Conçu à l'intention particulière des fumeuses, le document Vivre sans fumée : trousse d'information à l'intention des organisations communautaires oeuvrant auprès des femmes porte sur la réduction et l'abandon du tabagisme. La trousse fournit des données, des statistiques et des suggestions de programmes liées au comportement des fumeuses : motivations à fumer, risques pour la santé, éléments clés d'un programme efficace de réduction/abandon du tabagisme et références bibliographiques. Son contenu vise à la fois les responsables et les fumeuses qui constituent leur clientèle.
Une bonne part des renseignements contenus dans la trousse proviennent d'études parrainées par Santé Canada dans le cadre de la Stratégie de réduction de la demande du tabac, y compris :
La trousse ne se veut pas un exposé complet de la documentation disponible ou un programme global de réduction/abandon du tabagisme. Elle vise plutôt à fournir des renseignements généraux sur divers domaines clés, des pistes de réflexion sur les femmes et le tabagisme, et des démarches à suivre pour se renseigner davantage.
Cette trousse intéressera diverses catégories de responsables de programmes oeuvrant auprès des femmes, y compris les personnes affiliées à des organismes de lutte contre le tabagisme et les groupes et centres communautaires qui offrent déjà aux femmes des programmes portant sur l'estime de soi et l'auto-assistance. Son contenu vise également les médecins et les infirmières de santé publique.
Jusqu'à maintenant, les efforts déployés pour promouvoir des dossiers urgents comme la violence, la pauvreté et l'équité ont relégué au second rang les projets de lutte contre le tabagisme. Néanmoins, les démarches visant à réduire l'incidence du tabagisme chez les femmes peuvent grandement contribuer au changement social et aider à habiliter les femmes sur le plan personnel. De fait, en aidant les femmes à mieux se connaître et à relever efficacement les défis du tabagisme, elles leur permettent d'acquérir les compétences nécessaires pour composer avec d'autres pressions de la vie. Si les regroupements de femmes et les organismes communautaires choisissent de collaborer pour faire obstacle au tabagisme, ils pourront réaliser de grandes choses.
La trousse d'information sur les femmes et le tabagisme constitue un outil de référence utile, facile et polyvalent qui peut servir à différents contextes, selon les besoins particuliers de la clientèle. Vous pouvez y puiser pour :
La trousse comprend aussi neuf modules d'animation et des documents d'appui à distribuer aux clientes. Il est permis de photocopier le matériel et de l'utiliser pour sensibiliser davantage les femmes aux effets nocifs du tabagisme. Vous pouvez aussi nous aider à renforcer le message en distribuant ces documents à tous vos collègues de travail.
Peu importe leur âge, les hommes ont toujours fumé plus que les femmes. Malheureusement, cette situation est en voie de changer. Au cours de la dernière décennie, le taux de tabagisme chez les hommes canadiens a diminué de façon considérable, alors que le taux de tabagisme chez les femmes canadiennes n'a accusé qu'une légère baisse. Si la tendance actuelle se maintient, les Canadiennes fumeront bientôt plus que les Canadiens.
Les renseignements généraux sur le tabagisme contenus dans la présente section s'avéreront particulièrement utiles aux responsables chargés d'élaborer des programmes et de répondre aux questions des clientes. En plus de décrire les tendances actuelles et de fournir des informations clés sur le tabagisme, ils permettent de tracer un tableau sommaire des attitudes et des comportements des fumeuses canadiennes.
Santé Canada. Enquête sur le tabagisme au Canada, cycles 3-4. Ottawa : Gouvernement du Canada. 1994.
Plus les femmes fument, plus elles s'exposent à diverses affections liées au tabagisme. Même si certaines de ces maladies sont aujourd'hui très connues, les femmes ne sont pas nécessairement familières avec tous les effets nocifs du tabagisme ou de l'exposition à la fumée secondaire sur leur propre santé et sur celle du bébé avant même la naissance.
Le tabagisme est un « tueur équitable », puisqu'il menace la santé de toutes les fumeuses et s'avère la cause première de mortalité chez les femmes canadiennes. Dans plusieurs provinces, plus de femmes meurent maintenant du cancer du poumon que du cancer du sein.
Les fumeuses, tout comme les fumeurs, sont plus vulnérables que d'autres aux maladies suivantes :
Le tabagisme menace plus les fumeuses que les fumeurs, puisqu'il tend à affecter le système reproductif, à engendrer des troubles menstruels et à provoquer une ménopause précoce. Les femmes qui sont ménopausées trop jeunes sont plus sujettes que d'autres à l'ostéoporose, une fragilisation des os qui peut provoquer des douleurs chroniques, une perte de mobilité et un défigurement permanent. Les femmes qui fument pendant leur grossesse mettent aussi en danger leur propre santé et celle du foetus.
Les femmes qui fument s'exposent aux affections suivantes :
La fumée secondaire provient d'une combinaison de la fumée qui se dégage du bout brûlant d'une cigarette (cigare, etc.) et de la fumée expirée et libérée dans l'air par la personne qui fume. La fumée secondaire contient plus de 4 000 produits chimiques dont 40 au moins sont considérés comme des cancérigènes et d'autres comme des substances aptes à favoriser la naissance de cancers ou à accélérer leur croissance. La fumée secondaire menace particulièrement la santé des bébés, des enfants et des personnes atteintes d'affections respiratoires ou cardiaques.
les femmes enceintes qui respirent régulièrement la fumée secondaire exposent leur foetus à des risques quasiment semblables à ceux des fumeuses enceintes, entre autres :
Le saviez-vous?
Même s'il est crucial de sensibiliser les femmes aux méfaits du tabagisme sur la santé, il peut s'avérer difficile d'amorcer le dialogue avec les fumeuses. Vous pouvez vous attendre à ce que certaines participantes soient sur leurs gardes ou nient carrément les risques associés au tabagisme.
Depuis que l'on connaît mieux les effets nocifs de la fumée secondaire, les femmes enceintes subissent de fortes pressions pour cesser de fumer pendant la grossesse, après la naissance ou dans l'entourage des enfants. Beaucoup d'hommes et de femmes se sentent coupables de fumer ou refusent d'être catalogués comme de « mauvais parents ». Plutôt que de les juger, les responsables de programmes doivent s'efforcer de les renseigner, de les soutenir et d'encourager leurs efforts.
Il peut être tentant de recourir aux tactiques de peur et de faire appel à des photos ou des statistiques éloquentes sur les méfaits du tabac pour motiver les fumeuses à « écraser leur cigarette ». Malheureusement, la majorité des femmes n'auront pas assez peur pour cesser de fumer ou les effets de la peur ne dureront pas longtemps. Les tactiques de peur pourraient même produire l'effet contraire en confirmant le sentiment d'impuissance des fumeuses ou en leur démontrant qu'elles ne contrôlent plus leurs gestes.
« Je ne peux même pas me rendre jusqu'à la rue Winchester! Cela fait vraiment pitié.... même mes jambes font mal! » (Centre for Health Promotion, 1995)
« Ouais, ça me dérange (de fumer), parce que je fais plein de choses qui nuisent à mon corps... et je n'aime pas çà! Comme vous le dites, il y a toujours un prix à payer pour nos décisions. » (Centre for Health Promotion, 1995)
Centre for Health Promotion. Université de Toronto. Consultations with Priority Women (1995). Rédigé à la demande de Santé Canada.
Conseil canadien sur le tabagisme et la santé. Nouveau départ, nouvelle vie : la grossesse et le tabagisme. Ottawa.
Fondation des maladies du coeur. La femme et le tabac : miroirs enfumés (Réalités). Cat. 34079212.
Fondation des maladies du coeur. La fumée de tabac dans l'environnement : derrière l'écran de fumée. (Réalités). Cat. 34099512.
Fondation des maladies du coeur. La fumée secondaire et votre coeur (Réalités). Cat. 34059522.
Fondation des maladies du coeur. Le tabac et les maladies cardiovasculaires : au coeur du problème (Réalités).
Fondation des maladies du coeur. Le tabac et votre coeur (Réalités). Cat. 34095222.
Greaves, L. (1990). Document d'information sur les femmes et le tabac (1987) : mise à jour (1990). Ottawa : Direction générale de la promotion de la santé, Santé Canada.
Hotz, Stephen. (1995). Understanding and Using the Stages of Change (Trousse d'information). Program Training and Consultation Centre. Rédigé à la demande du ministère de la Santé de l'Ontario et de Santé Canada.
Kinnon, Diane et L. Hanvey. (1995). La prestation de programmes de réduction du tabagisme qui tiennent compte des différences entre les femmes et les hommes : questions et approches. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Santé Canada. (1995). La lutte contre le tabagisme : un plan directeur pour protéger la santé des canadiennes et des canadiens. Ottawa. Gouvernement du Canada.
Santé Canada. (1995). Les effets de la fumée primaire et secondaire du tabac pendant les périodes prénatale et post-natale. (Livret 3 de la série Les brochures anti-tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals.) Ottawa.
Gouvernement du Canada.
Santé Canada. (1995). Les femmes et le tabagisme : plan d'action. Ottawa. Gouvernement du Canada.
Les effets nocifs du tabac sont bien connus de nos jours. Il existe de moins en moins d'endroits où griller une cigarette en paix. Dans ce cas, pourquoi donc les femmes continuent-elles de fumer?
Il n'existe pas de réponse facile à cette question. Souvent, les raisons qui poussent les femmes à fumer tiennent à leurs expériences de vie ou à leur place particulière dans la société. Beaucoup de facteurs entrent en jeu, y compris l'estime de soi, la sexualité, l'image corporelle, le contexte familial, l'influence des amis, les obligations financières et la charge de travail quotidienne. Les pressions sociales et le milieu de vie influencent grandement l'attitude des fumeuses.
Pourquoi fument-elles?Pour mieux faire face au stress et à la dépression
(Les citations proviennent du Centre for Health Promotion (1995))
« Je pense, en toute sincérité, que la cigarette est une sorte de médicament... Enfin, je ne sais pas. Je crois que, comme moi, beaucoup de gens considèrent la cigarette comme un médicament qui te calme. »
La cigarette aide les femmes à faire face à leurs obligations financières, aux responsabilités professionnelles et familiales et à l'instabilité amoureuse. En période d'anxiété ou de crise, les femmes auront recours à la cigarette lorsqu'il n'existe aucun autre exutoire au stress.
Pour le plaisir... « Pour être franche avec vous, je crois que c'est le seul vrai plaisir. Je l'apprécie grandement. »
Puisque le tabac est une drogue, il crée une forte dépendance, au même titre que l'héroïne ou l'alcool. L'irritabilité, la nervosité, la dépression et un sentiment de grande perte figurent parmi les symptômes de retrait liés au manque de nicotine.
Pour exercer un meilleur contrôle sur leur vie... « C'est la seule chose sur laquelle j'ai une certaine emprise. Je suis en mesure de contrôler ce que je fume. À vrai dire, la cigarette est le seul élément de ma vie personnelle que j'arrive à maîtrise à l'heure actuelle. »
Certaines femmes fument pour affirmer leur autonomie et leur domination, en réaction aux domaines de la vie sur lesquelles elles n'ont aucune autorité. Forcées de composer avec les exigences professionnelles, les obligations familiales et les travaux ménagers, d'autres considèrent la cigarette comme le seul aspect de la vie qu'elles peuvent maîtriser. Les victimes de relations abusives fument parfois pour défier un partenaire ou parce que la cigarette leur accorde un modeste sentiment de liberté.
Pour se détendre... « La cigarette me procure un moment de détente. Quand arrive la pause café, je savoure une tasse de thé avec... ma cigarette, ou bien un verre d'eau avec... ma cigarette. Lorsque je fume, tout ce que je consomme semble bon. »
La pause-cigarette peut constituer une récompense de choix au coeur d'une journée mouvementée. Tout comme la pause-café, la pause-cigarette est un moment fort attendu. C'est l'occasion parfaite pour s'offrir un petit répit et pour refaire ses forces.
Pour passer le temps... « Je pense que nous fumons aussi parce que nous n'avons rien à faire... Parce qu'il ne se passe rien de très intéressant dans nos vies. »
Les mères qui sont à la maison et les femmes sans emploi fument parfois pour écouler les heures et pour chasser l'ennui.
Pour ne pas prendre de poids... « Il me dit toutes sortes de choses, comme de ne pas fumer à proximité du bébé. Il m'attaque sans cesse parce que je refuse d'abandonner la cigarette. Mais moi, j'aime encore mieux fumer qu'engraisser. »
Beaucoup de femmes affirment fumer par crainte d'engraisser. Très jeunes, les femmes apprennent à souscrire aux diktats culturels du poids idéal. L'image irréaliste de la femme projetée par l'industrie du tabac à la télévision, au cinéma, dans les publicités et dans les revues établit une association directe entre la minceur et l'attirance physique.
Pour faire face aux émotions négatives... « J'ai beaucoup de mal à exprimer ma colère de façon constructive. La cigarette m'aide à supprimer cette colère. »
Les jeunes filles sont élevées à croire que seuls les hommes ont le droit de se fâcher et que toute manifestation de colère de la part d'une femme est inacceptable. Même si cette croyance n'empêche pas les femmes de ressentir la colère, elle les incite à refouler leurs sentiments. Le fait de fumer peut parfois les aider à cacher leur colère.
Pour avoir l'air plus sociable... « C'est comme si le fait de tenir une cigarette entre ses doigts me donnait une excuse pour dire : « Avez-vous du feu? » ou me fournissait un prétexte pour amorcer la conversation. »
Fumer est un geste social qui rassemble divers individus au sein d'une même activité, aide à briser la glace et rapproche les amis. En société, la cigarette constitue parfois une « planche de salut » à laquelle on peut toujours s'accrocher dans les moments gauches. Puisque beaucoup d'édifices interdisent le tabagisme, les fumeurs doivent sortir ou s'éloigner des non-fumeurs pour griller une cigarette. Cette situation leur donne le sentiment d'appartenir à un groupe ou de faire partie d'une clique spéciale.
Pour faire comme les autres... « J'ai une mauvaise influence sur elle. En ce qui la concerne, elle pourrait tout aussi bien fumer ou ne pas fumer. Mais lorsque j'allume une cigarette, elle veut m'imiter. »
L'attitude des fumeuses tient, en grand partie, au comportement des parents et des proches, particulièrement leur décision de commencer ou d'arrêter de fumer ou le nombre de cigarettes qu'elles fument. Lorsque les femmes décident d'arrêter de fumer, elles notent parfois une détérioration de certaines amitiés, compte tenu du fait qu'elles ont moins en commun avec leurs amies. En outre, il peut s'avérer particulièrement difficile de réduire leur consommation de tabac ou de cesser de fumer lorsqu'elles vivent avec un fumeur.
Pour bien comprendre les influences qui orientent le comportement des fumeuses, il faut examiner leur place au sein de la société. Dans une large mesure, le stress des femmes tient aux injustices sociales dont elles sont victimes. Beaucoup de femmes sont mal rémunérées, n'ont pas de grandes possibilités d'avancement ou se retrouvent en état d'infériorité au travail ou à la maison.
Quantité de femmes perçoivent la cigarette comme un outil efficace pour combattre le stress. Leur « condition féminine » peut même alimenter une certaine dépendance en décourageant l'apprentissage de techniques saines pour gérer le stress et en leur accordant moins de contrôle sur la vie que les hommes. Il se peut, par exemple, que les femmes aient du mal à exprimer leur colère ou à confronter les gens. Le fait de fumer ou de suivre un régime amaigrissant, par exemple, peut les aider à confronter la vie et à avoir une certaine emprise sur leur existence.
La pauvreté constitue une menace beaucoup plus grave pour les femmes que les hommes, en particulier les femmes monoparentales, divorcées ou séparées. Plus une femme est pauvre, plus il est probable qu'elle s'adonne au tabagisme (35 p. 100 des femmes à faible revenu fument par rapport à 22 p. 100 des femmes à revenu plus élevé).
Pris dans leur ensemble, les femmes gagnent moins d'argent que les hommes, travaillent plus souvent à temps partiel et occupent des postes mal rémunérés de bas échelon. Les femmes qui occupent des postes de bas échelon ont bien plus tendance à fumer que les autres. Beaucoup ne possèdent pas les ressources financières et les appuis sociaux nécessaires pour faire face autrement au stress.
Un nombre croissant de femmes travaillent à l'extérieur du foyer. Malgré tout, elles assument toujours le gros des responsabilités familiales et domestiques, y compris les tâches ménagères et les soins aux enfants.
Beaucoup de femmes vivent sous le joug de la peur ou sont victimes de violence. Une Canadienne sur trois vivant --ou ayant vécu --avec un mari ou un conjoint de fait a été violentée ou abusée sexuellement par son partenaire (voir Kinnon et Hanvey, 1995).
Encouragez les participantes à se confier au groupe et à faire part de leurs observations, de leurs sentiments et de leurs expériences personnelles face à la cigarette. Vous pourriez leur demander de :
Centre for Health Promotion. Université de Toronto. (1995). Consultation with Priority Women. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Clinique de santé des femmes (en collaboration avec le Réseau de santé des femmes canadiennes Ensemble! Réseau pan-canadien des centres de femmes). (1995). De l'air! Évaluation des besoins et étude de faisabilité d'un programme national sur les femmes et le tabagisme. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Fondation des maladies du coeur. La femme et le tabac (Brochure). Cat. 34035922.
Fondation des maladies du coeur. La femme et le tabac : miroirs enfumés (Réalités). Cat. 34079212.
Frederick, J. (1995). Le tabagisme et l'image projetée par les jeunes femmes. Département de sociologue et d'anthropologie, Université Carleton. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Greaves, L. (1990). Document d'information sur les femmes et le tabac (1987) : mise à jour (1990). Ottawa : Direction générale de la promotion de la santé, Santé Canada.
Greaves, L. (1995). Images variées : les femmes, le tabac et les médias. Rédigé à la demande de la Direction générale de la promotion de la santé, Santé Canada.
Hobbs, F. et al. (1996). Les femmes et le renoncement au tabagisme. Rédigé à la demande de l'Ontario Tobacco Research Unit.
Kinnon, D. et L. Hanvey. (1995). La prestation de programmes de réduction du tabagisme qui tiennent compte des différences entre les femmes et les hommes : questions et approches. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Santé Canada. (1995). Femmes et tabac : Passons à l'action!
Santé Canada. (1995). La lutte contre le tabagisme : un plan directeur pour protéger la santé des canadiennes et des canadiens. Ottawa. Gouvernement du Canada.
Santé Canada. (1995). Les femmes et le tabagisme : plan d'action. Ottawa.
Gouvernement du Canada.
Santé Canada (1995). Les interventions relatives au tabac pendant les périodes prénatales et post-natales. (Livret 5 de la série Les brochures anti-tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals.) Ottawa. Gouvernement du Canada.
Women's Health Clinic. (1990). Catching our Breath : A Journal About Change for Women Who Smoke. Winnipeg.
Il existe toutes sortes de programmes pour aider les gens à cesser de fumer, des thérapies individuelles intensives aux séances de groupes, des trousses personnelles aux ateliers en milieu de travail, en passant par l'entraide téléphonique, les défis communautaires et les projets médiatiques. Peu importe le véhicule, tous les programmes d'abandon du tabagisme à l'intention des femmes présentent les mêmes caractéristiques. Ils sont:
Vous gérez des programmes à l'intention des femmes? La présente section s'avérera utile, puisqu'elle décrit les caractéristiques clés d'un programme efficace de renoncement au tabagisme. Qu'il s'agisse de concevoir des programmes sur mesure, de choisir parmi les meilleurs éléments de projets existants ou d'orienter vos clientes vers les ressources les mieux adaptées à leurs besoins, assurez-vous que vos choix tiennent compte de la liste ci-contre.
Il y a longtemps que les groupes de femmes s'intéressent aux questions d'équité et d'estime de soi, deux facteurs souvent liés aux problèmes de santé qui affligent les femmes, y compris le tabagisme. Beaucoup de groupes communautaires adoptent une approche holistique orientée vers l'effort personnel et l'action sociale. En cela, ils respectent les principes établis de la promotion de la santé, soit une démarche communautaire qui tient compte des besoins particuliers de la clientèle, qui cherche à habiliter les gens et qui les encourage à prendre en main leur destinée.
Même si, dans le passé, la majorité des regroupements locaux de femmes n'ont pas eu tendance à offrir des programmes de lutte contre le tabagisme, ils sont bien placés pour promouvoir des programmes de réduction/abandon du tabagisme auprès des fumeuses les plus à risque, entre autres les femmes à faible revenu, les membres de minorités ethniques et raciales, les femmes autochtones et les victimes d'abus. En s'organisant à l'échelle locale, en cultivant des partenariats avec d'autres organisations, en partageant leurs connaissances, leurs expériences et leurs sources d'information, les groupes communautaires peuvent jouer un rôle de premier plan dans le cadre des initiatives de lutte contre le tabagisme destinées aux femmes.
AWARE et al. (1995). Support for Women Smokers : Final Report and Evaluation Results of the Pilot Project. Kingston. AWARE Press Inc.
Centre for Health Promotion, Université de Toronto, et Atlantic Centre for Health Promotion Research, Université Dalhousie. (1995). Assessment of Existing Smoking Cessation Programs for Priority Women (Priority Women and Tobacco Project). Santé Canada.
Clinique de santé des femmes (en collaboration avec le Réseau de santé des femmes canadiennes Ensemble! Réseau pan-canadien des centres de femmes). (1995). De l'air! Évaluation des besoins et étude de faisabilité d'un programme national sur les femmes et le tabagisme. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Fondation des maladies du coeur. La femme et le tabac : miroirs enfumés (Réalités). Cat. 34079212.
Greaves, L. (1990). Document d'information sur les femmes et le tabac (1987) : mise à jour (1990). Ottawa : Direction générale de la promotion de la santé, Santé Canada.
Hotz, Stephen. (1995). Understanding and Using the Stages of Change (Trousse d'information). Program Training and Consultation Centre. Rédigé à la demande du ministère de la Santé de l'Ontario et de Santé Canada.
Kinnon, D. et L. Hanvey. (1995). La prestation de programmes de réduction du tabagisme qui tiennent compte des différences entre les femmes et les hommes : questions et approches. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Médecins pour un Canada sans fumée. (1995). Development of a Bilingual Resource on Gender Specific Issues for Women Smokers (Rapport final). Ottawa.
Santé Canada. (1995). Les femmes et le tabagisme : plan d'action. Ottawa. Gouvernement du Canada.
Women's Health Clinic. (1990). Catching our Breath : A Journal About Change for Women Who Smoke. Winnipeg.
Les femmes constituent un groupe varié de personnes en raison de leur âge, de leurs expériences de vie, de leurs antécédents raciaux, culturels et linguistiques, de leur nationalité (p. ex., les femmes autochtones) et de leur situation désavantageuse. (Kinnon et Hanvey (1995) p. 7). Il n'est pas possible de concevoir des programmes et des messages anti-tabac uniformes qui s'avéreront efficaces pour tout le monde. Il importe plutôt d'adapter vos efforts aux besoins précis des femmes que vous desservez. Les éléments suivants devraient vous aider à élaborer, à sélectionner ou à adapter des programmes de réduction/abandon du tabagisme, tenant compte des circonstances particulières de chacun de vos groupes. Il ne s'agit pas de suivre à la lettre toutes ces recommandations ou d'y voir un plan d'action détaillé. Considérez-les plutôt comme des éléments de programmes aptes à alimenter votre réflexion.
Les Québécoises fument plus que les femmes des autres provinces canadiennes. Cette situation témoigne, en partie, du désintéressement de la culture francophone face au comportement des fumeurs. Compte tenu du nombre élevé de Québécois et de Québécoises qui fument, il n'est pas surprenant que les enfants et les adolescents emboîtent facilement le pas aux fumeurs. En outre, la collectivité n'encourage pas beaucoup les adultes qui veulent cesser de fumer (absence de politiques anti-tabac dans les bureaux et les lieux publics, par exemple). Même si l'on conçoit de plus en plus de programmes de lutte contre le tabagisme en français, la plupart des programmes et des documents sur le tabagisme en circulation ont été élaborés à l'intention particulière des anglophones. Pour que ces programmes et ressources répondent bien aux besoins des clientèles francophones, il faut :
Parmi tous les groupes de fumeurs canadiens, ce sont les autochtones des deux sexes qui affichent le plus haut taux de tabagisme. Plus de la moitié (57 p. 100) des adultes autochtones canadiens s'adonnent au tabagisme, dont 46 p. 100 qui fument quotidiennement. Les responsables de programmes qui veulent inciter les femmes autochtones à réduire leur consommation de tabac devraient tenir compte des éléments suivants :
« N'oublions pas que dans les cultures anciennes, le tabac n'était pas considéré comme une « soupape » pour aider à surmonter les obstacles de la journée. Ceux qui le cultivaient et qui concoctaient les mélanges étaient vénérés et considérés comme de grands guérisseurs. Ils connaissaient les effets puissants de la fumée de tabac sur l'esprit et le corps. C'est en groupe que l'on fumait le précieux mélange de tabac, dans des buts spirituels et religieux très précis. (Catching our Breath. (1990). p. 36) [traduction libre]
Les femmes qui font partie de minorités ethniques ou raciales sont plus vulnérables au stress et aux problèmes mentaux que leurs homologues masculins. Elles ont parfois recours à la cigarette pour compenser un manque de compétences sociales et une dépendance extrême envers leur mari, ou pour échapper à un mode de vie trop sévère. L'influence de la culture et des valeurs canadiennes peut aussi pousser les femmes à fumer même si, traditionnellement, le tabagisme ne s'inscrit pas dans les us et coutumes de leur pays d'origine. Les programmes et la documentation destinés à ces femmes doivent tenir compte de leurs besoins particuliers. Il importe que les responsables de programmes déterminent, pour chaque groupe, les traditions culturelles aptes à influencer le comportement des fumeuses. Dans certaines cultures, par exemple, le tabac est considéré comme un symbole d'hospitalité et il est pratique courante d'en offrir, même si les membres du groupe ne fument pas eux-mêmes. Les projets de réduction ou d'abandon du tabagisme à l'intention de ces clientèles doivent aussi tenir compte des dures réalités entourant la discrimination ethnique et raciale dont sont victimes ces femmes.
La plupart des femmes enceintes sont conscientes des effets nocifs du tabac sur le foetus. C'est là une de leurs principales motivations à cesser de fumer. Néanmoins, plus de 66 p. 100 des femmes enceintes continuent de s'adonner au tabagisme pendant leur grossesse et suivant la naissance de l'enfant. Même parmi les femmes qui arrêtent de fumer pendant la grossesse, beaucoup recommencent dans les six premiers mois suivant la naissance du bébé. Il importe de sensibiliser les fumeuses aux méfaits du tabac et de la fumée secondaire. Mais il faut aller plus loin encore, en offrant un appui soutenu aux femmes qui veulent cesser de fumer pendant ou après la grossesse. Des études ont permis d'isoler les plus grandes qualités des stratégies efficaces de lutte contre le tabagisme à l'intention des femmes enceintes, à savoir :
Association canadienne de santé publique. (1995). Évaluation des besoins en matériel de formation pour la lutte contre le tabagisme chez les femmes en phase prénatale et post-partum destinée aux professionnels en soins périnataux : Rapport final. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Association des femmes autochtones du Canada (région sud). (1995). Tobacco Reduction Strategy. Rédigé à la demande de Santé Canada. Conseil canadien sur le tabagisme et la santé. Nouveau départ, nouvelle vie : la grossesse et le tabagisme. Ottawa.
Greaves, L. (1990). Document d'information sur les femmes et le tabac (1987) : mise à jour (1990). Ottawa : Direction générale de la promotion de la santé, Santé Canada.
Kinnon, D. et L. Hanvey. (1995). La prestation de programmes de réduction du tabagisme qui tiennent compte des différences entre les femmes et les hommes : questions et approches. Rédigé à la demande de Santé Canada.
Santé Canada. (1996). Identifying Characteristics of Hard to Reach Pregnant Women Who Smoke and Cessation Recruitment Interventions (ébauche).
Santé Canada. (1995). La réduction de la consommation du tabac dans les programmes prénatals et post-natals pour les familles à haute priorité : résultats d'un sondage canadien. (Livret 4 de la série Les brochures anti-tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals.) Ottawa. Gouvernement du Canada.
Santé Canada. (1995). Le tabagisme pendant la grossesse : un choix difficile. (Livret 1 de la série Les brochures anti-tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals.) Ottawa. Gouvernement du Canada.
Santé Canada. (1995). Les effets de la fumée primaire et secondaire du tabac pendant les périodes prénatale et post-natale. (Livret 3 de la série Les brochures anti-tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals.) Ottawa. Gouvernement du Canada.
Santé Canada. (1995). Les femmes et le tabagisme : plan d'action. Ottawa. Gouvernement du Canada.
Santé Canada. (1995). Les interventions relatives au tabac pendant les périodes prénatales et post-natales. (Livret 5 de la série Les brochures anti-tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals.) Ottawa. Gouvernement du Canada.
Santé Canada. (1995). Répertoire des documents sur le tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals. (Livret 2 de la série Les brochures anti-tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals.) Ottawa. Gouvernement du Canada. Société canadienne du cancer (division de l'Ontario) et al. (1995).
How to Talk About Smoking with High Risk Pregnant Smokers -- A Guide for Support Providers. Rédigé à la demande du ministère de la Santé de l'Ontario. Stephens, T. (1994). Smoking Among Aboriginal People in Canada. Ottawa. Santé Canada.
Women's Health Clinic. (1990). Catching our Breath : A Journal About Change for Women Who Smoke. Winnipeg.
Peu importe les circonstances, toute personne qui désire arrêter de fumer doit successivement franchir cinq grandes étapes. Chacune de ces étapes pose des défis particuliers aux fumeuses. Pour aider les fumeuses à évoluer d'une étape à l'autre (et éventuellement, à cesser de fumer), les responsables de programmes doivent déterminer « où elles en sont » et concevoir des stratégies de motivation et d'appui sur mesure, en fonction de chaque étape. La présente section décrit les cinq grandes étapes du changement et trace, dans chaque cas, un « mini-profil » des fumeuses. Elle propose aussi aux responsables de programmes divers objectifs d'intervention et des suggestions pour aider leurs clientes à les atteindre. Peu importe les circonstances, toute personne qui désire arrêter de fumer doit successivement franchir cinq grandes étapes. Chacune de ces étapes pose des défis particuliers aux fumeuses. Pour aider les fumeuses à évoluer d'une étape à l'autre (et éventuellement, à cesser de fumer), les responsables de programmes doivent déterminer « où elles en sont » et concevoir des stratégies de motivation et d'appui sur mesure, en fonction de chaque étape. La présente section décrit les cinq grandes étapes du changement et trace, dans chaque cas, un « mini-profil » des fumeuses. Elle propose aussi aux responsables de programmes divers objectifs d'intervention et des suggestions pour aider leurs clientes à les atteindre.
Les femmes qui en sont à la première étape ne songent pas vraiment à cesser de fumer. Si vous les questionnez le moindrement, elles auront tendance à défendre leur choix de fumer. Il se peut qu'elles se croient trop dépendantes de la cigarette pour arrêter ou qu'après plusieurs tentatives infructueuses, elles soient découragées. Peu importe la raison, à leurs yeux le tabagisme présente plus d'avantages que d'inconvénients à l'heure actuelle.
Aider les fumeuses à :
-mieux saisir tous les avantages qu'il y a à cesser de fumer;
-réfléchir au tabagisme et échanger sur la question.
Pour ce faire :
-discuter de leur état de fumeuse (raisons qui les poussent à fumer, facteurs de risque qui les touchent personnellement, etc.);
-les aider à comprendre le processus d'abandon et leur expliquer que la plupart des fumeuses ne réussissent pas du premier coup;
-leur donner confiance en elles et les convaincre qu'elles sont capables de changer.
Les femmes qui en sont à la seconde étape songent à cesser de fumer dans un proche avenir (6 mois ou moins environ). Même si elles sont conscientes des effets du tabagisme sur la santé et jugent cette habitude néfaste, elles se demandent si les efforts investis pour cesser de fumer comportent plus d'avantages à long terme que d'inconvénients à court terme. Heureusement, elles semblent plus intéressées qu'avant à se documenter sur les méfaits de la cigarette et à examiner les obstacles à l'abandon du tabagisme.
Aider les fumeuses à :
-s'engager davantage et à se sentir plus en confiance pour aborder la prochaine étape.
Pour ce faire :
-fournir des renseignements aux fumeuses et leur montrer des techniques de base pour mieux gérer le processus d'abandon et les orienter vers les bonnes ressources;
-discuter de leurs craintes face à l'échec;
-examiner leurs attitudes contradictoires face à la décision d'arrêter de fumer;
-encourager les clientes à justifier leur désir de cesser de fumer en l'associant directement à leurs circonstances personnelles.
Les femmes qui en sont à la troisième étape ont choisi d'arrêter de fumer et s'apprêtent à agir. Elles savent que le tabagisme présente beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages et posent de petits gestes dans l'attente du « grand jour ». Elles choisiront de retarder l'heure de la première cigarette matinale par exemple, ou de réduire leur consommation de cigarettes. Elles déclareront « qu'il est grand temps d'agir », « qu'elles ont un grave problème » ou que « les choses doivent changer »...
Aider les fumeuses à :
ne pas craindre l'échec et à considérer les rechutes comme autant d'étapes dans un processus normal de changement.
Pour ce faire :
-identifier les efforts passés qui se sont soldés par une réussite ou un échec;
-discuter des modifications de comportement souhaitables;
-encourager les clientes à justifier leur désir de cesser de fumer en l'associant directement à leurs circonstances personnelles;
-analyser les causes de rechutes passées et à trouver une façon efficace de remédier à la situation.
Les femmes qui en sont à la quatrième étape tentent activement d'arrêter de fumer. Pour se motiver, elles peuvent s'offrir des récompenses à court terme ou demander l'aide de parents, d'amis ou autres. Elles renouvellent constamment leur engagement personnel et élaborent des stratégies pour faire face aux pressions internes et externes susceptibles de provoquer une rechute. C'est au cours de cette étape, qui dure environ six mois, que les ex-fumeuses sont les plus vulnérables et que les rechutes sont les plus fréquentes.
Aider les fumeuses à :
-poursuivre leur démarche vers « l'abandon »;
-considérer les rechutes (le cas échéant) comme autant de défis positifs.
Pour ce faire :
-garantir l'appui soutenu des pairs, des professionnels et de la famille;
-identifier des stratégies efficaces pour relever le défi (le renforcement personnel, la gestion du stress, etc.);
-promouvoir la confiance en soi;
-fournir des informations concernant les rechutes;
Les femmes qui en sont à la cinquième étape sont en mesure de surmonter la tentation de fumer et de recourir à de nouvelles stratégies pour relever le défi. À l'occasion, il peut leur arriver de fumer une cigarette dans un moment de faiblesse. Malgré tout, elles tirent profit de ces manquements et prennent les dispositions nécessaires pour qu'ils ne se produisent plus. Cette façon d'agir leur donne un sentiment de contrôle sur la situation et les encourage à poursuivre leurs efforts.
Aider les fumeuses à :
-persévérer dans leur démarche «d'abandon »;
-éviter les rechutes ou les interpréter de façon positive.
Pour ce faire :
-les aider à déceler les situations à haut risque et à y faire face;
-les encourager à se récompenser.
En cours de route, il se peut fort bien que les femmes qui tentent d'arrêter de fumer aient au moins une rechute. Même si ce recul peut sembler décourageant, il faut admettre que la route de la réussite n'est pas sans embûches. De fait, il est rare de suivre un parcours parfait de la première à la dernière étape, avant de cesser de fumer pour de bon. Les rechutes peuvent constituer d'importantes leçons qui renforcent la détermination et la volonté des femmes. Elles peuvent aussi fournir l'excuse idéale pour tout abandonner. La meilleure façon de survivre à une rechute est d'analyser les efforts passés pour cesser de fumer, d'identifier ses forces et faiblesses personnelles et d'élaborer une stratégie efficace pour éviter une reprise. Les personnes qui ont une tendance aux rechutes fréquentes doivent trouver des façons efficaces d'éviter les situations à haut risque (ne pas côtoyer de bons amis qui fument, par exemple), et de faire face au stress sans la cigarette.
La plupart des programmes actuels insistent davantage sur les dernières étapes du changement et peu s'intéressent aux besoins particuliers des femmes à haut risque. Selon les responsables, les programmes les mieux adaptés à ces groupes misent surtout sur les deux premières étapes, soit la pré-contemplation et la contemplation. Ils n'entretiennent pas l'espoir que les participantes cesseront de fumer.
Voici quelques idées pour inciter vos groupes de femmes à réfléchir au changement. Ces sujets d'échange visent à sensibiliser les participantes à la notion de changement et à ses applications au niveau du tabagisme. Vous pouvez aussi amorcer la discussion en échangeant franchement sur les effets du changement sur le comportement des fumeuses, et aboutir à une réflexion commune sur la nature même du changement. En ce sens, les questions suivantes pourraient vous inspirer :
-Le fait de cesser de fumer ou de commencer à fumer est-il étroitement lié à d'autres événements de la vie des femmes? Quels autres domaines de votre vie sont en voie de changer?
-Comment faire face aux changements qui s'opèrent dans votre vie? Ces changements surgissent-ils d'eux-mêmes? Sont-ils hors de votre contrôle?
-Comment considérer le changement d'un oeil positif? De quelle façon avez-vous réagi au changement dans le passé?
-Pouvez-vous fixer des objectifs réalistes qui vous aideront à réduire votre consommation de tabac ou à cesser de fumer (p. ex., boire moins de café, éviter les activités qui vous poussent à fumer, établir une « salle des fumeurs » dans votre maison et ne pas fumer dans les autres pièces)?
AWARE et al. (1995). Support for Women Smokers : Final Report and Evaluation Results of the Pilot Project. Kingston. AWARE Press Inc. Centre for Health Promotion, Université de Toronto, et Atlantic Centre for Health Promotion Research, Université Dalhousie. (1995). Assessment of Existing Smoking Cessation Programs for Priority Women (Priority Women and Tobacco Project). Santé Canada. Hotz, Stephen. (1995). Understanding and Using the Stages of Change (Trousse d'information). Program Training and Consultation Centre. Rédigé à la demande du ministère de la Santé de l'Ontario et de Santé Canada. Kinnon, D. et L. Hanvey. (1995). La prestation de programmes de réduction du tabagisme qui tiennent compte des différences entre les femmes et les hommes : questions et approches. Rédigé à la demande de Santé Canada. Santé Canada. (1995). Les interventions relatives au tabac pendant les périodes prénatales et post-natales. (Livret 5 de la série Les brochures anti-tabagisme pour les dispensateurs de soins prénatals et post-natals.) Ottawa. Gouvernement du Canada.
Le tabagisme au vol
Voici quelques questions courantes que les femmes se posent au sujet du tabagisme. Tentez d'y répondre et vérifiez vos connaissances!
Q. Vais-je automatiquement engraisser si j'arrête de fumer ou si je réduis ma consommation de cigarettes?
R. Même si les gens qui cessent de fumer n'engraissent pas tous, la plupart engraissent de 5 à 10 livres en moyenne.
Q. Si l'abandon de la cigarette entraîne un gain de poids, ne remplace-t-on pas un problème par un autre en cessant de fumer?
R. Non. Il faudrait engraisser de 125 livres pour que les dangers associés au gain de poids équivalent aux méfaits de la cigarette.
Q. Le tabagisme n'aide-t-il pas à réduire le niveau de stress? Comment faire face aux pressions de la vie?
R. La cigarette ne réduit pas le niveau de stress. Au contraire, elle accélère les battements du coeur et augmente la pression artérielle. La meilleure façon de réduire le stress est d'augmenter le taux d'activité physique (ce qui aide à ralentir le pouls « à l'état de repos ») ou de faire des exercices de respiration et de visualisation.
Q. Si je recommence à fumer après avoir arrêté, devrais-je tenter à nouveau de cesser ou est-ce peine perdue?
R. Vous devez recommencer autant de fois que possible. L'abandon du tabagisme s'inscrit dans un long processus. Plus vous tenterez d'arrêter, plus vous attirerez la réussite.
(Extrait de : Kort, Marjorie et Sherryl Smith. (1993). Arrêter de fumer : un programme à l'intention des femmes. Toronto. Fondation de la recherche sur l'alcoolisme et la toxicomanie.)
Réactions à l'abandon
La nicotine est une très puissante drogue. Dès que vous cessez de fumer, votre corps commence à récupérer des effets de la nicotine et autres produits chimiques contenus dans la cigarette. Ces effets commencent à se manifester une ou deux heures après la dernière cigarette et se prolongent de façon intensive pendant les trois jours qui suivent. Voici ce à quoi vous pouvez vous attendre dans les heures et les jours qui suivent votre décision d'arrêter de fumer.
(De : Women's Health Clinic. (1990). Catching our Breath : A Journal About Change for Women Who Smoke. Winnipeg.)
Et maintenant, les bonnes nouvelles ...
Dès que vous écrasez la dernière cigarette, votre corps commence à récupérer. Voici un aperçu des bienfaits de cette décision sur votre état de santé.
Après avoir cessé de fumer pendant :
(De : Women's Health Clinic. (1990). Catching our Breath : A Journal About Change for Women Who Smoke. Winnipeg.)
Le stress est l'une des grandes afflictions des femmes modernes et, selon elles, l'une des principales raisons qui les poussent à fumer. La prochaine fois que le stress vous accable, ayez recours à l'une (ou plusieurs) des tactiques suivantes pour faire face au défi:
(tiré de : Kort, Marjorie et Sherryl Smith. (1993). Arrêter de fumer : un programme à l'intention des femmes. Toronto. Fondation de la recherche sur l'alcoolisme et la toxicomanie.)
1. Méfiez-vous des stimulants d'appétit (aliments qui vous incitent à manger plus).
Le café et l'alcool attisent tous deux l'appétit et sont souvent consommés en même temps qu'une cigarette ou que des grignotages. L'alcool contient des calories, de même que le café s'il est bu avec du sucre, du lait ou de la crème. Réduisez donc votre consommation de café et d'alcool jusqu'à ce que votre comportement de non-fumeuse soit bien établi et que vous soyez satisfaite de votre poids.
2. Pensez aux liquides.
Une excellente façon de se maintenir en santé est de boire de six à huit verres de liquides par jour (eau, jus de légumes ou de fruits, lait à teneur réduite en gras, bouillons légers, etc.). L'eau constitue la boisson idéale puisqu'elle ne contient pas de calories. Une bonne façon de réduire l'appétit est de boire un verre d'eau avant chaque repas, au milieu de l'avant-midi et de l'après-midi, de même qu'avant d'aller au lit.
3. Suivez un régime « anti-stress »
Pour ce faire : a) consommez moins de sel, de sucre et de matières grasses; b) mangez trois repas normaux par jour ou cinq repas plus petits; et c) suivez les recommandations du Guide alimentaire canadien pour manger sainement.
4. Mangez plus de fibres
Les fibres aident à remplir l'estomac et à satisfaire l'appétit. Il existe plusieurs aliments riches en fibres dont les céréales, les légumineuses (pois, haricots, lentilles), les fruits et légumes, les noix et les graines. (Les noix et les graines sont plus riches en matières grasses.)
5. Évitez le gras
Le gras contient deux fois plus de calories que les protéines et les hydrates de carbone. Modifiez vos méthodes de cuisson pour éviter le gras. Au lieu de frire vos aliments, pourquoi ne pas les faire bouillir, griller ou cuire au four. Remplacez les matières grasses par du lait écrémé, du yogourt ou du fromage à teneur réduite en gras. À l'heure de la collation, optez pour des fruits et légumes frais.
6. Planifiez vos repas d'avance
Planifiez vos repas d'avance. Pensez-y la veille ou tôt le matin. Cette discipline vous permettra de faire de meilleurs choix santé. Faites un effort pour prendre tous vos repas et toutes vos collations à la même heure chaque jour. Votre corps aura plus tendance à ressentir la faim à intervalles réguliers, ce qui mettra fin au cycle éternel « bombance et jeûne ».
7. Rendez vos repas plus attrayants
Disposez vos aliments de façon esthétique et plaisante à l'oeil. Utilisez des assiettes plus petites, ce qui donnera l'illusion de portions plus grandes.
(Adapté de : Kort, Marjorie et Sherryl Smith. (1993). Arrêter de fumer : un programme à l'intention des femmes. Toronto. Fondation de la recherche sur l'alcoolisme et la toxicomanie.)
L'activité physique peut s'avérer votre meilleur allié pour vaincre le tabagisme. Le fait de bouger contribue à réduire le stress et à accélérer le processus de guérison. Plus encore, l'activité physique améliore votre sentiment de bien-être général. Les étirements faciles décrits ci-après permettront d'assouplir votre corps et d'accroître votre taux d'énergie. Puisque l'effort physique brûle des calories et donne de la vitalité, vous pourriez, dans le cadre de vos activités quotidiennes, emprunter plus souvent l'escalier, vous rendre à pied au travail ou encore, inciter vos amies à faire du sport. Pourquoi ne pas organiser une expédition en vélo, une longue promenade, une soirée de patinage? Ou que dire du jardinage, d'une partie de quilles ou d'une joute de curling?
(Adapté de : Women's Health Clinic. (1990). Catching our Breath: A Journal About Change for Women Who Smoke. Winnipeg.)
Guide alimentaire canadien pour manger sainement

