Les prestataires de services se rendent de plus en plus compte qu'il importe de se pencher sur les problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues dans le contexte d'autres problèmes, y compris les préoccupations relatives à la santé mentale, à la violence et au VIH. De plus, il faut aborder les grands déterminants de la santé de la femme tout en tenant compte des problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues. Les répercussions à l'égard de l'approche sont nombreuses.
Les organismes de traitement et de réadaptation de l'alcoolisme et de la toxicomanie doivent continuellement élargir leurs programmes d'approche pour y inclure d'autres organismes et professionnels qui travaillent auprès des femmes et sont en mesure de diriger celles qui ont des problèmes attribuables à la consommation d'alcool et d'autres drogues vers des programmes de traitement et de réadaptation. Il faut aborder la question de désinformation relative à la consommation d'alcool et d'autres drogues en soi et les besoins du processus de rétablissement afin de sensibiliser et d'éduquer tous les prestataires de services collatéraux. Les stratégies permettant d'y parvenir comprennent notamment la distribution de documentation de promotion décrivant les services de programmes particuliers, la création et la stimulation d'occasions visant l'établissement de réseaux interdisciplinaires, la présentation de sujets connexes lors de conférences ainsi que le recours aux réseaux établis comme le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT).
Il faut tracer le profil des programmes et services en matière d'alcoolisme et de toxicomanie afin d'encourager les autres organismes et professionnels à coopérer et à collaborer avec ceux qui oeuvrent dans le domaine du traitement et de la réadaptation de l'alcoolisme et de la toxicomanie.
Des stratégies supplémentaires en matière d'approche visant à encourager les autres organismes et professionnels à aiguiller les femmes vers des programmes de traitement et de réadaptation pourraient inclure :
L'apport d'un soutien à leur pratique. En distribuant de la documentation et des affiches ainsi que des exemples de questions à utiliser lors du dépistage de la consommation d'alcool et d'autres drogues; en enseignant les stratégies d'intervention de base dans les collèges communautaires et les universités locaux.
L'établissement de points communs en ce qui a trait à l'approche. Par exemple, les théories progressives axées sur les compétences dans les domaines de la psychologie et du rétablissement à la suite de traumatismes.
Il est important de traiter les obstacles afin d'améliorer l'accès aux femmes. Voici des façons pour y parvenir :
Rendre le traitement compatible avec le rôle de mère. Les femmes doivent savoir qu'elles peuvent choisir parmi divers programmes qui incluent la garde de leurs enfants ou un soutien en vue de leur trouver des endroits sûrs.
Offrir une gamme de services. On peut accroître de beaucoup l'accès en offrant un éventail de services qui tiennent compte des questions clés du secteur de la santé (par exemple, les traumatismes, le tabagisme, les besoins culturels particuliers) ainsi que le traitement et la réadaptation pour les problèmes liés à la consommation d'alcool et d'autres drogues. Les femmes réagissent de façon plus positive lorsqu'elles comprennent que toutes leurs préoccupations seront traitées.
Rendre le traitement abordable. Un traitement de jour intensif représente une solution pour les femmes qui n'ont pas les moyens financiers de participer à un programme en résidence. Le traitement de jour est plus abordable pour les femmes qui n'ont pas à se déplacer sur de longues distances. Il est également utile de payer les frais liés à la garde des enfants et au transport par autobus. Le travail de groupe en clinique externe constitue une bonne solution ou un complément au traitement résidentiel.
Offrir des programmes de réduction des méfaits en tant qu'alternative aux autres services. Des approches de réduction des méfaits n'exigeant pas l'abstinence et apportant un soutien à tout changement qu'elles peuvent apporter peut permettre un meilleur accès au traitement pour certaines femmes, plus particulièrement les femmes enceintes et les nouvelles mères. L'accent est mis sur les facteurs sociaux et de santé qui peuvent éliminer les pressions de consommer de l'alcool ou d'autres drogues.
Nancy a conclu sa présentation en insistant sur le besoin de définir les valeurs dans le travail sur la dépendance au niveau des services et de l'ensemble du système. Des valeurs clairement définies constituent le fondement de tous les services offerts aux femmes.
Approche
Réitérer l'importance de l'approche. Il faudrait se livrer à des activités d'approche malgré les risques d'alourdir le système avec de nouvelles clientes. L'objectif visé devrait inclure le traitement, la réadaptation et l'éducation. Dans le cadre de cette approche, il faut trouver les femmes là où elles sont dans des milieux différents et donner suite aux clientes orientées vers des services spécialisés.
Communication avec les clientes potentielles et le public
La communication orale est plus efficace que la documentation écrite. On préfère les tribunes radiophoniques, les présentations à des groupes communautaires et d'autres occasions de parler en personne des problèmes liés à la consommation d'alcool et d'autres drogues à la documentation écrite. Les messages devraient être axés sur les femmes, insister sur le fait que le traitement représente la première étape, mettre en évidence la gamme de services offerts et, si tel est le cas, mentionner qu'ils sont gratuits.
On peut avoir recours à la documentation écrite, mais elle doit être en langage clair et facile à télécopier ou à copier. On considère que la documentation écrite portant sur les problèmes difficiles que vivent les femmes rejoint plus efficacement de nouvelles clientes que si l'on ne traite essentiellement que des problèmes liés à la consommation d'alcool et d'autres drogues, (par exemple la brochure intitulée « Tu ne peux pas venir chez moi », élaborée par la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances et s'adressant aux enfants et les effets d'une dépendance).
Éducation des personnes en position d'aiguiller les clientes
Il existe un besoin de former les étudiants en médecine, en soins infirmiers et en travail social à l'université ou au collège ou dans les milieux communautaires. Dans certains cas, des universités offrant des programmes menant à l'obtention d'un diplôme ont invité des services de toxicomanie à participer à l'élaboration de programmes de cours. La rencontre entre les étudiants et les clientes au sein même de l'organisme peut constituer une approche éducative efficace. Des ateliers d'éducation pourraient être offerts aux médecins.
Renforcer l'autonomie des clientes
Les renseignements et le soutien obtenus grâce à des sites Web, des services de dialogue en ligne, des services d'aide téléphonique et des numéros 1-800 peuvent permettre aux clientes d'accroître leur autonomie.