Le botulisme est une maladie rare causée par une toxine produite par la bactérie sporulée Clostridium botulinum. La spore de C. botulinum est présente à l'état naturel dans l'environnement; on la trouve dans le sol, l'eau, les animaux, les aliments contaminés ou les produits agricoles. La toxine produite par le pathogène C. botulinum est l'une des toxines naturelles les plus puissantes que l'on connaisse qui peut affecter les êtres humains, les animaux et même le poisson.
Trois cas de botulisme colonisant ont récemment été signalés en Ontario : deux en novembre 2006 et un troisième en février 2007. Les trois patients souffraient de la maladie de Crohn, et l'un des cas a été associé à la consommation de beurre d'arachide.
Le botulisme humain se présente sous quatre formes : le botulisme d'origine alimentaire, le botulisme d'origine infantile, le botulisme contracté par blessure et le botulisme colonisant. Le botulisme d'origine alimentaire est la forme la plus courante au Canada; cette forme découle d'une intoxication alimentaire causée par la consommation d'aliments contenant la neurotoxine botulinique préformée. Selon la dose toxique, la période d'incubation peut varier de 12 à 72 heures. Les aliments les plus fréquemment en cause dans le botulisme d'origine alimentaire sont les aliments préparés à la maison, notamment les viandes fumées, les légumes en conserve, le poisson fermenté et les produits des mammifères marins.
Dans certaines situations, le botulisme a été mal diagnostiqué à titre de myasthénie, d'accident vasculaire cérébral ou de syndrome de Guillain Barré. La toxicomanie et l'alcoolisme présumés peuvent à l'occasion prolonger la période de confirmation du diagnostic.
Cependant, le présent avis traite plus particulièrement du botulisme colonisant à titre de préoccupation immédiate.
Le botulisme colonisant concerne la consommation d'un aliment contenant la spore de C. botulinum. La forme de botulisme connue comme le botulisme colonisant chez l'adulte est extrêmement rare. Environ dix (10) cas ont été documentés à l'échelle mondiale entre 1973 et 2007.
Le botulisme colonisant a été signalé uniquement chez des personnes qui souffrent d'anomalies anatomiques ou physiologiques favorables de l'appareil gastro-intestinal. Dans les cas du botulisme colonisant, le patient avait consommé un aliment contenant les spores, les spores ont germé, l'organisme avait colonisé son intestin et la toxine a été libérée dans le patient pour causer la maladie.
La pathogenèse et l'état clinique de la maladie ressemblent à la forme de botulisme d'origine infantile. Cependant, dans le cas du botulisme colonisant, il semble que d'autres facteurs de risque doivent être présents pour produire l'infection. La maladie de Crohn semble être le facteur de risque le plus courant déterminé à ce jour.
À la fin de l'année 2006 et au début de l'année 2007, un diagnostic de botulisme colonisant a été confirmé chez trois (3) patients de l'Ontario. Les analyses effectuées sur les aliments récupérés au domicile d'un de ces patients ont démontré la présence d'un petit nombre de spores de C. botulinum dans un bocal ouvert de beurre d'arachide, et le type de spores retrouvées dans le beurre d'arachide correspondait à celui du patient. Il s'agit du premier rapport documenté à l'échelle mondiale de tout lien entre un aliment et le botulisme colonisant. La source d'infection des deux autres cas n'a pas encore été déterminée.
Le botulisme, y compris le botulisme colonisant, doit être cliniquement considéré lorsque le patient présente les symptômes qui peuvent suggérer toute condition mentionnée ci-dessous ou tout autre symptôme neurologique inhabituel. Les premiers signes de botulisme peuvent inclure le vomissement, la diarrhée, la nausée, la fatigue et les faiblesses musculaires, même si tous ces symptômes initiaux peuvent être absents. Invariablement, toutes les personnes atteintes de botulisme développent des paralysies du nerf crânien qui peuvent inclure divers symptômes (ptose, pupilles fixes et dilatées, vision trouble, diplopie, dysphagie et dysphonie) qui peuvent être suivis par une paralysie flasque symétrique descendante. Les muscles qui contrôlent les membres et la respiration deviennent progressivement paralysés. L'insuffisance respiratoire peut entraîner la mort du patient non traité dans les trois (3) à cinq (5) jours qui suivent. La thérapie comprend principalement un traitement symptomatique intensif, y compris des soins de soutien respiratoire. L'antitoxine contre les types de toxine de botulisme A, B et E doit être immédiatement administrée pour neutraliser la toxine en circulation. Cependant, la réussite du traitement d'antitoxine varie considérablement en fonction du moment de l'administration. L'antitoxine prévient la progression de la paralysie en neutralisant la toxine libre en circulation, mais elle n'inverse pas la paralysie déjà présente.