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Santé des Premières nations et des Inuits

Rapport de l’Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits 2008-2009

Santé Canada en collaboration avec :
Nunavut Tunngavik Incorporated
Gouvernement du Nunatsiavut
Inuvialuit Regional Corporation
Inuit Tapiriit Kanatami

Mars 2011

Remerciements

Ce rapport n'aurait pu voir le jour sans l'aide de plusieurs personnes et organisations. J'aimerais prendre un moment pour souligner la contribution de tous ceux qui ont donné de leur temps, apporté leur aide et mis à profit leur expérience dans le cadre de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits et les en remercier.

J'aimerais d'abord souligner l'immense soutien offert par les organismes inuits. Le Comité inuit national de la santé (CINS), relevant de l'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), a contribué à la formulation des questions pour les interviews, localisé les bénéficiaires des accords de contribution pour pouvoir recruter le personnel chargé de l'enquête dans les communautés et mis son soutien et son expertise à contribution pour rédiger les supports de communication comme le formulaire de consentement des participants, la brochure d'information et l'affiche.

Je remercie spécialement les divers comités d'éthique comme ceux de Santé Canada, de l'Institut de recherche Aurora, de l'Institut de recherche du Nunavut et du ministère de la Santé et du Développement social du Nunatsiavut qui ont veillé au respect de la confidentialité et de la protection de la vie privée des participants à l'enquête.

L'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits est un prolongement du module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé. J'adresse donc aussi mes remerciements aux membres du Comité directeur de la santé buccodentaire qui ont contribué à l'élaboration des outils d'enquête et du guide d'examen.

Cette enquête n'aurait pu être menée sans les efforts dévoués de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada qui a permis aux dentistes régionaux de participer à l'enquête comme dentistes examinateurs.

Nous sommes également reconnaissants au Dr Harry Ames qui a permis aux dentistes examinateurs d'étalonner leur méthodologie en fonction des normes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et a analysé les données recueillies durant l'enquête avec l'assistance de Mme Suzelle Giroux de Statistique Canada.

J'adresse un merci particulier à tout le personnel de Santé Canada qui a contribué au rapport, au Dr James Leake pour sa contribution majeure au rapport final et au Dr Roger Bélanger, dentiste-conseil en santé publique à la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik.

J'ai une reconnaissance spéciale envers le personnel du Bureau du dentiste en chef, et en particulier envers Valerie Malazdrewicz, Lisette Dufour et Amanda Gillis.

En terminant, j'aimerais remercier tous ceux qui ont pris part aux séances d'étalonnage et exprimer une profonde reconnaissance aux communautés participantes ainsi qu'aux 1 216 Inuits qui ont participé à l'enquête; sans vous, rien de cela n'aurait été possible.

Cordialement,
Dr Peter Cooney, BDS, LDM, DDPH, MSc, FRCD(C)
Dentiste en chef
Santé Canada

Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits

Table des matières

Sommaire

Le présent rapport fait état des résultats de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits qui a été menée par le Bureau du dentiste en chef de Santé Canada en concertation avec l'Inuit Tapiriit Kanatami, le ministère de la Santé et du Développement social du gouvernement du Nunatsiavut (Terre-Neuve-et-Labrador), Nunavut Tunngavik Inc. (Nunavut) et l'Inuvialuit Regional Corporation (Territoires du Nord-Ouest). Il présente, pour la période 2009-2010, des estimations du fardeau lié aux affections buccodentaires dans l'ensemble des régions du Nord canadien, exception faite du Nunavik. Bien que la région du Nunavik a choisi de ne pas participer à l’enquête, il est important de mentionner que celle-ci appuie les résultats de l’Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits 2008-2009. Des dentistes examinateurs ayant reçu une formation à cet effet ont examiné 1 216 patients inuits âgés de 3 à 40 ans et plus en se conformant aux normes du module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (MSB-ECMS).

Par rapport aux populations du Sud du Canada, les cas de mauvaise santé buccodentaire rapportés sont plus nombreux chez les Inuits et la fréquence à laquelle ils disent éviter certains aliments et éprouver des douleurs buccales y est plus élevée. Moins d'une personne sur deux déclare avoir eu recours à des soins dentaires, même si le coût est très rarement mentionné comme facteur dissuasif de telles visites ou de l'acceptation du traitement recommandé.

La prévalence de caries coronaires est très élevée chez les Inuits. L'enquête montre que plus de 85 % des enfants d'âge préscolaire ont déjà eu des caries et qu'en moyenne, 8,22 de leurs dents sont cariées. Chez les adolescents, ce pourcentage atteint 97,7 % et, dans les groupes de population les plus âgés, tout le monde est atteint.  Le nombre de dents permanentes cariées, absentes ou obturées augmente avec l'âge, passant de 2 chez les 6 à 11 ans, à 9,5 chez les adolescents, 15 chez les 20 à 39 ans et plus de 19 chez les personnes âgées. La prévalence et le nombre moyen de dents cariées, absentes ou obturées (indice CAOD) sont de beaucoup supérieurs à ceux observés chez les populations du Sud du Canada.

En outre, dans bien des cas, la maladie n'a fait l'objet d'aucun traitement. À titre d'exemple, la proportion de dents cariées qui étaient encore cariées au moment de l'enquête, chez les adolescents et les jeunes adultes, est respectivement de 38,1 % et de 16,7 %, comparativement à 14,9 % et 12,6 % chez les Canadiens vivant dans le Sud du pays. Une autre constatation est que l'on a davantage recours à l'extraction pour régler les problèmes dentaires chez les Inuits. Chez les adolescents inuits, pour 100 dents obturées, on observe une moyenne de 20,3 dents extraites contre 1,0 dent extraite seulement chez les adolescents ciblés par le MSB-ECMS.

Par rapport aux observations du MSB-ECMS, les caries radiculaires sont également plus fréquentes et moins souvent traitées chez les Inuits. Cependant, l'indice communautaire des besoins en traitements parodontaux (ICBTP) montre que les parodontopathies semblent moins fréquentes et moins aiguës chez les Inuits que chez les populations étudiées par le MSB-ECMS et chez les patients autochtones de l'Alaska.

La pratique de l'extraction étant plus fréquente, la proportion de personnes édentées du groupe inuit le plus âgé (21,3 %) est supérieure à ce que l'on observe chez les populations du Sud (4,4 % à 21,7 %). Toutefois, la conclusion que 21,3 % des Inuits de 40 ans et plus sont édentés constitue manifestement une amélioration par rapport aux observations de Galan et al. (1993) et celles de Rea et al. (1993) lors de leur enquête ciblant exclusivement le district de Keewatin.

La conclusion que les Inuits du Canada affichent un taux plus élevé de maladies buccodentaires (excepté pour les cas de parodontopathies) que leurs compatriotes du Sud concorde avec ce que rapportent les études internationales qui ont, elles aussi, observé que l'état de santé buccodentaire des Autochtones est inférieur à celui de la culture dominante de leur pays.

Alors que la prévalence et la gravité des caries dentaires ont quelque peu diminué chez les enfants de 6 ans, la proportion de dents cariées traitées avec succès pour la même tranche d'âge est passée de 20 %, tel que rapporté en 1992, à 55 % lors de la présente enquête.

Néanmoins, les problèmes de santé buccodentaire ne peuvent être complètement éradiqués par des traitements même si des ressources supplémentaires sont disponibles. L'approche la plus prometteuse consisterait à mettre davantage l'accent sur des mesures communautaires de prévention primaire qui s'accompagneraient d'un dépistage précoce et de soins de base fournis promptement. Cependant, ces deux stratégies ne peuvent porter fruits à elles seules. Pour maximiser l'effet des efforts préventifs en matière de santé dentaire, il est essentiel de contrer les menaces à la santé mises en évidence lors d'études antérieures, comme le taux élevé de tabagisme, les logements surpeuplés et l'insécurité alimentaire.

1.0 Origines et démographie

1.1 Les origines des Inuits

Bjerregaard et Young (Bjerregaard 1998) présentent une description complète des origines des Inuits d'aujourd'hui. Ils soulignent qu'il est généralement admis que les ancêtres des populations autochtones du Canada vivaient en Asie de l'Est et ont migré, probablement par vagues successives, le long du pont terrestre reliant l'Asie et l'Amérique du Nord. Les vagues de migration ont eu lieu alors que le pont terrestre était alternativement exposé et couvert durant les glaciations répétées du Pléistocène. Il est possible que les Aléoutes/Inuits n'aient traversé le pont terrestre qu'environ 5000 ans avant notre ère, et que les Inuits se soient alors répandus le long de la côte Nord de l'Amérique du Nord. Entre 5000 et 2000 avant notre ère, des fabricants de petits outils connus sous le nom de Paléoesquimaux ou peuples de la culture pré-Dorset ont occupé l'Arctique. Vers 500 avant notre ère, la culture Dorset a vu le jour; ces populations habitaient des structures plus permanentes faites de pierre et de tourbe et jouissaient d'une riche culture artistique centrée sur la sculpture sur ivoire et sur pierre. Entre 1000 et 1500 apr. J.-C., les populations de la culture de Thulé ont remplacé la culture Dorset et sont devenues les ancêtres directs des Inuits d'aujourd'hui. Lorsque la population de baleines a connu un déclin durant les années 1800, certains groupes ont migré vers l'intérieur du pays, remplaçant les mammifères marins par le caribou comme aliment principal et fondement de leur culture.

Toujours selon Bjerregaard et Young (Bjerregaard 1998), le contact avec les Européens a eu lieu à différentes époques et avec différents groupes. Le premier contact s'est établi au Groenland quand des marins norvégiens ont rencontré les Skraelings vers l'an 1000 apr. J.-C. Les Norvégiens ont peut-être aussi rencontré les Inuits au Labrador et dans le Nord de Terre-Neuve, mais il n'existe aucune trace d'un tel contact. Certes, après que les Européens eurent amorcé leur recherche du passage du Nord vers l'Asie, les Inuits ont rencontré les équipages de Martin Frobisher (1576), de John Davis, de Henry Hudson, de William Baffin et d'autres. Le contact avec les Européens a fini par altérer profondément la culture inuite. Comme l'affirme McPhail (McPhail et al. 1972), le contact avec le commerce des fourrures (env. 1670) et les incursions des chasseurs de baleines qui passaient l'hiver dans la région ont amorcé un changement culturel rapide. Finalement, les politiques gouvernementales de la fin des années 1950 ont décrété que les populations vivant de la terre ou en petits groupes ou communautés seraient relocalisées (Messer 1985) dans des communautés plus importantes où les services pourraient être offerts de manière plus efficace.

1.2 Démographie et conditions sociales

Deux publications récentes fournissent des données statistiques détaillées sur les Inuits (Inuit Tapiriit Kanatami 2008; Tait 2008). Le passage suivant tiré de Tait (Tait 2008) décrit la population inuite d'aujourd'hui et les conditions sociales reliées à la santé.

« De nos jours, la majorité des Inuits vivent au sein d'une des cinquante-deux communautés situées dans le Nord, sur un territoire appelé Inuit Nunaat - la terre ancestrale des Inuits. L'Inuit Nunaat comprend quatre régions établies lors de la signature d'accords de revendications territoriales. De l'Ouest à l'Est, le territoire comprend la région d'Inuvialuit dans les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, le Nunavik au nord du 55e parallèle dans la province du Québec, et le Nunatsiavut dans la partie nord du Labrador {voir la carte suivante}. » [traduction]

Figure 1 - Inuit Nunaat

Figure 1 - Inuit Nunaat

Toujours selon Tait :

« Selon le recensement de 2006, on compte 50 485 Inuits au Canada, dont plus des trois quarts (78 %) habitent l'Inuit Nunaat. La région ayant la plus large population inuite est le Nunavut, avec 24 635 Inuits, soit près de la moitié de l'ensemble de la population inuite du Canada. Le Nunavik est habité par 9 565 Inuits, soit 19 % de l'ensemble de la population inuite. La région d'Inuvialuit compte 3 115 Inuits, soit 6 % du total national. Le Nunatsiavut, au Nord du Labrador, compte 2 160 Inuits, soit l'équivalent de 4 % de l'ensemble de la population inuite. Toujours selon ce recensement, les Inuits constituent la majorité de la population des quatre régions.

« La population inuite est jeune, avec un âge médian de 22 ans contre 39 ans pour l'ensemble de la population canadienne. Des pourcentages élevés d'Inuits se situent dans les groupes les plus jeunes. En 2006, 12 % de la population inuite était dans la tranche des 4 ans et moins, soit plus du double des 5 % recensés dans ce groupe d'âge pour l'ensemble de la population canadienne. Selon le recensement de 2006, un pourcentage grandissant d'Inuits est constitué de personnes âgées de 65 ans et plus. Ce pourcentage reste toutefois modeste par rapport à l'ensemble de la population canadienne; on compte seulement 4 % d'Inuits de 65 ans et plus, contre 13 % pour l'ensemble de la population canadienne. » [traduction]

Le rapport de Tait cerne divers facteurs susceptibles de nuire à la santé des Inuits. Ces facteurs incluent :

« Des taux élevés de tabagisme - En 2006, le pourcentage d'Inuits consommant quotidiennement du tabac (58 %) était plus de trois fois supérieur à celui observé pour l'ensemble des adultes au Canada (17 %).

Des niveaux plus bas d'instruction formelle - Plusieurs ne terminent pas leurs études primaires ou secondaires. Les systèmes et les programmes éducatifs conçus dans le Sud risquent de ne pas répondre aux besoins des élèves inuits... Les expériences négatives vécues dans les pensionnats ont affecté les résultats scolaires de plusieurs Inuits et de leurs enfants. De plus, plusieurs d'entre eux parlent la langue inuite (l'inuktitut) comme première langue. Une grande partie de leur scolarité formelle est offerte en anglais, ce qui peut poser problème pour certains Inuits...

Insécurité alimentaire - Trois enfants inuits sur dix, âgés de 6 à 14 ans, ont, selon leurs parents, déjà fait l'expérience de la faim parce que la famille a traversé des périodes où elle manquait de nourriture ou d'argent pour en acheter. {Toutefois, du côté positif}, la majorité des hommes et des femmes inuits de tout âge ont l'expérience de la récolte de nourriture traditionnelle, c'est-à-dire de nourriture provenant de la terre et de la mer comme le phoque, le caribou, le poisson, la baleine, etc. La nourriture traditionnelle constitue une fraction importante du poisson et de la viande consommés par maintes familles inuites dans l'ensemble de l'Inuit Nunaat et elle est très souvent partagée avec d'autres au sein de la communauté.

Les habitations surpeuplées nécessitant des réparations - 31 % de l'ensemble des Inuits du Canada vivent dans des habitations surpeuplées, contre 3 % pour l'ensemble de la population canadienne... Dans le groupe des enfants inuits de moins de 15 ans, 40 % vivent dans des habitations surpeuplées, soit environ six fois la proportion de 7 % observée pour l'ensemble des enfants ailleurs au Canada. Le surpeuplement et les conditions météorologiques extrêmes entrainent la détérioration des habitations et les coûts de construction et de réparation domiciliaire sont élevés dans l'Inuit Nunaat... 31 % des Inuits vivent dans des logements nécessitant des réparations majeures... Les coûts d'Entretien et de chauffage sont également élevés.

Accès réduit aux soins de santé - Aucune des 52 communautés inuites n'est accessible par la route en toute saison et quelques-unes seulement disposent d'un hôpital. Les autres sont desservies par des centres de santé où travaille du personnel infirmier. Pour les traitements nécessitant l'intervention de médecins ou pour des rendez-vous avec des médecins spécialistes, les Inuits doivent être transportés par avion à l'extérieur de leur communauté et les conditions météorologiques retardent souvent le départ de ces vols. L'accès à des tests de diagnostic est plus restreint dans les communautés inuites. De plus, certains Inuits ne parlent pas l'anglais et requièrent des services de traduction.

Les membres des communautés inuites sont moins susceptibles d'avoir vu un médecin au cours des 12 derniers mois ou de lui avoir parlé au téléphone que l'ensemble de la population. La proportion observée d'adultes inuits ayant eu un contact avec un médecin dans les 12 derniers mois est de 56 %, contre 79 % pour les adultes de l'ensemble de la population canadienne. Les adultes inuits de tous les groupes d'âge sont moins susceptibles que ceux de l'ensemble de la population canadienne d'avoir eu un contact avec un médecin... Par contre, on observe chez les Inuits une tendance beaucoup plus forte à avoir été en contact avec un membre du personnel infirmier au cours de la dernière année. Dans les régions de l'Inuit Nunaat, 70 % des adultes inuits ont déclaré avoir été en contact avec une infirmière ou un infirmier (au cours de la dernière année), alors que cette proportion est de 39 % chez les Inuits à l'extérieur de ces régions. En 2006, plus d'un tiers (35 %) des enfants inuits de 6 à 14 ans ont été vus par un pédiatre, un praticien généraliste ou un médecin de famille. 

Plusieurs communautés de l'Inuit Nunaat n'ont pas de dentiste résident (à noter que certaines communautés ont accès à des thérapeutes dentaires résidents). Des dentistes du Sud du Canada se rendent plutôt, par avion et sur une base irrégulière, dans les communautés. Souvent, des contraintes de temps ne permettent d'examiner que les cas les plus urgents. Les patients doivent être aéroportés à l'extérieur de leur communauté pour recevoir des traitements et pour les urgences dentaires... On constate qu'un peu plus de six enfants inuits sur dix (63 %) âgés de 6 à 14 ans ont reçu des soins dentaires au cours des 12 derniers mois. Les enfants de la région d'Inuvialuit et les enfants inuits vivant hors de l'Inuit Nunaat sont les plus susceptibles d'avoir reçu des soins dentaires au cours des douze derniers mois (79 % et 77 %). À l'autre extrémité du spectre, on constate que ce sont les enfants du Nunatsiavut qui sont les moins susceptibles d'avoir reçu des soins dentaires (38 %). Au Nunavik et au Nunavut, cette proportion est d'environ 6 sur 10 (62 % et 57 %). » [traduction]

2.0 Système de prestation de soins dentaires

2.1 Développement des services dentaires

L'évolution des services dentaires pour les Inuits et les Premières nations est un travail qui suit son cours. Au fil des ans, des points de vue divergents ont émergé au sujet du rôle du gouvernement fédéral. Les Autochtones considèrent que le gouvernement fédéral a la responsabilité d'assurer des services de santé complets, comme cela est prévu dans les dispositions des proclamations, lois ou traités divers (Bedford 1993), alors que le gouvernement affirme, pour sa part, que de telles dispositions relèvent de politiques susceptibles de changer.

Pendant la plus grande partie de la période qui suivit l'arrivée des Européens, les services de santé destinés aux Inuits étaient fournis par des institutions religieuses ou charitables comme l'International Grenfell Association (Jones 1968; Jones 1969) au Labrador. La capacité du gouvernement fédéral à offrir des services de santé était extrêmement limitée. Wein et McIntyre (Wein 1997), citant Waldram et. al., 1995, signalent que :

« En 1935, la Direction générale des services médicaux comptait onze médecins hygiénistes à temps plein et huit agents indiens ayant reçu une formation médicale. Elle employait aussi 250 médecins à temps partiel ou en fonction des besoins, y compris des spécialistes oeuvrant en milieu urbain; en outre, d'autres intervenants voyaient des patients autochtones en privé. Les services de soins dentaires étaient rares, mis à part des services de base comme les extractions. Onze infirmières et infirmiers de terrain, en tout, étaient employés par la Direction générale des services médicaux, auxquels s'ajoutaient d'autres intervenants recrutés par des organisations missionnaires ou provinciales [...] » [traduction]

Jones (Jones 1968) signale qu'en 1963, à Flowers Cove au Labrador, les dentistes de l'Association internationale Grenfell ont procédé à 3 185 extractions contre seulement 264 traitements conservateurs (restaurations), ce qui équivaut à 1 206 extractions pour 100 plombages.

Bedford et Davey (Bedford 1993) rapportent qu'aussi récemment que dans les années 1960 :

« [...] il n'y avait virtuellement pas de services de soins dentaires formels en place dans les régions éloignées. Il n'était pas rare que du personnel infirmier et parfois des prêtres effectuent les extractions dentaires. Les enfants étaient souvent transportés par avion vers les grands centres [...] où on les mettait sous anesthésie générale avant de leur arracher les dents cariées et de les renvoyer chez eux la bouche bourrée de gaze. » [traduction]

En 1971, dans une tentative de mettre sur pied des services de soins dentaires primaires dans les communautés des Premières nations et les communautés inuites de tout le Canada, le gouvernement fédéral a confié à l'Université de Toronto, un contrat qui consistait à former des thérapeutes dentaires. Dans le cadre de ce programme, des diplômés du secondaire recevaient une formation à l'École nationale de thérapie dentaire initialement établie dans les Territoires du Nord-Ouest, afin d'offrir des services de soins dentaires primaires. Même si le programme s'adressait à des étudiants autochtones, des non-autochtones y ont également été admis. À la fin du programme de deux ans, les diplômés devaient s'établir dans une communauté autochtone souvent éloignée et y travailler sous la supervision d'un dentiste régional d'un ministère de la Santé; les soins dispensés étaient toutefois suivis chaque année par le personnel de l'École nationale de thérapie dentaire. La qualité des soins (Davey 1991) tout comme le bon rapport coût-efficacité de ce programme ont été démontrés (Trueblood 1994). Comme preuve supplémentaire, Mayhall (Mayhall 1991) et McDermott (McDermott 1991) soulignent que les diplômés réussissaient à restaurer les dents plutôt qu'à les extraire. En 1994, Trueblood (Trueblood 1994) rapporte que l'École a déjà diplômé 35 thérapeutes dentaires dont 32 ont été embauchés par « Santé et Bien-être social Canada ». Finalement, un contrat relatif au programme de formation a été passé avec l'Université des Premières nations du Canada, qui se trouve à Regina en Saskatchewan. Cependant, après une revision des programmes gouvernementaux, Santé Canada a pris la décision, de mettre fin, en juin 2011, au financement annuel qu'il verse à l'Université des Premières nations du Canada pour le fonctionnement, l'administration et les autres coûts reliés à l'École nationale de thérapie dentaire (Doiron 2010 a).

Le nombre de thérapeutes dentaires n'était jamais suffisant pour répondre à tous les besoins des communautés du Nord; du coup, dans les plus grands centres dotés de praticiens en pratique privée, ceux-ci étaient rémunérés à l'acte par les Services de santé non assurés. Dans d'autres régions, des contrats ont été conclus avec des universités ou des cabinets dentaires privés. Les fonds destinés à ces programmes et contrats provenaient, au départ, du gouvernement fédéral. À titre d'exemple, la Faculté de médecine dentaire de l'Université du Manitoba était sous contrat pour offrir des soins dentaires à sept communautés du district de Keewatin (MacDonald 1988).

À partir des années 1970, l'infrastructure des soins de santé a connu des améliorations majeures qui ont mené à la construction de centres de santé bien équipés dans plusieurs communautés (Quinonez 2006). Ces centres employaient souvent un responsable en santé communautaire et/ou une infirmière praticienne, et mettaient des salles de soins cliniques à la disposition des médecins et des dentistes itinérants ou des thérapeutes dentaires résidents.

Le développement accusait néanmoins un retard dans certaines régions, comme ce fut le cas jusqu'aux années 1980 dans la région de l'Ungava, au Québec, où les services étaient offerts par des dentistes ou des médecins itinérants disposant d'un équipement minimal (Lambert 1994). Depuis, dans le cadre du Traité de la Baie James, la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik assume la responsabilité administrative des services de soins de santé, et les infrastructures ainsi que l'accès aux soins ont été améliorés.

2.2 Système actuel de prestation de soins dentaires

Depuis le début des années 1980, les gouvernements fédéral et territoriaux ont commencé à transférer l'administration des tous les services de santé financés par des fonds publics aux Territoires du Nord-Ouest (certains ont été, par la suite, réaffectés au Nunavut) et au Yukon. En 2007 également, la responsabilité des Inuits du Labrador, sur la côte nord du Labrador, a été transférée en vertu de l'entente d'autonomie gouvernementale du Nunatsiavut (Santé Canada 2010a).

Les termes du transfert voyaient la propriété des hôpitaux, des cliniques et des équipements de santé passer sous la responsabilité des gouvernements territoriaux qui devaient également assurer le recrutement d'employés ou de contractuels comme personnel de prestation des soins. Ainsi, alors que certaines communautés ont des thérapeutes dentaires résidents (6 au Nunavut), en dehors d'Iqaluit et d'Inuvik où des cliniques privées sont disponibles et où les soins sont couverts par le Programme des services de santé non assurés (SSNA) (Santé Canada 2010a), la plupart des communautés reçoivent, pendant un nombre de jours prédéterminé (Kelly 2010), des soins offerts par des dentistes et des denturologistes contractuels. Les contrats couvrent les voyages pour se rendre dans les communautés, ainsi que l'hébergement, les coûts de repas et le recours à un assistant dentaire. Le traitement fourni est financé par le Programme des SSNA. Actuellement, les dentistes itinérants peuvent utiliser gratuitement les salles de soins cliniques et les équipements appartenant au gouvernement territorial.

Les services dentaires de spécialité ne sont pas toujours disponibles dans les communautés inuites, même si les plus grandes communautés reçoivent à intervalles réguliers la visite de spécialistes en orthodontie et en chirurgie buccale. Entre ces visites ou dans les communautés qui n'en reçoivent pas, ou encore lorsque d'autres spécialités sont en cause, les gens doivent voyager pour obtenir les services par des spécialistes. Le traitement administré aux jeunes enfants comprend souvent des services sous anesthésie générale pour l'extraction de leurs dents de primaires gravement cariées. Quand il s'agit d'enfants ou de patients ayant besoin d'un traducteur, une autre personne doit les accompagner, ce qui double les frais de voyage et d'hébergement. Selon certains consultants, les frais de voyage des patients représentent de 20 à 25 % du total des coûts de traitement (Kelly 2010).

Le rapport annuel de 2009 des SSNA (Santé Canada 2010a) indique que 39 408 Inuits étaient admissibles aux soins dentaires. Les Inuits constituent une faible minorité des patients admissibles dans toutes les régions, sauf au Nunavut; les données relatives à cette région pourraient donc être les plus représentatives du système actuel de soins pour les Inuits. Le Programme des SSNA y a dépensé 8,3 millions de dollars en 2008‑2009, dont 5,7 millions de dollars pour des traitements prodigués par des dentistes rémunérés à l'acte et 0,4 million de dollars pour des dentistes contractuels. De plus,  2,2 millions de dollars ont été versés au gouvernement du Nunavut au moyen d'accords de contribution. L'ensemble des dépenses qui précèdent représente un montant de 287 $ par client admissible, somme la plus élevée de toutes les régions et qui dépasse de 36 % la moyenne nationale de 211 $ par bénéficiaire (pour les Premières nations et les Inuits). Par contre, le coût par bénéficiaire au Nunavut était de 476 $, soit 93 % de la moyenne nationale de 512 $. Le taux d'utilisation par les Inuits n'est pas mentionné séparément dans le rapport annuel.

En plus des traitements offerts par des dentistes rémunérés à l'acte ou par des dentistes contractuels, certains soins primaires sont offerts à titre préventif dans les communautés. Ces services s'adressent aux femmes enceintes et aux fournisseurs de soins primaires, de même qu'aux enfants d'âge préscolaire (de 0 à 4 ans) et scolaire (de 5 à 7 ans), visent essentiellement à sensibiliser les groupes cibles et à réduire la prévalence des caries chez les jeunes enfants par le biais de l'Initiative en santé buccodentaire pour les enfants (ISBE). Le programme comprend plusieurs éléments dont l'application topique d'un vernis au fluorure constitue l'une des pratiques de base. Les régions du Nunavut, du Nunatsiavut et d'Inuvialuit comptent au total onze communautés bénéficiant de ce programme (Doiron 2010 b).
Quinonez (Quinonez 2006) a compilé une étude détaillée du développement des services de soins dentaires au Nunavut après la Première Guerre mondiale. Il y décrit les effets de la politique de transfert des responsabilités liées à la prestation des soins de santé entre la Direction générale des services médicaux et le gouvernement du Nunavut, ainsi que certains éléments de frustration et d'insatisfaction associés à cette politique et à la politique parallèle de privatisation des services de soins dentaires

3.0 Examen de l'état de santé buccodentaire des Inuits

3.1 Premiers résultats

Des études anthropologiques montrent qu'avant le contact avec les Européens, les gens de Thulé étaient en grande partie, sinon entièrement, exempts de caries. Mayhall (Mayhall 1977) rapporte que l'examen de 301 crânes datant de 900 à 1650 apr. J.-C. a révélé seulement deux caries dentaires. Parmi les études plus modernes sur les Inuits, Ritchie (Ritchie 1923) qui travaillait avec l'expédition canadienne dans l'Arctique de 1913-1928 n'a trouvé aucune carie sur les 34 crânes étudiés. Même à une époque plus tardive de la période de contact (1938), McEuen (McEuen 1938) n'a trouvé que 7 lésions réparties entre 6 individus sur les 82 personnes qu'il a examinées à Pangnirtung.

Des études plus récentes (Enquête Nutrition Canada 1977) (Zammit 1994 ) (Leake 1992) (Santé Canada 2000) montrent que la prévalence de la maladie, à la fin du siècle dernier, était extrêmement élevée : plus de 93 % des jeunes d'âge scolaire avaient eu de caries dentaires. L'épidémie de carie dentaire a été associée à l'introduction de glucides plus raffinés, spécialement du sucre, dans l'alimentation traditionnelle des Inuits. La hausse de la prévalence et de la gravité de la maladie a été si rapide que Mayhall (Mayhall 1975) a pu démontrer une augmentation de 66 % de la gravité de la maladie sur une période de quatre ans seulement dans deux communautés de la partie nord du district de Keewatin.

3.2 Analyse d'enquêtes antérieures sur la santé buccodentaire

L'état de santé buccodentaire actuel des populations inuites n'était pas connu (avant la présente enquête) puisqu'une grande partie des études ont été menées entre 1970 et 1995. Même à l'époque, la description donnée n'était pas claire. Le manque de clarté était principalement dû à la variabilité de plusieurs facteurs comme la méthodologie utilisée pour les études (peu d'échantillons aléatoires), les populations cibles, le taux de réponse, le type d'examinateurs (dentistes, hygiénistes et thérapeutes dentaires, médecins), les données recueillies sur l'état de santé et le manque d'uniformité des éléments que les chercheurs ont choisi d'analyser et d'inclure dans leurs rapports. De plus, les communautés ciblées sont souvent de petite taille et les échantillons le sont généralement aussi, ce qui conduit à des estimations instables. Par exemple, l'Enquête Nutrition Canada (Enquête Nutrition Canada 1977) a rendu compte de la santé buccodentaire d'enfants inuits de 3 ans en se basant sur l'examen de 8 d'entre eux.

Néanmoins, une recherche bibliographique a mis en évidence plusieurs études englobant des données sur la santé buccodentaire des Inuits du Canada. Toutes ces études ont été analysées et les données en ont été extraites dans la mesure où les renseignements publiés le permettaient. Aucune étude en population n'a été rejetée en dépit de limitations au niveau de sa conception, des mesures ou de l'analyse. Pour faire en sorte que certaines données de chaque étude soient mises à contribution dans la présente analyse des études antérieures, seuls les indicateurs de la santé buccodentaire les plus fondamentaux ont été extraits des publications.

Ce que l'on peut apprendre de ces études est condensé en six tableaux présentés à l'annexe A1 et renfermant des données sommaires sur la santé buccodentaire et gingivale des enfants d'âge préscolaire et scolaire, des adolescents, des jeunes adultes, des adultes d'âge moyen et des personnes âgées. Les groupes d'âge ont été choisis de façon à ce qu'ils concordent avec ceux sélectionnés pour le module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (MSB-ECMS) et sont également utilisés dans la présente enquête.

Pour les enfants d'âge préscolaire, des conclusions tirées de dix enquêtes sont présentées dans le tableau A1.1. Les dates de publication se situent entre 1970 et 1994; cinq de ces enquêtes ont été menées dans le district de Keewatin. Trois études rapportent une prévalence de carie variant de 44,7 % pour les huit enfants de 3 ans mentionnés dans le rapport de 1977 de l'Enquête Nutrition Canada, à 80 % pour les enfants de 49 à 54 mois du district de Keewatin (Albert 1988). Le nombre moyen de dents cariées variait de 2,85 à Igloolik et à Hall Beach en 1969 (Mayhall 1975) à 11,2 pour les fillettes de 5 ans dans sept communautés du district de Keewatin (MacDonald 1988). Mayhall (Mayhall 1975), à partir d'enquêtes répétées dans ces deux communautés, a démontré une hausse de 66 % de la gravité de la maladie entre 1969 et 1973. La hausse ne s'est pas avérée aussi forte lors des enquêtes répétées à cinq ans d'intervalle par Gagnon et Lambert (Gagnon 1994), mais le nombre moyen de dents cariées (8,03) était déjà élevé dans la population étudiée des enfants de 3 à 5 ans. En bref, les données montrent une haute prévalence (70 % à 80 %) et une moyenne élevée de dents cariées, absentes ou obstruées (jusqu'à 10 ou 11 dents par enfant) chez les enfants d'âge préscolaire. Une récente enquête par interview auprès de tuteurs d'enfants inuits du Nunavut (Pacey et al. 2010) a confirmé que l'épidémie a persisté au moins jusqu'en 2008 puisqu'on y rapporte que 69,1 % des enfants de 3 à 5 ans ont eu des dents cariées, extraites ou obturées. Le MSB-ECMS n'inclut pas les enfants d'âge préscolaire, ce qui ne permet pas d'en comparer les conclusions aux résultats ci-dessus.

Le tableau A1.2 présente des résultats extraits de neuf enquêtes sur l'état de santé buccodentaire de jeunes d'âge scolaire de 6 à 11 ans. Comme le rapportent les quatre études, la prévalence est élevée, se situant entre 82 % et 98 %. Le nombre moyen de dents cariées varie de 4,55 à Igloolik et à Hall Beach en 1969 (Mayhall 1975), à 12,4 au Labrador en 1969 (Messer 1985). Des enquêtes répétées dans les mêmes communautés montrent des tendances opposées; Mayhall (Mayhall 1975) a observé une hausse de la gravité des caries avec un nombre moyen de dents cariées passant de 4,55 à 7,05 entre 1969 et 1973 dans la partie nord du district de Keewatin. En revanche, Messer (Messer 1985) et Gagnon et Lambert (Gagnon 1994) ont observé une diminution de la gravité des caries (amélioration) au Labrador et dans les régions nordiques du Québec. Parmi les jeunes d'âge scolaire de 6 à 11 ans examinés dans le cadre de l'ECMS de 2007-2009, 56,8 % avaient des caries dentaires et, en moyenne, 2,48 dents temporaires et permanentes affectées.

Deux études ont fait état de la malocclusion chez les Inuits. McPhail (McPhail et al. 1972) a noté une haute prévalence (18 % à 33 %) d'incisives latérales supérieures « incluses » et une incidence plus élevée d'occlusions croisées postérieures par rapport aux enfants de la Saskatchewan. Zammit (Zammit 1995) a constaté que 18 % des jeunes âgés de 5 à 22 ans de deux communautés du Labrador, souffraient d'occlusions gravement invalidantes. Le rapport du MSB-ECMS a révélé que 18,5 % des adolescents avaient des occlusions inacceptables. Selon le point de vue de l'adolescent et de ses parents, ces occlusions ne nécessitaient pas toutes un traitement car ils en considéraient plusieurs comme relativement bénignes.

Huit études contiennent des renseignements sur les adolescents (voir tableau A1.3). Trois seulement mentionnent la prévalence de la carie dentaire qui varie de 69 % pour les adolescents de 12 à 14 ans dans le cas de l'Enquête Nutrition Canada, à 95 % selon les deux autres études (Leake 1992) (Zammit 1994). L'indice CAOD moyen observé varie de 4,5 au Labrador en 1984 (Messer 1985) à 16,7 chez les jeunes de 17 ans dans l'Ungava en 1986 (Gagnon 1994). Des enquêtes répétées dans les mêmes communautés montrent une amélioration (indice CAOD plus bas) au Labrador (Messer 1985) et dans l'Ungava (Gagnon 1994). Les résultats de l'étude la plus récente (Zammit 1994) montrent que 95 % des sujets examinés avaient au moins une dent cariée et un indice CAOD moyen de 5,65. Ces résultats sont comparables à ceux obtenus chez les adolescents lors de l'ECMS de 2007-2009, soit un taux de prévalence de 58,8 % et un indice CAOD moyen de 2,49.

Trois publications seulement contenaient des renseignements sur les jeunes adultes; ces données sont présentées au tableau A1.4. Deux études présentent des estimations de la prévalence de l'édentulisme qui varie de 0 % pour les adultes de 20 à 29 ans selon le rapport de l'Enquête Nutrition Canada (Enquête Nutrition Canada 1977), à 15,2 % chez les femmes âgées de 18 à 34 ans dans le district de Keewatin (Rea 1993). Les trois études rapportent des indices CAOD moyens allant de 7,1 pour les hommes selon l'Enquête Nutrition Canada, à 20,3 selon l'étude de 1993-1994 dans le district de Keewatin. Une part importante de l'indice CAOD provient de dents absentes et, l'étude de Rea et al. calcule que 73 % de l'indice CAOD de 20,3 provient de dents toujours cariées. Les parodontopathies donnent lieu à des conclusions nettement différentes selon les études; aucun adulte ciblé par l'étude effectuée dans le district de Keewatin n'avait une profondeur de poche parodontale égale ou supérieure à 4 mm, tandis que l'Enquête Nutrition Canada conclut que le pourcentage d'hommes ayant des poches parodontales apparentes ou des dents branlantes atteint jusqu'à 72 %. On notera qu'il n'a pas été possible de tenir compte d'une des études (Schuller 1994) du fait qu'elle utilise le nombre de dents au lieu du nombre d'individus pour décrire les parodontopathies. À titre de comparaison globale, 6,4 % des jeunes adultes examinés dans le cadre du MSB-ECMS étaient édentés, l'indice CAOD moyen de ce groupe était de 10,67 (dont 2,14 provenant de dents absentes et 0,58 de dents cariées) et 21 % y avaient au moins une poche parodontale de 4 mm ou plus de profondeur.

Le tableau A1.5 présente les conclusions de quatre enquêtes portant sur la santé buccodentaire des adultes et des personnes âgées. La prudence est de mise étant donné que l'âge y varie de 35 à 60 ans et plus et que, dans une des études, les données portent sur des groupes de 7 et 8 personnes seulement (Mayhall 1975). Le taux d'édentulisme varie de 0 % chez les hommes de 40 à 49 ans dans le rapport de l'Enquête Nutrition Canada (Nutrition Canada 1977), à 60 % pour les femmes âgées de 55 ans et plus dans l'étude de Rea et al. (Rea 1993). Le nombre moyen de dents cariées varie de 15 chez les hommes d'Igloolik et de Hall Beach en 1973, à 22,2 pour le groupe des femmes les plus âgées du district de Keewatin en 1993. Une grande partie de l'indice CAOD est en grande partie attribuable aux dents absentes ou cariées, la prévalence de ces dernières pouvant atteindre 91 % chez les personnes âgées de 55 ans et plus du district de Keewatin. On notera aussi la grande disparité des estimations de la prévalence des parodontopathies. L'Enquête Nutrition Canada a constaté que 77,2 % des tranches les plus âgées de la population féminine avaient des poches parodontales importantes ou des dents branlantes, alors que l'étude de Rea et al. a mesuré des poches parodontales d'une profondeur dépassant 3 mm chez 9 % seulement des personnes âgées de 55 ans ou plus. Selon le rapport du MSB-ECMS, on observe que, pour les tranches d'âge de 40 à 59 ans et de 60 à 79 ans, 4,4 % et 21,7 % respectivement sont édentés alors que, parmi les personnes dentées :

  • l'indice CAOD est de 12,3 et de 15,67;
  • 3,7 % et 2,4 % de l'indice CAOD provient de dents cariées;
  • 23,6 % et 31 % des individus ont, au moins, une poche parodontale d'une profondeur de 4 mm ou plus.

Dans le cadre d'une étude distincte, Rea et al. (Rea 1994) concluent que les facteurs associés à l'édentulisme sont : le vieillissement, être de sexe féminin, un faible niveau d'instruction, le fait de passer plus de temps « dans la nature » et la consommation de grandes proportions de viandes traditionnelles.

Les quatre études présentées au tableau A1.6 fournissent des données quantifiables sur l'hygiène buccodentaire et la santé gingivale. La variabilité des données y est telle qu'il a été impossible d'en déduire le degré de gravité; seule la présence des diverses affections est donc mentionnée. Comme le montre ce tableau, la prévalence de débris varie, selon les études, de 50 % à 100 %, celle du tartre de 6,5 % à 100 % et celle de la gingivite d'un peu moins de 33 % à 88 %.

3.3 Résumé

Les études publiées ont, jusqu'à présent, démontré une cohérence des données recueillies sur la santé buccodentaire des Inuits, à savoir que les caries dentaires étaient pratiquement inexistantes dans les anciennes cultures, mais que la carie dentaire a atteint, de la fin des années 1930 jusqu'au début du 21e siècle, un taux élevé de prévalence et un degré de gravité beaucoup plus élevé, surtout chez les enfants. Pour les autres groupes d'âge, le MSB-ECMS montre que la prévalence des caries est aussi, en général, plus marquée et leur sévérité plus aiguë chez les Inuits que chez les autres Canadiens. Le nombre de dents cariées et de dents absentes est, comme le montre le MSB-ECMS, supérieur chez les Inuits à celui des Canadiens du Sud, ce qui traduit le fait que l'on tend à moins recourir aux soins buccodentaires dans les communautés inuites. On observe cependant une certaine incohérence entre les quelques études qui rapportent des données relatives à l'hygiène buccodentaire et à la santé gingivale et parodontale. Toutefois, les populations inuites semblent être défavorisées par rapport aux autres Canadiens représentés dans les conclusions du MSB-ECMS. Cette analyse a permis de constater que la majorité des études datent de plus de 10 ans, portent sur des communautés et des tranches d'âge spécifiques et n'utilisent pas des indices cohérents pour chiffrer leurs conclusions. Par conséquent, ces études ne décrivent pas l'état actuel de la santé buccodentaire des Inuits.

4.0 Méthodologie

4.1 Brève description

L'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits (ESBI) s'appuie sur le travail effectué pour le module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (MSB-ECMS) et sur l'expérience qui en a découlé. Les instruments d'interview et d'examen clinique du MSB-ECMS ont servi de base à l'ESBI. Parallèlement, le protocole d'enquête a été adapté pour examiner des aspects concernant spécifiquement la population inuite. Par exemple, la santé buccodentaire des enfants inuits de moins de 6 ans suscitait un intérêt particulier étant donné qu'un grand nombre de ces enfants recevaient traditionnellement les soins dentaires sous anesthésie générale. Ainsi, suite à une discussion avec le Comité inuit national de la santé (CINS), la décision fut prise d'inclure les enfants de 3 à 5 ans dans l'ESBI.

Le premier cycle de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) a recueilli des renseignements sur l'état de santé de 5 600 personnes vivant à 15 endroits choisis au hasard dans l'ensemble du Canada. Toutefois, les populations vivant dans le Nord, les réserves, les bases des Forces canadiennes ainsi que dans les établissements de soins ont été exclues de la base de sondage de l'ECMS. Ainsi, même si un Inuit vivant dans le Sud du Canada pouvait être choisi au hasard pour participer à l'ECMS, le nombre de participants inuits à l'ECMS était insuffisant pour permettre des estimations nationales représentatives de la santé buccodentaire des Inuits du Canada.

L'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits a été menée par le Bureau du dentiste en chef (BDC) à Santé Canada, en partenariat avec l'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), le Comité inuit national de la santé (CINS) et trois des quatre régions inuites : le ministère de la Santé et du Développement social du gouvernement du Nunatsiavut (Terre-Neuve-et-Labrador), Nunavut Tunngavik Incorporated (Nunavut) et l' Inuvialuit Regional Corporation (Territoires du Nord-Ouest). L'équipe de l'ECMS à Statistique Canada a fourni de l'aide pour l'échantillonnage et l'analyse des données.

4.2 Fonctionnement de l'enquête

Les communautés ont d'abord été choisies avec l'aide de Statistique Canada. Le personnel du BDC a ensuite envoyé une lettre aux maires et aux conseils concernés, expliquant les motifs de l'enquête et sollicitant leur appui. Si une communauté refusait de participer à l'enquête, une autre communauté de la même région était choisie et le même processus était suivi pour obtenir son acceptation. À ce stade, le directeur de la santé communautaire/l'infirmière-chef/la personne-ressource responsable des soins dentaires/les partenaires inuits et des représentants du BDC se sont penchés sur les questions logistiques. On s'est ensuite entendu sur les dates possibles pour l'enquête, l'emplacement de la clinique, le recrutement et la formation du personnel des communautés ainsi que la sélection et l'inscription des répondants.

L'élaboration de l'enquête ainsi que la formation ont eu lieu de 2006 à 2008 et la collecte de données s'est déroulée de novembre 2008 à juin 2009.

Les données ont été recueillies dans le cadre d'interviews auprès d'individus, puis d'une visite effectuée en compagnie d'un examinateur dentaire.

L'enquête a été menée à six endroits situés d'un bout à l'autre du pays. Les interviews et les examens se sont étalés sur une période de huit mois, soit de novembre 2008 à juin 2009. La visite de chaque communauté par l'équipe chargée de l'enquête a duré environ deux semaines.

4.3 Stratégie d'échantillonnage

Les régions ciblées par l'enquête comprenaient le Nunavut, le Nunatsiavut (Terre-Neuve-et-Labrador) et la région d'Inuvialuit (Territoires du Nord-Ouest). Les ressources disponibles pour l'enquête étant limitées, il a fallu exclure de la base de sondage les communautés de moins de 500 habitants de ces trois régions, ce qui fait que l'ESBI représente 77 % des Inuits vivant dans les trois régions participantes. Étant donné que la région du Nunavik (Nord du Québec) n'a pas participé à l'enquête, la base de sondage représente 52 % de l'ensemble de la population inuite vivant dans le Nord. En résumé, pour citer Giroux dans « Sampling Options for the Oral Health Survey of Inuit Identity Population » (Giroux 2008) :

« [...] la stratégie vise à obtenir, pour chacune des 5 tranches d'âge, des estimations nationales (et non territoriales ou régionales) des maladies dont la prévalence est de 25 % chez les sujets de 3 à 19 ans, de 10 % chez ceux de 20 à 39 ans et de 17 % chez ceux de 40 ans et plus, avec un coefficient de variation de 16,5 %. Le recensement de 2006 a été utilisé comme cadre de sélection des 6 communautés potentielles de plus de 500 habitants chacune. En tout, 22 communautés satisfont à ce critère de taille démographique. Dans chaque communauté, un total de 212 participants choisis au hasard a été réparti de manière à obtenir un nombre suffisant d'individus dans chacune des tranches d'âge ciblées : 3 à 5 ans, 6 à 11 ans, 12 à 19 ans, 20 à 39 ans et 40 ans et plus [...] ». [traduction]

4.4 Questionnaire d'interview

Le premier contact avec les participants a été établi par téléphone ou en personne. Lors de ce premier contact, l'intervieweur, recruté dans la communauté et parlant la langue autochtone, décrivait l'enquête au participant potentiel en s'appuyant sur une brochure descriptive. Lorsqu'un consentement verbal était donné, un formulaire de consentement imprimé était signé avant l'interview par le participant, son tuteur ou son gardien. L'intervieweur recueillait alors les réponses au questionnaire et les enregistrait dans un livret imprimé. Ce premier contact incluant le consentement et l'interview durait environ 20 minutes. Une fois le questionnaire rempli, l'intervieweur fixait un rendez-vous avec l'examinateur dentaire. Après que l'équipe avait quitté la communauté, le personnel du BDC entrait les réponses données au questionnaire dans une base de données à l'aide d'un ordinateur portable.

4.5 Visite à la salle d'examen dentaire

Au moins un employé du BDC de Santé Canada restait sur place pour veiller au déroulement adéquat du volet clinique de l'enquête. De temps à autre, l'équipe d'examen se rendait à domicile pour examiner des personnes âgées dans des foyers ou de jeunes enfants dans des garderies. L'examen clinique durait, en moyenne, de 10 à 20 minutes.

4.6 Formation du personnel de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits

L'un des rôles de Santé Canada consiste à renforcer les capacités des communautés; par conséquent, des membres du personnel du BDC de Santé Canada ont assuré la formation des intervieweurs et des enregistreurs dans chacune des communautés participantes pour faciliter la collecte des données des interviews et des examens cliniques. La formation portait sur l'obtention sur consentement éclairé, la conduite des interviews, la marche à suivre pour remplir le questionnaire et l'utilisation du logiciel de saisie des mesures cliniques. Du personnel de Santé Canada a également formé les enregistreurs à préparer la salle d'examen dentaire selon le protocole de prévention des infections conçu pour l'ESBI. La formation a été donnée par vidéoconférences et sur place avant la visite de l'équipe d'examen.

4.7 Étalonnage de la méthodologie des dentistes examinateurs

Les dentistes examinateurs travaillant pour l'ESBI ont suivi des séances d'étalonnage théorique et clinique. Tout d'abord, les dentistes se sont familiarisés avec la raison d'être des mesures de la santé buccodentaire et les critères connexes. Pour le volet clinique de l'étalonnage, tous les dentistes ont eu à examiner des volontaires et à effectuer une série d'exercices visant à s'assurer qu'ils mesuraient les affections buccodentaires de la même manière. Des clichés de référence représentant les diverses catégories de fluorose et des modèles d'étude représentant divers troubles de l'occlusion ont également été utilisés à des fins d'étalonnage.

Des tests d'étalonnage inter- et intra-examinateurs ont été réalisés. Huit dentistes ont effectué des examens et ils ont tous obtenu un niveau élevé de concordance (coefficient Kappa de Cohen > 0,6), indiquant un degré adéquat de fiabilité des résultats. Les processus d'étalonnage des dentistes examinateurs utilisés pour l'ESBI concordaient avec ceux de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS).

4.8 Consentement et examen éthique

La méthodologie et le matériel de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits ont été passés en revue et approuvés par le Comité d'éthique de la recherche de Santé Canada. Le formulaire de consentement contenait des explications rédigées en anglais et en Inuktitut utilisant la notation syllabique et l'écriture romaine. Les explications données portaient sur l'enquête, le consentement éclairé, les avantages de l'enquête pour la population inuite, la protection de la vie privée, le droit de refus et la déclaration de consentement. Tous les participants de moins de 18 ans ou de moins de 14 ans, selon la région inuite, devaient obtenir le consentement d'un parent ou d'un tuteur. Les formulaires de consentement signés sont sauvegardés en lieu sûr au Bureau du dentiste en chef à Santé Canada.

5.0 Résultats de l'enquête

5.1 Introduction

Les résultats de l'enquête sont présentés en fonction de certains déterminants de la santé reconnus (Santé Canada 1999) pour influer sur la santé buccodentaire. De plus, le fait de garder ses dents naturelles - d'être denté - est un facteur qui détermine fortement la capacité de mastiquer, de parler et de sourire ou d'interagir socialement et on l'utilise pour illustrer les effets de la perte des dents naturelles sur les résultats autodéclarés.

Un des déterminants majeurs de la santé buccodentaire est l'âge. Par exemple, les enfants perdent naturellement leurs dents primaires et les parodontopathies chroniques affectent surtout les adultes. De plus, plusieurs affections buccodentaires sont irréversibles une fois qu'elles ont atteint le stade clinique. Par exemple, lorsqu'une dent est cariée au point où il s'est formé une cavité, cette dent devient évidente pour les examinateurs puisqu'elle sera comptée comme cariée, obturée ou extraite. Les caries dentaires, comme les parodontopathies chroniques non traitées, sont des affections généralement évolutives dont la prévalence et la gravité augmentent avec l'âge.

Pour cette raison, les données sont présentées en fonction de tranches d'âge, la plupart du temps en utilisant les mêmes tranches d'âge que le module sur la santé buccodentaire de l'ECMS. Les exceptions sont, pour la présente enquête, l'inclusion par les examinateurs des enfants d'âge préscolaire (3 à 5 ans), alors que l'ECMS ne les avait pas inclus et le fait que l'enquête sur les Inuits a combiné les tranches d'âge supérieures (40 à 59 ans et 60 à 79 ans) en un seul groupe, les 40 ans et plus.

Bien que l'âge constitue un déterminant de la santé, le lecteur doit garder à l'esprit que les résultats donnent un portrait de l'état de santé buccodentaire en 2008-2009. Les cohortes plus âgées ont connu les régimes alimentaires, les comportements préventifs et les systèmes de prestation de soins d'une autre époque. Les tranches d'âges plus jeunes feront l'expérience de régimes alimentaires, de comportements préventifs et de systèmes de soins différents. Par conséquent, on pourrait s'attendre à ce que leur santé buccodentaire soit différente lorsqu'ils atteindront des tranches d'âge supérieures. Bien que les tableaux puissent donner l'impression que l'évolution des maladies des plus jeunes suivra un cours semblable à celle que leurs aînés ont connue, ce n'est pas forcément le cas et leur expérience pourrait aussi bien être meilleure que pire.

Un autre déterminant majeur de la santé est le sexe. Les hommes et les femmes sont sujets à des maladies différentes (p. ex., le cancer du sein et le cancer de la prostate) et sont susceptibles d'avoir des comportements préventifs différents. Afin de déterminer si ces différences se manifestent chez la population inuite, les résultats ont été classés selon le sexe.

Un troisième déterminant de la santé est constitué par les comportements préventifs. Les mesures d'hygiène personnelle telles que des visites régulières chez le dentiste et l'enlèvement du biofilm accumulé sur les dents, à l'aide de la soie dentaire et du brossage de dents, sont autant de facteurs qui influent sur l'incidence, l'évolution et, par conséquent, la gravité des maladies.

Dans les tableaux présentés, seules les consultations d'un professionnel de la santé dentaire au cours de la dernière année sont utilisées pour démontrer les comportements préventifs personnels. Le lecteur doit toutefois garder à l'esprit que ce facteur peut être influencé par des considérations qui vont au-delà des choix personnels. L'accessibilité géographique ou le degré de disponibilité de ces fournisseurs de services, en d'autres mots, le système de prestation des soins buccodentaires, peuvent influer sur la capacité des individus d'obtenir des soins réguliers. S'il n'y a pas de fournisseurs de soins buccodentaires à proximité, si ces fournisseurs sont trop occupés pour recevoir tous ceux qui demandent des services ou s'ils sont submergés par des demandes de traitement au point de ne pouvoir offrir que des soins d'urgence, le recours régulier à des services dentaires peut ne pas relever d'un choix personnel et, qui plus est, l'effet de ce déterminant sur la santé buccodentaire en sera occulté.

Les déterminants qui ne figurent pas dans les tableaux, mais qui ont été utilisés dans le module sur la santé buccodentaire de l'ECMS, comprennent les régimes d'assurance des soins dentaires puisque tous les Inuits sont ou devraient être admissibles aux services couverts par le Programme des services de santé non assurés ou ses équivalents dans les diverses régions. Le revenu et le niveau d'instruction, solides prédicteurs de l'état de santé buccodentaire et de l'accès aux soins, ne sont pas non plus disponibles pour analyse ou fournis dans ces résultats. Une des retombées d'une mauvaise santé buccodentaire, l'édentulisme ou perte totale des dents, est également un déterminant du recours aux services dentaires et de certains résultats autodéclarés comme la capacité de mastiquer les aliments et la tendance à en éviter certains. Dans le cas de la présente enquête, la taille plus réduite des échantillons par rapport à ceux du MSB-ECMS et la proportion de participants n'ayant plus aucune dent naturelle excluent toute comparaison valide.

5.2 Explication des tableaux détaillés

Les résultats de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits sont fournis dans les tableaux qui accompagnent ce texte. La présentation des tableaux a été uniformisée. Les résultats présentés sont indiqués dans le titre des tableaux et les valeurs sont fournies dans chacune des cases. Comme les résultats proviennent d'une enquête par échantillonnage, à chaque valeur correspond une estimation de sa stabilité sous forme d'un intervalle de confiance de 95 % (IC de 95 %). Cette donnée statistique chiffre l'intervalle où peut se situer la valeur concernée 95 fois sur 100 lors d'enquêtes similaires. Une façon courante d'exprimer l'IC de 95 % consiste à indiquer que la valeur se situerait dans cet intervalle 19 fois sur 20.

Le lecteur verra fréquemment un « E » à côté d'une valeur. Cette lettre signifie que les scores individuels étaient très variables (ce que montre également un intervalle de confiance important) et qu'il faut donc interpréter les résultats avec prudence. Dans d'autres cas, la valeur sera accompagnée de la lettre « F », ce qui indique que la taille de l'échantillon était insuffisante (moins de 10 cas) ou que le coefficient de variation (valeur obtenue en divisant l'écart type par la moyenne arithmétique) était supérieur à 0,33. Cette limite est utilisée dans le module sur la santé buccodentaire de l'ECMS pour omettre la publication de données dont la variabilité est trop grande pour qu'on puisse les extrapoler à l'ensemble de la population.

Le texte qui suit oriente le lecteur vers les parties importantes des tableaux. Dans la majorité des cas, le sexe et le fait d'avoir consulté un professionnel de la santé dentaire n'influent pas les résultats de manière statistiquement significative. Par conséquent, il sera surtout question dans les commentaires de tendances non significatives. Les différences observées au niveau des indices moyens ou des proportions et qui sont statistiquement significatives du fait que les intervalles de confiance de 95 % des variables concernées ne se chevauchent pas seront signalées dans les tableaux. Quant aux différences absolues non significatives de moins de 10 %, elles ne présentent probablement pas d'importance clinique et ne justifient que très peu ou pas de commentaires dans le corps du texte, à moins qu'on les retrouve au moins dans trois groupes.

5.3 Résultats

5.3.1 Taille des échantillons

Le tableau 1 indique le nombre de personnes examinées dans le cadre de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits (ESBI). Au total, 1 216 personnes ont été examinées, dont 705 de sexe féminin et 511 de sexe masculin. L'écart observé entre la participation masculine et la participation féminine est, dans une grande mesure, attribuable au nombre d'adolescentes et de femmes adultes examinées, tout particulièrement dans la tranche des 20 à 39 ans.

Ce tableau présente également le nombre pondéré de personnes que l'échantillon servira à représenter (23 170 au total) et la répartition de l'échantillon, en pourcentage. On y constate aussi que 49,8 % des sujets de l'échantillon ont eu recours à des soins dentaires au cours de la dernière année et que 50,2 % ont fait de même il y a plus d'un an. Le taux de recours aux soins dentaires durant la dernière année est le plus élevé (58,0 %) chez les enfants et le plus bas (33,2 %) chez les personnes âgées.

Selon les résultats de cette enquête, 94 % des répondants sont dentés et l'édentulisme (perte de toutes les dents naturelles) augmente avec l'âge, passant de moins de 1 % chez les jeunes adultes, à 21,3 % chez les personnes âgées de 40 ans et plus. Il n'en reste pas moins que 78,7 % des personnes du groupe le plus âgé sont dentées.

5.3.2 Données fournies par les répondants

Comme le montre le tableau 2, une proportion légèrement supérieure à soixante-cinq pour cent (65,3 %) des Inuits a déclaré avoir une santé buccodentaire variant de bonne à excellente. La proportion de jeunes adultes disant avoir une mauvaise santé buccodentaire (40,7 %) est supérieure à celle de toutes les autres tranches d'âge et la moins élevée est celle des adolescents (29,3 %). Ni le sexe, ni la consultation pour soins dentaires n'ont un impact significatif sur ces résultats, bien qu'un plus grand nombre d'hommes adultes aient systématiquement tendance à déclarer avoir une mauvaise santé buccodentaire.

Dans l'ensemble, 30,3 % des répondants ont déclaré éviter certains aliments à cause de problèmes buccodentaires (tableau 3). L'exclusion d'aliments tend à toucher une plus grande proportion d'individus de sexe féminin (34,4 %) que de sexe masculin (24,5 %), mais aucune différence n'est observée entre ceux qui ont consulté au cours de la dernière année et les autres.

Comme le montre le tableau 4, près de trente pour cent (29,8 %) déclarent souffrir des douleurs buccales continuelles ou persistantes. Seize pour cent (16,5 %) des parents ou des tuteurs d'enfants de 6 à 11 ans déclarent que l'enfant dont ils ont la charge souffre de douleurs buccales. Ces cas tendent à être moins fréquents chez les enfants que dans les autres tranches d'âge, mais il n'y a, en général, aucune différence selon l'âge ou le sexe.

Le tableau 5 indique que 22,5 % des répondants disent avoir perdu des heures d'école, de travail ou d'activités habituelles en raison de problèmes de santé buccodentaire. Les adultes sont ceux qui tendent le moins à déclarer du temps perdu (12,4 %), alors que les parents d'enfants (29,0 %) et les adolescents (30,4 %) sont ceux qui tendent à en déclarer le plus souvent.

Près de la moitié (49,8 %) (tableau 6) des Inuits interrogés déclarent avoir consulté un professionnel de la santé dentaire au cours de la dernière année. Les enfants tendent à afficher le taux le plus élevé à cet égard (58 %) et les adultes les plus âgés, le plus bas (33,2 %). Les garçons (60,3 %) et les jeunes hommes adultes (62,4 %) tendent à déclarer qu'ils ont consulté un professionnel de la santé dentaire au cours de la dernière année, et ce, plus que les individus de sexe féminin du même groupe d'âge; dans l'ensemble, toutefois, plus d'individus de sexe féminin (53,2 %) que d'individus de sexe masculin (45,0 %) ont déclaré avoir consulté un professionnel de la santé dentaire au cours de la dernière année.

Le tableau 7 fait état du pourcentage de répondants (56,2 %) ayant déclaré qu'ils consultent un professionnel de la santé dentaire une fois par année pour un examen ou un traitement. Cette réponse témoigne du fait qu'ils consultent à des fins préventives, plutôt que pour recevoir des soins qui visent, par exemple, à soulager une douleur ou à traiter une infection. Comme on le voit, 56,2 % des participants déclarent avoir l'habitude de recourir à des soins « au moins une fois par année ». La fréquence de ces consultations à des fins préventives est plus élevée chez les adolescents (69,4 %) que chez les adultes (38,3 %). La différence absolue la plus importante est observée entre les adolescents (81,8 %) et les adolescentes (62,5 %), mais cette différence, comme certaines autres, n'est pas statistiquement significative.

À peine plus de quatre pour cent (4,1 %, IC de 95 % = 2,5 - 5,8 %) des répondants déclarent éviter les visites chez le dentiste en raison des coûts; la proportion était la plus élevée chez les adultes (7,9 %, IC de 95 % = 1,3 - 14,5 %) et la plus basse chez les jeunes adultes (2,1 %, IC de 95 % = 1,3 - 14,5 %). Il n'a pas été possible de présenter un plus grand nombre de réponses à cette question en raison de la taille réduite des échantillons.

Dans l'ensemble, 3,6 % des répondants (IC de 95 % = 1,8 - 5,3 %) déclarent avoir refusé des soins en raison des coûts, ce chiffre est de 7,1 % pour les adultes (IC de 95 % = 2,1 - 12,2 %) et de 3,0 % pour les jeunes adultes (IC de 95 % = 0,9 - 5,2 %). La seule autre comparaison fiable est une différence absolue de 0,4 % entre les individus de sexe masculin et féminin. Aucune autre comparaison n'a été retenue en raison de la petite taille des échantillons.

Le tableau 8 montre que 41,8 % des répondants ont affirmé se brosser les dents au moins deux fois par jour. La différence au niveau de l'échantillon total entre les personnes de sexe féminin (49,1 %) et celles de sexe masculin (31,7 %) est presque statistiquement significative. Les adolescents affichent en général un pourcentage plus élevé (51,4 %) que les adolescentes (47,4 %) pour ce qui est de se brosser les dents au moins deux fois par jour. On observe aussi que les personnes ayant récemment consulté un professionnel de la santé dentaire (52,2 % E) se brossent plus souvent les dents que celles qui ont consulté plus d'un an avant l'enquête (31,2 % E).

Plus de trente-six pour cent des répondants de l'échantillon déclarent utiliser la soie dentaire au moins 5 fois par semaine (tableau 9). La tendance à déclarer une utilisation de la soie dentaire au moins 5 fois par semaine est plus marquée chez les personnes de sexe féminin (41,7 %) que chez les personnes de sexe masculin (29,0 %), quelle que soit la tranche d'âge. La proportion de personnes déclarant utiliser la soie dentaire tend à augmenter avec l'âge, passant de 25,1 % chez les enfants à 45,5 % chez les personnes âgées. Une plus grande proportion de personnes ayant consulté un professionnel de la santé dentaire au cours de la dernière année (42,0 % E) utilise la soie dentaire par rapport aux personnes n'ayant pas consulté au cours de la dernière année (30,4 %).

5.3.3 Résultats de l'enquête clinique

La carie dentaire constitue un problème de santé buccodentaire majeur. Cette maladie laisse une marque permanente qui reste comme un repère biographique dans la vie de la personne examinée - les dents sont soit cariées (C), absentes (A) suite à la maladie ou obturées (O). La présence de la maladie est facilement établie par des examinateurs compétents et on mesure sa prévalence et sa gravité au moyen de l'indice CAOD pour les dents permanentes ou dents d'adulte et de l'indice caod (en lettres minuscules) pour les dents primaires ou dents temporaires. La gravité de la maladie dans une population ou un groupe donné est mesurée en déterminant le nombre de dents cariées, absentes et obturées pour chaque sujet et en calculant ensuite la moyenne de ces déterminations individuelles pour l'ensemble de la population. La maladie est enregistrée comme prévalente chez un individu s'il a au moins une dent cao ou CAO. La composante « dent absente » (A ou a) de l'indice indique que des soins ont été dispensés puisque l'affection a évolué à un point tel que l'extraction s'est imposée, ou que l'extraction était la seule option financièrement abordable pour le patient ou encore que le dentiste, le patient, ou l'un comme l'autre, préféraient cette forme de traitement. Bien que l'extraction soit appropriée dans certains cas, elle représente, lorsqu'elle est une réponse à la maladie, un échec en termes de prévention primaire (prévention de l'incidence de la maladie) et secondaire (dépistage précoce et traitement rapide en vue de limiter les conséquences de la maladie).

Les caries dentaires peuvent se développer sur la couronne (partie visible de la dent) couverte d'émail, auquel cas on parle de caries coronaires ou, parfois, de caries de l'émail. Les caries radiculaires surviennent généralement chez les personnes âgées puisqu'elles affectent la racine de la dent exposée suite à une maladie parodontale.

Enfants de 3 à 5 ans

Les enfants d'âge préscolaire âgés de 3 à 5 ans n'ont que des dents temporaires. Au moment de l'enquête, 85,3 % des enfants d'âge préscolaire avaient déjà eu au moins une carie (tableau 10). La prévalence de la maladie n'est pas liée au sexe ou à l'historique de recours ou non à des services dentaires. Les résultats montrent que les enfants de 3 à 5 ans ont en moyenne 8,22 dents primaires cariées, absentes ou obturées (caod). Les filles tendent à être davantage affectées, leur indice caod moyen dépassant de 1,3 dent (8,85) celui des garçons (7,54).

Un indicateur de l'efficacité du système de prestation de soins dans le traitement du fardeau de la maladie est fourni par l'observation que moins de 30 % (28,4 %, IC de 95 % = 0,0 - 60,6 %) de l'indice caod provient de dents obturées alors que près de la moitié de cet indice (49.4 %, IC de 95 % = 8,8 - 89,9 %) provient de dents toujours cariées. Dans cette tranche d'âge, on compte 78,5 dents extraites par des fournisseurs de soins dentaires pour 100 dents restaurées (1,83/2,33 X 100).

Enfants de 6 à 11 ans

Les enfants de 6 à 11 ans ont une dentition composée à la fois de dents primaires et de dents permanentes (d'adulte). Les dents permanentes remplacent, à leur apparition, les dents primaires parfois cariées et forment, à partir de 14 ans, la nouvelle dentition permanente. Le tableau 11 présente les indicateurs de caries pour les dents temporaires. Comme on peut le voir, la prévalence des caries pour cette tranche d'âge est inférieure (71,4 %) à ce qu'elle est chez les enfants d'âge préscolaire (85,3 % - voir le tableau 10). La prévalence est généralement beaucoup plus élevée chez les garçons (83,7 %) que chez les filles (60,2 %). Chez ceux qui ont récemment consulté un professionnel de la santé dentaire, la prévalence tend à être plus élevée.

Chez ces enfants, l'indice caod moyen est de 5,08 et l'indice de gravité moyen est plus élevé de 1,5 dent chez les garçons. Le nombre de dents encore cariées dans ce groupe d'âge est presque exactement de 1 et on compte 37,9 dents extraites par des fournisseurs de soins dentaires pour 100 dents obturées (1,48/2,61 X 100).

Le tableau 12 présente les résultats concernant les caries des dents permanentes chez les enfants de 6 à 11 ans. On y constate que près de 60 % de ces enfants ont souffert de caries dentaires affectant leurs nouvelles dents permanentes et l'indice CAOD moyen qui représente, en moyenne pour ce groupe, le total des dents permanentes cariées, absentes et obturées est de 2,01. Les filles y sont légèrement plus affectées comme le montrent la prévalence (62,0 % E) et l'indice CAOD (2,35 E). Dans cette tranche d'âge, on compte 35,8 dents extraites par des fournisseurs de soins dentaires pour 100 dents restaurées.

Le tableau 13 illustre l'expérience de carie dentaire chez les enfants (de 6 à 11 ans) en combinant les résultats observés pour leurs dents primaires et leurs dents permanentes. On y constate que 93,4 % des enfants ont eu des caries, la prévalence tendant à être légèrement supérieure chez les garçons (97,5 %) à ce qu'elle est chez les filles (89,6 %). Le nombre moyen de dents affectées est de 7,08 et les garçons (indice combiné moyen caod + CAOD = 7,52) semblent avoir 0,8 dent affectée de plus que les filles (indice combiné moyen caod + CAOD = 6,68).

Chez les enfants de 6 à 11 ans, 32,1 % de toutes les dents sont restées cariées (19,5 % de l'indice caod et 64 % de l'indice CAOD) et 44,4 % ont été restaurées (51,4 % de l'indice caod et 26,6 % de l'indice CAOD). Dans cette tranche d'âge, on compte 52,8 dents extraites par des fournisseurs de soins dentaires pour 100 dents restaurées.

Aucun des tableaux ne donne les indices de prévalence et de gravité pour les dents primaires et permanentes des enfants de 6 ans. Les chiffres observés sont les suivants : 86,1 % (IC de 95 % = 59,8 - 100 %) des enfants de 6 ans avaient un indice caod + CAOD de 1 ou plus et l'indice combiné moyen caod + CAOD était de 8,3 (IC de 95 % = 3,3 - 13,4). De ce nombre, 2,0 E dents (IC de 95 % = 0,47 - 3,6) étaient absentes et 4,6 E (IC de 95 % = 0,0 - 9,14) étaient restaurées, alors que 7,9 E (IC de 95 % = 3,5 - 12,3) dents cariées, absentes ou obturées étaient des dents primaires.

Adolescents

Comme le montre le tableau 14, presque tous les adolescents de 12 à 19 ans (96,7 %) ont déjà eu au moins une dent cariée et on n'observe chez eux pratiquement aucune différence liée au sexe ou à la consultation récente d'un professionnel de la santé dentaire. Les adolescents ont un indice CAOD moyen de 9,49 et l'indice CAOD de 11,1 des filles est cliniquement supérieur à celui des garçons qui est de 6,84 (différence non statistiquement significative). Les examinateurs ont observé que les individus ayant récemment consulté un professionnel de la santé dentaire tendent à avoir moins de dents cariées (2,98 DC) et plus de dents obturées (5,87 DO) que ceux qui n'ont pas consulté au cours de la dernière année (4,32 DC et 3,77 DO). L'indice CAOD de cette tranche d'âge est composé à 38,1 % de dents toujours cariées et à 51,5 % de dents obturées. La contribution des dents obturées à l'indice CAOD (DO/CAOD %) est de 59,4 % chez les personnes ayant récemment consulté un professionnel de la santé dentaire contre 41,7 % chez les personnes dont la dernière consultation remonte à plus d'un an, mais cette différence n'est pas, elle non plus, statistiquement significative. Dans cette tranche d'âge, on compte 20,3 dents extraites par des fournisseurs de soins dentaires pour 100 dents obturées (0,99/4,88 x 100).

Aucun nombre moyen de caries ne peut être fourni pour les enfants de 12 ans en raison de coefficients de variation élevés.

Adultes - Édentulisme et dentitions partielles

Le tableau 15 présente les effets de la maladie sur les adultes inuits tels que mesurés par la perte de dents pouvant aller jusqu'à l'édentulisme complet, c'est-à-dire la perte de toutes les dents naturelles. Comme le montre la première colonne, la prévalence de l'édentulisme dans ce groupe est de 9,7 %, les femmes  affichant en général un taux plus élevé (11,1 %) que les hommes (7,6 %). On constate aussi que 21,3 % des personnes âgées de 40 ans et plus sont édentées (plus du double de la prévalence moyenne dans le groupe des adultes), mais la proportion d'édentulisme dans les tranches d'âge plus jeunes n'est pas rapportée en raison de l'instabilité de l'estimation.

Les autres colonnes du tableau 15 contiennent trois indicateurs de l'état des dents naturelles chez les 90,3 % des adultes qui en ont encore, soit : la proportion d'individus ayant une dentition naturelle complète (28 dents), la proportion ayant une dentition naturelle partielle de moins de 21 dents et le nombre moyen de dents naturelles présentes. À noter que 28 dents seulement ont été comptées, les troisièmes molaires (dents de sagesse) n'ayant pas été prises en compte lors de l'examen. Parmi les adultes inuits dentés, 8,7 % E ont encore leurs 28 dents et 38,5 % en ont moins de 21. Les adultes inuits dentés du Canada ont en moyenne 20,2 dents. L'âge a un effet statistiquement significatif sur la proportion d'adultes ayant une dentition naturelle de moins de 21 dents : chez les sujets de 20 à 39 ans, cette proportion est de 20,1 %, contre 69,0 % chez ceux de 40 ans et plus.  L'âge influence aussi le nombre moyen de dents, les jeunes adultes ayant, en moyenne, conservé 22,4 dents naturelles contre 15,8 pour les adultes plus âgés.

La carie chez les adultes

Le tableau 16 porte sur la prévalence et la gravité des caries coronaires chez les deux groupes d'adultes. Ce ne sont pas toutes les administrations qui rendent compte des dents absentes (A) chez les adultes, car l'indice CAOD a initialement été élaboré pour faire état de l'expérience de carie dentaire. De plus, chez les adultes, certaines dents peuvent avoir été extraites en raison d'une affection parodontale ou suite à un traumatisme. Cependant, pour les besoins du présent rapport, nous avons adopté la même convention que pour le module sur la santé buccodentaire de l'ECMS (Santé Canada 2010b) et élargi la définition de l'indice de manière à inclure toutes les dents absentes en raison de caries ou de maladie parodontale. Les examinateurs n'ont pas considéré comme dents « absentes à cause de maladie » celles qui ont été perdues suite à un traumatisme ou dans le cadre d'un traitement orthodontique.

La proportion observée de sujets de 20 à 39 ans ayant un indice CAOD de 1 ou plus est de 99,1 %, contre 100 % chez les 40 ans et plus (tableau 16). Dans l'ensemble de la population adulte, le nombre moyen de dents cariées est de 2,28 alors que 7,43 dents sont absentes et 7,07 sont obturées, ce qui donne un indice CAOD total de 16,77. La tranche d'âge supérieure a 4 dents cariées, absentes ou obstruées de plus (indice CAOD de 19,5) que celle des 20 à 39 ans (indice CAOD de 15,1), écart dû surtout à la différence statistiquement significative du nombre moyen de dents absentes (A = 12,01 chez les 40 ans et plus, contre 4,66 chez les 20 à 39 ans). On n'observe aucune différence significative du nombre moyen de dents cariées ou obturées ni de la moyenne de l'indice CAOD total en fonction de l'âge, du sexe ou de la consultation récente d'un professionnel de la santé dentaire. Dans le groupe des adultes, on comptait, au moment de l'enquête, 105 dents extraites par des fournisseurs de soins dentaires pour 100 dents obturées (7,37/7,07 × 100).

Le tableau 17 montre la proportion de dents cariées (13,6 %), absentes (42,2 %) et obturées (44,3 %) par rapport au fardeau total lié à la maladie tel qu'il est mesuré par l'indice CAOD. Dans ce tableau, seule la proportion de dents absentes présente une différence statistiquement significative, les 20 à 39 ans ayant 30,8 % de leurs dents absentes, contre 61,6 % pour les 40 ans et plus. Comparativement aux personnes qui avaient consulté un professionnel de la santé dentaire plus d'un an avant l'enquête, on observe, chez celles qui ont consulté plus récemment, une tendance systématique à avoir une moindre proportion de dents absentes et une plus grande proportion de dents obturées.

Le tableau 18 porte sur le fardeau lié aux caries dentaires non traitées chez les adultes. On y constate que 59 % des sujets de ce groupe ont des caries coronaires non traitées et 33,4 % des caries radiculaires non traitées. Chez les personnes ayant au moins une dent cariée, la répartition observée est de 3,86 caries coronaires pour 3,25 caries radiculaires, soit environ 0,6 dent avec carie coronaire de plus. Les hommes ont généralement un taux de prévalence et un nombre de dents cariées plus élevé que les femmes. Chez les adultes plus âgés, le taux de prévalence et le nombre de caries coronaires non traitées sont plus bas, mais le taux de prévalence et le nombre de caries radiculaires non traitées sont plus élevés. Les personnes ayant récemment consulté un professionnel de la santé dentaire ont, en moyenne, environ une carie coronaire et une carie radiculaire de moins que celles qui n'ont pas consulté depuis plus d'un an.

Le tableau 19 donne d'autres détails sur la prévalence et la gravité des caries radiculaires. La mise en garde « E » apparaît dans plusieurs cases  pour signaler l'intervalle de confiance important des estimations. Les examinateurs ont néanmoins observé que 44,3 % des adultes avaient au moins une dent avec carie radiculaire ou une dent obturée, la prévalence étant généralement plus élevée chez les adultes plus âgés (52,8 %) que chez ceux de 20 à 39 ans (39,2 %). Dans toutes les comparaisons présentées, les pires résultats en termes de prévalence et de nombre de dents affectées sont généralement observés chez les hommes et dans la tranche d'âge supérieure. Dans toutes les données recueillies, l'effet observé de consultations récentes d'un professionnel de la santé dentaire, bien qu'allant dans le sens prévu, est trop faible pour être statistiquement significatif. En moyenne, 71,4 % (IC de 95 % = 34,0 - 100,0 %) des caries radiculaires étaient toujours non traitées, proportion qui ne varie pas de manière significative en fonction de l'âge, du sexe ou de la date de la dernière consultation.

Parodontopathies chez les adultes

La mesure des maladies parodontales est difficile sur le plan clinique et les indices actuellement utilisés ne permettent pas d'évaluer les parodontopathies évolutives. Pour situer le contexte, précisons que les structures qui entourent les dents et les tiennent en place (gencive, os et structure d'attache reliant la dent à l'os, ou ligament parodontal) constituent le parodonte. Ces structures sont sujettes à diverses maladies et à des réactions de défense immunitaire qui se traduisent par une inflammation de la gencive (gingivite) ou du tissu osseux (parodontite) et par la perte d'attache. Chez la très grande majorité des gens, le ligament parodontal ne se détache pas de la dent après une parodontopathie, mais se déplace sur une longue période, migrant de la couronne vers la racine de la dent par petites avancées. Chez les jeunes adultes en santé, l'attache du ligament se trouve au niveau où l'émail couvrant la couronne rencontre le haut de la racine couverte de cément; c'est ce qu'on appelle la jonction amélo-cémentaire (JAC). Une étude réalisée en Norvège (Burt 2005) (p. 268-269) a permis d'observer que, même chez des étudiants et des professeurs soucieux de leur hygiène dentaire, le ligament parodontal se déplace le long de la racine de 0,07 mm à 0,13 mm par année. Par conséquent, le protocole d'examen permet de compiler l'historique des effets de la migration « naturelle » du ligament, les épisodes antérieurs de parodontopathie et les périodes de rétablissement.

À l'aide d'une sonde émoussée graduée en millimètres, les examinateurs mesurent la perte d'attache, c'est-à-dire la distance entre l'emplacement normal du ligament chez un jeune adulte en santé (la JAC) et l'endroit où il se trouve chez le participant au moment de son examen. Toutefois, il est difficile de mesurer avec précision la perte d'attache, car la gencive recouvre le point de jonction amélo‑cémentaire. En réalité, les examinateurs « sentent » le degré d'attache en sondant doucement le long de la dent afin de localiser le point d'attache entre la racine de la dent et la gencive, qui se trouve au fond de ce que l'on appelle la poche parodontale. Ils notent ensuite la distance entre ce point et la JAC. Ils font donc deux mesures : celle de la profondeur de la poche parodontale et celle de la perte d'attache.

Les trois diagrammes de la figure 2 illustrent les mesures cliniques et les calculs à effectuer. La lettre « A » représente la profondeur de la poche parodontale, la lettre « C », la perte d'attache et la lettre « B », la distance entre la crête de la gencive et la JAC. Le diagramme 1 montre un parodonte sain, sans véritable poche parodontale ni perte d'attache. Le diagramme 2 représente le cas où le point d'attache est descendu le long de la racine; on calcule la perte d'attache en soustrayant la distance « B » de la profondeur de la poche « A ». Le diagramme 3 montre la perte d'attache calculée en additionnant la distance de retrait « B » à la profondeur de la poche « A ».

Figure 2 - Diagrammes illustrant la mesure de la perte d'attache

Figure 2 - Diagrammes illustrant la mesure de la perte d'attache

Utilisant les dents témoins sélectionnées par l'Organisation mondiale de la santé (Organisation mondiale de la santé, 1997) et, dépendamment des dents toujours présentes, les examinateurs ont sondé le sulcus d'un nombre maximal de dix dents. Quand toutes les dents témoins étaient présentes, ils ont retenu les pires mesures, ou mesures les plus élevées, pour les poches parodontales et la perte d'attache mesurés sur huit molaires et sur deux dents antérieures. Les mesures individuelles les plus élevées ont ensuite été utilisées dans les tableaux. Outre le fait que ces mesures sont sujettes à des erreurs, la méthode ne permet pas de décrire l'état de l'ensemble buccodentaire et peut donc entraîner une surestimation ou une sous‑estimation de la gravité de la parodontopathie chez un individu. Néanmoins, on considère que de telles méthodes fournissent des données représentatives sur la santé buccodentaire des populations et qu'elles permettent de reproduire l'évaluation des maladies parodontales effectuée dans le cadre du module sur la santé buccodentaire de l'ECMS.

La perte d'attache est considérée comme le véritable révélateur des effets des parodontopathies (Burt 2005) (p. 260, p. 263). On convient habituellement que les personnes en santé présentent une perte d'attache de 3 mm ou moins. Les emplacements où l'on observe une perte d'attache de 4 à 5 mm sont considérés comme associés à une parodontopathie actuelle ou antérieure modérée, les pertes de 6 mm ou plus à une parodontopathie actuelle ou antérieure grave. Toutefois, la fonction masticatoire est maintenue en présence d'une légère perte d'attache, par exemple une perte de moins de 4 mm, et les dents ne sont pas vraiment menacées tant que la perte d'attache n'atteint pas 6 mm ou plus. Sur le plan clinique, il est possible de réduire la profondeur des poches parodontales par des mesures d'hygiène personnelle et par un traitement spécialisé, mais la perte d'attache est en grande partie irréversible.

Enfin, le lecteur qui se penche sur les résultats doit tenir compte du groupe d'âge auquel ils correspondent. Aucune des normes utilisées pour définir la gravité de la perte d'attache ne tient compte de l'âge. Ainsi, on pourrait dire qu'une personne de 70 ans qui affiche une perte maximale de 4 mm sur plusieurs de ses dents a probablement bien vieilli alors qu'un sujet de 20 ans qui obtiendrait les mêmes résultats serait considéré comme à risque de perdre des dents.

Le tableau 20 présente les résultats concernant les débris (dépôts mous de couleur crème ou taches) et le tartre observés sur les dents témoins. La présence de débris ou celle de tartre ne révèle pas la présence de maladie, mais elle est considérée comme un facteur local qui, s'il perdure, est associé à la gingivite. On peut prévenir l'une comme l'autre par une bonne hygiène buccale, mais seul un professionnel peut enlever les accumulations de tartre par débridement parodontal.

Le tableau 20 présente les mesures les plus élevées sur les dix dents témoins sélectionnées; un indice de 0 indique l'absence de débris et un indice de 3 signifie que plus des deux tiers de la couronne sont couverts de débris ou de taches. Dans le cas du tartre, un indice de 2 est attribué si la proportion de la surface de la dent couverte de tarte est entre le tiers et les deux tiers et/ou si des zones de tartre sous‑gingival sont observées; un indice de 3 indique que plus des deux tiers de la surface sont couverts et/ou qu'une bande importante de tartre sous‑gingival s'est formée dans la poche parodontale entourant la dent.

La présente enquête a permis de constater que, dans le cas du tartre, les deux mesures les plus élevées (2 ou 3) se retrouvaient chez 19,9 % des Inuits, les sujets masculins (24,8 % E) tendant à afficher des indices plus élevés que les sujets féminins (16,3 % E). Une proportion légèrement supérieure du groupe le plus âgé et des personnes qui ne consultent pas régulièrement un professionnel de la santé dentaire affiche une plus haute prévalence de tartre. La soustraction semble révéler que la proportion d'Inuits ayant des indices de débris/taches de 2 ou de 3 est d'environ 27 %, mais la taille réduite de l'échantillon limite toute discussion comparative.

Les scores de gingivite les plus élevés sont rapportés au tableau 21. Le pire indice de 2 ou de 3 se retrouve chez 30,6 % du groupe, et ce pourcentage inclut une proportion un peu plus grande de sujets masculins et de personnes n'ayant pas consulté un professionnel de la santé dentaire au cours de la dernière année.

Le tableau 22 présente la répartition des personnes dentées en fonction de la mesure la plus élevée de la profondeur de poche parodontale (la pire mesure) sur une échelle allant de moins de 1 mm à 6 mm ou plus. Chez 83,5 % des sujets, la pire mesure est de 3 mm ou moins. Le stade modéré de la maladie (au moins une poche de 4 ou 5 mm) a été observé chez 12,6 % de la population inuite (7,5 % + 5,1 %).

La prévalence (16,5 %) des stades modéré ou grave (poches parodontales de 4 mm ou plus) est illustrée dans la colonne de droite. Plusieurs des estimations ont des intervalles de confiance importants ou ne sont pas rapportés, mais le stade modéré ou grave de la maladie se retrouve généralement plus chez les sujets masculins ou chez les adultes âgés.  Si l'on convient qu'il y a lieu de s'inquiéter lorsque l'on mesure une profondeur de poche parodontale de 6 mm ou plus, on constate que seulement 3,9 % E de la population étudiée souffrait de parodontopathie grave, mais il est impossible d'établir des comparaisons puisque la plupart des données ne sont pas rapportées.

Les degrés de parodontopathie véritable, mesurés par la perte d'attache, sont présentés au tableau 23. Les données sur la prévalence de la perte d'attache de 4, 5 et 6 mm ou plus n'ont pas été rapportées. Cependant, comme le montre la colonne de droite qui combine les trois niveaux mentionnés, 17 % des Inuits examinés ont au moins une dent avec perte d'attache de 4 mm ou plus. La seconde colonne en partant de la droite montre la prévalence (83 %) des sujets ayant une santé buccodentaire relativement bonne, c.-à-d. dont les indices de perte d'attache les plus élevés varient entre 0 et 3 mm. On y constate que les sujets féminins (88,7 %) ont une santé parodontale relativement meilleure que les sujets masculins (75,1 %) et qu'il en va de même pour les jeunes (94,6 %) par rapport aux plus âgés (62 %) et, à un degré moindre, pour les personnes ayant récemment consulté un professionnel de la santé dentaire (86,8 %), par rapport à celles n'ayant pas consulté depuis plus d'un an (79,0 %).

L'indice communautaire des besoins en traitements parodontaux, ou indice ICBTP (Ainamo 1982), a été élaboré pour mesurer la quantité et le niveau de soins parodontaux dont a besoin la population adulte. Par exemple, il est possible de traiter ou de prévenir la simple gingivite en suivant un programme de soins d'hygiène buccale (brossage et soie dentaire) dispensé par des éducateurs en santé buccodentaire, mais la présence de poches parodontales de 6 mm ou plus nécessite les services d'un professionnel de la santé buccodentaire. Même si les examinateurs n'ont pas consigné l'indice ICBTP comme tel, les données recueillies permettent de répartir les participants en fonction de ce critère.

Le tableau 24 montre cette répartition des participants selon leur pire problème de santé buccodentaire. Ainsi, une personne ayant des poches parodontales de 4 à 5 mm qui présenterait aussi une gingivite et du tartre est inscrite dans la colonne des « Poches de 4-5 mm ». Si l'on examine les colonnes à partir de la droite, on remarque que la prévalence des poches de 6 mm ou plus et de 4-5 mm correspond aux résultats donnés au tableau 22. La colonne du milieu montre la proportion de personnes (44,5 %) dont le pire problème de santé buccodentaire est la présence de tartre, et celle qui est à sa gauche, la proportion de personnes ayant une inflammation de la gencive, ou gingivite (19,0 %). Une proportion de 20,1 % des participants était en bonne santé buccodentaire.

Fluorose dentaire
Les examinateurs ont utilisé l'indice de Dean pour enregistrer les cas de fluorose dentaire chez les enfants de 6 à 12 ans. Les critères appliqués sont décrits ci-dessous :

Figure 3 - Indice de Dean pour la classification des cas de fluorose dentaire
Code Description Définition
1 Dent normale L'émail des dents est lisse, brillant et d'un blanc crémeux pâle.
2 État discutable La translucidité de l'émail présente des anomalies très légères par rapport à un émail normal, allant de quelques mouchetures blanches à des points blancs parsemés.
3 Fluorose très légère De petites zones opaques d'un blanc papier sont parsemées de façon irrégulière sur la dent, mais affectent moins de 25 % de la surface des dents antérieures.
4 Fluorose légère Les zones opaques blanches sont plus étendues que dans le cas de la fluorose très légère, mais ne touchent pas plus de 50 % de la surface des dents antérieures.
5 Fluorose modérée L'émail présente des traces d'usure, et des taches brunes inesthétiques sont souvent visibles.
6 Fluorose sévère

L'émail des dents est gravement atteint et l'hypoplasie est tellement marquée que la forme générale des dents peut être affectée. Les dents présentent des surfaces abimées ou usées et les taches brunes sont largement
répandues. Les dents ont souvent un aspect corrodé.

7 Quatre dents antérieures absentes L'évaluation pourrait être impossible en raison de la présence de bagues.

La fluorose dentaire est une forme d'hypoplasie de l'émail de la dent. Selon le degré d'exposition au fluorure (la dose) et le stade de développement dentaire où cette exposition est survenue, elle peut varier d'une légère décoloration blanc crayeux de la surface de la dent à la présence de taches brunes et de piqûres et à une hypoplasie de l'émail (description adaptée de la National Academy of Sciences, 2006). D'après le groupe d'experts sur le fluorure mis sur pied par Santé Canada (Santé Canada, 2007), la fluorose dentaire constitue le premier signe d'une absorption potentielle excessive de fluorure et « [...] l'effet préoccupant, en ce qui concerne le fluorure (absorption), est encore la " fluorose dentaire modérée," selon l'indice de Dean. «  Il a été convenu (par le groupe d'experts) que la fluorose dentaire modérée ne devrait pas être considérée comme un critère d'effet toxicologique, mais plutôt que cet effet est important en raison de sa corrélation avec des problèmes d'ordre esthétique [...] ». [traduction]

Les conclusions des examinateurs sont que 92,9 % (IC de 95 % = 77,5 - 100 %) des enfants inuits de 6 à 11 ans ont des dents qui, selon l'indice de Dean, ne manifestent aucun signe de fluorose dentaire. Aucun ne souffrait de fluorose dentaire modérée ou grave. La prévalence de cas classés comme discutables, très légers et légers dans l'échelle de Dean était trop faible pour qu'on la rapporte, mais les cas où la fluorose était discutable ou peu sévère représentent environ 7 % des enfants. Dans les cas où les dents étaient d'apparence normale, aucune différence significative n'a été observée selon le sexe ou les habitudes de consultation de professionnels de la santé dentaire.

Traitement orthodontique

Un peu moins de 3 % (2,8 %) des Inuits recevaient ou avaient reçu un traitement orthodontique au moment de l'enquête. Cette proportion allait de 0,0 % chez les enfants d'âge préscolaire à 0,6 % (IC de 95 % = 0,0 - 2,6 %) chez les enfants de 6 à 11 ans, à 5,6 % (IC de 95 % = 0,0 - 11,3 %) chez les adolescents, à 4,0 % (IC de 95 % = 1,6 - 6,5 %) chez les adultes de 20 à 39 ans et à 0,8 % (IC de 95 % = 0,0 - 2,5 %) chez les  adultes plus âgés.

Lésions des tissus mous

Des lésions des tissus mous ont été observées chez 9,9 % (IC de 95 % = 3,7 - 16,2 %) des adultes, sans différence associée à l'âge, aux habitudes de consultation de professionnels de la santé dentaire ou à l'édentulisme.

Hiérarchie des besoins

Nous avons établi une hiérarchie des besoins en nous inspirant d'une publication datant de 1978 de l'American Dental Association (American Dental Association 1978), d'une étude précédente menée auprès de la population âgée de l'Ontario (Otchere 1990) et du MSB-ECMS (Santé Canada 2010b). Essentiellement, les participants sont classés selon une hiérarchie allant du danger pour la vie du répondant ou de la douleur intense ressentie au moment de l'examen aux besoins pouvant faire l'objet d'une intervention sur une longue période, en passant par la restauration fonctionnelle. La hiérarchie des besoins accorde donc la priorité aux traitements chirurgicaux suivis des traitements d'endodontie, de restauration, de prosthodontie, de parodontie, d'orthodontie et d'un ensemble de services divers rarement mentionnés aux fins d'un traitement (traitement de l'articulation temporomandibulaire, traitement esthétique et traitement des tissus mous); l'absence de besoins de traitement venant en dernier. Ce système hiérarchique fait ressortir le besoin le plus pressant d'une personne, mais il est probable que cette personne ait d'autres besoins de moindre importance. Par exemple, une personne qui nécessiterait des soins de restauration pourrait avoir aussi besoin de soins de prosthodontie, de parodontie et de prévention.

Le tableau 25 présente la répartition des personnes dentées selon la hiérarchie des besoins. On y constate que 27,4 % E n'avaient besoin d'aucun traitement au moment de l'examen. La proportion de sujets ne requérant aucun traitement tend à être plus élevée dans les deux tranches d'âge les plus jeunes et chez les sujets de sexe féminin. Près de 40 % des participants avaient besoin de soins de restauration au moment de l'examen, mais aucune différence clinique n'a pu être observée, ni aucune différence significative en fonction du sexe, de l'âge ou de la date de la dernière consultation d'un professionnel de la santé dentaire. Dans une proportion de 22,9 %, les Inuits ont surtout besoin de traitements chirurgicaux. La population a ensuite besoin de services de prosthodontie dans une proportion de 5,7 %, proportion qui s'élève à 18,2 % dans le groupe des personnes les plus âgées. Un nombre peu élevé a besoin de soins d'endodontie (2,0 %) et le nombre de sujets ayant surtout besoin de soins de parodontie, d'orthodontie ou de divers autres traitements était si minime que ces données n'ont pas été rapportées.

Au terme de l'examen clinique, les dentistes examinateurs ont pris note des besoins de chaque participant et, le cas échéant, du type de traitement requis. Ces renseignements ont ensuite été communiqués verbalement aux participants ainsi qu'au moyen d'un de trois formulaires à emporter. Ces formulaires indiquaient si le participant nécessitait des soins d'entretien, les services d'un professionnel de la santé dentaire dans un avenir proche ou les services immédiats d'un professionnel de la santé dentaire ou d'un médecin.

6.0 Résumé et discussion

6.1 Validité des résultats

L'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits présente des estimations relatives au fardeau de la maladie en 2008-2009 dans les régions du Nord du Canada, exception faite du Nunavik ou du Nord du Québec. Il s'agit d'une enquête de haute qualité; avec une méthodologie d'échantillonnage ayant été effectué par Statistique Canada ainsi que tous les dentistes examinateurs ayant participé à des séances d'étalonnage à des intervalles réguliers. Des employés qualifiés ont indiqué sur des formulaires imprimés les réponses données au cours des interviews et ont saisi les observations des examens à l'aide d'ordinateurs portables. Les réponses données au cours des interviews ont ensuite été saisies dans la base de données et associées, pour chaque participant aux résultats de son examen clinique. Le protocole utilisé a eu recours aux mêmes indices, critères et méthodes d'analyses que le module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (MSB-ECMS). Il s'ensuit que les résultats de la présente enquête peuvent être comparés de manière fiable à ceux du MSB-ECMS. Toutefois, un échantillon plus petit (1 216, contre 5 586 pour le MSB-ECMS) et, possiblement, une plus grande variabilité de l'échantillon, ont produit des intervalles de confiance plus importants que lors de l'enquête nationale.

Le protocole de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits a recueilli moins de données sur les déterminants de la santé buccodentaire que le MSB-ECMS, limitant ainsi la possibilité de se pencher sur l'effet de déterminants tels que le revenu et le niveau d'instruction. Des renseignements sur les régimes d'assurance dentaire ont été recueillis mais ne sont pas rapportés dans ce document. L'enquête a inclus les enfants d'âge préscolaire (3 à 5 ans), tranche d'âge que le MSB-ECMS n'avait pas prise en compte, et regroupé les résultats observés pour les 40 ans et plus en une seule tranche d'âge, alors que le MSB-ECMS a présenté des résultats distincts pour les 40 à 59 ans et pour les 60 à 79 ans.

En résumé, les résultats de l'enquête ont un haut degré de validité et permettent donc des comparaisons précises entre la santé buccodentaire des Inuits et celle des Canadiens vivant dans le Sud du pays. Comme on le verra plus loin, les résultats sont également comparables à ceux d'études locales ou régionales antérieures, mais ce, à un niveau de confiance légèrement inférieur étant donné que ces études ne s'étaient pas fixer les mêmes normes.

6.2 Résultats autodéclarés

Les Inuits ont déclaré dans une proportion de 34,7 % qu'ils avaient une mauvaise santé buccodentaire, soit plus de deux fois que la population ciblée par le MSB-ECMS (15,5 %). Cette différence reste la même lorsque les répondants disent qu'ils évitent certains aliments en raison de problèmes buccodentaires (30,3 % des Inuits comparativement à  12,2 % de la population ciblée par le MSB-ECMS), ainsi que pour les cas de douleur buccodentaire (29,8 % des Inuits comparativement à 11,6 % à la population ciblée par le MSB-ECMS). Cette différence s'observe également dans les différentes tranches d'âge, mais est encore plus élevée chez les adolescents qui déclarent éviter certains aliments (36,3 % des Inuits comparativement à 12,5 % de la population ciblée par le MSB-ECMS). Chez les Inuits, la proportion de répondants (22,5 %) qui déclarent avoir perdu des heures d'école, de travail ou d'autres activités habituelles est plus faible que chez la population ciblée par le MSB-ECMS (39,1 %).

Fréquence des consultations de professionnels de la santé buccodentaire

Près de la moitié (49,8 %) des Inuits ont consulté un fournisseur de soins buccodentaires au cours de l'année précédent l'enquête, comparativement à presque trois-quarts (74,5 %) des Canadiens du Sud. La différence la plus importante est observée entre le groupe des adultes inuits de 40 ans et plus qui ont consulté un professionnel de la santé dentaire dans une proportion de 33,2 %, comparativement à 76,7 % des 40 à 59 ans et à 68,4 % des 60 à 79 ans qui ont été ciblés par le MSB-ECMS. La différence est moindre entre les sujets affirmant consulter un professionnel dentaire « en général » une fois par année pour un examen ou un traitement dentaire (56,2 % des Inuits et 74,3 % de la population ciblée par le MSB-ECMS), mais les Canadiens du Sud restent toutefois avantagés. La plus petite différence est observée chez les adolescents où 82 % des Inuits et 84 % des Canadiens du Sud ont déclaré consulter généralement un professionnel de la santé dentaire une fois par année.

Comme le laisse prévoir leur admissibilité aux services dentaires couverts par le Programme des SSNA, seulement 4,1 % des répondants Inuits déclarent ne pas avoir consulté un professionnel de la santé dentaire en raison des coûts, alors que chez les Canadiens du Sud le pourcentage est plus de quatre fois supérieur (17,3 %). De même, 3,6 % des Inuits ont refusé des soins recommandés en raison des coûts, comparativement à 16,5 % de la population ciblée par le MSB-ECMS.

Les Inuits déclarent se brosser les dents au moins deux fois par jour dans une plus faible proportion (48 %) que la population ciblée par le MSB-ECMS. La différence la plus importante est observée entre les Inuits du groupe le plus âgé (26,5 %) et les Canadiens du Sud des deux groupes les plus âgés (70,5 % et 73,9 %). L'utilisation de la soie dentaire suit une tendance inverse puisque 36,3 % des Inuits déclarent y avoir recours comparativement à 28,3 % des autres Canadiens.

En résumé et comparativement aux Canadiens du Sud, les Inuits déclarent que le fardeau de la maladie et l'incapacité sont supérieurs et qu'il ont moins accès aux soins, en dépit du fait que le coût n'entre pas en considération dans leur décision de consulter un professionnel ou de suivre les recommandations d'un fournisseur de soins.

6.3 Résultats cliniques

Il est très difficile d'établir des comparaisons précises entre les résultats de la présente enquête et ceux d'études antérieures. Alors que les méthodes et les normes utilisées pour cette enquête sont connues, les méthodes utilisées lors des études précédentes ne sont pas forcément compatibles avec elles, pas plus qu'elles ne le sont entre elles. Des différences de méthodologie sont manifestes au niveau des stratégies d'échantillonnage, de la non-utilisation des indices épidémiologiques actuels ainsi que de la formation et de l'étalonnage de la méthodologie des examinateurs. Une autre différence existe au niveau des tranches d'âges examinées, les résultats des études antérieures portant sur un nombre plus restreint de tranches d'âge et sur un découpage souvent différent de ces tranches. Tel que mentionné ci-dessus, des incohérences existent même entre le MSB-ECMS et la présente Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits, celle-ci ayant combiné les résultats relatifs à tous les sujets de plus de 40 ans en un seul groupe alors que le MSB-ECMS distingue le groupe des 40 à 59 ans de celui des 60 à 79 ans. Une seconde différence porte sur la manière dont les résultats sont présentés, les études antérieures fournissant rarement des intervalles de confiance pour leurs estimations ponctuelles. Ainsi, bien qu'il soit possible d'analyser les résultats actuels à la lumière des études antérieures, les conclusions concernant d'éventuelles différences restent incertaines.

6.3.1 Enfants d'âge préscolaire

Des études antérieures (voir tableau A1.1) portant sur les quarante dernières années font état d'une prévalence de 44,7 % à 80 % de caries dentaires chez les sujets de 3 ans et plus, et d'un nombre de dents affectées, mesuré par un indice caod de 2,85 à 10,38. La présente enquête a mis en évidence l'existence de caries chez 85,3 % des enfants, avec un indice caod de 8,22 qui se situe bien dans la fourchette des résultats des études antérieures. Dans une proportion de 49,4 %, les dents affectées étaient toujours cariées au moment de l'enquête, 28,4 % étaient obturées et 22,3 % avaient été extraites par suite de la maladie. Par contre, l'Enquête Nutrition Canada n'a pas relevé de preuves de traitement et la totalité de l'indice caod de 6,1 qui y est rapporté représente des dents cariées. Le MSB-ECMS n'a pas examiné les enfants d'âge préscolaire, ce qui exclut toute comparaison.

6.3.2 Jeunes d'âge scolaire

La présente enquête montre que 93,4 % des jeunes d'âge scolaire de 6 à 11 ans avaient, au moment de l'examen, au moins une dent primaire ou permanente affectée par la carie, avec un indice caod+CAOD moyen de 7,08. Ces résultats sont, eux aussi, compatibles avec ceux des études régionales antérieures portant sur les communautés inuites (voir tableau A1.1) qui rapportent une prévalence de 82 % à 100 % et un indice de gravité variant de 3,9 (Enquête Nutrition Canada), à 10,7 en 1986 dans l'Ungava. Des résultats plus récents provenant du Nunavik (Ungava compris) situent l'indice de gravité caod+CAOD entre 7,48 et 9,51 (Bélanger 2000). Le MSB-ECMS rapporte que 56,8 % des jeunes d'âge scolaire ont des dents cariées et l'indice cao+CAO de ce groupe est de 2,48. Selon la présente enquête, 44,4 % des dents affectées chez les enfants inuits étaient toujours cariées au moment de l'examen, contre 14,7 % d'un nombre beaucoup plus petit dans le MSB-ECMS. Selon l'indicateur de soin des caries de McDermott (McDermott 1991), les fournisseurs de soins dentaires des enfants inuits avaient effectué 72,6 extractions pour 100 restaurations, alors que pour les Canadiens du Sud on compte, en gros, 4 extractions pour 100 obturations (calcul effectué à partir du tableau 17 du MSB-ECMS).

Bien que les résultats de l'enquête de 1990-1991 sur les enfants autochtones du Canada (Leake, 1992) remontent à près de 20 ans, ils offrent peut-être la meilleure comparaison possible avec ceux de la présente enquête quand on utilise les données des annexes consacrées aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.). À l'époque, le Nunavut faisait partie des T.N.-O. et 84 % des enfants de 6 ans examinés dans les T.N.-O. étaient des Inuits. L'enquête de 1990-1991 montre que 95 % des enfants de 6 ans avaient au moins une dent caod+CAOD alors que le présent rapport situe cette proportion à 86 %. Le nombre moyen de dents affectées a également baissé de 8,9 en 1990-1991 à 8,3 en 2009. L'enquête de 2009 a montré que 4,5 dents affectées avaient été restaurées avec succès, soit 55 %, contre 1,8 dent (20 %) en 1990-1991.

Aucune preuve de fluorose dentaire n'a été relevée chez presque 93 % (92,9 %) des enfants et aucun d'entre eux n'a montré de signe de fluorose modérée ou grave, ce qui laisse une proportion de 7 % répartis entre les catégories « discutable » et « fluorose légère » de la classification de Dean. Ces résultats sont comparables à ceux publiés par Bélanger (Bélanger 2000), qui chiffrent à 8,7 le pourcentage des enfants du Nunavik ayant au moins deux dents permanentes supérieures avant atteintes de fluorose légère.

6.3.3 Adolescents

La prévalence de problèmes buccodentaires de 96,7 % observée dans ce groupe d'âge se situe légèrement en dehors des limites des résultats d'études antérieures (prévalence de 68,8 % à 95 %). L'indice CAOD de 9,49 est, en revanche, dans la fourchette des résultats rapportés pour l'Ungava en 1986 où l'indice CAOD était de 3,6 pour les adolescents de 12 ans et de 16,7 pour les 12 à 17 ans, même si l'enquête la plus récente (Santé Canada 2000) situe l'indice CAOD de 3,6 pour les adolescents de 12 ans. À titre de comparaison, le MSB-ECMS estime à 58,8 % la proportion des adolescents ayant déjà eu au moins une dent cariée et leur attribue un indice CAOD de 2,49, soit moins du tiers de celui des Inuits. Les adolescents inuits avaient plus de 3,5 dents toujours cariées au moment de la présente enquête et les fournisseurs de soins dentaires des Inuits avaient procédé à 20 extractions pour 100 restaurations alors que, chez les adolescents du Sud du Canada, ce rapport est de 0,95 extraction pour 100 obturations (calcul effectué à partir du tableau 21 du MSB-ECMS).

Le taux d'utilisation de scellants dentaires était trop faible pour être rapporté.

6.3.4 Adultes

Rares sont les études antérieures sur les jeunes adultes (de 20 à 39 ans) avec lesquelles une comparaison est possible. L'Enquête Nutrition Canada (Enquête Nutrition Canada 1977) conclut que 8,3 % des femmes sont édentées alors que, selon Rea et al. (Rea 1993), l'édentulisme touche 15,2 % des femmes et 3,8 % des hommes de 30 à 39 ans. Dans le cas de la présente enquête ou du MSB-ECMS, la prévalence de l'édentulisme est probablement si faible qu'elle n'est pas rapportée, ce qui constitue, en soi, un résultat positif. Comme cette enquête, le MSB-ECMS chiffre trois autres indicateurs de l'état des dents naturelles : la proportion de sujets ayant toutes leurs dents (28 dents), la proportion présentant une dentition naturelle réduite à moins de 21 dents et le nombre moyen de dents naturelles. La proportion de jeunes adultes inuits ayant une dentition complète de 28 dents (12,9 %) est inférieure à celle des populations ciblées par le MSB-ECMS (42,3 %). Une plus grande proportion d'adultes inuits a également une dentition naturelle réduite à moins de 21 dents (20,1 % contre 0,8 % pour le MSB-ECMS) et le nombre moyen de dents naturelles (22,9) observé chez les adultes inuits est moins élevé que chez les adultes ciblés par le MSB-ECMS (27,1).

Par rapport aux études antérieures, cette enquête montre que l'indice CAOD moyen des Inuits (15,1) est plus élevé que celui rapporté par l'Enquête Nutrition Canada mais inférieur à celui de 20,5 rapporté par Rea et al. (Rea 1993). Chacune des composantes (C, A, O) de cet indice est plus élevée que dans les résultats du MSB-ECMS où leur total donne un indice CAOD de 6,85. La proportion de dents CAOD encore cariées lors de l'examen des Inuits (16,7 % E) est seulement un peu plus grande que celle rapportée dans le MSB-ECMS (11,9 %). On a toutefois davantage recours à l'extraction pour régler les problèmes de carie chez les Inuits puisque cette enquête montre que, pour 100 restaurations dentaires, les dentistes y procèdent à 58,7 extractions contre 6,9 chez les populations ciblées par le MSB-ECMS (calcul effectué à partir du tableau 28 du rapport technique du MSB-ECMS).

La prévalence des caries radiculaires (39,2 %) et le nombre moyen de caries radiculaires présentes ou obturées (1,52) chez les jeunes adultes inuits dépassent largement ce que l'on observe chez les Canadiens vivant dans le Sud du pays (5,8 % et 0,17, voir le tableau 19). 

La prévalence des parodontopathies est à peu près la même chez les jeunes adultes inuits et dans le Sud. Selon la présente enquête, 14,1 % des jeunes adultes inuits (contre 13 % dans le MSB-ECMS) ont une profondeur maximale de poche parodontale de 4 mm ou plus, et environ 5 % seulement ont une perte d'attache de 4 mm ou plus contre 7 % environ dans le MSB-ECMS. Une comparaison entre les indices ICBTP révèle, en fait, que les Inuits de 20 à 39 ans ont une meilleure santé gingivale et parodontale puisque 25,2 % avaient une bonne santé buccodentaire contre 10,9 % dans le MSB-ECMS. Lorsque l'on compare les populations affichant les cas les plus sévères, les Inuits ont encore l'avantage. Le taux d'extraction étant plus élevé pour les Inuits (voir le paragraphe ci-dessous), les dents restantes peuvent donc être considérées comme des « survivantes en bonne santé ». Qu'on ait là une explication des résultats plutôt positifs obtenus en matière de santé parodontale reste discutable, mais les résultats peuvent surprendre, considérant la prévalence du tabagisme (Inuit Tapiriit Kanatami 2008), un facteur de risque important pour les parodontopathies (Burt 2005) (p. 273-274).

La comparaison entre les résultats obtenus pour les adultes inuits de la tranche d'âge supérieure (40 ans et plus) et ceux obtenus lors d'études antérieures est, encore une fois, incertaine. Toutefois, selon les examinateurs, 21,3 % des sujets de ce groupe d'âge avaient perdu toutes leurs dents, ce qui semble inférieur (meilleur) à ce que Galan et al. (Galan et al. 1993) et Rea et al. (Rea 1993) ont observé dans la région de Keewatin (voir tableau A1.5) et bien meilleur que la proportion de 63,8 % rapportée par Bélanger (Bélanger 2007) à partir des données de l'enquête menée au Nunavik, en 1992, par Gagnon et Brodeur. La présente enquête montre une plus grande prévalence de l'édentulisme chez les femmes, tendance qui, même si elle est un peu moins prononcée, concorde avec les résultats de trois études antérieures ayant fait état des taux d'édentulisme. La prévalence est presque identique à celle observée chez les 60 à 79 ans du Sud du Canada.

Les autres colonnes du tableau 15 présentent l'état des dents naturelles chez les Inuits âgés. Le pourcentage d'Inuits ayant moins de 21 dents (69 %) et le nombre moyen de dents naturelles qu'il leur reste (15,8) reflètent une moins bonne dentition que celle des Canadiens du Sud. Le MSB-ECMS situe, en effet, ces chiffres à 16,5 % et 24,1 dents pour les personnes de 40 à 59 ans et 42,2 % et 19,4 dents pour les 60 à 79 ans.

Tous les Inuits âgés ont déjà eu des caries coronaires et c'est pratiquement le cas aussi de leurs compatriotes du Sud du Canada. Leur indice CAOD moyen de 19,5 est légèrement inférieur à celui obtenu par Rea et al. (Rea 1993) en 1993, mais supérieur à l'indice obtenu lors de l'Enquête Nutrition Canada en 1977 (Enquête Nutrition Canada 1977). Moins de 10 % des dents étaient encore cariées au moment de l'examen, ce qui est de beaucoup inférieur aux observations de Rea et de l'Enquête Nutrition Canada (voir tableaux A1.4 et A1.5). Dans le groupe inuit le plus âgé, on compte 214 dents extraites par un dentiste pour 100 dents obturées, alors que pour ce même nombre d'obturations le MSB-ECMS rapporte 26 extractions chez les 40 à 59 ans et 57 chez les 60 à 79 ans.

Les examinateurs ont constaté une prévalence des caries radiculaires chez 52,8 % des Inuits âgés dentés. Les études antérieures sont muettes au sujet des caries radiculaires, mais on peut comparer ces résultats avec la prévalence de 24,9 % et de 43,3 % rapportée, respectivement, pour les adultes de 40 à 59 ans et de 60 à 79 ans, dans le MSB-ECMS. Près de 40 % avaient toujours au moins une dent affectée par une carie radiculaire au moment de l'examen, contre 8,0 % et 11,2 % chez les Canadiens de 40 à 59 ans et de 60 à 69 ans ciblés par le MSB-ECMS.

Les études antérieures sont incohérentes quant à leurs estimations de la prévalence des parodontopathies puisqu'on y trouve des chiffres allant de moins de 10 %, selon l'enquête menée par Rea et al. (Rea 1993), à 77 %, selon l'Enquête Nutrition Canada (Enquête Nutrition Canada 1977) (voir tableau A1.5). Les examinateurs de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits ont observé que 20,8 % des sujets examinés avaient des poches parodontales d'une profondeur de 4 mm ou plus, contre 23,6 % et 31,0 % pour les deux groupes de personnes âgées du MSB-ECMS. La proportion d'Inuits dentés ayant au moins une perte d'attache de 4 mm ou plus est de 38 % chez les 40 ans et plus de cette enquête contre 26,1 % et 47,1 % pour les deux groupes d'âge supérieurs de la population du Sud du Canada (MSB-ECMS).

Un examen de l'indice ICBTP permet de constater que 14,6 % des Inuits âgés ont une bonne santé buccodentaire, contre 5,8 % et 2,9 % dans les deux groupes les plus âgés du MSB-ECMS. Comme c'était le cas pour les jeunes adultes inuits, les comparaisons selon les autres catégories de l'indice ICBTP sont en faveur de la population inuite.

Les signes de fluorose dentaire sont pratiquement absents chez les enfants inuits d'âge scolaire : 92,9 % de ces enfants ne montrent aucun signe de fluorose et aucun cas de fluorose modérée ou sévère n'a été observé. Cela laisse 7 % de cas discutables ou de fluorose très légère ou légère. Selon le MSB-ECMS, 59,8 % des enfants de 6 à 12 ans ne présentent aucun signe de fluorose, 23,5 % présentent des cas discutables et 16,4 % sont considérés comme des cas très légers ou légers.

La prévalence de lésions buccales des tissus mous est similaire chez les Inuits (9,9 % E) et chez les Canadiens du Sud (11,6 %).

Près des trois quarts (72,6 %) des Inuits âgés examinés nécessitaient certains soins buccodentaires, proportion comparable à celle des adultes âgés du MSB-ECMS (37,2 % et 42,8 %). La principale différence se situe au niveau du besoin de soins de restauration et de soins moins importants. Près de quarante pour cent (39,3 %) des Inuits avaient besoin de soins de restauration contre 20,5 % et 17,2 % des adultes des deux groupes d'âge supérieurs vivant dans le Sud.

6.4 Comparaisons avec d'autres pays

Dans d'autres pays, on constate que la santé buccodentaire des peuples autochtones est moins bonne que celle des populations d'ascendance européenne. Le tableau A2.1 de l'annexe 2 fournit quelques comparaisons entre la santé buccodentaire des enfants et des adolescents autochtones et celle de leurs compatriotes non autochtones. L'étude la plus poussée a été menée en Australie par Jamieson et al. (Jamieson 2007) qui a établi une comparaison entre la santé buccodentaire de plus de 10 000 enfants autochtones et celle de plus de 317 000 enfants non autochtones. Selon cette étude, les enfants autochtones de 4 à 10 ans sont près de deux fois plus susceptibles de développer des caries de leurs dents primaires (62,5 %) que les enfants non autochtones (37,2 %). Ils affichent un indice caod de 2,86 contre 1,4 pour les enfants non autochtones. Endean et al. (Endean 2004) et Davies et al. (Davies 1997) rapportent des résultats similaires dans deux autres études menées en Australie. En Nouvelle-Zélande également, la prévalence de caries est beaucoup plus élevée chez les enfants maoris que chez les enfants non maoris (Government of New Zealand 2010), indépendamment de la concentration de fluorure dans l'eau potable.

Quant aux comparaisons des Inuits du Groenland et des populations d'Europe, Petersen et Christensen (2006) constatent que :

« [...] le pourcentage d'enfants de 6 ans exempts de caries dentaires est de 6 à 7 fois inférieur à celui observé dans la région du Nord (c.-à-d. la Scandinavie) et le nombre de caries dentaires (CAOD) chez les enfants de 12 ans du Groenland est presque deux fois plus élevé que chez les enfants du même âge dans la région du Nord [...] » [traduction].

Le tableau A2.1 présente également les résultats de Jones et al. (Jones et al. 1992) concernant les enfants autochtones et non autochtones âgés de 3 à 5 ans en Alaska, ainsi qu'une comparaison entre les adolescents ciblés par l'enquête de l'Indian Health Service (IHS) de 2002 sur les patients en soins dentaires (Indian Health Service 2002) et ceux du rapport publié par le US Department of Health and Human Services (2007) qui portait sur un échantillon probabiliste de la population des États-Unis. Les deux comparaisons montrent que la prévalence des caries est plus élevée chez les patients autochtones de l'Alaska et que le nombre moyen de dents affectées est, chez ces derniers, plus du double du nombre moyen de dents affectées de l'échantillon national.

Le tableau A2.2 de l'annexe 2 présente, côte à côte, les résultats de la présente enquête et ceux de l'enquête menée en 2002 par l'IHS sur les Autochtones de l'Alaska (Indian Health Service 2002). On notera que les résultats observés chez les Autochtones de l'Alaska concernent des patients de cliniques, ce qui se traduit probablement par une surestimation du niveau des soins (c.-à-d. par moins de dents cariées) par rapport à l'ensemble de la population autochtone de l'Alaska. Les résultats obtenus pour trois groupes sont comparés par tranches d'âge dans la mesure où les résultats publiés le permettent. Dans le groupe des enfants et des adolescents, les Inuits du Canada affichent une plus forte prévalence de caries dentaires et des indices de gravité moyens plus élevés, mais une plus faible proportion de dents toujours cariées (C/CAOD) au moment de l'examen. Dans la catégorie des jeunes adultes, la proportion de personnes édentées et l'indice CAOD moyen sont très semblables entre les deux populations, mais, là encore, on observe une meilleure santé parodontale mesurée par l'indice ICBTP et moins de perte d'attache chez les Inuits du Canada.

6.5 Résumé

L'état de santé buccodentaire des Inuits continue à être inférieur à ce qu'il était selon diverses observations archéologiques et la présente enquête confirme les résultats des enquêtes canadiennes antérieures indiquant que les Inuits portent un fardeau disproportionné de maladies buccodentaires.

Par rapport aux populations du Sud du Canada, les cas de mauvaise santé buccodentaire rapportés sont plus nombreux chez les Inuits et la fréquence à laquelle ceux-ci déclarent éviter certains aliments et souffrir de douleurs buccales est plus élevée. Moins d'un Inuit sur deux a consulté un professionnel de la santé dentaire, même si le coût est rarement mentionné comme facteur dissuasif de telles consultations ou de l'acceptation du traitement recommandé.

La présente enquête montre que la prévalence de caries coronaires est élevée chez les Inuits. Plus de 85 % des enfants d'âge préscolaire ont déjà eu des caries et le nombre moyen de dents primaires affectées dans cette tranche d'âge est de 8,22. Chez les adolescents, ce pourcentage atteint 97,7 % et, chez les personnes les plus âgées, tout le monde est atteint. Le nombre de dents permanentes cariées, absentes ou obturées (caod et CAOD) augmente avec l'âge, passant de 2 chez les 6 à 11 ans, à 9,5 chez les adolescents, 15 chez les 20 à 39 ans et plus de 19 chez les personnes âgées. La prévalence de caries et l'indice CAOD moyen sont de beaucoup supérieurs à ceux observés chez les Canadiens du Sud.

En outre, la maladie est, en grande partie, non traitée. À titre d'exemple, la proportion de dents affectées toujours cariées chez les adolescents et les jeunes adultes de la présente enquête est respectivement de 38,1 % et de 16,7 %, contre 14,9 % et 12,6 % chez les Canadiens du Sud. De plus, on a davantage recours à l'extraction pour régler les problèmes de carie chez les Inuits : pour 100 dents obturées, on compte en effet 20,3 dents extraites chez les adolescents et 58,7 chez les jeunes adultes inuits, situation qui contraste avec les résultats du MSB-ECMS où l'on rapporte que, pour 100 dents obturées, seulement 1,0 dent est extraite chez les adolescents et  6,9 chez les jeunes adultes.

La prévalence des caries radiculaires est également plus élevée et ces caries moins souvent traitées chez les Inuits que chez les populations étudiées par le MSB-ECMS. Cependant, l'indice ICBTP montre que les parodontopathies semblent moins fréquentes et moins graves chez les Inuits que chez les groupes du MSB-ECMS et chez les patients autochtones de l'Alaska.

Étant donné que l'on a davantage recours à l'extraction des dents chez les Inuits, l'édentulisme y touche un plus grand pourcentage de la tranche d'âge supérieure (21,3 % de toutes les personnes de 40 ans et plus) que dans les populations du Sud où le MSB-ECMS rapporte que 4,4 % des personnes de 40 à 59 ans et 21,7 % des personnes de 60 à 79 ans sont édentées.

Comparativement aux patients dentaires autochtones de l'Alaska, les Inuits du Canada ont une prévalence de caries et un indice de gravité plus élevés mais une proportion plus faible de dents cariées non traitées. Les jeunes adultes inuits du Canada semblent avoir une meilleure santé parodontale que les Autochtones de l'Alaska alors que leur niveau d'édentulisme et leur indice CAOD total sont très similaires. La conclusion que les Inuits du Canada souffrent de plus de problèmes dentaires que leurs compatriotes du Sud (sauf pour les cas de parodontopathies) est compatible avec les études internationales qui ont également conclu que l'état de santé buccodentaire des Autochtones est inférieur à celui de la culture dominante de leurs pays.

6.6 Étapes à venir

Il ne fait aucun doute que les conditions actuelles de prestation des soins sont meilleures que celles relatées par Jones (Jones 1968). Par exemple, des équipements modernes de soins sont aujourd'hui disponibles dans la plupart des communautés. Cependant, il reste du travail à faire et d'autres études (Beltran 2009) montrent comment certains programmes de prévention ont contribué à réduire le nombre moyen de caries chez les enfants au Costa Rica, en Jamaïque, au Mexique et en Uruguay. Il est clair que l'on ne peut éradiquer les affections buccodentaires, que le taux d'utilisation des services est trop faible et que l'incidence des maladies buccodentaires chez les enfants est trop élevée pour que l'on puisse la gérer seulement par des traitements, même si l'on disposait de ressources supplémentaires. L'approche la plus prometteuse consisterait à mettre davantage l'accent sur des mesures communautaires de prévention primaire qui s'accompagneraient d'un dépistage précoce et de soins de base fournis promptement. Cependant, ces deux stratégies ne peuvent porter fruits à elles seules. Pour maximiser l'effet des efforts préventifs en matière de santé dentaire, il est essentiel de contrer les menaces à la santé mises en évidence dans d'autres études (Tait 2008), comme le taux élevé de tabagisme, les logements surpeuplés et l'insécurité alimentaire.

7.0 Références

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8.0 Glossaire

D'après :
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Assurance dentaire :
Les soins dentaires universels ne sont pas inclus dans les programmes publics d'assurance-maladie des provinces et territoires du Canada, et plusieurs employeurs ont choisi d'inclure une assurance dentaire privée dans les avantages sociaux de leurs employés et des personnes que ceux-ci ont à charge. Les soins dentaires couverts par l'État ne sont accessibles qu'aux populations des Premières nations, aux personnes âgées des territoires et de l'Alberta, aux enfants du Québec et de trois provinces de l'Atlantique et aux bénéficiaires de l'aide sociale (bien-être social).
Carie radiculaire :
Carie dentaire qui s'attaque à la surface de la racine d'une dent exposée suite à une récession parodontale.
Carie dentaire :
Processus par lequel la structure de la dent est détruite sous l'effet de l'acide produit par les bactéries présentes dans la bouche. Voir cavité dentaire.
Cavité dentaire :
Trou formé dans la dent par la carie.
Cohorte de naissances :
Groupe d'individus nés durant une période ou une année spécifique.
Consultation dentaire :
Comportement lié à l'utilisation de services dentaires.
Coronaire :
Relatif à la couronne de la dent.
Couronne :
Partie généralement visible de la dent, couverte d'émail de couleur blanchâtre.
Dent de sagesse :
Une de quatre molaires situées à l'arrière de la cavité buccale.
Dent naturelle :
Se dit des dents de la personne par opposition aux dents artificielles.
Dent permanente :
Dent d'adulte.
Denté :
Se dit d'une personne ayant au moins une dent naturelle.
Dentier :
Prothèse dentaire amovible remplaçant les dents naturelles absentes et les tissus adjacents.
Dentition :
Ensemble des dents. Une dentition complète comprend 28 dents d'adulte et 4 dents supplémentaires (« dents de sagesse ») chez certaines personnes.
Déterminant de la santé :
Caractéristique qui influe sur la santé des individus mais qui est généralement difficile à modifier; par exemple, la pollution atmosphérique, l'exposition au plomb présent dans la peinture ou la situation socioéconomique.
Déterminant socio-économique :
Terme descriptif désignant la position qu'occupe une personne en société, généralement mesurée par des attributs comme le revenu et le degré de scolarité.
Différence absolue :
Différence entre deux valeurs, calculée en soustrayant l'une de l'autre.
Douleur orofaciale :
Douleur située dans le visage, la mâchoire, la tempe, devant une oreille ou dans l'oreille.
Édenté :
Se dit d'une personne ayant perdu toutes ses dents naturelles.
Émail :
Tissu dur et minéralisé, de couleur blanchâtre, recouvrant la couronne de la dent.
Enregistreur :
Personne qui saisit sur ordinateur les résultats d'un examen buccodentaire.
Épidémiologie :
Étude de la distribution et des déterminants d'états de santé et de maladies dans des populations données.
Étalonnage :
Procédure visant à uniformiser le travail des personnes effectuant les examens buccodentaires.
Expérience de carie dentaire :
Effet cumulatif du processus carieux au cours de la vie d'une personne, se manifestant par des dents cariées, absentes ou obturées.
Extraction :
Action d'enlever une dent naturelle.
Facteur de risque pour la santé :
Caractéristique, souvent comportement, affectant négativement la santé et que les personnes concernées sont en mesure de modifier, comme le tabagisme, le port de la ceinture de sécurité, l'hygiène dentaire, l'obésité.
Fluorose dentaire :
Coloration anormale ou aspect piqué de l'émail de la dent résultant d'une exposition à des quantités excessives de fluorure lors de la formation de l'émail.
Fluorure :
Composé minéral d'origine naturelle qui, à l'état de traces, contribue à la prévention des caries dentaires.
Gencive :
Tissu gingival (dans lequel s'insèrent les dents).
Gingivite :
Inflammation des gencives causant rougeur, enflure ou saignement.
Incisive :
Chacune des huit dents antérieures servant à couper les aliments.
Indice CAOD (en lettres majuscules) :
Indice quantifiant l'expérience de carie dentaire par le nombre de dents (D) d'adulte (ou permanentes) cariées (C), absentes (A) ou obturées (O).
Indice caod (en lettres minuscules) :
Indice quantifiant l'expérience de carie dentaire par le nombre de dents (d) primaires (temporaires) cariées (c), absentes (a) ou obturées (o).
Intervalle de confiance de 95 % :
Définit l'incertitude associée à une valeur estimée. La probabilité que la valeur réelle se situe entre les limites supérieure et inférieure de l'intervalle de confiance est de 95 %.
Jonction amélo-cémentaire :
Point à la surface de la dent où la couronne rejoint la racine.
Mandibule :
Mâchoire inférieure.
Maxillaire :
Mâchoire supérieure.
Moyenne :
Moyenne arithmétique d'un ensemble de valeurs.
Parodontite :
Maladie des gencives d'origine bactérienne, caractérisée par l'enflure et le saignement des gencives et par la perte des tissus qui attachent la dent à la mâchoire.
Parodontopathie :
Maladie des gencives et des autres tissus rattachés aux dents et les ancrant dans les mâchoires.
Perte d'attache :
Distance (en millimètres) entre le point où l'émail de la dent rejoint la racine et le fond de la poche parodontale entre le tissu gingival et la dent.
Perte totale des dents :
Perte de toutes les dents naturelles (également appelée édentulisme).
Plaque :
Couche formée de bactéries et de débris alimentaires qui adhère à la surface de la dent.
Poche parodontale :
Espace situé sous la bordure de la gencive, entre la racine de la dent et le tissu gingival qui l'entoure.
Poids :
Facteur numérique appliqué à un groupe de participants d'une étude pour corriger les différences de probabilité dans le choix des participants et dans leur participation.
Prévalence :
Proportion d'individus atteints d'une maladie donnée au sein d'une population donnée.
Profondeur de la poche parodontale :
Mesure effectuée de la profondeur de la poche parodontale.
Protocole d'examen :
Méthodes et lignes directrices régissant la conduite des examens buccodentaires uniformisés dans le cadre d'une enquête.
Racine :
Partie de la dent située sous la couronne et ancrée dans la mâchoire.
Récession parodontale :
Rétrécissement du tissu gingival créant un espace qui expose la racine de la dent et a pour effet de lui donner une apparence plus allongée et de l'exposer davantage à la formation de caries radiculaires.
Restauration :
Obturation visant à réparer une dent endommagée par la carie ou un traumatisme.
Signification statistique :
Indication issue d'un test statistique qu'une association observée n'est probablement pas due au hasard (seuil de probabilité généralement fixé à 5 %) dans le choix d'un échantillon aléatoire de personnes au sein d'une population donnée.
Surface radiculaire :
Surface de la racine d'une dent.
Tartre :
Dépôt dur de substances minéralisées adhérant à la surface des dents.
Taux de réponse :
Proportion d'individus de qui on obtient des renseignements dans le cadre d'une enquête, parmi le nombre total de personnes choisies comme participants éventuels.
Tendance :
Direction générale d'un changement observé dans le temps.

9.0 Annexes

9.1 Annexe 1 Données provenant d'études antérieures

Tableau A1.1 - Données concernant les enfants d'âge préscolaire
Auteur et année de publication Lieu de l'enquête Âge [n] Prévalence des caries [%] Indice de gravité moyen [caod]
Curzon & Curzon, 1970 7 communautés du district de Keewatin, T. N.-O. 3-5 ans
[50]
  9,85*
McPhail et al., 1972 District de Keewatin, T. N.-O.     5 ans [52] 79 % 7,92
Mayhall, 1975 Igloolik & Hall Beach, T. N.-O. 0-5 ans
1969 [186]
1973 [98]
 
2,85
7,05
Nutrition Canada, 1977 non rapporté [nr] 3 ans [8]
4-6 ans [24]
44,7
72,6
6,1 - d seulement
4,1 - 3,7 d +
0,3  CAOD
Curzon & Curzon, 1979 12 communautés de l'île de Baffin 3-5 ans
[nr]
  5,27
Albert et al., 1988 8 communautés du district de Keewatin, T. N.-O. 13-18 mois
18-24 mois
31-36 mois
49-54 mois
[total de 260]
20
55
65
80
 
MacDonald & MacMillan,
1988
District de Keewatin, T. N.-O. 5 ans
[nr]
  10,3 garçons
11,2 filles
Houde et al.,
1991
9 communautés relevant de l'Adminitration régionale Kativik au Québec 2-5 ans
[244]
72,2 8,91
Gagnon & Lambert, 1994 Patients des soins dentaires dans 2 communautés de l'Ungava 3-5 ans
[nr]
  8,03 [1986]

10,38 [1991]
Thompson et al.,
1994
District de Keewatin, T. N.-O. 3-5 ans
[77]
  8,12

nr = non rapporté
* = calculé à partir des données publiées

Tableau A1.2 - Données concernant les enfants
Auteur et année de publication Lieu de l'enquête Âge [n] Prévalence des caries [%] Indice de gravité moyen - caod ou CAOD
McPhail et al., 1972 District de Keewatin, T. N.-O. 6-7 ans  [155] 82 % 7,25 caod +
1,47 CAOD
Mayhall,
1975
Igloolik & Hall Beach, T. N.-O. 6-10 ans
1969   [76]
1973 [139]
nr
4,55 [1969]
7,05 [1973]
Nutrition Canada, 1977** nr 8-10 [23] 93,5 % 1,6 caod +
2,3 CAOD
Curzon & Curzon,
1979
12 communautés de l'île de Baffin 6-9 ans [590] nr 6,85 caod
1,88 CAOD
Messer,
1985
3 communautés du Labrador 7 ans
1969 [26]


1984 [28]
nr 1969
9,7 caod +
2,7 CAOD
1984
7,2 caod +
0,8 CAOD
Gagnon & Lambert,
1994
Patients des soins dentaires dans 2 communautés de l'Ungava 6-11 ans
[nr]
nr 2,3-10,7
[1986]
1,0-7,6
[1991]
Leake,
1992
17 communautés des T. N.-O.
84% des sujets étaient des Inuits

6 ans
[435]

95 %

8,2 caod +
0,7 CAOD
Thompson et al,
1994
District de Keewatin, T. N.-O. 6-8 ans
[68]
nr 9,47
Zammit et al.,
1994
2 communautés du Labrador 5-8 ans
[nr]
98 %* 9,29
caod + CAOD
Santé Canada, 2000 39 communautés des T. N.-O.
68% Inuit




22 communautés de l'enquête de 1992
73% étaient des Inuits

6 ans
[598 tbl 1]
404 Inuit

[598 enfants des T. N.-O.
tbl 23]

[402 des communautés de l'enquête de 1992]

94 % (tbl 6)


nr


nr

8,4 caod +
0,4 CAOD
(tbl 7)

8,4 caod +
0,4 CAOD
(tbl 26)

9,0 caod +
0,36 CAOD
Belanger, 2000 14 communautés du Nunavik (Qc)
96-98% parlent une langue autochtone
6-8 ans
[487]

11-12 ans
[264]
97,1 %


100 %
8,06 caod +
1,45 CAOD

2,18 caod +
5,30 CAOD

nr = non rapporté
* = calculé à partir des données publiées
** = données établies par 2 médecins

Tableau A1.3 - Données concernant les adolescents
Auteur et année de publication Lieu de l'enquête Âge [n] Prévalence d'au moins une dent cariée Indice de gravité moyen - CAOD
McPhail et al., 1972 District de Keewatin, T. N.-O. 12-13 ans
[92]
14-15
[40]
nr

nr
5,38

5,30
Nutrition Canada, 1977 nr 12-14 [22]
15   [6]
16-18 [15]
68,8 %
85,0 %
91,5 %
4,9
6,5
11,7
Messer,
1985
3 communautés du Labrador 12 ans
1969 [35]
1984 [36]

15 ans
1969 [17]
1984 [37]
nr
6,3  [1969]
4,5  [1984]

9,0  [1969]
7,7  [1984]
MacDonald & MacMillan,
1988
District de Keewatin, T. N.-O. 13 ans


15 ans
[946 âge 5-13]
nr 12,6 garçons
12,4 filles

13,8 garçons
16,0 filles
Gagnon et al., 1991 Patients des soins dentaires dans 7 communautés de l'Ungava 10-14 ans
[196]
nr 16,7 CAOS
Leake,
1992
17 communautés des T. N.-O.
83 % des sujets étaient des Inuits

12 ans
[341]

95 %

5,2
Gagnon & Lambert,
1994
Patients des soins dentaires dans 2 communautés de l'Ungava 12-17 ans
[nr]
nr 11,9 - 16,7 [1986]
9,2 - 14,6 [1991]
Thompson et al.,
1994
District de Keewatin, T. N.-O. 12-14 ans
[49]
nr 6,82
Zammit et al.,
1994
2 communautés du Labrador 12-14 ans
[nr]
95 %* 5,65
Santé Canada, 2000 39 communautés des T. N.‑O.
66 % étaient des Inuits


22 communautés de l'enquête de 1992; 70% étaient des Inuits
12 ans
[468 tbl 1]
310 Inuit

[468 enfants
tbl 23]

[326 des communautés de l'enquête de 1992]
86,7 %


nr


nr
3,6


3,6


3,7

nr = non rapporté
* = calculé à partie des données publiées

Tableau A1.4 - Données concernant les jeunes adultes
Auteur et année de publication Lieu et âge des sujets
[nombre]
Pourcentage de sujets édentés Sujets dentés
Nombre de sujets dentés Indicateur parodontal Moyenne de dents cariées
[CAOD %]
Moyenne de dents absentes
[CAOD %]
CAOD moyen
Mayhall, 1975* Igloolik & Hall Beach
21-40 ans
[151 en 1969]
[124 en 1973]
nr        
8,72
[1969]
11,2
[1973]
Nutrition Canada,
1977
Emplace
ment


20-29 [36]

30-39 [42]

0 a
0 o

0 a
8,3 o
nr Poches évidentes ou dents branlantes
21,3 a
55,0 o

72,4 a
41,9 o


2,2 a
4,0 o

4,9 a
4,8 o


3,7 a
3,1 o

6,6 a
10,7 o


7,1 a
7,9 o

12,9 a
16,6 o
Rea et al., 1993 et 1994 District de Keewatin
18-34 ans [217, 198 Inuit]
9,7 %:

15,2 % femmes;
3,8 % hommes
196 Profondeur moyenne de poche >3mm
0%
C/CO
73 %*
  20,3 CAOD pour les dentés

nr = non rapporté
* = calculé à partie des données publiées

Tableau A.1.5 - Données concernant les adultes et les personnes âgées
Auteur
[année]
Lieu
[n et âge des sujets]
Pourcentage de sujets édentés Sujets dentés
Nombre de sujets dentés État parodontal Moyenne de dents cariées
[CAOD %]
Moyenne de dents absentes[CAOD %] CAOD moyen
Mayhall, 1975 Igloolik & Hall Beach,
T. N.‑O.
[8 >60 ans]
  Hommes

8 [1969]

7 [1973]
      Hommes

17 [1969]

15
[1973]
Nutrition Canada,
1977
Endroit nr


40-49 ans [58]

50-59 ans [37]

60 ans + [33]


0 a
19,1 o

13,5 a
22,6 o

10,3 a
17,1 o


nr
Poches évidentes ou dents branlantes
53,3 a
69,2 o

70,5 a
55,7 o

60,5 a
77,2 o


4,3 [39 %]
7,8 [51 %]

8,6 [61 %]
4,1 [28 %]

4,2 [29 %]
9,3 [45 %]


5,7
7,2

5,6
10,4

10,2
11,5


10,8
15,3

14,1
14,9

14,5
20,8
Galan et al.,
1993
District de Keewatin
[54
> 60 ans]
35
79 % femmes
21 % hommes
35 49 % des sujets avaient un indice
CPITN = 4
2,8
[11 %*]
23
[88 %*]
26
Rea et al., 1993 District de Keewatin

35-54 ans [122, 103 Inuits]

55 ans +
[58, 57 Inuit]


30,3 %
41,4 % o
15,3 % a

43,1 %
60,0 % o
25,0 % a


87


33
Profondeur moyenne de poche
> 3mm
2 %


9 %
C/CO


52 %*


91 %*

nr


20,5


22,2

nr = non rapporté
* = calculé à partie des données publiées

Tableau A1.6 - Données sur l'hygiène buccodentaire et la gingivite
Auteur /année/
région
Groupe d'âge Prévalence (%) avec indice de débris > 0 Prévalence (%) avec indice de tartre > 0 Prévalence (%) avec indice de gingivite > 0
McPhail et al., 1972
Keewatin
6-15 ans
Inuits côtiers*
Inuits continentaux*

49,5
57,9

6,5
12,2

44,3
46,7
Leake, 1992 12 ans T. N.‑O.
83% Inuit
78 22 nr
Galan/1993/
Keewatin
60 ans + * 100 nr <33
Rea et al., 1993/1994 Keewatin
18-34 ans *
35-54 ans *
55 ans +*

nr

80
90
100

73
67
88
Leake,
1992
6 ans T. N.‑O.
12 ans T. N.‑O.
67
78
3*
22*
55*
56*
Santé Canada,
2000
6 ans T. N.‑O.
12 ans T. N.‑O.
nr
nr
2,5*
17,4*
52,5*
66,9*

nr = non rapporté
* = calculé à partie des données publiées

9.2 Annexe 2 Comparaison des résultats de l'ESBI avec ceux d'autres études

Tableau A2.1 Comparaison entre les cultures autochtone et dominante
Auteur, année pays, échantillon Âge
(nombre de sujets)
Prévalence de l'affection Indice de gravité moyen
Santé Canada, 2010 Canada
Inuits
MSB-ECMS

6-11 ans
(190)
(1070)
caod > 0

71,4 %
47,8 %

5,08 caod
1,99 caod
Jamieson et al., 2007 Australie
Autochtones
Non autochtones

4-10 ans
(10 517)
(317 525)
caod > 0

62,5 %
37,2 %

2,86 caod
1,40 caod
Endean et al.,
2004
S.O. de l'Australie
Enfants autochtones
Enfants australiens

5-6 ans
5-6 ans

nr
nr

3,20 caod
1,44 caod
Davies et al.,
1997 Territoire du Nord australien
Autochtones
Non autochtones
Nés outre-mer

12 ans
(407)
(696)
(82)
% avec CAOD > 0
(% avec CAOD > 3)

57,0  (25,9)
60,3  (12,4)
54,9  (6,2)

Rapporté sous forme graphique :
Plus élevé chez les enfants autochtones que chez les autres
Jones et al.,
1992 Alaska
Autochtones
Non autochtones

3-5 ans
(381)
(163)
caod > 0

80,5
46,8

4,88 caod
1,65 caod
IHS, 2002
Autochtones de l'Alaska

USDHHS, 2007

15-19 ans (216)

16-19 ans (3545)

88,5

67,5

6,63 CAOD

3,31 CAOD
Gouvernement de la Nouvelle-Zélande
2010
5 ans
(nr)
Prévalence des caries (%) à 5 ans
  Maori non-Maori
Avec fluor 60 36,3
Sans fluor 68 37,8
 
Tableau A2.2 Comparaison entre les Inuits du Canada et les patients dentaires autochtones de l'Alaska
Groupe d'âge et indice Inuits du Canada Patients autochtones de l'Alaska
Enfants d'âge préscolaire
3-5 ans
   
Pourcentage avec caries 85,3 79,7
caod  moyen 8,22 5,77
c/caod 49,4 % 65,3 %
     
Adolescents
12-19 ans Can; 15-19 ans Alaska
   
Pourcentage avec caries 96,7 91,1
CAOD 9,49 6,64
C/CAOD 38,1 % 47,3 %
     
Jeunes adultes
20-39 ans Can; 35-44 ans Alaska
   
Pourcentage d'édentés < 3 % 2,4
Dentés
CAOD moyen

15,1

16,6
Pourcentage avec CPITN ≥ 4 1,9 11,1
Pourcentage avec perte d'attache ≥ 4mm Can; ≥ 5mm Alaska
 

~ 5

37,4

9.3 Annexe 3 Dentistes examinateurs et coordonnateurs

Dentistes examinateurs de l'ESBI

  • Dr Harry Ames (2 emplacements)
  • Dr Robert Bowes (1 emplacement)
  • Dr Gregory Jones (2 emplacements)
  • Dr Hal Leitch (1 emplacement)
  • Dr Barry Maze (1 emplacement)
  • Dr Mary McNally (2 emplacements)
  • Dr Steve Patterson (1 emplacement)
  • Dr James Rogers (2 emplacements)

Coordinateurs locaux de l'ESBI

  • Mei Chow (1 emplacement)
  • Lisette Dufour (3 emplacements)
  • Valerie Malazdrewicz (2 emplacements)
  • Amanda Williams (1 emplacement)

9.4 Annexe 4 Définitions des variables et caractéristiques choisies

Sexe : Sujets de sexe masculin ou de sexe féminin

Groupe d'âge : Les groupes ont été formés d'après le plan d'échantillonnage de l'ECMS : 3-5 ans; 6-11 ans; 12-19 ans; 20-39 ans; 40 ans et plus. L'âge a été consigné lors de la réponse au questionnaire d'interview et lors de l'examen à la clinique. Pour les besoins du présent rapport, l'âge des répondants correspond à l'âge enregistré au moment de l'examen clinique, sauf dans le cas des personnes qui ont eu 80 ans entre la date de l'interview et celle de l'examen.

Consultation d'un professionnel de la santé dentaire au cours de l'année précédente :

  • Consultation au cours de la dernière année
    • La personne a répondu 1 (il y a moins d'un an) à la question demandant au participant à quand remonte sa dernière visite à un professionnel de la santé dentaire (OHM_Q34).
  • Consultation il y a plus d'un an
    • La personne a répondu 2-6 à la question OHM_Q34.

État dentaire : denté ou édenté

  • Personne dentée
    • État dentaire du répondant : 1-3 à la question OHE_N11 (denté aux deux arcades, à l'arcade supérieure seulement ou à l'arcade inférieure seulement)
  • Personne édentée
    • État dentaire du répondant : 4-5 à la question OHE_N11 (édenté avec un ou plusieurs implants et édenté)

Tableaux (généralités) :

  • Les fréquences sont toujours définies en fonction des réponses.
  • Les répondants pour lesquels il manque des valeurs (ne sais pas, refus, ne s'applique pas) sont placés dans la catégorie des données manquantes (ils ne sont donc pas inclus dans le calcul des proportions).
  • Tableaux concernant les enfants de 3 à 5 ans ou de 6 à 11 ans et les adolescents de 12 à 19 ans : il n'est pas nécessaire de préciser que les répondants sont dentés, car aucun répondant n'était édenté.

Tableaux (points particuliers) :

Tableau 1

  • Fréquences des variables démographiques obtenues par la méthode du bootstrap

Tableau 2

  • Proportion de répondants déclarant avoir une santé buccodentaire passable ou mauvaise : (personnes qui ont répondu 4 [passable] ou 5 [mauvaise] à la question OHM_Q11 - santé buccodentaire évaluée par le répondant)

Tableau 3

  • Proportion de personnes déclarant éviter certains aliments : (personnes qui ont répondu 1 [souvent] ou 2 [parfois] à la question OHM_Q22 - À quelle fréquence avez-vous évité de consommer des aliments spécifiques à cause de problèmes dans votre bouche?)

Tableau 4

  • Proportion de personnes déclarant ressentir des douleurs persistantes : (personnes qui ont répondu 1 [souvent] ou 2 [parfois] à la question OHM_Q23 - Au cours des 12 derniers mois, à quelle fréquence avez-vous eu toutes autres douleurs persistantes ou continuelles dans votre bouche?)

Tableau 5

  • Proportion de personnes déclarant avoir perdu des heures d'école, de travail ou d'activités habituelles : (personnes qui ont répondu 1 [oui] à la question OHM_Q24 - Vous êtes-vous absenté du travail ou de l'école pour des examens ou traitements dentaires [...]?)

Tableau 6

  • Pourcentage de personnes déclarant avoir consulté un professionnel de la santé dentaire au cours de la dernière année (peu importe la raison) : (personnes qui ont répondu 1 [il y a moins d'un an] à la question OHM_Q34 - Quand avez-vous vu un professionnel des soins dentaires la dernière fois?)

Tableau 7

  • Pourcentage de personnes déclarant consulter un professionnel de la santé dentaire plus d'une fois par année pour des examens ou un traitement : (personnes qui ont répondu 1 [plus d'une fois par année] ou 2 [environ une fois par année] à la question OHM_Q33 sur la fréquence des consultations des professionnels des soins dentaires)

Tableau 8

  • Pourcentage de personnes qui se brossent les dents au moins 2 fois par jour : (selon les réponses données aux questions OHM_Q31 et OHM_N31; personnes qui ont répondu 2 fois ou plus à la question sur la fréquence de brossage des dents et 1 [par jour] pour la période déclarante OU personnes qui ont répondu 14 fois ou plus à la question sur la fréquence de brossage des dents et 2 [par semaine] pour la période déclarante)
  • Personnes dentées seulement

Tableau 9

  • Pourcentage de personnes qui utilisent la soie dentaire au moins 5 fois par semaine : (selon les réponses données aux questions OHM_Q32 et OHM_N32; personnes qui ont répondu 1 fois ou plus à la question sur la fréquence de l'utilisation de la soie dentaire et 1 [par jour] pour la période déclarante OU personnes qui ont répondu 5 fois et plus à la question sur la fréquence de l'utilisation de la soie dentaire et 2 [par semaine] pour la période déclarante; les répondants dont la réponse est 6 [ensemble complet de dentiers] sont classés dans la catégorie des valeurs manquantes)
  • Personnes dentées seulement

Tableau 10

  • Enfants de 3 à 5 ans
  • Prévalence et gravité de la carie dentaire touchant les dents temporaires : (selon les codes OHE_N41 pour les dents temporaires : 51-55, 61-65, 71-75, 81-85)
  • Cariées : codes 7-10; absentes : codes 5 + 19; obturées : codes 12-17
  • caod - somme des dents énumérées ci-dessus

Tableau 11

  • Enfants de 6 à 11 ans
  • Prévalence et gravité de la carie dentaire touchant les dents temporaires : (selon les codes OHE_N41 pour les dents temporaires : 51-55, 61-65, 71-75, 81-85)
  • Cariées : codes 7-10; absentes : codes 5 + 19; obturées : codes 12-17
  • caod - somme des dents énumérées ci-dessus

Tableau 12

  • Enfants de 6 à 11 ans
  • Prévalence et gravité de la carie dentaire touchant les dents permanentes : (selon les codes OHE_N41 pour les couronnes des dents permanentes : 11-17, 21-27, 31-37, 41-47)
  • Cariées : codes 7-10; absentes : codes 5 + 19; obturées : codes 12-17
  • CAOD - somme des dents énumérées ci-dessus

Tableau 13

  • Enfants de 6 à 11 ans
  • Prévalence et gravité de la carie dentaire touchant les dents temporaires et permanentes : (selon les codes OHE_N41 pour les dents temporaires et les couronnes des dents permanentes : 51-55, 61-65, 71-75, 81-85, 11-17, 21-27, 31-37, 41 47)
  • Cariées : codes 7-10; absentes : codes 5 + 19; obturées : codes 12-17; sommes calculées à partir des tableaux 1 et 2
  • CAOD - somme des dents énumérées ci-dessus

Tableau 14

  • Adolescents de 12 à 19 ans
  • Prévalence et gravité des caries dentaires touchant les dents permanentes : (selon les codes OHE_N41 pour les couronnes des dents permanentes) : 11-17, 21-27, 31-37, 41‑47)
  • Cariées : codes 7-10; absentes : codes 5 + 19; obturées : codes 12-17
  • CAOD - sommes des dents énumérées ci-dessus
  • Comme au tableau 12, mais groupe d'âge différent

Tableau 15

  • Adultes de 20 ans et plus
  • La colonne du pourcentage de personnes édentées englobe les répondants classés comme édentés ayant un ou plusieurs implants (OHE_N11 = 4 + 5)
  • Les colonnes des personnes dentées seulement englobent les sujets dont le code est OHE_N11 = 1-3
  • Nombre de dents calculé à partir des codes OHE_N41 pour les couronnes de dents permanentes; (dents 11-17, 21-27, 31-37, 41-47) codes = 1, 2, 7-10, 12-18, 20, 21

Tableau 16

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Prévalence et gravité des caries coronaires touchant les dents permanentes : (selon les codes OHE_N41 pour les couronnes des dents permanentes; 11-17, 21-27, 31-37, 41-47)
  • Cariées : codes 7-10; absentes : codes 5 + 19; obturées : codes 12-17
  • CAOD - sommes des codes énumérés ci-dessus
  • Comme aux tableaux 15 et 21, mais groupe d'âge différent

Tableau 17

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Pourcentage de dents cariées, absentes ou obturées : (selon les codes OHE_N41 pour les couronnes des dents permanentes)
  • Proportion de dents calculée comme un rapport des sommes pondérées (C/CAOD, etc.)
  • Sommes calculées à partir du tableau précédent
  • Comme au tableau 18, mais groupe d'âge différent

Tableau 18

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Prévalence des caries non traitées : (selon les codes OHE_N41 pour les couronnes et les racines des dents permanentes : 11-17, 21-27, 31-37, 41-47)
  • Caries coronaires non traitées : codes 7-10; caries radiculaires non traitées : codes 7 + 11

Tableau 19

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Prévalence et gravité des caries radiculaires : (selon les codes OHE_N41 pour les racines des dents permanentes : 11-17, 21-27, 31-37, 41-47)
  • CRO : codes 7, 11-17; carie radiculaire : codes 7 + 11; obturée : codes 12-17

Tableau 20

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Débris : (selon les codes OHE_32D1-D6; on a soustrait 1 du score dans le cas de l'échelle de 0 à 4; les personnes ayant le code 5 avaient des dents manquantes et ont été inscrites dans la catégorie « manquantes »)
  • Tartre : (selon les codes OHE_32C1-C6; on a soustrait 1 du score dans le cas de l'échelle de 0 à 4; les personnes ayant le code 5 [débris] avaient des dents manquantes et ont été inscrites dans la catégorie « manquantes »)
  • Indice le plus élevé pour chaque emplacement

Tableau 21

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Gingivite : (selon les codes OHE_31D1-D6; on a soustrait 1 du score dans le cas de l'échelle de 0 à 4; les personnes ayant le code 5 avaient des dents manquantes et ont été inscrites dans la catégorie « manquantes »)
  • Indice le plus élevé pour chaque emplacement

Tableau 22

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Poches parodontales : (selon les codes OHE_32P1-P6)
  • Mesure la plus élevée pour chaque emplacement

Tableau 23

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Perte d'attache : (selon les codes OHE_32R1-R6)
  • Mesure la plus élevée pour chaque emplacement

Tableau 24

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3); adultes de 20 ans et plus
  • Indice communautaire des besoins en traitements parodontaux (CPITN) : (selon les codes OHE_32)
  • Indice le plus élevé pour chaque emplacement
  • CPITN = 4 : poche parodontale d'une profondeur > 5 mm
  • CPITN = 3 : poche parodontale d'une profondeur de 4-5 mm
  • CPITN = 2 : indice de tartre > 0 (après avoir soustrait 1 du résultat)
  • CPITN = 1 : indice de gingivite > 0 (après avoir soustrait 1 du résultat)
  • Mutuellement exclusifs

Tableau 25

  • Personnes dentées seulement (OHE_N11 = 1-3);
  • Proportion de personnes ayant besoin de soins
  • Urgents : si OUI à OHE_N61-OHE_N68
  • Chirurgie : OHE_N53 = 5
  • Endodontie : OHE_N53 = 8
  • Restaurations : OHE_N53 = 3
  • Prosthodontie : OHE_N51 = 2-6 ou OHE_N52 = 2-6
  • Parodontie : OHE_N53 = 6
  • Orthodontie : OHE_N53 = 9
  • Divers : OHE_N53 = 4, 7, 10, 11
  • Aucun traitement requis : OHE_N53 = 1
  • Mutuellement exclusifs