Tous les modes d'exposition au rayonnement ionisant comportent un risque de dommage biologique, mais ce risque diminue au même rythme que le taux d'exposition. Par exemple, le risque lié au rayonnement naturel est minime. Pour les travailleurs dans certaines industries, comme les mineurs et les radiographes, le risque est un peu plus élevé. Les niveaux d'exposition causés par une urgence nucléaire ou radiologique peuvent varier grandement selon la nature de l'incident, le type de rayonnement enjeu et même les conditions atmosphériques.
Plusieurs facteurs sont à considérés lors du calcul de la quantité, ou de la dose de rayonnement qu'une personne a reçu, y compris les facteurs suivants :
Ce calcul s'appelle l'évaluation de la dose.
On a élaboré la terminologie utilisée pour préciser la dose de rayonnement et ses effets sur le corps humain afin de tenir compte de tous les facteurs qui sont importants pour déterminer son incidence biologique. La dose absorbée, la dose équivalente, la dose efficace et la dose collective constituent les mesures de dose les plus fréquemment utilisées, et elles sont brièvement décrites ci-dessous.
Lorsque le rayonnement traverse la matière, une certaine portion de son énergie est perdue, c'est-à-dire qu'elle est « absorbée » par la matière. Il s'agit de la dose absorbée et cette dose se mesure en grays (Gy).
Différents types de rayonnement exercent différents effets sur les tissus. Dans le but de tenir compte de ces différences, la dose absorbée est multipliée par un facteur de pondération des rayonnements. Ce facteur dépend du type et de la quantité de rayonnement enjeu. Le résultat s'appelle la dose équivalente et s'exprime en sieverts (Sv).
Le rayonnement a une incidence différente sur chaque tissu et chaque organe. Par exemple, le tissu pulmonaire est probablement plus susceptible d'être affecté par le rayonnement que la peau. Afin de tenir compte des différences de sensibilité, on doit multiplier la dose équivalente par un facteur de pondération des tissus : le résultat s'appelle la dose efficace. La dose efficace s'exprime également en sieverts.
La dose collective constitue la quantité de rayonnement absorbée par un groupe de personnes. On la calcule en multipliant la dose efficace moyenne absorbée par le nombre de personnes exposées. La dose collective s'exprime en personne-sieverts (personne-Sv).
La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) constitue l'organisme de réglementation fédéral des installations et des matières nucléaires au Canada. Elle est responsable d'établir des limites de dose de rayonnement afin de protéger les travailleurs, comme le personnel des centrales nucléaires et le personnel médical, qui travaillent avec des sources de rayonnement ionisant contre la surexposition à ces sources. En outre, la CCSN établit des limites de dose afin de protéger le public contre la surexposition au rayonnement provenant des installations ou de substances nucléaires autorisées au Canada.
Le tableau ci-dessous présente les limites de dose canadiennes actuelles pour l'exposition aux sources de rayonnement autorisées.
| Groupement de population | Limites de dose sur cinq ans | Limites de dose annuelles |
|---|---|---|
| Travailleur | 100 mSv | 50 mSv |
| Public | - | 1 mSv |
Le Bureau de la radioprotection soutient et maintient les Services de dosimétrie nationaux et le fichier dosimétrique national qui surveille, suit et enregistre les doses auxquelles ont été exposés ceux qui travaillent avec des sources de rayonnement ionisant. Santé Canada est également responsable d'établir des limites de dose pour les intervenants d'urgence dans le cas d'une émission non contrôlée de matières radioactives.