L'Alberta est sans contredit très vaste - et dans une province qui s'étend sur plus de 660 000 kilomètres carrés, se déplacer pour recevoir des services de santé peut poser un défi de taille aux membres de communautés isolées. Heureusement, la crainte des distances est désormais moins vive pour certaines communautés des Premières nations de l'Alberta, qui ont un meilleur accès aux services grâce aux vidéoconférences.
En Alberta, les populations des Premières nations sont dispersées et vivent en forte proportion dans des régions éloignées. Or, il est bien connu que l'offre de services à l'échelle locale est moindre dans ces régions où habitent les Premières nations qu'en milieu urbain, plus densément peuplé. Cette inégalité vis-à-vis de l'accès à des services sociosanitaires va de pair avec la vie en région éloignée. En y ajoutant les coûts plus élevés et la complexité accrue de la prestation de services de santé dans ces communautés, il fallait, à l'évidence, trouver un mode de fonctionnement différent.
En octobre 2001, les directeurs de la santé des Premières nations de l'Alberta ont conclu qu'ils devaient trouver un moyen d'établir des priorités pour les services à offrir dans les communautés, d'assurer partout l'accès à de la formation et de favoriser la collaboration entre les communautés et les fournisseurs de services, ainsi que des communications suivies avec toutes les parties concernées. Un projet pilote de télésanté mené dans la communauté des Premières nations d'une région isolée, Fort Chipewyan, a eu l'effet d'une révélation - elle a donné un avant-goût de ce que serait l'avenir.
Les participants ont vu le parti qu'on pouvait tirer des vidéoconférences et compris qu'il était temps de faire preuve de créativité.
Après
avoir effectué une analyse détaillée des besoins,
on a établi les critères fondamentaux de participation
au projet pilote. Parmi les 44 communautés des Premières
nations de l'Alberta, 21 avaient accès à la largeur
de bande voulue pour tenir des vidéoconférences.
On leur a demandé de définir leurs priorités
respectives en matière de programmes communautaires.
En février 2002, l'infrastructure technique était en place. L'équipement de télésanté - notamment un chariot de vidéoconférence et deux caméras, dont une pour images fixes, a été installé et mis à l'essai. Pour la première étape, on a privilégié des initiatives axées sur une clientèle particulière, comme :
Les travailleurs de la santé des Premières nations ont aussi profité directement du projet, sous forme d'accès accru à du perfectionnement professionnel et d'applications administratives.
Avant le lancement officiel, tous les travailleurs de la santé participants ont reçu une formation approfondie. Citons à cet égard John Cristescu, gestionnaire du programme de télésanté des Premières nations de l'Alberta :
Nous avons déployé beaucoup d'efforts pour faire en sorte que les gens puissent maîtriser la nouvelle technologie. Nous avons offert une formation complète, rédigé la documentation en termes simples pour qu'elle soit à la portée d'un néophyte et mis sur pied un centre de dépannage pour les questions d'ordre technique des usagers. Si la nouvelle technologie a d'abord suscité de l'appréhension, un an plus tard, utilisateurs et clients sont très à l'aise, et la collaboration entre les communautés est excellente.
Comment ne pas voir les effets positifs des vidéoconférences sur les communautés des Premières nations en Alberta? Les initiatives albertaines de cybersanté touchent la vie des gens, qu'on pense au plaisir des enfants qui se voient à la télévision pour la première fois ou à l'émouvante réunion des membres d'une famille qu'elles rendent possible. Les technologies de l'information, les télécommunications et la télésanté réunies commencent à modifier profondément les soins de santé offerts aux Premières nations dans la province - et prouvent qu'on peut vaincre les distances.