En septembre 2000, les premiers ministres se sont entendus sur une vision, des principes et un plan d'action en vue de renouveler le système de santé. À la suite de cet accord, tous les gouvernements ont adopté des mesures pour améliorer la qualité, l'accessibilité et la viabilité de notre système public de soins de santé et tous ont mis en ouvre des réformes importantes. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont aussi créé des groupes de travail et parrainé des études qui reflètent ce que pensent les Canadiens et les Canadiennes. Il en ressort une convergence d'opinions sur la valeur de notre système de santé public, la nécessité et les priorités d'une réforme, notamment les soins primaires, les soins à domicile, la couverture de type catastrophique des médicaments d'ordonnance, l'accès à l'équipement médical et de diagnostic, la télématique et le télédossier de santé.
Les Canadiens et les Canadiennes veulent un système de soins de santé viable donnant accès, au moment opportun, à des services de qualité. Ils estiment la réforme essentielle et appuient de nouveaux investissements publics pour réaliser cet objectif.
Cet accord décrit un plan d'action pour mener à bien une réforme qui traduit l'engagement renouvelé des gouvernements à travailler ensemble, avec les fournisseurs de soins de santé et avec l'ensemble des Canadiens et des Canadiennes pour façonner l'avenir de notre système public de soins de santé.
Les valeurs des Canadiens et des Canadiennes s'expriment dans les cinq principes qui sous-tendent le régime public de l'assurance-maladie, soit l'universalité, l'accessibilité, la transférabilité, l'intégralité et la gestion publique. Les premiers ministres confirment à nouveau leur engagement envers ces principes. Ils prennent aussi l'engagement de rendre le système de soins de santé plus transparent et imputable tout en s'assurant qu'il demeure abordable.
En se fondant sur ces valeurs, les premiers ministres conçoivent le présent accord comme un pacte qui aidera à assurer que :
Les premiers ministres croient que les initiatives énoncées dans cet accord produiront des changements réels et durables. Le but ultime de l'accord est de s'assurer que les Canadiens et les Canadiennes :
Tous les gouvernements ont effectué des investissements substantiels dans les soins de santé depuis l'entente conclue par les premiers ministres en septembre 2000. Les premiers ministres conviennent que les soins publics de santé au Canada ont besoin de fonds nouveaux, mais que l'argent ne peut tout régler. Même si les efforts de réforme de tous les gouvernements portent fruit, les premiers ministres reconnaissent que de nouveaux investissements substantiels doivent répondre aux pressions financières immédiates et permettre les réformes nécessaires pour assurer, de façon durable, l'accès au moment opportun à des soins de qualité. Le gouvernement fédéral continuera à travailler avec les gouvernements territoriaux afin de relever les défis uniques auxquels ils font face.
Les premiers ministres conviennent que des investissements supplémentaires dans les soins primaires, les soins à domicile et la couverture de type catastrophique des médicaments d'ordonnance sont nécessaires afin d'assurer la viabilité du système public de soins de santé du Canada. Le gouvernement fédéral créera un fonds quinquennal, le Fonds pour la réforme de la santé, et y consacrera un transfert aux provinces et territoires pour traiter de ces trois domaines prioritaires. Reconnaissant que les provinces et territoires sont à des stades différents dans les réformes dans ces domaines, ce fonds fournira la flexibilité voulue aux provinces et territoires afin d'atteindre les objectifs énumérés ci-dessous. Les premiers ministres provinciaux et les leaders territoriaux acceptent d'utiliser le Fonds pour la réforme de la santé dans l'atteinte de ces objectifs. Par conséquent, les provinces et territoires pourront utiliser ce financement, qui leur sera transféré, comme ils l'entendent pour n'importe quel programme décrit dans le Fonds pour la réforme de la santé. Une province ou un territoire qui aura atteint les objectifs du Fonds pourra utiliser les ressources financières résiduelles du Fonds pour d'autres priorités de son propre système de santé.
Le gouvernement du Canada créera un nouveau Transfert canadien pour la santé (TCS), un transfert qui se veut à long terme, d'ici le 31 mars 2004. Il comprendra la portion du TCSPS (en espèces et points d'impôts) correspondant à la part actuelle des dépenses en santé des dépenses en matière sociale des provinces appuyées par le TCSPS. En créant le TCS, le gouvernement fédéral assurera des augmentations annuelles prévisibles des transferts pour la santé.
Sous réserve d'un examen des progrès vers la réalisation des réformes convenues et à la suite d'une rencontre des premiers ministres, avant le 31 mars 2008, le gouvernement fédéral s'assurera que le niveau de financement offert dans le cadre du Fonds pour la réforme de la santé soit aussi intégré dans le TCS.
La clé à des soins efficaces, ponctuels et de qualité réside dans la réforme des soins primaires. Les premiers ministres conviennent que l'amélioration de la continuité et de la coordination des soins, le dépistage et l'intervention précoces, une meilleure information sur les besoins et les résultats, et de nouveaux incitatifs convaincants pour garantir l'adoption rapide et permanente des nouvelles façons de faire constituent les pierres angulaires d'un système de soins primaires efficace.
Les premiers ministres conviennent que l'objectif ultime de la réforme des soins primaires est que tous les Canadiens et les Canadiennes, peu importe où ils vivent, aient accès au fournisseur pertinent de soins de santé, 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Les premiers ministres s'entendent donc pour accélérer immédiatement la mise en oeuvre des initiatives et pour accomplir des progrès annuels substantiels afin de faire en sorte que leurs citoyens reçoivent couramment les soins requis par l'entremise d'organismes ou d'équipes pluridisciplinaires de soins primaires. Les premiers ministres s'entendent sur l'objectif d'assurer qu'au moins 50% de leurs citoyens auront accès à un fournisseur pertinent de soins, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, aussitôt que possible, et que cet objectif sera pleinement réalisé d'ici huit ans. Les premiers ministres conviennent que chaque gouvernement établira et rendra public des cibles s'étalant sur plusieurs années qui permettront d'évaluer le progrès effectué vers l'atteinte de cet objectif.
Faciliter l'accès à un ensemble de services à domicile et dans la communauté améliorera la qualité de vie de nombreux Canadiens et Canadiennes qui pourront ainsi rester à la maison ou s'y rétablir. Les premiers ministres chargent les ministres de la santé d'établir, d'ici au 30 septembre 2003, les services minimums qui seront offerts. Ces soins à domicile peuvent être plus efficaces et moins coûteux que les soins actifs dispensés à l'hôpital. C'est pourquoi les premiers ministres conviennent d'assurer la couverture, à partir du premier dollar, de cet ensemble de services pour des soins actifs de courte durée à domicile, y compris des soins de santé mentale dans la communauté, et des soins de fin de vie. Les premiers ministres conviennent que l'accès à ces services ciblés dépendra de l'évaluation des besoins et que, d'ici 2006, les services disponibles pourraient comprendre les soins infirmiers et professionnels, les fournitures et équipements médicaux et les produits pharmaceutiques, le soutien pour les soins personnels essentiels, l'évaluation des besoins du client et la prise en charge des cas. Pour soutenir ces efforts, le gouvernement du Canada offrira aux personnes qui doivent quitter temporairement leur emploi pour s'occuper d'un enfant, d'un parent ou d'un conjoint gravement malade ou mourant, une prestation humanitaire dans le cadre du Programme d'assurance-emploi, et protégera leur emploi en vertu du Code du travail du Canada.
Les premiers ministres reconnaissent qu'aucun Canadien ou Canadienne ne doit assumer un fardeau financier excessif lorsqu'il doit recourir à la pharmacothérapie. Par conséquent, à titre d'élément essentiel des réformes proposées, les premiers ministres prendront des mesures, d'ici la fin de 2005-2006, pour s'assurer que les Canadiens et les Canadiennes, peu importe où ils vivent, bénéficieront d'une couverture adéquate de type catastrophique des médicaments d'ordonnance.
À titre prioritaire, les premiers ministres s'entendent pour collaborer davantage afin de promouvoir l'utilisation optimale des médicaments et les meilleures pratiques en matière d'ordonnance, une meilleure gestion du coût des médicaments, y compris les médicaments génériques, et de s'assurer que les médicaments sont efficaces, sans danger et qu'ils puissent être obtenus au moment opportun à un coût raisonnable.
Les premiers ministres conviennent de présenter à leurs citoyens respectifs un rapport annuel sur chacune des trois priorités énoncées ci-haut dès 2004. De plus, ils s'entendent pour utiliser des indicateurs comparables et pour créer l'infrastructure de données nécessaire afin de produire ces rapports. Ces rapports renseigneront les Canadiens et les Canadiennes sur les progrès accomplis et les principaux résultats. Ils renseigneront aussi les Canadiens et les Canadiennes sur les programmes en vigueur et les dépenses courantes, leur fournissant des données de référence leur permettant d'évaluer les nouveaux investissements, ainsi que sur les niveaux de services et les résultats.
Pour réduire les temps d'attente et assurer la qualité de notre système de soins de santé, il est essentiel d'améliorer l'accessibilité aux services diagnostiques et aux services de traitement financés par l'État. À cette fin, les premiers ministres conviennent d'effectuer des investissements substantiels supplémentaires, notamment dans la formation du personnel spécialisé et l'équipement, qui amélioreront l'accès aux services diagnostiques financés par l'État. Le gouvernement du Canada créera un Fonds pour l'équipement diagnostique et médical en vue d'appuyer cet objectif.
Dès 2004, les premiers ministres conviennent de présenter à leurs citoyens respectifs un rapport annuel sur les améliorations apportées aux équipements et aux services de diagnostic ou médicaux, au moyen d'indicateurs comparables, et de créer l'infrastructure de données nécessaire pour produire ces rapports. Ces rapports renseigneront les Canadiens et les Canadiennes sur les progrès accomplis et les principaux résultats. Ils renseigneront les Canadiens et les Canadiennes sur les programmes en vigueur et les dépenses courantes, leur fournissant des données de référence afin d'évaluer les nouveaux investissements, ainsi que sur les niveaux de services et les résultats.
L'amélioration de l'accessibilité et de la qualité de l'information est essentielle à la qualité des soins, à la sécurité du patient et à la viabilité du système, surtout pour les Canadiens et les Canadiennes vivant en région rurale ou éloignée. Une meilleure utilisation de la télématique peut aussi engendrer une meilleure utilisation des ressources. Les premiers ministres conviennent d'accorder la priorité à la mise en ouvre du télédossier de santé et au perfectionnement des applications dans le domaine de la télésanté qui sont essentiels aux soins offerts en région rurale ou éloignée. Le gouvernement du Canada fournira un soutien supplémentaire à Inforoute Santé du Canada pour réaliser cet objectif. Les premiers ministres s'engagent également à assurer une protection appropriée des renseignements personnels dans le contexte de la création d'un système national de télédossier de santé.
La société Inforoute Santé du Canada présentera au public canadien et à ses membres qui sont sous-ministres de la Santé des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux un rapport annuel sur les progrès réalisés dans la mise en ouvre de ces initiatives. Cela permettra de renseigner les Canadiens et les Canadiennes sur les programmes en vigueur, les dépenses en investissement et les étapes clés.
L'innovation et la mise en commun des pratiques exemplaires parmi les fournisseurs et les gestionnaires de soins de santé sont essentielles à l'amélioration de l'efficacité et de la qualité des soins. Les premiers ministres entendent accélérer la collaboration dans les secteurs prioritaires comme la sécurité du patient, les ressources humaines en santé, l'évaluation de la technologie, l'innovation et la recherche, et des habitudes saines. Le gouvernement fédéral s'engage à fournir des fonds pour ces travaux.
Les premiers ministres invitent donc les ministres de la Santé à travailler sur les aspects suivants :
Les premiers ministres reconnaissent qu'il faudra un effort soutenu pour relever les défis importants auxquels sont confrontés les Autochtones du Canada sur le plan de la santé. Le gouvernement fédéral s'engage donc à accroître son financement et à travailler en collaboration avec les autres gouvernements et les peuples autochtones dans l'atteinte des objectifs énoncés dans cet accord, y compris les priorités énoncées dans le Fonds pour la réforme de la santé. Les gouvernements travailleront ensemble pour réduire l'écart entre l'état de santé des Autochtones et des autres Canadiens et Canadiennes grâce à une meilleure intégration des services de soins de santé.
Les premiers ministres demandent à leurs ministres de la Santé de consulter les peuples autochtones sur un cadre visant la préparation de rapports comparables sur l'état de santé des Autochtones. Pour ce faire, ils conviennent de consulter les peuples autochtones, d'utiliser des indicateurs comparables, et de créer l'infrastructure de données nécessaire. Ces rapports renseigneront les Canadiens et les Canadiennes sur les progrès accomplis et les principaux résultats. Ils renseigneront aussi les Canadiens et les Canadiennes sur les programmes en vigueur et les dépenses courantes, leur fournissant des données de référence afin d'évaluer les nouveaux investissements, ainsi que sur les niveaux de services et les résultats.
Les premiers ministres conviennent que les Canadiens et les Canadiennes ont le droit de disposer de renseignements à la fois meilleurs et plus comparables sur la qualité des soins de santé et la rapidité avec laquelle ils peuvent les obtenir. Une imputabilité accrue et de meilleurs rapports de rendement sont essentiels pour assurer les Canadiens et les Canadiennes que les réformes sont en cours. Les premiers ministres conviennent donc de ce qui suit :
Cela permettra l'élaboration de renseignements comparables à l'échelle nationale à l'intention des Canadiens et des Canadiennes sur les thèmes de l'accès, de la qualité, et de l'efficacité et de l'efficience du système, ainsi que sur les priorités et objectifs énoncés dans cet accord.
Les premiers ministres reconnaissent que les Canadiens et les Canadiennes veulent prendre part à la mise en ouvre de l'accord. Ils acceptent donc de créer un Conseil de la santé ayant pour but de faire le suivi et de rendre compte aux Canadiens et aux Canadiennes de la mise en oeuvre de cet accord, et particulièrement de ses dispositions relatives à l'imputabilité et à la transparence. Le Conseil de la santé présentera publiquement des rapports par l'entremise des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de la Santé et sera composé de représentants des deux ordres de gouvernement, des intervenants, des experts et du public. Dans l'exécution de son mandat, le Conseil s'inspirera des consultations et des rapports pertinents, y compris des rapports gouvernementaux, du travail du Comité consultatif fédéral/provincial/territorial sur la gouvernance et l'imputabilité et de l'Institut canadien d'information de la santé. Les ministres de la Santé établiront le Conseil d'ici trois mois. Le Conseil de la santé et du bien-être du Québec, muni d'un nouveau mandat, collaborera avec le Conseil sur la santé.
Les premiers ministres chargent les ministres de la Santé d'élaborer des indicateurs supplémentaires pour poursuivre le travail entrepris depuis le communiqué de septembre 2000. Ce travail devra être terminé d'ici septembre 2003, à la suite d'un examen par les experts et intervenants, pour garantir que ces nouveaux indicateurs mesurent les progrès accomplis dans la réalisation des réformes décrites dans cet accord et atteignent les objectifs suivants :
Les ministres tiendront compte des indicateurs suivants :
Rien dans le présent accord ne sera interprété d'une façon qui dérogerait aux compétences des gouvernements respectifs. Le présent accord devra être interprété dans le respect complet des compétences de chaque gouvernement.