Un exercice correspond à une situation fictive créée afin de permettre aux organismes d'intervention en cas d'urgence d'évaluer l'efficacité de leurs plans, de leurs procédures et de leurs capacités en cas d'urgence. Les exercices servent à cerner tous les problèmes ou toutes les insuffisances ou lacunes des plans de préparation et d'intervention, de sorte qu'on puisse régler ces problèmes avant une urgence réelle. Ils sont aussi l'occasion de bien former le personnel et de le préparer à intervenir rapidement et efficacement.
Les exercices d'urgence sont conçus afin d'évaluer une partie précise d'un plan, la fonction d'urgence ou le lien au sein des organisations d'intervention en cas d'urgence, ou entre ces organisations. Bien entendu, les scénarios d'exercice ne peuvent pas simuler tous les aspects d'une urgence réelle. Cependant, les planificateurs et les concepteurs d'exercices s'efforcent de rendre les scénarios aussi réalistes que possible en tenant compte de leurs limites. L'exercice commence par un événement déclencheur fictif et les « participants » interviennent comme si la situation était réelle. Le « jeu » se déroule dans le cadre de limites prédéfinies de sorte que les participants se concentrent sur les composants à évaluer. La sécurité des participants est toujours primordiale.
Au Canada, les exercices en cas d'urgence nucléaire peuvent faire intervenir de nombreuses installations, de nombreux organismes et paliers de gouvernement. Il est long et coûteux de planifier et d'organiser de tels exercices, en particulier ceux qui mettent à contribution plus d'un palier de gouvernement. Un exercice peut être conçu pour former un petit groupe de personnes sur l'un des aspects de leurs fonctions d'intervention ou il peut être conçu à grande échelle en faisant intervenir bon nombre de pays, de la technologie d'avant garde et des ressources considérables.
En tant que ministère responsable de la coordination de l'intervention fédérale en cas d'urgence nucléaire, Santé Canada offre une formation et des exercices réguliers à son personnel d'intervention, planifie et exécute des exercices et participe régulièrement à des exercices d'urgence nucléaire au niveau local, provincial et international. Parmi les partenaires ayant participé à ces exercices, citons l'industrie électronucléaire; les provinces, d'autres ministères et organismes gouvernementaux, les États-Unis et d'autres pays, comme la France.
Voici quelques exemples d'exercices nucléaires auxquels a participé Santé Canada. Chaque exercice comptait ses propres mises en situation, participants et paliers de gouvernement.
Tout en appliquant les leçons retenues de l'Exercice AS IS, EXFO était une mise en situation s'échelonnant sur 24 heures qui portait sur un incident terroriste simulé. L'exerce a permis de vérifier l'intervention des équipes sur le terrain à un incident impliquant une contamination radioactive à l'état libre et des sources radioactives. Parmi les participants à cet exercice citons des experts en la matière de Santé Canada qui s'occupaient des moniteurs-portiques, une équipe de relevé aérien de Ressources naturelles Canada et des équipes de relevé au sol d'Énergie atomique du Canada limitée, la Commission canadienne de sûreté nucléaire et le ministère de la Défense nationale.
À tous les ans, la province de l'Ontario organise un exercice d'urgence nucléaire qui se déroule à une centrale nucléaire : en 2003, l'exercice avait eu lieu à la centrale nucléaire de Pickering; en 2002 et en 2004, les exercices ont eu lieu à la centrale FERMI II dans l'État du Michigan; en 2001, l'exercice a eu lieu à la centrale d'Énergie atomique Canada limitée à Chalk River et en 2000, l'exercice a eu lieu à la centrale Bruce Nuclear Power Development. Chaque exercice portait sur différents volets ou éléments d'une urgence, et tous les exercices mettaient à contribution des centrales nucléaires, des municipalités de la région, des ministères provinciaux et des ministères fédéraux, y compris Santé Canada.
Santé Canada a participé à un exercice de trois jours organisé par le Groupe de surveillance d'assurance de Gestion des situations d'urgence Ontario. Cet exercice avait pour but de mettre à l'essai les protocoles d'échantillonnage alimentaire pendant l'étude de la reprise des activités qui suit un accident radiologique. On a appliqué les techniques de cueillette et de vérification, y compris l'usage d'un des quatre laboratoires nucléaires mobiles du gouvernement fédéral. Parmi les participants, citons les ministères ontariens de l'Environnement, de l'Agriculture et du Travail et les ministères fédéraux de la Défense nationale, de Santé Canada et l'Agence canadienne d'inspection des aliments.
On a mis à l'essai le Groupe des opérations et de la coordination (GOC) du Plan fédéral en cas d'urgence nucléaire au cours d'un exercice sur maquette mettant à contribution le Centre des opérations d'urgence de Santé Canada, à Ottawa. La mise en situation portait sur un accident simulé à la centrale nucléaire de Point Lepreau au Nouveau-Brunswick. L'Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement Canada, Industrie Canada, Ressources naturelles Canada, le Bureau du Conseil privé et Sécurité publique et Protection civile Canada ont participé à cet exercice. Ses objectifs consistaient notamment à clarifier les rôles et les responsabilités des ministères, à cerner les lacunes au niveau des capacités d'intervention et à solidifier les processus des groupes de travail.
On a mis à l'essai le Groupe consultatif technique (GCT) du Plan fédéral en cas d'urgence de concert avec Environnement Canada, Ressources naturelles Canada, la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Énergie atomique du Canada limitée et le ministère de la Défense, de même que l'Organisation des mesures d'urgence du Nouveau-Brunswick. L'exercice avait pour but de cerner et de confirmer les rôles et les responsabilités des membres du GCT et de faire la démonstration des outils à la disposition du GCT, notamment le système de gestion d'information et d'appui des décisions de Santé Canada en cas d'urgences radionucléaires.
Ayant pour but de mettre à l'essai les protocoles de détection de la radiation dans les zones d'intervention entourant la centrale nucléaire de Gentilly II au Québec, cet exercice portait sur un accident fictif impliquant la fuite de fluide caloporteur. Santé Canada a contribué à l'exercice du personnel fédéral doté de moniteurs-portiques et de dosimètres thermoluminescents. Des équipes d'intervention de deux ministères provinciaux du Québec ont participé à l'exercice.
L'exercice AS IS, qui était parrainé par l'Initiative de recherche et de technologie chimique, biologique, radiologique et nucléaire (IRTC) du gouvernement fédéral, a été mis au point spécialement en vue de mettre à l'essai les équipes sur le terrain de la grappe des laboratoires radionucléaires de l'IRTC. Des équipes de relevés au sol d'Énergie atomique du Canada limitée, de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, de Recherche et développement pour la défense Canada et une équipe de relevés aériens de Ressources naturelles Canada ont décelé et récupéré des sources radioactives scellées et cachées.
Portant sur un incident radiologique fictif à la centrale nucléaire de Point Lepreau Nuclear au Nouveau-Brunswick, cet exercice de deux jours a été organisé par le ministère de la Sécurité de la province du Nouveau-Brunswick et a mis a contribution des ministères et des organismes provinciaux et fédéraux. Le personnel de Santé Canada a participé localement au Centre des opérations d'urgence de la province et depuis la Région de la capitale nationale et a vérifié les capacités et les dispositions fédérales-provinciales en matière de gestion des conséquences à long terme.
La série annuelle d'exercices TOPOFF (qui désigne « Top Officials » ou cadres supérieurs) aux États-Unis est mandaté par le Congrès américain; l'administration américaine a invité le Canada à participer à l'exercice de 2003 afin de vérifier les capacités transfrontalières. Cet exercice exhaustif portait sur un scénario fictif impliquant une « bombe sale » qui projetait du matériel radiologique venant toucher le Canada. TOPOFF 2 a été réalisé comme un exercice sur maquette au Canada; en tout, des ministres de 17 ministères et organismes fédéraux, y compris Santé Canada, y ont participé.
Le Joint International Nuclear Exercise (JINEX 1) (l'exercice nucléaire international conjoint), également connu sous le nom d'INEX 2000, a été un exercice international d'urgence nucléaire de grande envergure. L'exercice s'est centré autour d'un exercice national ayant lieu en France à la centrale nucléaire de Gravelines, dans le nord de la France, près de la frontière belge. Santé Canada a participé à JINEX 1 afin d'évaluer les capacités canadiennes de préparation et d'intervention en cas d'urgence face à un accident d'un réacteur nucléaire à l'étranger.
On a créé les exercices CANATEX, coordonnés par le Bureau de la protection des infrastructures essentielles et de la protection civile (BPIEPC) du ministère de la Défense nationale (division qui relève maintenant de Sécurité publique et Protection civile Canada) afin de mettre à l'essai et d'évaluer tous les plans de secours fédéraux du Canada. CANATEX 3 était un exercice d'urgence nucléaire visant à évaluer le Plan fédéral en cas d'urgence nucléaire et sa jonction avec la province, selon le Plan d'urgence nucléaire de l'Ontario, et les États-Unis, selon le Plan d'intervention Canada États-Unis en cas d'urgence radiologique. Cet exercice était fondé sur un accident fictif à la centrale nucléaire de Darlington, en Ontario.
Le scénario de Darlington a également servi comme deuxième élément d'une série d'exercices d'urgence nucléaire internationaux financés par l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Nommé INEX 2, il a servi de série d'exercices régionaux de postes de commandement dans le monde entier avec la participation volontaire de nombreux pays. INEX 2 a été conçu pour évaluer l'échange de renseignements en temps réel entre les pays, la diffusion de renseignements au public et les procédés de prise de décisions fondés sur des renseignements limités et des conditions d'installation nucléaire incertaines.
L'exercice CANATEX 3/INEX 2 a été un exercice complet, différent et stimulant nécessitant la coordination de niveaux d'intervention sur place, provinciaux, fédéraux et internationaux.