Les femmes ayant des problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues sont différentes des hommes de par leur profil et le moment où elles commencent à consommer (Zilberman, Tavares, Blume et
el-Guebaly, 2002). D'après l'Enquête sur les toxicomanies au Canada (ETC) (Adlaf, Begin et Sawka, 2005), entreprise en 2004 auprès de Canadiens et Canadiennes âgés de plus de quinze ans, les hommes continuent à avoir des taux de consommation d'alcool et drogues illicites plus élevés que les femmes. Néanmoins, les indicateurs suivants démontrent que la consommation d'alcool demeure une préoccupation pour les femmes : 76.8% des femmes ont bu de l'alcool au cours des douze derniers mois (comparative-ment à 82% des hommes); 32.8% des femmes ont bu de l'alcool au moins une fois par semaine (comparativement à 55.2% des hommes); 8.8% des femmes ont bu au moins cinq verres d'alcool par occasion (comparativement à 23.2% des hommes); et 3.3% des femmes ont bu un minimum de cinq verres par occasion au moins une fois par semaine (comparativement à 9.2% des hommes). De plus, 7.1% des femmes ont rapporté avoir subi, au cours des douze mois précédents, au moins un méfait de leur propre consommation d'alcool et 32.6% des femmes ont rapporté avoir subi au moins un méfait de la consommation d'alcool par les tiers.
En ce qui a trait aux substances illicites, 10.2% des femmes ont déclaré avoir fait l'usage de cannabis au cours des douze derniers mois (comparativement à 18.2% des hommes) et 1.8% des femmes ont déclaré avoir consommé l'une des cinq drogues illicites (cocaïne, speed, hallucinogènes, ecstasy et héroïne) au cours des douze derniers mois (comparativement à 4.3% des hommes) (Adlaf et al., 2005).
Les cliniciens et les chercheurs admettent qu'il est important d'être sensible aux différences entre les sexes et à leurs besoins particuliers pendant l'élaboration et la prestation de services de traitement destinés aux femmes (Covington, 1998). Les femmes composent néanmoins un groupe hétérogène, marqué par des différences entre elles, différences qui influent sur leurs besoins et leurs points forts, ainsi que sur la pertinence et l'efficacité des interventions.