Trop souvent, les programmes actuels de prévention auprès des jeunes ne sont pas appuyés par des données scientifiques. Parallèlement, de plus en plus de programmes qui obtiennent du succès ne connaissent pas une très large diffusion. Même si le degré de réussite des programmes évalués jusqu'ici est souvent faible, on comprend mieux maintenant quels sont les « ingrédients » importants des programmes prometteurs de prévention des problèmes attribuables à la consommation chez les jeunes, et ils sont incorporés aux principes présentés ici. Peu importe que le promoteur adopte un programme tout fait ou élabore son propre programme, il conviendra qu'il se fonde sur ces principes pour en assurer la bonne marche. Un bon moyen consisterait à choisir le programme exemplaire le plus rapproché des principes sur lesquels il veut insister et de s'en servir comme cadre de référence.
Il faut s'employer à faire mieux connaître ces principes et à veiller à ce que les communautés locales, les planificateurs et les concepteurs de programmes aient facilement accès à de solides bases de données de recherche et à de bons outils. L'amélioration des données, aussi bien quantitatives que qualitatives, est fondamentale pour l'élaboration de programmes qui reposent sur des résultats de recherche. Dans n'importe quelle communauté, les planificateurs doivent avoir une vision globale et planifier et mettre en oeuvre des programmes et des stratégies intégrés. Les programmes doivent être de portée universelle et être assortis de fines stratégies si l'on veut rejoindre un vaste auditoire et « préparer le terrain » pour d'autres programmes plus étroitement ciblés. Il faut des programmes de prévention pour les jeunes et les familles « à risque », et des programmes et services plus intensifs pour les personnes aux prises avec de plus graves problèmes.
Il faut mener et financer plus d'évaluations de programmes canadiens qui tentent d'appliquer les principes énoncés ici. Des évaluations qui exploreraient les éléments et les principes qui donnent de meilleurs résultats seraient fort utiles pour la conception de programmes ayant un meilleur rapport coût-efficacité dans le futur. Les concepteurs et les prestateurs de programmes doivent aussi surveiller de plus près les coûts de mise en oeuvre, de sorte que le programme fasse au moins ses frais et qu'il ne soit pas prohibitif au point de décourager toute tentative de le reproduire. Lorsqu'ils veulent lancer un programme, les promoteurs et les bailleurs de fonds doivent se concerter afin de pouvoir disposer des ressources dont ils auront besoin pour l'exécuter à court et à long terme.
Lorsque nous avons élaboré et publié le présent compendium, ce fut dans l'espoir qu'il pourrait renforcer la capacité des communautés de tout le Canada de planifier et d'exécuter des programmes qui reposent sur des fondements scientifiques et qui serviront à prévenir ou à réduire les problèmes attribuables à la consommation chez nos jeunes. En conjuguant les connaissances et les outils fondées sur la recherche à l'engagement et à l'énergie que déploient les communautés, nous sommes convaincus de pouvoir faire toute la différence.