Les discussions ont été en partie centrées sur les problèmes méthodologiques liés à la surveillance de l'usage du tabac. Les trois principaux défis sont les suivants.
Sous-déclaration du tabagisme : les fumeurs étant de plus en plus mis à l'écart et victimes de stigmatisation, ils sont de plus en plus réticents à déclarer qu'ils fument. La sous-déclaration peut devenir particulièrement pertinente dans le cas des femmes enceintes, des jeunes, des parents de jeunes enfants et des jeunes adultes.
Utilisation accrue des cellulaires : l'utilisation accrue des cellulaires a d'importantes répercussions sur la méthodologie des enquêtes téléphoniques. Joindre des personnes qui ont un cellulaire mais pas de téléphone conventionnel s'avère une tâche particulièrement ardue, car les méthodes traditionnelles permettant de puiser dans les banques de numéros de téléphone pour constituer des échantillons ne s'appliquent pas aux cellulaires et l'utilisation de ces appareils pour fins d'enquête pose un problème si les répondants doivent assumer les frais d'utilisation du réseau. Les participants à l'atelier ont recommandé de pousser la recherche afin de trouver des manières d'utiliser à bon escient, pour des fins de surveillance, les nouvelles technologies, par exemple la messagerie alphabétique.
Restrictions quant à la taille de l'échantillon : à mesure que les taux de prévalence fléchissent, il se peut qu'on doive axer les efforts de surveillance sur des sous-groupes particuliers de fumeurs afin d'évaluer certains groupes cibles. Les participants à l'atelier ont fait part de leurs préoccupations concernant la difficulté de plus en plus grande d'obtenir des échantillons de taille suffisante et de justifier la constitution d'échantillons importants qui sont nécessaires à l'obtention d'un nombre suffisant de données. Par exemple, il serait difficile et onéreux de constituer un échantillon suffisamment robuste en vue de la réalisation d'une enquête ciblée sur les personnes qui ne font pas quotidiennement usage du tabac.
Notre compréhension toujours plus grande des mécanismes et trajectoires du comportement tabagique et des tendances observées à cet égard nous amène à croire que nous devrions adopter un plan, pour une période de cinq à dix ans, à l'appui des outils de surveillance de pointe. Ces outils de surveillance continueront alors d'être utilisés, de façon soutenue, pour tous les aspects de la lutte contre le tabagisme. Un plan stratégique doit être mis au point afin de définir et de prévoir les besoins ainsi que d'élaborer les mesures visant à répondre à ces derniers. Il est également nécessaire d'étudier des manières de surmonter les obstacles méthodologiques relevés. Vous trouverez à l'annexe B le résumé détaillé des discussions et des recommandations des participants à l'atelier concernant les questions qui devront faire l'objet d'une recherche.
Les participants à l'atelier sont tous d'avis que les recommandations de 1994 continuent de répondre à nos besoins actuels en matière de surveillance de l'usage du tabac et continueront de le faire dans l'avenir. Au cours des discussions, il est ressorti clairement que le recours à une seule série de questions de base recommandées ne permettrait pas de tenir compte de toutes les applications. Par conséquent, les participants ont recommandé d'avoir recours à trois séries de questions aux fins des diverses applications du domaine de la surveillance et de la recherche, selon l'ampleur des données nécessaires sur les comportements tabagiques.