Une urgence nucléaire ou radiologique est une urgence qui a entraîné, ou qui pourrait entraîner, une menace radiologique pour la santé et la sécurité du public, pour les biens ou pour l'environnement.
Parmi les urgences nucléaires ou radiologiques susceptibles de toucher les Canadiens et les Canadiennes, citons :
Au Canada, chaque palier de gouvernement doit assumer des responsabilités en cas d'urgence nucléaire ou radiologique. Les interventions s'organisent d'abord au niveau local ou municipal et, par la suite, aux niveaux provincial et fédéral, selon l'emplacement, le type et l'envergure de l'urgence. En sa qualité de membre signataire de deux conventions internationales de l'Agence internationale de l'énergie atomique (IAEA), le Canada est aussi tenu d'aviser les autres pays de tout incident radio-nucléaire et d'aider d'autres pays à organiser leurs interventions en cas d'urgence nucléaire à la demande de ceux-ci.
L'Agence internationale de l'énergie atomique et l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'Organisation de coopération et de développement économiques ont créé l'Échelle internationale des événements nucléaires (INES) afin de communiquer l'ampleur et l'importance pour la sécurité des urgences nucléaires aux autres pays, dont le Canada.
Selon le système de l'INES, une urgence nucléaire est classifiée selon une échelle à sept niveaux. En général, plus le niveau de classification est élevé, plus l'importance pour la sécurité est grande et étendue. Les catégories sont les suivantes :
Voici un graphique de l'Échelle internationale des événements nucléaires :

L'accident à la centrale nucléaire de Tchernobyl de 1986 avait une magnitude de 7 selon l'échelle de l'INES. L'accident de Three Mile Island en 1979 avait une magnitude de 5.
La Commission canadienne de sûreté nucléaire, en consultation avec la société concernée, établit le niveau de l'INES pour les urgences au Canada. Le niveau ne sera pas accessible immédiatement après l'urgence parce ce que cela prend du temps pour recueillir et examiner tous les renseignements nécessaires. Il se peut également après avoir obtenu des renseignements complémentaires, le niveau change. Par exemple, alors qu'une urgence a initialement une magnitude faible sur l'échelle de l'INES, l'existence de complications ultérieures aboutirait à une classification selon une magnitude plus élevée.
Seules les urgences ayant une importance nucléaire ou radiologique sont classifiées selon l'échelle de l'INES. Ce qui signifie, par exemple, qu'un incendie dans une centrale nucléaire n'est pas répertorié s'il n'implique aucune matière radioactive. La classification de l'INES ne doit pas être confondue avec les systèmes de classification des urgences utilisés dans les installations nucléaires pour dire au personnel et aux autorités locales quoi faire en cas d'urgence.
Le 24 janvier 1978, COSMOS 954, un satellite de surveillance soviétique à propulsion nucléaire s'est écrasé dans les Territoires du Nord-Ouest. À la suite de l'écrasement, une énorme quantité de radioactivité s'est répandue sur une surface d'au moins 124 000 kilomètres carrés dans le nord du Canada, zone qui s'étend du Grand lac des Esclaves jusqu'au nord de l'Alberta et de la Saskatchewan.
L'opération de nettoyage a été coordonnée par les États-Unis et le Canada. Nommé « Operation Morning Light », l'effort de nettoyage s'est poursuivi jusqu'au mois d'octobre 1978 et a eu pour résultat, selon la Commission de contrôle de l'énergie atomique (qui se nomme maintenant la Commission canadienne de sûreté nucléaire), une récupération évaluée à environ 0,1 p. 100 de la source d'énergie de COSMOS 954.
L'écrasement du satellite COSMOS 954 a soulevé des questions stratégiques d'ordre international. Peu de temps après l'écrasement du satellite, les États-Unis ont demandé à ce que l'on empêche les satellites contenant du matériel radioactif de graviter autour de la Terre. Cette demande a été suivie de demandes dans le même sens de la part du Canada et de pays en Europe. Au mois de novembre 1978, les Nations Unies ont autorisé leur Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique à mettre sur pied un groupe de travail en vue d'étudier les satellites à propulsion nucléaire.
Le 28 mars 1979, un accident est survenu à la centrale nucléaire de Three Mile Island, près de Harrisburg, en Pennsylvanie. Cet accident n'a causé aucune blessure ni aucun effet néfaste sur la santé du public. Bien que certains gaz radioactifs aient été rejetés quelques jours après l'accident, leur quantité n'était pas suffisante pour enregistrer, chez les résidants locaux, des niveaux supérieurs aux niveaux naturels. Des détails conflictuels émis au cours de l'événement ont tôt fait d'accroître les craintes du public, ce qui a fait ressortir la nécessité de mettre en place une stratégie de communication d'urgence et d'information au public uniforme et cohérente.
L'accident a également fait ressortir la nécessité de posséder des plans nationaux et internationaux afin de faire face à une urgence nucléaire en temps de paix . Cet incident a amené le Canada et les États-Unis à créer le Plan d'intervention conjoint Canada États-Unis en cas d'urgence radiologique, une entente assurant une assistance mutuelle en cas d'événement radiologique en temps de paix qui pourrait toucher soit l'un des deux pays, soit les deux.
Le 26 avril 1986, le plus grave accident mettant en cause un réacteur nucléaire est survenu à Tchernobyl, en Ukraine (une partie de l'Union Soviétique à cette époque). Une aire d'environ 5 millions d'hectares - presque la superficie de la Nouvelle-Écosse - a été contaminée et 160 000 personnes ont dû être définitivement évacuées. Les matières radioactives ont atteint l'Ukraine, mais également les pays limitrophes et des parties de l'Europe de l'Ouest.
L'accident de Tchernobyl a démontré la nécessité d'envisager la possibilité de répercussions transfrontalières dans les plans de mesures d'urgence nationaux. La crainte que n'importe quel pays puisse être touché par non seulement des accidents nucléaires survenus sur son propre territoire mais également par les conséquences d'accidents survenus à l'étranger, a encouragé la mise en place de plans de mesures d'urgence nationaux dans plusieurs pays. L'aspect transfrontalier de la contamination causée par l'accident de Tchernobyl a incité les organisations internationales à promouvoir une coopération et une communication internationales, à harmoniser les mesures et à élaborer des exercices internationaux en cas d'urgence, comme ceux organisés par l'Agence pour l'énergie nucléaire dans le cadre de son programme INEX. La communauté internationale a conclu des ententes relatives à un avertissement précoce en cas d'accident radiologique et à un soutien en cas d'urgence radiologique par l'intermédiaire de conventions internationales qui ont été conçues par l'Agence internationale de l'énergie atomique.