Bureau de la politique des soins infirmiers
Santé Canada
Novembre 2006
ISBN: 978-0-662-73124-5 (Version PDF)
Cat. No.: H21-281/1-2006F
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La présente fiche d'information analyse la formation des infirmières et infirmiers des catégories suivantes :
Dans les années 1960 et 1970, de nombreux étudiants en sciences infirmières ont suivi et réussi un programme hospitalier de deux à trois ans et obtenu un diplôme en sciences infirmières. Peu d'infirmières et infirmiers ont toutefois obtenu un baccalauréat puisqu'il ne s'agissait généralement pas d'une exigence de la pratique, mais devait être satisfaite pour les postes d'enseignement ou d'administration.
Dans les années 1990, la plupart des programmes de formation en sciences infirmières étaient offerts soit par des collèges communautaires (programme de trois ans), soit par des universités (baccalauréat de quatre ans). Cette évolution sur le plan de la formation en sciences infirmières découlait de plusieurs facteurs : les technologies en évolution constante; la plus grande complexité des soins actifs aux patients; les responsabilités accrues incombant aux infirmières et infirmiers autorisés; la modification des cadres des fonctions; les changements apportés à la prestation des soins de santé; et les exigences particulières à l'égard des soins spécialisés.
À la fin des années 1990, la plupart des provinces avaient annoncé que l'obtention d'un baccalauréat de quatre ans deviendrait, au cours de la décennie suivante, une exigence d'entrée dans la pratique infirmière au sein de leurs provinces. À la suite de cette annonce, certains programmes menant à l'obtention d'un diplôme d'études collégiales en sciences infirmières ont cessé d'être offerts, tandis que d'autres ont « fusionné » avec des programmes universitaires.2
Les tableaux ci-dessous indiquent, par type, le nombre total de programmes de sciences infirmières offerts dans les établissements d'enseignement canadiens en 2001-20023 et en 2002-2003. 4 Comme le révèlent les tableaux, le nombre de programmes de sciences infirmières au niveau du baccalauréat, de la maîtrise et du doctorat, le nombre de programmes de formation post-diplôme en soins infirmiers, et le nombre de diplômes délivrés aux infirmières et infirmiers praticiens (IP) sont demeurés stables. Par contre, le nombre de programmes de sciences infirmières où les diplômés reçoivent un diplôme a diminué de plus du tiers. 5
| Programmes de sciences infirmières offerts dans des écoles canadiennes de sciences infirmières en 2001-2002 | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | Diplôme | Baccalauréat | Post-Diplôme | IP | Maîtrise | Doctorat |
| 242 | 76 | 83 | 37 | 14 | 24 | 9 |
| Programmes de sciences infirmières offerts dans des écoles canadiennes de sciences infirmières en 2002-2003 | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | Diplôme | Baccalauréat | Post-Diplôme | IP | Maîtrise | Doctorat |
| 224 | 50 | 86 | 35 | 18 | 25 | 10 |
| Année | Inscription à un programme de baccalauréat | Inscription de à un programme - Diplôme d'études collégiales |
|---|---|---|
| 1998 | 8 855 | 13 171 |
| 1999 | 10 270 | 11 609 |
| 2000 | 10 264 | 11 248 |
| 2001 | 19 126 | 15 788 |
| 2002 | 23 333 | 7 256 |
De manière proportionnelle, le taux d'inscription aux programmes menant à l'obtention d'un diplôme d'études collégiales en sciences infirmières a diminué de presque la moitié depuis la fin des années 1990, tandis que le taux d'inscription aux programmes de baccalauréat a presque triplé, comme le montre le tableau de la page précédente concernant les données sur les inscriptions.6
Un nombre sans cesse croissant de nouvelles infirmières autorisées et de nouveaux infirmiers autorisés possèdent un baccalauréat ès sciences infirmières. En 1999, 10,5 p. 100 des infirmières et infirmiers autorisés avaient obtenu un baccalauréat avant de commencer à exercer leur profession. En 2003, ce nombre avait grimpé à 13,9 p. 100. Depuis 1999, plus de 40 p. 100 des infirmières et infirmiers autorisés qui commencent à exercer ont d'abord obtenu un baccalauréat.7
On compte une pénurie continue d'infirmières et d'infirmiers possédant une maîtrise ou un doctorat ou ayant suivi une formation postdoctorale. Comme l'ont mentionné l'Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) et l'Association canadienne des écoles de sciences infirmières, on a besoin d'infirmières et infirmiers qui ont une maîtrise ou un doctorat ou suivi une formation postdoctorale pour : renforcer la qualité des soins et améliorer les résultats liés à la santé; effectuer de la recherche qui fera progresser les connaissances et la pratique en sciences infirmières; occuper des postes de professeur; assurer un leadership professionnel; et influencer la politique en matière de soins infirmiers et de santé.8 En 2003, seulement 275 (soit environ 0,11 p.100) des 241 342 infirmières et infirmiers autorisés dans l'effectif infirmier ont déclaré avoir obtenu un doctorat en sciences infirmières.9 Cette donnée n'a presque pas changé depuis 1996.10 Le nombre de titulaires d'un doctorat en sciences infirmières au Canada a varié considérablement de 1998 à 2002, mais le nombre de diplômés n'a finalement pas augmenté en 2002 par rapport à 1998.11
| Titulaires d'un doct orat en sciences infirmières au canada entre 1998 et 2002 | ||||
|---|---|---|---|---|
| 1998 | 1999 | 2000 | 2001 | 2002 |
| 18 | 33 | 10 | 20 | 18 |
L'AIIC et l'Association canadienne des écoles de sciences infirmières font remarquer que la pénurie générale actuelle de personnel infirmier et le manque de facultés de sciences infirmières au Canada font obstacle à l'augmentation du nombre d'infirmières et infirmiers ayant la capacité d'obtenir un doctorat ou de profiter d'occasions postdoctorales. Ces organismes recommandent aux associations professionnelles d'infirmières et infirmiers, aux établissements d'enseignement, aux employeurs des infirmières et infirmiers autorisés et aux gouvernements de se partager la responsabilité en vue d'élaborer des plans de concert, de supprimer les obstacles à l'éducation supérieure, d'appuyer les étudiants et de soutenir les programmes d'études.12
Au Canada, l'inscription ou le droit exclusif d'exercice à titre d'infirmière ou infirmier auxiliaire autorisé nécessite l'obtention d'un diplôme offert dans un établissement post-secondaire dans le cadre d'une formation approuvée. Une équivalence peut être accordée aux personnes qui ont suivi une telle formation dans une autre province/territoire ou un autre pays. En 2003, l'ensemble des provinces et territoires ont signalé que 92 p. 100 des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés ou occupant un poste supérieur avaient d'abord obtenu un diplôme d'études plutôt qu'une équivalence.13
La plupart des infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés qui travaillent actuellement en soins infirmiers psychiatriques ont obtenu un diplôme avant de commencer à exercer la profession. En fait, le premier programme de baccalauréat en sciences infirmières psychiatriques n'a été offert qu'en 1998 au Manitoba, province qui obtient le pourcentage le plus élevé d'infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés possédant un baccalauréat obtenu dans le cadre de leur formation initiale (5 p. 100 en 2003). La Colombie-Britannique arrive au second rang, avec 3,3 p. 100, alors qu'en Alberta et en Saskatchewan, moins de un pour cent de ces infirmières et infirmiers possèdent un baccalauréat au moment d'entrer dans la profession.14
Une récente recherche a révélé que les étudiants qui abandonnent un programme de sciences infirmières le font généralement au cours des deux premières années d'études.15 :
Une autre recherche préconise certaines mesures que les écoles de sciences infirmières devraient prendre pour tenter de réduire la déperdition des effectifs universitaires. Les voici :
Malgré les préoccupations soulevées par les organismes de soins infirmiers et les employeurs, la plupart des responsables de programmes de sciences infirmières, peu importe le type de programme, considèrent la déperdition des effectifs universitaires comme un problème mineur auquel ils réagissent adéquatement. De 50 p. 100 à 75 p. 100 des responsables de programmes de sciences infirmières cherchent à connaître la raison de la déperdition.18
Il semble y avoir des difficultés importantes par rapport à l'évaluation de la déperdition des effectifs universitaires. Les responsables de programmes de sciences infirmières sont peu nombreux à avoir une définition. On manque d'information à propos de tous les aspects de la déperdition des effectifs universitaires. Il faut ajouter à ce problème des périodes de présentation de rapports différentes relativement à l'admission des étudiants aux programmes de sciences infirmières. Plusieurs responsables de programmes ont également du mal à suivre le transfert d'étudiants.19
L'Association canadienne des écoles de sciences infirmières (ACESI) préconise la définition et l'analyse minutieuses de la déperdition des effectifs universitaires de manière à illustrer :
1) les philosophies divergentes à l'égard des exigences d'admission des étudiants entre les universités et les collèges; 2) les défis liés à l'appartenance sexuelle chez les étudiants en sciences infirmières; et 3) deux catégories très distinctes d'étudiants :
L'ACESI croit que les étudiants qui doivent prolonger leur programme d'études ne devraient pas faire partie des statistiques sur la déperdition des effectifs universitaires jusqu'à au moins la fin de l'année universitaire qui suit le trimestre où ils se sont retirés du programme (ce qui correspond à quatre trimestres d'études). De plus, les étudiants touchés par une telle prolongation (à savoir ceux qui abandonnent leurs études en raison d'un échec à des cours préalables, de circonstances personnelles, d'une grossesse ou de problèmes de santé, et réintègrent ensuite le programme) ne devraient pas faire partie des statistiques sur la déperdition des effectifs universitaires.20
1. Institut canadien d'information sur la santé (ICIS). Base de données des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés : Tendances de la main-d'oeuvre des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés au Canada, 2002, 2003, p. 36.
2. ICIS. Base de données des infirmières et infirmiers autorisés : Tendances de la main-d'oeuvre des infirmières et infirmiers autorisés au Canada, 2003, 2004, p. 25.
3. Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) et Association canadienne des écoles de sciences infirmières. Renseignements tirés du « Tableau 2 : Nombre et type de programmes de sciences infirmières dans les écoles canadiennes de sciences infirmières, 2002-2003 », Enquête nationale sur les effectifs étudiants et professoraux des écoles canadiennes de sciences infirmières, 2001-2002, 2002.
4. Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) et Association canadienne des écoles de sciences infirmières. Renseignement tirés du « Tableau 2 : Nombre et type de programmes de sciences infirmières dans les écoles canadiennes de sciences infirmières, 2001-2002 », Enquête nationale sur les effectifs étudiants et professoraux des écoles canadiennes de sciences infirmières, 2002-2003, 2003.
5. On doit signaler que les écoles de sciences infirmières n'ont pas toutes participé à l'Enquête nationale sur les effectifs étudiants et professoraux des écoles canadiennes de sciences infirmières. Par conséquent, les données recueillies ne renferment pas d'information sur les programmes de ces écoles. Chaque enquête comprend la mention « Les données de ce tableau reposent sur les renseignements fournis par les écoles répondantes. Il est essentiel de lire attentivement la section des notes à la fin du tableau. »
6. Renseignements tirés du « Tableau 5 : Les programmes universitaires de premier cycle et cycles supérieurs des écoles canadiennes de sciences infirmières, 1998-2002. Effectifs et diplômées selon le type de programme de sciences infirmières » et du « Tableau 3 : Programmes de diplôme des écoles canadiennes de sciences infirmières, 1998-2002. Admissions, effectifs et diplômées », Enquête nationale sur les effectifs étudiants et professoraux des écoles canadiennes de sciences infirmières, 2002-2003.
7. Base de données des infirmières et infirmiers autorisés : Tendances de la main-d'oeuvre des infirmières et infirmiers autorisés au Canada, 2003, 2004, op. cit.
8. AIIC et Association canadienne des écoles de sciences infirmières. Joint Position Statement on Doctoral Preparation in Nursing, 2004, p. 1.
10. AIIC et Association canadienne des écoles de sciences infirmières. op. cit.
11. Renseignements tirés du « Tableau 5 : Les programmes universitaires de premier cycle et cycles supérieurs des écoles canadiennes de sciences infirmières, 1998. Effectifs et diplômées selon le type de programme de sciences infirmières », Enquête nationale sur les effectifs étudiants et professoraux des écoles canadiennes de sciences infirmières, 2002-2003.
12. Joint Position Statement on Doctoral Preparation in Nursing, op. cit.
13. Base de données des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés : Tendances de la main-d'oeuvre des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés au Canada, 2003, 2004, p. 18.
14. Base de données sur les infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés : Tendances de la main- d'oeuvre des infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés au Canada, 2003, 2004, p. 18.
15. Rene Day, RN, PhD et al. (Authors). Canadian Nurses Association et. al. (Project Steering Committee). "Proposal to Support the Strategic Plan to Implement the Canadian Nursing Advisory Committee Recommendations: Educational Preparation Objective B - Student Attrition." Funded by Health Canada, 2004, p. 3.
17. Dorothy Pringle, RN, PhD. "Examining the Causes of Attrition from Schools of Nursing in Canada." Funded by Health Canada, 2004, p.p. 28 - 29.
20. Canadian Association of Schools of Nursing. CASN Position on Student Attrition, 2004.
21. Rene Day, inf. aut., Ph.D., et autres (auteurs). Association des infirmières et infirmiers du Canada et autres (comité directeur du projet). « Une proposition visant à soutenir le plan stratégique pour faciliter la mise en oeuvre des recommandations du Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers : Préparation du cadre de l'enseignement - Objectif B : Attrition des effectifs d'étudiantes », projet financé par Santé Canada, 2004, p. 3.
23 Dorothy Pringle, inf. aut., Ph.D. « Examen des causes de l'attrition dans les écoles de soins infirmiers du Canada », projet financé par Santé Canada, 2004, p. 28 et 29.
27. Canadian Association of Schools of Nursing. CASN Position on Student Attrition, 2004.