
Le LSD (acide lysergique diéthylamide) est un hallucinogène couramment appelé « acide ». On le fabrique à partir de l'acide lysergique, une substance provenant d'un champignon (tartrate d'ergotamine) qui croît sur le seigle et d'autres céréales. Sous sa forme la plus pure, le LSD a l'aspect d'une poudre cristalline blanche, inodore et au goût légèrement amer. Il s'agit d'une substance très concentrée : un petit comprimé de LSD à l'état pur représente environ 3 000 doses.
Le LSD est vendu dans la rue sous forme de poudre contenue dans des capsules ou des comprimés. La poudre de LSD se trouve aussi sous forme de pastilles miniatures qu'on nomme « micropointes ». La plupart du temps, les cristaux de LSD sont dissous dans un liquide vendu dans de petits flacons de rafraîchisseur d'haleine, ou encore agglutinés sur un cube de sucre, des carrés de gélatine (window panes), de la gomme à mâcher, des bonbons, des biscuits ou même des timbres-poste. Cependant, le petit carré de papier buvard imbibé d'une dose unique de LSD (blotters ou blotter acid) est la forme la plus fréquente. Ces buvards sont souvent imprimés de dessins colorés ou de personnages de dessins animés.
Autres noms : acide, back breaker, blotter acid, blotters, boomers, buvard, buve, cap, cid, dots, mellow yellow, barrels, California sunshine, cube, domes, flats, frogs, lids, wedges, micropointe, purple haze, hits, tabs, trips, window pane, yellow sunshine
Catégorie : hallucinogènes
Règle générale, le LSD est consommé par voie orale (on le garde sur la langue ou on l'avale), mais on a signalé quelques cas de consommation par inhalation et par injection. Il est rapidement absorbé par le tractus gastro intestinal. Le LSD se diffuse ensuite dans tous les tissus de l'organisme, y compris le cerveau. Les effets du LSD se font graduellement sentir après 30 à 60 minutes. Ils sont à leur paroxysme pendant les deux à quatre heures suivant la consommation et diminuent progressivement au bout de dix à douze heures. Les manifestions ressenties au cours des quatre premières heures sont souvent comparées à un « voyage » (trip).
On ne comprend pas très bien comment le LSD modifie les perceptions du cerveau. Des travaux de recherche laissent croire qu'il agit sur les récepteurs de la sérotonine (un neurotransmetteur) concentrés en deux régions particulières du cerveau. L'un d'eux (le cortex cérébral) joue un rôle dans l'humeur, l'apprentissage et la perception; l'autre (le locus coeruleus) est considéré comme un « détecteur de la nouveauté » parce qu'il reçoit les données sensorielles provenant de toutes les parties du corps.
Il est difficile de prédire les effets du LSD, car ils varient selonla personne. De nombreux facteurs sont en cause quant à la réaction d'un sujet ou d'un autre après la consommation de LSD, notamment :
Les effets du LSD sont imprévisibles. Les réactions à cette drogue sont très variables, même au cours d'un seul et même épisode de consommation. Le sujet est susceptible de ressentir des émotions les plus diverses, qui vont du bien-être, de la joie et de l'émerveillement jusqu'à la peur, à la panique, à l'agressivité, à la confusion et à l'angoisse profonde. Ces effets désagréables et terrifiants sont au coeur de ce que l'on nomme couramment le « mauvais voyage » (bad trip).
L'usage du LSD a des conséquences sur les sens, l'humeur, les pensées. Cette substance cause une distorsion des sens et de la perception (la manière dont une personne se perçoit et perçoit le monde qui l'entoure). L'ouïe, le goût, le toucher et l'odorat sont altérés chez le sujet. Les sons qu'il perçoit ou la forme et la couleur des objets qui l'entourent sont dénaturés. La perturbation sensorielle peut être telle que le sujet pourrait « entendre » des couleurs et « voir » des sons.
De plus, le LSD engendre des effets visuels intenses. Il s'agit d'illusions visuelles dites « pseudohallucinations », car le sujet est conscient du phénomène d'illusion, alors que les hallucinations proprement dites sont perçues comme réelles par le sujet. Or, de telles hallucinations - qui peuvent s'avérer terrifiantes - ne surviennent que rarement à la suite d'une consommation de LSD. On pense que la dose peut être en cause si toutefois elles se manifestent.
En outre, des expériences agréables engendrées par le LSD dans le passé ne sont aucunement garantes de bons « voyages » dans l'avenir. De fait, les « mauvais voyages » (bad trip) surviennent de façon imprévisible, sans égards à la dose. De façon générale, ils sont plutôt associés aux prédispositions du sujet, ou encore au contexte ou aux circonstances.
D'autres effets psychoactifs sont possibles, notamment :
Les effets physiques du LSD se manifestent notamment par :
On ne recense aucun décès uniquement imputable à une surdose de LSD. Cependant, on a signalé des accidents mortels attribuables à une distorsion de la perception (par exemple, le sujet croit pouvoir voler ou traverser la rue sans égard à la circulation).
La consommation prolongée de LSD peut provoquer, notamment :
Le flashback se caractérise par une réapparition spontanée et imprévisible des distorsions visuelles ou des expériences émotionnelles ressenties au cours d'une consommation antérieure de LSD. Seuls certains sujets en font l'expérience. Le flashback ne semble pas se manifester en fonction de la dose de LSD, et il est susceptible de survenir même après une seule consommation. Dans le jargon médical, on le désigne sous le terme de « syndrome post-hallucinatoire persistant » (SPHP). Il s'agit, de fait, d'un trouble généralement persistant pour lequel aucun traitement n'est connu à l'heure actuelle.
Il est possible que le sujet qui cesse l'usage de LSD soit en proie à une longue psychose, parfois persistante. Il s'agit d'une affection semblable à la schizophrénie paranoïde, mais qui se caractérise par des hallucinations, des pensées délirantes et un comportement étrange. De tels symptômes risquent d'apparaître après une seule utilisation ou à la suite d'un usage régulier. La psychose peut alors perdurer pendant plusieurs années. Elle se manifeste même chez les sujets n'ayant ni antécédents ni symptômes de troubles psychologiques. Toutefois, on ne sait pas si le LSD est à l'origine de la psychose ou s'il sert plutôt de déclencheur chez les sujets prédisposés à des troubles de santé mentale.
De tels effets peuvent se manifester dans les mois suivant l'usage de LSD et diminuer ensuite, mais ils peuvent aussi persister durant plusieurs années.
Le LSD n'entraîne pas une dépendance physique, c'est-à-dire que ceux ou celles qui en consomment régulièrement et qui décident d'arrêter ne tombent pas dans un état de manque physique. En revanche, le LSD peut créer une dépendance psychologique. De fait, certains consommateurs réguliers de LSD ressentent un besoin pressant de consommer davantage. La drogue occupe dès lors une place démesurée dans leur vie.
La tolérance aux effets du LSD survient très tôt. Il n'est pas rare qu'après une utilisation répétée durant trois ou quatre jours, le sujet n'arrive plus à obtenir les effets souhaités, peu importe la quantité consommée. Règle générale, la réceptivité au LSD revient à la normale après une interruption de la consommation pendant une période de trois à quatre jours.