Ryglewicz et Pepper34 offrent une perspective historique sur l'augmentation rapide du nombre de personnes qui présentent des troubles concomitants au cours des 20 à 30 dernières années. Ils indiquent la séparation historique de trois groupes cliniques très distincts - « les malades mentaux »
, « les alcooliques »
et « les toxicomanes »
. Les premiers se trouvaient dans des établissements psychiatriques. L'alcoolisme n'était pas considéré comme un problème jusqu'à ce qu'il nécessite un traitement, le cas échéant, dans des établissements très spécialisés. La toxicomanie était considérée comme limitée à un faible segment de la société et faisait généralement partie d'un contexte criminel. Cette époque a pris fin avec le changement apporté principalement par la désinstitutionnalisation des services de santé mentale, le mouvement correspondant vers le soutien communautaire des personnes atteintes de troubles mentaux sévères73 et la disponibilité croissante des drogues dans la collectivité depuis les années 1960. Ainsi, plutôt que les trois anciens groupes cliniques séparés, nous avons maintenant dans la collectivité des groupes élargis de personnes atteintes de troubles mentaux et des troubles de l'alcoolisme et de la toxicomanie qui se chevauchent et interagissent. La difficulté, pour ce qui est de la prestation des services, est que les organismes communautaires, les planificateurs et les décideurs ont été bloqués dans le mode de pensée rattaché à un seul problème en raison des obstacles posés depuis longtemps entre les systèmes de traitement de la santé mentale et de l'alcoolisme et de la toxicomanie. Ces obstacles résultaient d'une formation distincte dans les deux domaines, possédant des structures distinctes de financement, d'administration et d'orientation. Un autre obstacle est la complexité perçue, l'incertitude et le degré de difficulté associés à une approche plus intégrée.
Une perspective historique sur l'émergence des deux systèmes de soins et de soutien des personnes souffrant de troubles mentaux et de consommation de substances nous aide à mieux comprendre les problèmes qu'affrontent les consommateurs qui ont actuellement besoin des deux systèmes. Le recul historique nous permet également de comprendre les efforts qui se font actuellement pour améliorer la situation en matière de prestation des services et pour ce qui est des systèmes. À ces deux niveaux, les obstacles qui existent entre les deux systèmes s'érodent lentement. Certaines provinces/territoires sont en train de fusionner les services de santé mentale et d'alcoolisme et de toxicomanie.
Les planificateurs, les décideurs et les dispensateurs de services dans le domaine de la santé mentale et de l'alcoolisme et de la toxicomanie au Canada se retrouvent sur un terrain commun. En voici quelques exemples :
Malgré les nombreux éléments communs qui ont fait leur apparition ces dernières années entre les systèmes de l'alcoolisme et de la toxicomanie et de la santé mentale, il demeure des défis importants à relever en vue d'établir un système de traitement et de soutien intégré pour les personnes qui présentent des troubles concomitants.
Au Canada comme ailleurs, nous commençons à peine à établir et à mettre à l'essai diverses stratégies pour mieux intégrer les services au niveau des systèmes. Il existe très peu d'information publiée au-delà d'une évaluation des nombreux défis et obstacles à l'intégration des systèmes qui décrit l'implantation et l'évaluation de diverses stratégies concrètes. En général, l'état actuel des connaissances et de la pratique n'est toutefois pas suffisamment développé pour permettre au niveau des systèmes des recommandations de « meilleures pratiques »
.
Pour ce faire, il y avait deux éléments complémentaires à ce projet : les groupes de discussion avec les consommateurs et un sondage auprès des principaux informateurs. Pour chaque élément, le point central était les implications, au niveau des systèmes, sur nos lignes directrices des meilleures pratiques et leur diffusion.