Santé Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Santé des Premières nations, des Inuits et des Autochtones

Les lésions traumatiques accidentelles et intentionnelles chez les Autochtones du Canada

Direction des programmes de santé communautaire
Bureau de santé des Premières nations et des Inuits
2001
ISBN 0-662-65722-5
No de catalogue H35-4/8-1999

Si vous avez besoin d'aide pour accéder aux formats de rechange, tels que Portable Document Format (PDF), Microsoft Word et PowerPoint (PPT), visitez la section d'aide sur les formats de rechange.

Les lésions traumatiques accidentelles et intentionnelles chez les Autochtones du Canada 1990-1999

Table des matières

Liste des figures et des tableaux

  • Figure 1 - Taux de noyades des Autochtones par région, Canada 1996
  • Figure 2 - Taux de noyades chez les Autochtones et dans l'ensemble de la population canadienne selon l'âge et le sexe, Canada 1996
  • Figure 3 - Noyade par type d'activité, Canada 1996
  • Figure 4 - Principales causes de décès en Colombie-Britannique, 1991-1998
  • Figure 5 - Taux de décès standardisés selon l'âge, 1996-1997
  • Figure 6 - Taux bruts de décès pour tous les types de lésions traumatiques, Premières nations, 1979-1993
  • Figure 7 - Taux bruts de décès par type de lésions traumatiques, Premières nations, 1979-1993
  • Figure 8 - Taux de mortalité standardisés selon l'âge par le sexe, Colombie-Britannique 1991-1998
  • Figure 9 - Causes externes de décès chez les Indiens inscrits de la Colombie-Britannique, 1991-1998
  • Figure 10 - Taux bruts de décès par suicide par groupe d'âge, Premières nations et population canadienne totale, 1989-1993
  • Figure 11 - Taux de suicide standardisés selon l'âge, 1996-1997
  • Figure 12 - Décès par suicide selon la méthode, 1991-1993
  • Table 1 - Taux de noyades évitable par 100 000 habitants au Manitoba, 1991-1996
  • Table 2 - Lésions traumatiques et décès par le feu dans les communautés des Premières nations en 1997

Résumé

Introduction

Les lésions traumatiques représentent un problème grave sur le plan économique et en ce qui concerne la qualité de la vie. Les lésions traumatiques accidentelles, qu'on appelle aussi accidents, surviennent sans qu'il y ait intention de blesser, que ce soit de la part de la victime ou d'une autre personne. À l'opposé, les lésions traumatiques intentionnelles sont des blessures qu'une personne s'inflige volontairement ou que quelqu'un d'autre lui inflige délibérément (par exemple, un suicide ou une agression). Les peuples autochtones risquent peut-être davantage d'être victimes de lésions traumatiques, compte tenu du fait qu'ils vivent souvent en région éloignée, des caractéristiques de leur environnement physique, de leur mode de vie, des conditions de surpeuplement et de délabrement des logements, ainsi que de leur condition sociale modeste.

Ce document fournit de l'information sur la mortalité et la morbidité liées aux lésions traumatiques chez les Autochtones, fait ressortir les tendances et compare les taux et le tableau réel des lésions traumatiques avec ceux de l'ensemble de la population canadienne. Les données sont d'abord présentées en fonction de la population autochtone totale, puis en ce qui a trait précisément aux Premières nations. Les Inuits ne font pas l'objet d'une section distincte en raison de la rareté des données à leur sujet.

Méthodologie

Une analyse documentaire a été effectuée dans la base de données Medline et dans Internet. Les documents disponibles de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits ont également été consultés. La majeure partie des données et de l'information qui figurent dans ce document provient des rapports suivants : Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations 1979-1993; Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998; Saskatchewan Registered Indian Population: 1998 Vital Statistics; Child Injury in Saskatchewan: Injury Hospitalizations and Deaths 1989-1994; Developing an Injury Morbidity and Mortality Profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995.

L'information que livre ce document est limitée, compte tenu des diverses sources et méthodes de collecte des données, d'un niveau de détail variable et de l'absence de statistiques distinctes sur les Premières nations et les Inuits. En outre, il a été impossible d'analyser les tendances au cours de la deuxième moitié des années 1990, faute de données sur les divers types de lésions traumatiques (autres que le suicide) au cours de cette période et en raison des différences dans les représentations des taux de mortalité.

Les lésions traumatiques dans l'ensemble de la population autochtone

Le tableau réel des lésions traumatiques dont sont victimes les Autochtones semble similaire à celui qu'on observe dans l'ensemble de la population canadienne; les taux sont toutefois supérieurs.

Les Autochtones risquent davantage d'être victimes d'un accident de véhicule moteur (AVM) en raison des distances supérieures qu'ils doivent parcourir dans le cadre de leurs activités, de leur éloignement par rapport aux établissements qui dispensent des soins d'urgence et de leur usage fréquent de véhicules comportant plus de risques, comme les véhicules tout terrain et les motoneiges, surtout dans le Nord.

Le risque de noyade est également plus élevé chez les Autochtones en raison de la proximité de l'eau, surtout dans les régions septentrionales où l'eau est froide et peut entraîner la mort par hypothermie. Les risques de noyade chez les Autochtones s'expliquent également par la faible utilisation de dispositifs de flottaison et la consommation d'alcool. Les données de 1996 révèlent que le taux de noyades chez les Autochtones est six fois supérieur à la moyenne canadienne. Le taux de noyades est considérablement plus élevé chez les enfants autochtones qui commencent à marcher, surtout au Manitoba, que chez leurs homologues non autochtones. Les chutes dans l'eau sont la principale cause de décès par noyade chez les Autochtones, suivies des accidents de bateau, puis des activités nautiques.

Les Autochtones risqueraient davantage d'être victimes du feu ou d'un incendie, étant donné les habitations à ossature de bois, la rareté des détecteurs de fumée et le tabagisme.

Les lésions traumatiques chez les peuples des Premières nations

Les lésions traumatiques représentent une des principales causes de décès chez les peuples des Premières nations; elles provoquent le quart environ de tous les décès et causent plus de la moitié des années potentielles de vie perdues. Dans certains cas, les taux de décès par lésion traumatique sont de trois à six fois supérieurs à la moyenne canadienne. Les lésions traumatiques sont également au nombre des motifs d'hospitalisation les plus courants. Bien que les taux de lésions traumatiques demeurent élevés, ils se sont sensiblement améliorés avec le temps  : les taux de mortalité ont diminué de 37 % au cours de la période de 1989 à 1993.

La majeure partie de cette diminution s'explique par une réduction des lésions accidentelles, comme les accidents de véhicule moteur et les noyades; on n'a toutefois pas observé cette tendance à la baisse dans le cas des lésions traumatiques intentionnelles, comme les suicides et les homicides.

Les lésions mortelles dont sont victimes les peuples des Premières nations sont le plus souvent attribuables aux accidents de véhicule moteur (y compris les accidents de motoneige), aux suicides et aux intoxications par des médicaments. Les accidents de véhicule moteur constituent généralement la principale cause de lésions mortelles, malgré les améliorations qui sont survenues avec le temps. Le nombre de noyades est également beaucoup plus élevé que la moyenne dans certaines régions et presque toutes les victimes sont de sexe masculin. Les décès dus à des incendies ou au feu sont plus courants que la moyenne, tout comme le sont les chutes (qui surviennent surtout chez les personnes âgées).

Les suicides causent le quart environ des décès par lésion traumatique chez les peuples des Premières nations; les taux sont trois ou quatre fois supérieurs à la moyenne canadienne, et les différences peuvent être beaucoup plus grandes dans certaines régions et dans des groupes d'âge particuliers. Les taux de suicide sont généralement plus élevés entre 15 et 24 ans. Contrairement à la plupart des lésions accidentelles, les taux de suicide ne semblent pas diminuer. Les taux d'homicide au sein des Premières nations sont également plus élevés que la moyenne et la plupart des victimes sont de jeunes hommes. Il y a peu d'information sur les agressions et la violence familiale, même si l'on estime qu'elles constituent un problème dans nombre de communautés.

Conclusion

Les Autochtones courent de nombreux risques de lésions traumatiques accidentelles et intentionnelles. Même si les taux de lésions traumatiques se sont légèrement améliorés au sein de la population autochtone, ils sont encore élevés, surtout par rapport à ceux de l'ensemble de la population canadienne. Un grand nombre de décès prématurés chez les Premières nations sont dus à des lésions traumatiques. Les accidents de véhicule moteur et les intoxications par des médicaments provoquent bon nombre de décès, alors que le suicide est très répandu et tend à se produire à un jeune âge. Il existe toutefois une lueur d'espoir, car plusieurs communautés et organisations prennent des mesures visant à prévenir les lésions traumatiques et à alléger le fardeau qu'elles imposent à la population autochtone.

Introduction

Les lésions traumatiques sont un problème de santé publique grave au Canada. De fait, les lésions traumatiques accidentelles ont coûté à elles seules 8,7 milliards de dollars à la population canadienne, ou 300 $ par citoyen, en 1995. Il faut compter les coûts directs du traitement (les soins hospitaliers, les services médicaux, les médicaments de prescription et la réadaptation) ainsi que les coûts indirects de la perte de productivité pour la société. En moyenne, chaque lésion traumatique accidentelle entraîne des coûts directs et indirects qui s'élèvent à 4 000 $(1. Le Groupe Hygeia, pour la Fondation Sauve-qui-pense (1998). Le fardeau économique des blessures non intentionnelles au Canada. [http://www.hc-sc.gc.ca/hpb/lcdc/brch/injury/unintent/indexf.html]).

Les lésions traumatiques intentionnelles coûtent également cher. Au Nouveau-Brunswick, par exemple, le coût moyen estimatif des décès par suicide s'élevait au total à près de 850 000 $ en 1996. Cette somme comprend les coûts directs (l'enquête policière et l'ambulance, l'hôpital, le médecin, l'autopsie, les services funéraires ou l'incinération) et les coûts indirects (les années potentielles de vie perdues, les gains futurs actualisés)(2. Clayton, D and Barceló, A. "The cost of suicide mortality in New Brunswick.", 1996. In Laboratory Centre for Disease Control, Chronic Diseases in Canada 1999; 20(2). [http://www.hc-sc.gc.
ca/hpb/lcdc/publicat/cdic/cdi c202/cd202e_e.html].). Les homicides et les autres actes de violence comportent aussi des coûts. Les lésions traumatiques réduisent, en outre, la qualité de vie en entraînant angoisse, douleur, invalidité, limitation des activités et, lorsqu'elles sont mortelles, le deuil qui suit la perte d'un être cher.

Les Autochtones risquent peut-être davantage que l'ensemble de la population canadienne d'être victimes de lésions traumatiques. Le risque de gelure, d'hypothermie et d'accident de véhicule moteur ou de motoneige est plus élevé dans le Nord, parce que les gens doivent parcourir de plus grandes distances pour se procurer des produits de base et des services. Le mode de vie fondé sur la chasse augmente le risque de blessure par les armes à feu de même que celui de suicide au moyen de telles armes. Dans certaines réserves, les Autochtones sont davantage exposés aux blessures à la maison en raison du surpeuplement et du délabrement des logements, deux caractéristiques qui peuvent accentuer le stress et favoriser la violence familiale. Les conditions sociales modestes, courantes au sein de la population autochtone, sont généralement associées à un risque plus élevé de violence et de suicide.

Ce document fournit de l'information sur la mortalité et la morbidité liées aux lésions traumatiques chez les Autochtones, fait ressortir les tendances et compare les taux et le tableau réel des lésions traumatiques avec ceux de l'ensemble de la population canadienne. Dans l'idéal, un tel rapport présenterait séparément les données sur les Inuits et sur les Premières nations. Or il y a très peu de données propres aux Inuits. Il existe quelques données sur les lésions traumatiques de l'ensemble de la population autochtone, comprenant les Inuits, les Premières nations et les Métis; certains documents ne fournissent des données que sur les Premières nations. Ce rapport se divise donc en deux parties principales  : la première partie porte sur les facteurs de risque des lésions traumatiques et présente les données relatives à l'ensemble de la population autochtone, alors que la seconde traite des lésions traumatiques chez les peuples des Premières nations.

Méthodologie

Collecte de l'information

Une analyse documentaire a été effectuée dans la base de données Medline à partir des mots clés « injury », « Aboriginal and Canada », « Inuit and Canada »,
« Indian and Canada », « suicide », « violence » et « First Nations ». Les mêmes mots clés ont également fait l'objet d'une recherche dans Internet. On a de plus consulté certains documents de la Division de l'analyse des programmes de santé de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI) de Santé Canada.

Principales sources d'information

La majeure partie des données et de l'information qui figurent dans ce document est tirée des rapports qui suivent  :

Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations 1979-1993

Ce rapport s'appuie sur l'information recueillie dans la base de données de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, qui provient des bureaux régionaux de la DGSPNI et du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. Il examine les courbes de mortalité chez les peuples des Premières nations de 1979 à 1993 et renferme les taux bruts de décès par 100 000 habitants selon diverses sous-catégories de lésions traumatiques accidentelles et intentionnelles. On y trouve des données présentées selon le groupe d'âge, le sexe et la région géographique (autre que les Territoires du Nord-Ouest).

Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998

Ce rapport est produit par la British Columbia Vital Statistics Agency, qui recueille les données figurant dans les enregistrements de naissance et de décès des Indiens inscrits de Colombie-Britannique. Les statistiques de mortalité, qui sont exprimées sous la forme de taux de mortalité standardisés selon l'âge par 10 000 habitants (population type), sont comparées à celles de l'ensemble de la population de la Colombie-Britannique. Des données de synthèse sont présentées par sous-catégories de lésions traumatiques accidentelles et intentionnelles, selon le groupe d'âge et le sexe pour la période globale de 1991 à 1998.

Saskatchewan Registered Indian Population: 1998 Vital Statistics

Ce rapport renferme des statistiques de l'état civil relatives aux Indiens inscrits de la Saskatchewan en 1998. L'information est présentée séparément pour les personnes qui vivent principalement dans les réserves, celles qui vivent principalement à l'extérieur des réserves et pour l'ensemble de la population. Les statistiques de mortalité sont exprimées sous la forme de taux par 100 000 habitants selon le groupe d'âge et le sexe.

Child Injury in Saskatchewan: Injury Hospitalizations and Deaths 1989-1994

Ce rapport, produit par le Saskatchewan Institute on Prevention of Handicaps, s'appuie sur les données fournies par la Population Health Branch et la Vital Statistics Branch de Saskatchewan Health. Il renferme les hospitalisations et les décès attribuables aux lésions traumatiques dont ont été victimes les enfants et les jeunes de moins de 20 ans de la Saskatchewan entre 1989 et 1994. Les données sur les Indiens soumis à un traité et les populations nordiques ainsi que rurales et urbaines sont présentées et mises en comparaison. On y trouve des données selon le groupe d'âge et le sexe. Les taux sont exprimés en fonction de 100 000 années-personnes.

Developing an Injury Morbidity and Mortality Profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995

Ce rapport renferme les données recueillies dans le cadre du traitement des lésions traumatiques par le service d'urgence de l'Hôpital de la zone de Sioux Lookout (établissement de collecte de données pour le Système canadien hospitalier d'information et de recherche en prévention des traumatismes), ainsi que dans les postes infirmiers des communautés environnantes entre juillet 1992 et mars 1995. Les statistiques de mortalité sont issues du service des archives médicales de l'hôpital. Les données portent sur les lésions traumatiques accidentelles, les agressions et les blessures auto-infligées. Les taux sont exprimés par 100 000 habitants, en fonction du groupe d'âge et du sexe.

Définitions

Les lésions traumatiques accidentelles, qu'on appelle aussi accidents, surviennent sans qu'il y ait intention de blesser, que ce soit de la part de la victime ou d'une autre personne. Elles comprennent les accidents de véhicule moteur, les noyades, les intoxications accidentelles, les chutes et les lésions résultant d'un incendie ou du feu. Les lésions traumatiques intentionnelles sont des blessures qu'une personne s'inflige volontairement, notamment par le suicide, ou que quelqu'un d'autre lui inflige délibérément (par exemple, par homicide, par violence familiale, par agression).

Limites des données

Ce document comporte des limites quant aux données et à l'information fournies qu'il importe de signaler. Les méthodes de collecte des données et la population comprise dans les statistiques diffèrent selon les régions de la DGSPNI et les différentes sources d'information. Certaines sources incluent uniquement les membres des Premières nations qui vivent dans des réserves, alors que d'autres comprennent tous les membres des Premières nations, peu importe où ils vivent. Il est généralement impossible de séparer les données sur les Premières nations des données sur les Inuits. Le niveau de détail et les catégories d'âges varient d'une source à l'autre. Enfin, les taux de mortalité sont exprimés différemment  : les données disponibles sur la période de 1979 à 1993 étaient présentées sous la forme de taux bruts, alors que les rapports plus récents s'appuient sur des taux standardisés selon l'âge. Par conséquent, il a été impossible d'étendre l'analyse des tendances à la seconde moitié des années 1990.

Les lésions traumatiques chez les peuples autochtones

Il semble que le tableau réel des lésions traumatiques accidentelles dont sont victimes les Autochtones soit passablement similaire à celui qu'on observe dans l'ensemble de la population canadienne, bien que les taux soient sensiblement plus élevés chez les Autochtones (3. McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ». Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http://www.total.net/~niichro/InjuryF/ip1F.html].).

Les lésions traumatiques accidentelles chez les Autochtones

Accidents de véhicule moteur

Les Autochtones sont davantage exposés aux accidents de véhicule moteur (AVM), car ils doivent parcourir de plus grandes distances dans le cadre de leurs activités quotidiennes ou hebdomadaires. En outre, ils sont plus éloignés des établissements qui dispensent des soins d'urgence lorsque survient un accident, et l'utilisation importante de véhicules comportant plus de risques, comme les véhicules tout terrain et les motoneiges, surtout dans le Nord, contribue à augmenter les risques. Lors d'une enquête réalisée par l'Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire (ONRIISC) entre décembre 1996 et janvier 1997, 14 des 18 membres du conseil interrogés dans les régions ont déclaré que les accidents d'automobile constituaient un problème important dans leur région. De plus, les accidents de véhicule tout terrain (VTT) et de motoneige constituaient un problème considérable dans certaines régions. Les véhicules tout terrain renversent plus facilement en raison de leur centre de gravité élevé, tandis que les risques que présentent les motoneiges découlent peut-être du fait qu'on les conduit sur de la glace risquée, qu'elles ont une moins bonne maniabilité et qu'elles sont moins visibles sur les routes publiques (3. McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ». Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http://www.total.net/~niichr o/InjuryF/ip1F.html].).

Noyade

Facteurs de risque

Les Autochtones risquent davantage de se noyer parce que de nombreuses communautés vivent à proximité des cours d'eau; dans bien des cas, des services importants (magasins, centres de soins, pistes d'atterrissage) sont situés sur l'autre rive d'un plan d'eau(3. McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ». Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http://www.total.net/~niichro/InjuryF/ip1F.html].). Des habitudes de sécurité et le mode de vie entrent aussi en ligne de compte. Par exemple, seulement 6 % des Autochtones victimes de noyade en 1996 portaient un dispositif de flottaison; qui plus est, les deux tiers environ (64 %) des victimes de noyade de 15 ans ou plus avaient un taux d'alcoolémie supérieur à la limite légale, comparativement au quart environ (27 %) de leurs homologues non autochtones.

Le risque de noyade est particulièrement élevé dans les régions septentrionales, car l'eau à basse température augmente la probabilité d'hypothermie et de décès4. En outre, il est peut-être plus difficile d'avoir accès à des cours de natation et à de la formation sur les méthodes de sauvetage dans les régions du Nord. Les taux de noyades des Autochtones sont particulièrement élevés dans les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon et les régions de l'Atlantique, comme le montre la figure 1. Les adultes sont plus exposés à la noyade dans une embarcation, en motoneige ou sur la glace, alors que les enfants qui commencent à marcher courent plus de risques de se noyer lorsqu'ils se trouvent dans une embarcation ou tombent à l'eau.

Figure 1 Taux de noyades des Autochtones par région, Canada 1996

Figure 1 Taux de noyades des Autochtones par région, Canada 1996

Remarque : Les chiffres excluent les accidents de motoneige et les autres moyens de transport par terre ou par air.
Source : The Canadian Red Cross Society and the Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities (1998)(5.The Red Cross Society and the Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities (1998). An Analysis of Drownings and Other Water-Related Injury Fatalities in Canada for 1996. [http://www.redcross. ca/watersafety/watersafety.htm])

Figure 2 Taux de noyades chez les Autochtones et dans l'ensemble de la population canadienne selon l'âge et le sexe, Canada 1996

Figure 2 Taux de noyades chez les Autochtones et dans l'ensemble de la population canadienne selon l'âge et le sexe, Canada 1996

Remarques : Les noyades comprennent les noyades survenues lors d'activités professionnelles, d'activités de la vie quotidienne, de loisirs et de sports, mais elles excluent les noyades survenues par les moyens de transport par terre et par air. Les catégories « Autres hommes » et « Autres femmes » comprennent les non-Autochtones et les victimes d'origine ethnique non précisée. On ignore l'âge de trois victimes (y compris un Autochtone) et le sexe d'un non-Autochtone dans le groupe d'âge de 35-64 ans.
Source : The Red Cross Society and the Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities (1998)(5 : The Red Cross Society and the Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities (1998). An Analysis of Drownings and Other Water-Related Injury Fatalities in Canada for 1996. [http://www.redcross.ca/watersafety/watersafety. htm])

Ampleur du problème

Les noyades représentent la deuxième cause de décès par lésion traumatique dans bon nombre de communautés autochtones du Canada. Dans certaines régions, le nombre de noyades excède le nombre de décès consécutifs aux accidents de la route, particulièrement lorsqu'on compte les noyades en motoneige. Selon le Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities, le taux de noyades chez les Autochtones était six fois plus élevé que chez les autres Canadiens en 1996 (9,0 par 100 000 habitants par opposition à 1,5)(5. The Red Cross Society and the Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities (1998). An Analysis of Drownings and Other Water-Related Injury Fatalities in Canada for 1996. [http://www.redcross.ca/watersafety/watersafety. htm]). Au Manitoba, 77 des 192 victimes de noyade entre 1991 et 1996 étaient des Autochtones, ce qui est dix fois plus que les autres Manitobains. La différence est encore plus nette chez les tout-petits (moins de 5 ans) : à l'échelle nationale, leur taux de noyades est 15 fois plus élevé que celui des autres Canadiens, mais il est 22 fois supérieur à la moyenne au Manitoba (voir la figure 2 et le tableau 1).

Tableau 1 - Taux de noyades évitables par 100 000 habitants au Manitoba, 1991-1996
Noyades évitables Autochtones Autres origines ethniques
Total des noyades 17.3 1.9
Victimes de moins de 5 ans 2.9 0.13
Loisirs et sports 9.1 1.35
Lacs et rivières 11.3 1.0
Glace 1.1 0.13
Consommation d'alcool 6.2 0.87

Source : Lifesaving Society, 1998 (Lifesaving Society. Manitoba Drowning Report 1998. [http://www.mb.lifesaving.ca/dr98.htm]). (6. Lifesaving Society. Manitoba Drowning Report 1998. [http://www.mb.lifesaving.ca/dr98.htm])

Les noyades selon le type d'activité : comparaison entre les Autochtones et l'ensemble de la population canadienne

Selon la Croix-Rouge canadienne, le tableau réel des noyades chez les Autochtones ressemblerait de plus en plus à celui qu'on observe dans l'ensemble de la population canadienne, même si les taux sont plus élevés. Les principales causes de noyade chez les Autochtones et dans l'ensemble de la population canadienne sont les accidents de bateau, les activités nautiques, comme la natation ou le pataugeage, et les chutes à l'eau (voir la figure 3).

Une façon de regarder les différences entre non-Autochtones et Autochtones relatives aux noyades est de considérer à quel point ces derniers sont surreprésentés dans certaines catégories de noyades. Cette mesure est faussée par le fait que le nombre d'enfants est beaucoup plus élevé au sein de la population autochtone que dans l'ensemble de la population canadienne; on pourrait s'attendre à des proportions beaucoup plus élevées dans des catégories d'accidents comme les chutes dans l'eau qui surviennent surtout chez les enfants. Malgré tout, cela permet de comparer les causes de noyade chez les Autochtones et les non-Autochtones. Cette comparaison semble indiquer que les Autochtones sont beaucoup plus exposés que les autres Canadiens aux noyades lors d'accidents de motoneige, de chutes dans l'eau, d'activités nautiques et d'accidents de bateau. Les Autochtones représentent de 3 % à 5  % de la population canadienne, mais ils sont victimes de 26 % des noyades en motoneige, de 16 % des noyades consécutives à une chute à l'eau, de 10 % des noyades qui surviennent au cours d'activités nautiques et de 9 % des noyades consécutives à un accident de bateau. (Même si la plupart des accidents de bateau surviennent dans le cadre d'activités de loisirs, une bonne proportion se produisent au cours d'activités de subsistance ou de la vie quotidienne.)

Incendie/feu

Dans une étude menée auprès des membres du conseil de l'ONRIISC en 1996-1997, le tiers des répondants ont déclaré que les incendies constituaient un problème important dans leur région. Les Autochtones y sont davantage exposés en raison du tabagisme, des maisons à ossature de bois et de la rareté des détecteurs de fumée. Près du tiers (31 %) des décès par le feu survenant au sein de la population autochtone ont trait à des enfants de 1 à 14 ans, alors que la moyenne est de 16 % dans l'ensemble de la population canadienne, ce qui peut s'expliquer en partie par la proportion supérieure d'enfants dans la population autochtone (3. McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ». Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http://www.total.net/~niichr
o/InjuryF/ip1F.html].).

Les lésions traumatiques intentionnelles chez les Autochtones

Suicide

Le Groupe d'étude sur le suicide au Canada a observé en 1994 que les taux de suicide étaient souvent plus élevés au sein des communautés autochtones que dans l'ensemble de la population canadienne (7. Santé Canada, Direction générale des programmes et services de santé (1994). Le suicide au Canada. Mise à jour du Rapport du Groupe d'étude sur le suicide au Canada. [http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/sante-mentale/pdf/suicid_f.pdf]). Des taux élevés de suicide sont généralement associés à diverses caractéristiques collectives, notamment au plus grand nombre d'occupants par logement, au nombre supérieur de familles monoparentales, à une population âgée moins importante ainsi qu'au revenu et à une éducation inférieurs à la moyenne (7. Santé Canada, Direction générale des programmes et services de santé (1994). Le suicide au Canada. Mise à jour du Rapport du Groupe d'étude sur le suicide au Canada. [http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/sante-mentale/pdf/suicid_f.pdf]). Le taux de suicide est élevé dans les communautés des Premières nations, mais il pourrait même être supérieur chez les Inuits : les données des Territoires du Nord-Ouest semblent indiquer que, au cours de la période s'étendant de 1986 à 1996, le taux de suicide des Dénés était de 29 par 100 000 habitants, alors qu'il était de 79 par 100 000 habitants chez les Inuits (8. Northwest Territories Health and Social Services. Document Summary: Suicide in the Northwest Territories -- A Descriptive Review. [http://www.hlthss.gov.nt.ca/publicat/suicide/summary/sec01.htm]).

Figure 3 Noyade par type d'activité, Canada 1996

Figure 3 Noyade par type d'activité, Canada 1996

Organisation nationale des représentantes et représentants indiens et Inuits en santé communautaire Remarque : Les activités nautiques comprennent la natation, le pataugeage et la baignade.
Source : The Canadian Red Cross Society and the Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities (1998)(5. The Red Cross Society and the Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities (1998). An Analysis of Drownings and Other Water-Related Injury Fatalities in Canada for 1996. [http://www.redcross. ca/watersafety/watersafety. htm])

Violence familiale

Dans le cadre de l'Enquête auprès des peuples autochtones de 1991, 39 % des personnes interrogées ont déclaré que la violence familiale constituait un problème au sein de leur communauté (9. Statistique Canada (1994). Enquête auprès des peuples autochtones de 1991. No 89-535 au catalogue. Cité dans Santé Canada, Direction générale des services médicaux (1996). « Diagnostic de la santé des Premières nations et des Inuits ». [non publié]). Dans l'Injury Prevention Survey menée par l'ONRIISC en 1996-1997, 13 des 14 membres du conseil ont répondu que la violence conjugale s'avérait un problème important dans leur région. Plus de la moitié des membres ont également affirmé que l'abus sexuel et la violence physique à l'égard des enfants ainsi que les mauvais traitements infligés aux personnes âgées constituaient un grand problème. Presque toutes les personnes interrogées estimaient que l'alcool contribuait sensiblement à la violence familiale (3. McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ». Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http://www.total.net/~niichro/InjuryF/ip1F.html].). Un examen au hasard des dossiers de 935 contrevenants admis dans un établissement fédéral entre juin et novembre 1992 a démontré que le taux de violence familiale chez les Autochtones était le double du taux chez les contrevenants non autochtones, en raison surtout du taux plus élevé de violence conjugale au sein du sous-échantillon d'Autochtones. Aucune différence statistiquement significative n'a été relevée en ce qui concerne la violence faite aux enfants chez les contrevenants autochtones et les contrevenants non autochtones (10. Robinson, D., et J.-A. Taylor, pour le Service correctionnel du Canada, Direction de la recherche (1995). La violence familiale chez les délinquants sous responsabilité fédérale : étude fondée sur l'examen des dossiers. [http://www.csc-scc.gc.ca/text/pblct/fv/fv03/tocf-shtml])

Les lésions traumatiques chez les peuples des Premières nations

Aspects du problème des lésions traumatiques

Ampleur du problème (toutes les lésions traumatiques)

Les lésions traumatiques sont une des principales causes de décès au sein des peuples des Premières nations de tout le pays; dans certains cas, elles sont la principale cause de décès. Les taux de lésions traumatiques chez les hommes sont beaucoup plus élevés que les taux chez les femmes. Les lésions traumatiques ont été la principale cause de décès chez les hommes en 1993; elles sont aussi la principale cause de décès chez les membres des Premières nations de moins de 45 ans (11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.). En Colombie-Britannique, 28 % des décès survenus au sein des Premières nations au cours de la période de 1991 à 1998 étaient dues aux lésions traumatiques, alors que la proportion ne s'élevait qu'à 7,6 % dans l'ensemble de la population de la province (voir la figure 4). Les taux de décès par lésion traumatique au sein des Premières nations sont généralement beaucoup plus élevés que la moyenne. Le risque de décès par suite d'une lésion traumatique était 6,5 fois plus élevé chez les peuples des Premières nations du Manitoba, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique que la moyenne canadienne (voir la figure 5). Dans le même ordre d'idées, l'Institut canadien de la santé infantile signale qu'au milieu des années 1990 le taux de décès par suite d'une lésion traumatique chez les nourrissons des Premières nations était près de quatre fois supérieur à celui de l'ensemble de la population canadienne (63 par opposition à 17 par 100 000 habitants); le taux était plus de cinq fois supérieur chez les enfants d'âge préscolaire (83 par opposition à 15) et plus de trois fois supérieur chez les adolescents de 15 à 19 ans (176 par opposition à 48) (12. Canadian Institute of Child Health (1994). « Aboriginal Children ». Dans The Health of Canada's Children: A CICH Profile, 2e édition, Ottawa, The Institute, p. 131-148. Cité dans MacMillan, H.L., A.B. MacMillan, D.R. Offord et J.L. Dingle. « Aboriginal Health », Canadian Medical Association Journal, 1996, 155: 1569-1578.).

Figure 4 Principales causes de décès en Colombie-Britannique, 1991-1998

Figure 4 Principales causes de décès en Colombie-Britannique, 1991-1998

Figure 5 Taux de décès standardisés selon l'âge, 1996-1997

Figure 5 Taux de décès standardisés selon l'âge, 1996-1997

Remarques : Les taux relatifs aux Premières nations remontent à 1997, tandis que le taux de l'ensemble de la population canadienne remonte à 1996. Les données des régions de l'Atlantique et du Québec n'apparaissent pas dans la figure, parce que seuls les taux bruts étaient disponibles. Les données de l'Alberta n'étaient pas disponibles.
Source : Bureau régional de la DGSPNI du Manitoba (14. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Manitoba. Données régionales sur la santé.). Bureau régional de la DCSPNI de la Saskatchewan, British Columbia Vital Statistics Agency (16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.), Statistique Canada (1998) (17. Statistique Canada. Utilisation des hôpitaux, 1996-1997. Le Quotidien, 24 février 1999. Données de l'Institut canadien d'information sur la santé.).

En plus d'être une des principales causes de décès, les lésions traumatiques tendent à être mortelles chez des gens relativement jeunes, ce qui en fait la principale cause d'années potentielles de vie perdues (APVP)*. Les lésions traumatiques causent plus de la moitié des APVP au sein des peuples des Premières nations. Selon les statistiques des Prairies, elles auraient été à l'origine de plus de sept fois plus d'APVP que toute autre cause de décès en 1996(14. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Manitoba. Données régionales sur la santé.)(16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.).

*Les années potentielles de vie perdues mesurent la différence entre la durée prévisible d'une vie humaine et la durée réelle de cette vie. C'est une mesure composite du nombre de personnes décédées d'une cause particulière ainsi que du caractère prématuré des décès.

Pour chaque lésion traumatique mortelle, il y a de nombreuses blessures qui ne le sont pas. Les données sur les peuples des Premières nations du Manitoba et de la Saskatchewan montrent que les lésions traumatiques sont au nombre des trois principaux motifs d'hospitalisation et de consultation médicale. Ces données révèlent que les Premières nations sont surreprésentées dans les statistiques sur les lésions traumatiques : au Manitoba, les taux d'hospitalisation par suite d'une lésion traumatique sont trois fois plus élevés que la moyenne provinciale (34 par 1 000 habitants par opposition à 10 par 1 000 habitants), alors qu'en Saskatchewan les taux les plus élevés d'hospitalisation consécutive à une lésion traumatique s'observent chez les enfants (14. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Manitoba. Données régionales sur la santé.) (15. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région de la Saskatchewan. Données régionales sur la santé.) (17. Statistique Canada. Utilisation des hôpitaux, 1996-1997. Le Quotidien, 24 février 1999. Données de l'Institut canadien d'information sur la santé.) (18. Saskatchewan Institute on Prevention of Handicaps (1996). Child Injury in Saskatchewan: Injury Hospitalizations and Deaths 1989-1994, University of Saskatchewan, University Extension Press.).

Tendances

Les taux de décès par lésion traumatique ont pour l'essentiel diminué avec le temps au sein des Premières nations, comme dans l'ensemble de la population canadienne. Cela s'applique surtout aux lésions traumatiques accidentelles; les lésions traumatiques intentionnelles, comme les suicides et les actes de violence, n'ont pas subi une baisse similaire. Le taux brut de décès par lésion traumatique chez les peuples des Premières nations a diminué de 37 % entre la période de 1979 à 1981 et celle de 1991 à 1993 (passant de 243 à 154 décès par 100 000 habitants). Cette diminution a été plus rapide chez les hommes que chez les femmes. Les taux de tous les types de lésions traumatiques ont diminué, à l'exception des suicides et des surdoses de médicaments (voir les figures 6 et 7).

Répartition selon l'âge et le sexe

Les taux de mortalité par lésion traumatique sont beaucoup plus élevés chez les hommes que chez les femmes, tant au sein des Premières nations que dans l'ensemble de la population canadienne (voir la figure 8) (13. Statistique Canada. Décès, 1996. Le Quotidien, 16 avril 1998.) (16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.) (19. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région de l'Atlantique. Données régionales sur la santé.) (21. Whitehead, S, Henning, B, Johnston, J, and Devlin, A. 1996. Developing an Injury Morbidity and Mortality profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995. Project supported by the Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program.). Une étude menée dans la zone ontarienne de Sioux Lookout a permis de constater que, au cours de la période de 1992 à 1995, les victimes de lésions traumatiques accidentelles étaient de sexe masculin dans près de 60 % des cas; les hommes étaient également victimes de décès par lésion traumatique dans près des trois quarts des cas (21. Whitehead, S, Henning, B, Johnston, J, and Devlin, A. 1996. Developing an Injury Morbidity and Mortality Profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995. Project supported by the Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program.). Même si les taux de lésions traumatiques sont beaucoup plus élevés que la moyenne chez les peuples des Premières nations, l'âge des victimes tend à être similaire à celui qu'on observe dans l'ensemble de la population, les taux étant particulièrement élevés chez les jeunes de 15 à 24 ans(10. Robinson, D., et J.-A. Taylor, pour le Service correctionnel du Canada, Direction de la recherche (1995). La violence familiale chez les délinquants sous responsabilité fédérale : étude fondée sur l'examen des dossiers. [http://www.csc-scc.gc.ca/text/pblct/fv/fv03/tocf-shtml]) (16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.) (21. Whitehead, S., B. Henning, J. Johnston et A. Devlin (1996). Developing an Injury Morbidity and Mortality Profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995. Projet appuyé par le Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program.). Les données de la Colombie-Britannique montrent que, chez les peuples des Premières nations, les lésions traumatiques causent 40 % des décès d'enfants (de 1 à 19 ans) et 84 % des décès chez les jeunes de 20 à 24 ans (la plupart des victimes étant de sexe masculin) (12. Canadian Institute of Child Health (1994). « Aboriginal Children ». Dans The Health of Canada's Children: A CICH Profile, 2e édition, Ottawa, The Institute, p. 131-148. Cité dans MacMillan, H.L., A.B. MacMillan, D.R. Offord et J.L. Dingle. « Aboriginal Health », Canadian Medical Association Journal, 1996, 155 : 1569-1578.).

Types de lésions traumatiques

À l'échelle nationale, la plupart des décès par lésion traumatique survenus chez les peuples des Premières nations entre 1991 et 1993 étaient dus à des accidents de véhicule moteur (40 par 100 000 habitants), à des suicides (38 par 100 000 habitants) et à des surdoses accidentelles de médicaments (17 par 100 000 habitants). Les statistiques plus récentes de la Colombie-Britannique brossent un tableau similaire (voir la figure 9).

Figure 6 Taux bruts de décès pour tous les types de lésions traumatiques, Premières nations, 1979-1993

Figure 6 Taux bruts de décès pour tous les types de lésions traumatiques, Premières nations, 1979-1993

Source : Santé Canada (1996), d'après les statistiques internes de Santé Canada (11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.)

Les lésions traumatiques accidentelles chez les peuples des Premières nations

Accidents de véhicule moteur

Entre la période de 1979 à 1981 et celle de 1991 à 1993, le taux brut de mortalité par suite d'un accident de véhicule moteur (AVM) a diminué de 39 % au sein des peuples des Premières nations et est passé à 40,5 par 100 000 habitants (voir la figure 7). Malgré ce progrès, les taux au sein des peuples des Premières nations demeurent bien plus élevés que la moyenne. Par exemple, une étude menée en Colombie-Britannique pendant la période de 1991 à 1998 a permis de constater que le taux de mortalité standardisé selon l'âge des victimes d'AVM était quatre fois plus élevé que la moyenne provinciale (4,4 par 10 000 habitants par opposition à 1,1).

Comme on peut le voir dans la figure 9, les décès par lésion traumatique sont généralement attribuables à des AVM. Cela semble particulièrement vrai chez les hommes : les données de la Colombie-Britannique montrent que les deux tiers des victimes sont de sexe masculin et que les AVM sont une cause particulièrement courante de décès chez les hommes de 25 à 44 ans (16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.). Une étude menée dans la zone de Sioux Lookout a permis de constater que les hommes risquaient davantage que les femmes d'être victimes d'un AVM dans la plupart des groupes d'âge.

Il survient différents types d'AVM. Dans certaines régions, ce sont les accidents de la circulation qui constituent un problème, alors que, dans d'autres régions, nombre d'accidents impliquent des motoneiges. Par exemple, dans la zone de Sioux Lookout, les accidents de motoneige ont causé près du quart de tous les AVM entre 1992 et 1995 (21. Whitehead, S., B. Henning, J. Johnston et A. Devlin (1996). Developing an Injury Morbidity and Mortality Profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995. Projet appuyé par le Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program.). Une étude réalisée plus récemment dans la même région a permis de constater que les accidents de motoneige représentaient le type de lésions traumatiques accidentelles le plus fréquent chez les hommes pendant les mois d'hiver (22. Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program (CHIRPP) -- Sioux Lookout Zone. Winter Safety, janvier 1999 (rapport sur statistiques en matière de lésions traumatiques).) (24. Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program (CHIRPP) -- Sioux Lookout Zone. Poisonings, mars 1999 (rapport sur les statistiques en matière de lésions traumatiques).).

Figure 7 Taux bruts de décès par type de lésions traumatiques, Premières nations, 1979-1993

Taux bruts de décès par type de lésions traumatiques, Premières nations, 1979-1993

Source : Santé Canada, d'après les statistiques internes de Santé Canada(11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.).

Figure 8 Taux de mortalité standardisés selon l'âge par le sexe, Colombie-Britannique 1991-1998

Figure 8 Taux de mortalité standardisés selon l'âge par le sexe, Colombie-Britannique 1991-1998

Source : British Columbia Vital Statistics Agency (2000)(16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.).

Les accidents qui impliquent un véhicule moteur et un piéton sont plus courants chez les enfants(18. Saskatchewan Institute on Prevention of Handicaps (1996). Child Injury in Saskatchewan: Injury Hospitalizations and Deaths 1989-1994, University of Saskatchewan, University Extension Press.), et certains accidents peuvent impliquer un autobus scolaire. Entre mai 1995 et décembre 1996, quatre enfants manitobains de 4 à 9 ans sont morts dans des accidents impliquant des autobus scolaires. Trois de ces décès sont survenus dans des communautés autochtones. Dans une enquête effectuée en décembre 1996 auprès des représentants des autorités scolaires locales dans 32 communautés des Premières nations du Manitoba, un quart des répondants ont déclaré qu'il y avait eu une forme ou l'autre d'accident impliquant un autobus scolaire dans leur communauté, et qu'il y avait eu un blessé dans la moitié environ de ces accidents. Un rapport d'IM-PACT proposait que le risque était afférent aux déplacements sur l'eau, au verglas en hiver, aux routes inondées au printemps, à la poussière et aux nids de poule en été, ainsi qu'aux buissons et aux animaux. Dans les trois quarts de ces communautés, les routes n'avaient aucun revêtement. Les consignes de sécurité incohérentes, les autobus scolaires trop remplis, les problèmes d'inspection et d'entretien des véhicules, les connaissances insuffisantes du chauffeur, la tendance à faire marche arrière, la pratique régulière de traverser des routes à grande circulation et le mauvais déneigement des zones d'attente sont au nombre des facteurs de risque. Les connaissances insuffisantes des enfants en ce qui concerne la sécurité dans un autobus scolaire, l'ignorance des règles de la circulation relatives aux autobus scolaires (surtout par les conducteurs de véhicules tout terrain et de motoneiges) et une application insuffisante de la loi en matière de sécurité dans les autobus scolaires sont d'autres domaines qui posent problème et qui font courir des risques aux enfants autochtones du Manitoba (25. IM-PACT Safety Issues. School Bus Safety. School Bus Safety in Aboriginal Communities in Manitoba -- Executive Summary. [http:// www.im-pact.mb.ca/school_bus.html]).

Noyade

Entre la période de 1979 à 1981 et celle de 1991 à 1993, le taux de noyades a diminué de 56 % chez les peuples des Premières nations (voir la figure 7), mais les noyades demeurent l'une des causes les plus fréquentes de décès accidentel. En Colombie-Britannique, le taux de mortalité standardisé selon l'âge par noyade accidentelle chez les Indiens inscrits au cours de la période de 1991 à 1998 équivalait à plus de quatre fois la moyenne provinciale (0,9 par 10 000 habitants (population type) par opposition à 0,2 respectivement). Environ neuf Indiens inscrits sur dix victimes de noyade étaient des hommes; la situation est similaire dans l'ensemble de la population de la Colombie-Britannique, où la proportion est de huit sur dix.

Intoxication accidentelle

À l'instar de bien des lésions traumatiques, les intoxications accidentelles semblent plus fréquentes que la moyenne chez les peuples des Premières nations. En Colombie-Britannique, le taux de mortalité standardisé selon l'âge par suite d'une intoxication accidentelle était quatre fois plus élevé pour la période de 1991 à 1998 que celui des résidents de la province en général (3,8 par opposition à 0,9 par 10 000 habitants). Les données provenant de la zone de Sioux Lookout semblent indiquer que, au cours de la période de 1992 à 1995, les intoxications accidentelles étaient courantes chez les enfants de moins de quatre ans (441 par 100 000 habitants chez les garçons et 408 par 100 000 habitants chez les filles). Toutefois, le taux d'intoxication chez les adultes était également élevé en raison surtout du taux élevé d'intoxication alcoolique (21.Whitehead, S., B. Henning, J. Johnston et A. Devlin (1996). Developing an Injury Morbidity and Mortality Profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995. Projet appuyé par le Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program.).

Contrairement aux autres types de lésions traumatiques accidentelles, le taux de mortalité par suite d'une intoxication a en fait doublé entre la période de 1979 à 1981 et la période de 1991 à 1993 (voir la figure 7). Ce taux a augmenté de 3,6 fois chez les personnes de 65 ans et plus, de 2,6 fois chez les 45 à 64 ans et de 1,8 fois chez les 25 à 44 ans.

Figure 9 Causes externes de décès chez les Indiens inscrits de la Colombie-Britannique 1991-1998

Figure 9 Causes externes de décès chez les Indiens inscrits de la Colombie-Britannique, 1991-1998

Source : British Columbia vital Statistics Agency (2000) (16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.).

Chutes accidentelles

Les chutes mortelles ont un grand rapport avec l'âge. Entre la période de 1979 à 1981 et la période de 1991 à 1993, le taux de décès par suite d'une chute chez les personnes de 25 ans ou plus s'est amélioré (11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.). Pourtant, il est encore permis de penser que les décès consécutifs à une chute sont supérieurs à la moyenne chez les peuples des Premières nations. En Colombie-Britannique, le taux de mortalité standardisé selon l'âge par suite d'une chute était près de trois fois plus élevé chez les Indiens inscrits que la moyenne provinciale au cours de la période de 1991 à 1998 (2,3 par 10 000 habitants (population type) par opposition à 0,8). Chez les Indiens inscrits, environ six victimes sur dix (59 %) étaient des hommes, alors qu'il y en avait cinq sur dix (47 %) dans l'ensemble de la population de la Colombie-Britannique (16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.).

Incendie/feu

Entre la période de 1979 à 1981 et la période de 1991 à 1993, les décès attribuables à un incendie ou au feu ont diminué de 44 % (voir la figure 7), sauf chez les nourrissons, où ils ont augmenté. Le nombre de décès chez les nourrissons était toutefois faible (11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.). Les données qu'ont déclarées les peuples des Premières nations montrent que, en 1997, 25 membres des Premières nations résidant dans des réserves (9 enfants et 16 adultes) sont morts dans des incendies dans tout le pays (voir le tableau 2). Au cours de la même année, ils ont déclaré également 45 lésions traumatiques non mortelles attribuables au feu, une augmentation par rapport aux 14 cas rapportés en 1996(26. Développement des Ressources humaines Canada. Rapport 1997 des pertes causées par les incendies dans les collectivités des Premières nations. Données tirées du Rapport 1997 des pertes causées par les incendies, Affaires indiennes et du Nord Canada. [info.load-otea.hrdc-drhc.gc.ca/~fireweb/fnat97fr.htm]).

Malgré cette tendance à la baisse, les données sur la mortalité et l'hospitalisation semblent indiquer que les peuples des Premières nations sont davantage exposés à des incendies. En Colombie-Britannique, le taux de mortalité par le feu standardisé selon l'âge était, au cours de la période de 1991 à 1998, de 0,8 chez les Indiens inscrits par opposition à 0,1 dans l'ensemble de la population de la province, taux huit fois supérieur (16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.). Les données du Manitoba brossent un tableau semblable : en 1996-1997, le taux d'hospitalisation pour des brûlures était de 0,8 par 1 000 habitants chez les peuples des Premières nations, comparativement à 0,2 dans l'ensemble de la population de la province, taux quatre fois supérieur(14. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Manitoba. Données régionales sur la santé.). En outre, selon une recherche récente d'IM-PACT, les enfants des Premières nations qui habitent le Manitoba risquent cinq fois plus de mourir dans un incendie que leurs homologues non autochtones (27. Fire Facts. IM-PACT Newsletter. Manitoba Child Injury Prevention News, hiver 1997/1998, numéro 1. [http://www.im-pact.mb.ca/nl97fire.html]). Une étude menée auprès d'enfants victimes de brûlures (16 ans ou moins) admis dans un grand hôpital de soins tertiaires de Winnipeg au cours d'une période de 32 mois a permis de constater que le nombre d'Indiens d'Amérique du Nord admis était disproportionné. Ces derniers correspondaient à près de la moitié des admissions (48 %), même s'il y a moins de 15 % d'Indiens d'Amérique du Nord dans cette région géographique (28. Jenkins, H.M., V. Blank, K. Miller, J. Turner et R.S. Stanwick. « A randomized single-blind evaluation of a discharge teaching book for pediatric patients with burns », Journal of Burn Care and Rehabilitation, janvier-février 1996, 17(1) : 49-61. [Résumé]).

Tableau 2 - Lésions traumatiques et décès par le feu dans les communautés des Premières nations en 1997
Province/
Territoire
Nbre
d'inter-
ventions*  déclarées *
Nbre d'incendies déclarés Lésions trauma-
tiques Adulte
Lésions trauma-
tiques
Enfant
Décès
Adulte
Décès
Enfant
Terre-Neuve 0 0 0 0 0 0
Nouveau-Brunswick 24 25 1 0 0 0
Nouvelle-
Écosse
14 14 0 0 1 0
Île-du-Prince-
Édouard
0 0 0 0 0 0
Québec 77 73 0 0 0 0
Ontario 558 190 12 0 6 2
Manitoba 258 233 6 0 2 2
Saskatchewan 51 51 7 3 1 3
Alberta** 143 143 7 3 3 1
Colombie-Britannique 48 39 5 1 3 1
Yukon 3 3 0 0 0 0
Total 1,176 771 38 7 16 9

* Intervention des pompiers dans le cadre d'un incident qui peut comprendre ou non un incendie ou une perte financière. Le niveau de détail des déclarations varie. Certaines Premières nations déclarent toutes les interventions, y compris les fausses alertes, les accidents de véhicule, les feux de brousse, etc., alors que d'autres ne déclarent que les incendies occasionnant une perte financière.  

** Les statistiques en matière d'incendies de l'Alberta ont été fournies par le Fire Commissioner's Office, ministère du Travail de l'Alberta. Sont exclus les feux de brousse, de broussailles et de forêt.  

Source : Rapport 1997 des pertes causées par les incendies dans les collectivités des Premières nations. Données tirées du Rapport 1997 des pertes causées par les incendies, AINC (26. Développement des Ressources humaines Canada. Rapport 1997 des pertes causées par les incendies dans les collectivités des Premières nations. Données tirées du Rapport 1997 des pertes causées par les incendies, Affaires indiennes et du Nord Canada. [info.load-otea. hrdc-drhc.gc.ca/~fireweb/fnat97fr.htm]).

Les lésions traumatiques intentionnelles chez les peuples des Premières nations

Suicide

Le suicide cause jusqu'à un quart de tous les décès par lésion traumatique qui surviennent au sein des peuples des Premières nations. Au cours de la période de 1991 à 1993, 20,7 % des décès de femmes et 26,3 % des décès d'hommes étaient dus au suicide. Le taux de suicide au sein des peuples des Premières nations a été stable de la période de 1979 à 1981 à la période de 1991 à 1993 (voir la figure 7), sauf entre 1 et 14 ans, période au cours de laquelle il a augmenté de 45 %*. La plupart des suicides sont survenus chez les 15 à 24 ans, suivis par les 25 à 34 ans (voir la figure 10).

Les suicides peuvent survenir par « épidémie » dans des régions ou au cours de périodes précises; dans certaines régions, les taux de suicide sont très élevés. Par exemple, dans la zone de Sioux Lookout, le taux de suicide chez les personnes de sexe masculin des Premières nations de 10 à 19 ans a été cinquante fois supérieur à celui de leurs homologues canadiens au cours de la période de 1992 à 1995. La différence entre les taux de suicide des peuples des Premières nations et ceux des autres Canadiens est moins prononcée dans d'autres régions, mais elle reste importante : dans tout le Canada, le taux de suicide chez les hommes des Premières nations était 2,6 fois supérieur au taux chez les hommes canadiens au cours de la période de 1989 à 1993, alors que le taux de suicide chez les femmes des Premières nations était quatre fois supérieur au taux des femmes canadiennes. L'écart était plus grand chez les jeunes et se rétrécissait chez les plus vieux : le taux de suicide chez les femmes des Premières nations de 15 à 24 ans était près de huit fois supérieur à celui du même groupe d'âge à l'échelle du Canada, tandis que ce taux était cinq fois supérieur chez les hommes. En revanche, le taux de suicide chez les membres des Premières nations de plus de 65 ans était inférieur à celui des autres Canadiens du même âge. Au sein des Premières nations et dans l'ensemble de la population canadienne, les taux de suicide réalisé étaient généralement trois fois plus élevés chez les hommes que chez les femmes(11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.); toutefois, beaucoup plus de femmes que d'hommes font habituellement des tentatives de suicide.

*Ce pourcentage est fondé sur de petits nombres absolu et doit être interprété avec prudence.

Figure 10 Taux bruts de décès par suicide par groupe d'âge, Premières nations et population canadienne totale, 1989-1993

Figure 10 Taux bruts de décès par suicide par groupe d'âge, Premières nations et population canadienne totale, 1989-1993

Source : Santé Canada (1996), d'après les statistiques internes de Santé Canada(11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.).

Au cours de la période de 1991 à 1993, la pendaison a été la méthode de suicide la plus courante et elle a causé près de la moitié des suicides chez les hommes et les femmes des Premières nations, comme le montre la figure 12. Les armes à feu et les surdoses de médicaments constituaient la deuxième méthode de suicide la plus courante chez les hommes (35,3 %) et chez les femmes (30,0 %)(11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.). Presque tous les jeunes de moins de 14 ans qui se sont suicidés l'ont fait par pendaison, méthode également la plus courante chez les 15 à 44 ans. Les personnes plus âgées ont davantage utilisé les surdoses de médicaments et les armes à feu.

Les données plus récentes de certaines provinces semblent indiquer que le nombre plus élevé de suicides chez les jeunes, la surreprésentation des hommes et la décision de recourir le plus souvent à la pendaison sont des caractéristiques encore actuelles(14. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Manitoba. Données régionales sur la santé.)(15. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région de la Saskatchewan. Données régionales sur la santé.)(19. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région de l'Atlantique. Données régionales sur la santé.)(20. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Québec. Données régionales sur la santé.)(29. Health Canada (2000). Saskatchewan Registered Indian Population: 1998 Vital Statistics, Ottawa.).

Homicide

Au cours de la période de 1989 à 1993, les homicides étaient la troisième cause de décès au sein des peuples des Premières nations dans les régions de l'Atlantique, du Manitoba et de la Saskatchewan (11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.). Le taux de mortalité standardisé selon l'âge des Indiens inscrits de la Colombie-Britannique pendant la période de 1991 à 1998 était 4,7 fois supérieur à celui de l'ensemble de la population de la province de la Colombie-Britannique (1,2 par 10 000 habitants (population type) par opposition à 0,3 respectivement). Près des deux tiers des victimes d'homicide étaient des hommes, tant au sein des Premières nations que dans l'ensemble de la population canadienne(16. British Columbia Vital Statistics Agency. 2000. Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Prepared for Medical Services Branch, Health Canada.).

Figure 11 Taux de suicide standardisés selon l'âge, 1996-1997

Figure 11 Taux de suicide standardisés selon l'âge, 1996-1997

Remarques : Les taux relatifs aux Premières nations remontent à 1997, tandis que le taux de l'ensemble de la population canadienne remonte à 1996. Les données des régions de l'Atlantique et du Québec ne figurent pas dans le graphique, parce que seuls les taux bruts étaient disponibles. Les données sur le suicide de l'Alberta n'étaient pas disponibles.
Sources : Bureau régional de la DGSPNI du Manitoba(14. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Manitoba. Données régionales sur la santé.), Bureau régional de la DGSPNI de la Saskatchewan(15. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région de la Saskatchewan. Données régionales sur la santé.), British Columbia Vital Statistics Agency (16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991- 1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.), Statistique Canada (1998)(13. Statistique Canada. Décès, 1996. Le Quotidien, 16 avril 1998.).

Figure 12 Décès par suicide selon la méthode, 1991-1993

Figure 12 Décès par suicide selon la méthode, 1991-1993

Source : Santé Canada (1996), d'après les statistiques internes de Santé Canada(12. Canadian Institute of Child Health (1994). « Aboriginal Children ». Dans The Health of Canada's Children: A CICH Profile, 2e édition, Ottawa, The Institute, p. 131-148. Cité dans MacMillan, H.L., A.B. MacMillan, D.R. Offord et J.L. Dingle. « Aboriginal Health », Canadian Medical Association Journal, 1996, 155 : 1569-1578.).

Agression

Il y a peu d'information sur les agressions, mais les données disponibles semblent indiquer que les hommes de 15 à 24 ans sont davantage exposés. Par exemple, les agressions ont été la principale cause d'hospitalisation par suite de lésion traumatique chez les hommes indiens des régions septentrionales et les Indiens soumis à un traité de la Saskatchewan du groupe d'âge de 15 à 19 ans au cours de la période de 1989 à 1994(18. Saskatchewan Institute on Prevention of Handicaps (1996). Child Injury in Saskatchewan: Injury Hospitalizations and Deaths 1989-1994, University of Saskatchewan, University Extension Press.). Dans la zone de Sioux Lookout, au cours de la période de 1992 à 1995, les agressions ont représenté 15 % de la morbidité par lésion traumatique, les hommes de presque tous les groupes d'âge étant plus exposés. Les taux étaient les plus élevés chez les 20 à 24 ans (3 721 chez les hommes et 2 211 chez les femmes par 100 000 habitants). Dans un tiers environ (32 %) des agressions, on a utilisé une arme et les hommes étaient plus exposés(21. Whitehead, S., B. Henning, J. Johnston et A. Devlin (1996). Developing an Injury Morbidity and Mortality Profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995. Projet appuyé par le Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program.).

Violence familiale

La violence à l'égard des enfants et des personnes âgées ainsi que la violence conjugale sont considérées comme des problèmes dans bon nombre de communautés des Premières nations. Dans une enquête manitobaine portant sur 57 bandes, plus des deux tiers des répondants (69 %) estimaient que la violence conjuale constituait un problème grave ou important au sein de leur communauté(3. McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ». Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit
en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http://www.total.net/~niichr
o/InjuryF/ip1F.html].),(30. Santé Canada (1996). Centre national d'information
sur la violence dans la famille. La violence familiale au sein des collectivités
autochtones : une perspective autochtone
.).

Selon Injury Prevention Programs in First Nations Populations, la violence physique cause la moitié des décès attribuables aux mauvais traitements infligés aux enfants des Premières nations(31. University of British Columbia, Institute of Health Promotion Research (1995). Injury Prevention Programs in First Nations Populations, p. 67. Cité dans McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ». Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http:// www.total.net/~niichro/InjuryF/ip1F.html]).

Conclusion

Les Autochtones sont exposés à de nombreux facteurs de risque de lésions traumatiques accidentelles et intentionnelles. Le milieu physique, particulièrement celui dans lequel vivent les communautés du Nord (la température froide, l'éloignement, le mode de vie fondé sur la chasse), les conditions de logement (le surpeuplement, le délabrement), les conditions sociales (par exemple, un faible statut socioéconomique), l'usage fréquent de véhicules dangereux, comme les véhicules tout terrain et les motoneiges, la consommation d'alcool et le tabagisme, l'établissement de nombre de communautés des Premières nations à proximité de grands plans d'eau et le manque de dispositifs et de consignes de sécurité font courir aux Autochtones un risque plus grand d'être blessés dans des accidents ou par suite d'actes de violence.

Même si les taux de mortalité et de morbidité liées aux lésions traumatiques se sont améliorés avec le temps, ces taux sont encore élevés au sein des Premières nations, surtout comparativement aux taux que l'on observe dans l'ensemble de la population canadienne. Les jeunes hommes semblent particulièrement exposés aux lésions traumatiques. Cette situation contribue à de nombreuses années potentielles de vie perdues (APVP) attribuables aux lésions traumatiques dont sont victimes les Autochtones; les accidents et les actes de violence ont causé la moitié environ de toutes les APVP. Le suicide est très répandu dans les communautés autochtones et il se produit à un âge plus jeune que dans l'ensemble de la population. Les accidents de véhicule moteur causent également un grand nombre de lésions traumatiques et de décès par suite d'une lésion traumatique. Il y a toutefois une lueur d'espoir  : les communautés et les organisations autochtones mettent maintenant en oeuvre des initiatives et des programmes visant à prévenir les lésions traumatiques et à alléger le fardeau qu'elles représentent3.

Références

  1. Le Groupe Hygeia, pour la Fondation Sauve-qui-pense (1998). Le fardeau économique des blessures non intentionnelles au Canada.
    [http://www.hc-sc. gc.ca/hpb/lcdc/brch/injury/ unintent/indexf.html]

  2. Clayton, D., et A. Barceló. « Coût de la mortalité par suicide au Nouveau-Brunswick, 1996 ». Dans LLCM, Maladies chroniques au Canada, 1999, 20(2).
    [http://www.hc-sc.gc.ca/hpb/lcdc/publicat/cdic/cdic202/ cd202e_f.html]

  3. McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ». Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http://www.total.net/~niichr o/InjuryF/ip1F.html].

  4. « Alcohol on board," man overboard - boating fatalities in Canada », Canadian Medical Association Journal, 11 août 1998, 159(3) : 259-260.

  5. The Red Cross Society and the Canadian Surveillance System for Water-Related Fatalities (1998). An Analysis of Drownings and Other Water-Related Injury Fatalities in Canada for 1996. [http://www.redcross. ca/watersafety/watersafety. htm]

  6. Lifesaving Society. Manitoba Drowning Report 1998.
    [http://www.mb. lifesaving.ca/dr98.htm]

  7. Santé Canada, Direction générale des programmes et services de santé (1994). Le suicide au Canada. Mise à jour du Rapport du Groupe d'étude sur le suicide au Canada. [http://www.hc-sc. gc.ca/hppb/sante-mentale/ pdf/suicid_f.pdf]

  8. Northwest Territories Health and Social Services. Document Summary: Suicide in the Northwest Territories - A Descriptive Review.
    [http://www.hlthss.gov.nt.ca/ publicat/suicide/summary/ sec01.htm]

  9. Statistique Canada (1994). Enquête auprès des peuples autochtones de 1991. No 89-535 au catalogue. Cité dans Santé Canada,Direction générale des services médicaux (1996). « Diagnostic de la santé des Premières nations et des Inuits ». [non publié]

  10. Robinson, D., et J.-A. Taylor, pour le Service correctionnel du Canada, Direction de la recherche (1995). La violence familiale chez les délinquants sous responsabilité fédérale  : étude fondée sur l'examen des dossiers.
    [http://www.csc-scc.gc. ca/text/pblct/fv/fv03/ tocf-shtml]

  11. Santé Canada (1996). Tendances relatives aux taux de mortalité des Premières nations, 1979-1993, Ottawa, Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux Canada.

  12. Canadian Institute of Child Health (1994). « Aboriginal Children ». Dans The Health of Canada's Children: A CICH Profile, 2e édition, Ottawa, The Institute, p. 131-148. Cité dans MacMillan, H.L., A.B. MacMillan, D.R. Offord et J.L. Dingle. « Aboriginal Health », Canadian Medical Association Journal, 1996, 155 : 1569-1578.

  13. Statistique Canada. Décès, 1996. Le Quotidien, 16 avril 1998.

  14. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Manitoba. Données régionales sur la santé.

  15. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région de la Saskatchewan. Données régionales sur la santé.

  16. British Columbia Vital Statistics Agency (2000). Analysis of Status Indians in British Columbia 1991-1998. Préparé pour la Direction générale des services médicaux, Santé Canada.

  17. Statistique Canada. Utilisation des hôpitaux, 1996-1997. Le Quotidien, 24 février 1999. Données de l'Institut canadien d'information sur la santé.

  18. Saskatchewan Institute on Prevention of Handicaps (1996). Child Injury in Saskatchewan: Injury Hospitalizations and Deaths 1989-1994, University of Saskatchewan, University Extension Press.

  19. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région de l'Atlantique. Données régionales sur la santé.

  20. Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada, Région du Québec. Données régionales sur la santé.

  21. Whitehead, S., B. Henning, J. Johnston et A. Devlin (1996). Developing an Injury Morbidity and Mortality Profile in the Sioux Lookout Zone: 1992-1995. Projet appuyé par le Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program. 22. Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program (CHIRPP) - Sioux Lookout Zone. Winter Safety, janvier 1999 (rapport sur les statistiques en matière de lésions traumatiques).

  22. Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program (CHIRPP) - Sioux Lookout Zone. Hypothermia, février 1999 (rapport sur les statistiques en matière de lésions traumatiques).

  23. Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program (CHIRPP) - Sioux Lookout Zone. Poisonings, mars 1999 (rapport sur les statistiques en matière de lésions traumatiques).

  24. IM-PACT Safety Issues. School Bus Safety. School Bus Safety in Aboriginal Communities in Manitoba - Executive Summary. [http:// www.im-pact.mb.ca/ school_bus.html]

  25. Développement des Ressources humaines Canada. Rapport 1997 des pertes causées par les incendies dans les collectivités des Premières nations. Données tirées du Rapport 1997 des pertes causées par les incendies, Affaires indiennes et du Nord Canada. [info.load-otea. hrdc-drhc.gc.ca/~fireweb/ fnat97fr.htm] 27. Fire Facts. IM-PACT Newsletter. Manitoba Child Injury Prevention News, hiver 1997/1998, numéro 1.
    [http://www.im-pact.mb.ca/ nl97fire.html]

  26. Jenkins, H.M., V. Blank, K. Miller, J. Turner et R.S. Stanwick. « A randomized single-blind evaluation of a discharge teaching book for pediatric patients with burns », Journal of Burn Care and Rehabilitation, janvier-février 1996, 17(1)  : 49-61. [Résumé]

  27. Health Canada (2000). Saskatchewan Registered Indian Population: 1998 Vital Statistics, Ottawa.

  28. Santé Canada (1996). Centre national d'information sur la violence dans la famille. La violence familiale au sein des collectivités autochtones : une perspective autochtone.

  29. University of British Columbia, Institute of Health Promotion Research (1995). Injury Prevention Programs in First Nations Populations, p. 67. Cité dans McFarlane, P. « Nouvelles méthodes de prévention des blessures ».
    Dans Organisation nationale des représentants indiens et inuit en santé communautaire, Le Lien, hiver 1997, 7(3). [http://www.total.net/~niichro/InjuryF/ip1F.html]