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ARCHIVÉE - Vie100Fumer - Évaluation de contrôle après 12 mois

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Août 2005

Table des matières

Liste des tableaux

  • Table 1 Enquêtes dont les données ont été recueillies
  • Table 2 Données d'enquête pour l'ensemble des projets pilotes
  • Table 3 Année d'étude
  • Table 4 Langue maternelle
  • Table 5 Lieu de naissance
  • Table 6 Origine ethnique
  • Table 7 Habitude de fumer, pour l'ensemble des projets pilotes
  • Table 8 Élément le plus important ayant aidé le participant à cesser de fumer/
  • réduire sa consommation de tabac/ se motiver
  • Table 9 Évaluation de la documentation du programme V100F

Liste des figures

  • Figure 1 Date de participation au programme V100F
  • Figure 2 Sexe
  • Figure 3 Nombre moyen de cigarettes par jour
  • Figure 4 Fumez-vous moins, autant ou plus de cigarettes?
  • Figure 5 Habitude de fumer d'une année sur l'autre
  • Figure 6 Usage du tabac au moment de la participation au programme V100F (exercice de mémorisation)
  • Figure 7 Tentatives pour arrêter de fumer d'une année sur l'autre
  • Figure 8 Tentatives pour arrêter de fumer : ESUTC et contrôle de
  • V100F
  • Figure 9 Le programme V100F vous a-t-il aidé à vous motiver pour arrêter de fumer?
  • Figure 10 Motivation pour arrêter de fumer : enquête postérieure au programme et enquête de contrôle
  • Figure 11 Élément le plus important ayant incité les répondants à cesser de fumer, à réduire leur consommation de tabac ou à se motiver
  • Figure 12 Je suis persuadé que je peux arrêter de fumer
  • Figure 13 Évaluation de l'utilité du programme
  • Figure 14 Évaluation des participants de l'utilité du programme V100F d'une année sur l'autre
  • Figure 15 Recommandation du programme V100F à un ami
  • Figure 16 Réutilisation de la documentation du programme V100F

Sommaire

Santé Canada est associé, depuis le début des années 1990, à l'élaboration et à l'évaluation de programmes de renoncement au tabac destinés aux adolescents. En 2003-2004, Santé Canada a dirigé et a évalué le programme de groupe révisé Vie 100 Fumer (V100F), en partenariat avec cinq organismes établis dans cinq régions du pays. Les résultats à court terme du programme ont été très prometteurs. En 2005, les jeunes participants ont de nouveau fait l'objet d'une enquête. Le présent rapport fait état des résultats de l'enquête de contrôle effectuée auprès des jeunes dans les cinq régions pilotes, de 12 à 18 mois après leur participation initiale aux programmes V100F (2003-2004).

L'enquête de contrôle visait à évaluer la possibilité de recueillir auprès des jeunes participants des données sur les résultats à plus long terme. Les principales questions ayant trait aux résultats étaient toutefois similaires à celles posées à l'étape de l'évaluation du programme pilote :

  • Quels étaient les participants à l'enquête de contrôle?
  • Jusqu'à quel point le programme V100F est-il efficace d'une année sur l'autre (période de 12 à 18 mois) pour promouvoir l'abandon du tabac auprès des jeunes?
  • Avec le recul, jusqu'à quel point les participants au programme V100F étaient-ils satisfaits de ce dernier?

Au total, 114 enquêtes ont été effectuées au cours de la période de 12 à 18 mois suivant la fin du programme, ce qui correspond à 31 % de l'échantillon complet des participants au programme pilote V100F. Les données découlant des enquêtes de contrôle ont été appariées, dans la mesure du possible (90, 24 %), à celles, déjà recueillies, des enquêtes préalables et postérieures au programme. Toutes les données d'enquête ont été introduites dans la base de données élargie construite avec le logiciel SPSS (à partir de celle où étaient auparavant stockés les résultats à court terme). Des procédures statistiques descriptives ont été appliquées et des tableaux récapitulatifs ont été établis.

Les résultats de l'évaluation de contrôle semblent indiquer ce qui suit :

  1. Le contrôle, en milieu scolaire et après une période de 12 à 18 mois, des adolescents ayant pris part au programme est possible et efficace à condition qu'il soit prévu dès le début.
  2. D'une année sur l'autre, V100F continue d'être efficace pour promouvoir le renoncement au tabac chez les jeunes. Les caractéristiques suivantes ont été relevées chez ces adolescents relativement à l'usage du tabac, de 12 à 18 après leur participation au programme :
    • Leurs taux d'abandon ou de réduction se sont maintenus, en comparaison de ceux enregistrés au début du programme et tout de suite après ce dernier :
      • Le nombre moyen de cigarettes fumées s'établissait à 12,4 par jour au début du programme, à 5,9 à la fin de ce dernier et à 7,7 au moment du contrôle effectué après une période de 12 à 18 mois.
      • 73 % des participants à V100F ont affirmé qu'ils continuaient de fumer moins de cigarettes que lorsqu'ils avaient commencé le programme.
      • Au contrôle, 16 % des participants ont mentionné qu'ils avaient cessé de fumer (12 % l'avaient fait aussitôt que le programme avait pris fin).
    • Leurs taux d'abandon se sont maintenus dans une plus forte proportion que ceux observés pour leurs semblables qui n'ont pas pris part au programme V100F :
      • Dans l'ensemble, l'ESUTC semble indiquer que 5 % des jeunes peuvent être inclus dans la catégorie de l'abandon à long terme (regroupant les personnes qui n'ont pas fumé depuis un an); en comparaison, un an après la fin du programme V100F, entre 8 % et 16 % des participants pouvaient être considérés comme des membres de cette catégorie .
    • Leurs tentatives de renoncement au tabac ont été plus fréquentes :
      • Au début du programme, les participants ont déclaré qu'ils avaient fait 1,9 tentative de renoncement l'année précédente, comparativement à 2,5 tentatives de renoncement à l'étape du contrôle.
    • Leur motivation d'arrêter de fumer est toujours forte :
      • 56 % au contrôle, comparativement à 42 % à la fin du programme.
    • Les questions de santé et les stratégies apprises durant le programme ont été, selon eux, les éléments les plus importants qui les avaient incités à cesser de fumer ou qui les aideront à le faire.
    • Leur confiance dans leur capacité de cesser de fumer (auto-efficacité) :
      • Les deux tiers d'entre eux (64 %) ont indiqué qu'ils étaient très confiants.
  3. De 12 à 18 mois après avoir participé au programme V100F, les jeunes étaient encore extrêmement satisfaits de leur expérience; presque tous (96 %) l'auraient recommandé à un ami. Ceux qui ont continué à utiliser la documentation fournie durant le programme V100F l'ont trouvé utile.

Contexte

Presque toutes les personnes qui ont déjà fumé ont fumé leur première cigarette durant l'adolescence et au moins la moitié de toutes les personnes qui fument toujours avaient fait l'expérience du tabac au plus tard à l'âge de 15 ans.1 Au Canada, le tabagisme chez les jeunes pose un grave problème de santé. Au premier semestre de 2004, 20 % des adolescents canadiens de 15 à 19 ans fumaient. 2 L'adolescence est une période où les programmes de renoncement au tabac prennent une importance cruciale : 70 % des fumeurs actuels de 15 à 19 ans ont déclaré avoir fait une ou plusieurs tentatives de renoncement au tabac au cours des 12 mois précédents. 3

Conscient de la nécessité de tirer profit du fait que les adolescents veulent arrêter de fumer alors qu'ils en sont encore à cette étape de la vie, Santé Canada a élaboré à leur intention, en 1993, un programme de renoncement au tabac en partenariat avec l'Association pulmonaire du Canada et Ciba-Geigy Ltd. Visant les jeunes de 15 à 19 ans, le programme de renoncement au tabac Vie 100 Fumer/Quit 4 Life (V100F) était un programme d'auto-assistance réduisant au minimum le contact avec les adolescents qui fumaient sur une base quotidienne.

À la fin des années 1990, V100F a été transformé en un programme disponible sur un site Web. Il n'était offert qu'en ligne et le site du programme renfermait les renseignements originaux mis en évidence grâce aux témoignages de quatre jeunes qui parlaient de leur comportement de fumeur et des difficultés qu'ils avaient eues à arrêter de fumer. À l'époque, bon nombre de jeunes avaient simplement trouvé ce site Web par hasard alors qu'ils naviguaient sur le Net et avaient eux-mêmes décidé de suivre le programme. La popularité du programme et la diffusion de nouvelles données sur les meilleures pratiques de renoncement au tabac chez les jeunes découlant de la recherche internationale 4, entre autres sur l'efficacité des approches cognitivo-comportementales dans le cas des adolescents, ont amené Santé Canada à mettre à jour, en 2002, le programme V100F.

En 2002, le programme Web à jour a été restructuré par M. Paul McDonald de l'Université de Waterloo, afin d'inclure les modifications suivantes :

  • Ciblage sur un groupe de personnes plus jeunes (13 à 18 ans).
  • Accent mis sur les jeunes qui fument quotidiennement ou de temps à autre, et sur ceux qui veulent non seulement réduire leur consommation de tabac mais également cesser de fumer.
  • Introduction de principes comportementaux, entre autres le contre-conditionnement, le contrôle du stimulus et la création de milieux qui facilitent le renoncement au tabac, en vue d'accroître les chances de réussite des jeunes en attirant leur attention sur leur comportement de fumeur.
  • Selon le Dr. McDonald, insistance accrue sur l'auto-efficacité : « Nous avons également pris soin de favoriser l'auto-efficacité en encourageant les participants à 's'exercer' à arrêter de fumer »; afin qu'ils s'entraînent à être des non-fumeurs et qu'ils puissent renforcer leur capacité personnelle de modifier sensiblement leur comportement.
  • Insistance accrue sur la motivation : « En dépit de l'insuffisance d'éléments probants qui nous permettraient de tirer des conclusions, les approches fondées sur les techniques d'entrevue motivationnelle semblent être particulièrement prometteuses. D'où l'inclusion d'une grande quantité de matériel de motivation fondé sur les principes de Miller et Rollnick (1991) ».
  • Modification des aspects du programme touchant la navigation sur le Net afin que les utilisateurs puissent, soit suivre tout le programme, soit choisir les sections du programme ou du site V100F qui les intéressent le plus. À ce sujet, M. McDonald a de nouveau fait référence à l'information sur les meilleures méthodes, « L'étude laisse en outre croire que des interventions intensives sont vraisemblablement plus efficaces. Cela pose un problème puisque d'autres études semblent indiquer que les adolescents préfèrent des interventions simples et brèves. Nous avons tenté d'en arriver à un équilibre entre ces demandes contradictoires. »
  • Ajout d'un guide de l'animateur, d'outils d'évaluation et d'un Guide d'évaluation, respectivement mis au point par M me Kate Dahlstrom et la firme Gentium Consulting, afin de fournir un appui au programme lorsque ce dernier est donné à un groupe. Ces guides et outils sont fondés sur l'information disponible sur les meilleures pratiques qui semble indiquer que des interventions ayant lieu à l'école, auxquelles les jeunes peuvent ou non participer dans un contexte tout de même structuré, et qui sont faites par un enseignant ou un autre adulte digne de confiance, peuvent être plus fructueuses.
  • Possibilité pour des jeunes de continuer à visiter le site Web V100F qu'ils trouvaient par hasard, individuellement, ou collectivement dans le cadre d'un exercice de groupe.

En 2003-2004, Santé Canada a dirigé et évalué le programme de groupe révisé V100F, en partenariat avec cinq organismes, en cinq endroits différents au pays :

  • Fraser House Society - Mission (Colombie-Britannique)
  • Association pulmonaire du Manitoba - Winnipeg (Manitoba)
  • Centre de santé des Premières nations de Nipissing - Garden Village (Ontario)
  • Canadian Research Institute for Social Policy - Université du Nouveau-Brunswick
  • Fredericton (Nouveau-Brunswick)
  • Centre des femmes de Pictou County - New Glasgow (Nouvelle-Écosse).

Les objectifs fixés par Santé Canada pour les programmes pilotes étaient les suivants :

  • Élaborer un mécanisme de supervision de l'évaluation des projets pilotes.
  • Fournir en permanence les coordonnées de personnes-ressources et des aides aux coordonnateurs des projets pilotes pour le volet de l'évaluation de ces derniers.
  • Mettre au point, en consultation avec les coordonnateurs des projets pilotes, des modèles et d'autres outils permettant et facilitant la collecte des données par ces personnes.
  • Recueillir et analyser les données avant et après l'exécution du programme, de même que les commentaires de l'animateur du projet pilote et du pair aidant.
  • Rédiger un rapport d'évaluation final sur les projets pilotes exposant en détail, les méthodes, les mécanismes, les résultats, les répercussions de ces derniers et renfermant des recommandations en vue de la modification du programme en fonction des résultats des projets pilotes.
  • Mettre au point des outils d'évaluation devant être utilisés par Santé Canada et les responsables des projets pilotes à des intervalles de 6 et de 12 mois après l'exécution du programme.
  • Élaborer un outil d'évaluation devant être utilisé sur le site Web du programme V100F afin de déterminer l'efficacité de ce dernier en tant que programme d'auto-assistance.

Un rapport d'évaluation antérieur5 renfermait des renseignements détaillés sur les projets pilotes et le mécanisme d'évaluation, entre autres un aperçu de la mise en oeuvre du programme et des participants à celui-ci, un résumé des résultats à court terme et les améliorations recommandées à la documentation de V100F et à la mise en oeuvre du programme. En 2005, Santé Canada a diffusé la version révisée du Guide de l'animateur du programme V100F et de la brochure du participant. Le site Web du programme V100F a également été révisé pour en faire un programme d'auto-assistance interactif et autonome de renoncement au tabac. Les résultats à court terme sont analysés en détail dans le rapport et ont également fait l'objet d'une présentation à la conférence nationale sur le tabagisme tenue en juin 2005 à Ottawa6 (Greene et Meyer, 2005).

En 2005, les jeunes participants ont de nouveau été sondés. Le présent rapport fait état des conclusions de l'enquête de contrôle auprès des participants aux cinq projets pilotes, de 12 à 18 mois après leur première participation aux programmes V100F (2003-2004).

1. Questions d'évaluation

Les principales questions posées aux fins de l'évaluation des projets pilotes V100F étaient sensiblement les mêmes et visaient l'obtention, grâce à cette méthode, à la fois des données à plus long terme et des résultats réels de l'intervention V100F :

  • Quels étaient les participants à l'enquête de contrôle?
  • Jusqu'à quel point le programme V100F est-il efficace d'une année sur l'autre (période de 12 à 18 mois) aux fins de la promotion auprès des jeunes du renoncement au tabac?
  • Plus précisément, les jeunes qui ont pris part au programme V100F présentaient-ils les caractéristiques suivantes :
    • Leurs taux d'abandon ou de réduction se sont-ils maintenus, en comparaison de ceux enregistrés au début du programme et tout de suite après ce dernier?
    • Leurs taux d'abandon se sont-ils maintenus dans une plus forte proportion que ceux observés pour leurs semblables qui n'avaient pas pris part au programme V100F?
    • Leurs tentatives de renoncement au tabac ont-elles été plus fréquentes?
    • Leur motivation d'arrêter de fumer est-elle toujours forte?
    • Ont-ils confiance dans leur capacité de cesser de fumer (auto-efficacité)?
    • Avec le recul, dans quelle mesure les participants au programme V100F sont-ils satisfaits de ce dernier?
  • Le rapport qui suit récapitule les résultats de l'enquête de contrôle à la lumière de ces questions d'évaluation.

Méthode

1. Collecte des données

Une enquête de contrôle a été élaborée, mise à l'essai et révisée à la phase de l'évaluation du programme pilote.

Santé Canada a passé un marché avec les cinq organismes responsables des projets pilotes afin qu'ils prennent part à l'évaluation de contrôle et qu'ils sondent les anciens participants au programme V100F. Quatre des cinq coordonnateurs des projets pilotes responsables du contrôle avaient également pris part à l'évaluation du programme pilote; l'un d'entre eux participait pour la première fois au projet.

Les évaluateurs ont remis aux coordonnateurs la liste de tous les participants aux projets pilotes qui avaient pris part à l'enquête de base ou à l'enquête de contrôle à l'étape de l'évaluation du programme pilote (données recueillies à l'origine en prévision de l'enquête de contrôle).

Les coordonnateurs de chaque projet pilote ont utilisé des stratégies différentes pour entrer en communication avec les anciens participants. En collaboration avec les dirigeants des écoles, ils ont invité, par le truchement du système d'intercommunication, plusieurs des participants à assister à une réunion des anciens participants au programme V100F, au cours de laquelle ces derniers ont été priés de remplir les questionnaires de l'enquête de contrôle. Les coordonnateurs ont également offert des incitatifs aux participants qui acceptaient de remplir le questionnaire de l'enquête (billets pour un concert, gomme). D'autres ont communiqué avec les enseignants qui avaient déjà mis le programme en application et leur ont demandé d'entrer en contact avec les anciens participants. L'un des coordonnateurs a établi une arborescence de courriel et s'en est servie pour joindre les participants. La plupart des coordonnateurs ont également communiqué avec chacun des jeunes pour les inciter à prendre part au contrôle.

Les enquêtes ont été menées sur une période de 12 à 18 mois après la fin du programme et les questionnaires ont été renvoyés aux évaluateurs à des fins de codage et d'analyse. Nous avons inclus les données pour 18 mois car quelques-uns des programmes V100F avaient commencé plus tôt en 2003. Pour les trois quarts des enquêtes (75 %, 86), les données ont été recueillies après 12 mois; dans 18 % (21) des cas, elles ont été recueillies à l'issue de la période de 18 mois et, dans 5 % (3) des cas, elles ont été recueillies à un autre moment. Deux de ces trois participants ont indiqué qu'ils avaient pris part à un autre programme V100F.

Figure 1 - Date de participation au programme V100F

Figure 1 - Date de participation au programme V100F

2. Analyse des données

Dans la mesure du possible, les résultats des enquêtes de contrôle ont été appariés à ceux des enquêtes menées avant et après le programme, qui avaient déjà été recueillis. Toutes les données d'enquête ont été saisies dans la base de données élargie construite grâce au logiciel SPSS (à partir de celle où étaient auparavant stockés les résultats à court terme). Les procédures statistiques descriptives ont été appliquées et des tableaux récapitulatifs ont été dressés.

Résultats

1. Quels ont été les participants à l'enquête de contrôle?

L'attrition est un phénomène inévitable dans toute enquête longitudinale car,

au fil du temps, il arrive que les participants ne puissent être rejoints ou qu'ils déclarent forfait pour diverses raisons. Cela peut être un problème particulièrement épineux dans les cas des adolescents et des étudiants qui, souvent, quittent non seulement leur école mais également leur résidence ou même leur collectivité, lorsqu'ils terminent leurs études secondaires (au

moment où ils deviennent membre de la population active ou entreprennent des études postsecondaires). Toutefois, en ce qui a trait au programme V100F,

114 participants au total ont répondu aux questions de l'enquête de contrôle. Qui plus est, les données de l'enquête de base et de l'enquête postérieure au programme ont été accessibles pour 90 de ces répondants (79 %).

Bref, les données ont été recueillies auprès de 370 participants pour tous les volets de l'évaluation du programme V100F (enquête de base, enquête postérieure au programme et enquête de contrôle). Nous avons été en mesure d'apparier les données découlant de ces trois enquêtes pour un quart (24 %) des répondants.

Tableau 1 - Enquêtes dont les données ont été recueillies

 

Fréquence

Pourcentage

Toutes (préalable, postérieure, contrôle)

90

24 %

Enquêtes préalables et postérieures seulement

153

41 %

Seulement l'enquête préalable

68

18 %

Seulement l'enquête postérieure

35

10 %

Seulement le contrôle

14

4 %

L'enquête préalable et le contrôle

10

3 %

Total

370

100,0

Les genres d'enquêtes dont les données ont été recueillies pour l'ensemble des projets pilotes sont illustrées au tableau 2 ci-dessous

Tableau 2 - Données d'enquête pour l'ensemble des projets pilotes - tableau croisé
   

Données d'enquête disponibles

Total

Organisme responsable du projet pilote

 

Enquêtes préalable et posté-
rieure

Seulement l'enquête préalable

Seulement l'enquête posté-
rieure

Seulement le contrôle 12m

Toutes

Enquête préalable et le contrôle 12m

 

Fraser House (C.-B.)

Nombre

73

33

18

1

38

0

163

 

% du total

19.8%

9.0%

4.9%

.3%

10.3%

.0%

44.3%

Association pulmonaire du Manitoba

Nombre

14

7

2

1

7

0

31

 

% du total

3.8%

1.9%

.5%

.3%

1.9%

.0%

8.4%

Premières nations de Nipissing (Ont.)

Nombre

4

1

2

1

10

0

18

 

% du total

1.1%

.3%

.5%

.3%

2.7%

.0%

4.9%

Centre des femmes de Pictou

(N.-É.)

Nombre

18

7

0

1

16

1

43

 

% du total

4.9%

1.9%

.0%

.3%

4.3%

.3%

11.7%

Université du N.-B.

Nombre

44

20

13

8

19

9

113

 

% du total

12.0%

5.4%

3.5%

2.2%

5.2%

2.4%

30.7%

Total

Nombre

153

68

35

12

90

10

368

 

% du total

41.6%

18.5%

9.5%

3.3%

24.5%

2.7%

100.0%

1.1 Caractéristiques des répondants (contrôle)

La plupart des répondants étaient âgés de 15 à 19 ans (92 %). Quatre pour cent d'entre eux avaient 14 ans ou moins et 5 % étaient âgés de 20 ans ou plus. À l'étape du contrôle, l'âge moyen de l'échantillon apparié était de 16,9 ans, comparativement à 15,8 ans au début du programme, ce qui correspond à l'intervalle d'un an entre la première participation des jeunes à un programme V100F et le contrôle .

Tableau 3 - Année d'études

Année d'études

Fréquence

Pourcentage valide

Pourcentage cumulatif

9 -10

27

24 %

24 %

11-12

72

63 %

87 %

13

1

1 %

88 %

8e année ou moins

2

2 %

90 %

Autre

5

4 %

94 %

s/o

7

6 %

100.0

Total

114

100.0

 

Au début du programme, l'année moyenne de l'échantillon apparié était la 10 e année. Au moment du contrôle, c'était la 11 e année.

Le nombre de participantes à l'enquête de contrôle (58 %) était un peu plus élevé que celui des participants (42 %). Ces proportions correspondent à la répartition originale des sexes au moment des enquêtes préalables et postérieures (ces proportions sont parfaitement identiques).

Figure 2 - Sexe

Figure 2 - Sexe

La répartition selon la langue maternelle des répondants ayant pris part au contrôle effectué après 12 mois et à l'enquête préalable était presque identique : 82 % ont indiqué que l'anglais était leur langue maternelle, 15 % ont fait savoir que leur langue maternelle était le français et 3 % ont mentionné une langue différente (Selon les jeunes,2 : micmac, 1 : irlandais, 1 : français également, 1 : anglais également). (Enquête de base : anglais 83 %, français 11 %, les deux langues 4 % et autre 2 %).

Tableau 4 - Langue maternelle
 

Fréquence

Pourcentage

Valide

Anglais

92

82 %

 

Français

17

15 %

 

Autre

3

3 %

 

Total

112

100,0

La majorité des répondants étaient nés au Canada (97 %).

Tableau 5 - Lieu de naissance
 

Fréquence

Pourcentage

Oui

109

97 %

Non

3

3 %

Total

112

100,0

Les trois quarts des répondants étaient de race blanche. Un répondant sur cinq (21 %) a précisé qu'il était Autochtone; 10 % d'entre eux ont déclaré être des Indiens de l'Amérique du Nord et 5 %, des Métis. Trois pour cent étaient des Noirs. Certains répondants ont donné plus d'une réponse.

Tableau 6 - Origine ethnique - Par les categories du questionnaire de recensement

 

Fréquence

Pourcentage

Blanc

83

78 %

Autochtone

16

21%

Indien d'Amérique du Nord

9

10 %

Métis

4

5 %

Noir

2

3 %

Autre

7

9   %

 

121 *

 

*7 répondants ont indiqué plus d'une origine ethnique, p. ex. Autochtone et Indien de l'Amérique du Nord; ou Blanc et Autochtone

2. Jusqu'à quel point le programme V100F est-il efficace d'une année sur l'autre (période de 12 à 18 mois) aux fins de la promotion auprès des jeunes du renoncement au tabac?

2.1 Les taux d'abandon ou de réduction des jeunes participants au programme V100F se sont-ils maintenus, en comparaison de ceux enregistrés au début du programme et tout de suite après ce dernier ?

Habitudes de fumer

La consommation quotidienne de cigarettes a diminué, passant de

12,4 cigarettes en moyenne par jour au moment de l'enquête de base à 5,9 à la fin du programme. Elle avait quelque augmenté au moment du contrôle après un an, s'établissant à 7,7 cigarettes. Ce chiffre est encore inférieur à la moyenne canadienne de 11,8 cigarettes fumées quotidiennement (ESUTC, 15 à 19 ans en 2004).

Figure 3 - Nombre moyen de cigarettes par jour

Figure 3 - Nombre moyen de cigarettes par jour

L'intervalle de variation du nombre de cigarettes fumées quotidiennement a diminué. Au moment de l'enquête de base, les répondants fumaient de 1 à

69 cigarettes par jour; à la fin du programme, de 0 à 45, et au moment du contrôle après 12 mois, de 0 à 25. Fait digne de mention, aucun répondant n'a signalé à l'étape du contrôle qu'il fumait plus de 25 cigarettes par jour.

Soixante-sept répondants ont répondu à cette question, dont certains fumaient plus, moins ou la même quantité de cigarettes depuis qu'ils avaient commencé le programme V100F. Les trois quarts (73 %) ont mentionné qu'ils avaient réduit leur consommation de cigarettes depuis l'enquête de base; 15 % fumaient autant et 12 % fumaient plus de cigarettes sur une base quotidienne.

Figure 4 - Fumez-vous moins, autant ou plus de cigarettes?

Figure 4 - Fumez-vous moins, autant ou plus de cigarettes?

Les fumeurs quotidiens figuraient pour 94 % des répondants à l'enquête de base. Ce pourcentage a fléchi, pour s'établir à 66 %, tout de suite après la fin du programme mais, la tendance s'étant inversée, il atteignait de nouveau 81 % au moment du contrôle. En dépit de la similarité de la proportion des fumeurs occasionnels pour l'enquête de base et le contrôle après 12 mois (6 % et 4 %), le fait que 16 % des répondants aient indiqué, à l'étape du contrôle, qu'ils avaient renoncé au tabac est digne de mention.

Figure 5 - Habitude de fumer d'une année sur l'autre

Figure 5 - Habitude de fumer d'une année sur l'autre

Les répondants qui fumaient moins à la fin du programme (soit qu'ils avaient renoncé au tabac, soit qu'ils fumaient de 1 à 10 cigarettes) ont conservé cette habitude : en outre, il y avait beaucoup plus de chances pour qu'ils fument moins à l'étape du contrôle après 12 mois. S'établissant à p<.00, ce résultat était significatif. Ces chiffres indiquent que les répondants qui ont réduit l'usage du tabac ou cessé de fumer durant le programme V100F ont été en mesure de persévérer dans cette voie.

On a également demandé aux répondants de décrire, du mieux qu'ils le pouvaient, leurs habitudes de fumer au moment où ils ont participé au programme. Du nombre de ceux faisant partie de l'échantillon apparié (n=90), 21 % (18) se rappelaient qu'ils avaient cessé de fumer et 67 % ont déclaré qu'ils avaient réduit l'usage du tabac durant le programme V100F . Seulement 8 % d'entre eux ont indiqué qu'ils avaient fumé autant et 5 % qu'ils avaient fumé plus au moment où ils avaient participé à ce programme.

Figure 6 - Usage du tabac au moment de la participation au programme V100F (exercice de mémorisation)

Figure 6 - Usage du tabac au moment de la participation au programme V100F (exercice de mémorisation)

La comparaison de ces résultats avec les déclarations des étudiants recueillies alors que le programme venait tout juste de prendre fin révèle que 16 % (13) d'entre eux avaient mentionné qu'ils avaient cessé de fumer à la fin

du programme. Cependant, sept autres répondants à l'enquête de contrôle ont indiqué qu'ils avaient cessé de fumer aussitôt le programme terminé, ce qui explique ces écarts. La consultation du tableau croisé nous apprend qu'au total

5 répondants ayant indiqué, à l'enquête de contrôle, qu'ils avaient cessé de fumer ont également précisé qu'ils avaient renoncé au tabac une fois que le programme avait pris fin. Par conséquent, d'une enquête à l'autre, les étudiants font preuve, semble-t-il, de cohérence lorsqu'ils déclarent qu'ils ont cessé de fumer.

Habitude de fumer, pour l'ensemble des projets pilotes

Le tableau 7 ci-dessous illustre les habitudes de fumer des étudiants au moment de l'enquête de contrôle menée dans le cadre de tous les projets pilotes. Les résultats détaillés pour chaque projet pilote figurent en annexe.

Tableau 7 - Usage du tabac, pour l'ensemble des projets pilotes

 

A cessé de fumer

Fume occasionnellement

Fume tous les jours

Fraser House
(C.-B.) (N=39)

6

15 %

2

5 %

31

80 %

Association pulmonaire du Manitoba (N=8)

1

13 %

0

0

7

88 %

Premières nations de Nipissing (n=11)

4

36 %

0

0

7

64 %

Université du N.-B (N.-B.) (N=36)

4

11 %

0

0

32

89 %

Centre des femmes de Pictou (N.-É.) (N=18)

3

17 %

2

11 %

13

72 %

 

18

 

4

 

90

 

Gros fumeurs

À l'étape du contrôle (échantillon apparié), on constate qu'aucun des cinq répondants qui étaient de gros fumeurs au moment de l'enquête de base

(21 cigarettes et plus par jour) n'a été en mesure de cesser de fumer ou de persévérer dans cette voie. Tout de suite après la fin du programme, deux des gros fumeurs ont déclaré qu'ils avaient renoncé au tabac, ce qui signifie que la rechute s'est produite durant l'année suivante. Toutefois, fait encourageant, les répondants qui étaient de gros fumeurs avaient réduit le nombre de cigarettes qu'ils fumaient chaque jour au moment du contrôle, ce qui indique que le programme V100F ait eu, selon les apparences, des résultats bénéfiques même dans le cas de ces fumeurs. Au contrôle, trois de ceux qui, auparavant, étaient de gros fumeurs ont déclaré qu'ils ne fumaient que de 1 à 10 cigarettes par jour, le quatrième fumait quotidiennement entre 11 et 20 cigarettes et seul le cinquième fumait encore plus de 21 cigarettes chaque jour. D'autres études pourraient être menées afin de savoir si un soutien offert sur une base continue aux fumeurs qui, auparavant, abusaient du tabac permettrait à un plus grand nombre d'entre eux de ne pas recommencer à fumer et contribuerait à prévenir les rechutes.

2.2 Les taux d'abandon des jeunes participants au programme V100F se sont-ils maintenus dans une plus forte proportion que ceux observés pour leurs semblables qui n'ont pas pris part à ce programme?

Selon l'ESUTC de 2004, 5 % des jeunes de 15 à 19 ans étaient considérés comme d'anciens fumeurs (c.-à-d. qu'ils n'avaient pas fumé depuis un an). Au contrôle, trois fois plus de participants au programme V100F, soit 16% (18), ont indiqué qu'ils avaient renoncé au tabac. Toutefois, seulement 8 % (9) d'entre eux ont précisé qu'ils n'avaient pas recommencé à fumer depuis qu'ils avaient suivi ce programme. La même proportion de répondants, soit 8 % (9), avaient cessé de fumer après la fin du programme. Nous ne savons cependant pas à quel moment ces participants avaient cessé de fumer et pendant combien de temps ils avaient renoncé au tabac au moment de l'enquête. Fait également digne de mention, pour certains participants, les données du contrôle ont été recueillies

18 mois après la fin du programme initial. L'examen des taux d'abandon aussitôt après le programme, enregistrés au moment du contrôle effectué après 18 mois, nous apprend que seulement un des participants a signalé qu'il avait cessé de fumer. Ce participant avait recommencé à fumer au moment du contrôle.

En fait, il est possible que les taux d'abandon enregistrés à l'étape du contrôle sous-estiment la proportion des jeunes qui ont abandonné le tabac à long terme ou celle des anciens fumeurs, selon les calculs de l'ESUTC. Le taux de 8 % des participants ayant déclaré qu'ils n'avaient pas recommencé à fumer depuis qu'ils avaient suivi le programme est encore supérieur à celui de 5 % de l'ESUTC pour ce qui est des anciens fumeurs (n'ayant pas fumé depuis un an). À l'étape du contrôle, la proportion des anciens fumeurs pourrait donc s'échelonner entre 8 % et 16 %.

Un participant sur dix du programme V100F (11 %) avait fait une rechute dans les 12 à 18 mois suivant la fin du programme   : ces personnes ont indiqué qu'elles avaient recommencé à fumer. Par ailleurs, un participant sur quatre (24 %) a déclaré qu'il venait tout juste de réduire la quantité de cigarettes qu'il fumait à la fin du programme. Cette tendance est également représentative du comportement habituel des adolescents eu égard à leurs habitudes de fumer.

Bon nombre de jeunes ont également coché plus d'une option (voir les options offertes, ci-dessous), ce qui porte à croire à l'existence de variations considérables s'agissant de l'usage du tabac.

  • Je n'ai pas recommencé à fumer
  • J'ai cessé de fumer après la fin du programme
  • Je fume moins de cigarettes qu'avant que je commence à suivre le programme
  • J'ai commencé à réduire l'usage du tabac après la fin du programme
  • J'ai recommencé à fumer
  • Je fume autant qu'avant
  • Je fume plus qu'avant

Ces chiffres indiquent qu'un certain nombre de participants semblent faire une rechute et, par la suite, renoncer de nouveau au tabac dans l'année suivant celle où ils ont pris part au programme. Ce comportement répétitif qui consiste à faire plusieurs tentatives et à « s'exercer à cesser de fumer » avant d'arrêter pour de bon est monnaie courante chez les fumeurs adolescents et les fumeurs en général. Comme le révèle une autre étude (ESUTC, 2001), environ la moitié des jeunes qui cessent de fumer (49 %) ont déclaré avoir fait plus d'une tentative avant de renoncer définitivement au tabac. Les jeunes faisant partie de la catégorie de ceux qui avaient renoncé au tabac à long terme avaient fait, en moyenne, 2,7 tentatives avant de parvenir à ce résultat (ESUTC, 2001; «  Le renoncement au tabac chez les jeunes   »).

Comme semble l'indiquer le rapport de l'évaluation du programme pilote (Meyer et Estable, 2004), un soutien complémentaire, ou des séances occasionnelles, faisant suite au programme, pourraient peut-être prévenir les rechutes.

2.3 Les tentatives de renoncement au tabac des jeunes participants au programme V100F ont-elles été plus fréquentes ?

Dans l'ensemble, les jeunes participants ont fait plus de tentatives pour cesser de fumer. Pour ce qui est de l'enquête de base, les jeunes avaient renoncé au tabac (ou ils se souvenaient qu'ils avaient essayé de le faire) en moyenne 1,9 fois, comparativement à 2,5 fois en moyenne à l'étape du contrôle.

Figure 7 - Tentatives pour cesser de fumer d'une année sur l'autre

Figure 7 - Tentatives pour cesser de fumer d'une année sur l'autre

Même si, jusqu'à un certain point, on peut invoquer, en guise d'explication, que les chances que les tentatives se multiplient augmentent tout bonnement à mesure que le temps passe, il n'en reste pas moins qu'en comparaison avec le groupe de contrôle théorique des jeunes Canadiens de 15 à 19 ans (ESUTC), les participants au programme V100F continuent de faire plus de tentatives pour cesser de fumer.

Figure 8 - Tentatives pour cesser de fumer : ESUTC et contrôle de V100F

Figure 8 - Tentatives pour cesser de fumer : ESUTC et contrôle de V100F

2.4 Le programme V100F a-t-il incité les jeunes à cesser de fumer ?

On a demandé aux participants d'évaluer, sur une échelle de 1 à 3 (1=pas du tout; 3=beaucoup), si le programme V100F les avaient incités à cesser de fumer. Au contrôle, la cote moyenne était de 2,5, ce qui correspond à un degré de motivation d'arrêter de fumer qui est élevé. Plus de la moitié des répondants ont déclaré que le programme les avait beaucoup motivés (56 %) et plus d'un tiers ont indiqué qu'il avait été une source de motivation d'arrêter de fumer plus ou moins grande. Seulement 5 % ont mentionné que le programme ne les avait pas du tout aidés à se motiver.

Figure 9 - Le programme V100Fvous a-t-il aidé à vous motiver pour arrêter de fumer?

Figure 9 - Le programme V100Fvous a-t-il aidé à vous motiver pour arrêter de fumer?

Immédiatement après avoir suivi le programme, les participants ont évalué dans quelle mesure ce dernier les avait incités à arrêter de fumer et lui ont attribué une cote quelque peu inférieure, s'établissant à 2,3. Quarante-deux pour cent ont déclaré qu'il leur avait donné beaucoup de motivation, 49 % qu'il en avait tiré plus ou moins de motivation et 10 % qu'il ne leur avait été d'aucune utilité au chapitre de la motivation. Dans l'ensemble, on constate que les participants évaluent légèrement à la hausse, au moment du contrôle, le degré de motivation fourni par le programme en vue du renoncement au tabac. En résumé, les participants ont jugé, après mûre réflexion, que le programme leur avait fourni une plus grande motivation d'arrêter de fumer.

Figure 10 - Motivation pour arrêter de fumer : enquête postérieure au programme et enquête de contrôle

Figure 10 - Motivation pour arrêter de fumer : enquête postérieure au programme et enquête de contrôle

On a posé aux participants au suivi une question ouverte pour déterminer quel élément du programme V100F les avait le plus aidés à cesser de fumer ou à réduire leur usage du tabac, ou les avait le plus incités à réduire cet usage. Les trois quarts (75 %, 86) des participants ont répondu à cette question. Leurs réponses ont été codées suivant les thèmes dégagés (voir le tableau 9 et la figure 11 ci-dessous).

Figure 11 - Élément le plus important ayant incité les répondants à cesser de fumer, à réduire leur consommation de tabac ou à se motiver

Figure 11 - Élément le plus important ayant incité les répondants à cesser de fumer, à réduire leur consommation de tabac ou à se motiver

Tableau 8 - Élément le plus important ayant aidé les répondants à cesser de fumer, à réduire leur consommation de tabac ou à se motiver

 

N=86

%

Questions de santé (exposé sur le cancer du poumon et d'autres maladies, statistiques, répercussions du tabagisme sur l'organisme, poids)

28

33 %

Stratégies, étapes, mesures à prendre, éléments de la trousse de survie

28

33 %

Éléments visuels (vidéo, images dégoûtantes, poumons d'un fumeur)

23

27 %

Soutien (de l'animateur, du groupe)

14

16 %

Argent économisé

5

6 %

Autre

4

4 %

Un tiers (33 %) des répondants ont déclaré que les questions de santé constituaient l'élément le plus motivant qui les avait aidés à réduire leur usage du tabac ou à cesser de fumer.

« La discussion qui portait sur les risques pour la santé du tabagisme et les effets néfastes de la fumée secondaire. »

« Ce qu'on disait sur le cancer du poumon et les autres maladies. »

« Ces histoires racontant que le tabagisme était à l'origine de décès et de graves lésions. »

« Les produits chimiques que j'inspirais en fumant. »

Un autre tiers des répondants (33 %) se rappelaient également des stratégies ou étapes apprises durant le programme en vue de réduire l'usage du tabac ou de renoncer à ce dernier.

« Les diverses stratégies visant à retarder le moment de griller une cigarette. C'est la raison pour laquelle je fume moitié moins de cigarettes qu'avant. »

« La séance du programme et quelques activités organisées par les infirmières : théorie du choix et visite au centre d'oncologie. »

« J'ai compté le nombre de cigarettes que je fumais chaque jour. Cela m'a fait prendre conscience que je fumais beaucoup. »

« Le fait que tout se passe dans la tête. Même si votre organisme réclame une cigarette, vous pouvez résister en pensant à autre chose. »

Un quart des répondants (27 %, 23) ont souligné l'incidence, en ce qui les concerne, des éléments visuels, présentés sous forme d'images 'dégoûtantes' ou d'images vidéo dans le cadre du programme.

« Nous avons vu un vidéo sur des gens qui avaient le cancer et le cancer de la bouche, et j'ai alors eu un éclair : 'Je veux arrêter de fumer'. Ça m'a aidé à réduire de beaucoup ma consommation! Très bientôt, je ferais partie des non-fumeurs. »

« Le fait d'avoir vu ces poumons noircis et répugnants. »

« Ces images choquantes, dégoûtantes. »

Pour un plus faible pourcentage (16 %) de répondants, le soutien qu'ils avaient reçu de l'animateur ou des autres membres du groupe était important et constituait l'élément de programme le plus frappant.

« Le soutien des autres étudiants de la classe qui s'entraidaient et essayaient de cesser de fumer est l'élément qui m'a amené à vouloir arrêter de fumer moi aussi. »

« L'aide des autres membres du groupe. »

« Le fait qu'il y avait d'autres personnes qui avaient besoin d'aide, que je n'étais pas le seul. »

Les économies d'argent étaient, pour 6 % des répondants, l'élément qui les avait le plus aidé à arrêter de fumer ou a réduire leur consommation de tabac.

« Le programme m'a fait comprendre que l'argent que je dépensais en une semaine pour me payer des cigarettes pouvait servir à payer une carte de membre .»

« Le programme m'a fait réaliser que je gaspillais mon argent et que je voulais adopter un mode de vie plus sain. »

Autre fait digne de mention, ces raisons ne figuraient pas sur une liste préétablie; les participants les ont données spontanément.

3. Quel est le degré de confiance des jeunes dans leur capacité de cesser de fumer ( indicateur d'auto-efficacité)?

À l'étape du contrôle, les répondants étaient très confiants de pouvoir renoncer au tabac, leur degré de confiance s'établissant en moyenne à 4,1 sur une échelle de 1 à 5, 1=pas du tout d'accord; 5=parfaitement d'accord.

Les deux tiers (64 %) des répondants étaient d'accord ou parfaitement d'accord avec l'énoncé suivant : je suis persuadé que je peux cesser de fumer. Cinq pour cent d'entre eux (5 répondants) n'étaient pas certains de pouvoir le faire et un tiers (32 %) n'avaient pas encore décidé s'ils avaient ou non la capacité d'arrêter de fumer.

Figure 12 - Je suis persuadé que je peux arrêter de fumer

Figure 12 - Je suis persuadé que je peux arrêter de fumer

Cette question a été ajoutée dans l'enquête de contrôle parce que des études récentes laissent croire que le degré de confiance dans la capacité de cesser de fumer est une mesure importante aux fins de l'évaluation à long terme des taux de réussite du sevrage. Cette question visant à évaluer le degré de confiance ne figurait pas dans les enquêtes précédentes.

Il y a beaucoup plus de chances (p>.008) que les répondants qui ont été en mesure de réduire leur consommation de tabac ou de renoncer à ce dernier aient également été ceux qui avaient le plus confiance dans leur capacité de cesser de fumer ou de réduire leur usage du tabac. Tous ceux qui ont arrêté de fumer étaient également persuadés de pouvoir y arriver. Un tiers des répondants qui fumaient de 1 à 10 cigarettes par jour étaient également d'accord pour dire qu'ils étaient certains de pouvoir cesser de fumer, tout comme 9% de ceux qui fumaient de 11 à 20 cigarettes.

On s'attend à ce qu'un degré de confiance élevé se traduise par la prise de mesures positives en vue de l'abandon du tabac.

4. Avec le recul, jusqu'à quel point les participants au programme V100F sont-ils satisfaits de ce dernier?

4.1 Satisfaction à l'égard du programme

À l'étape du contrôle, on a demandé aux répondants d'évaluer, sur une échelle de 1 à 3 (1=pas du tout; 3=beaucoup), jusqu'à quel point le programme V100F les avait aidés de diverses façons. En moyenne, les répondants étaient d'avis que le programme les avait beaucoup aidés à réduire l'usage du tabac (2,7) et à acquérir des connaissances pour cesser de fumer un jour (2,7) et qu'il leur avait donné la motivation nécessaire pour renoncer au tabac (2,5). Il leur avait permis d'adopter un style de vie plus sain (2,4), de dépenser moins d'argent pour acheter du tabac (2,3) et de calmer leurs préoccupations au sujet du cancer (2,3). De toutes les options, celle mentionnant que le programme m'a 'aidé à cesser de fumer' avait reçu la cote la plus faible, bien qu'elle ait tout de même été supérieure à la moyenne (en moyenne 1,9).

Figure 13 - Évaluation de l'utilité du programme

Figure 13 - Évaluation de l'utilité du programme

Comme l'illustre la figure 14 ci-dessous, les cotes moyennes enregistrées au moment du contrôle et de l'enquête postérieure au programme sont presque identiques. Même si bon nombre de participants ont, en fait, cessé de fumer durant la période faisant suite au programme, leur évaluation de l'utilité du programme V100F est demeurée inchangée. Le renoncement au tabac n'est pas l'unique résultat prévu du programme V100F. Ce dernier est également conçu pour inciter les jeunes à réduire leur usage du tabac. Même si les participants n'étaient pas d'avis que le programme les avait aidés à cesser de fumer, ils étaient très satisfaits de la manière dont le programme les avait aidés à atteindre les autres résultats, comme prévu dans la conception du programme.

Figure 14 - Évaluation par les participants de l'utilité du programme V100F d'une année sur l'autre

Figure 14 - Évaluation par les participants de l'utilité du programme V100F d'une année sur l'autre

À l'étape du contrôle, la majorité des répondants (95 %) auraient encore recommandé le programme V100F à un ami et 6 % l'avaient déjà fait. Cinq pour cent d'entre eux l'auraient peut-être recommandé à un ami. Immédiatement après la fin du programme V100F, 89 % des répondants ont affirmé qu'ils le recommanderaient à un ami, 10% étaient d'avis qu'ils le feraient peut-être et 1 % ont déclaré qu'ils ne le feraient pas.

Les conclusions semblent indiquer que, d'une année sur l'autre, les participants sont encore plus convaincus des avantages du programme V100F dont leurs amis pourraient également profiter. Les animateurs qui ont l'intention de donner un autre programme V100F voudront peut-être faire appel aux anciens participants en vue du recrutement, compte tenu de leur évaluation favorable du programme.

Figure 15 - Recommandation à un ami de suivre le programme V100F

Figure 15 - Recommandation à un ami de suivre le programme V100F

Immédiatement après la fin du programme, un certain nombre de participants ont fait savoir qu'ils auraient aimé continuer à suivre le programme ou prendre part à un autre programme. Durant la période de 12 à 18 mois faisant suite au programme pilote, 15 % des répondants ont déclaré qu'ils avaient en fait pris part à une deuxième séance de V100F. Les deux tiers (68 %) d'entre eux auraient aimé participer à une autre séance pour arrêter de fumer ou pour les aider à ne pas recommencer. Un autre quart des répondants (27 %) auraient peut-être été intéressés à suivre une autre séance; alors que seulement 5 % (5) ne l'étaient pas.

Parmi les douze participants ayant pris part à un autre programme V100F, un seul a désormais cessé de fumer. Au contrôle, deux des trois fumeurs occasionnels avaient également participé à une autre séance de V100F.

  • Nous avons analysé plus en détail les réponses des cinq participants qui ont déclaré qu'ils n'étaient pas intéressés à suivre un autre programme V100F afin de connaître les raisons de leur désintérêt. Ces cinq répondants étaient désormais des fumeurs quotidiens. À l'époque de leur participation au programme, l'un avait cessé de fumer et trois avaient réduit le nombre de cigarettes qu'ils fumaient. Tous les cinq avaient tenté de renoncer au tabac au cours de l'année précédente, le nombre de leurs tentatives variant entre une et plus de quatre. L'un d'entre eux avait arrêté de fumer pendant six mois, un autre pendant cinq semaines, deux durant une période allant de deux à six jours, et un pendant seulement 8 heures. Trois fumaient dorénavant entre 6 à 10 cigarettes par jour, l'un d'entre eux en fumait de 11 à 15 et un autre n'a pas précisé le nombre de cigarettes qu'il fumait à l'heure actuelle.
  • Deux des cinq participants ne doutaient nullement de leur capacité d'arrêter de fumer un jour, deux étaient indécis et l'un n'était pas convaincu qu'il pourrait jamais parvenir à cesser de fumer. Toutefois, cette personne estimait que le programme l'avait plus ou moins incitée à renoncer au tabac et plus ou moins aidée à réduire sa consommation de tabac; toutefois, il ne l'avait pas aidé du tout à arrêter de fumer.
  •  En résumé, il semble que les cinq répondants qui ont déclaré qu'ils ne participeraient pas à un autre programme avaient néanmoins, jusqu'à un certain point , tiré un avantage du programme V100F. Ils avaient essayé de cesser de fumer et avaient également réussi à réduire l'usage du tabac, ce qui est un autre objectif explicite du programme V100F.

4.2 Documentation du programme

La documentation du programme peut être utile en l'absence de toute autre forme de soutien. À l'étape du contrôle, plus d'un tiers des répondants (38 %) ont affirmé qu'ils avaient eu recours à la documentation du programme après avoir suivi ce dernier, tandis que 43 % ne l'avaient pas fait et que 19 % ne se souvenaient pas s'ils l'avaient fait ou non. La moitié (50 %) des jeunes qui avaient cessé de fumer s'étaient de nouveau servi de la documentation, comparativement à seulement 37 % des participants qui ont indiqué qu'ils fumaient désormais tous les jours. Aucun des trois fumeurs occasionnels n'avait utilisé de nouveau ce matériel.

Figure 16 - Réutilisation de la documentation du programme V100F

Figure 16 - Réutilisation de la documentation du programme V100F

Avez-vous des commentaires au sujet de la documentation?

En réponse à la dernière question ouverte, les participants ont été priés de donner leurs commentaires sur la documentation qu'ils avaient reçue durant le programme. Un quart des répondants (23 %, 27) ont fait part de leurs commentaires, par exemple, « Je vous suis reconnaissant de votre aide. Vous savez à quel point il est difficile d'arrêter de fumer. Merci. »

La moitié des participants (48 %, 13) ont affirmé que la documentation avait été efficace ou utile et qu'elle est valable. « Elle est vraiment efficace et utile. » « La documentation (brochures, etc.) a été réellement utile. »

Quatre (15 %) ont insisté sur la valeur informative de la documentation. « Informative, j'ai été initié à des dangers que je ne connaissais pas. » « Très éducative. » « C'était intéressant. »

Trois répondants (11 %) ont fait savoir que la documentation avait été utile pour la motivation. « J'en ai lu une petite partie tous les jours et cela aide à rester motivé. » « La documentation était fantastique et m'a vraiment aidé et motivé."

Trois autres répondants (11 %) ont mentionné que la documentation les avait aidés à arrêter de fumer. « Cela m'a permis de me préparer à cesser de fumer; elle m'a été très utile. » « Elle m'a vraiment été utile au moment où j'ai arrêté de fumer. »

Cinq répondants ont fait part de quelques critiques :

« C'était puéril; elle aurait dû être plus sérieuse. »

« La brochure n'est pas mal mais il serait préférable qu'elle ne soit pas rédigée par le gouvernement. »

« La documentation aurait dû être rédigée par des adolescents qui fument ou qui ont tenté d'arrêter de fumer et y sont parvenus. »

Table 9 - Évaluation de la documentation du programme V100F

 

#

% n=27

Efficace, utile et valable

13

48 %

Informative, éducative

4

15 %

M'a aidé à me motiver

3

11 %

M'a aidé à me préparer à cesser de fumer

3

11 %

Queques critiques

5

19 %

Autre

2

7 %

Conclusion

Les résultats de l'évaluation de contrôle semblent indiquer que la réalisation d'un contrôle auprès des participants à un programme destiné aux adolescents, après une période de 12 à 18 mois, est possible et efficace lorsque ce contrôle est prévu dès le départ.

V100F n'en demeure pas moins un programme efficace aux fins de la promotion de l'abandon du tabac auprès des jeunes. Les caractéristiques suivantes ont été observées chez les jeunes participants, de 12 à 18 mois après leur participation au programme V100F :

  • Leurs taux d'abandon ou de réduction se sont maintenus, en comparaison de ceux enregistrés au début du programme et tout de suite après ce dernier
  • Leurs taux d'abandon se sont maintenus dans une plus forte proportion que ceux observés pour leurs semblables qui n'ont pas pris part au programme V100F
  • Leurs tentatives de renoncement au tabac ont été plus fréquentes
  • Leur motivation d'arrêter de fumer est toujours forte
  • Ils ont confiance dans leur capacité de cesser de fumer (auto-efficacité).

3. Après une période de 12 à 18 mois suivant leur participation à V100F, les jeunes demeuraient très satisfaits du programme et presque tous l'auraient recommandé à un ami. Ceux qui ont continué à utiliser la documentation de V100F qu'ils avaient obtenue pendant le programme l'ont trouvé utile.

Prochaine étape?

Les questions suivantes pourraient faire l'objet d'études ultérieures.

Contrôle à plus long terme

Fait encourageant, les taux de réduction de l'usage de la cigarette se sont maintenus d'une année sur l'autre chez les participants au programme V100F, comparativement aux taux relevés au moment où ils ont entrepris le programme. Il pourrait être utile de savoir si ces taux réduits se maintiennent à plus long terme. Pour ce faire, il faudrait que nous puissions suivre, à l'avenir, une cohorte de participants sur une base régulière. Les participants à l'enquête de contrôle ont déclaré qu'ils étaient intéressés à prolonger leur participation au programme. Plus de la moitié d'entre eux ont donné leurs coordonnées, comme leur adresse courriel ou leur numéro de téléphone, et ont indiqué qu'ils étaient disposés à être de nouveau sondés. La poursuite du travail avec cette cohorte ne nécessiterait qu'une quantité relativement modeste de ressources et permettrait de mieux comprendre l'incidence à plus long terme des programmes de sevrage sur l'usage du tabac chez les jeunes adultes.

Soutien continu

Un certain nombre de participants ont suivi de nouveau le programme V100F. D'autres ont indiqué qu'ils auraient aimé le faire; seuls quelques-uns d'entre eux n'auraient pas envisagé de suivre un autre programme. Les participants aimeraient, semble-t-il, avoir un soutien continu. Ce qui soulève des questions qui pourraient être étudiées plus à fond. Par exemple : la disponibilité du soutien continu se traduirait-elle par une hausse des taux d'abandon ou faciliterait-t-elle le maintien des taux de réduction de l'usage du tabac? Quel genre de soutien les anciens participants trouveraient-ils le plus utile? Préfèreraient-ils que ce soutien leur soit fourni de manière formelle (programmes, rencontres régulières) ou plus informelle (contacts impromptus, courriels)? Quelle est l'importance des rapports personnels entre les animateurs et les participants aux fins du maintien des taux réduits d'usage du tabac?

Gros fumeurs

Le programme V100F a, semble-t-il, été assez fructueux aux fins de la réduction des taux d'usage du tabac et ce, même dans le cas des gros fumeurs, en dépit du fait que l'insuffisance des données ne nous permette pas de tirer de conclusions. Les thèmes suivants pourraient faire l'objet de recherches ultérieures : Quelle est l'efficacité du programme dans le cas des jeunes fumeurs 'invétérés'? Quel rôle la substitution de nicotine pourrait-elle jouer dans le cas de ces derniers, en combinaison avec d'autres stratégies?

Degré de confiance

Dans bon nombre d'études récentes, le degré de confiance dans la capacité de cesser de fumer est devenu un facteur important aux fins de la prévision du renoncement au tabac. D'autres recherches pourraient être effectuées sur l'incidence de V100F en vue de l'analyse des questions suivantes : Le degré de confiance dans la capacité de cesser de fumer permet-il de prévoir les taux d'abandon d'une année à l'autre? Quelle est l'incidence, sur le degré de confiance des adolescents, des tentatives infructueuses de cesser de fumer ou des rechutes? Comment peut-on redonner confiance aux adolescents qui ne se croient pas capables d'arrêter de fumer? Le programme de sevrage est-il la meilleure solution? Quels autres programmes pourraient être utilisés?

Stratégies d'abandon

Le programme V100F comprend bon nombre de stratégies qui semblent aider les participants à cesser de fumer, à réduire leur consommation de tabac ou à accroître leur motivation d'arrêter de fumer. Des analyses approfondies pourraient être effectuées afin de déterminer ce qui suit : Laquelle de ces stratégies (ou quelle combinaison de stratégies) les jeunes qui cessent de fumer utilisent-ils? Y a-t-il une stratégie en particulier que tous les participants ont utilisée pour atteindre leurs objectifs (cesser de fumer ou réduire leur consommation), ou qui a été utilisée plus souvent que les autres stratégies?

La présente étude n'est pas la seule à conclure que les adolescents sont beaucoup plus préoccupés qu'on se l'imaginait auparavant par les répercussions à long terme du tabagisme sur la santé. D'autres recherches pourraient être effectuées pour analyser l'incidence de V100F sur la motivation, par exemple : Jusqu'à quel point les préoccupations liées à la santé suscitées ou confirmées durant le programme V100F influent-elles réellement sur la motivation des adolescents d'arrêter de fumer? De quelle manière ces préoccupations peuvent-elles être utilisées à meilleur escient pour inciter les adolescents à cesser de fumer?


1 Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada . Feuillet de renseignements sur le tabagisme chez les jeunes, Santé Canada, (2001).

2 Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada. Résultats annuels 2004, Santé Canada, (2004).

3 Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada . Feuillet de renseignements sur le tabagisme chez les jeunes, Santé Canada, (2001).

4 Sussman. Steve. (2000). Effects of Sixty Six Adolescent Tobacco Use Cessation Trials and Seventeen Prospective Studies of Self-Initiated Quitting, Initiative canadienne de recherche pour la lutte contre le tabagisme.

5 Meyer, M.C. et Estable, A. (2004) Rapport d'évaluation du programme pilote Vie 100 Fumer. Santé Canada.

6 Greene, J. et Meyer, M.C. (2005). (Un)Hook Them While They Are Young: Evaluating the Quit4Life Youth Cessation Programme . Présenté à la 4 e Conférence nationale sur le tabagisme, Ottawa, 20 juin 2005.