Les experts ont décrit un certain nombre de meilleures pratiques en matière de services de dépistage, de prise de contact et d'engagement pour les jeunes en traitement. Les commentaires des experts ont été divisés en quatre catégories générales :
Les experts ont souligné l'importance que le personnel étende ses services de dépistage à tous les lieux de la collectivité où les jeunes se rassemblent (centres commerciaux, écoles, rues, centres de santé mentale, clubs, établissements de loisirs). Ils ont mis l'accent sur l'importance d'avoir des liens étroits avec les écoles ainsi qu'une présence renforcée dans celles-ci.
Ne vous attendez pas à ce que les jeunes marginaux se présentent d'eux-mêmes, il faut aller à leur rencontre dans les centres commerciaux, les arcades, les centres d'accueil et les écoles.
Les experts ont souligné le fait que les « services de dépistage de traitement » ne portaient pas uniquement sur l'emplacement géographique mais que cela correspondait à un certain type de relation entre le personnel et les clients.
Les travailleurs de rue se placent au même niveau que les jeunes de la rue; les travailleurs démontrent de la compassion et ils peuvent répondre à des besoins pratiques.
Les programmes d'alcoolisme et de toxicomanie doivent permettre de créer des liens de collaboration et de soutien à long terme avec les gens de la collectivité qui travaillent directement avec les jeunes, surtout le personnel scolaire. Les répondants ont souligné l'importance que les programmes soient accessibles, pour les jeunes, de manière conforme à leurs besoins (par exemple au moyen d'un service d'accueil). Les jeunes devraient être en mesure d'accèder à un certain niveau de services à tout moment sans être limité par les heures de bureau. Cet aspect est particulièrement important pour les jeunes de la rue. Les répondants ont également noté qu'il devrait y avoir moins de restrictions au sujet de la phase initiale de services. La démonstration d'un comportement violent devrait être l'une des rares restrictions qui entraînerait le renvoi à un programme plus spécialisé pour répondre aux besoins des jeunes qui souffrent de graves problèmes comportementaux.
Les experts ont décrit bon nombre de caractéristiques relevant de meilleures pratiques en matière des approches et de la philosophie des programmes. Il s'agit des éléments suivants :
De nombreux autres professionnels (enseignants et conseillers, personnes oeuvrant dans le domaine de la santé mentale, travailleurs de rue) sont les premiers points de contact pour les jeunes. Les experts ont souligné le fait que les employés des programmes doivent fournir de la formation et maintainir des relations de soutien et de collaboration avec ces personnes afin de simplifier l'accès au traitement. Les experts ont également déterminé que les programmes devaient intégrer des stratégies visant à simplifier l'accès aux membres de la famille qui veulent apporter leur soutien, avant même d'entrer en contact avec le jeune.
Il arrive souvent qu'un parent ou un ami appelle au sujet d'un adolescent; les organismes devraient être prêts à rencontrer ces gens, peut-être même sans l'adolescent lors de la première rencontre.
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Notre programme transmet une lettre d'orientation et d'invitation à tous les parents des adolescents liés au programme de traitement pour les jeunes.
On est parvenu à un consensus général sur les deux éléments de traitement qui suscitaient la participation des clients.
Nous effectuons des sorties de plein air (kayak), sous la supervision d'une personne occupant un poste clé, avec un ou deux jeunes. Nous les remettons sur pied, les aidons avec la désintoxication, les mettons sur la bonne voie puis les confions aux services de counselling.
Il y a relativement peu de documents qui traitent précisément des aspects du traitement qui permettent de susciter la participation des clients au traitement. Spooner a émis l'observation suivante :
Les services tendent à être peu attirants pour les adolescents : les adolescents ont peur de la plupart des services, des membres du personnel et de la manière dont ils vont être traités. Cela constitue un obstacle à la recherche d'un traitement et, une fois qu'ils y sont inscrits, les adolescents ne désirent pas continuer à recevoir des services qu'ils n'aiment pas et pour lesquels ils ne se sentent pas à l'aise.
(Spooner, 1996 : 29)
Spooner en a conclu que le milieu physique du traitement devait être attirant et ne pas faire penser à une clinique. L'atmosphère doit être relaxante et détendue tout en étant dynamique. Brown a noté que les établissements de traitement conçus pour offir un traitement aux adultes projettent parfois une ambiance de clinique qui repoussent les jeunes clients. Il a également déclaré ce qui suit :
Plutôt que de mettre l'accent sur les rendez-vous qu'il faut prendre et respecter, il faudrait adopter un calendrier de travail qui permette aux jeunes de se présenter sans préavis afin d'obtenir certains services. (Brown, cité par Spooner, 1996 : 39)
Une étude menée par Aquilar et Munson (1992) démontre l'utilité des loisirs et de la récréation à titre de stratégies d'intervention et de traitement pour les jeunes qui ont des problèmes d'alcool ou de drogues; cependant, elle ne permet pas d'établir de liens entre ces conclusions et la participation des clients.