Depuis quelques années, on constate une augmentation générale de la consommation d'alcool et d'autres drogues, et des problèmes qui y sont associés, au Canada. Les gouvernements et les organismes non gouvernementaux font l'objet de pressions pour trouver des solutions efficaces à ce problème. Le présent compendium présente une orientation fondée sur l'expérience clinique pour la mise en place d'un vaste éventail de programmes et d'activités de prévention, et devrait intéresser les éducateurs, les promoteurs communautaires, les promoteurs de la santé, les agents chargés de l'application de la loi et le personnel infirmier en santé publique.
Le présent compendium traite des questions, des principes et des programmes de prévention qui s'adressent à tous les jeunes, aussi bien ceux du courant majoritaire que les marginaux, et examine un ensemble de structures, des écoles jusqu'à la rue. Bien que certaines initiatives axées sur la prévention au stade de la petite enfance aient donné d'excellents résultats, nous n'en avons pas tenu compte ici. De même, les programmes de prévention du tabagisme ou de l'usage de drogues permettant de rehausser la performance n'ont pas été retenus, sauf lorsqu'ils avaient des résultats sur la consommation d'autres substances. Enfin, les initiatives en matière de politique ont été prises en compte uniquement lorsqu'elles étaient reliées à la programmation; elles ont toutefois fait l'objet de discussions, car elles sont un pivot important des services directs présentés dans ce compendium.
Parce qu'il est crucial que la prise de décisions soit basée sur des données précises, on trouvera ici une discussion détaillée sur la tendance actuelle de la consommation de drogues chez les jeunes Canadiens. Des programmes ayant fait leurs preuves ou qui nous sont apparus prometteurs sont également décrits en détail. Tous les efforts ont été déployés pour recueillir des données pertinentes auprès des chercheurs et des promoteurs de programmes, notamment des données sur les objectifs, les résultats attendus, les principes de prévention appliqués et, lorsque cela était possible, des données sur les coûts. Pour chaque programme, on trouvera en outre les coordonnées des personnes-ressources.
Chacun des programmes s'inspire d'un certain nombre de principes de prévention. Toutefois, avant d'adopter un programme d'emblée, il conviendrait d'examiner tous ceux qui se rapprochent le plus des principes que préconisez vous-même.
La discussion présentée dans chacune des sections est assez détaillée. Les personnes intéressées à en savoir davantage pourront consulter la documentation et les sources citées. Nous avons inclus en annexe une liste de vérification pour guider l'analyse des programmes en relation avec les principes de prévention. On trouvera également en annexe des outils et des ressources pour ceux et celles qui veulent poursuivre plus avant la recherche.
Prévention des problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues : Nous avons retenu cette expression parce qu'elle englobe deux volets de la prévention : a) les activités visant à encourager les jeunes à ne pas consommer et b) les activités visant à inciter ceux qui consomment à éviter les pratiques à haut risque qui peuvent entraîner de graves problèmes ou des méfaits.
Jeunes : Pour les fins de ce compendium, la population des jeunes est celle des adolescents. Étant donné que le développement psychosocial est souvent retardé chez les jeunes à haut risque, les programmes à l'intention de ces jeunes sont considérés jusqu'à l'âge de 24 ans. La prévention doit nécessairement commencer avant la période qui nous intéresse; c'est pourquoi les pré-adolescents (7 à 12 ans) ont aussi fait l'objet de la recherche. Comme les jeunes ne sont pas une population homogène, nous subdivisons parfois les populations; ces distinctions sont fondées sur le sexe, le milieu urbain et rural, le niveau de risque, le contexte culturel et le stade du développement psychosocial.
Prévention universelle, sélective et indiquée : Dans le présent compendium, ces termes remplacent les termes « prévention primaire » et « prévention secondaire » (la « prévention tertiaire » désignant le traitement). Le modèle a d'abord été décrit par R. Gordon en 1987 et a été adapté en 1994 par le US Institute of Medicine Committee qui s'occupe de la prévention des maladies mentales. Il a été appliqué à la consommation d'alcool et d'autres drogues par le National Institute on Drug Abuse dans une publication (1997) intitulée Preventing Drug Use Among Children and Adolescents: A Research-based Guide. Les termes sont discutés plus en détail dans la section sur les principes de prévention.
L'une des prémices fondamentales de ce compendium veut que les activités de prévention soient exercées à partir de la meilleure information disponible sur la nature et l'ampleur de la consommation chez les jeunes. La section 2 situe le contexte des discussions présentées par la suite sur les principes et les programmes, et décrit en détail les tendances actuelles de la consommation chez les jeunes au Canada. L'information est extraite d'une analyse des enquêtes gouvernementales les plus récentes et d'importants articles publiés dans des revues scientifiques sur l'épidémiologie de la consommation d'alcool et d'autres drogues chez les jeunes Canadiens. On trouvera dans cette section toutes sortes de détails comme l'âge du début de la consommation, les différences entre les garçons et les filles, l'âge où la consommation est la plus élevée et les problèmes qui découlent de la consommation. La section suivante montre comment ces données peuvent orienter l'élaboration des programmes.
La section 3 présente 14 principes qui ont fait consensus parmi l'équipe du projet et le comité directeur quant aux facteurs les plus importants dont il faut tenir compte dans l'élaboration et la mise en oeuvre de programmes de prévention des problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues chez les jeunes. Ces principes découlent d'un examen exhaustif de la littérature et d'autres énoncés consensuels d'organismes faisant autorité.
Lorsqu'un responsable de programme élabore un nouveau programme, révise un programme existant ou considère l'achat d'un programme sur le marché, ces principes sont d'excellents points de repère.
Cette section décrit et analyse 33 programmes dont les buts, les groupes-cibles et le mode de fonctionnement sont très diversifiés, mais qui se sont avérés efficaces à la suite d'une rigoureuse évaluation. Parmi ces programmes, huit sont axés sur les besoins particuliers des jeunes utilisateurs de drogues par injection. Pour déterminer les programmes retenus, nous avons :
Cette section donne la description de 39 programmes canadiens, dont huit sont axés sur les jeunes utilisateurs de drogues par injection. Parmi ces derniers programmes, nous avons inclus des programmes de traitement qui visent notamment à prévenir les méfaits associés à l'usage de drogues par injection. Pour déterminer les programmes retenus, nous avons :
Nous avons consacré beaucoup d'efforts à la tenue d'une vaste enquête et nous avons suivi une méthode rigoureuse pour établir le présent compendium. Il convient toutefois de signaler les points suivants :