Conçu à l'intention particulière des jeunes filles, le document Pour éteindre le désir d'allumer : Trousse d'information sur le tabagisme à l'intention des organisations communautaires oeuvrant auprès des adolescentes porte sur la prévention du tabagisme. La trousse fournit des données, des statistiques et des éléments de discussion qui font la lumière sur les pressions personnelles et sociales qui poussent les adolescentes à fumer; des outils pour aider les adolescentes à résister à ces pressions; la description de programmes de prévention modèles et des sources où s'adresser pour obtenir d'autres renseignements. Son contenu intéressera à la fois les responsables de programmes et les adolescentes.
Une bonne part des renseignements contenus dans la trousse proviennent d'études parrainées par Santé Canada dans le cadre de la Stratégie de réduction de la demande du tabac, y compris :
La trousse ne se veut pas un exposé détaillé de la documentation disponible sur le tabagisme et les adolescentes et ne constitue pas une stratégie complète de prévention du tabagisme. En outre, elle ne peut servir à mettre sur pied des programmes globaux de prévention du tabagisme au sein des collectivités et des organisations.
Pourquoi les adolescentes font-elles l'objet d'une attention particulière dans le cadre de la lutte contre le tabagisme? D'une part, la cigarette tue plus de 15 000 femmes chaque année, ce qui en fait la cause première de décès chez l'ensemble des Canadiennes. D'autre part, les effets du tabagisme ne menacent pas seulement la santé des jeunes filles et des femmes mais aussi celle des bébés, dans les cas des femmes enceintes qui fument.
Tout le monde sait que le tabac est une drogue puissante qui entraîne une forte dépendance. Les statistiques démontrent que les adolescentes qui résistent à l'envie de fumer jusqu'à l'âge de 19 ou 20 ans ne s'adonneront probablement jamais au tabagisme. Malgré tout, le taux de tabagisme chez les adolescentes ne cesse d'augmenter. À l'heure actuelle, la cigarette fait plus d'adeptes chez les filles de 15 à 19 ans que chez les garçons du même âge.
Les programmes de prévention et d'abandon du tabagisme destinés aux jeunes des deux sexes n'ont pas beaucoup de succès auprès des adolescentes, puisque les filles ne fument pas pour les mêmes raisons que les garçons. Ainsi, pour éviter de fumer, elles ont besoin d'un type d'encouragement différent. Tout programme efficace à l'intention des jeunes filles doit tenir compte de leur vécu et des réalités particulières auxquelles elles font face tout au long de l'adolescence.
Cette trousse intéressera diverses catégories d'intervenants oeuvrant auprès des adolescentes, y compris les personnes actives au sein des organismes communautaires et des groupes de femmes, les animatrices communautaires et les responsables de loisirs. Même si, dans le passé, la plupart des efforts n'ont pas été orientés vers la prévention du tabagisme, ces groupes ont cherché, par d'autres moyens, à promouvoir la santé et le bien-être des adolescentes et des femmes. Si vous oeuvrez dans l'un de ces domaines, peut-être aimeriez-vous intégrer la lutte contre le tabagisme à vos activités courantes. Ce petit geste pourrait faire une grande différence!
La trousse d'information sur les adolescentes et le tabagisme constitue un outil de référence utile qui peut servir à différents contextes, selon les besoins particuliers de la clientèle. Elle comprend huit modules à l'intention des animatrices, ainsi que des documents d'appui qui peuvent être photocopiés et distribués aux adolescentes à votre guise. La trousse peut s'avérer utile de nombreuses façons, soit pour :
Depuis quelques années, les efforts déployés en vue de prévenir et de réduire l'usage du tabac ont commencé à porter fruit. Au cours des années 80, le taux de tabagisme au sein de la population canadienne (y compris les jeunes) a chuté de 38 p. 100 à environ 31 p. 100. En même temps, la proportion de jeunes fumeuses et fumeurs réguliers de 15 à 19 ans a aussi diminué de 43 p. 100 à 23 p. 100. Malgré tout, en 1994, les chiffres démontraient qu'un nombre de plus en plus grand de jeunes Canadiens et Canadiennes optaient pour la cigarette. Plus du quart des adolescents et des adolescentes fumaient (28 p. 100) et la tendance était encore plus marquée chez les filles que chez les garçons (30 p. 100 par rapport à 27 p. 100). (Santé Canada, 1996)
Voici quelques statistiques éloquentes sur le comportement des jeunes qui fument au Canada, en particulier les adolescentes. Elles soulignent l'importance et l'urgence des efforts de prévention dirigés vers les jeunes filles.
Association canadienne pour l'avancement des femmes, du sport et de l'activité physique (ACAFSAP). (1995). À chances égales : les adolescentes, le tabac et l'activité physique.
À l'heure actuelle, le tabagisme s'avère la plus importante cause évitable de maladie grave et de mort au Canada. La cigarette tue quatre fois plus de personnes que les accidents routiers, les suicides, le sida et les meurtres pris ensemble. Chaque minute, six personnes à travers le monde -- soit trois millions d'humains -- meurent des suites du tabagisme. Ce chiffre devrait atteindre 10 millions de personnes en l'an 2025.
Certaines adolescentes évitent de fumer pour des raisons de santé. Mais la plupart rejettent le tabagisme pour des causes plus immédiates et plus personnelles. La présente section décrit les conséquences à court et à long terme du tabagisme sur les femmes et les hommes en général, sur les adolescentes et les femmes en particulier (soit pendant la grossesse et les années de fertilité), de même que les effets de la fumée secondaire. Elle souligne les « conséquences sociales » du tabagisme, soit les facteurs qui semblent avoir le plus de poids sur la décision des adolescentes de fumer ou non.
La cigarette agit de façon quasi immédiate sur le système. Les adolescentes qui fument peuvent ressentir les effets suivants :
Le tabagisme est un « tueur équitable » qui, en plus de menacer la santé des fumeuses, déclasse le cancer du sein comme cause première de mortalité chez les femmes canadiennes. Les fumeuses sont plus vulnérables que d'autres aux affections suivantes :
(Tu prends le cancer des poumons, tiens, et puis tous les autres cancers que tu peux avoir, et là, tu regardes tes cheveux, la couleur de tes doigts, tes dents et tout le reste. Institute for Social Research, 1995.)
(J'ai l'impression qu'ils en mettent pour te faire peur... Ils exagèrent tellement que je connais des gens qui écoutent, qui disent « oui, c'est beau » et qui continuent de faire à leur tête. Institute for Social Research, 1995.)
Le tabagisme menace plus les fumeuses que les fumeurs, puisqu'en plus de les exposer aux mêmes maladies que les hommes, il tend à affecter leur système reproductif. En outre, les femmes qui fument pendant leur grossesse mettent en péril leur propre santé et celle du foetus. Les fumeuses sont particulièrement exposées aux affections suivantes :
Les méfaits de la fumée secondaire sont de plus en plus connus et de mieux en mieux documentés. La fumée secondaire contient plus de 4 000 produits chimiques dont 40 au moins sont considérés comme des cancérigènes et d'autres comme des substances aptes à favoriser la naissance de cancers ou à accélérer leur croissance. Il importe de sensibiliser les adolescentes aux dangers de la fumée secondaire pour leur propre santé et pour la santé des gens qui les entourent.
Le saviez-vous...
(Fondation des maladies du coeur : Derrière l'écran de fumée)
(En plus de se tuer à petit feu en s'empoisonnant les poumons, ils s'approchent de nous et nous fument dans la face. Ils nous tuent avec tout le monoxyde de carbone qui se dégage du bout de leur cigarette. Institute for Social Research, 1995)
Inspirez-vous des renseignements fournis dans la présente section pour engager le dialogue. Discutez des effets du tabagisme sur la santé et la vie sociale des adolescentes en posant diverses questions, telles que :
Il importe de sensibiliser les adolescentes aux dangers du tabagisme pour la santé. Mais pour que les jeunes prêtent vraiment l'oreille, cette information doit coller de près à leur réalité. À l'adolescence, les dangers à long terme du tabagisme peuvent sembler beaucoup moins sérieux que ses répercussions à court terme, particulièrement sur la vie sociale. Il y aurait donc avantage à orienter la discussion vers des sujets qui impressionnent les jeunes. Vous pourriez discuter de certains effets de la cigarette sur leur vie sociale :
(Il faut qu'elle arrête tout de suite et pour de bon. Elle ne peut rester avec moi quand elle pue la cigarette... ses vêtements sentent toujours la fumée. Quand tu les embrasses après une cigarette, c'est.... c'est dégueulasse. Institute for Social Research, 1995.
La décision de fumer ne se fait pas toute seule, du jour au lendemain. Elle dépend d'une série de facteurs complexes et liés entre eux. Au fur et à mesure que les jeunes filles deviennent des adolescentes, elles subissent de profonds changements psychologiques et physiques. La vie sociale se complique et les relations familiales peuvent être plus tendues. Beaucoup de jeunes filles n'ont simplement pas les aptitudes personnelles et sociales pour faire face à la situation.
Toutes ces pressions peuvent inciter les adolescentes à fumer. Une fois que la cigarette est devenue une habitude régulière, la dépendance physique n'est pas loin derrière. La plupart des adolescentes ignorent que la nicotine entraîne une si grande dépendance et que cinq cigarettes par jour suffisent à alimenter l'effet de la nicotine dans le sang. Prisonnières de l'attrait social de la cigarette et d'une dépendance physique à la nicotine, beaucoup de jeunes femmes continuent de fumer à l'âge adulte.
Dans une certaine mesure, les adolescentes sont toutes exposées au changement et aux pressions sociales. Beaucoup de ces pressions tiennent à leur âge, d'autres à leur sexe. Demandez aux participantes de décrire les pressions auxquelles elles font quotidiennement face. Inspirez-vous de la liste suivante et ajoutez-y d'autres éléments. Les adolescentes :
Tel qu'indiqué ci-haut, beaucoup d'adolescentes fument pour mieux composer avec les pressions personnelles, pour faire face aux conflits et au stress, pour affirmer leur autonomie ou pour avoir l'air plus matures. Certaines fumeront pour se donner une certaine contenance parmi leurs groupes d'amis. La cigarette permet d'occuper les mains et leur donne l'impression de dominer la situation. Alors que les garçons fument pour avoir l'air plus machos, les filles fument pour faire partie du groupe ou pour projeter une certaine image. Les filles (plus que les garçons) peuvent aussi considérer la cigarette comme un symbole de rébellion contre les parents, l'école ou la société en général.
Une des principales raisons qui poussent les jeunes filles à fumer est la crainte d'engraisser. Cette quête de minceur s'inscrit dans une problématique beaucoup plus large liée à l'image corporelle. Beaucoup d'adolescentes sont mécontentes de leur corps parce qu'elles le comparent sans cesse à l'image idéalisée de la femme véhiculée par l'industrie du tabac, les annonces publicitaires et les médias. (Voir encadré.)
(Je connais des filles qui fument et d'autres m'ont dit qu'elles fumaient pour avoir l'air plus minces... la plupart des gars s'inquiètent moins de çà que les filles. Institute for Social Research, 1995.)
Pressions sociales et environnementales Les parents, les camarades et autres modèles influencent grandement la façon de penser et d'agir des adolescentes. Celles qui vivent avec des fumeurs ou qui fréquentent des milieux où le tabagisme est considéré comme une pratique courante acceptable auront plus tendance que d'autres à fumer jeunes. De fait, les adolescentes qui habitent avec des fumeurs ont deux fois plus tendance à fumer que celles qui habitent avec des non-fumeurs. Les filles sont plus soumises que les garçons à l'influence des fumeurs dans leur entourage et elles côtoient plus souvent des camarades qui fument.
(Ma mère... eu... ses mots exacts étaient : « Oui, je sais que c'est probablement à cause de moi que tu fumes, mais même si je t'enlève tes cigarettes, je sais que tu vas continuer... j'espère juste que tu vas apprendre et que tu ne finiras pas comme moi. » Institute for Social Research, 1995.)
(Peut-être qu'elles commencent parce que les autres fument... et après, elles sont accrochées. J'ai l'impression... c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de pressions pour fumer, pour prendre une cigarette et c'est vrai qu'elles ont l'air « cool » quand elles fument, je suppose. Institute for Social Research, 1995.)
Les adolescentes peuvent aussi commencer à fumer pour protester contre les injustices dont elles sont victimes en raison de leur sexe. Au fur et à mesure qu'elles sont confrontées à un avenir moins brillant ou à des pressions culturelles qui dictent leur comportement, elles peuvent croire qu'elles ne sont plus en charge de leur destin et se tourner vers la cigarette pour mieux faire face à la situation. La cigarette peut s'avérer encore plus séduisante pour les adolescentes issues de milieux défavorisés ou victimes de discrimination culturelle, ethnique ou autre.
La publicité contribue grandement à renforcer le comportement des fumeuses, particulièrement les jeunes filles. Chaque année, l'industrie du tabac investit des millions de dollars pour convaincre les adolescentes qu'en plus de les garder minces (et donc séduisantes), la cigarette confirme leur indépendance, leurs compétences et leur maturité. (Voir encadré.)
(Prends les médias qui montrent toujours des corps parfaits dans les annonces de femmes qui fument par exemple... les fumeuses ont l'air vraiment professionnelles... quelqu'un qui a tout. Institute for Social Research, 1995)
D'autres facteurs importants, comme le coût et la disponibilité, entrent aussi en ligne de compte. Une façon d'empêcher les adolescentes de fumer est d'interdire la vente de cigarettes aux mineurs, d'en rendre l'accès difficile et d'en augmenter le coût.
(... dans mon quartier, la plupart des dépanneurs n'en vendent plus parce qu'ils se sont fait prendre trop souvent par la police... Là, il reste deux endroit où je peux en acheter. Chaque fois que j'y suis allé, ils m'en ont vendu. Institute for Social Research, 1995).
Clins d'oil : (Sondage sur le tabagisme chez les jeunes, 1994.)
Certains groupes d'adolescentes ont plus tendance à fumer que d'autres. Voici quelques facteurs qui peuvent les influencer en ce sens :
Les jeunes filles et les femmes sont bombardées d'images qui leur dictent à quoi ressembler et comment agir. Par conséquent, les adolescentes se fixent des objectifs de beauté et de poids irréalistes sur les plans physique et social. Une récente étude canadienne portant sur la publicité et le contenu des revues, des journaux, des émissions de télévision et des films de cinéma révèle que :
Lancez la discussion en demandant aux participantes de :
L'industrie du tabac a pour objectif premier d'accumuler des profits. Pour vendre le plus de cigarettes possible, les compagnies tenteront d'assurer la fidélité de leurs clientèles établies et d'inciter les fumeurs d'autres marques à adopter leurs produits. Malgré tout, la meilleure façon d'accroître les profits n'en demeure pas moins le recrutement de nouvelles clientèles. En ce sens, le marché des jeunes, en particulier les jeunes femmes, s'avère le plus prometteur.
Voici quelques-unes des stratégies élaborées par l'industrie du tabac pour séduire les adolescentes et les jeunes femmes :
Identifiez, en groupe, comment les sociétés de tabac s'y prennent pour promouvoir le tabagisme et en quoi les annonces publicitaires dans les médias encouragent les adolescentes à fumer. Voici quelques suggestions en ce sens :
Auparavant, la meilleure façon de dissuader les jeunes de fumer était de les sensibiliser aux méfaits du tabac sur la santé. Aujourd'hui, les efforts visent plutôt à aider à jeunes à acquérir les compétences et l'assurance nécessaires pour dire non à la cigarette et à appuyer leur démarche vers des modes de vie sains.
La plupart des femmes commencent à fumer à l'adolescence ou à la pré-adolescence, un âge difficile marqué par la quête d'identité, l'incertitude et l'obsession de l'image corporelle, où les jeunes filles ont tendance à devenir moins actives physiquement et à prendre de mauvaises habitudes alimentaires. Les responsables de programmes, les parents, les pairs, les enseignants et les animateurs communautaires peuvent aider les jeunes filles à acquérir la confiance nécessaire pour dire non à la cigarette et à favoriser l'activité physique, la saine alimentation et les techniques de réduction du stress.
Certaines personnes composent mieux que d'autres avec le stress. Pourquoi? Parce qu'elles peuvent surmonter les obstacles et trouver des façons efficaces de contrer le stress. Cette aptitude dépend de divers facteurs, y compris les compétences acquises, le caractère et l'appui du milieu.
Les adolescentes auront moins tendance à fumer, par exemple, si :
Par contre, les adolescentes auront plus tendance à fumer si :
Pour être en mesure de résister à la tentation, les adolescentes doivent acquérir les compétences nécessaires pour faire face au stress et aux pressions sociales qui s'exercent sur elles. Fortes de telles compétences, elles pourront contrer l'influence de leurs pairs et rejeter la cigarette.
Beaucoup de programmes axés sur les adolescentes visent à leur fournir les outils nécessaires pour faire face à toutes les situations et pour relever efficacement les défis de la vie. Pour ce faire, ils misent sur la résolution de problèmes, le développement des relations inter-personnelles et même la gestion du stress, et considèrent l'appui familial, l'encouragement des pairs et l'émulation comme des éléments clés.
Les organisations communautaires qui ouvrent auprès des jeunes, surtout les adolescentes (centres communautaires, Guides, etc.) peuvent aider leurs membres à acquérir de telles habiletés. En lançant des défis particuliers aux jeunes filles, en les incitant à agir de façon responsable, à travailler en équipe et à faire preuve d'autonomie, les responsables de programmes peuvent leur donner confiance en leurs capacités et alimenter une plus grande estime de soi.
D'autres programmes enseignent aux jeunes filles à dire non aux pressions et à contrer la mauvaise influence des pairs, y compris l'incitation à fumer. Grâce aux jeux de rôle et aux exercices de visualisation, les adolescentes peuvent « vivre » des situations stressantes -- où des amis les incitent à fumer ou fument devant elles, par exemple -- et apprendre à dire NON.
Divisez un groupe en équipes de deux ou trois jeunes. Demandez-leur d'inventer ensemble une histoire ou de recréer un événement qu'elles ont vécu ou dont elles ont été témoin ayant trait à la cigarette. Encouragez-les à interpréter divers rôles afin que toutes les filles aient la chance de perfectionner leur « refus » et de dire NON à la cigarette.
Il importe de solliciter l'appui des amis, de la famille, des pairs et de modèles adultes pour aider les adolescentes à résister au tabagisme. À cet âge, les filles sont encore plus influençables que les garçons et auront plus tendance à baser leur décision de fumer sur l'opinion des autres et de faire appel à leur entourage en période de stress.
Si vous ouvrez à titre d'animatrice au sein d'un organisme communautaire, faites appel à de jeunes leaders pour donner plus de crédibilité à vos messages anti-tabac. Les adolescentes se sentiront plus à l'aise en présence de leurs pairs et auront plus tendance à échanger avec quelqu'un « de leur propre milieu ».
Trouvez un sujet de discussion et divisez le groupe en petites équipes. Demandez aux participantes de choisir la personne qui leur plaît pour animer la discussion et pour faire rapport aux autres en plénière.
En s'identifiant à des modèles qui ne fument pas, les adolescentes peuvent plus facilement se voir comme des non-fumeuses et choisir de ne pas fumer. Il est essentiel de convaincre les jeunes filles qu'elles n'ont pas besoin de fumer pour s'attirer le respect et l'admiration des autres. La présence de modèles attirants et confiants ne peut que renforcer ce message. N'oubliez pas que les jeunes filles membres de minorités ethniques, religieuses, raciales, linguistiques ou spirituelles réagiront mieux à des modèles venant du même milieu qu'elles.
Demandez aux membres du groupe de penser aux non-fumeuses qu'elles connaissent et admirent (soit personnellement ou par le biais des médias). Qu'est-ce qui en fait de bons modèles de comportement?
Les parents/tuteurs peuvent jouer un rôle essentiel au sein des projets de prévention en renforçant le message anti-tabac et en partageant leur vécu. La façon d'élever les enfants influence aussi le comportement des jeunes filles, y compris l'opposition formelle des parents à la cigarette. Les familles qui règlent leurs conflits de manière positive et qui exigent un comportement réfléchi et responsable de la part des enfants sont habituellement moins exposées que les autres. En outre, les enfants dont les parents s'opposent activement à la cigarette auront moins tendance à fumer, même si leurs parents fument.
La relation mère/fille revêt une importance capitale dans la vie des adolescentes et peut grandement influencer l'attitude des jeunes filles envers la cigarette. Les responsables chargés d'élaborer ou d'adapter des programmes à l'intention des adolescentes devraient tenir compte des éléments suivants :
Les monitrices et les leaders communautaires peuvent aussi faire leur part en proclamant leur opposition à la cigarette et en encourageant les jeunes filles à y trouver de sains substituts. Le chapitre suivant indique aux leaders certaines démarches qui peuvent être engagées en ce sens.
En proposant des substituts efficaces à la cigarette, les responsables de programmes encouragent les jeunes filles à trouver des façons saines et constructives de faire face au stress et aux pressions quotidiennes. Fortes de ces nouvelles compétences, les adolescentes seront mieux équipées pour relever les défis de la vie rendues à l'âge adulte.
En principe, le sport et l'activité physique constituent le substitut parfait au tabagisme chez les adolescentes. De fait, les filles actives ont moins tendance à fumer que les autres, sans compter que l'activité physique offre les mêmes bienfaits que ceux qu'elles pourraient associer à la cigarette.
Supposés bienfaits du tabagisme
Avantages connus de l'activité physique
(ACAFSAP, 1995)
En plus des nombreux avantages décrits ci-hauts, l'activité physique contribue à rehausser l'estime de soi. De fait, en plus d'améliorer leur condition physique, les adolescentes qui adhèrent à de tels programmes perfectionnent leurs compétences sociales et suscitent l'admiration de leurs pairs.
Les adolescentes qui commencent à fumer auront tendance à laisser tomber, du même coup, la plupart des activités physiques structurées ou informelles auxquelles elles participaient. Voici quelques explications en ce sens :
(À chances égales, 1995)
De nos jours, beaucoup de jeunes filles sont obsédées par le poids et par les régimes amaigrissants. Pas surprenant, puisque l'image idéalisée des femmes véhiculée par les médias leur impose des normes de minceur carrément irréalistes. Beaucoup de jeunes filles avouent commencer à fumer par la crainte d'engraisser. Dans des cas extrêmes, le recours excessif aux régimes amaigrissants et un mécontentement chronique face au poids risquent d'entraîner de sérieux troubles de l'alimentation (comme l'anorexie et la boulimie).
Par contre, les adolescentes et les femmes qui arrivent à maintenir leur poids santé et qui cultivent de saines habitudes alimentaires en retirent de nets avantages, entre autres :
Pour bien manger, il importe de choisir parmi un large éventail d'aliments agréables et sains, en particulier le pain et autres produits céréaliers, les fruits et les légumes. Il faut aussi consommer plus d'aliments à teneur réduite en gras, y compris les produits laitiers faibles en matières grasses, les viandes maigres et autres aliments cuits avec peu ou pas de gras. De saines habitudes alimentaires, combinées à la pratique régulière de l'activité physique, contribuent au maintien du poids santé et au bien-être général.
Le Guide alimentaire canadien pour manger sainement fournit de plus amples renseignements sur la façon de bien manger en adoptant de saines habitudes alimentaires. (Voir feuillet 5.)
Les adolescentes doivent relever d'importants défis. La puberté leur impose d'importants changements physiques et psychologiques, au moment même où les relations sociales avec les amis, la famille et les garçons s'intensifient. Parfois, le niveau de stress s'avère tel qu'elles ont l'impression de perdre le contrôle. Pour compenser, certaines commenceront à fumer.
Pourtant, le stress est partie intégrante de toutes nos vies. Dans bien des cas, les sources cachées du stress qui affecte les adolescentes ne s'évaporeront pas à l'âge adulte. Le défi consiste à trouver des stratégies efficaces pour faire face au stress sans avoir recours à la cigarette.
Encouragez les membres de votre groupe à mieux gérer leur stress en les sensibilisant aux facteurs qui l'alimentent et en leur proposant des façons d'y faire face. Une technique efficace consiste à éliminer certaines sources de stress en les remplaçant par d'autres activités, par exemple marcher, prendre un bain, téléphoner à une amie...
Voici quelques démarches pour vous aider à prévenir le tabagisme chez les adolescentes en les encourageant à manger sainement, à faire de l'exercice et à se sentir bien dans leur peau :
Des échanges avec des animatrices et des responsables ouvrant auprès des adolescentes les plus à risque (filles enceintes ou sans-abris) ont permis de déterminer certaines choses à faire et à pas faire dans ces cas particuliers. Veuillez tenir compte des éléments suivants pour mettre sur pied des programmes efficaces à l'intention des adolescentes les plus à risque :
(adapté de TAPAGE : un bulletin d'information publié par le ministère de la Santé de l'Ontario. Décembre 1994.)
Vaudrait peut-être mieux dire... ce qu'on n'y trouve pas! La fumée de tabac se compose avant tout de goudron, de nicotine et de monoxyde de carbone. Mais elle contient plusieurs autres poisons graves comme la cyanure, l'arsenic, la formaldéhyde et l'ammoniaque (comme les produits nettoyants!). Une cigarette allumée libère plus de 4 000 produits chimiques dans l'air. Deux ou trois gouttes de nicotine pure pourraient vous tuer!
Puisque le tabac est un stimulant, vous vous sentirez « haute ». La première fois que vous fumerez une cigarette, vous pourriez aussi vous sentir étourdie, surexcitée ou nauséeuse.
Le goudron s'accumule dans vos poumons. Lorsque vous aspirez la fumée d'une cigarette, vous consommez une importante quantité de monoxyde de carbone, le même produit qui se libère du tuyau d'échappement d'une automobile. Si vous commencez à fumer, vous aurez beaucoup de difficultés à cesser, puisque la dépendance au tabac s'avère aussi forte que la dépendance à l'héroïne.
Si vous fumez pendant un certain temps, vous découvrirez que vous toussez plus souvent et que vous êtes plus sujette aux rhumes et aux maux de gorge. De plus, la cigarette vous fera paraître plus vieille. Le tabagisme peut entraîner divers cancers, en particulier les cancers des poumons, de la bouche et de la gorge. La cigarette prédispose les fumeurs aux maladies cardiaques et provoque des maladies fatales des poumons. En outre, le tabagisme peut nuire à la santé des bébés avant et après la naissance. Les filles qui fument s'exposent davantage aux troubles menstruels et à une fragilisation des os lorsqu'elles seront plus vieilles.
La plupart des jeunes ne trouvent pas que c'est « cool » de fumer. La cigarette pourrait même ériger des murs et vous isoler de votre groupe d'amis. Pensez-y avant d'allumer. Voulez-vous vraiment :
À la mémoire de Nick-O-Teen (rédigé par Mary Eliot, une adolescente ayant participé à un programme d'abandon du tabagisme. Inclus dans ACAFSAP (1995) À chances égales)
Je me souviens encore du jour où j'ai fait la connaissance de Nick... je me trouvais tellement « cool ». Toutes mes amies le fréquentaient, alors pourquoi pas moi! Au début, je l'ai poursuivi jusqu'à en perdre le souffle. Après un moment, je m'y suis accrochée.
Lorsque nous étions ensemble, tout semblait flou, tout semblait beau. J'avais de la peine, il me réconfortait. J'étais fâchée, il me calmait. J'étais crevée, il m'énergisait. Quand Nick était là, je ne me sentais jamais seule. Tout le monde me disait de laisser tomber Nick. Que çà finirait mal! Mais moi, je ne voulais rien savoir!
Il s'est passé beaucoup de temps avant que j'entende raison. Aujourd'hui, j'avoue que Nick était un sale type, un salaud, un menteur, un tricheur!
Il a pris tout mon argent, même quand il ne m'en restait plus! Il a fait de moi son esclave et m'a nourrie de poisons. Maintenant, il me fait vomir! Il pue... et tous ceux qui le fréquentent puent aussi! Il a tenté de détruire mon avenir mais je l'en ai empêché. Je lui ai dit d'écraser une fois pour toutes. Il est parfois dur de vivre sans Nick, mais moins dur encore que de vivre avec lui!
C'est enfin le moment de dire adieu à Nick! Vas-y, débarrasse! Et ne reviens jamais! Prends ton trou Nick-O-Teen et puis... repose en paix! [traduction libre]
Les sociétés de tabac sont prêtes à tout pour vendre leurs cigarettes et les adolescentes constituent le marché le plus prometteur qui soit, puisqu'il est en pleine expansion. De fait, pour maintenir ses profits, l'industrie du tabac doit nécessairement remplacer les fumeurs qui abandonnent ou qui meurent. Les annonces produites à l'intention des jeunes filles et des femmes créent des associations directes entre la cigarette, la jeunesse, l'autonomie et la séduction.
Tentez de voir ce qui se cache derrière « l'écran de fumée ». Qu'est-ce que les sociétés de tabac essaient vraiment de vous vendre?
(Adapté de Santé Canada (1996). Maximiser l'impact : un document sur la prévention du tabagisme à l'intention des jeunes d'âge scolaire de 10 à 14 ans.) Savez-vous si vous êtes « vulnérable » au tabac?
Répondez aux questions suivantes et mesurez-vous à la cigarette!
Accordez-vous 1 point chaque fois que vous avez répondu « non » aux questions 3, 4, 7, 8.
Accordez-vous 1 point chaque fois que vous avez répondu « oui » aux questions 1, 2, 5, 6.
Un total de 3 points ou plus indique que vous pourriez être vulnérable à la cigarette.
Il existe mille et une choses qui peuvent vous stresser, si vous n'y prenez garde.
Entre autres :
(adapté de TAPAGE : ministère de la Santé de l'Ontario. (décembre, 1994).
Lorsque Stéphanie, 17 ans, se sent déprimée ou stressée, elle téléphone à ses deux meilleures amies. « Elles sympathisent avec moi et me donnent de bons conseils », explique-t-elle. « Je me sens toujours mieux après leur avoir parlé. » Les personnes à qui l'on parle peuvent nous aider à voir les choses d'un autre oil ou à mettre le doigt sur des aspects qui nous avaient échappé.
Si le garçon qui vous plaît préfère quelqu'un d'autre, commencez à chercher ailleurs ou passez plus de temps avec vos amis. Si vous êtes bouleversée par une mauvaise note, demandez au professeur de vous expliquer vos erreurs et de vous indiquer quoi faire pour vous améliorer. Passez ensuite à l'action.
Ce deuxième volet de la stratégie « planifiez » revêt une importance particulière pour les filles. On dirait que les garçons contrent les effets du stress ou de la mauvaise humeur en étant plus actifs, alors que les filles se noient dans leurs humeurs noires. Alors... agissez. Allez danser ou offrez-vous une soirée au cinéma avec une copine.
Parfois, une petite gâterie suffit pour remonter le moral et vaincre le stress. Offrez-vous le luxe d'un long bain chaud ou d'un manucure particulièrement soigné.
Lorsqu'on déprime, on n'a souvent qu'un seul désir : nous enfouir dans le lit avec un gros sac de croustilles. Pourtant, vous irez beaucoup mieux si vous sortez du lit et si vous bougez un peu. Courez, nagez, chaussez vos patins! Après environ 25 minutes d'aérobie, votre cerveau commence à produire des endorphines. Considérés comme des « remontants naturels », ces produits chimiques vous permettront de retrouver vite la bonne humeur.
Une mauvaise coupe de cheveux ne vous transformera pas en laideron et un « D » en géométrie ne fera pas de vous une abrutie. Passez en revue toutes les choses positives qui agrémentent votre vie.
Le guide alimentaire canadien pour manger sainement indique quelles sortes d'aliments choisir pour bien se nourrir.