Voici le résumé des discussions tenues à l'atelier de 2005 concernant les recommandations de 1994. Les questions sont énumérées dans le même ordre que dans le rapport de l'atelier de 1994.
1. Actuellement, fumez-vous des cigarettes tous les jours, à l'occasion ou jamais?
Les participants à l'atelier de 1994 ont recommandé de faire de cette question une question standard afin d'établir rapidement les habitudes des répondants. De l'avis général de ceux qui ont pris part à l'atelier de 2005, cette question est encore utile pour déterminer promptement le statut de fumeur et elle doit être un élément de base de la série minimale de questions à laquelle on recommande d'avoir recours pour toute recherche visant à établir les habitudes de consommation du tabac.
Cette question vise à déterminer si une personne fume quotidiennement ou non (en d'autres termes, moins souvent que tous les jours), ou si elle ne fume pas du tout. L'une des préoccupations soulevées à l'atelier de 2005 était que certains répondants pourraient mal interpréter l'expression « à l'occasion ». Certains pourraient penser que fumer « à l'occasion » n'est pas synonyme de faire un usage « non quotidien » du tabac ou de fumer « certains jours » et en arriver plutôt à la conclusion que cette expression englobe l'usage quotidien, mais peu fréquent, du tabac, comme s'il s'agissait de « fumer à l'occasion au cours de la journée ». Ce problème peut être particulièrement grave dans le cas des jeunes, qui peuvent avoir des habitudes plus sporadiques en matière de tabagisme (p. ex. consommation excessive de cigarettes les fins de semaine). Les participants sont conscients de la possibilité que les personnes qui fument quotidiennement un petit nombre de cigarettes constituent un groupe qui devrait faire l'objet de recherches ultérieures afin de pouvoir mieux analyser la composition de ce segment de fumeurs qualifiés d'« occasionnels ».
2. Avez-vous fumé au moins 100 cigarettes au cours de votre vie?
Cette question est devenue une question standard utilisée partout dans le monde pour étudier l'initiation au tabagisme et pour établir une distinction entre faire l'expérience du tabac et fumer sur une base régulière. Elle permet également de répartir en deux catégories les personnes qui répondent « jamais » à la question visant à déterminer les habitudes tabagiques : celle des anciens fumeurs (qui ont fumé 100 cigarettes ou plus au cours de leur vie) et celle des personnes qui n'ont jamais fumé (moins de 100 cigarettes au cours de leur vie).
Même si les participants admettent que cette question vise à identifier toute personne qui ne s'est pas contentée d'expérimenter le tabac, ils conviennent que 100 cigarettes est un nombre arbitraire choisi en l'absence d'éléments probants permettant de déterminer combien de cigarettes une personne doit fumer avant de contracter l'habitude de consommer régulièrement du tabac ou de se dire elle-même « fumeur » Toutefois, étant donné qu'il s'agit d'une question de référence établie, toute modification du nombre de cigarettes empêcherait la comparaison avec les données d'autres enquêtes et interromprait la série de données chronologiques recueillies jusqu'à présent. La recommandation suivante a été formulée en vue d'améliorer la question existante : préciser « (4 ou 5 paquets environ) » pour permettre aux répondants de se faire une idée de ce que 100 cigarettes représentent.
Les participants se mettent d'accord sur le fait que la question doit demeurer telle quelle et faire partie de la série minimale.
3. Avez-vous déjà fumé tout une cigarette?
4. Avez-vous déjà fumé la cigarette tous les jours?
Les questions 3 et 4 n'ont pas été débattues en profondeur. Les participants à l'atelier sont d'avis que ces questions sont nécessaires pour recueillir des données minimales aux fins du suivi de l'usage du tabac et qu'elles ne posent pas de problème. Par conséquent, ils ne recommandent pas d'y apporter des modifications. Ces questions doivent faire partie de la série minimale.
5. Au cours des 30 derniers jours, combien de jours avez-vous fumé au moins une cigarette?
6. Les jours où vous avez fumé, combien de cigarettes avez-vous généralement fumé?
7a. Chez certains fumeurs, le nombre de cigarettes fumées dépend du jour de la semaine. Donc, au cours des 7 derniers jours, à compter d'hier, combien de cigarettes avez-vous fumées? (même question pour chacun des sept jours précédents)
7b-g. Combien de cigarettes avez-vous fumées...(suivez les flèches pour les sept derniers jours)?
Il a été recommandé, en 1994, d'interroger les répondants sur la « quantité de cigarettes fumées en moyenne » au cours des 30 derniers jours (questions 5 et 6) et de les soumettre également à une série de questions à plus court terme qui sont cependant plus détaillées en vue de déterminer la quantité de cigarettes fumées quotidiennement au cours des sept derniers jours (questions 7a-g). L'approche du retour en arrière sur sept jours a été adoptée dans l'ESUTC.
Les participants s'entendent généralement pour dire que la méthode consistant à demander aux répondants de se souvenir du nombre de cigarettes fumées au cours des trente derniers jours est assez efficace dans le cas des fumeurs quotidiens parce qu'ils ont tendance à fumer chaque jour la même quantité de cigarettes, ce qui n'est pas le cas des personnes qui font un usage non quotidien du tabac et qui, chaque jour, consomment ou non un nombre variable de cigarettes. En revanche, ils sont d'avis que la période visée (soit les sept derniers jours) pour le rappel du nombre de cigarettes fumées quotidiennement n'est peut-être pas assez longue pour qu'on puisse relever des variations des habitudes de consommation chez les fumeurs occasionnels.
Étant donné que l'usage non quotidien du tabac croît en fonction de l'ensemble des fumeurs actuels, il est de plus en plus utile de suivre ce comportement à l'aide d'une question portant sur une période de sept jours. Les personnes qui, de temps en temps, font une consommation excessive de tabac, les personnes qui fument en société et les fumeurs épisodiques (personnes fumant peu de cigarettes, sur une base quotidienne ou non) forment également des sous-groupes qu'il vaudrait la peine d'étudier.
À l'heure actuelle, les questions 5 et 6 ne font pas partie de la série de questions de l'ESUTC parce que cette enquête comprend deux questions quelque peu différentes visant à recueillir des données sur le tabagisme au cours des 30 derniers jours. Les participants n'ont pas clairement recommandé qu'elles soient ou ne soient pas ajoutées, étant donné que les questions de l'ESUTC permettent déjà de saisir des données sur la consommation de tabac au cours des 30 derniers jours. Qui plus est, la question sur la consommation de tabac au cours de la période de sept jours est plus précise qu'une autre qui (comme la question 6) vise à connaître le nombre moyen de cigarettes fumées quotidiennement, et elle fournit plus de renseignements sur la variation du nombre de cigarettes fumées, qui est particulièrement intéressante dans le cas des fumeurs occasionnels.
Le fardeau que représente, pour les répondants, la question portant sur le cycle de sept jours a fait l'objet d'une discussion. Les participants ont jugé qu'il n'était pas suffisamment lourd pour qu'ils recommandent de laisser tomber cette approche ou d'en adopter une autre. Ils ont recommandé de conserver la question de rappel sous la forme qu'utilise à l'heure actuelle l'ESUTC, en signalant la possibilité de la développer plus tard et de mettre à l'essai des questions visant à mesurer la quantité de cigarettes fumées à des fins de recherche générale.
8. Quand avez-vous cessé de fumer?
9. Au cours de quel mois avez-vous cessé de fumer ?
Les participants à l'atelier de 1994 ont recommandé d'utiliser une seule question de base composée pour le suivi du renoncement au tabac. Cette question se lit comme suit : « Quand avez-vous cessé de fumer? » et comprend trois choix de réponses: « il y a moins d'un an » « il y a de 1 à 5 ans » et « il y a plus de 5 ans. » Les personnes qui avaient cessé de fumer moins d'un an auparavant ont été priées d'indiquer le mois et l'année du renoncement.
Chacune à leur manière, l'ESUTC et l'ESCC ont toutes deux modifié la formulation, qu'on recommandait d'adopter en 1994, des questions visant à déterminer quand les répondants avaient cessé de fumer. L'ESUTC a ajouté les options de réponse « 1 à 2 ans » et « de 3 à 5 ans », et seuls les répondants qui avaient cessé de fumer moins d'un an auparavant ont été priés d'indiquer le mois du renoncement. L'ESCC visait à obtenir des précisions quant aux trois années précédentes, priant les répondants d'indiquer l'année de renoncement s'ils avaient cessé de fumer plus de trois ans auparavant, et également le mois de renoncement s'ils avaient cessé de fumer au cours de l'année précédente.
Les participants à l'atelier estimaient que la question standard de 1994 pouvait être améliorée. Ils ont recommandé qu'on utilise les questions visant à déterminer à quel moment les répondants avaient renoncé au tabac pour la dernière fois afin de préciser en quelle année le renoncement avait eu lieu, même si les répondants avaient cessé de fumer longtemps auparavant, en priant ces derniers d'indiquer une seule année (et d'inclure le mois). Ils ont décidé que, lorsque les répondants avaient cessé de fumer au cours des 12 mois précédents, on devait au moins leur demander d'indiquer le mois du renoncement, en conformité avec les recommandations de 1994 et comme c'est le cas avec l'ESUTC. Les recommandations de 1994 diffèrent des approches adoptées dans le cadre de l'ESUTC en ce qui concerne les questions relatives au temps écoulé depuis le renoncement au tabac car, à l'heure actuelle, l'ESUTC prévoit des catégories d'options de réponse mieux définies (voir les descriptions ci-dessous) et, par conséquent, recueille plus de données.
Les participants ont signalé que, pour désigner le processus de renoncement au tabac dans la version anglaise des questionnaires des enquêtes, on devrait employer l'expression « stopping » plutôt que « quitting ». Toutefois, il a été décidé de ne pas modifier la formulation des questions afin de préserver la pérennité des données.
Pour ce qui est des tentatives d'abandon du tabac, les participants ont cerné plusieurs zones de contenu qui, à leur avis, devraient être ajoutées, entre autres le nombre de fois que le répondant a cessé de fumer l'an dernier pendant au moins 24 heures et durant au moins une semaine (fumeurs actuels). Ils ont recommandé la formulation adoptée dans l'ESUTC et l'inclusion des questions de base dans les séries standard et élargie.
De surcroît, pour ce qui est des anciens fumeurs, ils ont recommandé d'ajouter à la série élargie la question de l'ESUTC sur le nombre de tentatives faites par le répondant avant de réussir à cesser de fumer pour de bon. (Vous trouverez à l'annexe A cette question de base de l'ESUTC de même que d'autres qu'on recommande d'inclure dans la série élargie.)
10. À quel âge avez-vous fumé votre première cigarette? (posée aux répondants de tous les âges)
11. À quel âge avez-vous commencé à fumer la cigarette tous les jours ? (posée aux répondants de tous les âges)
Suivant les recommandations de 1994, seuls les répondants de moins de 20 ans devaient être priés d'indiquer à quel âge ils avaient fumé leur première cigarette et à quel âge ils avaient commencé à fumer quotidiennement. Même si la formulation de ces deux questions est demeurée essentiellement la même depuis les recommandations de 1994, elles sont toutes les deux posées aux répondants de l'ESUTC, quel que soit leur âge.
Les participants à l'atelier conviennent qu'il est bien de poser ces questions aux répondants de tous les âges et que celles-ci doivent être considérées comme faisant partie de la série standard de questions.
12a. Combien de personnes fument à l'intérieur de votre maison chaque jour ou presque chaque jour ?
12b. Dans une journée normale, combien de cigarettes sont fumées à l'intérieur de votre maison ?
13. (Si le répondant a un emploi) Dans votre milieu de travail, êtes-vous exposé(e) à la fumée de cigarette chaque jour ou presque chaque jour?
14. Ailleurs qu'à la maison (et dans le milieu de travail, si le répondant a un emploi), y a-t-il d'autres endroits où vous avez été exposé(e) à la fumée secondaire chaque jour ou presque chaque jour?
Les participants à l'atelier ont fait savoir qu'ils étaient tout à fait d'accord pour que les questions sur l'exposition à la fumée de tabac ambiante (FTA) continuent à faire partie des indicateurs clés, y compris les nouvelles questions tirées de l'ESUTC qui s'ajouteraient à la série élargie. Au nombre des raisons invoquées pour justifier qu'on poursuive le suivi de l'exposition à la fumée secondaire, mentionnons la reconnaissance du fait que le « tabagisme passif » (en particulier dans le cas des enfants qui vivent avec des fumeurs) constitue un problème de santé publique, la nécessité de mieux cerner les endroits où les gens sont exposés à la FTA et la désignation des résultats non souhaités des efforts visant à contrer le tabagisme (par exemple, la possibilité que les interdictions de fumer dans les lieux publics amènent les gens à fumer plus chez eux puisque les autres endroits où ils peuvent le faire sont de moins en moins nombreux).
Les participants ont remarqué que la FTA est un aspect de plus en plus important des enquêtes depuis la toute première fois où les recommandations de 1994 ont été présentées. Bien que les questions concernant l'exposition à la FTA à la maison et sur les lieux de travail soient demeurées en majeure partie inchangées depuis 1994, celles qui ont été élaborées récemment et ajoutées à l'ESUTC en 2005 témoignent de l'intérêt accru suscité par la collecte d'un plus grand nombre de données sur une plus vaste gamme d'endroits, autres que le foyer ou le lieu de travail, où des personnes signalent qu'elles ont été exposées à la fumée du tabac. Entre autres exemples, signalons les questions portant sur l'exposition à la FTA dans les véhicules, les restaurants, les écoles et les halls d'entrée d'immeubles ou à l'extérieur. Même si les participants n'ont pas recommandé de formulation en particulier, ils ont convenu qu'il est utile d'élargir la liste des lieux (autres que le foyer et le lieu de travail) où quelqu'un peut être exposé à la fumée du tabac.