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Santé des Premières nations, des Inuits et des Autochtones

Savoir et AGIR : la prévention du suicide chez les jeunes des Premières nations

Recommandations

  • À court terme, le Comité recommande  :

    • Que la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada, de concert avec l'APN, étudie et réévalue le mandat du programme de Services de santé non assurés (SSNA), tel qu'il a été proposé dans la directive provisoire de programme pour les services de santé mentale de mars 1994, afin d'établir à quel degré ce programme répond aux besoins des collectivités en crise.

    • Que soient augmentés les budgets affectés aux services de santé mentale par le SSNA et que soit prévu un budget pour les praticiens de médecine traditionnelle. De plus, que les bureaux régionaux de la DGSPNI encouragent une plus grande latitude et une interprétation plus large du mandat du SSNA relatif aux services de santé mentale afin d'élargir l'accès à ces services dans les réserves de toutes les régions.

    • Qu'un projet pilote établi à l'aide des « Lignes directrices d'évaluation des collectivités en crise » soit effectué (voir à l'annexe F une ébauche de ces lignes directrices) afin de faire participer les collectivités dans un processus pouvant dépister les conditions préalables et évaluer leur degré de risque relatif aux suicides.

    • Que Santé Canada affecte des ressources à l'élaboration de documents éducatifs pertinents et adaptés aux différences culturelles (p. ex., vidéos, affiches, dépliants). Ces documents devraient autant traiter de questions comme la recherche d'aide en cas de crise ou de dépression que promouvoir le bien-être et la santé mentale.

  • À moyen terme, le Comité recommande  :

    • Que Santé Canada lance et soutienne la création d'une stratégie nationale complète sur la santé mentale des Premières nations (notamment le mandat, les politiques et les programmes) qui intégrerait des perspectives holistiques dans le but de faire face au suicide, aux troubles mentaux et aux autres graves problèmes mentaux, physiques, affectifs et spirituels qui sévissent dans les collectivités des Premières nations.

    • Que soient réévaluées les méthodes actuelles d'allocation budgétaire (p. ex., par proposition ou par habitant) afin d'assurer que les ressources affectées aux services de santé mentale pour les collectivités des Premières nations le soient selon des besoins réels tels qu'établis par un processus d'évaluation normalisé. Une évaluation du programme fondée sur les résultats attendus par les clients et les collectivités servira de base pour les décisions sur l'affectation des budgets suivants.

    • Qu'avec l'aide d'experts-conseils cliniques, la DGSPNI étudie et évalue les tendances d'utilisation des médicaments psychotropes par rapport aux dépenses actuelles. Cette évaluation pourra établir si les antidépresseurs et autres médicaments sont utilisés de façon appropriée et s'il vaudrait mieux réaffecter une certaine tranche du budget de la DGSPNI à des interventions non pharmacologiques.

    • Que soient formés en gestion des cas, en techniques de réunion des intéressés et en d'autres modèles à l'appui des services intégrés aux clients et de la coopération pluridisciplinaire les responsables de la prestation des services de santé mentale, des services de santé holistique et des services sociaux. Qu'ils soient également formés en prévention du suicide, en reconnaissance des signes de dépression, en évaluation des risques de suicide et en utilisation des techniques d'approche communautaire, et que Santé Canada, de concert avec l'APN, finance ces sessions de formation.

    • Que les professionnels désignés travaillant au sein des collectivités des Premières nations, notamment les médecins, soient rémunérés par un tarif quotidien plutôt que par le paiement à l'acte afin d'encourager une plus grande supervision clinique, de plus fréquentes réunions des intéressés, une meilleure gestion des cas et des approches de coopération pluridisciplinaire.

    • Que Santé Canada conçoive et mette en place un service national de consultation en cas de crise afin de repérer les collectivités où le risque de suicide est le plus élevé. Par exemple, il est possible d'établir à l'échelle nationale un système d'évaluation des collectivités (mentionné ci-dessus au point 9) pour aider les collectivités à évaluer leur état psychologique et social et leur utilisation de toutes les sources nationales et provinciales d'assistance financière relative à la santé mentale et des autres services (p. ex., les programmes Grandir ensemble et Pour des collectivités en bonne santé, le SSNA, le PNLAADA, la Fondation pour la guérison des Autochtones, les services à l'enfance et à la famille, etc.).

    • Qu'on s'efforce, lorsqu'une collectivité est dépistée comme étant en crise (selon le système d'évaluation des collectivités), d'améliorer les ressources en services de santé requises et de s'assurer que ces services sont disponibles et accessibles par et dans la collectivité. Cette évaluation devrait être mise en contexte et expliquée à la collectivité en termes positifs et de façon constructive. Il faudrait offrir activement aux collectivités dont le risque de suicides est élevé des services de santé mentale professionnels et des services de santé traditionnels ou culturels avant l'éclatement des crises.

    • Que Santé Canada finance l'établissement et la gestion d'un groupe national de conseillers composé de praticiens en santé mentale, notamment des praticiens traditionnels, disposant d'une solide expérience en intervention d'urgence, en prévention du suicide et en pratique ou recherche clinique au sein des Premières nations. Ce groupe pourrait se réunir régulièrement afin d'évaluer les progrès en intervention d'urgence, en prévention du suicide et en post-intervention, pour conseiller la DGSPNI et l'APN et mettre sur pied un réseau de soutien auquel les travailleurs communautaires pourraient faire appel.

  • À long terme, le Comité recommande :

    • Que ce groupe de conseillers élabore et mette en œuvre un plan de soutien des travailleurs communautaires par le biais de consultations, d'établissement de réseaux et de suivi en continu à l'aide des technologies accessibles (p. ex., visites sur place après invitation, Internet et site Web, télépsychiatrie, documents multimédias, etc.). Ce plan devrait comporter un programme de formation ou d'apprentissage. L'échange d'information entre les conseillers et les travailleurs communautaires s'effectuerait dans les deux sens afin de pouvoir tenir à jour les profils des collectivités.