Selon des recherches réalisées dans le cadre de la SRDT, 75 % des jeunes Canadiens et Canadiennes déclarent avoir été informés des risques du tabac pour la santé (Y3) et la majorité des jeunes savent que le tabagisme a des effets néfastes sur la santé (C3, R6, S5). Cette sensibilisation ne se traduit cependant pas par une diminution de la fréquence de l'usage du tabac chez les jeunes. En fait, selon un article de la SRDT sur la mobilisation des pairs pour les programmes antitabac, continuer à élaborer des programmes de prévention axés sur la présentation d'information sur la santé dénote une incompréhension de l'importance de l'univers social des adolescents (M2).
Des travaux réalisés dans le cadre de la SRDT suggèrent les solutions de remplacement suivantes aux stratégies basées sur la sensibilisation aux risques pour la santé :
Un bon exemple d'une activité interactive a été mis au point dans le cadre du projet Kick Butt (K1). Des élèves des 7e, 8e et 9e années ont été séparés en groupes de fumeurs et de non-fumeurs, en fonction du rapport fumeur/non-fumeur existant dans l'école. Deux « portes » ont été utilisées pour diriger les deux groupes vers des salles différentes où des affiches illustraient les différents âges et événements importants de l'avenir des deux groupes. Les étudiants ont été invités à vivre la vie des fumeurs et des non-fumeurs en empruntant l'une ou l'autre porte. L'expérience leur a procuré une idée plus concrète des risques du tabac pour la santé que s'ils en avaient simplement été informés.
Il ressort clairement de l'expérience acquise grâce aux projets de la SRDT que beaucoup de jeunes sont rebutés par les approches qui n'abordent que le tabac (C4). En revanche, ils participeront à des projets sur le tabagisme lorsque ceux-ci sont intégrés à une approche plus globale. Autrement dit, lorsqu' un programme aborde plusieurs problèmes qui les touchent, les jeunes y participent.

Un grand nombre des projets de la SRDT pourraient être placés dans la nouvelle catégorie de programmes axés sur le mode de vie des jeunes. L'opinion actuelle favorise l'approche d'une diversité de problèmes liés à l'adolescence plutôt que l'attaque d'un seul problème comme celui du tabac (S12). Les projets de la SRDT ont révélé que les programmes antitabac pouvaient être efficacement intégrés à divers sujets, y compris le stress, l'estime de soi et l'image corporelle, la communication et l'activité physique (C4, C5, F1, H1).
À maintes reprises, les projets de la SRDT ont révélé qu'il était possible pour des adolescents de s'atteler à la tâche sérieuse de prévenir le tabagisme et les maladies tout en s'amusant. Le secret semble résider dans des projets éducatifs qui font appel à la créativité des jeunes et à leur participation à des activités sociales avec d'autres jeunes. Un grand nombre de projets ont utilisé à cette fin le théâtre, le spectacle et la contre-publicité. En voici quelques exemples.
Les programmes de réduction du tabagisme ont fait leur entrée sur le Web. Un groupe d'éducateurs et d'organisations de lutte contre le tabagisme de l'Ontario a utilisé les fonds accordés par la SRDT pour mettre au point le TeenNet, pour intéresser les jeunes branchés à la prévention du tabagisme et les inviter à renoncer au tabac (E7). Le site consiste en une île nommée CyberIsle située sur Internet et réservée exclusivement aux adolescents et adolescentes. N'y ont accès que les détenteurs d'un passeport-jeune !
Une fois sur l'île, les jeunes peuvent choisir entre plusieurs activités : lire un magazine électronique et y collaborer, fureter dans une banque interactive d'informations sur la santé débordant la simple question du tabagisme, passer un certain nombre de tests qui aident à évaluer son mode de vie et à planifier d'éventuels changements, ou adhérer au réseau « Hot Talk », un groupe de discussion dirigé par des pairs. Les adultes sont invités à fureter dans la page d'accueil pour s'informer sur la CyberIsle et le TeenNet, mais l'accès à l'île elle-même est réservé aux jeunes. Le site est très populaire : en deux ans d'existence, il a en effet accueilli plus de 10 000 visiteurs (52% de visiteuses), dont 1 610 se sont inscrits.
Department of Public Health Sciences
University of Toronto,
McMurrich Building
12 Queen's Park Crescent
Toronto (Ontario) M5S 1A8
Tél. : 416-978-7543
Site Web : www.cyberisle.org/teenet
Pour promouvoir un mode de vie sans fumée dans les médias, il faut recourir à toutes les techniques publicitaires actuellement exploitées pour promouvoir l'usage du tabac. Parmi les techniques utilisées par l'industrie du tabac pour stimuler la vente de ses produits figurent les annonces, l'emballage, la promotion des ventes, la publicité et la commandite d'événements populaires (M5). Le résultat final de toutes ces activités est que les jeunes sont exposés à une diversité de produits et d'images suggérant que l'utilisation du tabac présente beaucoup d'avantages et qu'il vaut la peine de l'essayer. Les projets de prévention et d'abandon du tabagisme doivent également être annoncés intelligemment, présentés avec soin et beaucoup d'éclat, appuyés par des astuces publicitaires, des concours et des prix et, enfin, largement publicisés.
L'apparence est importante pour les jeunes ! Les adolescents remarquent les différentes marques de cigarettes à cause de la conception de l'emballage : forme, couleurs, symboles et logo (P10). L'adolescent canadien moyen peut reconnaître de nombreuses marques de cigarettes uniquement d'après l'emballage (Y3). Une contre-publicité efficace doit être bien conçue et bien produite, donner aux jeunes un sentiment de fierté et être plaisante sur le plan esthétique (P9). Les jeunes d'aujourd'hui n'ont jamais vécu sans la télévision, les vidéo, les films, les jeux vidéos et les jeux d'arcade, des modes de communication essentiellement visuels. C'est à ces méthodes de communication que les jeunes s'attendent.

Les enfants et les jeunes font ègalement grand cas des messagers. La gang allumée (L1), un programme appliqué à l'échelle provinciale au Québec, a fait appel à un artiste comme mascotte. La ventriloque Lise Maurais et sa marionnette, l'adolescent « cool » nommé Snake, ont participé au lancement de nombreux événements provinciaux et régionaux ; le numéro était également offert sur vidéo pour des événements locaux. L'utilisation de cette marionnette blagueuse et sarcastique donnait aux événements une note amusante, envoyant le message que « tout est permis », et s'est révélée efficace pour encourager les jeunes à participer à un événement initial et rester fidèle à l'activité. D'autres projets ont révélé que l'utilisation d'une mascotte populaire pouvait s'avérer particulièrement efficace auprès des jeunes enfants (T8).
Parmi tous les projets qui ont tenté de faire participer activement les jeunes à des activités visant la réduction du tabagisme, le message le plus important est peut-être le suivant : encouragez les jeunes à réfléchir à ce qu'ils font et à ce qu'on leur dit. Si les jeunes sont encouragés à faire preuve d'esprit critique, c'est-à-dire à remettre en question l'information et les messages qu'ils reçoivent, ils développeront leur capacité de discernement.
Plusieurs nouveaux programmes élaborés dans le cadre de la SRDT donnent des exemples concrets de moyens de stimuler l'esprit critique. Souvent, ces efforts sont intégrés à des projets où l'on aide les jeunes à comprendre le fonctionnement des médias, les techniques qu'ils utilisent et les motifs sous-jacents des messages véhiculés (B2, I2, P1, W4). Ce nouvel accent mis sur l'initiation aux médias n'est que l'une des façons de promouvoir l'esprit critique.
Comment amener les jeunes à discuter de questions comme la gestion du stress, l'activité physique, la communication, l'estime de soi et l'image corporelle, l'influence des médias et les effets environnementaux du tabagisme ? Tout est affaire de langage. Le programme Habiletés et indépendance personnelles (H1) pour jeunes femmes réussit à éviter le jargon, et aborde, dans une langue simple et directe, les questions de la communication, de l'activité physique et de l'influence des médias. Conçu pour être offert dans le cadre de programmes communautaires de santé, de loisirs et de vie active, il a recours à des pairs pour joindre les jeunes. Il comprend un guide de l'animateur et un guide de l'animatrice-pair. Au nombre des autres thèmes abordés, mentionnons le stress, la qualité de l'air et l'estime de soi.
Association canadienne des loisirs intramuros 1600,
promenade James Naismith
Ottawa (Ontario) K1B 5N4
Tél. : 613-748-5639
Comment peut-on encourager les adolescents à mettre en question les messages véhiculés par les médias, qui valorisent souvent des comportements malsains ? Réagis face aux médias et sois-en fière ! (B2) veut donner aux jeunes femmes de 12 à 15 ans les outils dont elles ont besoin pour questionner et contrer l'influence des médias. Conçue pour être utilisée dans les milieux communautaires et scolaires sous la direction d'un adulte ou d'un pair, la trousse comprend un Guide à l'intention des animatrices et un recueil d'activités à l'intention des jeunes femmes. Trois grands thèmes sont abordés (le tabagisme, l'image corporelle et les médias) à l'aide de fiches documentaires, de fiches d'activités et de tests, le tout rédigé dans une langue vivante qui parle aux jeunes. Le guide et le recueil d'activités contiennent assez de matériel pour neuf séances de groupe.
Site Web de Santé Canada : www.hc-sc.gc.ca/hppb/reduction-tabagisme