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La santé buccodentaire touche tout le monde. Une bonne santé buccodentaire fait partie intégrante d'un mode de vie sain, car elle a une incidence sur notre façon de manger et de parler. De plus, un sourire en santé favorise la confiance en soi dans nos rapports avec les autres.
Les maladies buccodentaires (maladies des dents et des gencives) peuvent causer de la douleur et de l'infection, qui peuvent elles-mêmes affecter notre capacité de fonctionner comme membre à part entière de la communauté. Par exemple, si un enfant doit s'absenter de l'école, ou si des parents ne sont pas capables d'obtenir un emploi à cause de leur état de santé buccodentaire, cela peut avoir des conséquences économiques et sociales sur la vie de toute la famille. Dans les cas extrêmes, les maladies buccodentaires peuvent causer des incapacités graves ou même la mort, et certaines peuvent être à l'origine du cancer de la bouche.
Bien que les affections buccodentaires soient considérées comme importantes en soi, on se préoccupe de plus en plus de leur lien avec l'incidence et la gravité de certaines autres maladies. En effet, une mauvaise santé buccodentaire peut avoir des effets sur des maladies telles que le diabète et les maladies respiratoires, ainsi que sur la santé cardiovasculaire.
Pour toutes ces raisons, il importe que les Inuits, de même que les décideurs professionnels, soient informés de l'ampleur et de la gravité des affections buccodentaires dans l'Inuit Nunangat.
Ce rapport n'aurait pu voir le jour sans l'aide de plusieurs personnes et organisations. J'aimerais prendre un moment pour souligner la contribution de tous ceux qui ont donné de leur temps, apporté leur aide et mis à profit leur expérience dans le cadre de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits et les en remercier.
J'aimerais d'abord souligner l'immense soutien offert par les organismes inuits. Le Comité inuit national de la santé (CINS), relevant de l'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), a contribué à la formulation des questions pour les interviews, localisé les bénéficiaires des accords de contribution pour pouvoir recruter le personnel chargé de l'enquête dans les communautés et mis son soutien et son expertise à contribution pour rédiger le formulaire de consentement des participants, la brochure d'information et l'affiche.
Je remercie spécialement les divers comités d'éthique comme ceux de Santé Canada, de l'Institut de recherche Aurora, de l'Institut de recherche du Nunavut et du ministère de la Santé et du Développement social du Nunatsiavut, qui ont veillé au respect de la confidentialité et de la protection de la vie privée des participants à l'enquête.
L'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits est un prolongement du module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé. J'adresse donc aussi mes remerciements aux membres du Comité directeur de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé qui ont contribué à l'élaboration des outils d'enquête et du guide d'examen.
Cette enquête n'aurait pu être menée sans les efforts dévoués de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada, qui a permis aux dentistes régionaux de participer à l'enquête comme dentistes examinateurs.
Nous sommes également reconnaissants au Dr Harry Ames, qui a permis aux dentistes examinateurs d'étalonner leur méthodologie en fonction des normes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et a analysé les données recueillies durant l'enquête avec l'assistance de Mme Suzelle Giroux de Statistique Canada.
J'adresse un merci particulier à tout le personnel de Santé Canada qui a contribué au rapport, au Dr James Leake pour sa contribution majeure au rapport final et au Dr Roger Bélanger, dentiste-conseil en santé publique à la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik.
J'ai une reconnaissance spéciale envers mon personnel au Bureau du dentiste en chef, et en particulier envers Valerie Malazdrewicz, Lisette Dufour et Amanda Gillis.
En terminant, j'aimerais remercier tous ceux qui ont pris part aux séances d'étalonnage et exprimer une profonde reconnaissance aux communautés participantes ainsi qu'aux 1 216 Inuits qui ont participé à l'enquête; sans vous, rien de cela n'aurait été possible.
Cordialement,
Dr Peter Cooney, BDS, LDM, DDPH, MSc, FRCD(C)
Dentiste en chef, Santé Canada
Le présent rapport fait état des résultats de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits, 2008-2009. Cette enquête a été menée par le Bureau du dentiste en chef du Canada en concertation avec l'Inuit Tapiriit Kanatami, le ministère de la Santé et du Développement social du gouvernement du Nunatsiavut (Terre-Neuve-et-Labrador), Nunavut Tunngavik Incorporated (Nunavut) et l'Inuvialuit Regional Corporation (Territoires du Nord-Ouest).
L'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits présente, pour la période 2008-2009, des estimations de l'incidence de la carie dentaire et des maladies des gencives dans l'ensemble des régions de l'Arctique canadien, à l'exception du Nunavik. Bien que la région du Nunavik a choisie de ne pas participer à l'enquête, il est important de mentionner que celle-ci appuie les résultats de l'enquête sur la santé buccodentaire des Inuits 2008-2009. En suivant les normes et la méthodologie du module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (MSB-ECMS), des dentistes formés ont examiné 1 216 Inuits âgés de 3 à plus de 40 ans.
En comparaison des Canadiens étudiés lors de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, qui vivaient au sud du 60e parallèle, davantage d'Inuits ont affirmé avoir une mauvaise santé buccodentaire. De même, les fréquences auxquelles ils ont dit éviter certains aliments ou ressentir une douleur buccodentaire sont supérieures. La moitié des répondants inuits ont déclaré consulter un professionnel de la santé dentaire. Très peu d'entre eux ont indiqué que les coûts avaient une incidence sur leur décision de consulter un professionnel ou d'accepter le traitement recommandé.
Selon les résultats de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits, la prévalence des caries coronaires est très élevée. Plus de 85 % des enfants d'âge préscolaire ont déjà eu des caries, en moyenne sur 8,22 dents primaires (dents de bébé). Chez les adolescents inuits participants, ce pourcentage est de 97,7 %. Tous les adultes du groupe le plus âgé ont déjà été atteints par la maladie.
Le nombre de dents permanentes cariées, absentes ou obturées (indice CAOD) augmente avec l'âge, passant de 2 chez les 6 à 11 ans à 9,5 chez les adolescents puis à 15 chez les 20 à 39 ans, pour finalement dépasser 19 chez les adultes les plus âgés. La prévalence et le nombre moyen de dents cariées, absentes ou obturées sont de beaucoup supérieurs à ce qui est observé chez les populations du Sud du Canada.
En outre, les résultats de l'enquête révèlent que, dans bien des cas, la maladie n'est pas traitée. Ainsi, la proportion de dents cariées qui étaient encore cariées au moment de l'enquête, chez les adolescents et les jeunes adultes, est respectivement de 38,1 % et de 16,7 %, comparativement à 14,9 % et à 12,6 % chez les Canadiens vivant dans le Sud du pays. Par ailleurs, on a plus souvent recours à l'extraction pour traiter la carie chez les Inuits. Chez les adolescents inuits, pour 100 dents obturées, on observe une moyenne de 20,3 dents extraites. Selon le module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (MSB-ECMS), on compte 1,0 dent extraite pour 100 dents obturées chez les adolescents dans la population générale du Canada.
Par rapport aux observations du MSB-ECMS, les caries radiculaires sont également plus fréquentes et moins souvent traitées chez les Inuits. En revanche, la prévalence et la gravité des parodontopathies, mesurées au moyen de l'Indice communautaire des besoins en traitements parodontaux (ICBTP), semblent moins élevées chez les Inuits que chez les populations étudiées par le MSB-ECMS et les patients autochtones de l'Alaska.
Les extractions étant plus répandues chez les Inuits, ainsi que l'indiquent les résultats de l'enquête, l'édentulisme (aucune dent naturelle restante) est aussi plus fréquent dans le groupe inuit le plus âgé (21,3 %) que dans la population du Sud (de 4,4 % à 21,7 %). Une recherche antérieure effectuée dans la région de Keewatin donne à penser que le taux d'édentulisme a diminué chez les adultes inuits. Le taux d'édentulisme mesuré chez les Inuits de 40 ans et plus (21,3 %) constitue une amélioration manifeste par rapport aux taux calculés par Galan et coll. (1993) et Rea et coll. (1993) lors d'études portant uniquement sur la région de Keewatin.
La conclusion que les Inuits sont davantage touchés que leurs concitoyens du Sud par les maladies buccodentaires (à l'exception des parodontopathies) est cohérente avec les études internationales, selon lesquelles l'état de santé buccodentaire des Autochtones est moins bon que celui des personnes appartenant à la culture dominante de leur pays.
La prévalence et la gravité des caries dentaires ont diminué chez les enfants de six ans. La proportion de dents cariées traitées avec succès chez ce même groupe d'âge est passée de 20 %, tel que rapporté en 1992, à 55 % lors de la présente enquête.
Néanmoins, même en employant davantage de ressources, les problèmes de santé buccodentaire ne peuvent être complètement éradiqués par des traitements. L'approche la plus prometteuse consisterait à renforcer les mesures communautaires de prévention primaire, en les accompagnant d'un dépistage précoce et de soins de base fournis promptement. Cependant, ces deux stratégies ne peuvent porter fruits à elles seules. Pour maximiser l'effet des efforts préventifs en matière de santé buccodentaire, il est essentiel de contrer les risques pour la santé mis en évidence lors d'études antérieures, comme le taux élevé de tabagisme, les logements surpeuplés et l'insécurité alimentaire.
Les données obtenues dans le cadre de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits montrent ce qui suit :
Voici un aperçu des résultats de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits en ce qui concerne la carie :
Grâce à l'information recueillie sur la santé de la bouche, des dents et des gencives, la présente enquête contribuera à :
L'enquête a été réalisée dans six sites de différentes régions nordiques du pays. Les interviews et les examens se sont échelonnés sur une période de huit mois, de novembre 2008 à juin 2009. Les équipes chargées de l'enquête ont passé environ deux semaines dans chaque communauté.
Le personnel de Santé Canada a formé les intervieweurs et les enregistreurs de chaque communauté participante pour faciliter le déroulement des interviews et des examens de l'ESBI.
Les examens buccodentaires cliniques ont été effectués par des dentistes formés spécialement à cette fin, selon les mêmes normes que celles qui ont été utilisées auprès des autres Canadiens par le module sur la santé buccodentaire de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé.
Même si la carie est évitable, elle demeure la maladie chronique la plus répandue chez la population inuite.
La carie dentaire est une maladie qui touche les dents. Elle commence par s'attaquer à la couche protectrice de la dent, c'est-à-dire l'émail, puis entraîne la formation d'un trou. Une carie non traitée peut s'aggraver et, en plus de provoquer de la douleur, causer la perte de la dent.
L'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits a permis de recueillir de l'information sur la carie de deux façons.
D'abord, de l'information a été recueillie sur le nombre moyen de dents de bébé (ou primaires) cariées (c), absentes (a) ou obturées (o). On parle alors de l'indice caod*. L'indice caod est un indicateur de la gravité de la maladie. Par exemple, un indice de 7 signifie que sept dents sont soit cariées, absentes ou obturées chez une même personne.
Ensuite, l'enquête visait à connaître le pourcentage d'Inuits dont l'indice caod est d'au moins 1. Un indice supérieur à 1 indique la présence actuelle ou antérieure d'une carie active.
*NOTE : L'abréviation caod (en lettres minuscules) désigne les dents de bébé, et l'abréviation CAOD (en lettres majuscules) désigne les dents d'adulte.
Jeunes enfants de 3 à 5 ans
La dentition des enfants de 3 à 5 ans est composée uniquement de dents de bébé. Par conséquent, l'indice de carie est présenté sous la forme caod (lettres minuscules).
Enfants de 6 à 11 ans
Les enfants de 6 à 11 ans ont une dentition mixte composée de dents de bébé et de dents d'adulte. Par conséquent, l'indice caod a été calculé pour les dents de bébé et l'indice CAOD a été calculé pour les dents d'adulte, puis l'indice combiné (caod + CAOD) a été déterminé.
Dents de bébé
Dents permanentes (ou d'adulte)
Dents primaires et permanentes combinées
Adolescents de 12 à 19 ans
Le nombre de dents cariées, absentes ou obturées (indice CAOD) chez un adolescent est calculé à partir des dents permanentes. L'enquête a révélé ceci :
(perte complète de toutes les dents naturelles)
Le taux d'édentulisme chez les Inuits correspond au pourcentage des personnes qui n'ont plus de dents naturelles pour les trois régions inuites représentées dans le cadre de la présente enquête. Les personnes qui n'ont plus de dents naturelles les ont généralement perdues après avoir eu un important nombre de caries ou en raison d'une grave maladie des gencives.
Le fait de ne plus avoir de dents naturelles peut causer des problèmes d'alimentation et avoir une incidence sur l'apport en nutriments de la personne. L'édentulisme peut également affecter l'élocution.
L'enquête a révélé que :
La carie dentaire chez l'adulte
Les adultes de 20 ans et plus peuvent développer deux types de carie.
Le premier est la carie coronaire. Cette carie peut se former partout sur la dent, sauf sur la racine.
Le second type de carie que les adultes peuvent développer est la carie radiculaire. Celle-ci se loge le long de la racine (ou sur la partie de la dent qui est en général cachée par la gencive) d'une dent. Ce type de carie est difficile à détecter et peut aussi être plus difficile à traiter.
Adultes de 40 ans et plus
Caries coronaires et radiculaires non traitées
(parodontopathies)
Le terme parodontal se rapporte aux structures qui entourent les dents et qui les maintiennent en place, par exemple la gencive, l'os et le tissu qui relie la dent à l'os (le ligament parodontal). La maladie peut s'attaquer aux structures parodontales et, de ce fait, avoir une incidence sur la santé des dents touchées et les tissus environnants. L'information recueillie dans le cadre de l'enquête concerne notamment les débris, le tartre, la gingivite, la profondeur de la poche parodontale et la perte d'attache.
Débris et tartre
Les débris sont les dépôts mous de couleur crème ou les taches qui peuvent se former sur les dents.
Le tartre est le dépôt dur qui peut se former sur les dents.
Ces deux types de dépôt peuvent être prévenus grâce au brossage des dents ou à l'utilisation de la soie dentaire, mais le tartre peut seulement être retiré par des professionnels des soins buccodentaires. Les débris et le tartre ne sont pas des signes de maladie, mais ils peuvent augmenter les risques de gingivite.
Gingivite
La gingivite est une forme de maladie des gencives réversible, qui consiste en une inflammation du tissu gingival. La gingivite est causée par l'accumulation de plaque sur les dents. Les bactéries qui forment la plaque produisent des substances qui peuvent irriter les gencives.
La perte d'attache est la mesure de l'espace (en millimètres) entre le tissu gingival et la dent, à l'endroit où l'émail de la dent rejoint la racine, au bas de la poche. La perte d'attache est considérée comme le véritable révélateur des effets de la maladie sur les structures parodontales.
Les personnes qui présentent une perte d'attache de 3 mm ou moins sont considérées comme étant en santé.
Une perte d'attache de 4 ou 5 mm est associée à la présence actuelle ou antérieure d'une parodontopathie modérée.
Une perte d'attache de 5 mm ou plus peut nuire à la capacité de mastiquer.
Une perte d'attache de 6 mm ou plus est associée à la présence actuelle ou antérieure d'une parodontopathie grave.
Les personnes qui présentent une perte d'attache de 6 mm ou plus sont considérées comme étant à risque de perdre des dents.
L'âge est un facteur important lorsqu'il est question de perte d'attache. Par exemple, une personne de 70 ans qui présenterait une perte d'attache de 4 mm pourrait être considérée comme ayant bien vieilli, tandis qu'un jeune de 20 ans qui obtiendrait les mêmes résultats semblerait davantage à risque de perdre des dents.
Il est important de signaler que la perte d'attache n'est généralement pas réversible, mais que, le plus souvent, elle peut être prévenue par de bonnes habitudes d'hygiène buccale (à savoir se brosser les dents, utiliser la soie dentaire, consulter un professionnel des soins dentaires et éviter le tabac).
Les lésions buccales englobent les plaies ouvertes, les masses, les bosses ou les taches rouges ou blanches présentes dans la bouche. Ces lésions peuvent se former sur les lèvres, la langue, les joues ou les gencives. Certaines lésions buccales sont bénignes, tandis que d'autres indiquent un problème de santé plus grave. Il est important de faire examiner toute lésion buccale par un professionnel des soins buccodentaires.
Le brossage des dents deux fois par jour et l'utilisation de la soie dentaire une fois par jour sont deux des principales mesures à prendre pour maintenir une bonne santé buccodentaire.
Les résultats de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits indiquent que :
Les scellants sont un enduit de plastique clair ou teinté que l'on applique sur les surfaces de mastication des molaires permanentes (dents postérieures). Les scellants servent de barrière et empêchent la nourriture de rester coincée dans les puits et fissures des dents, évitant ainsi la formation de caries à cet endroit. Les scellants peuvent être appliqués par un professionnel des soins buccodentaires dès que les dents ont fait leur éruption.
L'utilisation de scellants était trop faible pour être signalée.
À la fin de l'examen dentaire, les dentistes examinateurs ont indiqué si la personne avait besoin de soins et, le cas échéant, le type de soins dont elle avait besoin. L'urgence des soins a également été précisée (p. ex., soins devant être obtenus au cours de la semaine).
À partir des examens et de l'évaluation effectués par les dentistes examinateurs, on a dressé une liste des traitements en fonction de leur priorité. Les soins les plus urgents comprennent, par exemple, la douleur intense et les affections potentiellement mortelles, comme une infection grave ou un cancer de la bouche soupçonné. Les soins les moins prioritaires sont notamment le besoin d'un plombage ou l'amélioration du régime d'hygiène buccodentaire. Ces derniers peuvent être offerts sur une plus longue période.
Plus précisément, la liste des priorités comprend les soins suivants : besoins urgents; chirurgie; traitement de canal; plombage; couronne et pont; traitement des gencives; appareils orthodontiques; ensemble de services visant notamment à corriger des problèmes de mâchoire, des problèmes d'ordre esthétique ou des problèmes liés aux tissus mous.
La liste se termine par les répondants qui n'ont pas besoin de soins dentaires.
Certains patients présentent plusieurs besoins nécessitant des soins, dont l'urgence varie.

De tous les besoins identifiés, la moitié concernait des plombages (soins de restauration), le quart concernait des services chirurgicaux et le dernier quart concernait d'autres services tels que des prothèses, un traitement des gencives, un traitement de canal, etc.
Les résultats de l'Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits indiquent que la carie dentaire, une maladie chronique évitable, touche de 2 à 3 fois plus la population inuite que les autres Canadiens.
| INDICATEUR | Enquête canadienne sur les mesures de la santé 2007-2009 | Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits 2008-2009 |
|---|---|---|
| A visité un professionnel de la santé buccodentaire au cours de l'année précédente | 74 % | 50 % |
| Pourcentage d'enfants de 6 à 11 ans ayant ou ayant déjà eu au moins une carie (indice caod/CAOD) | 57 % | 93 % |
| Nombre moyen de dents cariées, absentes ou obturées (indice caod/CAOD) chez les enfants (de 6 à 11 ans) | 2,48 | 7,08 |
| Pourcentage d'adolescents (de 12 à 19 ans) ayant ou ayant déjà eu au moins une carie (indice CAOD) | 58,8 % | 96,7 % |
| Nombre moyen de dents cariées, absentes ou obturées (indice CAOD) chez les adolescents (de 12 à 19 ans) | 2,49 | 9,49 |
| Pourcentage d'adultes (dentés) ayant ou ayant déjà eu au moins une carie | 95,9 % | 99,4 % |
| Nombre moyen de dents cariées, absentes ou obturées (indice CAOD) chez les adultes dentés | 10,7 | 16,7 |
| Pourcentage d'adultes ayant au moins une dent touchée par une carie radiculaire ou obturée | 20,3 % | 44,3 % |
| Édentulisme : Pourcentage d'adultes ayant perdu toutes leurs dents | 6,4 % | 9,7 % |
Le taux d'édentulisme chez les adultes inuits de 40 ans et plus a diminué, ce qui représente une amélioration par rapport aux valeurs mesurées en 1993.
Les résultats peuvent être comparés avec ceux de l'enquête menée en 1990-1991 auprès des enfants autochtones du Canada, à l'aide des valeurs mesurées dans les Territoires du Nord-Ouest. À cette époque, le Nunavut faisait partie des Territoires du Nord-Ouest, et 84 % des enfants de 6 ans qui ont été examinés étaient Inuits. L'enquête de 1990-1991 montre que 95 % des enfants de 6 ans avaient un indice caod+CAOD supérieur à un, contre 86 % des enfants examinés par la présente enquête. Le nombre moyen de dents touchées est également inférieur : de 8,9 en 1990-1991, il est passé à 8,3 en 2009. En 2009, 4,5 dents (ou 55 % des dents touchées) avaient été traitées avec succès, comparativement à 1,8 dent (ou 20 % des dents touchées) en 1990-1991.
| INDICATEUR | Enquête sur la santé buccodentaire des Premières nations et des Inuits, 1990-1991 | Enquête sur la santé buccodentaire des Inuits, 2008-2009 |
|---|---|---|
| Pourcentage d'enfants de 6 ans ayant ou ayant déjà eu au moins une carie (indice caod/CAOD) | 95 % | 86 % |
| Nombre de dents cariées chez les enfants de 6 ans seulement | 8,9 | 8,3 |
| Nombre de caries obturées chez les enfants de 6 ans seulement | 1,8 | 4,5 |
Les programmes de prévention sont efficaces, mais il reste du travail à faire au chapitre des mesures communautaires de prévention, de la détection précoce et de la prestation rapide des soins de base, qui apparaissent comme les moyens les plus efficaces pour obtenir des résultats probants. Cependant, de telles stratégies ne suffisent pas. Les risques pour la santé qui sont liés à l'usage du tabac, au surpeuplement et à l'insécurité alimentaire doivent être mitigés pour que les efforts de prévention en santé buccodentaire soient pleinement efficaces.