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Héroïne

Héroïne

L'héroïne est fabriquée à partir de la morphine, une substance naturelle provenant du plant de pavot. L'héroïne pure est une fine poudre cristalline, blanche et au goût amer. La couleur et la consistance de l'héroïne vendue dans la rue varient en fonction du mode de fabrication et des additifs utilisés. Elle peut ressembler à une poudre blanche, à une substance granuleuse brunâtre ou à une gomme collante brun foncé. La pureté varie de 2 % à 98 %.

On ajoute parfois de la quinine pour imiter le goût amer de l'héroïne. (La quinine est une substance chimique contenue dans certains médicaments contre la malaria.) La quinine trompe l'acheteur, qui croit se procurer une héroïne plus pure.

L'héroïne peut être :

  • dissoute dans l'eau et injectée dans une veine (se shooter ou fixer), un muscle ou sous la peau (sous-cutanée);
  • fumée (chasse au dragon);
  • reniflée par voie nasale;

Autres noms : diacétylmorphine, diamorphine, héro, black tar, dope (héroïne), poudre, H, cheval, junk, schnouffe, scag

Catégorie : Dépresseurs du système nerveux central (SNC)

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Comment l'héroïne affecte-t-elle l'organisme?

L'héroïne consommée passe dans la circulation sanguine pour rejoindre ensuite le cerveau. Lorsqu'elle atteint le cerveau, elle redevient de la morphine. La morphine interagit avec des protéines bien précises sur les cellules du cerveau, appelées récepteurs opioïdes. Ces récepteurs transmettent des signaux entre les cellules du cerveau (neurones), ce qui modifie la façon dont la personne ressent la douleur.

La rapidité avec laquelle l'héroïne atteint le cerveau dépend de la façon dont elle est consommée. Lorsqu'elle est injectée dans une veine, l'effet de la drogue est instantané. Les effets initiaux ne sont pas aussi rapides ou intenses lorsqu'on fume ou renifle l'héroïne et surviennent après 10 à 15 minutes. Les effets durent habituellement de trois à cinq heures.

L'héroïne produira-t-elle toujours les mêmes effets ?

Les effets de l'héroïne sont imprévisibles et différents pour chacun. De nombreux facteurs sont en cause quant à la réaction d'un sujet ou d'un autre après la consommation d'héroïne, notamment :

  • l'âge et le poids;
  • l'humeur, les attentes et l'environnement;
  • l'état médical ou psychiatrique
  • la quantité d'héroïne consommée;
  • la façon dont elle est consommée;
  • la fréquence et les antécédents de consommation d'héroïne;
  • l'usage d'autres drogues (y compris les médicaments avec ou sans ordonnance, et les drogues « de la rue »).

Effets à court terme

L'héroïne est une drogue dangereuse dont les effets sont imprévisibles, en partie parce que les consommateurs ne connaissent pas le niveau de pureté ni la puissance de la drogue. Avec l'héroïne, une personne peut se sentir confuse et étourdie. L'héroïne peut également soulager temporairement l'anxiété et la dépression.

Lorsque l'héroïne est injectée dans une veine, elle produit une sensation agréable appelée rush qui dure quelques minutes. Ce rush est associé à une sensation de détente et de bonheur, une absence d'émotion et de douleur physique. Lorsque la sensation initiale disparaît, le consommateur entre dans une phase de tranquillité (cogner des clous) qui peut durer une heure.

De nombreux autres effets sont attribuables à l'usage d'héroïne à court terme, notamment :

  • une absence d'émotivité (apathie);
  • des nausées et des vomissements;
  • une diminution de l'appétit
  • une moindre sensibilité à la douleur;
  • des pupilles en pointe d'épingle et une diminution de la vision nocturne;
  • de la constipation;
  • une sensation de picotement ou de brûlure de la peau;
  • des maux de tête.

Surdose d'héroïne

Une surdose d'héroïne peut être mortelle. Le risque d'une surdose d'héroïne est élevé et imprévisible, car les consommateurs ne connaissent pas le niveau de pureté ni la quantité réelle de la drogue qu'ils utilisent. Une personne en surdose peut éprouver un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • pupilles en pointe d'épingle;
  • peau moite et froide;
  • faible tension artérielle;
  • fréquence cardiaque irrégulière et plus faible;
  • respiration lente et faible;
  • peau bleuâtre (cyanose);
  • inconscience (sommeil profond pouvant se transformer en coma).

L'héroïne a une incidence sur le centre de la respiration dans le cerveau. Elle peut empêcher le cerveau de commander aux poumons de respirer.

L'héroïne agit très rapidement. La personne qui fait une surdose peut devenir inconsciente peu après s'être injecté la drogue. Il existe un risque plus grand de surdose si l'héroïne est consommée en concomitance avec d'autres dépresseurs, comme l'alcool, les benzodiazépines ou d'autres opioïdes comme la méthadone.

L'antidote appelé naloxone peut inverser les effets de l'héroïne. Si vous croyez qu'une personne a fait une surdose, communiquez immédiatement avec les services d'urgence.

Certaines substances utilisées pour couper ou diluer l'héroïne peuvent causer des problèmes : par exemple, on utilise parfois la strychnine et la craie. La strychnine est un poison et la craie ne se dissout pas. Si elle est injectée, la craie peut bloquer de petits vaisseaux sanguins.

Effets à long terme

Parmi les effets associés à la consommation prolongée d'héroïne, on compte notamment :

  • une instabilité de l'humeur;
  • de la constipation;
  • des pupilles en pointe d'épingle (ce qui affaiblit la vision nocturne);
  • une perte de l'appétit sexuel (diminution de la libido);
  • une perturbation du cycle d'ovulation de la femme;\
  • des difficultés respiratoires.

Consommer des drogues par injection peut provoquer les effets suivants :

  • infections de la peau
  • empoisonnement du sang (septicémie)
  • infection de la paroi interne du coeur (endocardite)

Partager son matériel de consommation, comme les seringues, les pipes et les cuillères, contribue à la transmission de la tuberculose, du VIH, de l'hépatite B et de l'hépatite C. La malnutrition, la vie dans la rue, des maladies infectieuses non traitées et la dépendance à l'héroïne et à d'autres drogues sont les causes d'une détérioration de la santé et d'une vulnérabilité accrue à la maladie.

L'héroïne peut-elle être dangereuse pour le foetus ou le nouveau-né ?

Oui, l'héroïne peut-être dangereuse pour le foetus. On associe la consommation d'héroïne chez les femmes enceintes à divers problèmes:

  • un accouchement prématuré;
  • un faible poids à la naissance;
  • un taux de mortalité infantile élevé.

Ces effets sont également causés par la malnutrition, la cigarette et des soins prénataux inadéquats. Le sevrage de l'héroïne peut-être dangereux chez une femme enceinte. Il peut provoquer un avortement spontané durant le premier trimestre et des contractions prématurées pendant le troisième trimestre.

Le foetus est exposé à l'héroïne dans le sein maternel. Les bébés nés de mères héroïnomanes peuvent parfois entrer en sevrage. Un bébé en sevrage d'héroïne sera irritable, transpirera et tremblera. Il aura de la difficulté à accepter la nourriture, pourrait vomir et avoir la diarrhée. À l'occasion, un bébé en sevrage aigu d'héroïne aura des convulsions et mourra. On peut cependant traiter le sevrage d'héroïne.

L'héroïne crée-t-elle une accoutumance ?

Oui, l'héroïne est une drogue qui crée une forte dépendance. La consommation répétée crée le besoin d'héroïne. L'accoutumance, la dépendance psychologique et physique peuvent apparaître après la consommation régulière pendant deux ou trois semaines. Les consommateurs réguliers deviennent aussi tolérants à l'héroïne.

L'héroïnomane trouve très difficile d'arrêter de consommer. Certaines personnes dépendantes à l'héroïne n'y trouvent plus aucun plaisir, elles ont cependant besoin de continuer d'en prendre pour prévenir le sevrage.

Les personnes dépendantes à l'héroïne doivent s'injecter la drogue toutes les 6 ou 12 heures pour éviter les symptômes de sevrage. Les consommateurs peuvent devenir tellement préoccupés par ce besoin impératif de se procurer de l'héroïne pour prévenir le sevrage que toute leur vie en est bouleversée.

Sevrage de l'héroïne

La gravité des symptômes du sevrage d'héroïne dépend de plusieurs facteurs :

  • la quantité et la fréquence de la consommation d'héroïne;
  • la durée de la consommation régulière d'héroïne;
  • l'état de santé;
  • les conditions dans lesquelles survient le sevrage.

Les symptômes de sevrage apparaissent dans les 6 à 12 heures après la dernière dose. Les symptômes atteignent un sommet dans les 24 à 48 heures suivantes et se stabilisent après environ une semaine. Pendant cette période, l'inconfort est extrême et les symptômes suivants apparaissent :

  • état de manque persistant et intense;
  • symptômes semblables à ceux de la grippe (écoulement nasal et éternuements);
  • bâillements fréquents;
  • transpiration;
  • anxiété et nervosité;
  • perte d'appétit;
  • dilatation des pupilles ;
  • insomnie;
  • rythme cardiaque rapide et tension artérielle élevée;
  • crampes abdominales;
  • nausées et vomissements;
  • diarrhée;
  • chair de poule;
  • secousses involontaires des muscles des jambes;
  • dépression;
  • déshydratation et perte de poids du fait de ne pas manger ni boire durant le sevrage.

Le sevrage de l'héroïne est rarement mortel.

On peut traiter efficacement la dépendance à l'héroïne par la méthadone, médicament oral à action prolongée. Le traitement d'entretien à la méthadone prévient le sevrage de l'héroïne et réduit ou élimine l'état de manque.