Une liste d'experts clés a été établie de concert avec les membres du Groupe de travail pour le Cadre de responsabilisation et d'évaluation et pour le Plan de recherche pour le Programme de traitement et de réadaptation en matière d'alcoolisme et de toxicomanie (TRAT) de Santé Canada. Vingt-neuf experts clés ont été sélectionnés au pays, chaque province et le territoire du Yukon étant représentés. Les tableaux 3 et 4 donnent la provenance et la profession des experts clés interviewés :
| Yukon | 2 |
| Colombie-Britannique | 6 |
| Alberta | 2 |
| Saskatchewan | 1 |
| Manitoba | 4 |
| Ontario | 5 |
| Québec | 1 |
| Nouveau-Brunswick | 2 |
| Nouvelle-Écosse | 1 |
| Île-du-Prince-Édouard | 1 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 4 |
Rôles des experts clés |
Nombre d'experts clés |
|---|---|
| Travailleurs de première ligne -intervention directe, counseling, intervenants au nom des pairs ou soins à domicile |
14 |
| Prestation directe et administration de services |
8 |
| Postes gouvernementaux | 4 |
| Professeur/chercheur | 3 |
Le tableau 5 fournit des renseignements sur la diversité de la formation des experts clés.
| Nombre d'experts clés qui ont répondu à la question : 29 * Certains experts clés ont indiqué plusieurs domaines de formation. | |
Formation |
Nombre de |
|---|---|
| Travail social | 12 |
| Médecine et soins infirmiers | 10 |
| Psychologie | 7 |
| Administration | 3 |
Les experts clés ont été contactés par des représentants de chaque province et territoire qui avaient une expertise dans le domaine des services de traitement pour les personnes aînées ayant des problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues. Les entrevues étaient structurées et portaient sur un éventail de considérations ayant trait au traitement et à la prestation de services, dont les suivantes :
Les données provenant des entrevues avec les experts clés ont ensuite été compilées et analysées selon les thèmes.
On a demandé aux répondants de nommer les programmes, les cliniciens, les chercheurs et la documentation qui ont contribué à l'avancement des services de traitement pour les personnes aînées ayant des problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues. Le Community Outreach Program in Addictions (COPA) à Toronto a été cité à maintes reprises comme l'un des services les plus marquants et les plus reconnus en la matière. De nombreux répondants connaissaient également le travail de Spencer pour ce qui est de mieux faire connaître les programmes pour les personnes aînées et de mobiliser les ressources.
À l'exception des travaux de McKim et de Mishira, de nombreux répondants ont souligné qu'il existe très peu de documentation spécifique aux problèmes des personnes aînées attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues. Les experts clés ont signalé que les approches les plus généralisées du traitement en matière de consommation d'alcool et d'autres drogues ont habituellement été adaptées dans ce domaine spécialisé. Parmi les exemples cités, mentionnons la technique d'entrevue motivationnelle de Miller et de Rollnick, ainsi que le modèle de Prochaske et DiClements des stades de changement qui mettent en évidence le traitement centré sur le client et l'adaptation des stratégies de traitement au besoin particulier du client. Ils ont cité d'autres chercheurs, dont Bowen et Bolby, qui ont écrit sur la dynamique familiale et Roland Atkinson qui souligne la nécessité d'avoir des approches spécifiques pour les personnes aînées.
Les répondants ont reconnu que le Community Outreach Program in Addictions et les approches axées sur la réduction des méfaits incorporent les philosophies les plus importantes et les plus utiles pour de nombreux cliniciens, à savoir :
a) Alcool
Les experts clés ont mentionné que les principaux facteurs de risque pour la consommation excessive d'alcool comportaient :
Les pertes du conjoint ou d'un membre de la famille que vivent les personnes aînées peuvent agir comme un facteur de risque important pour les problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues. Les rôles qu'assumaient la personne décédée ne peuvent plus être remplis, ce qui a un effet sur les soins, la santé, la mobilité, les activités sociales ou la stabilité financière de la personne aînée. Si une personne aînée vit plusieurs pertes et a peu de temps pour se remettre entre ces pertes, l'isolement peut s'accroître, menant à la solitude et à l'ennui, ce qui peut ensuite exacerber les tendances de consommation d'alcool et d'autres drogues.
Les experts clés ont souligné d'autres facteurs de risque, dont :
Les experts clés ont souligné que l'alcool est attrayant pour les personnes aînées, compte tenu de son acceptation sociale et de sa facilité d'accès. L'alcool peut également servir à gérer une douleur chronique. Les personnes aînées peuvent consommer de l'alcool ou le combiner avec des médicaments pour atténuer des symptômes d'autres affections médicales chroniques. Certains peuvent également croire qu'il les aidera à mieux dormir malgré les preuves à l'effet du contraire.
| Nombre d'experts clés qui ont répondu à la question : 28 | |
Facteurs de risque pour les problèmes attribuables à la consommation d'alcool |
Nombre de |
|---|---|
| Solitude ou isolement et ennui | 23 |
| Pertes multiples ou consécutives | 19 |
| Antécédents familiaux ou personnels | 15 |
| Affections chroniques | 15 |
| Comorbidité psychiatrique | 12 |
| Changements physiologiques attribuables au vieillissement |
8 |
| Facilité d'accès | 5 |
b) Drogues illicites
Les experts clés ont indiqué qu'il n'y a pas une grande consommation de drogues illicites parmi les personnes aînées. Cependant, elles s'attendent à ce que les problèmes soient plus évidents à mesure que les membres de la génération du baby-boom vieilliront, car ils auront eu différentes expériences avec des drogues comme la cocaïne, la marijuana, l'héroïne et des médicaments sur ordonnance achetés sur le marché illicite.
Les experts clés ont souligné que, lorsque la consommation de drogues illicites est observée chez les personnes aînées, les drogues peuvent être consommées pour leurs effets analgésiques ou euphoriques. Ils ont ajouté que les personnes aînées peuvent être plus susceptibles à un abus si ces dernières sont isolées, s'ennuient ou se sentent seules. De plus, elles sont plus à risque si elles ont des antécédents de consommation ou si elles ont été exposées à d'autres personnes consommant des substances illicites.
Les experts clés ont souligné que les facteurs de protection par rapport à l'abus de substances illicites comprennent :
| Nombre d'experts clés qui ont répondu à la question : 28 | |
Facteurs de risque pour la |
Nombre de |
|---|---|
| N'est pas encore un problème | 20 |
| Effets des drogues | 7 |
| Ennui, isolement et solitude | 7 |
| Antécédents de consommation | 4 |
| Exposition aux usagers | 3 |
c) Médicaments sur ordonnance
Les experts clés ont le plus souvent attribué les problèmes de consommation de médicaments sur ordonnance à la surprescription par les médecins, combiné à l'absence de questions de la part des personnes aînées. Certaines de ces dernières pourraient supposer que les médicaments sur ordonnance ne sont pas néfastes si leurs médecin les a recommandés. Des personnes aînées peuvent s'attendre, étant donné que le médicament est disponible, à ce que celui-ci soit prescrit au premier signe d'un malaise.
Les experts clés ont recommandé que les médecins reçoivent une formation plus poussée dans l'ajustement des doses à un métabolisme plus lent des personnes aînées. Les experts clés suggèrent également qu'il y ait un accent sur la consultation des antécédents de médicaments propre aux personnes aînées. Voici d'autres facteurs agissant sur la surprescription des médecins :
Voici d'autres facteurs qui peuvent contribuer au mauvais usage de médicaments chez les personnes aînées :
Les experts clés soulignent que l'abus de médicaments sur ordonnance est souvent observé avec les produits suivants :
| Nombre d'experts clés qui ont répondu à la question : 28 | |
Médicaments sur ordonnance dont |
Nombre de |
|---|---|
| Produits à base d'opiacé et de codéine | 25 |
| Benzodiazépines | 18 |
| Somnifères | 13 |
| Médicaments contre l'anxiété | 9 |
| Anti-dépressifs | 5 |
d) Médicaments en vente libre
Parmi les facteurs de risque qu'ont nommés les experts clés pour le mauvais usage ou l'abus de médicaments en vente libre, mentionnons :
Les médicaments en vente libre sont parfois combinés avec des médicaments sur ordonnance, soit par inadvertance à cause d'un manque de sensibilisation face aux intéractions, ou intentionnellement pour intensifier l'effet des médicaments sur ordonnance. Les troubles du sommeil et la douleur sont les affections qui mènent le plus souvent à l'auto-médication. Les experts clés ont signalé que les médicaments en vente libre le plus souvent consommés par les personnes aînées sont les analgésiques, les somnifères, les remèdes contre la toux et le rhume et de même que les laxatifs.
| Nombre d'experts clés qui ont répondu à la question : 26 | |
Facteurs de risque pour le mauvais |
Nombre de réponses d'experts clés |
|---|---|
| Manque de connaissance des intéractions | 14 |
| Absence de mécanismes d'avertissement ou de protection |
7 |
| Mauvaise présentation de l'information sur les étiquettes |
7 |
| Intention d'intensifier l'effet des médicaments sur ordonnance |
5 |
| Métabolisme au ralenti | 5 |
| Difficulté de contrôler la consommation de médicaments en vente libre ou de déceler un problème |
4 |
| Facilité d'accès | 3 |
e) Médicaments alternatifs ou herbes médicinales
Les experts clés ont déclaré que, tout comme les médicaments en vente libre, la consommation d'herbes médicinales et de médicaments alternatifs est difficile à contrôler, ce qui limite la possibilité d'établir les patrons de problèmes de consommation. L'absence de normes et de connaissances scientifiques concernant les ingrédients actifs, les doses et les modèles d'intéraction avec les médicaments sur ordonnance a pour effet également de jeter de la confusion quant à toute tentative d'obtenir une perspective sur les effets du mauvais usage de médicaments alternatifs. Plusieurs experts clés se sont préoccupés du fait que les personnes aînées pourraient s'attendre à ce que les herbes médicinales soient sûres puisqu'elles sont naturelles. Ces préoccupations s'appliquent également aux communautés ethno-culturelles Autochtones qui ont recours aux médecines conventionnelles.
| Nombre d'experts clés qui ont répondu à la question : 25 | |
Facteurs de risque pour le mauvais |
Nombre de |
|---|---|
| Difficile de contrôler la consommation | 8 |
| Ne pas connaître les effets | 7 |
| Ne pas connaître les intéractions avec d'autres substances |
7 |
| Naturel peut être perçu comme étant sûr |
5 |
f) Substances multiples
Les problèmes de consommation de plusieurs substances peut désigner la consommation d'alcool avec des médicaments sur ordonnance ou la combinaison de plusieurs médicaments sur ordonnance, de médicaments en vente libre, de drogues illicites ou de médicaments alternatifs. Les experts clés ont signalé que les substances sont souvent combinées parce que la personne aînée ou son médecin pourrait ignorer les risques associés à certaines intéractions médicamenteuses. Il est possible que les médecins n'examinent pas les antécédents en matière de médicaments de la personne aînée ou qu'ils n'y ont pas accès. Par ailleurs, la personne aînée peut combiner les médicaments pour produire une réaction ou un effet particulier, ou pour accroître la dose. Les personnes aînées qui ont des problèmes de santé ont souvent besoin de plusieurs médicaments sur ordonnance qui, même lorsqu'ils sont utilisés de façon appropriée, peuvent créer des problèmes.
| Nombre d'experts clés qui ont répondu à la question : 28 | |
Facteurs de risque pour le mauvais |
Nombre de |
|---|---|
| Ignorer les intéractions | 10 |
| Combiner pour intensifier les effets | 3 |
| Ne pas être en bonne santé | 4 |
| Pratiques de surprescription | 2 |