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Système de soins de santé

Comment les initiatives canadiennes relatives à la cybersanté modifient-elles les soins de santé ?

Bureau de la santé et de l'inforoute, Santé Canada
Août 2002


Les Canadiens et les Canadiennes disposent de services de santé améliorés en raison de l'utilisation novatrice des technologies de l'information et des communications (TIC) pour offrir des soins aux patients. Des projets, qui vont de la mise en place à échelle restreinte du dossier électronique de santé dans les cabinets médicaux aux vastes initiatives qui fournissent des services de télésanté à des milliers de patients, apparaissent partout au pays.

Certains de ces projets se réalisent de façon isolée. Certains intéressent de nombreux organismes gouvernementaux, hôpitaux et autres partenaires. Dans tous les cas, il y a des leçons à tirer et à partager au sein du secteur des TIC et du milieu de la santé.

Vous trouverez ci-joint des expériences réussies touchant la mise en place des TIC dans le domaine de la santé. Ces histoires ont été rédigées pour le grand public afin d'expliquer en quoi ces projets améliorent les services de santé, et pour partager quelques-unes des nombreuses initiatives en cours. Nous vous encourageons à distribuer ces histoires à vos collègues et aux autres personnes intéressées.

Étant donné que Santé Canada s'intéresse aux TIC dans le domaine de la santé, le Bureau de la santé et l'inforoute (BSI) aimerait vous inviter à nous communiquer vos expériences réussies pour continuer à recueillir de l'information sur les développements en cours dans ce domaine. Voir aussi notre base de données sur les initiatives des technologies de l'information et des communications dans le domaine de la santé, qui présente de l'information sur d'autres initiatives.

Si vous désirez ajouter de l'information sur ces histoires ou sur le rôle de Santé Canada dans l'élaboration de l'infostructure de la santé, n'hésitez pas à communiquer avec nous.

Table des matières

Modèles de réussite dans la région de l'Atlantique

Quatre en un : Infostructure atlantique de la santé (Health Infostructure Atlantic - HIA)

Quatre provinces canadiennes qui réussissent à atteindre un consensus sur une question donnée, c'est une grande réalisation. Les garder ensemble pour concrétiser une vision commune sur les technologies en matière de santé, c'est tout un exploit!

« Il n'y a aucun doute qu'il s'agit d'un modèle de collaboration unique en son genre, » indique Brenda Ryan, coordonnatrice de projet pour Quatre en un : Infostructure atlantique de la santé (Health Infostructure Atlantic - HIA), mis sur pied en 1999 afin d'élaborer des stratégies dans le domaine des technologies en matière de santé pour la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et Labrador, et l'Île-du-Prince-Édouard. Le projet est aussi subventionné par Santé Canada.

HIA a été mis sur pied sous l'égide des premiers ministres provinciaux, et a élaboré un programme qui comprend la première série de projets : un registre commun de la clientèle visant le stockage des données des consommateurs de soins de santé; des systèmes de gestion de soins communautaires; et Tele-i4, un projet prévoyant l'installation d'équipement de radiographie numérique et l'interconnexion des réseaux provinciaux afin que les images puissent être partagées dans toutes les provinces de l'Atlantique à l'appui des soins cliniques.

Quoique les initiatives individuelles soient innovatrices en termes de l'amélioration des soins aux patients et de l'appui envers la prestation des services, l'innovation réelle est la structure qui respecte les priorités provinciales individuelles tout en respectant la vision fédérale, provinciale et territoriale en matière d'infostructure de la santé.

« Le comité directeur du HIA opère sur une base d'unanimité. Notre objectif est d'élaborer une vision commune pour la technologie que nous voulons déployer en matière de santé, d'élaborer et de mettre en place des normes d'interfonctionnement communes, et de se tenir mutuellement responsables de la réalisation de cette vision commune. »

« Il y a non seulement plusieurs échelons en cause, mais aussi plusieurs intervenants. Chaque province est une entité juridique distincte avec ses propres priorités. Chaque ministère de la santé et chaque gouvernement a ses propres structures et processus qui doivent être approuvés. Faire concorder tous ces éléments constitue tout un défi. »

Un défi qui n'est toutefois pas insurmontable.

La force qui alimente le projet est la réalisation que la région peut avoir une plus grande incidence sur les stratégies fédérales et provinciales si elle adopte un front commun.

« Nous devons miser sur l'expertise que l'on retrouve partout au Canada atlantique. Nos réalisations individuelles sont nombreuses, mais nos réalisations seront encore plus nombreuses si nous travaillons ensemble. »

Parmi ces objectifs figure la création d'un dossier de santé électronique qui misera sur l'efficacité du partage des ressources et de la capacité.

« Ensemble, nous pouvons améliorer la prestation des soins de santé pour les Canadiens de l'Atlantique. »

CEHCIB - Créer une zone sans papier : Dossiers électroniques de santé dans les établissements régionaux (Creating a Paper-Free Zone: Region-wide insitutional EHR)

Quiconque ne croit pas que la province de Terre-Neuve et du Labrador est définie par son climat et sa géographie n'est vraisemblablement jamais allé à l'île Fogo lorsqu'une tempête hivernale menace.

Une dame de 70 ans a récemment dû composer avec cette réalité un vendredi après-midi. Elle était tombée, et le médecin du service des urgences de l'hôpital de l'île Fogo (14 lits) soupçonnait une épaule cassée. Il avait le choix entre l'envoyer rapidement à Gander par traversier puis par route, ou la garder en observation au risque d'avoir à commander une ambulance aérienne pendant une fin de semaine de tempête.

Heureusement, le Central East Health Care Institutions Board (CEHCIB) - qui comprend aussi bien l'hôpital de l'île Fogo que l'hôpital James Paton Memorial de Gander - a l'un des réseaux de dossiers de santé électroniques les plus avancés du pays. Un des éléments du réseau est le système d'archivage et de transmission d'images (PACS) de Terre-Neuve et du Labrador. Toutes les images diagnostiques peuvent être partagées par voie électronique à l'échelle de la région, ce qui réduit de 10 à 1 jour le délai de retour des rapports de radiologie provenant de localités régionales comme Twillingate, Brookfield et l'île Fogo.

Le vendredi en question, le médecin de l'île Fogo a pris une radiographie de la blessure de la dame, et trois minutes plus tard, il la partageait avec un chirurgien orthopédiste de l'hôpital James Paton. La décision a été prise de transporter la dame à Gander pour qu'elle soit opérée avant que la tempête n'isole complètement l'île.

« Cela ne fait aucun doute, reconnaît David Lewis, président du Central East Health Care Institutions Board, le PACS aide les médecins à prendre des décisions plus éclairées, et les patients sont ainsi mieux soignés. »

« Il y a de nombreux avantages », affirme le Dr Joe Tumilty, médecin chef de l'établissement. « L'accès aux renseignements cliniques est amélioré, et nous utilisons mieux nos ressources, car nous faisons moins de choses deux fois. »

Les médecins du CEHCIB peuvent maintenant suivre les progrès de leurs patients depuis leur domicile ou leur cabinet en se branchant à une base de données sécurisée. Une fonction de localisation des dossiers leur signale les formulaires qui exigent leur signature électronique et les dossiers qui sont incomplets. Toutes les données peuvent être personnalisées selon les préférences de chacun.

« Le médecin peut maintenant arriver à l'hôpital en sachant déjà tout ce qu'il doit savoir. »

Une fois à l'unité de soins de l'hôpital James Paton Memorial, il apporte un ordinateur portable au chevet du patient. Grâce à la consignation électronique, il peut entrer des notes, prendre connaissance des résultats des analyses, de la médication prise ou de la physiothérapie effectuée, ou visualiser des images PACS sur l'écran 12 pouces de l'ordinateur sans fil.

« L'un des avantages réels du système, en plus de l'accélération des fonctions et du flux, est qu'il permet d'informer le patient à son chevet. Le médecin peut montrer les radiographies ou les résultats d'analyses au patient dans sa chambre. »

Sean Bailey, directeur des systèmes d'information pour le CEHCIB, indique que les prochaines étapes de la mise en oeuvre du système seront entre autres la création d'un réseau sans fil entre tous les établissements du CEHCIB, l'introduction d'appareils portatifs sans fil pour les médecins, la saisie électronique des ordres des médecins et le déploiement d'un système de vidéoconférence à l'échelle régionale.

« Le fait que nous n'implantions rien que nous ne puissions gérer est l'un des secrets de notre réussite. Au cours des 11 dernières années nous sommes restés fidèles à notre projet d'offrir aux patients des soins de qualité exceptionnelle, et nous arrivons maintenant au point où nous pourrons vraiment commencer à voire le fruit de ce que nous avons bâti. »

Installer la plomberie pour l'information sur la santé : Centre d'information sur la santé de Terre-Neuve et du Labrador (Laying the Pipe for Health Information: Newfoundland and Labrador Centre for Health Infromation)

Alors que certaines avancées dans la technologie de la santé apportent des bienfaits immédiats et évidents, certains projets moins visibles, sans éblouir, servent néanmoins à jeter les bases d'une révolution dans les soins de santé.

Un projet de ce genre est entrepris à Terre-Neuve et au Labrador. Selon le chef de projet, Mike Barron, « la phase actuelle d'identification des patients permettra la localisation et ensuite l'unification des dossiers de patients dans tout le système provincial ».

Grâce aux technologies de communication, la province pourra à terme localiser les dossiers des patients et savoir quelles analyses ils ont subies et quels médicaments leur ont été prescrits. Selon M. Barron, le passage d'un hôpital dans une région à un autre dans la ville voisine peut avoir pour conséquence que des examens douloureux et effractifs sont répétés parce que le nouvel hôpital n'a pas accès au dossier.

Le nouveau système d'identification des patients permettra aux soignants de savoir si un patient a été traités ou non dans un autre établissement de santé de la province. Au stade actuel du projet, un médecin doit faire un appel pour obtenir ces renseignements, mais au moins il sait qu'ils existent. M. Barron entrevoit une phase future du projet qui permettra aux médecins dans les hôpitaux et d'autres établissements d'avoir accès à ces renseignements sous forme électronique dès qu'ils entreront le nom du patient.

Il ne sera pas nécessaire de créer un nouveau système d'archivage coûteux pour établir ce réseau d'information sur la santé. Il suffira de relier les bases de données existantes, affirme M. Barron.

« C'est comme une banque », explique-t-il. Lorsque vous allez à une banque autre que la vôtre ou à un guichet automatique, vos données financières sont extraites peu importe où elles sont stockées. Notre système fera la même chose avec vos données médicales. »

M. Barron indique qu'un élément clé du système, le code d'identification du patient, est déjà fonctionnel, et que les renseignements sur les analyses de laboratoire et les ordonnances seront accessibles d'ici à 2004.

Il estime que le projet de Terre-Neuve et du Labrador prépare la voie pour le partage de l'information sur la santé non seulement dans la province, mais à la grandeur du pays dans les années à venir.

Améliorer les soins aux personnes atteintes de cancer par l'information : Réseau de pathologie oncologique de Terre-Neuve (Improving Planning for Cancer Care: Newfoundland Cancer Pathology Network)

Lorsque la Newfoundland Cancer Treatment and Research Foundation planifie ses besoins en ressources pour l'année à venir et les années suivantes, elle consulte le registre du cancer. Cette base de données centralisée répertorie plus de 200 diagnostics de cancer ayant touché la population au cours de l'année précédente. Selon Bertha Paulse, directrice générale de la fondation, le registre est particulièrement adapté au suivi des quatre cancers les plus fréquents : les cancers du sein, du poumon, de la prostate, ainsi que le cancer colorectal.

À l'heure actuelle, le processus d'enregistrement des cas de cancer est manuel. Il est donc difficile de tenir le registre à jour, puisque le personnel de bureau doit transcrire l'information reçue des laboratoires de pathologie à l'échelle de la province. « Il peut falloir six mois avant que l'information soit versée dans le registre du cancer », dit Paulse. « Lorsque cette information est finalement enregistrée et analysée, elle est déjà vieille. » Ce retard rend le registre moins efficace comme outil d'affectation des ressources.

Le nouveau réseau proposé de pathologie cancéreuse aidera à améliorer la situation. Ce réseau raccordera sept laboratoires de pathologie d'hôpitaux sur tout le territoire de Terre-Neuve et du Labrador dans la base de données centrale du registre du cancer pour permettre la transmission électronique des rapports de pathologie cancéreuse.

Selon Paulse, la collecte de données par l'intermédiaire du réseau de pathologie aura pour effet d'accroître l'actualité, l'exactitude et l'exhaustivité des informations versées dans le registre du cancer. Par exemple, les informations sur les pathologies cancéreuses seront regroupées et envoyées chaque semaine depuis les laboratoires de pathologie. Le registre du cancer sera à même de signaler l'incidence et la mortalité des cancers de trois à six mois après la fin de l'année civile. De plus, les rapports de pathologie seront plus facilement accessibles aux oncologues pour les patients qui sont adressés aux programmes du cancer pour subir des examens et recevoir des soins. L'amélioration de l'actualité et de l'accessibilité des rapports de pathologie et d'autres renseignements cliniques connexes aidera à déterminer les priorités de traitement pour les patients atteints de cancer.

En plus des fonctions de contrôle de la qualité inhérentes, d'autres pourront être mises en oeuvre. Par exemple, le système pourra examiner les intervalles de temps entre la collecte des spécimens pathologiques, leur analyse et les rapports, et le traitement subséquent des patients. Les rapports de pathologie pourront être vérifiés pour les années antérieures et comparés avec le référentiel pour déterminer l'exhaustivité de l'ensemble de données. Un jour, le système pourra être relié à des ensembles de données administratives cliniques afin d'évaluer les résultats des programmes de traitement pour des maladies et des stades de la maladie précis.

Le réseau est actuellement à l'état de pilote avec un laboratoire de pathologie. Bertha Paulse espère que les sept laboratoires seront connectés d'ici à la fin du mois de septembre 2002.

La télémédecine fait fondre l'isolement dans le Nord. : Société de soins de santé du Labrador (Telemedicine Melts Northern Labrador's Isolation: Health Labrador Corporation)

Lorsque vous habitez une des localités sises le long de la côte du Labrador, une simple coupure à un doigt, par exemple, peut devenir un long, douloureux et coûteux supplice. Les douze petites localités s'égrènent sur un territoire de la taille des îles britanniques. Elles ne sont reliées au monde extérieur que par avion, si bien que lorsqu'une coupure s'infecte, et que l'infirmière en poste craint que la situation n'empire, un patient peut devoir être évacué par voie aérienne vers le centre local de Goose Bay.

Malgré tous les efforts du personnel médical, le voyage peut se révéler une expérience douloureuse et traumatisante, le patient se retrouvant loin de sa famille et de ses amis. Marge Learning se souvient du cas de cet homme de la communauté du Nord, pour en avoir entendu parler récemment, qui a pu s'épargner un tel voyage. Plutôt, le doigt infecté a été placé devant une caméra à la clinique communautaire. À plusieurs centaines de kilomètres, le médecin à Goose Bay, à, l'a examiné et a décidé que l'infirmière pouvait simplement traiter l'homme avec les antibiotiques à sa disposition.

Mme Learning est directrice exécutive adjointe des Services administratifs à la Health Labrador Corporation, responsable de la prestation des services de santé aux communautés du nord du Labrador. Elle indique que l'organisme relie les douze localités par un système de vidéoconférence qui permettra à toutes les cliniques communautaires d'être ensuite rattachées à l'hôpital de Goose Bay. Cet hôpital est lui-même relié à un plus grand hôpital à St. John's, ce qui permet l'accès à une vaste gamme de spécialistes.

Être en mesure de diagnostiquer les problèmes de santé et de traiter les patients chez eux représente une forte économie au Labrador, plus forte que dans la plupart des autres régions du pays en raison des coûts considérables du transport aérien. Le projet permet en outre de réaliser d'autres économies puisque le réseau par lequel sont acheminées les images vidéo médicales servira aussi aux ministères de la Justice et de l'Éducation. Les caméras pour les autres applications seront placées dans des bâtiments communautaires, alors que la caméra médicale sera installée dans les cliniques communautaires.

Mme Learning indique qu'un grand avantage du projet au Labrador est qu'il facilitera les contacts avec l'infirmière qui dirige chaque clinique. « Dans nos coins reculés, nous n'avons même pas le luxe de communiquer par Internet avec nos cliniques communautaires, mais des contacts sont maintenant possibles. Pour ce qui est des communications avec nos établissements isolés, la situation est bien meilleure qu'avant. Les personnes en poste se sentent évidemment mieux appuyées et moins coupées de l'organisation. » Mme Learning ajoute que les infirmières peuvent utiliser le lien vidéo pour suivre des programmes de formation en plus de l'utiliser à des fins cliniques. Le nouveau lien, dit?elle, devrait être important pour aider à recruter et à garder les infirmières, un défi constant.

Pour le moment, le lien assurera la communication audio et vidéo. Selon Mme Learning, la Health Labrador Corporation espère ajouter d'autres outils de diagnostique plus tard.

Gain net pour les gens de la Nouvelle-Écosse (Nova Scotians Net Gain: DoctorsNS.com - NS)

La vie à l'ère de l'information serait beaucoup plus facile si l'on pouvait augmenter notre mémoire en y insérant une carte, de la même façon que l'on augmente la capacité de notre ordinateur. Dans le domaine des soins de santé, le déluge d'informations disponibles offre un défi tout particulier.

« Un médecin moyen a besoin environ de deux millions d'informations à portée de main », dit le docteur David Zitnick, directeur de l'informatique médicale de l'université Dalhousie. « Pour être en mesure de prodiguer les meilleurs soins, les médecins doivent pouvoir accéder au plus grand nombre d'informations possibles et non seulement à celles qu'ils ont en tête. »

Pour les médecins de la Nouvelle-Écosse et leurs patients, doctorsNS.com est la porte d'entrée à une foule d'informations, allant des nouvelles faisant la promotion de la santé jusqu'aux bibliothèques médicales complètes. Le site permet à plus de 1,900 membres de la « Medical Society of Nova Scotia »-- la plus ancienne au Canada -- un accès à des rayons de bibliothèque électronique des mieux garnis.

Penny Logan, la bibliothécaire du site, croit que ceci permet à tous les médecins de la province d'être sur un pied d'égalité "Un grand nombre de nos membres ne travaillent pas d'une université ou d'un centre hospitalier. Nos rayons électroniques leur donnent un accès rapide et facile à 500 textes complets de revue et à 40 livres de références".

De plus, en ligne on peut obtenir, DXplainTM - un service d'appui aux décisions, utilisant une gamme de conclusions médicales pour établir une liste de diagnostics susceptibles d'expliquer les symptômes d'un patient- et la banque de données de MD Consult pour les publications médicales.

« Ces types d'outils peuvent réduire le temps nécessaire pour rendre un solide diagnostic » insiste Zitnick.

La section de doctorNS.com pour membres seulement de même que celle qui est accessible au public en général, contiennent de l'information sur les soins palliatifs, les risques associés à la fumée de cigarette ainsi que des nouvelles faisant la promotion de la santé. Le public peut utiliser le site pour y trouver un médecin dans une localité, tandis que les médecins peuvent y retrouver des occasions de pratique dans la province.

« Ce site est conçu en fonction d'être la source d'information indispensable pour répondre aux besoins, que ce soit pour les questions ou les courants de pensée en matière de soin de santé. » explique Zitnick. « En guise d'exemple, il mentionne le lien avec la Commission Romanow sur l'avenir des soins de santé au Canada, de façon à ce que les gens de la Nouvelle-Écosse puissent contribuer au processus et suivre la progression des débats. »

« A l'époque où l'on s'achemine vers les dossiers électroniques des patients, on entrevoit ce type de site comme étant un lieu où les médecins et leurs patients pourront collaborer dans la gestion des questions de santé. »

Dernière volonté : Télésoins à domicile pour malades en phase terminale (Last Wish: Telehomecare for the Terminally Ill - PEI)

Le mourant savait qu'il s'agissait de son dernier Noël, et parmi les personnes à qui il voulait remettre un cadeau en souvenir, il y en avait une qu'il n'avait rencontrée que deux fois.

Pour John Martin, de l'autorité sanitaire West Prince à l'Île-du-Prince-Édouard, l'histoire en dit long sur le projet de téléhospice de sa région. Le mourant était l'un de plusieurs douzaines de personnes de la région d'Alberton qui avaient été rattachées à distance à une infirmière depuis le début du projet en 1999. À l'aide d'une connexion téléphonique ordinaire, l'infirmière surveillait ses signes vitaux et lui offrait réconfort. Bien qu'ils ne se soient presque jamais rencontrés, l'infirmière était devenue pour l'homme une source d'aide fiable et bienvenue à la fin de sa vie - l'essence même des soins palliatifs.

Située dans la région de la province où la culture de la pomme de terre est la plus développée et servant une population surtout rurale de 15 000 personnes, l'autorité sanitaire West Prince s'est donné un solide noyau d'expertise en matière de soins palliatifs, selon Martin. Vu la rareté des infirmières, il n'était que naturel d'adopter un modèle électronique de soins à domicile à la fois rapide à mettre en oeuvre et efficient.

« Parce que le système utilise des lignes téléphoniques ordinaires, nous pouvons installer les appareils et rendre la première visite le même jour. »

Selon les besoins du client, des dispositifs peuvent être installés pour mesurer la tension artérielle, le poids et le pouls. L'infirmière à distance peut surveiller le coeur du client à l'aide du même stéthoscope stéréophonique qu'à bord de la navette spatiale. Bientôt, un moniteur d'électrocardiogramme sera également disponible.

L'efficacité du système est apparue clairement dans des enquêtes réalisées avant et après sa mise en service. Une fois le système opérationnel, l'autorité sanitaire West Prince a constaté une réduction de 76 % du nombre de jours que des clients à l'article de la mort ont dû être hospitalisés. Les visites à l'urgence ont également diminué de 20 %, et les rendez-vous chez le médecin, de 15 %.

Les résultats dans certains cas individuels sont encore plus impressionnants.

M. Martin raconte l'histoire d'une femme âgée qui vivait seule chez elle.

« L'année avant d'être admise au programme, elle avait effectué de nombreux et longs séjours à l'hôpital. Une fois le système installé chez elle, ses admissions à l'hôpital ont diminué de 80 %. Pour les personnes comme elles, c'est beaucoup une affaire d'isolement. C'était une personne sociable, et les contacts quotidiens lui manquaient. Téléhospice lui en redonne, dans la mesure où beaucoup de ses échanges en ligne avec l'infirmière sont de nature personnelle plutôt que strictement médicale. »

À sa troisième année, le programme a élargi sa base de clients pour inclure les personnes qui souffrent de dépression chronique, de diabète, de problèmes cardiaques et de congestion pulmonaire. L'autorité sanitaire West Prince fonctionne à pleine capacité avec 16 systèmes installés, et son fonctionnement est suivi de près de la part des autorités sanitaires du reste de la province. Une proposition est en train d'être élaborée pour étendre le projet à d'autres secteurs avec l'aide de divers commanditaires.

« L'enthousiasme est grand », dit M. Martin. « Comme option offerte aux clients des services de santé à domicile, la différence peut être énorme. »

Si ce n'est pas la différence entre la vie et la mort, c'est au moins la différence qui permet de mourir dans la dignité.

La téléoncologie au service du dépistage du cancer du col de l'utérus (Raising awareness about cervical cancer screening : Teleoncology - NB)

Le Dr Réjean Savoie a été bouleversé lorsqu'une patiente de 17 ans s'est présentée avec un cas avancé de cancer du col de l'utérus.

« On ne devrait pas voir de cas semblables en 2002 », a-t-il indiqué.

Et pourtant, les statistiques révèlent que la jeune patiente du Dr Savoie fait partie de la majorité des Néo-Brunswickoises qui ne subissent pas régulièrement de cytologie vaginale (communément appelée Pap test) pour dépister ce qui est la deuxième forme de cancer la plus commune au monde.

Au Nouveau-Brunswick, seulement 39 % des femmes subissent des Pap tests. Dans certaines régions de la province, ce pourcentage descend même jusqu'à 25 %. Statistique Canada rapporte que seulement deux-tiers des Néo-Brunswickoises ont subi un Pap test dans les dernières années.

« Ce sont des statistiques troublantes », affirme le Dr Savoie, gynéco-oncologue et directeur médical d'un projet de téléoncologie mené par la corporation des soins de santé de Beauséjour, le plus important fournisseur francophone de soins de santé dans la région de l'Atlantique. Dans ce projet collaborent différents partenaires dont le ministère de la Santé et du Mieux-être du Nouveau-Brunswick, l'Université de Moncton, trois autorités régionales en matière de santé (Campbellton, Bathurst, et Miramichi) et le Centre de santé de Big Cove.

Ces pourcentages sont troublants non seulement parce qu'ils sont si faibles, mais aussi parce que le cancer du col de l'utérus est l'une des formes de la maladie qui peut être maîtrisée avec succès si elle est diagnostiquée à temps. La clé du succès : des Pap tests réguliers.

Selon la directrice du projet de téléoncologie, Suzanne Robichaud, des groupes de discussion ont permis de déterminer un certain nombre de raisons pour lesquelles les Néo-Brunswickoises évitent le dépistage méthodique. D'abord, elles peuvent ne pas avoir de médecin de famille ou préféreraient que les tests soient effectués par une femme médecin. La timidité contribue aussi à expliquer cette situation, ainsi qu'un manque de connaissances au sujet des risques du cancer du col de l'utérus et le fait que les tests ne soient pas offerts sur une base régulière.

ComputerLe Dr Savoie espère que le nouveau projet à plusieurs volets aidera à inverser la tendance au sein de cette province, en lançant un système exhaustif de dépistage efficace. Les objectifs du projet sont d'accroître la sensibilisation et la participation aux Pap tests, d'améliorer le suivi des femmes qui ont été testées, d'éliminer le dépistage inutile et, en bout de ligne, de réduire les cas de cancer du col de l'utérus et les décès provoqués par la maladie.

Parmi les volets du projet, on retrouve une campagne de promotion sur la santé (incluant un vidéo en langue micmac); des cliniques de dépistage à Miramichi, Bathurst, Campbellton et Beauséjour; une formation des professionnels de la santé; et une base de données centrale contenant les résultats des tests des femmes qui ont été examinées.

La création de cette base de données mènera non seulement à un système de suivi automatique, mais elle permettra aussi de suivre les tendances partout dans la province afin que les efforts futurs puissent viser les régions où les femmes sont le plus susceptibles de contracter la maladie.

En outre, le projet permettra aux gynéco-oncologues et aux gynécologues de se consulter à distance quant au traitement des patientes atteintes du cancer du col de l'utérus et ce, grâce à des dossiers électroniques protégés offrant une capacité multimédia.

Pour les médecins comme le Dr Savoie, l'espoir est que moins de Néo-Brunswickoises souffrent de ce cancer qui peut être prévenu.

Grâce au Programme des partenariats pour l'infostructure canadienne de la santé, 29 projets semblables sont financés par le Bureau de la santé et l'inforoute.

Modèles de réussite dans la région du Canada central

Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Cure for the Common Mistake: Alberta's Seniors Drug Profile)

La personne âgée était allée trop loin cette fois dans son comportement belliqueux, si loin qu'elle avait risqué de perdre sa place au foyer. Et elle aurait très bien pu la perdre cette place, n'eût été de la curiosité d'une infirmière de soins à domicile et du projet albertain Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile).

Le personnel du foyer a dit à l'infirmière que la personne âgée prenait des médicaments pour atténuer son agressivité. Ces médicaments avaient fait leur effet pendant un certain temps, mais avaient cessé d'agir semblait-il. L'infirmière a demandé à la personne âgée si elle pouvait jeter un coup d'oeil à la liste des médicaments qui lui avaient été prescrits. Le dossier électronique a révélé que l'homme avait bel et bien une ordonnance, mais qu'il était sans médicaments depuis un certain temps. Lorsque l'infirmière lui a demandé pourquoi, l'homme lui a expliqué qu'il s'était rendu à sa pharmacie habituelle pour aller chercher ses « pilules pour les nerfs », mais que le pharmacien avait refusé de les lui donner. Le dossier électronique contenait une fois de plus l'explication. La première fois que l'homme s'était procuré les médicaments, il s'était rendu dans une pharmacie différente, donc sa pharmacie habituelle ne possédait aucune trace de l'ordonnance.

Grâce à l'infirmière, l'ordonnance a été transférée, et la personne âgée a pu obtenir ses médicaments. Son comportement s'est amélioré, et elle n'a pas eu à quitter le foyer.

Depuis sa création en 1999, le projet Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile) aide les gens de bien d'autres façons. Doug Stich, coordonnateur de programme pour le Réseau d'information pharmaceutique, connaît beaucoup d'histoires du genre. « Les gens disent "je" prends une pilule rose pour le coeur, ou '"je" prends une pilule rose pour les reins », explique Stich. « On ne peut pas déterminer les effets secondaires d'un médicament ou les interactions entre différents types de médicaments à partir de renseignements aussi vagues. » Le problème est fréquent les personnes âgées surtout, ajoute-t-il; cependant, si le programme ne vise aujourd'hui que les personnes âgées, c'est qu'elles représentent le seul groupe clairement défini auquel s'applique le régime de remboursement des médicaments de la province.

Piloté par le ministère de la Santé et du Mieux-être de l'Alberta, le projet Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile) élimine toute approximation du travail de préparation d'ordonnances pour les personnes âgées qui acceptent d'y participer. Le dossier électronique contient des renseignements sur les médicaments qui ont été prescrits (et à quelle date), la pharmacie qui les a délivrés et le médecin qui a préparé l'ordonnance. De plus, il ne peut pas être consulté sans le consentement du patient, ce qui garantit la confidentialité des renseignements.

Les médicaments représentent un aspect essentiel de la thérapie, dit Stich. « Que vous soyez au service des urgences, dans un hôpital ou dans presque n'importe quel type d'établissement de soins, la première question que l'on vous pose est "prenez-vous des médicaments?" Trop souvent, les gens sont incapables de répondre à cette question, ou d'y répondre d'une façon exacte. »

Selon Stich, 3 600 professionnels des soins de santé ont actuellement recours au programme, et environ 60 000 demandes de renseignements sont traitées chaque année.

Uniformité dans la collectivité : Connexion soins communautaires (CSC) (Consistency in the Community: Community Care Connects (C3 - ON)

Une province aussi vaste et diversifiée que l'Ontario présente des défis uniques pour les soignants dans la collectivité. Avec 43 bureaux principaux et plus de 200 succursales, les centres d'accès aux soins communautaires (CASC) fournissent des services d'intervention, d'orientation et de placement en milieu urbain comme en milieu éloigné. Fournir des services uniformes d'Etobicoke à Cochrane repose dans une large mesure sur la gestion de l'information.

Depuis 1999, Connexion soins communautaires (CSC) s'efforce de faire en sorte que tous les CASC aient accès au même niveau de technologie. De cette manière, les mêmes applications pourront être installées dans tous les CASC au cours des prochaines années. Néanmoins, la technologie actuelle a déjà permis d'améliorer le service aux clients et la productivité.

Le gestionnaire de projet principal de CSC, Patrick Allen, donne plusieurs exemples de fonctionnalités du nouveau système.

« Précédemment, les membres de l'équipe d'un CASC devaient partager un ordinateur, si bien qu'il y avait souvent de l'attente avant que les données d'un client ne soient entrées dans le système. CSC a fourni des ordinateurs à chaque membre de l'équipe. Non seulement la productivité s'en trouve-t-elle améliorée, mais aussi la façon dont les responsables de cas travaillent avec leurs clients. »

« Supposons qu'une personne âgée à Toronto songe à se faire admettre à un établissement de longue durée près de sa famille à Sarnia. Le responsable de cas au CASC de Toronto peut se servir du système informatique Information et orientation, qui utilise un moteur de recherche très semblable à Yahoo! ou à Google. Il pourra afficher la liste des établissements et, avec le client ou toute la famille, regarder ce qui est disponible. La collaboration est ainsi bien meilleure. »

Le système permet également de répondre aux problèmes de mobilité de courte durée.

« Avant CSC, le dossier papier d'un client devait le suivre. Donc, si un client d'un CSAC déménageait de Toronto pour le chalet l'été, toute cette paperasse devait l'accompagner jusqu'au retour. Maintenant, un enfant qui reçoit son congé d'un hôpital à Toronto peut être retourné à Rainy River, les services étant préarrangés, et les renseignements sur les appareils, les médicaments et les fournitures, envoyés électroniquement au CASC avant que l'enfant n'arrive chez lui. »

Tous les CASC ont accès à un réseau sécurisé pour envoyer entre leurs bureaux les renseignements sur les clients et les dossiers comme pièces jointes aux courriels. L'épine dorsale du système est un réseau privé virtuel géré et mis en place par Systèmes intelligents pour la santé du gouvernement de l'Ontario. Il s'agit d'un réseau compatible Internet qui assure un accès Internet et une fonction de courriel sécurisée.

Le système permet également d'envoyer des télécopies à partir de l'ordinateur, de telle sorte que le personnel du CASC puisse envoyer des documents en toute sécurité à des prestataires de services externes, comme les foyers de soins de longue durée, les ergothérapeutes ou les médecins de famille, pour leur laisser savoir les services que leur client reçoit.

Dans les CASC, certains responsables de cas travaillent principalement en dehors du bureau. Grâce à son service de messagerie électronique intégré, le réseau donne accès au serveur du centre qui leur permet de se rejoindre à distance, de prendre leurs messages vocaux et les courriels et de vérifier leurs cas et de télécharger des fichiers.

« À l'avenir, ce réseau aidera à constituer une base de données provinciale qui permettra l'échange de renseignements entre tous les soignants et les établissements », dit Allen, qui estime que l'objectif du projet est atteint à environ 20 %.

« Nous avons l'infrastructure technique, et nous travaillons maintenant avec le personnel du CASC pour l'aider à repenser les façons de faire à l'aide d'un ensemble de logiciels commun. »

« À l'intérieur de tout le système de santé de l'Ontario, nous assistons à un important changement organisationnel qui assurera l'uniformité dans l'évaluation et le traitement pour les clients des soins communautaires. »

Une technologie de la santé qui a du coeur : Système de dossier de santé cardiaque sécuritaire et accessible dans les régions (Health Technology with Heart: Regionally Accessible Secure Cardiac Health Records - ON)

L'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa planifie le traitement en douceur des plaintes relatives au coeur en inaugurant un nouveau programme permettant, aux professionnels de la santé de la région d'Ottawa, un accès sécuritaire aux dossiers médicaux en cardiologie.

L'Institut utilise l'Internet pour transférer les dossiers médicaux des patients et pour impliquer les médecins locaux dans le suivi des soins aux patients souffrant de problèmes cardiaques.

L'Institut de cardiologie sert de centre de services spécialisés à près d'un million et demi d'habitants des régions de l'est de l'Ontario et de l'ouest du Québec.

Le docteur Tim Cheung est porte-parole de l'Institut. Il affirme que ce nouveau programme remplacera l'ancien système par lequel les médecins locaux utilisaient les services de la poste pour faire parvenir les dossiers de santé aux cardiologues.

« Souvent l'information ne nous parvient pas », affirme le docteur Cheung, « parce que lorsque les praticiens rassemblent les dossiers et nous les postent, les informations nous parviennent petit à petit et de différents endroits, et lorsqu'elles arrivent à nos bureaux, il est possible qu'il nous manque beaucoup de renseignements. Au moment où le patient arrive à l'Institut de cardiologie pour rencontrer le cardiologue, nous devons tout recommencer. Le patient doit alors passer une autre journée à Ottawa, c'est un processus qui est long et coûteux. »

L'utilisation de l'Internet pour suivre les dossiers médicaux ne permettra pas seulement de résoudre le problème des dossiers manquants mais aussi, on s'attend à ce que l'on puisse diminuer le nombre de visites de suivi après que l'Institut de cardiologie ait signé la décharge des patients.

« Supposons que vous venez de subir un pontage », affirme le docteur Cheung, « traditionnellement, vous devriez revenir à l'Institut de cardiologie pour un examen de suivi, environ deux semaines après votre congé de l'hôpital. Avec ce nouveau système, votre médecin traitant peut nous faire parvenir vos radiographies pulmonaires par Internet, et nos spécialistes s'assurent que votre guérison progresse normalement sans que vous ayez à revenir à Ottawa. »

Non seulement la diminution du nombre de déplacements profite au patient en terme de temps et d'énergie mais aussi, il en résulte une économie d'argent. Le docteur Cheung estime que chaque voyage que l'on peut éviter, épargne 600$ en soins de santé. Plus important encore, les gens peuvent obtenir les soins dont ils ont besoin au sein de leur propre communauté, de la part de leur médecin de famille qu'ils connaissent et en qui ils ont confiance, tout en profitant de l'expertise des spécialistes. "L'idée est d'amener les services spécialisés dans la communauté insiste-t-il, plutôt que d'amener le patient vers les services spécialisés".

Le programme sera officiellement inauguré en mai 2002 et, dix hôpitaux et une clinique y prendront part. Si tout se déroule comme prévu, les 23 autres hôpitaux et cliniques y seront reliés après une revue du programme à la fin de l'année.

Connexion santé avec le RTEO Réseau de télésanté de l'est de l'Ontario (RTEO) (Connecting for Health with EOTN : Eastern Ontario Telehealth Network)

Un homme dans la trentaine s'est récemment présenté à l'hôpital général de Pembroke avec des maux à la nuque, à la poitrine et à l'épaule. Il a été examiné et admis au service de soins intensifs avec la recommandation qu'il soit référé à un cardiologue de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa.

Par le passé, cette recommandation aurait nécessité un rendez-vous, la possibilité d'une attente prolongée à l'hôpital, et un voyage à Ottawa chez le cardiologue.

Dans ce cas-ci, le patient n'a attendu qu'une seule journée. Grâce à la vidéoconférence, le patient a reçu une consultation à distance avec le cardiologue, qui, lui, était à son bureau à des centaines de kilomètres. Ainsi, le cardiologue a pu immédiatement ordonner un Catscan ainsi que d'autres examens, ce qui a sauvé du temps au patient dans le processus du diagnostic. Le cardiologue a aussi pu déterminer que la condition du patient était stable, ce qui a permis à ce dernier de rentrer chez-lui jusqu'à ce qu'un rendez-vous en personne puisse être pris avec le cardiologue.

Cette consultation télésanté rapide a permis de rassurer le patient plus rapidement et lui a épargné l'inconvénient d'un séjour prolongé à l'hôpital, tout en libérant les précieuses ressources de l'hôpital pour d'autres patients dont les besoins étaient plus urgents.

Il s'agit d'un des premiers exemples de réussite d'un système qui est devenu le Réseau de télésanté de l'est de l'Ontario (RTEO). Grâce à une subvention de Santé Canada, le réseau relie 16 hôpitaux ruraux et communautaires de la région avec trois sites de consultation - l'Hôpital pour enfants de l'est de l'Ontario (HEEO), le SCO Health Service, et l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa - pour offrir un éventail de services de consultation et d'éducation au même titre que la séquence de soins, allant de pédiatriques à palliatifs. On espère que ce projet de mise en oeuvre d'une durée de 18 mois élargira éventuellement sa gamme de services, au fur et à mesure que les partenaires apprendront à incorporer la technologie de télésanté dans la prestation et la réception des soins de santé et, en bout de ligne, améliorera l'efficacité globale du système de soins de santé.

Le réseau télésanté a pris appui sur un programme-pilote réussi entre l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa et l'Hôpital général de Pembroke. Ce réseau de télécommunications spécialisé permet le transfert électronique d'information audio et vidéo par le biais de divers équipements périphériques : caméras, stéthoscopes et autres instruments médicaux, par exemple.

Kathy Crone est la directrice du projet RTEO. Elle explique que l'objectif du projet est de favoriser l'égalité d'accès aux soins de santé. « Nous voulons éliminer la barrière que représente la distance, afin d'assurer que l'accès à des soins de santé de qualité ne dépende pas de l'endroit où l'on vit. »

Le réseau est aussi utilisé pour améliorer les compétences du personnel médical et des autres professionnels de la santé dans les hôpitaux ruraux et communautaires. Par le biais du RTEO, ils peuvent participer à des activités éducatives comme des « séances scientifiques », où un spécialiste présente un cas médical intéressant et aide ses collègues à comprendre le diagnostic et le traitement du patient.

Changer ses habitudes par l'apprentissage électronique : Service de soins électroniques (Changing Habits Through eLearning: eCare

Peu de choses sont plus difficiles que de changer des habitudes de toute une vie, mais c'est pourtant ce qu'exige une maladie comme le diabète.

Apprendre à prendre en charge la maladie peut être un obstacle de taille qui empêche de s'accommoder de celle-ci. Ne pas respecter des restrictions alimentaires ou négliger de prendre des médicaments de prescription peut avoir de graves conséquences : maladies du coeur, cécité, insuffisance rénale ou amputation.

Le concept de soins électroniques de St. Elizabeth Health Care a commencé par une utilisation de la technologie Internet pour aider les diabétiques à surmonter l'obstacle de la prise en charge de la maladie. Mieux encore, le système « n'importe où, n'importe quand peut être personnalisé pour répondre aux besoins particuliers de chaque personne.

Dans un cas, la maladie a été diagnostiquée chez un jeune cadre. Personnalité de type A classique, il a utilisé le service de soins électroniques pour se renseigner sur la maladie et savoir comment la prendre à charge tout en conservant son horaire démentiel et en bombardant de questions des spécialistes en ligne chaque soir.

Le système répond aux besoins de bien plus de gens que ceux qui viennent de joindre les rangs des 1,6 million de diabétiques au Canada.

Un autre exemple est celui de cette femme d'âge mûr, diabétique depuis longtemps. Lorsque sa glycémie a commencé à lui poser des problèmes, son médecin lui a recommandé un programme de rééducation. Mais la liste d'attente est souvent longue pour ces programmes, en particulier pour les personnes qui travaillent pendant le jour, si bien que cette femme était une candidate idéale pour les soins électroniques. Elle a suivi le programme de rééducation en deux jours dans ses temps libres, et la souplesse du programme lui a permis de se concentrer sur la question clé du contrôle de la glycémie. De plus, la fonction de contrôle et d'analyse des tendances lui a permis de suivre de près les fluctuations du taux de sucre dans son sang et de modifier ses habitudes pour mieux stabiliser son état. Elle était en outre capable d'envoyer ces renseignements à son équipe médicale et de lui poser des questions. L'aide en ligne a représenté une façon pratique pour elle d'obtenir l'information dont elle avait besoin pour prendre en charge son diabète.

« Les personnes qui ont utilisé les soins électroniques ont obtenu des résultats cliniques bien meilleurs », dit Shirlee Sharkey, présidente et chef de la direction de Saint Elizabeth Health Care, organisme canadien à but non-lucratif. « Le programme réduit le nombre de visites directes, et les personnes se sentent très à l'aise de l'utiliser pour parvenir à surmonter les défis que pose une maladie chronique. Il importe de noter que des personnes de tous âges, y compris des personnes âgées, se réjouissent de cette solution. Elles sont particulièrement heureuses que le programme aide à démystifier dans une certaine mesure les soins de santé. »

Les soins électroniques connus sous le vocable de eCare ont été la première génération de ce qui est aujourd'hui une gamme de services de soins de santé en ligne qui inclut des modules pour les soins cardiaques, la prise en charge de la douleur et des symptômes, et les soins de l'asthme et des maladies respiratoires. « Nous croyons que la plus récente addition à cette gamme, un module pour les intervenants naturels, est peut-être le plus utile. Il aide les gens à être plus à l'aise et confiants dans leur rôle de soignant, tout en préservant leur santé et leur bien-être dans ce rôle. »

Saint Elizabeth Health Care offre également un ensemble de services cliniques qui complètent les modules en appuyant les soignants à l'aide de trousses d'apprentissage interactives, d'une bibliothèque de références électronique et d'un mécanisme d'échanges virtuels avec des experts et des pairs.

« Ces programmes sont le résultat de nombreuses années de réflexion au sujet de la manière dont Saint Elizabeth Health Care pourrait aller au-devant des gens et accroître les services thérapeutiques et éducatifs. Ils sont une concrétisation de notre but d'aider les gens à trouver réponse à leurs besoins (outils/information et soins) d'une façon adaptée à leur situation, afin qu'ils soient plus à même de prendre en charge leur maladie et leur relation avec leurs soignants. »

Mettre l'hôpital à la portée des gens : Réseau NORTH (Taking the hospital to the people: Sunnybrook and Women's - ON)

Sam Marafioti est vice-président de la santé électronique à un grand hôpital d'enseignement de Toronto, le Sunnybrook and Women's College Health Sciences Centre. Il y a quelques mois à peine, il était aussi un fils inquiet, qui attendait à l'urgence avec sa mère qui venait de tomber dans le coma. Le personnel à l'hôpital ignorait quels médicaments elle prenait. On a demandé au fils au cas où il saurait peut-être...

M. Marafioti raconte cette histoire pour illustrer comment la technologie des communications pourrait permettre d'améliorer les soins destinés aux patients à son hôpital, ou à n'importe quel hôpital. Si le personnel à l'urgence ce soir-là avait eu accès à l'anamnèse médicamenteuse des patients par voie électronique, il aurait pu voir sur l'ordinateur quels médicaments prenait la comateuse et n'aurait pas eu à dépendre des connaissances ni de la mémoire peut-être déficientes de parents. Ce type de dossier électronique de la médication et des allergies est une des initiatives technologiques dont le Sunnybrook and Women's College Health Sciences Centre se fait l'un des plus ardents promoteurs.

Une autre façon dont la technologie des communications aide à améliorer les soins aux patients au Sunnybrook and Women's est la radiologie sans film, où l'image est numérisée. Le médecin peut ainsi montrer à un patient et à sa famille ce que révèle une radiographie grâce à un moniteur à côté du lit. Personne n'a à se déplacer à un endroit précis pour la voir, et tout le monde peut la voir en même temps. En plus, toute personne autorisée qui participe au traitement du patient a directement accès à la radiographie via le système de dossiers électroniques de patients de Sunnybrook and Women's accessible à partir d'ordinateurs installés dans tous les secteurs occupés par les patients à l'hôpital.

À l'avenir, M.Marafioti espère rendre possible l'échange sécuritaire des radiographies numériques et des autres renseignements relatifs à la santé des patients avec les médecins de ces patients en dehors de l'hôpital. S'ensuivra un échange bidirectionnel de renseignements électroniques, de l'hôpital aux autres établissements de santé et vice-versa, le dossier du patient le suivant toujours. M.Marafioti croit que la technologie des communications peut aider à atteindre ce but.

Sunnybrook and Women's est également le noeud de raccordement du réseau NORTH, réseau de télésanté qui dessert le nord de l'Ontario. Cinquante-huit centres hospitaliers hors des grands centres sont reliés par des caméras numériques et d'autres dispositifs à un centre hospitalier principal à Toronto. Des spécialistes de la dermatologie, de l'orthopédie et de la santé mentale, par exemple, peuvent ainsi « voir » des patients assis dans une salle de consultation à des centaines de kilomètres de là. M.Marafioti raconte l'histoire d'un médecin tout joyeux d'annoncer un bon jour : « Je m'en vais voir des patients à Kirkland Lake, à Pickerel Lake et à Timmins, et je serai de retour au bureau avant midi! ». Les patients apprécient de ne pas avoir à parcourir de grandes distances et à s'absenter longtemps pour une brève consultation ou des visites de suivi. L'accès à des soins de qualité peu importe où habite le patient est le but ultime de M. Marafioti.

« La technologie en tant que telle ne donne pas de résultats », dit-il. « Mais c'est un facteur de facilitation essentiel qui a le potentiel de transformer les soins de santé. Nous sommes à l'avant-garde d'un nouveau système. À nous de l'amener plus loin. »

Liens du Nord :Le Réseau NORTH améliore les soins de santé dans l'ensemble de l'Ontario (Northern Connections - ON)

Il est tout juste passé minuit. Le bruit du téléphone force un neurologue de Toronto à se lever; il est avisé d'une crise qui est en train de se produire à 300 kilomètres de là. Une femme aînée est inconsciente à North Bay (Ontario) - sûrement une autre victime d'un accident cérébrovasculaire. En quelques minutes, le neurologiste peut voir la patiente sur l'écran de son ordinateur domestique, examiner les images numériques de son cerveau, et informer l'urgentologue local du meilleur traitement.

« Le neurologue peut consulter ces renseignements et les utiliser pour savoir si un patient est un bon candidat pour les médicaments permettant la dissolution des caillots de sang, » explique Dr Ed Brown, urgentologue qui coordonne cette nouvelle application futuriste visant le télétraitement des accidents cérébrovasculaires (ACV). L'objectif est de faire en sorte que les patients pouvant être victimes d'ACV, même dans les régions les plus éloignées de la province, puissent être examinés par des spécialistes en trois heures ou moins.

Le télétraitement des ACV est le premier service de télésanté d'urgence et le nouveau membre d'une famille d'applications de télésanté qui font partie du réseau Northern Ontario Remote Telecommunications Health (NORTH), un projet ambitieux qui utilise la technologie pour fournir des services médicaux aux collectivités des Premières nations, aux petits villages ainsi qu'aux régions rurales et éloignées.

Selon Brown, le directeur exécutif du projet, ce réseau est probablement le premier réseau du genre au monde à être aussi perfectionné.

Si le télétraitement des ACV en est encore à l'étape de projet pilote, les autres éléments du réseau sont bien établis depuis les débuts du réseau, en 1998. Administré à partir du Sunnybrook and Women's College Health Sciences Centre, à Toronto, le Réseau NORTH traite maintenant plus de 300 patients par mois, et connaît une expansion rapide. Le Réseau permet de fournir des services médicaux dans environ 40 spécialités, telles que les soins des yeux et de la peau, la chirurgie orthopédique et la psychiatrie.

L'objectif du programme est d'éliminer l'obstacle représenté par la distance dans les soins fournis aux personnes qui demeurent à l'extérieur des principaux centres urbains. Les villes de taille moyenne, telles que Timmins, Thunder Bay, Sudbury et North Bay ont aussi leur part de profits : en plus de les établir en tant que centres de référence pour les municipalités plus éloignées, le réseau les relie aux principaux spécialistes des grands hôpitaux comme le Hospital for Sick Chuildren et le Sunnybrook & Women's Health and Science Centre.

Reliant plus de 75 sites dans le centre et dans le nord de l'Ontario, le réseau unit des dizaines d'institutions, des partenaires comme le Northern Academic Health Science Network et le Keewaytinook Okimakanak Tribal Council, et des sources de financement, comprenant 8,5 millions de dollars dans le cadre du Programme des partenariats pour l'infostructure canadienne de la santé.

Appuyés à l'échelon local par un directeur médical et un coordonnateur de la télésanté, les sites du Réseau NORTH tirent parti d'un éventail d'outils sophistiqués qui sont utilisés pour recueillir des renseignements au sujet des patients et pour les envoyer à un centre de référence aux fins d'évaluation au moyen de liens IP protégés. Par exemple, des appareils numériques surveillent le bruit du coeur et des poumons, explorent les oreilles et la gorge, captent des images radiologiques et de caméra, et font des gros plans sur la rétine de l'oeil. La technologie de la vidéoconférence permet également aux personnes de se voir et de se parler.

En plus des soins aux patients, la technologie aide les professionnels de la santé travaillant dans les régions éloignées. La vidéoconférence, par exemple, permet aux médecins des régions rurales de consulter des spécialistes ou de participer à de l'enseignement continu.

« De grandes régions sont mal desservies en Ontario, et il ne faut pas oublier la pénurie de médecins », a déclaré Brown. « Nous voulons que les médecins s'y rendent et qu'ils y restent; et nous savons que ce genre de formation et d'appui permet d'améliorer le recrutement et le maintien en poste dans le Nord. »

Brown ajoute que les patients ont également adopté la technologie de la santé, puisqu'ils ont la possibilité d'être traités dans leur propre collectivité.

« Les patients adorent l'idée de recevoir des soins à domicile et de ne pas devoir faire de longs voyages. Les soins à domicile permettent de sauver du temps, de l'argent et des inconvénients, et évitent aux patients de conduire dans de mauvaises conditions routières. »

MOXXI à Montréal : Les chercheurs trouvent de meilleures manières de prescrire des médicaments (Montreal shows MOXXI - PQ)

La consultation tire à sa fin. Le médecin de famille sort un ordinateur de poche et commence à taper doucement sur l'écran tactile. Mais ce médecin montréalais n'organise pas une réunion ni ne vérifie son courriel. Elle s'assure que son patient reçoit la meilleure pharmacothérapie possible.

Le petit appareil coloré est un élément d'un « système électronique intégré de gestion des médicaments et d'ordonnances » faisant partie d'un projet de recherche innovateur appelé MOXXI. Son objectif, explique Mélodie Faucher, chargée de projet, est de diminuer les risques et de rendre la prescription, la distribution et l'utilisation des médicaments plus efficaces. « En fin de compte, nous voulons de meilleurs résultats pour la santé des patients. »

Le projet MOXXI (Medical Office of the 21st Century), a été déployé dans l'Ouest-de-l'Île en décembre 2002, grâce à une subvention de 2,3 millions de dollars obtenue dans le cadre du Programme des partenariats pour l'infostructure canadienne de la santé.

Les interactions médicamenteuses et leur utilisation inappropriée ont d'importantes répercussions sur la société et l'économie. Les effets indésirables causés par les médicaments représenteraient jusqu'à 27 % des hospitalisations en Amérique du Nord. « Il y a aussi les problèmes causés par les ordonnances illisibles », ajoute Mme Faucher, soulignant que des patients peuvent recevoir les mauvais médicaments ou des posologies inexactes.

Pour éliminer ces problèmes, le projet MOXXI, sous la direction de la Dre Robyn Tamblyn, la chercheure principale, dote jusqu'à 40 médecins de première ligne d'« assistants numériques ». Appelés iPaq, ces ordinateurs de poche sont reliés à plusieurs dizaines de pharmacies communautaires par l'entremise d'un réseau protégé sans fil dont les données sont hébergées au Centre universitaire de santé McGill.

L'appareil, qui comprend un logiciel créé dans le cadre du projet MOXXI en collaboration avec des médecins et des pharmaciens, affiche des détails continuellement mis à jour sur les médicaments, leur utilisation, leurs interactions et leur coût. Les iPaqs affichent également les antécédents médicaux des patients qui ont accepté de participer au projet, ce qui comprend les visites aux salles d'urgence, les hospitalisations, les services médicaux et tous les médicaments, peu importe qui les a prescrits.

En combinant les renseignements sur les antécédents médicaux du patient et les effets possibles des médicaments, il y a moins de risques que le nouveau médicament interagisse négativement avec les autres médicaments que prend le patient, affirme Mme Faucher.

Le médecin peut prescrire un médicament directement sur son iPaq. L'appareil émet une alerte s'il y a un risque que le médicament prescrit provoque une réaction dangereuse chez le patient.

Le patient reçoit une copie papier de l'ordonnance, qui est acheminée par voie électronique à la pharmacie en parallèle, ce qui élimine le problème d'ordonnances illisibles. Puisque les détails sont sauvegardés dans l'ordinateur de la pharmacie, il est également plus facile de modifier, de renouveler ou d'interrompre une prescription.

Selon Mme Faucher, les médecins qui participent au projet MOXXI sont satisfaits des fonctions informatives et conviviales du système. « Nous voulons qu'ils s'en servent et nous voulons également que d'autres médecins s'en servent un jour. »

Il présente aussi d'immenses avantages pour les patients, dit-elle, parce que les meilleurs renseignements disponibles sur les médicaments sont intégrés aux antécédents médicaux des patients, qui sont encore plus complets.

Il ne faut pas oublier, cependant, que MOXXI est un projet de recherche. Les quinze enquêteurs principaux, qui comprennent des chercheurs universitaires et des cliniciens, veulent s'assurer que les avantages évidents sont soutenus par des résultats mesurables, allant du nombre moins élevé d'hospitalisations à l'amélioration de la santé des patients.

Soins continus : Le Système d'information du réseau intégré de Laval place les médecins et les patients aux commandes (Continuous Care -PQ)

À Laval (Québec), les médecins de famille peuvent maintenant naviguer dans le système d'information sur les soins de santé, grâce à un nouveau système novateur qui relie les omnipraticiens aux cliniques communautaires, aux hôpitaux, aux centres de diagnostic et aux services de soins à domicile.

« Pour les patients, le continuum des services de santé, dans une clinique médicale, par exemple, la CMV (clinique médicale virtuelle), peut être un moyen à utiliser », fait observer Jean Fratelli, qui est à la tête du nouveau Système d'information du réseau intégré de Laval, (SI-RIL). « Lorsque les patients arrivent à la fin du traitement, nous ne voulons pas qu'ils tombent dans l'oubli. Nous voulons faire en sorte qu'ils sachent où aller par la suite, et que leurs progrès soient surveillés de près par leur propre médecin. »

Les soins de santé sont fournis aujourd'hui dans tant d'endroits qu'il est facile que les patients se sentent perdus et découragés. Par exemple, une personne qui vient de subir une chirurgie de remplacement de la hanche peut avoir besoin d'une longue séquence de services de réadaptation, de soins à domicile ainsi que de visites de suivi clinique et de laboratoire. Le SI-RIL est un système d'information automatisé conçu pour coordonner les soins dans ces nombreux emplacements [système d'information de la programmation régionale des services ambulatoires (SI-PRSA)]. Ce système allège et simplifie le processus pour les patients, tout en gardant leur médecin de famille informé de leurs progrès.

Cela se traduit en de meilleurs soins aux patients, selon la directrice du projet, Yolaine Lapointe. « Tout le système a été créé pour faire en sorte que le médecin obtienne les renseignements les plus adéquats et les plus récents, ce qui permet d'enrichir la qualité de l'expérience clinique pour le patient. »

« Une plus grande coordination mène également à un service plus rapide », ajoute Jean Fratelli. Cela réduit les attentes éprouvantes pour les patients, tout en augmentant la productivité et la qualité du système de santé. « Sur le plan individuel, cela ne semble peut-être pas beaucoup, déclare Jean Fratelli, mais dans une population de 350 000 habitants, nous pouvons atteindre une efficacité substantielle en ce qui concerne la réduction des listes d'attente et de la demande dans les salles d'urgence. »

Appuyé par un financement de 5,5 millions de dollars dans le cadre du Programme des partenariats pour l'infostructure canadienne de la santé, le SI-RIL est un projet unique comportant de nombreux volets. Un des éléments clés est l'expansion d'un réseau d'information sur les soins de santé, conçu à l'origine pour les hôpitaux et les institutions, et englobant la santé communautaire, ainsi que les CLSC et les cliniques médicales situées à Laval (Québec).

Pour plus de cent omnipraticiens associés à ces centres de santé, cette nouvelle connexion signifie un accès protégé à des renseignements électroniques au sujet de leurs patients.

Une autre nouvelle caractéristique, appelée « Demande et résultat » permet aux médecins de famille de commander des tests de laboratoire et de recevoir les résultats en ligne. Cela accélère le processus énormément, souvent au plus grand soulagement des patients et permet également de réduire les risques liés à la perte d'information. Les résultats de tests électroniques constituent la base du dossier électronique de santé.

Grâce au SI-RIL, il est également plus facile pour les médecins de famille de planifier une série de traitements appropriée pour de nombreuses affections. Le projet a permis d'élaborer 85 protocoles établissant le meilleur modèle clinique à suivre pour des diagnostics spécifiques. À mesure que les patients avancent dans le processus, le réseau les avise du prochain fournisseur de services qui attend leur visite.

« Le SI-RIL vise à rassurer tous les patients, même ceux qui souffrent d'affections chroniques et qui ont souvent besoin de services, au sujet de la qualité et de la continuité des soins qui leur sont fournis », déclare la directrice du projet, Yolaine Lapointe.

Le partage d'information à l'appui des soins aux personnes atteintes d'un cancer : Projet régional d'inforoute clinique en oncolgie (Shared Information Improves Cancer Care: Regional Clinical Oncology Information Highway Project - Québec)

Peu importe de quelle façon on l'apprend, le mot « cancer » entraîne toujours un sentiment d'agitation, de peur et d'incertitude. Un diagnostic positif met chaque patient atteint d'un cancer entre les mains d'une équipe de soins formée pour accomplir des rôles précis dans le but d'assurer un traitement efficace.

Pour les nouveaux cancéreux, tout est nouveau bien sûr -- la terminologie déconcertante qu'il faut comprendre, et les examens et les thérapies auxquels il faut se soumettre. Très peu d'événements dans la vie ne causent autant de stress.

Un projet-pilote mené par l'office régional de la santé du centre du Québec et deux hôpitaux de district fait usage de la technologie numérique pour partager l'information et améliorer l'expérience des patients atteints d'un cancer grâce à des prises de décisions plus rapides et des soins décentralisés.

Sous la direction du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, et avec la collaboration de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, du Centre hospitalier du Centre-de-la-Mauricie, de l'entreprise privée Médisolution et de Santé Canada, le Projet régional d'inforoute clinique en oncologie créera un système électronique protégé de dossiers sur la santé. Ce système réunira les données provenant de médecins, d'hôpitaux, de laboratoires et d'autres services communautaires.

Introduit d'abord pour les patientes atteintes du cancer du sein, le Projet régional d'inforoute clinique en oncologie offre quatre principaux avantages : une gestion coopérative des soins; un cadre systématique pour une prise de décision plus rapide; un système intégré de gestion des rendez-vous qui permet aux patientes d'effectuer moins de visites pour des examens et des traitements; et une gestion améliorée des dossiers.

Le directeur de projet, Yves Desaulniers, explique que les patientes atteintes du cancer dans les régions du centre du Québec sont habituellement diagnostiquées dans l'un des hôpitaux locaux. Ensuite elles se rendent au centre régional de Trois-Rivières pour des traitements. Des dossiers de santé électroniques intégrés permettront aux patientes de recevoir un suivi à l'hôpital local. Monsieur Desaulniers croit que le nouvel outil offrira des soins plus complets et personnalisés pour les patientes.

« Le nouveau système réduira le fardeau que doivent supporter les patientes lors de cette période difficile dans leur vie », indique-t-il. « Elles sauront que, peu importe qui les soigne au sein du réseau de santé, la personne soignante aura accès à leur dossier électronique complet. Elles n'ont pas à s'inquiéter du transfert d'information entre les hôpitaux. Aucun détail ne sera négligé. »

« De plus, un seul appel téléphonique suffira pour prendre toutes les dispositions concernant les rendez-vous et les examens ordonnés par le médecin. »

Les résultats d'examens de laboratoire seront envoyés automatiquement au dossier électronique, éliminant ainsi l'anxiété qui accompagne l'attente pour les résultats d'examens.

Le projet sera en opération jusqu'en juin 2003, et monsieur Desaulniers indique qu'on prévoit l'étendre à d'autres types de cancer une fois le système pleinement opérationnel.

Psychiatrie â distance : Project contact (Psychiatry at a Distance: Project Outreach - ON)

Les troubles mentaux comme les troubles de l'humeur et les enjeux connexes comme le suicide et la consommation abusive d'alcools et autres drogues ne connaissent aucune frontière géographique. Dans les régions rurales, les troubles de santé mentale sont souvent non traités, et peuvent, en fait, être exacerbés par l'isolation.

La télépsychiatrie est une retombée naturelle de la technologie qui offre des services de vidéoconférence à large bande ou commutée aux régions à l'extérieur des grands centres. À ce titre, elle constitue également un secteur naturel d'expansion pour le St. Joseph's Health Care System de Hamilton, lequel est issu de la tradition de soins mise sur pied par les Sisters of St. Joseph de Hamilton depuis maintenant 130 ans.

L'évaluation précoce des besoins et une analyse coûts-avantages ont fait valoir les raisons stratégiques pour une expansion du réseau qui a entraîné le raccordement entre les centres de soins tertiaires et les hôpitaux prévus afin de fournir non seulement les consultations initiales entre le fournisseur de soins et le patient, mais aussi les visites de suivi pour les soins continus et le traitement.

En assurant la prestation de services de télépsychiatrie dans 40 communautés rurales et éloignées -- y compris 20 communautés des Premières nations -- le projet Outreach veut donner corps à la mission de l'organisme qui prévoit des soins intégrés pour le corps et l'esprit.

Le projet a pris naissance avec la création d'une liaison télévisuelle entre les résidents de régions insuffisamment desservies dans le sud-ouest de l'Ontario et des spécialistes de la santé mentale. Il offre également de la documentation imprimée sur la santé mentale et les problèmes connexes, comme la dépression et la violence en milieu familial.

Outre des partenariats avec des installations médicales, dont celles des départements de psychiatrie de la University of Western Ontario, de la McMaster University, de l'Université d'Ottawa et de la University of Toronto, et avec les psychiatres de service à Hamilton, London, Toronto et Ottawa, le projet Outreach utilise les ressources de la corporation de développement économique de la Première nation des Chippewa de Thames. Le projet est aussi subventionné par Santé Canada.

Témoignant de la pénurie de longue date des fournisseurs de soins de santé mentale au sein des communautés autochtones et des autres communautés rurales et éloignées, le projet Outreach vise à aider ces communautés à prendre en charge leurs services de soins de santé mentale. L'un des principaux avantages de cette approche est l'aménagement de soutien local pour les résidents qui, traditionnellement, devraient être hospitalisés en ville, loin de l'intervention de soutien de leur famille.

Le projet vise aussi à fournir des services qui correspondent aux croyances et pratiques culturelles des communautés des Premières nations au sein du réseau.

Pour appuyer le développement clinique, technique et administratif du projet, un système protégé d'information psychiatrique Outreach élaborera une base de données de dossiers des patients qui sera intégrée à un dossier électronique plus approfondi sur la santé.

Quoiqu'au début, le projet Outreach tournera principalement autour de la prestation de services de télépsychiatrie, on prévoit l'étendre afin de parer à d'autres besoins médicaux, dont les soins et l'éducation relativement au diabète.

Modèles de réussite à l'échelle nationale

Ouvrir la porte à l'information : Réseau canadien de la santé (RCS) (Opening the Door to Information: Canada Health Network

Malgré la nature souvent douteuse de ce que l'on peut y trouver, les gens continuent de rechercher sur Internet des réponses aux questions qu'ils se posent en matière de santé. Depuis dix ans, les Canadiens ne cessent d'exprimer leur désir d'accéder à des informations sur la santé à la fois fiables et de source canadienne.

Financé par Santé Canada et engagé à fournir « des informations-santé dignes de confiance », le Réseau canadien de la santé (RCS) est un réseau bilingue qui répond à ces deux critères.

Inauguré en novembre 1999, le RCS propose des liens vers plus de 11 000 ressources Internet canadiennes. Il contient également des informations détaillées sur 26 sujets clés et groupes de population. Les informations sont classées par domaine, et plusieurs outils de recherche conviviaux permettent d'y accéder.

« Notre objectif est de fournir, à partir d'un portail unique, des informations fiables pour la promotion de la santé et la prévention des maladies », dit Susan Margles, directrice exécutive. « Nous voulons que les Canadiens qui recherchent des informations électroniques utiles et fiables sur la santé nous consultent d'abord. »

L'efficacité du RCS repose sur la partie cachée du portail : un noyau formé de collaborateurs, parmi lesquels les principaux organismes de santé sans but lucratif du Canada. Ces partenaires - dont font partie la Société canadienne du cancer et Les diététistes du Canada - sélectionnent des ressources de grande qualité dans leurs domaines respectifs et répertorient des ressources valables pour le RCS en collaboration avec d'autres organismes.

Comment rester en bonne santé et prévenir les maladies et les blessures - telle est la question clé à laquelle le RCS cherche à répondre. Toutefois, on y trouve aussi des renseignements sur des questions de santé qui touchent la société, comme la prévention de la violence, la salubrité de l'environnement et la sécurité en milieu de travail.

Selon les répondants à un sondage en ligne, l'alimentation est le sujet le plus populaire, suivie, au sein du quatuor de tête, par le diabète, la condition physique et la santé, et les questions relatives aux personnes âgées.

Les utilisateurs du RCS - en majorité des femmes de 35 à 54 des quatre coins du Canada - ne tarissent pas d'éloges à l'égard du service.

Depuis deux ans, le site a vu son nombre de visiteurs doubler. Selon Margles, la multiplication des articles de fond et l'amélioration du moteur de recherche contribueront à attirer encore plus de visiteurs.

Plein pouvoir pour le peuple Système d'information sure la santé des Premieres nations et des Inuits (SISPNI) (Giving Power to the People: First Nations Inuit Health Infromation System)

Selon l'auteur Alvin Toffler, les « connaissances sont la source de puissance la plus démocratique ». À cet égard, le Système d'information sur la santé des Premières nations et des Inuits (SISPNI) est un bon mécanisme pour promouvoir l'auto-détermination au sein des communautés autochtones du Canada.

Un des deux services électroniques de soins de santé mis sur pied par Santé Canada pour les communautés des Premières nations et des Inuits, le SISPNI est conçu comme dossier électronique de soins de santé primaires. En offrant un accès direct à l'information en matière de santé pour la gestion des cas, la planification du programme et l'évaluation de la santé, le SISPNI permet aux communautés d'assumer le contrôle de leurs propres programmes de santé.

À la fin de 2001, le SISPNI était disponible dans 342 communautés; on prévoit que d'ici sa mise en oeuvre intégrale en 2005, il sera disponible dans 566 communautés.

Parmi les communautés reliées au SISPNI, on retrouve Big Cove, réserve micmac située à 60 kilomètres au nord de Moncton, au Nouveau-Brunswick, ainsi que quelque deux douzaines de communautés ojibway et cries sous l'autorité de l'Administration des services de santé des Premières nations de Sioux Lookout au nord-ouest de l'Ontario.

À Big Cove, où un centre de santé central traite environ 10 000 patients par année, la directrice de la santé, Claudia Simon, exprime sa conviction que le SISPNI aide à donner à la population un plus grand contrôle sur leur propre santé. Elle explique que le système est avantageux autant pour les fournisseurs de soins de santé que pour les patients en mettant à leur disposition un cadre exhaustif et intégré d'information et de repérage. Le SISPNI permet d'améliorer la tenue des dossiers et la fiabilité des diagnostics. Les rapports sont plus justes, et il est plus facile de planifier des rendez-vous de suivi.

« La prestation de services professionnels à notre clientèle est notre raison d'être », explique madame Simon. « (Grâce au SISPNI) notre travail d'équipe s'est amélioré et notre productivité s'est accrue. Nous pouvons maintenant planifier de façon plus précise et desservir nos clients de façon plus efficace. »

Dans la grande région gérée par l'Administration des services de santé des Premières nations de Sioux Lookout, le SISPNI est conjugué à un programme de contrôle de la tuberculose afin d'aider les chefs locaux et leur conseil tribal à évaluer les programmes et les plans. Les données qui sont entrées dans le système proviennent de différentes sources, dont les hôpitaux, les installations de santé communautaire, les organismes correctionnels, les écoles, les organismes sociaux et les services de santé provinciaux. Les rapports peuvent être générés dans des formats qui donnent aux agents locaux l'information dont ils ont besoin pour attribuer une cote médicale à leurs clients.

Selon les agents de l'Administration des services de santé des Premières nations de Sioux Lookout, le système offre un moyen d'assurer que les « données communautaires rentrent au bercail ».

À l'heure actuelle, l'Administration des services de santé des Premières nations de Sioux Lookout englobe 12 sous-systèmes qui traitent de sujets reliés à la santé, dont les suivants : l'immunisation, les tests/examens, les allergies et réactions indésirables aux médicaments, la violence, l'éducation en matière de santé publique et la mortalité. Des améliorations au système permettront aux fournisseurs de soins de santé communautaire comme ceux de Big Cove et de Sioux Lookout d'aborder d'autres domaines de santé prioritaires comme les dépendances, les soins à domicile, les soins de santé communautaire et le diabète.

Passer à l'attaque contre la maladie : Réseau mondial d'information sur la santé publique (RMISP) (Getting the Jump on Disease: Global Public Health Intelligence Network - Health Canada/Canada World Health Organization)

Virus d'Ebola, VIH, West Nile. La montée des maladies infectieuses mortelles est une menace effrayante à une époque où les déplacements de la population sont de plus en plus nombreux.

Mais ce ne sont pas seulement les nouvelles maladies qui représentent un danger; l'adaptation rapide des micro-organismes et l'évolution de la résistance aux antimicrobiens ont redonné vie aux maladies que l'on croyait éradiquées ou, du moins, contenues. La fièvre jaune, le paludisme et le choléra ont tous réapparu dans les pays occidentaux après des décennies d'inactivité.

Au cours de la dernière décennie, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a accordé de plus en plus d'importance à l'élaboration de systèmes de surveillance afin de signaler un avertissement au sujet de la propagation de maladies dans l'espoir de prévenir une survenue majeure.

Dans les pays industrialisés, où la mortalité reliée aux maladies transmissibles a beaucoup diminué au cours du dernier siècle, on se préoccupe d'empêcher les maladies d'entrer au pays et de causer une éclosion ou une réapparition. Dans les pays en développement, on se préoccupe du dépistage précoce de l'éclosion d'une maladie transmissible et d'en freiner la mortalité, la propagation et les répercussions sur le commerce et le tourisme.

Un des outils utilisés à cette fin est un produit canadien appelé Réseau mondial d'information sur la santé publique (RMISP), résultat d'une collaboration entre l'OMS et Santé Canada.

Le RMISP utilise le même principe que Google et d'autres moteurs de recherche Internet pour parcourir des bases de données et des sites Web à la recherche d'articles de nouvelles locales au sujet de l'éclosion de maladies.

« Il s'agit d'un concept simple, et c'est peut-être pourquoi personne n'y avait pensé auparavant », explique le Dr Greg Sherman de Santé Canada. « Le RMISP cherche des sources d'information informelle qu'il extrait pour ensuite être analysée par des experts en la matière. »

L'information pertinente est entrée dans une base de données, à laquelle souscrivent l'OMS, le United States Centers for Disease Control and Prevention, et le United States Armed Forces Medical Intelligence Center.

Le RMISP -- utilisé par l'OMS depuis 1998 - est maintenant son principal indicateur des survenues de maladies partout dans le monde.

« À l'heure actuelle, le RMISP fournit environ 70 p. cent des renseignements mondiaux relativement aux maladies transmissibles », explique monsieur Sherman.

Il y a de grandes chances que son efficacité s'améliore davantage, au fur et à mesure que de nouveaux perfectionnements seront apportés à la technologie Internet qui analyse les articles de nouvelles pour un langage particulier.

Un environnement pour la santé publique : L'Échange d'information sure la publique (Giving Public Health a Sense of Place)

La détection des situations épidémiologiques -- qu'il s'agisse de l'éclosion d'une maladie ou d'un problème de salubrité de l'eau comme celui de Walkerton -- s'apparente à la solution d'un crime. Tout se joue dans la recherche des « indices ».

« Les trois éléments épidémiologiques classiques sont : la personne, le temps et l'environnement, explique le Dr Greg Sherman, directeur de l'élaboration de l'infostructure pour Santé Canada. Malheureusement, l'élément "environnement" n'a jamais été très bien abordé. »

Tout a changé par contre depuis l'avènement de l'Échange d'information sur la santé publique (SPHINX). À l'aide de la technologie des systèmes d'information géographique (SIG), SPHINX aide les autorités sanitaires à faire des diagnostics plus précis et à prendre des décisions plus éclairées.

« Il s'agit d'un outil spatial novateur pour les travailleurs de première ligne dans un domaine où les délais fixés sont une condition essentielle, » indique monsieur Sherman.

Élaboré conjointement depuis 1995 par Santé Canada et la province de l'Alberta, SPHINX est maintenant utilisé par tous les services de santé régionaux de l'Alberta et est sous l'autorité intégrale de la province.

Ce qui fait la puissance du SIG est la capacité du logiciel à générer des représentations graphiques de diverses situations en se servant d'un montant énorme de données, y compris l'information relativement au recensement, les caractéristiques géographiques et l'emplacement des édifices, des routes et autres caractéristiques d'infrastructure physiques. Le GIS permet aux travailleurs de la santé d'étudier et d'analyser les effets sur la santé et les facteurs déterminants environnementaux en superposant des cartes représentant des éléments comme les données démographiques, les frontières politiques et administratives ou divers facteurs environnementaux.

« Lorsqu'il est nécessaire d'interpréter l'information rapidement, il est important que vous puissiez examiner la situation d'une façon qui vous paraît sensée, et SPHINX permet aux gens de visualiser les choses d'une façon claire. L'information est donc non seulement disponible plus rapidement, elle est également plus significative. »

« La plupart des conditions sanitaires peuvent être exprimées comme suit : une relation entre la personne, son style de vie et l'environnement dans lequel elle vit. L'étude de ces éléments vous permet de détecter les relations de cause à effet et de prévoir les risques; plus d'information vous avez - y compris différentes façons d'étudier l'information -plus vous comprendrez la situation rapidement. SPHINX fournit aux intervenants une meilleure compréhension de l'environnement au sein de la relation. »

Modèles de réussite dans la région du Nord du Canada

Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Cure for the Common Mistake: Alberta's Seniors Drug Profile)

La personne âgée était allée trop loin cette fois dans son comportement belliqueux, si loin qu'elle avait risqué de perdre sa place au foyer. Et elle aurait très bien pu la perdre cette place, n'eût été de la curiosité d'une infirmière de soins à domicile et du projet albertain Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile).

Le personnel du foyer a dit à l'infirmière que la personne âgée prenait des médicaments pour atténuer son agressivité. Ces médicaments avaient fait leur effet pendant un certain temps, mais avaient cessé d'agir semblait-il. L'infirmière a demandé à la personne âgée si elle pouvait jeter un coup d'oeil à la liste des médicaments qui lui avaient été prescrits. Le dossier électronique a révélé que l'homme avait bel et bien une ordonnance, mais qu'il était sans médicaments depuis un certain temps. Lorsque l'infirmière lui a demandé pourquoi, l'homme lui a expliqué qu'il s'était rendu à sa pharmacie habituelle pour aller chercher ses « pilules pour les nerfs », mais que le pharmacien avait refusé de les lui donner. Le dossier électronique contenait une fois de plus l'explication. La première fois que l'homme s'était procuré les médicaments, il s'était rendu dans une pharmacie différente, donc sa pharmacie habituelle ne possédait aucune trace de l'ordonnance.

Grâce à l'infirmière, l'ordonnance a été transférée, et la personne âgée a pu obtenir ses médicaments. Son comportement s'est amélioré, et elle n'a pas eu à quitter le foyer.

Depuis sa création en 1999, le projet Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile) aide les gens de bien d'autres façons. Doug Stich, coordonnateur de programme pour le Réseau d'information pharmaceutique, connaît beaucoup d'histoires du genre. « Les gens disent "je" prends une pilule rose pour le coeur, ou '"je" prends une pilule rose pour les reins », explique Stich. « On ne peut pas déterminer les effets secondaires d'un médicament ou les interactions entre différents types de médicaments à partir de renseignements aussi vagues. » Le problème est fréquent les personnes âgées surtout, ajoute-t-il; cependant, si le programme ne vise aujourd'hui que les personnes âgées, c'est qu'elles représentent le seul groupe clairement défini auquel s'applique le régime de remboursement des médicaments de la province.

Piloté par le ministère de la Santé et du Mieux-être de l'Alberta, le projet Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile) élimine toute approximation du travail de préparation d'ordonnances pour les personnes âgées qui acceptent d'y participer. Le dossier électronique contient des renseignements sur les médicaments qui ont été prescrits (et à quelle date), la pharmacie qui les a délivrés et le médecin qui a préparé l'ordonnance. De plus, il ne peut pas être consulté sans le consentement du patient, ce qui garantit la confidentialité des renseignements.

Les médicaments représentent un aspect essentiel de la thérapie, dit Stich. « Que vous soyez au service des urgences, dans un hôpital ou dans presque n'importe quel type d'établissement de soins, la première question que l'on vous pose est "prenez-vous des médicaments?" Trop souvent, les gens sont incapables de répondre à cette question, ou d'y répondre d'une façon exacte. »

Selon Stich, 3 600 professionnels des soins de santé ont actuellement recours au programme, et environ 60 000 demandes de renseignements sont traitées chaque année.

Combler le fossé : réseau IIU (Briding the Gap: IIU Network - NU)

Lorsqu'on est jeune, être comme tout le monde est essentiel. Personne ne veut sortir du nombre, encore moins à cause d'une apparence physique particulière.

S'imagine-t-on alors le désarroi d'une jeune fille du hameau isolé de Cape Dorset, sur la Terre de Baffin, rendue chauve par l'alopécie. Les travailleurs sociaux n'ont pas été surpris qu'elle « réagisse ». Des fonds étaient disponibles pour acheter une perruque, mais pas pour amener la jeune fille et une escorte chez un perruquier du Sud pour la consultation et les ajustements.

Heureusement, un nouveau projet de télésanté qui permet de rejoindre plus de la moitié de la population du Nunavut rend les services du genre beaucoup plus accessibles dans les régions isolées du Nord canadien. Grâce à la technologie du satellite Anik-F1, la jeune fille a pu parler de ses besoins à un perruquier d'Ottawa. Lorsque le produit fini est arrivé à Cape Dorset, il faisait parfaitement.

Ce cas illustre la richesse des possibilités que le réseau Ikajuruti Inungnik Ungasiktumi (IIU) offrira aux 15 endroits desservis d'ici à avril 2003.

« C'est un projet dicté par le Nunavut », dit la porte-parole Tina McKinnon. « Chaque communauté à ses besoins propres. Nous avons beaucoup appris au cours de la phase de planification et nous avons appliqué ces préceptes à la stratégie pour le réseau. »

La gamme de services offerts inclut la télépsychiatrie, la téléradiologie, la dermatologie, la cardiologie et le counseling prénatal. Le profil de chaque communauté aidera à déterminer où mettre l'accent.

Trois coordonnateurs de la télésanté travaillent avec les communautés pour établir des procédures et montrer au personnel de santé local comment utiliser le système.

« C'est un autre outil que le réseau donne aux travailleurs de la santé sur place », dit McKinnon. « L'accès aux soins est un problème pour les habitants du Nunavut et les nombreux Canadiens qui vivent en milieu éloigné et rural. Notre but est d'augmenter les ressources déjà à la disposition de ces gens et de combler le fossé entre le Nord et le Sud en matière de soins de santé. »

Un autre avantage du réseau, ajoute-t-elle, est le sentiment de collégialité qu'il apporte aux travailleurs de la santé de l'Arctique.

« Le réseau favorise l'interaction en assurant la communication avec un médecin à l'Hôpital pour enfants de l'Est de l'Ontario ou ailleurs. Un intervenant dans une de nos communautés isolées peut maintenant discuter des modalités de traitement avec un praticien comme si les deux se trouvaient dans la même pièce. »

Une fois les 15 points de service opérationnels, le programme sera évalué en vue de l'extension possible du réseau aux autres communautés ailleurs au Nunavut.

Modèles de réussite dans la région de l'Ouest canadien

Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Cure for the Common Mistake: Alberta's Seniors Drug Profile)

La personne âgée était allée trop loin cette fois dans son comportement belliqueux, si loin qu'elle avait risqué de perdre sa place au foyer. Et elle aurait très bien pu la perdre cette place, n'eût été de la curiosité d'une infirmière de soins à domicile et du projet albertain Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile).

Le personnel du foyer a dit à l'infirmière que la personne âgée prenait des médicaments pour atténuer son agressivité. Ces médicaments avaient fait leur effet pendant un certain temps, mais avaient cessé d'agir semblait-il. L'infirmière a demandé à la personne âgée si elle pouvait jeter un coup d'oeil à la liste des médicaments qui lui avaient été prescrits. Le dossier électronique a révélé que l'homme avait bel et bien une ordonnance, mais qu'il était sans médicaments depuis un certain temps. Lorsque l'infirmière lui a demandé pourquoi, l'homme lui a expliqué qu'il s'était rendu à sa pharmacie habituelle pour aller chercher ses « pilules pour les nerfs », mais que le pharmacien avait refusé de les lui donner. Le dossier électronique contenait une fois de plus l'explication. La première fois que l'homme s'était procuré les médicaments, il s'était rendu dans une pharmacie différente, donc sa pharmacie habituelle ne possédait aucune trace de l'ordonnance.

Grâce à l'infirmière, l'ordonnance a été transférée, et la personne âgée a pu obtenir ses médicaments. Son comportement s'est amélioré, et elle n'a pas eu à quitter le foyer.

Depuis sa création en 1999, le projet Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile) aide les gens de bien d'autres façons. Doug Stich, coordonnateur de programme pour le Réseau d'information pharmaceutique, connaît beaucoup d'histoires du genre. « Les gens disent "je" prends une pilule rose pour le coeur, ou '"je" prends une pilule rose pour les reins », explique Stich. « On ne peut pas déterminer les effets secondaires d'un médicament ou les interactions entre différents types de médicaments à partir de renseignements aussi vagues. » Le problème est fréquent les personnes âgées surtout, ajoute-t-il; cependant, si le programme ne vise aujourd'hui que les personnes âgées, c'est qu'elles représentent le seul groupe clairement défini auquel s'applique le régime de remboursement des médicaments de la province.

Piloté par le ministère de la Santé et du Mieux-être de l'Alberta, le projet Profil pharmaceutique des aînés de l'Alberta (Seniors Drug Profile) élimine toute approximation du travail de préparation d'ordonnances pour les personnes âgées qui acceptent d'y participer. Le dossier électronique contient des renseignements sur les médicaments qui ont été prescrits (et à quelle date), la pharmacie qui les a délivrés et le médecin qui a préparé l'ordonnance. De plus, il ne peut pas être consulté sans le consentement du patient, ce qui garantit la confidentialité des renseignements.

Les médicaments représentent un aspect essentiel de la thérapie, dit Stich. « Que vous soyez au service des urgences, dans un hôpital ou dans presque n'importe quel type d'établissement de soins, la première question que l'on vous pose est "prenez-vous des médicaments?" Trop souvent, les gens sont incapables de répondre à cette question, ou d'y répondre d'une façon exacte. »

Selon Stich, 3 600 professionnels des soins de santé ont actuellement recours au programme, et environ 60 000 demandes de renseignements sont traitées chaque année.

Système d'information des services d'urgence régionaux (Regional Emergency Room Information System - REDIS)

D'allure frénétique, intense et imprévisible -- la médecine en service d'urgence exige le meilleur de ceux et celles qui la pratiquent. Des décisions critiques et affectant la vie doivent être prises chaque jour, et le partage de l'information est essentiel afin d'assurer que les patients ayant le plus grand besoin de soins soient traités en premier.

Le triage est l'un des plus vieux concept de la médecine, et la fluidité que ce concept exerce sur le service d'urgence présente l'un des plus grands défis organisationnels. Le statut au sein d'un service n'est représentatif que de l'arrivée de la dernière ambulance, et tout peut changer, littéralement, en un clin d'oeil.

Au sein de la région sanitaire de Calgary, un nouveau système électronique de triage et d'état/de suivi des patients a changé la façon dont l'information est partagée dans les services d'urgence de quatre hôpitaux -- trois établissements pour adultes et un pour enfants - qui desservent une population de plus d'un million d'habitants.

« De façon traditionnelle, toute l'information au sujet de l'état du service d'urgence a été affichée sur un tableau blanc au poste de l'infirmière de triage », explique Kim Jessen, infirmière avec 15 ans d'expérience. « On y retrouvait le nom du patient, ses problèmes énoncés, son ordre de priorité actuel et les médecins affectés. »

Le nouveau système d'information des services d'urgence régionaux (Regional Emergency Room Information System - REDIS) répartit cette information vers des ordinateurs situés partout dans le service d'urgence et offre d'importantes nouvelles fonctionnalités et caractéristiques.

« Les employés autorisés du service d'urgence peuvent maintenant visionner plus d'information », indique Duane Martin, directeur de projet TI pour le REDIS. « Ils peuvent visionner la plainte de chaque patient en détail, les commentaires qui y ont été ajoutés, les signes vitaux et les médicaments administrés. Des icônes permettent au personnel d'avoir une vue instantanée de la situation. Il s'agit d'une importante amélioration en matière de communication entre les soignants. »

« L'infirmière de triage a un aperçu global de la situation au sein du service - quelles chambres sont occupées et combien de patients attendent d'être traités -- et chaque médecin peut voir l'état de leurs patients ainsi que l'ordre de priorité des patients à visiter. »

« La meilleure qualité du système est probablement la façon dont il reflète la fluidité au sein du service d'urgence. Lorsqu'un nouveau patient reçoit priorité, le système repousse automatiquement tous les autres patients, remanie la présentation en entier et peut être visionné dans tout le département. »

Ce n'est pas grâce au hasard si le nouveau système reflète de façon si juste la vie au sein du service d'urgence; c'est plutôt dû à la planification intense effectuée par l'équipe REDIS.

« J'ai pratiquement vécu au sein du service d'urgence pendant trois mois », indique Joanne Bouma, infirmière autorisée et détentrice d'une maîtrise en soins infirmiers, dont la tâche était de déterminer de quelle façon le logiciel fourni devrait être personnalisé pour livrer les meilleurs résultats. « Le système devait répondre parfaitement aux besoins. Toutes les préparations ne sont pas de trop pour une transition de ce genre. Nous avons fait participer le personnel du service d'urgence à toutes les étapes de la planification. Ceci a porté fruits; certains membres du personnel ont déclaré qu'ils se sont sentis plus productifs dès leur toute première période de travail avec le nouveau système. »

L'équipe de mise en oeuvre a assuré la formation de plus de 800 membres du personnel, et un groupe d'utilisateurs est en place pour fournir des commentaires et suggérer des améliorations.

« Chaque système qui a été introduit au cours de mes 15 années en service d'urgence nécessitait un changement dans les méthodes de travail du personnel », explique madame Jessen. « Ce système-ci s'est complètement adapté à nous. »

En plus de fournir plus d'information sur le service, le système REDIS permettra de préparer des rapports de façon plus efficace et permettra aux administrateurs d'étudier les tendances et d'affecter les ressources de façon plus efficace.

Les améliorations futures au système REDIS seront, entre autres, la transmission des résultats de laboratoire et d'imagerie diagnostique, l'entrée des commandes d'examens et une meilleure communication avec les médecins de famille. De plus, l'information figurant au système sera ajoutée à une plus grande base de données contenant les renseignements sur les patients.

Dans l'Ouest, la distance n'a plus d'importance : Télésanté (Alberta) (Shrinking the Wild West : Alberta Telehealth)

Comment Télésanté a fait cesser la taquinerie

Au nord de l'Alberta, il y a une communauté que l'on appelle Fort Chipewyan, un ancien poste de traite de fourrure, où habitent maintenant quelques centaines de personnes. En terme de voyage, il n'est pas plus facile d'y accéder de nos jours qu'à l'époque des postes de traite. Le manque de routes n'a cependant pas empêché la technologie médicale moderne d'y faire son chemin et de faire la différence dans la vie d'une fillette.

Dans le but de protéger sa vie privée, son nom ne sera pas utilisé mais, pour les besoins de l'histoire, nous l'appellerons Linda.

Linda avait un problème, pas un qui mettait sa vie en danger mais, un qui affectait grandement son moral. Lorsqu'elle a commencé à parler, elle zézayait beaucoup. Au moment où elle a commencé l'école, elle avait toujours son problème de zézaiement. Tous les jours à l'école, elle devait faire face aux taquineries au sujet de ses difficultés d'élocution.

Ses parents n'avaient pas les moyens de l'envoyer à des centaines de kilomètres pour des sessions d'orthophonie et ce service spécialisé n'était pas disponible au sein de la communauté. C'est alors que le nouveau programme albertain Télésanté est entré en jeu. Le programme a été initié en 1998 grâce à l'octroi de fonds du gouvernement provincial ainsi qu'à une somme de 14 millions provenant d'un donateur anonyme. Ce programme offre des liens par vidéoconférence pour établir des diagnostics et des plans de soins et aussi, pour la formation et la gestion en soins de santé.

Pour Linda, ce lien a été vital. Elle a reçu six sessions d'orthophonie par vidéoconférence et ceci a permis d'atténuer le zézaiement. Le docteur Trevor Cradduck, un porte-parole de Télésanté Alberta, a eu vent de l'histoire. « Une infirmière de la communauté m'a raconté que quelques jours après la thérapie, la fillette était allée la voir pour lui dire comme c'était agréable de ne plus être taquinée.Apparemment, par la suite, ses résultats scolaires se sont améliorés et elle manifestait une plus grande confiance en elle ».

Ce n'est qu'un exemple parmi des centaines de cas où Télésanté a vaincu la distance d'Alberta et fait une différence. Le docteur Cradduck raconte que l'utilisation du système est très répandue pour l'échographie des femmes enceintes. Des outils de diagnostic tel que l'appareil à échographie peuvent être branchés au système, permettant au spécialiste à des centaines de kilomètres de distance, de suivre l'état de santé de la mère et de celui du bébé. Ceci évite à la mère et souvent à un autre membre de la famille de devoir s'absenter du travail pour se déplacer vers un plus grand centre.

Le système progresse présentement à pas de géant. Le docteur Cradduck s'attend à ce que d'ici la fin de l'année, on passe de 75 à 200 sites reliés au système. La communauté de Linda, Fort Chipewyan, était un projet-pilote pour les communautés autochtones. Les résultats ont été si impressionnants que l'on projette de relier 23 communautés autochtones au système de Télésanté d'ici la fin de l'année 2002.

Trouver de l'aide rapidement en Alberta : Inform Calgary (Finding Help Fast in Alberta: Inform Calgary)

Tout le monde connaît le problème - vous savez ce dont vous avez besoin, mais vous n'avez aucune idée de l'endroit où vous devez aller pour le trouver. Suivant votre intuition, vous téléphonez à un organisme, mais la standardiste n'a jamais entendu parler du service que vous recherchez et elle ne sait pas où vous diriger, même si vous pouvez essayer cet autre numéro...et ainsi l'on vous fait aller d'un service à l'autre jusqu'à ce que vous soyez enfin mis en contact avec celui que vous recherchiez.

Non seulement une situation du genre n'a-t-elle rien de réjouissant, mais lorsqu'il s'agit de contacter un organisme pour une urgence médicale ou sociale, elle peut devenir désespérée. Il est venu à l'esprit de gens à Calgary qu'un site Web et un annuaire des services sur Internet pourraient être les outils idéals pour mettre un peu d'ordre dans ce méli-mélo, le public n'ayant plus qu'un endroit où aller pour obtenir des informations sur les services sanitaires et sociaux. Aujourd'hui, l'annuaire « informcalgary » répertorie des milliers de services proposés par des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux.

Sharon Nettleton, gestionnaire de projet pour la région sanitaire de Calgary, estime que le projet coopératif entre la ville de Calgary et la région sanitaire a profité aux deux parties, et que les résidents de Calgary y ont aussi trouvé leur compte, ce qui est le plus important. « L'information est beaucoup plus large et complète parce que nous travaillons ensemble. Le fait qu'elle soit sur Internet nous aide également à garantir qu'elle est à jour. On fait moins de choses en double, et comme les gens savent qu'ils peuvent trouver des renseignements sur Internet, ils ont plus de raisons d'y aller », estime Mme Nettleton.

Un moteur de recherche perfectionné, qui permet aux usagers d'effectuer des recherches ciblées, est l'un des principaux atouts du site. Comme l'explique Mme Nettleton, l'on peut rechercher un service en utilisant la méthode classique des mots-clés, mais il existe aussi d'autres critères de recherche comme le lieu, les heures d'ouverture, la langue et l'accessibilité. Cela permet aux gens de trouver le service qui répond le mieux à leurs besoins.

Selon Mme Nettleton, environ 65 % des habitants de Calgary ont accès à Internet. Comme la recherche d'informations sur la santé est l'un des usages les plus courants, il est clair que le site répond à un besoin. Une autre partie du projet vise à mettre l'annuaire à la disposition de ceux qui n'ont pas accès à Internet. Des ordinateurs seront installés à plusieurs endroits, notamment dans les foyers pour sans-abri, et l'accès à l'annuaire par téléphone est également prévu. Mme Nettleton explique que le but est d'offrir l'accès aux personnes les plus à risque.

Mme Nettleton affirme que l'équipe de Calgary souhaite partager avec d'autres les avantages du système. Déjà, l'architecture est partagée avec le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario, qui s'en sert pour ses 42 centres d'accès aux soins communautaires. « Essayer d'établir la connectivité qui permet aux gens d'accéder à l'information au niveau local, provincial et national a toujours été notre objectif », précise-t-elle. D'autres collectivités en Alberta et ailleurs sont très intéressées. L'équipe de Calgary collabore étroitement avec un organisme appelé « InformCanada » pour créer un système d'information national qui reliera des services et des systèmes d'information similaires à l'échelle du pays. Pour voir dès maintenant à quoi ressemblera l'avenir, connectez-vous au site de Calgary sur www.informcalgary.org.

Soulanger les maux de la facturation : Projet de modernisation Teleplan (Teleplan Upgrade Project - BC)

La facturation peut être un point sensible pour les médecins, en particulier lorsqu'il y a du retard dans les paiements ou des questions au sujet des factures qu'ils présentent. Un nouveau système de facturation basé sur Internet en Colombie-Britannique va contribuer à calmer cette douleur.

Le ministère de la santé de la Colombie-Britannique est l'instigateur du projet de modernisation Téléplan. Rob Holloway, consultant principal en administration des affaires pour le régime de services médicaux du ministère, explique que le projet consiste à « trouver le moyen de sortir d'un système vieux de 12 ans ». Le système actuel a très bien fonctionné au fil des ans, permettant aux médecins de transmettre leurs données de facturation par voie électronique depuis 4 000 points différents en Colombie-Britannique, à un rythme de six ou sept millions de demandes de paiement chaque mois.

M. Holloway estime que des difficultés sont apparues du fait que le logiciel de communication original utilisé par le système n'est pas ouvertement compatible avec les nouveaux systèmes d'exploitation des ordinateurs. « Un médecin possédant un ordinateur tout neuf et ne connaissant pas DOS nous entend lui dire qu'il doit créer une icône DOS, installer un logiciel DOS, combiner la carte du modem avec le port de communication, choisir une séquence d'interruption... On parle de personnes formées en médecine, les ordinateurs ne sont pas leur tasse de thé, elles veulent seulement pouvoir faire leur travail. »

La technologie était devenue encombrante, dit M. Holloway. « Notre travail a consisté à la rendre transparente. »

La solution a été le transfert du système complet sur Internet, une option qui n'existait pas il y a 12 ans. Cela signifie que l'âge ou le système d'exploitation de l'ordinateur d'un médecin n'ont plus aucune importance, dans la mesure où cet ordinateur peut se connecter à Internet. Cela signifie également que si l'ordinateur d'un médecin utilise une connexion à haut débit, il peut traiter les informations de facturation beaucoup plus rapidement qu'auparavant.

Sans constituer une révolution complète de la technologie informatique, le nouveau système basé sur Internet devrait, selon M. Holloway, pouvoir suivre les évolutions imposées par les concepteurs d'ordinateurs et de logiciels. « Cela signifie que nous ne dépendons plus de tierces parties », dit-il. « Quel que soit le système qu'ils utilisent, les médecins peuvent accéder rapidement aux informations de facturation dont ils ont besoin. »

Au coeur des profondeurs - créer une base d'informations électronique Solutions intégrées pour les fournisseurs (In at the Deep End - Creating an Electronic Information Pool: Integrated Provider Solutions)

Imaginez que vous soyez médecin et que vous essayiez d'avoir une idée des soins qu'a reçus votre patient dans le passé. Imaginez maintenant à quel point cela serait difficile si tous les documents attestant de soins antérieurs étaient rédigés dans des langues différentes.

C'est le problème auquel fait face Brian Shorter, Chef du service de l'information pour l'autorité sanitaire de l'île de Vancouver. Seulement, les différentes langues qu'il doit décoder et démêler sont les technologies et les logiciels divers utilisés par les autorités sanitaires précédentes de l'île. Au centre de cet enchevêtrement : les dossiers des patients que pourraient utiliser les médecins pour mieux diagnostiquer les maladies et soigner les gens.

L'autorité sanitaire possède maintenant ce que M. Shorter décrit comme un dossier électronique partiel dans un système central. Il dit qu'on est à l'heure actuelle en mode pilote, acheminant l'information aux médecins. « Il ne s'agit pas seulement de renseignements sur les patients », ajoute-t-il. « Il s'agit d'une information basée sur la connaissance. Le médecin ne prendra pas uniquement connaissance des résultats des analyses d'un patient, mais il saura également si ces résultats ont été faussés par la prise de médicaments. Nous transmettons au soignant une base d'informations pharmaceutiques complètes. »

M. Shorter affirme que les patients devraient bientôt constater que leurs infirmières de santé communautaire et leurs médecins semblent mieux au fait de leurs antécédents médicaux. Il ajoute qu'ils devraient ne plus avoir à remplir de multiples formulaires, ce qui contribuera à réduire leur irritation.

« La chose la plus importante qu'ils remarqueront peut-être, c'est qu'ils n'auront plus à donner les mêmes renseignements d'état civil à chaque thérapeute, infirmière, médecin, fournisseur de repas à domicile, etc. - ils devraient donc constater une baisse notable du fardeau administratif inutile imposé par le processus de soins. »

Bien que sa mise en oeuvre ne fasse que débuter, le projet commence déjà à rapporter des dividendes. M. Shorter raconte qu'une personne a récemment été admise à l'urgence, apparemment en proie à de grandes souffrances. Sa langue maternelle n'était pas l'anglais, et tout ce qu'on a pu comprendre de ce qu'elle disait, c'est son nom. En entrant ce nom dans le système, on a découvert que la personne s'était déjà rendue à l'urgence d'un autre établissement une semaine plus tôt. On a pu diagnostiquer rapidement ce qu'elle avait sans la soumettre à toute une batterie d'examens.

Il faudra attendre encore trois ans et demi pour qu'un dossier médical électronique complet soit constitué. Entre-temps, l'autorité sanitaire achemine l'information à encore plus de personnes pouvant l'utiliser pour aider leurs clients; les médecins n'en sont donc pas les seuls bénéficiaires, mais aussi les infirmières à domicile, le personnel des centres de santé communautaire, et même les travailleurs sociaux sur le terrain. Comme l'explique M. Shorter, l'autorité sanitaire veut que « chaque fois qu'un client entre en contact avec le système de soins de santé, nous soyons présents pour garantir que les prestataires ont l'information ».

Formation plus accessible dans toute la province grâce à la prestation en ligne : Réseau de formation du personnel paramédical (Online Delivery Makes Training More Accessible Through the Province : Paramedic Training Network)

Selon des résultats d'enquêtes, la plupart des employés valorisent la formation liée à l'emploi plus que tout autre facteur, y compris la rémunération. Pour les praticiens paramédicaux, l'apprentissage liée à l'emploi n'est pas seulement un avantage, c'est une nécessité.

En Colombie-Britannique, cette formation était une réalité dispendieuse, puisque les praticiens paramédicaux dans toute la province devaient se rendre à Vancouver tous les cinq ans pour le développement continu de leurs compétences et l'obtention de leur accréditation.

À présent, le Paramedic Training Network (PTN) exploité par la Justice Institute of British Columbia permet aux praticiens paramédicaux de rester au sein de leurs communautés et de rester en fonction grâce à des cours interactifs et de formation pratique disponibles dans quelque 15 emplacements partout dans la province.

« La formation interactive offerte donne à chaque praticien paramédical un plus grand contrôle sur sa propre expérience d'apprentissage », explique Glenn Hocking, directeur du programme PTN. « Ils peuvent choisir leurs propres dates de formation, suivre leur formation interactive à toute heure du jour et élaborer leur propre plan de formation. »

Outre la formation interactive indépendante, les praticiens paramédicaux peuvent s'inscrire à des cours traditionnels en salle de classe, qui ont lieu dans des établissements locaux; suivre une formation clinique par le biais de stages dans un hôpital régional; et obtenir une formation pratique en travaillant dans une ambulance sous la supervision d'un précepteur.

« L'objectif de la formation interactive indépendante était de réduire d'environ 40 p. cent le besoin de travaux en salle de classe. »

Les programmes possèdent un élément interactif, ce qui permet aux participants d'échanger de l'information avec les agents de formation. Les cours comportent des exercices, des devoirs, de la lecture et des présentations multimédia conçus de façon à favoriser l'esprit critique en situation de crise.

Les cours offerts couvrent toute une gamme de compétences paramédicales, allant des protocoles de base en cardiologie et en traumatismes, à l'administration des médicaments et aux soins intraveineux.

Selon monsieur Hocking, outre l'accroissement prévu des niveaux de compétences des praticiens paramédicaux de la province, le PTN a récolté d'autres avantages.

« Les stages de formation clinique dans les établissements régionaux ont permis aux praticiens paramédicaux de tisser des liens plus étroits avec leurs propres collectivités médicales. »

En outre, la nouvelle approche face à la formation a entraîné une amélioration au chapitre des connaissances de base comme par exemple, la dactylographie et l'informatique, ainsi qu'un renforcement de la capacité de recherche.

Les femmes et les enfants d'abord : Le réseau de télésanté de la Colombie-Britannique améliore les services en santé maternelle et infantile dans la province (Women and Children First - BC)

La Colombie-Britannique se sert de la nouvelle technologie de la télésanté pour améliorer les soins fournis aux enfants et à leur famille dans les régions de la province insuffisamment desservies. Grâce à la télésanté, les patients ont accès à des services de santé dans un délai raisonnable, ce qui serait autrement impossible. Une femme enceinte, par exemple, dont l'échographie aurait révélé un problème potentiel pourrait demander l'opinion d'un périnatalogue (un spécialiste en grossesses à risque) sans avoir à voyager 960 km ou plus pour cette consultation.

« La Colombie-Britannique est une grande province diversifiée, dont une importante partie de la population se trouve dans des régions rurales ou éloignées où l'accès aux services cliniques peut être très dispendieux et exiger beaucoup de temps des patients et de leur famille », explique David Babiuk, qui supervise le programme de télésanté de l'autorité sanitaire provinciale de la C.B. « Les applications de télésanté peuvent faciliter leur accès à de bons soins, tout en leur permettant de rester dans leur collectivité. »

Le programme de télésanté de la C.-B. est un réseau électronique protégé qui permet à des spécialistes de trois hôpitaux de Vancouver et à un hôpital pédiatrique d'avoir des consultations virtuelles avec des patients dans douze collectivités, d'Invermere et Fernie au sud-est à Prince Rupert et Kitimat au nord-est. Le système se sert de la technologie de la vidéoconférence bilatérale en temps réel, ainsi que d'une foule d'accessoires. Ainsi, un spécialiste de Vancouver peut examiner une blessure en aidant le travailleur de la santé de la collectivité éloignée à se servir d'un caméscope pour lui faire parvenir un gros plan de la blessure.

Selon Valerie Ashworth, coordonnatrice en télésanté, cette technologie aide à soulager la souffrance et l'anxiété des patients, puisqu'ils peuvent rester dans l'environnement familier de leur chez-soi. Elle raconte l'histoire d'une femme enceinte demeurant dans une collectivité éloignée du nord, dont l'analyse sanguine laissait entrevoir des problèmes avec son foetus.

« Il y avait lieu de croire qu'elle pouvait être dans une situation difficile et qu'elle ait à prendre des décisions pénibles, se souvient Mme Ashworth. Elle devait rapidement consulter un généticien. » Une consultation par télésanté a été organisée avec un spécialiste au Children's and Women's Health Centre de Vancouver, qui a pu conseiller la femme et sa famille concernant la signification du test de dépistage sanguin et les conséquences sur la grossesse.

Le médecin a observé qu'en épargnant à la femme un voyage de huit heures pour se rendre en ville, « elle était plus détendue dans son milieu familial et mieux disposée à recevoir et à traiter de l'information complexe, pour ensuite prendre sa décision », conclut Mme Ashworth.

Le réseau de télésanté de la C.-B., appuyé par un fonds de trois millions de dollars accordé par le Programme des partenariats pour l'infostructure canadienne de la santé, a été lancé à l'automne 2001 et ne cesse de croître.

Jusqu'à présent, la plupart des applications ont trait à la médecine maternelle et foetale et à la pédiatrie, ce qui comprend l'obstétrique, les conseils en matière de nutrition, l'oncologie, la médecine néonatale (le soin des nouveau-nés), la cardiologie, la génétique médicale, le développement de l'enfant et la réadaptation. La vidéoconférence avec le Canuck Place Hospice aide également les familles et les professionnels de la santé à soigner les enfants en phase terminale dans leur propre collectivité ou en permettant aux enfants de parler à leur famille, qui est à la maison.

Le Vancouver General Hospital se sert de la même technologie de vidéoconférence pour traiter les patients des services d'urgence et les victimes de traumatismes à Cranbrook et à Terrace. Comme outil d'apprentissage à distance, cette technologie permet aux médecins et aux infirmières des régions rurales et éloignées d'avoir accès à l'expertise de l'école de médecine de l'Université de la Colombie-Britannique.

La télésanté est particulièrement utile pour les consultations de suivi, selon M. Babiuk. Un long voyage pour une courte visite médicale fait perdre du temps et de l'argent et cause des désagréments personnels. Cela peut aussi être dangereux, comme dans le cas de l'homme qui est décédé dans un accident de voiture alors qu'il se rendait à un rendez-vous de suivi.

« Le médecin ne s'en est jamais vraiment remis », termine-t-il.

Vision par rayons X :Le réseau de téléimagerie améliore les diagnostics au centre de la Colombie-Britannique et au Yukon (X-Ray Vision - BC)

Le garçonnet de Williams Lake (C.-B.) souffrait et était incapable de bouger son bras, mais le médecin local ne voyait pas de fracture. Par la pression d'un bouton, une image radiologique numérique du bras a été transmise à Kamloops, où des spécialistes ont peu constater une fissure qui a placé les fragments osseux hors de leur position anatomique.

« L'enfant est arrivé ici pendant l'après-midi et l'orthopédiste l'a opéré sur le champ afin de corriger le déplacement », rappelle Dr Jim Bilbey, radiologiste en chef au Royal Inland Hospital à Kamloops. Sans l'image par ordinateur et la consultation à distance, l'enfant de cinq ans serait retourné à la maison et son état se serait détérioré. »

« Nous lui avons épargné au moins deux ou trois jours de douleur, a déclaré Bilbey, et le résultat a été beaucoup plus satisfaisant. »

Ce cas montre l'importance d'un système de téléimagerie à la fine pointe de la technologie fonctionnel dans une dizaine d'endroits dans le centre de la Colombie-Britannique et à Whitehorse. L'initiative porte le nom Central BC-Yukon Telemedicine Initiative [Initiative de télémédecine du centre de la Colombie-Britannique et du Yukon] et bénéficie de 2,5 millions de dollars dans le cadre du Programme des partenariats pour l'infostructure canadienne de la santé.

Le système permet la collecte, en format numérique, d'un éventail de types d'images, y compris les radiographies, les ultrasons, les tomodensitogrammes et les examens IRM. Ces images sont incorporées dans le dossier électronique de santé du patient, qui est accessible aux médecins par un simple clic de souris.

Les images par balayage peuvent également être transmises instantanément par l'intermédiaire d'un réseau protégé, qui relie des emplacements aussi petits que Lytton (345 habitants) à un hôpital de référence à Kamloops. De cet endroit, les médecins peuvent appeler les images et les partager avec des médecins d'autres localités ou les archiver dans l'ordinateur.

Roy Southby, gestionnaire de projet, constate que la technologie permet d'économiser relativement à l'achat de pellicules radiographiques et au développement de produits chimiques - un bienfait des plus avantageux pour l'environnement également. La technologie comprend également des possibilités d'extension, comme la capacité de mesurer et de faire un gros plan sur une partie fêlée ou de présenter une image tridimensionnelle.

« Röntgen a inventé les rayons X en 1895, et rien n'a changé dans le domaine jusqu'à quelques années. Nous entrons enfin dans l'ère numérique », déclare Southby.

Pour Bilbey, le système se traduit par des soins améliorés aux patients. Même dans les régions éloignées, les patients peuvent obtenir rapidement l'attention des spécialistes - sans avoir besoin de laisser leurs collectivités. « Par ailleurs, dit il, la qualité supérieure de l'image et les fonctions d'amélioration pratiques accroissent la précision des diagnostics. »

L'imagerie numérique est également un avantage indirect pour les médecins. « Cela rend la radiologie très intéressante », déclare Bilbey. « Les radiologistes aiment ce matériel de haute technologie. Nous le considérons comme un progrès important dans le domaine de la technologie. »

Des plans d'expansion du réseau sont déjà en cours. Les omnipraticiens, tout comme leurs homologues des hôpitaux, ont accès aux images. Le réseau sera également élargi afin de comprendre d'autres régions sanitaires au sein de la Colombie-Britannique, ainsi que d'autres procédures liées au diagnostic, comme la mammographie.

Projet collectif de l'Ouest sur l'information en matière de santé (Health technology erasing provincial barriers Provider Registry : Western Health Information Collaborative)

Il s'agit d'un projet relativement modeste dans l'Ouest canadien sur les technologies de l'information sur la santé, mais qui peut avoir de grandes répercussions sur la prestation des soins de santé à la grandeur du pays dans les années à venir. Ce projet est connu officiellement sous le nom de Projet de registre des prestataires du Western Health Information Collaborative (WHIC).

Le ministère des services de santé de la Colombie-Britannique est à la tête du projet. Chris Schrader en est le directeur. Il explique que l'on est en train de créer un répertoire électronique des médecins et des autres prestataires de soins de santé dans les quatre provinces de l'Ouest. Ces renseignements seront normalisés afin que chaque province puisse partager les données par voie électronique au-delà des frontières provinciales. M. Schrader affirme qu'il s'agit d'une première étape en vue de la création d'un dossier de santé électronique complet qui permettra au personnel autorisé de disposer de renseignements sur les médecins et les patients, les diagnostics et les traitements, pour rendre plus simples et plus efficaces les contacts entre le patient et le système de soins de santé.

Le but ultime du projet a de quoi enthousiasmer M. Schrader, mais c'est le chemin suivi pour atteindre cet objectif qui le rend encore plus heureux. « Ce projet a un tout autre avantage - à ma connaissance, c'est le premier projet du genre au Canada où plusieurs provinces collaborent pour créer une application commune à partager. Ce qui est intéressant, c'est de voir comment nous éliminons les frontières provinciales pour ne plus faire qu'un. »

Le registre des prestataires de soins de santé laisse déjà entrevoir certaines des possibilités de coopération future. Tout en insistant sur le fait qu'aucun plan n'a encore été arrêté en ce sens, M. Schrader affirme que le registre pourrait permettre, par exemple, le partage de spécialistes entre les provinces. De plus, le registre possède un identificateur unique pour les prestataires, ce qui sera utile dans d'autres domaines comme la planification des ressources humaines en matière de santé.

Outre les possibilités qu'il offre, le projet jette déjà les fondations indispensables pour que la collaboration aboutisse à la création d'un dossier de santé électronique complet. « Il permet au dossier de santé électronique de prendre forme », explique M. Schrader. « Cela ne sert à rien d'acheter une flotte de camions si vous n'avez pas d'autoroutes. Il n'y a rien de bien prestigieux à construire des autoroutes, mais quelqu'un doit bien les faire, sinon vous ne pourrez pas conduire vos nouveaux camions. »

Les quatre provinces participantes se retrouvent régulièrement pour entériner le développement du projet de dossier de santé électronique. La prochaine étape sera la normalisation d'un processus électronique de commande et de réception pour les analyses de laboratoire.

Bien que l'initiative se limite pour l'instant aux provinces de l'Ouest, M. Schrader a parcouru tout le pays l'année dernière pour présenter aux autres provinces les avantages qu'elles auraient à apporter leurs contributions essentielles au dossier de santé électronique.

La technologie au secours la santé mentale : Système intergouvernemental d'information en santé mentale (SYNAPSE - BC)

On a découvert plus tard que la personne qui a sauté d'un garage aérien à Edmonton avait été vue par divers organismes de santé mentale une vingtaine de fois dans les semaines qui ont précédé son acte. Chaque visite était nouvelle. Les professionnels de la santé qui l'ont reçue ne se doutaient pas qu'il s'agissait d'un cas chronique dont l'issue risquait fort d'être tragique.

Un nouvel outil mis au point en Colombie-Britannique aide à faire en sorte que des cas tels que le suicide d'Edmonton deviennent plus rares. Mis au point au cours des deux dernières années, le « Système intergouvernemental d'information en santé mentale (SYNAPSE) », malgré son nom, traduit une idée simple. Le système permet le partage des dossiers de santé mentale entre les cliniciens autorisés des hôpitaux, des centres communautaires de santé mentale et des établissements résidentiels, aussi bien à l'intérieur des régions sanitaires qu'entre elles.

Le directeur du projet, Mike Nusbaum, explique comment le système fonctionne. « Supposons qu'une personne ayant un problème de santé mentale vient me voir. Si je suis un professionnel de santé autorisé, je me connecte au système et je recherche la personne. Je peux la rechercher de plusieurs façons, notamment par son nom ou son numéro de carte de santé. Même si je n'ai que le nom, si j'estime que la personne a l'air d'avoir une quarantaine d'années, je peux entrer "Pierre, environ 40", et le système peut effectuer la recherche. Si je constate que la personne a déjà été en contact avec le système de santé mentale, je peux consulter les données cliniques enregistrées, puis entrer moi-même des informations sur les soins que je donne, ce qui aidera la prochaine personne qui recevra le patient. »

Le système SYNAPSE permet un meilleur traitement - un traitement plus ciblé en santé mentale - de même qu'il améliore l'utilisation des ressources en santé mentale, dit M. Nusbaum. Comme les dossiers sont partagés, un malade hospitalisé en psychiatrie dans un hôpital peut participer à un programme offert par un centre de santé communautaire situé à proximité, et tous les cliniciens intéressés peuvent suivre l'amélioration de l'état de santé de la personne. Nous appelons cela la méthode de l'« équipe virtuelle », ajoute M. Nusbaum.

L'information entrée dans le système SYNAPSE sert d'abord au traitement direct des patients et clients en santé mentale, mais elle peut aussi être utilisée pour la gestion. Les responsables des soins de santé peuvent déterminer quels types de problèmes les gens ont, où ils vont pour se faire soigner et quels types de soins ils reçoivent. Cela leur permet de connaître les tendances et d'attribuer les ressources plus efficacement.

M. Nusbaum affirme qu'un autre important objectif du système est la normalisation des données, de la technologie et des stratégies de sécurité, ce qui permettrait à une province dans une région du pays de comprendre et d'utiliser les renseignements sur les malades d'une autre province.

À l'heure actuelle, le système SYNAPSE est en service dans un certain nombre de régions sanitaires de la Colombie-Britannique, mais M. Nusbaum précise que cinq autres provinces sont intéressées. À terme, il envisage un système de normes en matière de soins de santé mentale qui est appliqué dans tout le pays et qui permet la prestation de soins plus efficaces, mieux adaptés et plus efficients.

Surmonter l'isolement : Télésanté Manitoba (MBTelehealth)

On se rend vraiment compte de la vastitude du Canada lorsqu'on constate que des communautés pourtant bien au sud de l'Arctique vivent dans l'isolement. La communauté de Leaf Rapids au Manitoba représente un bon exemple.

Communauté minière sise au nord-ouest de Thompson, Leaf Rapids n'a pas de service téléphonique terrestre fiable et a besoin d'un accès par satellite. Demander de l'aide médicale peut coûter cher et prendre du temps puisque des soins médicaux spécialisés - et parfois élémentaires - sont seulement offerts dans de grands centres comme Winnipeg, où exercent 70 % des spécialistes de la province.

La proximité de la capitale ne change pas toujours grand-chose.

Bien que Berens River soit plus près de Winnipeg, cette communauté isolée de Premières Nations n'est accessible que par avion et par routes d'hiver. Le diabète y est un important problème de santé, et les habitants ont besoin de ressources en dehors de leur communauté pour se renseigner sur la maladie. La communauté éprouve également des difficultés à recruter et à garder du personnel médical, avec le résultat que les gens ont encore plus besoin d'avoir accès à des ressources externes.

Face à ces réalités, la création d'un nouveau réseau pour fournir des services de télésanté et permettre la formation médicale à distance par vidéoconférence à large bande a l'allure d'une révolution.

Sous la direction de l'autorité sanitaire régionale de Winnipeg et de concert avec un certain nombre de partenaires, le réseau MBTelehealth mettra la télémédecine à la disposition de vingt communautés isolées, dont sept dans le Grand Nord.

« Toutes les communautés auront au moins le service de vidéoconférence », dit Yvonne Hopper, analyste commerciale principale pour les services d'information de Santé Manitoba. « À partir de là, les services fournis seront fonction d'une évaluation des besoins réalisée par la communauté avec MBTelehealth. »

Les services indiqués par les diverses communautés incluent le counseling pour le syndrome d'alcoolisme foetal et les soins pédiatriques, la prise en charge autonome du diabète, la dermatologie, la santé mentale et l'imagerie diagnostique. Seize points de service avaient été établis au début de 2002, la fin de l'installation étant prévue pour mars 2003.

« Les gestionnaires des différents points de service sont très enthousiastes face à ces progrès, qui promettent d'apporter d'autres avantages à la communauté, comme la création et la conservation d'emplois spécialisés. »

Pour que les avantages du projet soient durables, un centre d'excellence en télémédecine sera établi. Il aura pour mission d'établir des directives de principe, de superviser les programmes de formation clinique et technique, et d'évaluer le projet.

Établir des partenariats dans les Prairies L'autorité sanitaire régionale (ASR) de Brandon (Brandon Regional Health Authority - MB)

Depuis la fondation de la province, la coopération entre les collectivités a toujours été un trait important de la vie du Manitoba. Aujourd'hui, un nouveau type de coopération - à laquelle participent pas moins de cinq régions et plusieurs types d'établissements de soins - change la façon dont les soins de santé sont fournis à l'extrémité sud-ouest de la province « clef de voûte ».

L'autorité sanitaire régionale (ASR) de Brandon a été félicitée pour son approche unique des partenariats lorsque son réseau intégré d'information sur la santé a remporté le premier prix Smart Winnipeg. Cette récompense avait pour but de souligner la capacité du projet qui permet d'atteindre les habitants des collectivités distantes. Comme il a été dit lors de la remise du prix, « le Centre de santé régional de Brandon doit toujours garder à l'esprit que ses partenaires et clients habitent au-delà des frontières régionales ».

« Il ne fait aucun doute que les partenariats ont joué un rôle important dans ce que nous avons accompli jusqu'à présent », dit Brian Schoonbaert, vice-président de l'ASR de Brandon, Finances et Systèmes d'information.

Bien que la ville de Brandon possède à elle-même un hôpital de 320 lits et compte une population d'environ 50 000 habitants, l'ASR de Brandon dessert un territoire de plus de 120 000 personnes où les principales localités sont Souris, Carberry, Minnedosa et Neepawa.

« Un grand nombre de nos clients habitent en dehors des villes, dit M. Schoonbaert, et il est donc très important que nous puissions trouver le moyen de réduire les déplacements et éviter de refaire les mêmes analyses, ce qui arrive souvent lorsqu'un patient va dans plusieurs établissements. L'intégration est extrêmement importante pour nous, et l'information est le véritable moteur de ce projet. »

À l'heure actuelle, le réseau comprend un système intégré de laboratoires, un processus central de planification des rendez-vous, des services d'imagerie diagnostique, un système automatisé de dossiers de patients, et un registre central des admissions, congés et transferts. D'autres systèmes seront installés d'ici à 2004, notamment pour la consignation électronique au dossier, la distribution automatisée des médicaments, ainsi que l'archivage et la transmission des images médicales.

« L'un des avantages réels de constituer un dossier de santé électronique comme celui-là, est qu'il procure des données très complètes sur le patient. » À l'avenir, les prestataires de soins seront en mesure de découper l'information selon leurs besoins. Les dossiers des patients n'ont jamais contenu beaucoup renseignements sur les soins ambulatoires. Nous nous dirigeons vers un système qui suivra les Manitobains du berceau à la tombe.

« Nous sommes en train de mettre au point un outil qui aidera les prestataires de soins à travailler plus efficacement tout en commettant moins d'erreurs. Il en résultera des hospitalisations plus courtes, de meilleurs soins aux patients et une sécurité améliorée dans l'ensemble du système. »

Prescription de sécurité : Réseau pharmaceutique informatisé (Drug Programs Information Network - MB)

C'est un scénario qui inquiète plus d'une personne qui a des parents âgés : les réactions médicamenteuses indésirables par suite du mélange de médicaments.

Bien qu'il soit difficile d'intervenir pour empêcher les personnes de tous âges de s'auto-médicamenter, le pharmacien demeure la première ligne de défense contre l'utilisation de médicaments de prescription qui s'annuleront les uns les autres ou entraîneront des complications pour la santé.

En autres avantages, le Drug Programs Information Network (DPIN) du Manitoba donne aux pharmaciens à 300 points de vente dans toute la province les renseignements généraux dont ils ont besoin pour conseiller les clients au sujet des dangers potentiels. Administré par la province, et facultatif pour les pharmaciens et les citoyens, le DPIN permet au pharmacien d'avoir immédiatement accès à l'histoire médicamenteuse du client. Celui-ci n'a qu'à fournir un identificateur numérique de neuf chiffres au moment de présenter son ordonnance.

« Le système améliore clairement la pratique professionnelle du pharmacien », dit Olaf Koester, directeur des programmes de médicaments du Manitoba. « Par le passé, certains pharmaciens offraient ce service en se fondant sur leur propre connaissance du client, mais le DPIN structure et améliore l'efficience de tout le système. »

Outre qu'il aide à prévenir les combinaisons dangereuses de médicaments, le DPIN augmente sensiblement l'efficience du système d'évaluation des demandes de remboursement et de paiement.

« Toutes les demandes de remboursement étaient traitées manuellement avant que le réseau ne soit implanté, et les clients devaient payer sur-le-champ puis attendre leur chèque. Maintenant, tous les rajustements sont effectués en ligne, ce qui élimine un lourd fardeau administratif. Nous avons été en mesure de transférer le personnel à d'autres fonctions. »

Le DPIN se veut aussi une protection de plus contre l'abus des médicaments de prescription et la fraude.

Un système connexe - DPIN-ER - relie les salles d'urgence de 81 hôpitaux pour permettre au personnel de l'urgence de consulter l'histoire médicamenteuse des personnes fichées dans la base de données du DPIN. Lorsqu'un patient demande des soins ou est admis à l'hôpital, le personnel autorisé peut utiliser la base de données pour recueillir des données de base qui peuvent l'aider à prendre des décisions éclairées.

Une technologie facile à apprivoiser pour les médecins : Solutions intégrées pour les fournisseurs Developing doctor-friendly technology: Integrated Provider Solutions - SK)

La fascination du Dr Bill Haver à l'égard du potentiel médical de l'informatique remonte au milieu des années 1980, lorsqu'il essayait de déchiffrer les dossiers médicaux d'un confrère. « Une de nos motivations initiales était d'être en mesure de lire un dossier », dit le Dr Haver. « Seulement comprendre les informations qui étaient là, pas les hiéroglyphes et les abréviations laissés par le médecin précédent. »

Mû par ce désir de mettre au point un système électronique pour les dossiers médicaux, le Dr Haver est devenu un des pionniers de l'utilisation de l'informatique pour aider les médecins à travailler mieux et avec une plus grande efficience. Depuis le milieu des années 1980, tous les médecins au cabinet du Dr Haver à Saskatoon tiennent leurs dossiers médicaux sur ordinateur. En outre, ils ont graduellement introduit l'utilisation de l'ordinateur dans d'autres aspects de leur pratique. La correspondance, la facturation, la prise de rendez-vous, et même la commande et la réception d'analyses de laboratoire, se font par ordinateur.

Pour accomplir tout cela, il faut plus que des ordinateurs et leurs périphériques, il faut aussi les logiciels appropriés. Le Dr Haver n'est pas seulement un avide utilisateur de ces logiciels, mais il aide les sociétés de logiciels à concevoir les programmes pour les rendre plus utiles aux médecins.

Une raison de l'engagement du Dr Haver est qu'il voit dans le recours accru à l'ordinateur une des solutions aux engorgements actuels dans le système de santé. « J'ai travaillé avec Santé Canada et les différentes organisations provinciales ainsi qu'avec les associations médicales pour essayer de montrer ce qui peut être fait. Il existe certes des avantages pour les soins aux patients, et aussi sur le plan de la gestion, parce que les médecins peuvent ainsi travailler de façon plus efficace. Les temps sont plutôt difficiles dans le monde médical, tout le monde cherche à économiser de l'argent. »

Le Dr Haver reconnaît qu'il peut être difficile autant pour les médecins que pour les patients d'accepter la nouvelle technologie. Selon lui, une des plus importantes préoccupations est la confidentialité. Les gens ont peur que leurs dossiers se retrouvent entre les mauvaises mains. C'est pourquoi les systèmes que le Dr Haver utilise, comme ceux qu'il aide à concevoir, accordent autant d'importance à la sécurité qu'à l'efficacité.

Bien qu'il soit déjà l'un des principaux utilisateurs de l'informatique dans sa pratique, le Dr Haver n'est pas encore satisfait. Il aide présentement à réaliser un projet appelé « le bureau du docteur ». Selon ce concept, lorsqu'un médecin établira la communication avec le système, il aura automatiquement accès aux renseignements les plus à jour sur les médicaments et les avancées cliniques qui sont pertinents pour les patients qu'il verra dans la journée. « C'est fascinant », dit-il avec enthousiasme. Chaque fois que je commence à comprendre ce qui est possible grâce à l'informatique, quelqu'un change les règles. »

Il est réconfortant de savoir que lorsque les règles changent, un praticien a eu son mot à dire dans ce changement.