Partout au Canada, des collectivités, grandes et petites, adoptent des règlements visant à protéger leurs citoyens des méfaits de la fumée secondaire. L'exposition à long terme à la fumée secondaire, qu'on appelle également fumée de tabac ambiante, cause le cancer du poumon, des cardiopathies, l'asthme et des accidents vasculaires cérébraux.
De nombreuses collectivités du pays se sont dotées de règlements ou politiques restreignant l'usage du tabac dans les lieux publics. Ces règlements permettent de sensibiliser les gens aux méfaits du tabagisme et favorisent l'évolution des normes sociales entourant l'usage du tabac.
Un règlement antitabac est un acte législatif qui protège les citoyens, en totalité ou en partie, des méfaits de la fumée secondaire dans les endroits que le public peut fréquenter. Au Canada, ce pouvoir de réglementation relève généralement des autorités régionales ou municipales, car le gouvernement fédéral n'a pas autorité sur la majorité de ces endroits. Bien que la réglementation puisse différer d'une municipalité à l'autre, les lieux publics se définissent normalement comme la totalité ou une partie d'un espace clos tel que restaurant, bar, stade, commerce, centre commercial ou lieu de rassemblement et d'accès public. Les règlements municipaux peuvent prévoir des exemptions ou dispositions particulières pour des lieux intérieurs. Du point de vue de la santé, la meilleure option reste néanmoins l'interdiction totale du tabac dans tous les lieux intérieurs, sans exception pour l'aménagement de pièces réservées aux fumeurs.
Les méfaits de la fumée secondaire sont bien connus; pourtant, il est fréquent qu'on doive s'y exposer dans les endroits publics et en milieu de travail. L'exposition à la fumée secondaire est responsable d'au moins 1 000 décès par année au Canada, si l'on ne tient compte que des cancers du poumon et des maladies cardiaques. La fumée secondaire est la plus grande source de pollution intérieure; elle renferme un mélange de près de 4 000 produits chimiques dont plus de 70 sont cancérogènes (agents causant le cancer).
De nombreux employés de l'industrie canadienne des services s'exposent à la fumée secondaire au travail. En moyenne, la concentration des produits chimiques dans la fumée secondaire est de quatre à six fois plus élevée dans les bars et de 1,6 à deux fois plus élevée dans les restaurants que dans les bureaux où l'usage du tabac est permis. Les employés de restaurants, de bars et de casinos sont donc plus susceptibles d'être exposés à la fumée secondaire au travail. Une étude récente (Colman, 2001) révèle que les niveaux de fumée secondaire peuvent être beaucoup plus élevés dans les restaurants, les bars et les casinos que dans les lieux de travail où l'usage du tabac est permis. Par ailleurs, le taux de cancer du poumon chez les travailleurs du secteur des services alimentaires dépasse celui observé dans la population en général. Les règlements municipaux qui limitent d'usage du tabac dans les lieux publics aident à protéger les travailleurs qui, autrement, devraient travailler dans un milieu très enfumé.
Le tabagisme coûte cher en vies humaines et en soins de santé. Santé Canada (1991) estime à 15 milliards de dollars les coûts sociaux du tabagisme, dont 3,5 milliards en soins de santé directs et 11,5 milliards en pertes de productivité, y compris le manque à gagner des particuliers.
Beaucoup d'entreprises craignent de perdre leurs clients si elles interdisent le tabac. Des études indépendantes réalisées à partir des relevés de taxes de vente confirment pourtant que l'achalandage n'a pas diminué dans les bars et les restaurants où le tabac est interdit. Ces études révèlent au contraire une diminution des frais d'assurance et de nettoyage, de la dépréciation du mobilier, des équipements et des risques d'incendie. À court terme, certaines entreprises ont subi un contrecoup après l'entrée en vigueur de l'interdiction, mais la plupart retrouvent vite leur chiffre d'affaires après une courte période d'adaptation et plusieurs constatent même une augmentation avec l'arrivée d'une nouvelle catégorie de clients que la fumée secondaire décourageait auparavant.
Un an après l'interdiction de fumer dans les restaurants et les bars de Victoria (C.-B.) les tendances observées confirment les résultats d'un sondage d'opinion publique indiquant un niveau d'achalandage égal ou supérieur. La B.C. Liquor Distribution Branch a constaté une hausse des ventes d'alcool dans le district régional de la capitale au cours des neufs premiers mois de l'interdiction, comparativement à la même période l'année précédente. Le B.C. Workers' Compensation Board (WCB) a constaté une hausse du recrutement dans l'industrie de l'accueil après l'entrée en vigueur du règlement, ce que confirme l'augmentation des primes versées au WCB par ce secteur. Par ailleurs, le nombre de fermetures d'établissements alimentaires a diminué, passant de 271 en 1998 à 189 en 1999. Neuf mois après que la ville d'Ottawa eut interdit l'usage du tabac, on a ouvert 82 nouveaux bars et restaurants. Un sondage de la firme Decima, mené en juillet 2002, révèle que l'appui public au règlement antitabac de la ville avait augmenté un an après son entrée en vigueur et qu'il n'y avait pas eu de diminution d'achalandage dans les bars et restaurants de l'ensemble de la ville.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le le site Web sur la lutte au tabagisme ou communiquez avec Margot Geduld ou Carole Saindon au (613) 957-1588.
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Background on Protection from Second-Hand Smoke in Canada (en anglais seulement)