiques ont révélé que le pourcentage des avis émis était différent pour les avis de moins d'un an par rapport aux avis à long terme en tenant compte de trois variables : une désinfection inadéquate, une turbidité inacceptable et les situations dans lesquelles le fonctionnement du système pourrait compromettre la santé publique (tests d'homogénéité, p < 0,001).

En moyenne, environ 15 % des avis à long terme en vigueur ont été levés dans l'année, quelle que soit l'année. Par voie de conséquence, 85 % des avis à long terme sont restés en vigueur pendant l'année ou les années qui ont suivi celle de l'émission de ces avis (tableau 4).

Tableau 4. Nombre d'AQEP à long terme en vigueur et levés pour la période allant de 2003 à 2007
Année Nombre d'AQEP à long terme en vigueur Nombre d'AQEP à long terme levés % d'AQEP à long terme levés
2003 53 7 13 %
2004 68 8 12 %
2005 95 22 23 %
2006 90 14 16 %
2007 104 11 11 %

4.3. Description des AQEP toujours en vigueur à la fin de 2007

Le 31 décembre 2007, 117 avis au total étaient toujours en vigueur. Moins de 1 % de ces avis étaient en vigueur depuis moins de 4 semaines, 3 % depuis moins de 3 mois, 11 % depuis moins de 6 mois, 21 % depuis moins d'un an et 79 % depuis plus d'un an (figure 5).

Figure 5. Répartition de la durée des AQEP toujours en vigueur après le 31 décembre 2007 (n=117)

Répartition de la durée des AQEP toujours en vigueur après le 31 décembre 2007 (n=117)

Les raisons indiquées pour les avis toujours en vigueur sont assez semblables à celles fournies pour tous les avis à long terme (figure 6). Une désinfection inadéquate est une raison citée dans la majorité des avis (57 %); les autres raisons sont une qualité microbiologique inacceptable (45 %), le mauvais fonctionnement du matériel (20 %) et des situations dans lesquelles le fonctionnement du système pourrait compromettre la santé publique (16 %).

Figure 6. Raisons pour l'émission d'AQEP qui restent en vigueur après le 31 décembre 2007 (n=180 raisons pour 117 AQEP; étant donné qu'un AQEP peut être attribué à plusieurs raisons, la somme des pourcentages s'élève à plus de 100 %)

Raisons pour l'émission d'AQEP qui restent en vigueur après le 31 décembre 2007 (n=180 raisons pour 117 AQEP; étant donné qu'un AQEP peut être attribué à plusieurs raisons, la somme des pourcentages s'élève à plus de 100 %)

Tableau 5. Statistiques sommaires sur la durée des AQEP toujours en vigueur après le 31 décembre 2007, par raison de l'émission de l'avis (n=180 raisons pour 117 AQEP).
Raisons fournies Durée (jours)
Moyenne Médiane ET Min. Max.
Source d'eau 1 189 946 927 138 2 708
Matériel 1 267 943 1 027 21 3 227
Désinfection 1 306 1 272 899 60 4 716
Qualité microbiologique 1 008 1 088 747 61 3 227
Turbidité 835 572 746 165 2 139
Fonctionnement du système 1 437 1 166 1 023 151 3 286
Autre* 1 336 1 336 n.d. 1 336 1 336

* Cette catégorie est utilisée dans une région, principalement dans le cas d'avis liés à des événements météorologiques. Elle inclut aussi un avis à long terme attribué à des niveaux inacceptables d'uranium d'origine naturelle.

4.4. Mesures correctives nécessaires pour lever les avis à long terme toujours en vigueur en 2008

Les mesures correctives nécessaires citées le plus souvent pour annuler un AQEP à long terme qui était toujours en vigueur au 31 décembre 2007 concernent les aspects suivants : atténuation des problèmes opérationnels (70 %) et l'amélioration et la réparation des réseaux d'alimentation en eau (60 %) (figure 7). La catégorie portant sur l'atténuation des problèmes opérationnels inclut des questions liées au fonctionnement du réseau, y compris les procédures relatives aux tests ou à la chloration (lorsque les niveaux de chlore ne sont pas conformes aux recommandations ou lorsque les chlorateurs ne sont pas branchés). L'amélioration et la réparation peuvent comprendre la construction d'une partie ou de l'ensemble d'un réseau d'alimentation en eau.

Figure 7. Mesures correctives nécessaires pour annuler un AQEP à long terme toujours en vigueur en 2008 (n=166 mesures correctives répertoriées pour 84 des 93 AQEP). Plusieurs mesures correctives peuvent être associées à un avis donné.

Mesures correctives nécessaires pour annuler un AQEP à long terme toujours en vigueur en 2008 (n =166 mesures correctives répertoriées pour 84 des 93 AQEP). Plusieurs mesures correctives peuvent être associées à un avis donné.

4.5. Fréquence des AQEP (de 2003 à 2007)

L'analyse des données démontre l'existence d'une forte tendance à la hausse du nombre d'AQEP en vigueur entre 2003 et 2007 (test de Mann-Kendall, p=0,042) (figure 8). Le nombre de communautés des Premières nations visées par un AQEP suit aussi une forte tendance à la hausse au cours de la même période (test de Mann-Kendall, p=0,042).

Figure 8. Nombre d'AQEP en vigueur et nombre de communautés des Premières nations visées pour la période allant de 2003 à 2007

Nombre d'AQEP en vigueur et nombre de communautés des Premières nations visées pour la période allant de 2003 à 2007

Le nombre annuel d'avis en vigueur, quelle que soit l'année, est influencé par le nombre d'AQEP reportés de l'année précédente et le nombre d'avis nouveaux émis pendant l'année. Le nombre d'avis reportés à l'année suivante a augmenté au cours de la période entre 2003 et 2005, puis il s'est stabilisé en 2006 et a augmenté de nouveau en 2007. Néanmoins, le nombre de nouveaux avis reportés n'a pas augmenté de manière significative pendant la même période (p=0,402) (figure 9). Le nombre d'AQEP émis a fluctué d'une année à l'autre au cours de la période entre 2003 et 2007 et la tendance globale est à l'augmentation (p=0,032). Le nombre d'AQEP annulés a aussi fluctué d'une année à l'autre et suit une tendance à la hausse (p=0,007) (figure 9).

Figure 9. Nombre annuel d'AQEP émis, reportés et annulés pour la période allant de 2003 à 2007

Nombre annuel d'AQEP émis, reportés et annulés pour la période allant de 2003 à 2007

4.6. Tendances saisonnières relatives au nombre d'AQEP émis

L'examen visuel du nombre d'avis émis par saison indique l'existence d'un cycle saisonnier qui a été confirmée par un test visant à établir les tendances saisonnières (p < 0,05) (figure 10). L'analyse du nombre moyen d'avis émis par saison fait ressortir une différence statistique entre les saisons (p=0,013). Le nombre moyen des avis émis pendant l'été est plus élevé que le nombre moyen des avis émis pendant l'hiver (p=0,02) (tableau 6). La preuve d'une différence statistique entre le nombre moyen des avis émis pendant l'automne et pendant l'hiver est marginale (p=0,06).

Il est aussi intéressant de mentionner qu'il existe, dans l'ensemble, une tendance à la hausse importante du nombre d'avis émis entre l'été 2003 et l'automne 2007 (analyse des tendances de Mann-Kendall, p < 0,05, pente 1,250).

Figure 10. Nombre d'AQEP émis chaque saison, de l'été 2003 à l'automne 2007

Nombre d'AQEP émis à chaque saison, de l'été 2003 à l'automne 2007

Tableau 6. Statistiques sommaires sur le nombre d'AQEP émis dans les communautés des Premières nations dans l'ensemble du Canada par saison, de l'été 2003 à l'automne 2007. Les différentes lettres indiquent des différences statistiques importantes entre les nombres moyens d'AQEP par saison. Abréviations : ET : écart type, ETM : écart type de la moyenne, MIN. : minimum et MAX. : maximum.
Saison Nombrede saisons Moyenne ET ETM 95 % d'intervalle de confiance pour la moyenne MIN MAX
Borneinf. Bornesup.
Hiver 4 18 (A) 5 3 926 13 24
Printemps 4 24 (AB) 9 5 9 39 15 37
Été 5 39 (B) 11 5 25 52 26 48
Automne 5 36 (AB) 10 5 24 49 25 47
Toutesles saisons 18 30 12 3 24 36 13 48

4.7. Comparaison de la durée des AQEP avant et après 2003

On a comparé la durée des avis en vigueur avant et après la mise en œuvre de la SGEPN en 2003. Selon les sources, un moins grand nombre d'avis étaient en vigueur avant 2003 (n=98) par rapport au nombre d'avis en vigueur après cette année (n=615). La durée moyenne ainsi que la durée médiane des AQEP en vigueur avant 2003 étaient plus longues que celles des avis en vigueur après 2003 (tableau 7).

Même si le pourcentage des avis en vigueur pendant moins d'une journée est le même avant et après 2003 (2 %), les pourcentages des avis en vigueur pendant 2 à 3 jours, 4 à 7 jours, 1 à 2 semaines et 2 à 4 semaines étaient moins élevés avant 2003 (0 %, 3 %, 5 % et 3 %, respectivement) qu'après 2003 (5 %, 14 %, 14 % et 12 %, respectivement) (figure 11) (analyses du khi-carré, p=0,021, 0,002, 0,012 et 0,008, respectivement). En revanche, le pourcentage des avis en vigueur pendant 7 à 12 mois était plus élevé avant 2003 (14 %) qu'après 2003 (7 %) (analyse du khi-carré, p=0,016). Finalement, le pourcentage des avis demeurés en vigueur pendant plus d'une année était aussi plus élevé avant 2003 (43 %) qu'après 2003 (24 %) (analyse du khi-carré, p < 0,001).

Tableau 7. Statistiques sommaires de la durée des AQEP émis avant et après 2003
Statistiques sommaires Durée(jours)
Avant 2003
AQEP en vigueur entre le 1er janv. 1998 et le 31déc. 2002(n=98)
Après 2003
AQEP en vigueur entre le 1er janv. 2003 et le 31déc. 2007(n=615)
Moyenne 425 295
Médiane 307 35
Écarttype 458 499
Minimum < 1* < 1*
Maximum 1 825 1 825

Figure 11. Répartition de la durée des AQEP en vigueur avant 2003 (en noir, n=98) et après 2003 (en gris, n=615). Les astérisques indiquent les différences statistiques entre les pourcentages des avis émis avant et après 2003.

Répartition de la durée des AQEP en vigueur avant 2003 (en noir, n=98) et après 2003 (en gris, n=615). Les astérisques indiquent les différences statistiques entre les pourcentages des avis émis avant et après 2003.

5. Discussion

La durée moyenne globale des AQEP dans les communautés des Premières nations est presque d'un an (343 jours), mais, en raison de la grande variation et de la distribution asymétrique des durées, la médiane fournit une meilleure estimation de la durée habituelle des avis, soit que la moitié des avis sont levés dans un délai de moins de 39 jours. Ces données indiquent que la plupart des avis ont été levés dans un délai relativement court, même si le quart de tous les avis émis entre 1996 et 2007 sont restés en vigueur pendant plus d'un an.

L'analyse des avis à long terme révèle les faits suivants : en moyenne, seulement 15 % des avis à long terme ont été levés au cours d'une année entre 2003 et 2007. De plus, 79 % des avis toujours en vigueur en 2008 sont restés valides pendant plus d'une année, ce qui laisse entendre qu'il est difficile de résoudre les problèmes liés à des avis à long terme.

On a constaté une augmentation importante du nombre d'AQEP en vigueur dans les communautés des Premières nations entre 2003 et 2007. Deux facteurs distincts sont mis en lumière dans ce résultat : un nombre croissant d'avis émis annuellement et l'effet cumulatif des avis à long terme dont les causes n'ont pas été résolues et qui ont été reportés de l'année précédente (ou des années précédentes). La SGEPN a été créée en 2003, et plusieurs facteurs liés à sa mise en œuvre peuvent avoir influencé le nombre absolu d'AQEP émis au cours de la période entre 2003 et 2007. Par exemple, le nombre d'échantillons d'eau testés a été multiplié par sept entre 2002 et 2006 (Santé Canada, 2007a). De plus, le nombre de communautés des Premières nations qui ont accès aux services de surveillants communautaires de la qualité de l'eau potable et le nombre de communautés qui utilisent des trousses portatives pour effectuer les analyses bactériologiques ont plus que doublé, et le nombre d'agents d'hygiène du milieu a augmenté du tiers (Santé Canada, 2007a). Lorsque le nombre d'activités de surveillance et de production de rapports sur la qualité de l'eau potable augmente, un plus grand nombre de problèmes seront vraisemblablement décelés et le nombre d'AQEP émis augmentera également. Parallèlement, le nombre d'AQEP levés a aussi beaucoup augmenté entre 2003 et 2007, ce qui indique qu'il y aurait une augmentation concomitante du nombre d'interventions adéquates pour régler les causes à l'origine des avis et faire en sorte que l'eau soit propre à la consommation humaine.

Les données démontrent bien qu'il existe un cycle saisonnier dans l'émission des AQEP. Il faut effectuer des recherches plus approfondies pour expliquer les facteurs qui influencent cette variabilité saisonnière observée. Parmi les facteurs possibles, on peut citer les phénomènes météorologiques violents plus fréquents, la hausse des températures et les niveaux de l'eau qui sont plus bas pendant l'été et l'automne. De plus, il est possible que les échantillonnages soient plus fréquents ou qu'on ait recours plus souvent à des mesures préventives durant ces périodes.

Les raisons le plus souvent fournies pour émettre un AQEP entre 1995 et 2007 étaient les suivantes : une qualité microbiologique inacceptable, une désinfection ou un résiduel de désinfectant inadéquat et le mauvais fonctionnement du matériel lors du traitement ou de la distribution. Ces raisons pour émettre des avis sont celles qui sont le plus souvent citées au cours des différentes périodes étudiées, y compris dans le cas des avis pour une durée de moins d'un an, des avis à long terme et des avis à long terme toujours en vigueur en 2008. Il existe aussi des différences dans les raisons citées pour l'émission d'avis selon les périodes définies : une turbidité inacceptable est une raison fournie trois fois plus souvent dans le cas d'avis en vigueur pour moins d'un an que dans le cas d'avis à long terme. La détérioration de la source d'eau est une raison fournie presque deux fois plus souvent dans le cas d'avis qui ont duré moins d'un an, comparativement aux avis à long terme. Une turbidité inacceptable et la détérioration de la source d'eau sont aussi des raisons citées dans le cas des AQEP dont les durées moyenne et médiane sont les plus courtes. En tenant compte de ces observations, on peut conclure que les AQEP émis pour ces raisons pourraient vraisemblablement être annulés en moins d'un an. Par ailleurs, une désinfection inadéquate et le mauvais fonctionnement du système sont des raisons qui sont fournies deux fois plus souvent dans le cas des avis à long terme, comparativement aux avis en vigueur pendant moins d'une année. Voici des exemples de situations dans lesquelles le fonctionnement du système pourrait compromettre la santé publique : taux élevés d'arsenic ou d'uranium dans la source d'eau et circonstances dans lesquelles il est difficile de maintenir un équilibre acceptable des concentrations de produits chimiques utilisés pour le traitement des eaux. Une désinfection inadéquate et le mauvais fonctionnement du système sont les raisons associées aux avis dont les durées moyennes et médianes sont les plus longues; par conséquent, il y a davantage de risques que les avis émis pour ces raisons deviennent des avis à long terme. On devrait donc accorder une attention particulière aux avis émis pour ces raisons. Il est important de noter qu'aucun avis n'a été émis en raison de données épidémiologiques indiquant que l'eau potable était ou pourrait être responsable de l'éclosion d'une maladie au sein des communautés des Premières nations.

Les catégories de raisons pour l'émission d'un AQEP sont proposées par les bases de données régionales au cours de la saisie des données, mais les critères associés à certaines raisons varient. Par exemple, les critères relatifs à une qualité microbiologique inacceptable varient. Certaines compétences émettent des avis seulement s'il y a présence avérée de coliformes selon un niveau qui est inacceptable ou après la numération sur plaque des bactéries hétérotrophes. Dans d'autres compétences, les avis sont émis seulement pour intervenir lorsqu'il y a présence avérée d'E. coli/de coliformes thermotolérants. (Santé Canada, 2007b). Il faudrait mener une analyse plus approfondie des avis émis en raison d'une qualité microbiologique inacceptable pour déterminer l'importance de la variation (entre les régions, et/ou au sein des régions) des critères associés à cette catégorie.

Les mesures correctives nécessaires pour s'attaquer aux causes des avis à long terme toujours en vigueur à la fin de 2007 étaient en grande partie liées aux problèmes opérationnels et à l'amélioration et à la réparation des réseaux d'alimentation en eau. Ces conclusions prouvent une fois de plus l'existence de problèmes sous-jacents en matière d'opérations et d'infrastructure dans le cas de la plupart des avis à long terme.

Un des objectifs de la SGEPN est de mettre en œuvre « une série de protocoles intégrés de gestion de la qualité de l'eau définissant clairement les rôles et responsabilités conformes aux normes de rendement nationales ainsi que l'amélioration des mesures d'intervention en cas d'urgence » (Affaires indiennes et du Nord Canada, 2008). On a comparé les données afin d'évaluer les répercussions de la Stratégie sur la durée des avis recensés depuis sa mise en œuvre en 2003. Au total, 98 AQEP étaient en vigueur au cours des cinq années qui ont précédé la mise en œuvre de la Stratégie en 2003 (une moyenne de 19,6 AQEP en vigueur à chaque année), comparativement à 615 pendant les cinq années qui ont suivi la mise en œuvre (une moyenne de 123 AQEP en vigueur à chaque année). Comme nous l'avons indiqué précédemment, cet écart important pourrait être simplement le reflet d'une surveillance accrue depuis 2003 et de changements effectués à certaines directives fédérales. Par ailleurs, les avis en vigueur après 2003 ont été levés plus rapidement que ceux qui étaient en vigueur avant 2003. Alors que la durée médiane des avis en vigueur avant 2003 était de 307 jours, la durée médiane de tels avis après 2003 était de 35 jours. Le pourcentage des avis levés dans un délai de quatre semaines a augmenté, passant de 13 % avant 2003 à 48 % après 2003. De plus, les avis à long terme en vigueur étaient moins nombreux après 2003. Cette analyse comparative semble indiquer que les avis émis depuis la mise en œuvre de la SGEPN sont résolus plus rapidement que ceux émis avant la mise en œuvre de la Stratégie. Cependant, comme les rapports sur les avis sont produits de manière plus uniforme depuis 2003, il est possible que les différences observées soient dues, en partie, au caractère incomplet des rapports sur les avis émis avant 2003.

6. Forces et limites

Les données sur les AQEP sont recueillies sur une base prospective dans toutes les régions du Canada. Cinq des sept régions utilisent le même système de collecte de données. Les autres régions recueillent de l'information similaire sur la plupart des variables, mais il y a certaines différences liées aux formats et aux détails de l'information recueillie. La plupart des données sont saisies rapidement dans les bases de données après l'émission de l'avis et la plupart des régions fournissent un rapport sur les données à l'administration centrale chaque semaine.

Les erreurs relatives à la saisie des données sont réduites au minimum en raison de la production d'un rapport hebdomadaire et du rapprochement des données sur tout écart en temps opportun. La saisie des données est parfois retardée jusqu'à près de six mois après l'émission d'un AQEP, bien qu'une telle situation soit rare. Comme ce rapport est produit six mois après la période de rapport en ce qui a trait à la plupart des données, on croit que les conséquences d'un tel retard sont minimes.

Puisque les données incomplètes représentent environ 1 % de l'ensemble de données complet, leur exclusion n'aurait pas de répercussions graves.

La présente étude définit un ensemble de catégories servant au codage des mesures correctives qui sont nécessaires pour lever les avis. On pourrait mener une enquête sur la fiabilité et la validité de ces catégories afin de créer un ensemble normalisé de catégories qui pourrait être intégré aux bases de données régionales.

Finalement, lorsqu'on compare les AQEP en vigueur avant et après la mise en œuvre de la SGEPN en 2003, il faut noter que les rapports sur les AQEP fournis à l'administration centrale étaient plus uniformes après la mise en œuvre de la Stratégie. Il est donc possible que les différences observées reflètent le caractère incomplet des rapports sur les avis émis avant 2003.

7. Conclusions

Depuis la mise en œuvre de la SGEPN, les progrès importants effectués dans la surveillance de la qualité de l'eau potable ont contribué au renforcement des capacités de détecter et de régler les problèmes potentiels liés à la qualité de l'eau potable dans les communautés des Premières nations. Les mesures mises en place incluent une dotation améliorée et un plus grand nombre de tests qui permettent de prendre des décisions éclairées et en temps opportun afin de protéger la santé publique (Santé Canada, 2007b). La Stratégie inclut aussi des initiatives qui contribuent à l'amélioration du système de gestion de l'eau, comme l'élaboration et la distribution de procédures, de cadres de travail et d'outils de formation nationaux. Voici des exemples de publications produites grâce à ces initiatives : la version révisée du Manuel de procédures en matière de salubrité de l'eau potable dans les collectivités des Premières nations au sud du 60e parallèle (Santé Canada, 2007a), la Procédure ayant trait aux avis concernant la qualité de l'eau potable dans les communautés des Premières nations au sud du 60e parallèle (Santé Canada, 2007b) et les Lignes directrices relatives à l'examen des projets d'alimentation en eau et d'assainissement dans les collectivités des Premières nations au sud du 60e parallèle (Santé Canada, 2007c).

Malgré ces progrès, il faut régler certains problèmes liés aux opérations et aux infrastructures pour pouvoir lever les avis concernant la qualité de l'eau potable à long terme dans beaucoup de communautés des Premières nations. Plus précisément, les problèmes en matière de désinfection de l'eau potable sont associés à plusieurs avis à long terme. Pour pouvoir mettre fin à ces avis à long terme, il faudra obtenir un engagement renouvelé et une meilleure collaboration de la part des Premières nations et de tous les niveaux de gouvernement qui participent à la gestion du réseau d'approvisionnement en eau, et ce, à partir de la source d'eau jusqu'au robinet.

8. Références

Santé Canada, 2001. Conseils pour l'émission et l'annulation des avis d'ébullition de l'eau. Document rédigé par le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable.

Santé Canada, 2007a. Le lien suivant vous amène à un autre site Web Manuel de procédures en matière de salubrité de l'eau potable dans les collectivités des Premières nations au sud du 60e parallèle (Version PDF - 1 960 ko). Version originale publiée en 2004, révisée en 2007.

Santé Canada, 2007b. Le lien suivant vous amène à un autre site Web Évaluation sommative de la Stratégie de gestion de l'eau des Premières nations (rapport interne).

Santé Canada, 2007c. Le lien suivant vous amène à un autre site Web Lignes directrices relatives à l'examen des projets d'alimentation en eau et d'assainissement dans les collectivités des Premières nations au sud du 60e parallèle (Version PDF - 320 ko).

Santé Canada, 2008a. Procédure ayant trait aux avis concernant la qualité de l'eau potable dans les communautés des Premières nations au sud du 60e parallèle.

Santé Canada, 2008b. Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada.

Affaires indiennes et du Nord Canada, 2008. Le lien suivant vous amène à un autre site Web Stratégie de gestion de l'eau des Premières nations. Site Web consulté en novembre 2008.