
Dans les années 1950, la PCP a fait l'objet d'expérimentations visant à déterminer son potentiel anesthésique lors des interventions chirurgicales. La substance est considérée comme un anesthésique dissociatif parce qu'elle induit chez la personne un sentiment de détachement, c'est-à-dire une impression de dissociation entre le corps et l'esprit. Son utilisation chez l'humain a été abandonnée, car de nombreux patients devenaient agités, délirants et irrationnels au cours de la période postopératoire. Par la suite, on a restreint son utilisation à l'anesthésie et à la sédation des gros animaux. La PCP est aujourd'hui une substance illicite. Celle qui est vendue dans la rue est produite illégalement dans des laboratoires clandestins.
Dans sa forme pure, la PCP est une poudre cristalline blanche au goût amer. Elle peut être mélangée à un colorant et être vendue sous la forme de divers comprimés, capsules et poudres colorées. La PCP est facile à reproduire artificiellement, c'est pourquoi on la vend souvent en la faisant passer pour une autre drogue, comme la méthamphétamine, la mescaline, le LSD et le THC (l'ingrédient actif du cannabis).
La PCP est généralement prisée, fumée ou ingérée, mais elle peut aussi être injectée. Pour la fumer, on la mélange souvent avec des feuilles comme du persil, de l'origanou de la marijuana (dans ce cas, on l'appelle super weed, supergrass, killerweed ou peaceweed). Les divers noms qu'on lui attribue dans la rue sont révélateurs de la gravité et de l'aspect imprévisible de ses effets.
L'abréviation PCP est tirée du nom chimique de la substance : l-(l-phénylcyclohexyl)-pipéridine).
Autres noms: amoeba, poussière d'ange, poudre d'ange, animal tranquillizer, Cadillac, CJ, crystal, crystal joint, cyclones, DOA (dead on arrival), dust, elephant tranquillizer, embalming fluid, goon, hog, horse tranquillizer, KJ, Lovely, love boat, mist, pilule de la paix, peace, ozone, rocket fuel, synthetic THC, scuffle, seams, sheet, snorts, super rods, surfer, synthetic marijuana, wack, zombie.
Catégorie : hallucinogènes, anesthésique dissociatif
Lorsqu'elle est fumée ou prisée, la PCP pénètre rapidement dans la circulation sanguine, puis elle atteint le cerveau. On croit qu'elle exerce ses effets en modifiant la distribution du neurotransmetteur glutamate dans le cerveau. Le glutamate influence la perception de la douleur, la réaction au milieu environnant et la mémoireLa PCP a aussi des effets sur le niveau de dopamine au cerveau, laquelle est un neurotransmetteur à l'origine de l'état d'euphorie induite par de nombreuses drogues toxicomanogènes (qui entraînent une toxicomanie).
Il est difficile de prédire les effets de la PCP, car ils varient d'une personne à l'autre. Les effets éprouvés après une consommation de PCP dépendent d'un grand nombre de facteurs :
Les effets de la PCP varient considérablement; il est impossible de prédire le comportement d'une personne qui a consommé de la PCP. La substance peut engendrer un effet de bien-être et de détente chez lapersonne, mais elle peut aussi être à l'origine d'effets graves et traumatisants tels que le sentiment d'anxiété (fréquent), la peur, la panique, l'agitation et la paranoïa.
La consommation de PCP à court terme peut entraîner de nombreux autres effets, notamment :
En outre, le sujet peut avoir :
La surdose met la vie de la personne en danger. Une intoxication au PCP peut causer des convulsions, un coma, une hyperthermie et la mort (généralement par arrêt respiratoire). Il n'existe pas d'antidote contre l'intoxication au PCP; on traite les cas de surdose en maintenant artificiellement les fonctions vitales. Les comas associés à la PCP peuvent durer de sept à dix jours.
Il arrive souvent que la personne ayant consommé de fortes doses de PCP soit extrêmement désorientée et violente. Elle peut alors représenter un danger pour elle-même et les autres. On a signalé des suicides, des homicides, des automutilations et d'autres conséquences résultant d'un comportement extrêmement violent. Enfin, d'autres décès associés à la PCP découlent de noyades accidentelles, d'accidents impliquant un véhicule motorisé et de sauts à partir d'un endroit élevé.
La PCP a aussi des effets sédatifs. De petites doses de PCP combinées à des dépresseurs du système nerveux central, comme l'alcool ou les opioïdes, peuvent donc provoquer le coma.
On en sait peu sur les effets à long terme de la consommation de PCP. L'usage de PCP sur une longue période peut se solder par des pertes de mémoire ainsi que des troubles d'élocution et des difficultés de concentration. Ces symptômes pourraient persister pendant au moins un an après la dernière consommation. L'anxiété et la dépression profondes sont fréquentes, et dans certains cas permanentes. Certains consommateurs ont aussi signalé des flashbacks désagréables, semblables à ceux induits par le LSD.
Le risque de dépendance physique n'a pas véritablement fait l'objet d'études, et les cas signalés de ce type de dépendance chez les humains sont rares. Les consommateurs réguliers de PCP ne font pas état de symptômes physiques de sevrage lorsqu'ils interrompent leur consommation. La PCP peut cependant entraîner une dépendance psychologique. Certains consommateurs réguliers ressentent le besoin de continuer à en consommer, et la drogue occupe alors une place démesurée dans leur vie.
La tolérance aux effets de la PCP n'a pas encore été nettement définie. Cependant, on croit qu'une certaine tolérance peut se manifester à la suite d'une consommation régulière et de longue durée.