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Système de soins de santé

Nos réalisations passées Nos orientations futures: Six documents commandés sur les questions de ressources humaines en santé dans le secteur des soins infirmiers

Bureau de la politique des soins infirmiers
Santé Canada
10 mai, 2004

Table des matières

  1. Aperçu général de l'Accord de 2003 sur les ressources humaines en santé
  2. Messages clés des études et des projets
  3. Rapport sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du rapport final du Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers
  4. Proposition visant à soutenir le plan stratégique pour faciliter la mise en oeuvre des recommandations du Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers
  5. Élaboration continue des indicateurs de la vie au travail au Canada
  6. Examen des causes de l'attrition dans les écoles de soins infirmiers du Canada
  7. Projet de lignes directrices fondées sur les pratiques exemplaires en soins infirmiers
  8. Planification des ressources humaines en santé fondée sur les besoins : la relation entre la santé de la population et l'utilisation des services de soins infirmiers
  9. Liens aux rapports avec le texte complet

L'Accord de 2003 des premiers ministres sur le renouvellement des soins de santé

L'accord des premiers ministres sur le renouvellement des soins de santé a souligné qu'une bonne planification et une bonne gestion des ressources humaines sont essentielles pour que les Canadiens et les Canadiennes aient accès aux fournisseurs de soins de santé dont ils ont ou auront besoin. Dans le budget de 2003, le gouvernement s'est engagé à verser 90 millions de dollars sur cinq ans pour améliorer la planification et la coordination des ressources humaines en santé (RHS) à l'échelle nationale.

Des fonds pour la première année de ce budget (2003-2004) ont été fournis pour six projets qui sont compatibles avec les priorités et les thèmes des ressources humaines en matière de santé définis dans l'accord sur la santé. Le financement total était de 2,2 millions de dollars pour tous les projets se terminant le 31 mars 2004.

De brefs résumés des propositions de projets sont présentés ci-dessous:

  1. Une proposition visant à soutenir le plan stratégique pour faciliter la mise en oeuvre des recommandations du Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers (CCCSI)

    Préparé par : l'Association des infirmières et infirmiers du Canada, l'Association canadienne des écoles de sciences infirmières, l'Association canadienne des soins de santé, la Fédération canadienne des syndicats d'infirmiers et d'infirmières, l'Association des infirmières et infirmiers auxiliaires du Canada, l'Association des infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés et l'Academy of Canadian Executive Nurses.

    Montant : 650 000 $

    En 2001, le Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers (CCCSI) a été créé pour faire suite à la première recommandation présentée dans le cadre de la Stratégie pour les soins infirmiers au Canada. En août 2002, le Comité consultatif des ressources humaines en santé (CCRHS) a publié le rapport final du CCCSI. Ce rapport est le point culminant d'un programme de recherche donnant lieu à la formulation de 51 recommandations visant à offrir des directives dans le but d'améliorer la qualité de la vie professionnelle des infirmières et infirmiers aux niveaux fédéral, provincial et territorial. Ce projet vise à compléter les initiatives susmentionnées et à établir une stratégie générale de mise en oeuvre. Par ailleurs, les objectifs définis dans le cadre de ce projet sont le reflet d'un processus de consultation entre l'Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) et des organismes de soins infirmiers, des universitaires et l'Association canadienne des soins de santé. Au nombre de ces organismes, mentionnons l'Association canadienne des écoles de sciences infirmières, la Fédération canadienne des syndicats d'infirmiers et d'infirmières, l'Association canadienne des soins de santé, l'Association des infirmières et infirmiers auxiliaires du Canada ainsi que l'Association des infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés.

  2. Un rapport sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du rapport final du Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers

    Préparé par : les Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques (RCRPP)

    Montant : 91 000 $

    Santé Canada désire savoir quelles sont les mesures qui ont été prises dans l'ensemble du pays pour renforcer la main-d'oeuvre infirmière depuis la publication du rapport du Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers (CCCSI). Ce projet permettra d'établir une base d'informations aux fins de discussion et de détermination des prochaines étapes. Les RCRPP indiqueront :

    1. quelles mesures ont été prises par les employeurs, les gouvernements, les éducateurs, les syndicats et d'autres intervenants pour mettre en oeuvre les recommandations du CCCSI;
    2. s'il existe des obstacles à la mise en oeuvre des recommandations
    3. quels appuis et agents facilitateurs sont nécessaires pour assurer la mise en oeuvre des recommandations du CCCSI.
  3. Planification des ressources humaines en santé (RHS) fondée sur les besoins : la relation entre la santé de la population et l'utilisation des services de soins infirmiers

    Préparé par : Gail Tomblin Murphy (Université de Dalhousie) et Dr Linda O'Brien-Pallas (Université de Toronto)

    Montant : 249 614,40 $

    Ce projet se veut un élargissement des travaux effectués en Ontario qui s'intéressent à la planification des RHS fondée sur les besoins en santé. L'objectif de cette étude est d'examiner la planification des RHS fondée sur les besoins dans toutes les autres provinces et tous les territoires. Le but de cette étude est d'élaborer et de tester une approche axée sur les besoins de la population en matière de santé pour établir, suivre et prédire les besoins en matière de personnel infirmier à l'échelle de la population. On utilisera un cadre systématique pour examiner la relation entre les besoins de la population canadienne en matière de santé (à l'extérieur de l'Ontario), le recours de celle-ci aux services communautaires, infirmiers et hospitaliers ainsi que les variances dans les résultats.

  4. Examen des causes de l'attrition dans les écoles de soins infirmiers du Canada

    Préparé par : Dr Dorothy Pringle (Université de Toronto)

    Montant : 77 200 $

    Au Canada, on fait actuellement face à une période de pénurie d'infirmiers et d'infirmières; il est donc important de retenir le plus grand pourcentage possible d'étudiants et d'étudiantes dans les programmes de soins infirmiers. Cette étude permettra d'examiner les raisons pour lesquelles les étudiants et les étudiantes qui étudient dans les trois types de programmes de formation en soins infirmiers abandonnent en cours de route. Une étude complémentaire permettra de déterminer le taux de maintien actuel (la contrepartie de l'attrition) dans les programmes de formation des infirmières et infirmiers autorisés (IA), des infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés (IPA) ainsi que des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés (IAA) et des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés (IAA).

  5. Lignes directrices fondées sur les pratiques exemplaires en soins infirmiers

    Préparé par : Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario (AIIAO)

    Montant : 800 000 $

    L'AIIAO a soumis une proposition qui vise à soutenir trois initiatives :

    Diffusion de l'information dans le cadre des ateliers sur les Lignes directrices fondées sur les pratiques exemplaires en soins infirmiers

    On propose de tenir vingt ateliers d'une journée complète dans toutes les provinces et tous les territoires du pays. Cet atelier permettra de faire connaître les lignes directrices sur les pratiques exemplaires en soins infirmiers (LDPE) et d'inciter les infirmières et les infirmiers à les mettre en oeuvre. Les infirmières et les infirmiers feront également la promotion des LDPE dans leur région en collaboration avec leur ministre provincial de la santé afin de soutenir la pratique infirmière grâce à ces lignes directrices.

    Traduction française des lignes directrices fondées sur les pratiques exemplaires et des fiches de renseignements sur l'éducation à la santé

    On propose de faire traduire six LDPE et dix fiches de renseignements sur l'éducation à la santé (FRES) qui sont très en demande. La diffusion de ces éléments d'information se fera par l'entremise du site Web de l'AIIAO et d'un lien vers le site Web de Santé Canada. Quant à la distribution des copies papier de ces documents, elle continuera de se faire dans le cadre de l'infrastructure actuelle des lignes directrices fondées sur les pratiques exemplaires en soins infirmiers de l'AIIAO.

    Organisme vedette en matière de lignes directrices fondées sur les pratiques exemplaires en Saskatchewan.

    On propose que l'AIIAO travaille en étroite collaboration avec l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de la Saskatchewan pour identifier un organisme chef de file susceptible de recevoir du financement en tant qu'organisme vedette en matière de LDPE. Un organisme vedette en matière de LDPE est un cadre de responsabilisation voué à offrir des soins de santé fondés sur les meilleurs résultats cliniques qui existent et qui mettra en oeuvre plusieurs lignes directrices fondées sur des pratiques exemplaires dans ce cadre.

  6. Élaboration continue des indicateurs de la vie au travail au Canada

    Préparé par : Conseil canadien d'agrément des services de santé (CCASS)

    Montant : 308 115,89 $

    Dans le cadre d'un élargissement des travaux du CCASS dans le domaine des normes et des indicateurs de la vie au travail, cette proposition présente toute une série de projets qui permettent de faire avancer rapidement et de manière importante l'évaluation de la vie au travail. Ces projets seront accomplis en partenariat avec des intervenants clés dans le domaine et, aspect encore plus important, permettront d'étendre la portée les travaux du CCASS au-delà du milieu des soins infirmiers pour inclure tous les professionnels de la santé.

Messages clés des études et des projets

Le Bureau de la politique des soins infirmiers a compilé les messages clés des six projets de recherche commandés du présent rapport. Ces messages rendent compte de notre interprétation des points saillants et des messages clés. Ils ne sont donc pas nécessairement représentatifs de celle de leurs auteurs respectifs.

Un document de synthèse des six rapports, ainsi que le texte intégral des rapports eux- mêmes, seront disponibles sur le site Web du Bureau de la politique des soins infirmiers à l'été 2004.

Autres organismes au Canada

Notre santé, Notre avenir: un milieu de travail de qualité pour les infirmières canadiennes

Rapport sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du rapport final du comité consultatif canadien sur les soins infirmiers

Lisa Maslove et Cathy Fooks, Réseau de la santé, RCRPP

En août 2002, le Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers (CCCSI) a publié son rapport final intitulé Notre santé, notre avenir : un milieu de travail de qualité pour les infirmières canadiennes . Ce rapport contient 51 recommandations favorisant prioritairement d'améliorer la qualité de vie au travail du personnel infirmier et de fournir un cadre d'action en définissant le rôle que les gouvernements, les employeurs, les syndicats, les associations professionnelles, les organismes de réglementation, les éducateurs et le milieu de la recherche peuvent jouer dans leur mise en oeuvre.

Le Bureau de la politique des soins infirmiers de Santé Canada désirait savoir quelles mesures ont été prises dans l'ensemble du pays pour mettre en oeuvre les recommandations du CCCSI. À la fin de 2003, on a chargé les Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques (RCRPP) d'entreprendre cette étude.

Celle-ci avait pour objet d'examiner les activités des organismes concernés du secteur des soins infirmiers et de décrire les tendances liées à la manière dont la mise en oeuvre a progressé. En se fondant sur cet examen, les obstacles à la mise en oeuvre et les appuis nécessaires pour assurer la mise en oeuvre devaient être définis.

La collecte de données pour ce projet s'est effectuée en quatre étapes. Premièrement, on a procédé à un examen des sites Web afin de cerner les rapports pertinents liés à la mise en oeuvre des recommandations du CCCSI. Deuxièmement, on a adressé une lettre à 94 organismes concernés afin de savoir ce que leur organisme ou secteur de compétence a fait pour mettre en oeuvre les recommandations du CCCSI. En tout, 47 des 94 organismes ont répondu à la demande de renseignements, soit un taux de réponde 50 p. 100. Troisièmement, on a mené des entrevues auprès de 14 informateurs clés afin de faire enquête sur les obstacles généraux à leur mise en oeuvre et définir les appuis qui seront nécessaires pour assurer leur mise en oeuvre. Quatrièmement, on a présenté les conclusions préliminaires de cette étude à 14 représentants d'organismes concernés du secteur des soins infirmiers réunis en table ronde à Ottawa. Les participants à cette table ronde ont fait connaître leurs points de vues sur les conclusions préliminaires et les obstacles et les appuis définis.

Les conclusions de ces exercices de collecte de données ont été rassemblées suivant les catégories utilisées pour répartir les recommandations du rapport final du CCCSI. Ce rapport est considéré à juste titre comme un document utile pour faire la synthèse de la question complexe de la pénurie de personnel infirmier en proposant un éventail de moyens pratiques pour combler cette pénurie.

La mise en oeuvre de quelques recommandations, comme celle qui suggère d'augmenter le nombre de places dans les programmes de soins infirmiers pour les infirmières autorisées (IA), les infirmières auxiliaires autorisées (IAA) et les infirmières psychiatriques autorisées (IPA), a eu une vaste portée. Mais, pour la plupart des questions, des progrès semblent avoir été réalisés d'une manière éparpillée. Par exemple, des employeurs de certaines régions au pays mettent sur pied des systèmes de mesure de la charge de travail, augmentent le nombre de postes à temps plein, surveillent l'absentéisme, embauchent des infirmières mentors et organisent des horaires souples. Il est toutefois difficile de connaître l'impact de cette mise en oeuvre à l'échelle nationale. De nombreux répondants ont fait observer que ces changements sont surtout concentrés dans les établissements de soins actifs, plutôt que dans les établissements de soins de santé communautaires, de longue durée ou autres.

Malgré la complexité des questions stratégiques traitées par le CCCSI, certains obstacles communs à la mise en oeuvre des recommandations ont surgi, dont ceux touchant :

  • La responsabilité : Même si un bon nombre des recommandations ciblaient des organismes spécifiques pour appliquer la mise en oeuvre, la responsabilité ultime de la mise en oeuvre demeure obscure pour les intervenants concernés du secteur des soins infirmiers.
  • Les ressources : Les employeurs ont besoin d'un financement stable pour planifier des améliorations dans le milieu de travail et créer des emplois stables.
  • La négociation collective : Un certain nombre des problèmes liés au milieu de travail traités dans les recommandations du CCCSI et abordés dans le cadre de négociations des conventions collectives soulèvent des questions sur la façon dont les questions liées à la vie au travail sont mises en balance avec les questions salariales dans ce contexte.

Un certain nombre de mesures stratégiques ont facilité et continueront de faciliter la mise en oeuvre des recommandations du CCCSI, parmi lesquelles :

  • l'augmentation du nombre d'infirmières à des postes de direction et au sein des comités consultatifs provinciaux et territoriaux sur les soins infirmiers;
  • une aide financière ciblée pour des investissements visant à améliorer la qualité de vie professionnelle des infirmières;
  • des mécanismes de surveillance comme des enquêtes et des activités d'agrément qui permettent de cerner les problèmes, de clarifier les questions sous-jacentes concernant les ressources humaines et de souligner les secteurs où la mise en oeuvre des recommandations a permis ou n'a pas permis d'apporter des améliorations au chevet du malade;
  • des données probantes pour soutenir la prise de décisions comme des recherches universitaires, des données administratives des employeurs, des évaluations de projets pilotes et des dépôts centraux d'initiatives mises en oeuvre dans l'ensemble Canada;
  • l'intégration d'une réforme de la vie professionnelle des infirmières et des infirmiers ayant un impact plus grand sur le système de santé ou la santé de la population.

Dans l'ensemble, on note des signes positifs d'améliorations de la qualité du milieu de travail des infirmières, mais ces changements ne sont pas généralisés. Il faut surmonter les obstacles et fournir les appuis définis dans le cadre de cette étude pour que ces changements puissent s'étendre à l'ensemble du système. Une analyse plus approfondie des recommandations du rapport du CCCSI est nécessaire pour préciser davantage les responsabilités et les mécanismes de mise en oeuvre.

Proposition visant à soutenir le plan stratégique pour faciliter la mise en oeuvre des recommendations du comité consultatif canadien sur les soins infirmiers

Academy of Chief Executive Nurses
Association Canadienne des Écoles de Sciences Infirmières
Fédération Canadienne des Syndicats d'infirmiers et d'infirmières
Association Canadienne des soins de santé
Association des infirmières et infirmiers du Canada
Association des infirmières et infirmiers auxiliaires du Canada
Association des infirmières et infirmiers Psychiatriques Authorisés

Aperçu du projet

En décembre 2003, un groupe de collaboration formé de sept partenaires (l'Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC), l'Association des infirmières et infirmiers auxiliaires du Canada (AIIAC), l'Association des infirmières et infirmiers psychiatriques du Canada (AIIPC), l'Association canadienne des écoles de sciences infirmières (ACESI), la Fédération canadienne des syndicats d'infirmiers et d'infirmières (FCSII), l'Association canadienne des soins de santé (ACSS) et l'Academy of Chief Executive Nurses) a lancé un projet visant à faciliter la mise en oeuvre des recommandations contenues dans le rapport final du Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers (CCCSI). Le rapport du CCCSI, publié par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en 2002, comporte 51 recommandations visant à favoriser le recrutement et le maintien des infirmières et infirmiers autorisés, des infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés ainsi que des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés.

Des mesures ont été prises en réponse à la plupart des recommandations du rapport du CCCSI. Toutefois, les sept organismes partenaires, ont laissé entendre, dans une proposition soumise à Santé Canada, qu'il fallait accorder une attention particulière aux recommandations pour lesquelles pas ou peu de mesures ont été prises et déterminer spécifiquement les obstacles et les agents de facilitation. Onze (11) sous-projets ont été proposés dans trois domaines : la gestion de la main-d'oeuvre, l'éducation et le leadership. Les tactiques employées englobent des études documentaires, des enquêtes, des groupes de discussion et l'analyse des données. Des infirmières et des infirmiers de tous les domaines de la pratique des soins infirmiers (soins cliniques, enseignement, gestion et recherche) et des étudiants et des étudiantes de toutes les régions du pays ont été invités à participer à diverses activités. Nous tenons à remercier sincèrement les infirmières et infirmiers qui ont pris part à ce projet. Grâce au soutien financier de Santé Canada et à l'aide d'un comité directeur composé de représentants de chacun des sept organismes partenaires, onze sous-projets ont été entrepris entre janvier et mars 2004.

Le comité directeur a examiné les conclusions de chacun des onze sous-projets et leur interdépendance. Suite à cet examen, le comité directeur a proposé les 18 recommandations politiques suivantes visant à accélérer la prise de mesures dans les trois domaines d'intérêt choisis.

Gestion de la main-d'oeuvre

Les sept partenaires ont choisi de mettre l'accent sur quatre recommandations spécifiques du CCCSI, soit les suivantes :

Les employeurs devraient collaborer avec les administrateurs et les infirmières de première ligne pour évaluer et décrire les charges de travail existantes et les comparer avec les modèles actuels de dotation et la demande des patients et des clients, et ce avant octobre 2002. Dans chaque milieu de travail, il convient de comparer la demande à l'offre d'infirmières et d'infirmiers, puis de comparer ces données à celles obtenues en mesurant la charge de travail, lorsqu'elles existent. Là où il n'y a pas de systèmes de mesure de la charge de travail, il faudrait en mettre un sur pied avant juin 2003.

  • En ce qui concerne l'emplacement et la disponibilité de l'équipement en fonction, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient financer une étude menée dans tout le pays sur l'état de l'équipement de chaque employeur par rapport aux besoins, puis accorder le financement voulu pour combler les lacunes. Ce projet devrait se terminer avant janvier 2003 et disposer d'un financement ponctuel.
  • Les gouvernements et les organismes employeurs doivent collaborer avec les infirmières-chefs et les syndicats afin d'offrir des programmes de retraite progressive aux infirmières plus âgées, pour leur permettre d'accomplir certaines tâches sans rien perdre de leurs avantages sociaux et de leur pension de retraite, avant janvier 2004.
  • Nous exhortons également tous les employeurs à cesser de réglementer l'exercice professionnel des infirmières et d'établir des politiques qui permettent à chaque infirmière autorisée, à chaque infirmière auxiliaire autorisée et à chaque infirmière psychiatrique autorisée de fonctionner au maximum de sa capacité professionnelle, tel que le prévoient les normes de son organisme de réglementation professionnelle. Nous exhortons les organismes de réglementation à collaborer avec les infirmières, les employeurs, les syndicats, les éducateurs et les gouvernements afin d'optimiser le cadre des fonctions des infirmières autorisées, des infirmières auxiliaires autorisées et des infirmières psychiatriques autorisées dans tous les milieux et domaines de compétence, compte tenu de la complexité des soins actifs qu'elles dispensent aux patients, aux résidents, aux clients et aux familles.

Le comité de direction recommande ce qui suit :

  1. Inforoute santé Canada et les employeurs devraient intégrer des systèmes de mesure de la charge de travail dans les dossiers de santé électroniques et saisir les données relatives à la charge de travail de tous les dispensateurs de soins de santé.
  2. Les employeurs devraient élaborer ou modifier les systèmes de mesure de la charge de travail afin :
    • d'assurer l'éducation et la formation des infirmières et des infirmiers sur l'utilité des outils de mesure de la charge de travail ainsi que sur la façon de les utiliser et d'utiliser les données qu'ils génèrent;
    • d'assurer que ces outils sont faciles à utiliser;
    • d'assurer que des ressources humaines et financières suffisantes sont affectées pour analyser les renseignements fournis par les outils de mesure de la charge de travail et pour évaluer et améliorer les outils eux-mêmes.
  3. Les gouvernements devraient fournir le financement nécessaire à l'achat et à l'entretien de l'équipement « pas très technique » ainsi qu'à la formation liée au fonctionnement de cet équipement.
  4. Les employeurs et les organismes de réglementation de la profession infirmière devraient constituer des comités consultatifs locaux sur les soins infirmiers afin de surveiller la mise en oeuvre et le soutien du cadre d'évaluation des décisions touchant les employés des différents secteurs des soins infirmiers prises dans le cadre de ce projet. Les résultats du cadre d'évaluation devraient faire l'objet d'un compte rendu public.
  5. Les gouvernements devraient procéder à l'examen et à la réforme des exigences relatives au régime de pension afin de favoriser le maintien en poste des infirmières expérimentées au-delà de l'âge habituel de la retraite.

Éducation

Les sept partenaires ont choisi de mettre l'accent sur deux recommandations spécifiques du CCCSI, soit les suivantes :

  • Les éducateurs devraient collaborer avec les employeurs afin d'offrir une expérience clinique créatrice pour les étudiantes et les préparer le mieux possible au monde du travail, avant septembre 2004.
  • Les gouvernements provinciaux et territoriaux devraient collaborer avec les écoles d'infirmières et les employeurs afin de financer, concevoir, maintenir et évaluer l'infrastructure nécessaire pour appuyer la formation clinique et autre; un plan devrait être élaboré et soumis aux gouvernements avant juin 2003.

Plusieurs établissements d'enseignement ont mis au point des approches novatrices en matière d'enseignement infirmier. Ces innovations servent de base à la mise en application des recommandations suivantes.

Le comité de direction recommande ce qui suit :

  1. Les gouvernements et les établissements d'enseignement devraient développer une stratégie nationale visant à faciliter et à élargir l'admission des étudiants et des étudiantes en sciences infirmières.
  2. es gouvernements et les établissements d'enseignement devraient élaborer un cadre d'évaluation lié au placement clinique, à la simulation, à l'apprentissage des services et à l'apprentissage communautaire.
  3. Les établissements d'enseignement devraient clarifier les objectifs d'apprentissage du placement clinique et établir des critères nationaux pour définir les pratiques exemplaires de l'éducation clinique.
  4. Afin de soutenir les équipes de pratiques interprofessionnelles, les gouvernements et les établissements d'enseignement en sciences de la santé devraient déterminer les programmes interprofessionnels pour l'apprentissage théorique et simulé, et élaborer des exercices de simulation appropriés.
  5. Les établissements d'enseignement devraient évaluer le recours à des éducateurs à temps partiel, à des éducateurs n'ayant pas obtenu le PhD. et à des éducateurs d'autres disciplines en sciences de la santé, par rapport à la réalisation des objectifs d'apprentissage, à la motivation des étudiants, à la déperdition des effectifs scolaires et aux coûts.
  6. Le milieu des soins infirmiers (établissements d'enseignement, associations professionnelles, organismes de réglementation) devrait élaborer une définition normalisée de la déperdition des effectifs scolaires pour tous les types de programmes en soins infirmiers afin de soutenir la collecte des données, l'analyse des données et la planification des RHS.
  7. Les gouvernements et les établissements d'enseignement devraient élaborer et mettre au point un cadre d'évaluation dans le but d'évaluer les modèles de sélection des étudiantes et des étudiants en sciences infirmières.
  8. Le milieu des soins infirmiers (établissements d'enseignement, associations professionnelles, organismes de réglementation) devrait élaborer et mettre en place un processus pancanadien d'entrevue de départ pour tous les étudiants qui quittent les programmes de sciences infirmières.

Leadership

Les sept partenaires ont choisi de mettre l'accent sur trois recommandations spécifiques du CCCSI auxquelles on n'a accordé que peu d'attention, soit les suivantes :

  • On devrait engager un nombre suffisant de gestionnaires de première ligne pour qu'ils puissent entretenir un niveau de communication approprié avec les infirmières. Dans les milieux de travail où la majorité du personnel se compose d'infirmières, le gestionnaire de première ligne devrait aussi être une infirmière d'expérience ayant de bonnes capacités de leadership. Nous incitons les employeurs à examiner et à évaluer la documentation croissante précisant les caractéristiques d'un cadre de contrôle approprié pour les infirmières gestionnaires et directrices, en leur permettant d'exercer leurs fonctions en même temps qu'elles répondent aux besoins des infirmières et des patients. Ces changements devraient être mis en oeuvre avant avril 2003.
  • Les gestionnaires de première ligne devraient disposer de ressources humaines (p. ex., en administration) et techniques qui leur permettent d'accomplir leur travail dans un temps raisonnable. Ces programmes devraient être mis en oeuvre avant avril 2003.
  • Nous encourageons les chercheurs à continuer d'examiner et de mieux comprendre l'information sur la main-d'oeuvre en soins infirmiers, en portant une attention particulière à l'analyse des répercussions qu'ont les relations entre les ressources humaines en soins infirmiers et l'état de santé des patients, y compris les répercussions économiques.

Le comité de direction recommande ce qui suit :

  1. Les syndicats et les employeurs devraient reconnaître de façon officielle les responsabilités liées au mentorat et au préceptorat.
  2. Les employeurs devraient fournir aux infirmières et infirmiers gestionnaires le soutien technique et administratif adéquat.
  3. Les gouvernements, les employeurs, les associations professionnelles et d'autres organismes devraient faciliter la participation des infirmières et infirmiers à des programmes interdisciplinaires de perfectionnement en leadership et en gestion.
  4. Les gouvernements devraient examiner le cadre économique élaboré dans le cadre de ce projet ainsi que d'autres cadres ou approches pour calculer la contribution économique des dispensateurs de soins de santé et des infirmières et infirmiers.
  5. Les gouvernements devraient financer les applications d'un cadre économique visant à déterminer la contribution économique de la profession infirmière au système de santé.

Élaboration continue de la dimension de la vie au travail en vigueur au CCASS par rapport à la qualité et aux normes d'agrément

Conseil canadien d'agrément des services de santé (CCASS)

Contexte

Le CCASS a intégré la vie au travail comme dimension clé de la qualité dans ses normes et son programme d'agrément. Lorsque cette dimension a été introduite pour la première fois comme partie intégrante du cadre relatif à la qualité du programme d'agrément du CCASS en 2001, très peu de travaux de recherche examinant les éléments clés de la vie au travail qui ont un impact direct sur la qualité des services de santé dispensés aux malades avaient été entrepris. Après avoir évalué ce facteur de qualité et les normes au cours des deux dernières années, le besoin de développer davantage ces travaux en se fondant sur les connaissances du CCASS et les avancées dans les milieux des services de santé s'est fait sentir. Pour mener à bien cette tâche, un comité consultatif formé de 17 experts dans les domaines de la vie au travail a été convoqué à une réunion le 9 mars 2004 afin de conseiller le CCASS sur les orientations futures en matière de vie au travail.

Les résultats obtenus dans le cadre de cette rencontre d'une journée seront utilisés pour réviser la dimension et les descripteurs de la vie au travail en vigueur au CCASS, améliorer les normes de la vie au travail, renforcer les exigences relatives aux renseignements provenant des organismes avant la visite d'agrément et établir des lignes directrices à l'intention des évaluateurs du CCASS pour qu'ils soient en mesure d'évaluer efficacement ces normes dans les organismes de services de santé. Les renseignements recueillis sur ces normes seront communiqués aux organismes dans leurs rapports d'agrément et les résultats de tous les organismes pourraient être rassemblés et communiqués à l'échelle nationale par l'entremise du rapport public d'agrément du CCASS.

Ce rapport résume les résultats de la première réunion du comité consultatif et expose un plan d'action pour les prochaines étapes ou les activités qui devront être menées le reste de l'année.

Résultats de la réunion du Comité consultatif sur la vie au travail

La réunion du Comité consultatif sur la vie au travail tenue le 9 mars 2004 au Conseil canadien d'agrément des services de santé, à Ottawa, a rassemblé 17 experts de divers domaines de la vie au travail. Parmi ces experts figuraient des chercheurs, des cadres supérieurs et des conseillers stratégiques. Ils représentaient les domaines des soins infirmiers, du comportement organisationnel, de la psychologie industrielle, de la santé et de la sécurité au travail, des techniques d'évaluation des résultats, de l'utilisation des technologies et de la mesure du travail, du leadership, des ressources humaines, des pratiques exemplaires et des initiatives novatrices.

La discussion a porté principalement sur la nécessité :

  • de se doter d'un modèle pour conceptualiser l'approche du CCASS par rapport à la vie au travail à l'aide de son programme d'agrément;
  • de se doter d'indicateurs appropriés et pertinents pour aider les organismes de services de santé à assurer le suivi des améliorations dans les pratiques associées à la vie au travail;
  • de réviser la dimension et les descripteurs de la vie au travail actuellement en vigueur au CCASS afin de refléter les preuves de mieux en mieux étayées sur la vie au travail dans ce secteur.

Résultats de l'examen de la documentation

En prévision de la première réunion du comité consultatif, un vaste examen de la documentation a été entrepris pour recueillir des articles sur la vie au travail, l'environnement de travail sain, le milieu de travail de qualité et les hôpitaux équilibrés et sans problèmes de recrutement. Ces articles ont permis de constater qu'il existe de plus en plus de données concluantes sur les effets des initiatives relatives aux milieux de travail sains ou aux approches liées à la qualité de vie au travail sur les employés et les organismes. Le CCASS souhaitait trouver de bons modèles qui conceptualisent les liens de causalité possibles entre les structures et les processus dans le milieu de travail des travailleurs de la santé et leur impact sur les résultats de la qualité de la vie au travail des employés et de l'organisation. Un certain nombre de modèles ont été retenus pour une analyse plus poussée et pour servir à l'élaboration d'un modèle qui pourrait bien illustrer l'approche du CCASS par rapport à la vie au travail au moyen de son programme d'agrément.

Résultats de la réunion nationale de concertation sur les indicateurs de la vie au travail

Le 25 mars 2004, on a invité 28 intervenants à participer à une réunion pour discuter d'une vaste gamme d'initiatives locales de toutes les régions du pays sur les indicateurs de la vie au travail, y compris des conclusions de la première phase de l'étude sur les indicateurs de la vie au travail menée à l'Université de Toronto. La séance a été animée par Graham Lowe, qui a aidé le groupe à définir les prochaines étapes dans l'élaboration des indicateurs de la vie au travail ainsi qu'à formuler des recommandations au CCASS.

Des exposés faisant état de ce qui fonctionne et ne fonctionne pas et des enseignements tirés ont été présentés à tous les participants. On leur a également communiqué un nombre considérable de commentaires sur des données portant entre autres sur les cadres conceptuels, les outils et les lignes directrices sur les pratiques exemplaires. Les participants à la réunion nationale de concertation ont discuté et défini des concepts apparentés à ceux définis par le comité consultatif sur la vie au travail. Ils ont reconnu la valeur du programme d'agrément pour soutenir les améliorations de la vie au travail dans les organismes de services de santé. Les recommandations sur les mesures à prendre faites au CCASS ont des répercussions sur la poursuite de l'élaboration de la dimension et des descripteurs de la vie au travail en vigueur au CCASS et des normes d'accréditation liées à la vie au travail ainsi que sur l'intégration d'indicateurs importants de la vie au travail dans le programme d'agrément du CCASS. De façon plus précise, ces conclusions contribuent à fournir une orientation pour l'élaboration de ces éléments.

Conclusions des séances d'information régionales sur la vie au travail

Environ huit séances d'information régionales seront organisées à la grandeur du pays à compter du 24 mars, et ce, jusqu'en avril et en mai 2004. Ces séances s'adressent, entre autres, aux organismes de services de santé agréés. L'objectif de ces séances d'information est d'accroître la sensibilisation à l'égard de la vie au travail selon différents points de vue, de déterminer les stratégies et les outils pour traiter de la question de la vie au travail à l'échelle de l'organisation, de recueillir des renseignements sur les initiatives du CCASS visant à soutenir la qualité de la vie au travail et de déterminer comment les normes d'agrément peuvent être améliorées pour régler les problèmes liés à la vie au travail.

Ces séances offrent aussi une occasion de recueillir des renseignements utiles sur l'organisation et auprès des 500 et quelques participants représentant des équipes de leaders et de partenaires, des équipes de services de soutien (ressources humaines, gestion de l'environnement et de l'information) ainsi que des équipes de soins. Par une série d'exercices en petits groupes, on cherche à solliciter des suggestions pratiques de la part des participants. Ces exercices ont donné lieu à des discussions utiles et ont permis de formuler des recommandations valables sur les initiatives d'amélioration de la qualité de la vie professionnelle qui se sont avérées efficaces localement. Ils ont également permis aux participants d'examiner la dimension et les descripteurs de la vie au travail en vigueur au CCASS et d'échanger à ce sujet.

Prochaines étapes du développement en cours de la dimension, des descripteurs, des normes et des lignes directrices des experts associés à la vie au travail

À la lumière des discussions, des conclusions et des recommandations qui ont découlé du travail accompli dans le cadre de chacune des activités décrites dans la proposition plus étendue faite à Santé Canada de poursuivre le projet collectif sur les indicateurs de la vie au travail, le CCASS a compris la nécessité de se doter d'une stratégie globale sur la vie au travail qui orientera les élaborations futures de la dimension de la vie au travail dans son programme d'agrément. La stratégie globale sur la vie au travail permettra d'établir les buts et les objectifs qui orientent le développement continu du programme d'agrément et de faire avancer rapidement et de manière importante l'évaluation de la vie au travail au sein des organismes de services de santé.

Plus particulièrement, la stratégie ciblera : (1) l'amélioration du programme d'agrément dans le but de mieux évaluer la vie au travail dans les organismes de services de santé et de soutenir leurs efforts en vue d'améliorer la qualité de la vie au travail, (2) la prestation de programmes éducatifs et la distribution de documentation aux évaluateurs et aux organismes, (3) l'établissement de partenariats stratégiques pour promouvoir la qualité de la vie au travail dans les organismes de services de santé et le système global des soins de santé et (4) les communications efficaces avec les intervenants afin de les sensibiliser à l'importance d'adopter des normes, des critères et des indicateurs associés à la vie au travail et de faciliter leur compréhension.

En tirant parti des résultats de la réunion du comité consultatif sur la vie au travail et de ses recommandations, six mesures spécifiques décrivant les étapes à entreprendre pour le reste de l'année sont présentées ci-dessous.

Mesure 1 :
Élaboration d'un modèle qui conceptualise l'approche du CCASS par rapport à la vie au travail
Mesure 2 :
Amélioration de la dimension et des descripteurs de la vie au travail en vigueur au CCASS
Mesure 3 :
Amélioration des normes et des critères associés à la vie au travail dans les sections des normes (leadership et partenariats, services de soutien et services à la clientèle)
Mesure 4 :
Renforcement des exigences relatives aux renseignements provenant des organismes avant la visite d'agrément
Mesure 5 :
Établissement de lignes directrices à l'intention des évaluateurs pour qu'ils soient en mesure d'évaluer plus efficacement ces normes dans les organismes de services de santé
Mesure 6 :
Élaboration et prestation de programmes éducatifs

Conclusion

Le CCASS est résolu à aider les organismes de services de santé à améliorer la qualité de la vie dans leur milieu de travail au moyen : (1) de l'élaboration d'un cadre solide d'amélioration de la qualité comme fondement de son programme d'agrément, (2) de la promotion de l'amélioration de la qualité comme moyen efficace pour concevoir, mettre en oeuvre, surveiller et améliorer des aspects spécifiques de la vie au travail, (3) d'améliorations continues apportées à son programme d'agrément, à savoir aux normes, aux critères et aux autres éléments pour aider les organismes à évaluer efficacement leurs pratiques associées à la vie au travail. Les six mesures décrites dans ce rapport aideront le CCASS à faire valoir l'importance de la dimension de la vie au travail à l'échelle des organismes et dans tous les secteurs. Une stratégie globale sur la vie au travail permettra au CCASS d'établir un programme à long terme pour déterminer les priorités et fixer les objectifs qui favoriseront des améliorations continues et durables de la dimension de la vie au travail dans le programme d'agrément.

Examen des causes d'attrition dans les écoles de soins infirmiers au Canada

Dorothy Pringle, infirmière autorisée, Ph.D.
Faculté de soins infirmiers de l'Université de Toronto
Enquêteure principale

La présente étude répond aux questions de ceux qui veulent savoir pourquoi les étudiantes des écoles de soins infirmiers abandonnent leur programme d'études avant la fin, si les étudiantes inscrites à un cours d'infirmière autorisée abandonnent leurs études pour d'autres raisons que les infirmières auxiliaires autorisées et les infirmières psychiatriques autorisées, quelles mesures permettraient de réduire le nombre d'abandons et, s'il y a lieu, quel rôle les faibles moyennes exigées pour l'admission des élèves du secondaire jouent dans ces abandons. Mêmes si les résultats éclairent ces questions, la faible taille de l'échantillon ne permet pas, malheureusement, d'apporter des réponses définitives aux questions.

Les recherches précédentes sur l'attrition des programmes d'études en soins infirmiers montrent qu'elle survient principalement au cours des deux premières années (Jalili Grenier, 1993), conclusion que corrobore la présente étude. Près de 60 % des anciennes étudiantes des programmes d'infirmière autorisée ont commencé à se demander, à la fin de la première année, si elles étaient faites pour cette profession et 85 % d'entre elles étaient de cet avis à la fin de la deuxième année. De plus, la majorité des étudiantes des programmes d'infirmière auxiliaire autorisée ont pris cette décision au cours de la première année. D'où la nécessité de mieux préparer les étudiantes à ce qui les attend avant leur admission et de suivre de près la façon dont elles se comportent à l'intérieur du programme au cours de la première et de la deuxième années. Dans le cas des étudiantes qui concluent en troisième année et en quatrième année que la profession ne leur convient pas, d'autres stratégies d'intervention sont nécessaires pour les amener à se demander si un abandon est la meilleure décision.

Ces deux groupes d'étudiantes n'ont pas eu le même degré de difficulté à quitter leur programme. Alors que pour environ la moitié des étudiantes qui voulaient être infirmières autorisées cette décision a été facile à prendre et que plus de la moitié ont regretté avoir abandonné, seulement 15 % des étudiantes des programmes d'infirmière auxiliaire autorisée l'ont fait sans difficulté et seulement 20 % ont éprouvé des regrets. Les étudiantes du cours d'infirmière auxiliaire autorisée présentaient un taux d'échec supérieur, de sorte qu'elles n'ont eu d'autre choix que d'abandonner le programme. L'importance des regrets tient sans doute au fait que l'abandon est perçu comme la fin d'un vieux rêve qu'elles n'ont pas pu concrétiser.

Raisons de l'abandon des étudiantes inscrites en soins infirmiers

Parmi les résultats déterminants et intéressants de l'étude, il y a les raisons qui poussent les étudiantes à abandonner. Et comme il n'y en a pas une, ni deux ou même trois qui l'emportent sur les autres, une ou deux interventions ne suffisent donc pas pour résoudre ce problème.

La situation des soins infirmiers en tant que profession est en bonne partie responsable de l'abandon de nombreuses étudiantes des programmes d'infirmière autorisée (18-23 %), mais d'un moins grand nombre parmi celles des programmes d'infirmière auxiliaire autorisée (15 %). Les soins infirmiers ont beaucoup attiré l'attention des médias ces dernières années, notamment par des entrevues avec des infirmières praticiennes décrivant les aspects et les tâches de la profession qu'elles trouvent difficiles et insatisfaisantes. Il semble que les étudiantes qui ont perdu leurs illusions sur la profession d'infirmière et suivaient pour la plupart un programme universitaire ne connaissaient pas la situation et ne s'attendaient pas à celle qu'elles ont trouvée dans la profession qu'elles ont choisie. Les recommandations de la quasi-totalité des étudiantes qui voulaient être infirmières autorisées et de la majorité de celles qui voulaient être infirmières auxiliaires autorisées le confirment. Dans leurs recommandations, elles suggèrent d'organiser des séances d'information pour offrir un aperçu réaliste de la profession aux étudiantes qui envisagent de faire des études d'infirmière.

Selon une recherche précédente sur l'attrition dans le domaine des soins infirmiers, le trop grand nombre de responsabilités familiales est un facteur d'abandon (Glossop, 2001; Jalili Grenier, 1993; Smith, 1990), et c'est la principale raison donnée par environ le tiers des étudiantes qui voulaient être infirmières auxiliaires autorisées et 20 % de celles qui voulaient être infirmières autorisées. Ces chiffres sont conformes au fait que 25 % des sujets interrogés ont suivi un programme de soins infirmiers après avoir fondé une famille. Toutefois, dans la liste des trois principales raisons d'abandon, les responsabilités ne reviennent pas souvent.

Le coût des programmes, le manque de ressources financières pour couvrir le coût des études et les frais de subsistance de même que l'obligation de travailler pour gagner de l'argent sont déterminants dans la décision d'abandonner de 20 à 25 % des étudiantes du groupe des infirmières autorisées. Si pour quelques étudiantes les frais de scolarité posent difficulté, pour plus du tiers les frais de subsistance ont motivé leur décision de quitter le programme, alors que pour 25 % d'entre elles c'est le manque de temps pour étudier à cause de leur emploi, trouvant que la charge de cours est trop lourde. On a fait état des difficultés financières dans des études précédentes (Glossop, 2001; Jalili Grenier, 1993; Smith, 1990).

Si le quart des étudiantes des programmes d'infirmière autorisée qui ont abandonné leur programme l'ont fait en partie parce qu'elles n'aimaient pas le domaine, tel n'est pas le cas de celles du groupe des infirmières auxiliaires autorisées, une seule étudiante ayant invoqué cette raison. Le mauvais choix de carrière est mentionné comme principale cause d'abandon dans une étude (Glossop, 2001; Jalili Grenier, 1993; Smith, 1990).

Suggestions des étudiantes pour réduire l'attrition

Les sujets interrogés ont reçu une liste de modifications qu'on pourrait apporter au processus d'admission et aux programmes de soins infirmiers afin de réduire l'attrition. Les seules modifications avec lesquelles elles n'étaient pas d'accord sont celles voulant qu'on élève la moyenne exigée pour l'admission et qu'on reporte à plus tard, dans le programme, la pratique clinique. La première visait à réduire le nombre d'échecs et la seconde à accorder plus de temps aux étudiantes pour accroître leurs connaissances et leurs compétences avant d'affronter le stress inhérent à la pratique clinique. Par comparaison, 80 % des étudiantes du groupe des infirmières autorisées et 65 % de celles du groupe des infirmières auxiliaires autorisées sont d'accord avec l'idée de faire commencer plus tôt la pratique clinique. Trois étudiantes du groupe des infirmières autorisées ont indiqué que la pratique clinique devrait commencer plus tôt, mais qu'un soutien devrait permettre aux étudiantes de réduire leur anxiété, alors que deux ont recommandé d'accroître la durée de la pratique clinique pour les programmes d'infirmière autorisée (et de réduire le nombre de cours théoriques). Celles des programmes d'infirmière auxiliaire autorisée ne sont pas d'accord pour qu'on élève les moyennes d'admission mais aimeraient pouvoir compter sur un meilleur soutien scolaire et personnel au cours de leur programme afin d'améliorer leurs chances de réussites.

Conclusions et recommandations

La présente étude souffre des mêmes problèmes qu'une recherche précédente sur l'attrition (Glossop, 2001), le faible taux de réponse aux questionnaires ne permettant pas de tirer des conclusions définitives. Cela ne signifie toutefois pas qu'elle ne nous apprend rien. En effet, les étudiantes quittent les écoles de soins infirmiers pour toutes sortes de raisons et celles qui le font commencent à y penser au début de leur programme. Parmi les raisons le plus souvent invoquées, il y a l'insatisfaction par rapport aux programmes, le manque de soutien offert par le corps enseignant, le coût des programmes et le manque de ressources pour couvrir les coûts et les frais de subsistance ainsi que la perte des illusions par rapport aux soins infirmiers en tant que profession et l'échec scolaire. Il y a des différences entre les étudiantes des programmes d'infirmière autorisée et celles des programmes d'infirmière auxiliaire autorisée. Chez les premières, c'est le désenchantement engendré par les problèmes qu'elles ont rencontrés et leur échec, alors que chez les autres c'est l'incapacité de gérer les exigences du programme. Davantage d'étudiantes du groupe des infirmières autorisées que d'étudiantes du groupe des infirmières auxiliaires autorisées se plaignent des cours et des programmes, même si dans les deux cas elles estiment avoir manqué de soutien et d'encouragement de la part du corps enseignant et ont dû abandonner leurs études à cause des coûts et du manque de ressources financières. Seulement quelques étudiantes ont donné, dans la présente étude, des raisons mentionnées dans des études précédentes (problèmes personnels, stress, maladie, obligations familiales). Le fait que seulement quelques étudiantes aient donné ces raisons ne diminue pas l'importance du rôle qu'elles ont joué dans leur décision d'abandonner. Pour un pourcentage appréciable d'étudiantes qui abandonnent, c'est une décision difficile à prendre, en particulier pour bon nombre d'étudiantes des programmes d'infirmière auxiliaire autorisée, qui souvent regrettent leur décision. Des moyennes bien inférieures à la moyenne de la classe, au secondaire, constituent un bon indicateur de risque d'abandon parmi les étudiantes du groupe des infirmières autorisées mais pas de celui des infirmières auxiliaires autorisées.

Les résultats permettent d'entrevoir des mesures que peuvent adopter les écoles de soins infirmiers pour limiter l'attrition. Les étudiantes qui envisagent une carrière d'infirmière à la fin du secondaire doivent être informées de la situation du système de santé, de façon honnête et claire, et de son incidence sur la profession d'infirmière et sur la satisfaction de certaines infirmières par rapport à leur carrière. S'il est important de recruter les meilleures étudiantes possibles, il l'est tout autant pour celles qui veulent s'inscrire à un programme de soins infirmiers d'être au courant du taux élevé d'insatisfaction des infirmières quant à leur rôle dans le système de santé. Elles doivent aussi être conscientes de l'incidence du niveau actuel des ressources et de l'organisation du système sur les soins infirmiers et les possibilités de la profession. Les écoles doivent aussi indiquer que la situation du système de santé et des soins infirmiers en tant que profession feront l'objet de discussions et de débats tout au long du programme, ainsi que de discussions quant aux politiques et aux pratiques susceptibles d'améliorer le système et au fait que les infirmières en tant que personnes et membres d'un groupe peuvent survivre à l'intérieur du système, mais aussi avoir une carrière enrichissante et influer sur le système. Voilà ce à quoi doivent s'engager les écoles de soins infirmiers. S'ajoute à cela la nécessité d'offrir aux étudiantes un environnement clinique amical où mettre leurs connaissances en pratique. En effet, la pratique clinique est une source d'anxiété suffisamment grande pour les étudiantes sans qu'elles aient à composer avec des employés peu serviables sinon hostiles qui refusent de les aider et cherchent même à les décourager par rapport à leur choix de carrière. Étant donné que la plupart des organisations offrant aux étudiantes des possibilités de pratique clinique doivent être accréditées, les organismes d'accréditation doivent tenir compte de la qualité du milieu d'apprentissage offert aux étudiantes dans leur liste des aspects à examiner et élaborer des normes d'évaluation pour ces organisations.

Il faut aussi que les écoles de soins infirmiers examinent la question du soutien offert par le corps enseignant et se demandent si les cours et les professeurs répondent aux besoins des étudiantes plus âgées que la normale et provenant de milieux différents, en particulier dans le cas des programmes d'infirmière autorisée. Les écoles doivent avoir des stratégies et des programmes offrant aux étudiantes le soutien dont elles ont besoin, spécialement au début du programme. On ne peut s'attendre à ce qu'elles reconnaissent les circonstances où elles ont besoin d'aide et qu'elles fassent les démarches nécessaires pour en obtenir. Il faut leur donner de l'information.

Beaucoup d'étudiantes des programmes de soins infirmiers ont besoin de plus de ressources financières pour réussir. Le nombre important d'heures qu'elles doivent consacrer au travail clinique leur laisse peu de temps pour occuper un emploi rémunéré. D'où le nombre plus grand d'étudiantes de ce groupe à avoir des problèmes financiers par rapport à d'autres programmes universitaires. Les écoles doivent donc tenir compte du problème de financement des étudiantes et trouver des solutions leur permettant de travailler moins et, espère-t-on, de poursuivre leur programme et de réussir.

Malgré l'impossibilité de résoudre entièrement le problème de l'attrition dans les écoles de soins infirmiers, on doit s'efforcer de l'atténuer le plus possible, car c'est un problème coûteux. Coûteux pour les étudiantes qui perdent ainsi une année ou deux de salaire, ce qui risque d'être néfaste pour leur estime de soi. Coûteux pour les écoles de soins infirmiers dont les efforts et les ressources ne suffisent à mener certaines étudiantes à l'obtention du diplôme. En effet, chaque étudiante qui ne se rend pas jusqu'à la fin de son programme est une infirmière de moins dans le système de santé. L'attrition est un problème qu'il faut résoudre.

Projet de lignes directrices concernant les pratiques exemplaires en matières de soins infirmiers - rapport d'étape d'avril 2004

Le projet de lignes directrices concernant les pratiques exemplaires en matière de soins infirmiers (PLGPESI) de la RNAO a obtenu 800 000 $ de Santé Canada pour s'occuper des activités suivantes.

  1. Création de deux organismes de surveillance des pratiques exemplaires à l'extérieur de l'Ontario
    • Au Québec, deux organisations ont été retenues : le département des soins de santé de l'Université McGill University et l'hôpital Charles LeMoyne.
    • Dix infirmières, cinq à chaque endroit, on passé une semaine avec l'équipe du PLGPESI, en février. Pendant deux jours, elles ont suivi un atelier des Champions, fait des visites aux organismes de surveillance des pratiques exemplaires de l'Ontario et eu plusieurs réunions avec les membres du projet.
    • Une assistance en direct est offerte à ces organisations par courriel, au téléphone et par l'échange de documents.
  2. Vingt ateliers d'une journée sur les lignes directrices concernant les pratiques exemplaires ont eu lieu partout au Canada.
    • L'équipe de projet a formé cinq animateurs (deux venant de Toronto, un de Calgary, un (francophone) de Montréal et un (bilingue) d'Ottawa.
    • Le matériel destiné aux quatre ateliers offerts en français (trois à Québec et un pour les infirmières des Maritimes) a été traduit en français.
    • Les ateliers se sont tenus à Victoria, Vancouver, Prince George, Yellowknife, Calgary, Edmonton, Fort McMurray, Regina, Saskatoon, Winnipeg, Moncton, Gatineau, Montréal, Québec, Charlottetown, Halifax, Fredericton et Saint-Jean.
    • En tout, 1 100 infirmières ont participé aux ateliers.
    • L'accueil a été phénoménal. Plus de 1 200 infirmières n'ont pu s'inscrire aux ateliers et ont dû accepter de figurer sur une liste d'attente, au cas où des fonds supplémentaires permettraient d'organiser d'autres ateliers.
    • Un suivi des ateliers, en avril, permettra d'analyser les résultats de l'évaluation des ateliers par les participants.
    • Un suivi de trois à six mois déterminera si les plans d'action adoptés par les participants sont respectés.
    • On a réalisé et fait imprimer une brochure en couleurs présentant la vision, les réalisations et les produits du PLGPESI et on l'a distribuée à grande échelle aux participants des ateliers.
  3. Traduction en français des lignes directrices concernant les pratiques exemplaires, des feuillets d'information sur santé et de la trousse de mise en oeuvre des lignes directrices.
    • Cinq lignes directrices, la trousse et 10 feuillets d'information sur la santé ont été traduits en français.

Recours aux services hospitaliers : incidence sur la planification des ressources humaines en soins infirmiers

Enquêteurs principaux :

Professeur Gail Tomblin Murphy et Dr Linda O'Brien-Pallas

Coenquêteurs : Dr Stephen Birch et Dr George Kephart

Membre du projet : Adrian MacKenzie

But de l'étude

La présente étude s'inscrit dans la foulée de notre étude récente, La planification des ressources humaines en santé : examen des rapports entre le recours au personnel infirmier et la santé des Ontariens (Identificateur de projet : RC1?0618?06), financée par la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé (FCRSS) (Tomblin Murphy, O'Brien-Pallas et consorts, 2003). Elle s'appuie sur un cadre systémique ouvert pour évaluer le rapport qu'il y a entre le nombre de jours d'hospitalisation et les résultats obtenus chez les patients dans les hôpitaux de soins de courte durée au Canada. Étant donné que le recours aux services dépend en partie de facteurs autres que les besoins (nombre de lits disponibles localement, pratiques locales), nous avons décidé d'utiliser la différence entre le nombre de jours-lit indiqué et attendu pour mesurer le recours aux services. Le nombre de jours attendu provient de l'évaluation des données sur les affections chroniques et les facteurs démographiques, deux déterminants indépendants du besoin de services. L'évaluation du modèle d'utilisation attendue se fait à l'échelle nationale, afin de dissocier le recours attendu aux services de la disponibilité des ressources locales et des pratiques.

Nous examinons des questions récentes et étendons notre travail aux questions suivantes : 1) application de notre examen au-delà de l'Ontario à tout le au Canada, 2) utilisation des résultats de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) pour accroître la taille de notre échantillon, notre capacité d'évaluer les compétences administratives, 3) utilisation de techniques de modélisation améliorées pour tenir compte des écarts locaux que présentent les facteurs autres que les besoins (offre de services de santé et accès aux services).

Objectifs et questions de recherche

  1. La santé varie-t-elle en fonction de niveaux relatifs d'intrants (nombre de jours de soins hospitaliers et, partant, exposition aux soins infirmiers) par rapport à celle qui est attendue selon l'âge, le sexe, le revenu, la situation d'emploi, la scolarité, le lieu, les conditions de logement, la gravité de la dépression et les affections chroniques du patient ?
  2. Le recours attendu aux services hospitaliers par habitant varie-t-il dans chaque province ou territoire en fonction de différences au sein de la population, selon l'âge, le sexe, le revenu, la situation d'emploi, la scolarité, le lieu, les conditions de logement, la gravité de la dépression et les affections chroniques ?

Pour répondre à ces questions, nous nous sommes concentrés sur le déploiement et l'utilisation des éléments du modèle, l'état de santé de la population et les résultats pour la santé. Même si le contrôle de l'offre, des pratiques de gestion et des ressources financières relatives aux services de santé est un élément important de notre modèle, l'élaboration de mesures nationales de ces facteurs, et par conséquent leur intégration dans notre étude, n'a pas été possible en raison du peu de temps de préparation (trois mois). Malgré ces contraintes, cette étude examine les questions de méthodologie difficiles liées au besoin.

Méthodes

L'analyse se limite aux sujets interrogés de 18 ans et plus. La taille de l'échantillon d'adultes interrogés au Canada pour l'ESCC est de 112 921 personnes. La répartition selon le sexe est de 46 % d'hommes et de 54 % de femmes. Les 40 à 44 ans (11 %) constituent le principal groupe d'âge de l'ESCC. Viennent ensuite les 35 à 39 ans (un peu moins de 11 %). Environ 20 % des personnes interrogées étaient des personnes âgées (65 ans et plus), dont seulement 2 % de plus de 85 ans. La majorité des répondants vivent en zone métropolitaine (environ 38 %) et 23 % en banlieue, en zone non métropolitaine et en zone rurale. La plupart des répondants occupent un emploi (58 %), tandis que 35 % d'entre eux ne sont pas sur le marché du travail et que 5 % sont sans emploi. Il y a plus de personnes à ne pas avoir le diplôme d'études secondaires (27 %) qu'à avoir un diplôme universitaire (14 %). En gros, 27 % des sujets interrogés n'ont que le diplôme d'études secondaires, tandis que 31 % ont un diplôme d'études collégiales ou professionnelles. L'ESCC a été affligée par le taux élevé de personnes n'ayant pas répondu aux questions portant sur le revenu (environ 11 % à l'échelle nationale). Le revenu n'est pas indiqué pour 10 % de l'échantillon. Plus de la moitié des répondants (54 %) appartiennent, par leur revenu, à la classe moyenne supérieure ou à la classe supérieure (respectivement environ 31 % et 22 %), alors qu'environ 14 % des sujets font partie de la classe moyenne inférieure et de la classe inférieure (respectivement environ 9 % et 4 %). Environ le quart (25 %) des sujets interrogés vivent seuls, tandis qu'environ 6 % proviennent d'une famille monoparentale. Quant aux autres, ils n'entrent dans aucune catégorie.

Messages stratégiques

Selon nous, les conclusions de l'étude ont une incidence stratégique importante et laissent supposer que les décideurs ont retenu et intégré les cinq messages stratégiques suivants pour la planification des ressources humaines en santé.

  1. Rien ne prouve que le faible nombre de nuits d'hospitalisation est lié au mauvais état de santé, compte tenu d'autres facteurs de population. Nos résultats témoignent de liens entre les variables et non de rapports de cause à effet. On évitera donc de conclure qu'un accroissement du nombre de jours d'hospitalisation correspond à une détérioration de l'état de santé. Cela témoigne plutôt d'un rapport entre le nombre de jours d'hospitalisation supplémentaires et l'état de santé que ne cernent pas nos modèles. Ce rapport est fondé sur un seul facteur de soins de santé (le nombre de jours d'hospitalisation). Dans notre étude pour le compte de la FCRSS, où nous examinons le rapport entre l'intensité des soins infirmiers et la durée des séjours en Ontario, nous constatons que la faible durée des séjours est liée à une augmentation du recours aux soins infirmiers.
  2. Dans les populations où le taux d'affections chroniques (diabète, maladie cardiaque) est élevé, le nombre de jours d'hospitalisation est important, mais varie d'une province à l'autre.
  3. Il faut beaucoup investir dans la création et le maintien de bases de données faciles d'accès et de méthodes afin de permettre aux chercheurs et aux planificateurs en ce qui concerne les RH en santé de comparer les différences entre les provinces et à l'intérieur de celles-ci, de comprendre les besoins de la population dans le domaine de la santé et de savoir si le système répond à ces besoins de façon efficace et efficiente. Un meilleur accès aux données sur le recours aux soins de santé et les facteurs qui influent sur les besoins en matière de soins est essentiel.
  4. La planification des RH en santé doit tenir compte des besoins de la population, compte tenu de la disponibilité des ressources humaines et autres dans le domaine de la santé, mais aussi du plus grand nombre de facteurs possibles influant sur le recours aux services de santé, dont les facteurs sociaux, politiques, géographiques, technologiques et économiques.
  5. La politique sur les ressources humaines en santé exige plus que des solutions simples afin de donner des réponses à court terme. Pour bien comprendre les RH en santé, il faut une vaste planification. La complexité de la tâche exige la création de partenariats avec les décideurs et des chercheurs ayant des points de vues différents.

La présente étude insiste sur les avantages de mesures préventives intensives pour réduire le nombre d'admissions et la durée de l'hospitalisation des personnes souffrant d'affections chroniques ou de dépression.

Liens aux rapport sur les questions de ressources humaines en santé dans le secteur des soins infirmiers avec le texte complet

Les rapports suivant, sont seulement disponibles en anglais:

Needs-based Health Human Resource (HHR) Planning: The Relationship between Population Health and Nursing Service

Le lien suivant vous amènera à un autre site Web Nursing Best Practice Guidelines